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Le magnat des assurances Sadri Fegaier, jugé pour « pratiques commerciales trompeuses », est accusé d’avoir piégé au moins 1 600 consommateurs, notamment avec sa chaîne de boutiques Hubside Store spécialisée dans les assurances de téléphone.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Thibault Lambert et Clémentine Spiler - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network

Archives : Le Parisien/YouTube.

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#hubside #arnaque #fegaier

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Du 23 septembre au 2 octobre, un homme d'affaires, Sadriffé Gaillère,
00:15était jugé par le tribunal judiciaire de Paris pour pratique commerciale trompeuse.
00:21Cet homme est milliardaire, sa fortune était estimée en 2023 par le magazine Challenge à 1,4 milliard d'euros.
00:28Il est accusé d'avoir prélevé des montants indus sur les comptes en banque de milliers de Français
00:33à travers plusieurs de ses sociétés comme Upside Store, La Sfam, For You ou encore Serena.
00:39A la fin du procès, la procureure a demandé à son encontre une peine de 2 ans de prison, dont
00:4518 mois fermes.
00:47Qui est Sadriffé Gaillère ? De quoi est-il accusé ? Et pourquoi cette affaire n'est probablement pas terminée
00:52?
00:52Réponse aujourd'hui dans Codesources avec Inès Derousier du service vidéo du Parisien
00:58Elle a enquêté plusieurs semaines sur ce sujet.
01:05Inès Derousier, l'affaire que vous allez nous raconter a été jugée entre le 23 septembre et le 2 octobre
01:11devant le tribunal judiciaire de Paris. Décrivez-nous l'ambiance. On est où d'abord ?
01:15On est dans le nouveau tribunal judiciaire de Paris.
01:18L'ambiance est assez fébrile. Il y a beaucoup de parties civiles qui sont présentes.
01:21Au total, il y a 1 600 parties civiles. Ça veut dire 1 600 victimes potentielles.
01:26C'est énorme. Les avocats des parties civiles me disent que c'est vraiment un procès hors normes
01:31et que c'est du jamais vu. Il y a beaucoup de personnes qui ont fait le déplacement.
01:34La salle d'audience est pleine.
01:36Les parties civiles qui sont présentes vont trouver ça important de tenir
01:40celles qui n'ont pas pu se déplacer au courant de ce qui se passe.
01:43Elles sont toutes inscrites sur des groupes d'entraide sur Facebook, des groupes d'entraide de victimes.
01:48Tous les jours, elles vont se tenir au courant de ce qui se passe.
01:51L'homme d'affaires qui est jugé pour pratique commerciale trompeuse s'appelle Sadri Fégaillère.
01:57Il a 45 ans et pendant longtemps, son histoire était une success story.
02:00Il est devenu très riche alors qu'il est issu d'une famille modeste.
02:04Qu'est-ce que l'on sait de son enfance et de son parcours ?
02:06On sait qu'il a grandi dans une cité de Romand-sur-Isère, dans la Drôme.
02:11Ses parents sont originaires de Tunisie.
02:13Son père est chauffeur routier, sa mère femme de ménage.
02:16Il grandit dans une famille plutôt modeste.
02:18A l'école, il réussit bien.
02:20Il obtient un BTS en assurance.
02:22Et c'est à ce moment-là qu'il va découvrir ce monde des assurances.
02:25Sadri Fégaillère a réussi à devenir milliardaire.
02:27Il a réussi à intégrer le classement des 100 plus grandes fortunes françaises.
02:32Oui, en effet.
02:32En 2018, le magazine Challenge publie son classement, comme à son habitude,
02:36des plus grandes fortunes de France.
02:39Et Sadri Fégaillère fait son apparition dans ce classement.
02:41Donc il est en 71e position.
02:44Et avec une fortune estimée à 1,4 milliard d'euros.
02:49Comment est-ce qu'il a réussi à faire fortune ?
02:51Alors lui, il se décrit comme un gros travailleur.
02:53Il ne fume pas, il ne boit pas.
02:55Il se concentre vraiment à la réussite de ses entreprises.
02:58Il commence à faire ça très jeune.
02:59En 1998, il a seulement 20 ans.
03:02Et il réussit à convaincre une banque de lui faire un prêt de 50 000 francs.
03:06Avec ça, il va ouvrir une boutique de vente de téléphones et d'abonnements sous l'enseigne SFR.
03:12Donc cette boutique, il va l'ouvrir à Romand-sur-Isère.
03:14Dix ans plus tard, il en aura cinq, des boutiques comme celle-là.
03:17Il va finir par les revendre en 2005.
03:19Et c'est là qu'il va vraiment se lancer dans les assurances pour téléphones portables
03:23avec sa société qui s'appelle la Sfam, qui est aujourd'hui connue sous le nom d'Indaxia.
03:28Et ça, la vente d'assurance pour téléphones portables, c'est ce qui va faire sa richesse ?
03:31Oui, son entreprise, elle va croître très rapidement parce qu'en fait, on est un petit peu avant les années
03:352010.
03:36C'est là qu'on va voir apparaître les premiers smartphones.
03:39Ça coûte cher, ça peut se casser facilement et les gens ont envie de se protéger et de pouvoir assurer
03:45leur téléphone.
03:46Et plus tard, ces assurances, donc via son entreprise Sfam, elles vont carrément être proposées dans les FNAC ?
03:52En 2017, quand les clients vont acheter un produit multimédia, que ce soit un téléphone portable ou une tablette,
03:57à la FNAC ou chez Darty, on va leur proposer un contrat d'assurance Sfam pour protéger leurs nouveaux biens.
04:02Et en 2018, son entreprise est devenue tellement grosse qu'il peut racheter une partie de la FNAC ?
04:08Il va rentrer au capital de FNAC Darty et il va acheter 11,34% des parts, ce qui est
04:13énorme.
04:14Mais dès cette année-là, donc 2018, une enquête est ouverte sur lui par la répression des fraudes, la DGCCRF.
04:21Pourquoi ?
04:22On commence à avoir des témoignages de clients mécontents, ils se sentent floués. En fait, ce qui se passe, c
04:27'est quand ils vont acheter un produit multimédia à la FNAC,
04:30on va leur proposer donc l'assurance de la Sfam, mais la façon dont les choses sont présentées fait qu
04:35'ils ne comprennent pas qu'ils souscrivent à une assurance.
04:37On va leur présenter ce contrat comme une offre de remboursement de 30 euros, sans engagement, alors qu'en fait,
04:43l'enquête de la DGCCRF va montrer que c'est pas vrai,
04:46c'est une assurance où ils sont engagés pendant au moins un an, et pour résilier ce contrat, c'est
04:50très compliqué.
04:51Suite à cette enquête, en 2019, Sadri Fégayer est obligé de verser à l'État une forte somme d'argent.
04:57Oui, la sanction, elle est assez inédite. En fait, il va être condamné à payer une amende de 10 millions
05:01d'euros pour pratiques commerciales trompeuses.
05:06En 2020, Sadri Fégayer rebondit en ouvrant des boutiques dans plusieurs villes de France, boutiques baptisées Upside Store. De quoi
05:13il s'agit ? Quel est le service proposé en apparence ?
05:16Il y a plusieurs boutiques Upside Store qui vont ouvrir partout en France, mais la plupart sont à Paris et
05:20en Ile-de-France. Il y en a même une qui va ouvrir sur le boulevard Haussmann.
05:24Ces magasins, ils attirent l'œil, ils sont très éclairés. Ces boutiques, elles se présentent comme des boutiques de vente
05:29d'objets high-tech reconditionnés.
05:31Là où ils se font connaître surtout, c'est par leur méthode marketing qui va très bien marcher. En fait,
05:38ils vont poster des salariés devant les boutiques.
05:41Ces salariés, ils vont interpeller les gens dans la rue en leur disant « si vous entrez dans notre boutique
05:45et que vous regardez ce qu'on vous vend, vous aurez une enceinte gratuite ou un chargeur externe gratuit. »
05:53Quand ces clients vont rentrer dans la boutique, on ne va pas forcément leur parler des produits reconditionnés qui sont
05:58vendus, on va leur parler de tous les contrats que vendent Upside.
06:02Ils vendent plusieurs sortes de contrats, donc des contrats d'assurance pour les produits high-tech, les téléphones, les tablettes,
06:08les télés, etc.
06:09Ils vont aussi vendre des packs fidélités. Ces packs fidélités, ils vont comprendre plusieurs services, comme par exemple des réductions
06:17pour l'achat de produits dans leur magasin,
06:19des cartes cadeaux pour faire des voyages ou encore des assurances pour leur téléphone.
06:23« Pendant deux ans, on a la carte de fidélité du magasin. C'est une carte qui a un 2
06:27-3 avantage. Le premier, c'est 1 400 euros de cartes cadeaux à dépenser en magasin.
06:30Le dernier avantage, c'est une carte de voyage de 1 000 euros, tout en sachant qu'on commence toujours
06:34à la gratuité. »
06:37Mais dans les années qui suivent, beaucoup de clients se plaignent d'Upside Store. Pourquoi ?
06:42En fait, les clients, ils ont expliqué que quand ils sont dans la boutique, on va les encourager à donner
06:45leur RIB, donc leurs coordonnées bancaires,
06:47et à souscrire à ces contrats d'assurance et ces contrats de fidélité. On leur dit que c'est sans
06:53engagement, que c'est résiliable vraiment à tout moment.
06:55Donc, ils ne sont même pas obligés de débourser un centime le premier mois. Sauf qu'en fait, ils vont
07:00se rendre compte que c'est très compliqué de joindre l'entreprise et de résilier leurs contrats.
07:04Et certains vont même se rendre compte qu'ils vont être prélevés plusieurs fois par mois au lieu d'une
07:08fois. Les sommes ne sont jamais les mêmes et elles augmentent.
07:11En novembre 2022, un couple qui se plaint d'Upside Store témoigne dans un reportage vidéo du Parisien, Philippe, 48
07:18ans, et Marianne, 26 ans. Qu'est-ce qu'ils racontent ?
07:20La première fois qu'ils rentrent dans une boutique Upside, c'est en mai 2022. Ce qui les attire, justement,
07:25c'est cette offre d'enceinte gratuite et de batterie externe gratuite.
07:29Ils ressortent de la boutique en pensant avoir souscrit un pack fidélité, donc qui leur donne droit à une assurance
07:33pour leur téléphone,
07:35un pass location pour des objets high-tech et une aide à la création de sites internet.
07:39Mais en rentrant chez eux, ils vont se rendre compte qu'en fait, ils ont souscrit à cinq contrats différents,
07:44dont des assurances.
07:46Et eux, ce qu'ils nous expliquent, c'est qu'on ne les a pas mis au courant. Ils n
07:49'avaient jamais entendu parler de ces assurances.
07:52Au jour d'aujourd'hui, je ne comprends toujours pas les sommes qui ont été prélevées sur mon compte par
07:55rapport aux contrats.
07:56Je ne comprends toujours pas pourquoi il y a huit mandataires qui prélèvent sur notre compte alors qu'il y
08:01a cinq contrats.
08:02Au total, ils vont être prélevés de 800 euros chacun, alors qu'ils pensaient qu'ils allaient être prélevés d
08:06'une centaine d'euros mensuellement.
08:12La répression des frottes, qu'on a déjà évoquée, ouvre une deuxième enquête pour pratiques commerciales trompeuses.
08:18C'est cette enquête qui va aboutir au procès de cet automne 2024, dont on va reparler.
08:23Autre conséquence, plusieurs sociétés de sadrif-égailleurs, dont la Sfam, l'entité historique de l'entreprise,
08:30sont placées en liquidation judiciaire au printemps 2024.
08:34Mais, Inès de Rousier, l'histoire ne s'arrête pas là.
08:37Des anciennes victimes d'Upside Store sont à nouveau prélevées pendant l'été et au mois de septembre.
08:44Parmi ces victimes, un homme que vous avez rencontré, il s'appelle Samuel.
08:48Est-ce que vous pouvez nous le présenter ?
08:49Oui, Samuel, il a 27 ans, il est commercial, il habite à Nice, donc il me reçoit chez lui.
08:54Il a été victime des pratiques commerciales trompeuses d'Upside Store et il garde un souvenir très amer de cette
09:00période-là.
09:01Il a été victime d'Upside Store en 2022.
09:03Il a été prélevé de 300 euros en l'espace de 4 mois, avant de faire opposition auprès de sa
09:09banque à ce prélèvement.
09:11A la fin du mois d'août, il reçoit un mail surprenant.
09:15Oui, en fait, il va me raconter qu'à 2h du matin, le 31 août, il va recevoir un mail
09:19de la part d'une société qui s'appelle Equestrian Cup.
09:22Donc, à première vue, ça a l'air de concerner les chevaux.
09:25Dans ce mail, on lui explique que son inscription à l'abonnement Equestrian Cup a bien été prise en compte.
09:31Et en pièce jointe, il va avoir un contrat qui contient ses informations personnelles et qui est signé de son
09:37nom.
09:38En fait, à la place de signature client, il y a marqué « Approuvé au téléphone à telle date »,
09:43donc c'est une date en août.
09:45Et lui, il explique qu'on ne l'a jamais appelé à cette date-là, qu'il n'a jamais
09:47approuvé la signature d'aucun contrat.
09:50C'est un contrat de souscription à une offre qui comprend plein de services, dont un abonnement pour aller voir
09:56des compétitions de chevaux,
09:58pour aller voir des événements culturels, mais il y a aussi un service de conciergerie.
10:02Alors Samuel, il me dit qu'il n'a jamais entendu parler de cette entreprise, que ses services ne l
10:06'intéressent pas du tout.
10:06Il est vraiment très étonné de voir ce contrat signé de son nom.
10:09Et il n'aime même pas les chevaux. Comment est-ce qu'il a réagi quand il voit ce mail
10:12et ce contrat qu'il a soi-disant signé ?
10:14Il m'explique qu'il était très en colère. Il ne comprend pas qu'on ait pu signer un contrat
10:19à sa place.
10:20Ils ont pris du coup, moi, l'identité, ma signature, mes informations personnelles pour un contrat auquel je n'ai
10:26absolument donné aucune validation.
10:28Du coup, ce qu'il va faire, c'est qu'il va appeler sa banque. Sa banque connaît son historique,
10:31connaît son histoire avec Upside.
10:33Ils vont tout de suite faire opposition au prélèvement. Le problème, c'est qu'il y a deux prélèvements qui
10:37ont le temps de passer en septembre.
10:38Un d'à peu près 55 euros et un autre d'à peu près 50 euros.
10:42Ça va le mettre en difficulté. Il m'a dit que ça l'a mis à découvert à ce moment
10:45-là.
10:46Mais la banque réagit tout de suite, le rembourse et met fin au prélèvement.
10:50Et lui, il mène déjà sa petite enquête ?
10:52Oui, parce qu'en fait, ça lui rappelle beaucoup les méthodes d'Upside.
10:55Parce que sur le papier, Equestrian Cup n'appartient pas à Sadriff et Gaillard.
10:58Et comme ça, il n'y a pas de lien entre les deux.
11:00Mais il m'explique que le site internet, ça ressemble au site internet que pouvaient avoir des entreprises de l
11:06'ASFAM,
11:06donc des entreprises de Sadriff et Gaillard.
11:08Et ça va même plus loin parce que quand on est sur le site d'Equestrian Cup,
11:11et quand on regarde en bas de la page, on voit qu'il y a des avis clients.
11:14Et ces avis clients, ils parlent d'une entreprise qui s'appelle Serena.
11:17Donc ils ne parlent pas d'Equestrian Cup, ils parlent de Serena, qui est une entreprise de Sadriff et Gaillard.
11:21Comme s'il y avait eu un copier-coller en clair.
11:24Exactement, c'est ce qu'il me dit, il a l'impression d'un copier-coller.
11:26Et puis les services proposés, ça ressemble au service qui était proposé par Upside.
11:31Et surtout, là, ce qui va lui ôter tout doute, c'est qu'il voit qu'il y a une
11:34faute de frappe à son adresse.
11:36On retrouve la même faute de frappe sur son contrat Upside.
11:39Donc pour lui, qu'est-ce qui a pu se passer ?
11:41Lui, ce qu'il suppose, c'est que ces données personnelles, ces coordonnées bancaires
11:45qui étaient détenues par l'ASFAM, l'entreprise de Sadriff et Gaillard,
11:49il suppose que ces données, elles ont été données ou vendues à Equestrian Cup.
11:56Equestrian Cup est une société belge.
11:59Et l'homme à qui appartient cette entreprise s'appelle Nicolas Derideur.
12:02Qui est-il ?
12:03Nicolas Derideur, il est belge, il est passionné d'équitation
12:06et il essaie de faire carrière dans l'organisation de compétitions équestres.
12:11Sur les réseaux sociaux, il s'affiche en train de sabrer du champagne.
12:14Il a l'air d'un homme qui a réussi, qui est riche.
12:17Et il organise des compétitions équestres.
12:19Oui, alors il en a organisé en Belgique,
12:21mais depuis au moins octobre 2023, il en organise dans le sud de la France.
12:25Et en fait, quand on fait quelques recherches sur les réseaux sociaux,
12:29on se rend compte qu'il connaît très bien Sadriff et Gaillard.
12:32Sadriff et Gaillard est lui aussi passionné d'équitation.
12:34Il organise des compétitions de saut d'obstacles de chevaux dans son hara,
12:39le hara des Grillons, qui est situé près de Valence.
12:41Il en organise aussi dans le hara de Grimaud, près de Saint-Tropez.
12:45Inès Derousier, vous avez pu interviewer un loueur de matériel basé dans le Var
12:49qui a eu affaire à cet homme, donc Nicolas Derideur, au mois d'avril 2024.
12:54Comment ça s'est passé ?
12:55Donc ce loueur, il s'appelle Romain.
12:56Et en fait, il va louer des machines de manutention à Nicolas Derideur
12:59pour monter des gradins en vue de l'organisation d'une compétition équestre.
13:03Donc la première fois qu'il le rencontre, c'est pour louer une machine.
13:06Il me dit que c'est quelqu'un qui présente bien.
13:09Il arrive, il a plusieurs cartes bancaires, dont des black cards.
13:12Ce jour-là, il y a un client de Romain qui est présent à la boutique
13:15et qui lui dit qu'il a déjà vu Nicolas Derideur participer à des soirées festives très chiques à Saint
13:21-Tropez.
13:22Donc il se dit que c'est un client sérieux.
13:24Mais ça ne se passe pas si facilement que ça ?
13:26Non, en fait, il va avoir des premiers doutes parce qu'en fait, il va lui demander une caution
13:29pour l'allocation du matériel.
13:31Il va finir par réussir à prélever 1000 euros de caution,
13:34donc 500 euros sur deux cartes bancaires différentes.
13:37Par la suite, Nicolas Derideur va louer sa machine et va décider de prolonger l'allocation
13:41et d'en louer d'autres.
13:43Donc au total, il doit 9000 euros à Romain.
13:46Et en fait, Romain ne va jamais être payé.
13:48Malgré ses relances, Nicolas Derideur essayait d'abord de gagner du temps
13:52et puis a fini par arrêter de lui répondre.
13:549000 euros impayés, donc vous avez interrogé la Fédération Équestre Internationale
13:58au sujet de ce Nicolas Derideur.
14:00Qu'est-ce qu'elle vous dit sur lui ?
14:02La Fédération Équestre Internationale, elle va m'expliquer que plusieurs participants
14:06ont commencé à se plaindre.
14:07Il y a des officiels et des athlètes qui expliquent qu'ils n'ont pas été payés
14:10et qu'ils n'ont pas reçu leur récompense à l'issue des concours organisés par Nicolas Derideur.
14:14La conséquence que ça va avoir, c'est que les compétitions organisées par Nicolas Derideur
14:18vont être retirées du calendrier officiel de la Fédération Équestre Internationale
14:22et donc ne vont jamais avoir lieu.
14:26Inès Derouzier, on en revient au début de cet épisode de Code Source.
14:30Sadri Fégailleur est jugé du 23 septembre au 2 octobre
14:33et le mardi 1er octobre, le jour où il est attendu pour s'exprimer longuement sur les faits.
14:38Vous essayez de l'interroger sur ses liens avec Nicolas Derideur.
14:42Il refuse de vous parler, mais sur Internet, sur de nombreuses photos,
14:46on voit qu'il connaît très bien l'homme d'affaires belge.
14:49Sur les réseaux sociaux, les deux hommes apparaissent régulièrement en photo ensemble
14:53lors de compétitions d'équitation.
14:56On les voit en train de sabrer du champagne, en train de rire, de se serrer la main.
15:00Ils ont l'air de se connaître assez bien.
15:02Au-delà de la question de ces liens éventuels avec Équestriane Cup,
15:06comment Sadri Fégailleur se défend pendant son procès ?
15:09Lui, il réfute le terme d'arnaque.
15:11Il dit qu'il n'a jamais eu d'intention de tromper les clients.
15:14Il explique que quand il y a eu les premières plaintes des clients,
15:17il a mis en place des plans d'action pour répondre à leurs demandes
15:20et pour arranger la situation.
15:22Mais malgré les demandes répétées des avocats des parties civiles,
15:25il ne va jamais détailler ces fameux plans d'action.
15:27Vous l'avez dit, il y a 1600 parties civiles dans cette affaire.
15:30Les victimes, comment est-ce qu'elles ont vécu tout ça ?
15:32Très mal.
15:32Il faut savoir que ces victimes, elles ont été prélevées jusqu'à plusieurs milliers d'euros.
15:36Donc ça les a mis dans une grosse difficulté financière.
15:39Et même pour les personnes qui ont été prélevées de moins de 100 euros par mois,
15:43ça a été très compliqué.
15:44On a par exemple pu parler à Manon qui a eu un prélèvement récemment d'une cinquantaine d'euros.
15:48Mais ce qu'elle nous explique, c'est que 50 euros,
15:50c'est de l'argent qui peut lui servir à acheter de la nourriture,
15:53de la viande, à faire le plein de sa voiture.
15:56Donc ça a été très compliqué.
15:59Sadriff Agaillard, est-ce qu'il semble avoir des remords
16:01au sujet de tous ses clients qui ont perdu de l'argent dans cette affaire ?
16:05Sadriff Agaillard, il n'exprime jamais de remords.
16:07Et on a un peu l'impression qu'il est en déconnexion totale
16:10avec ce qui lui est reproché.
16:12Par exemple, ce qui m'a particulièrement marquée,
16:14c'est que vers la fin du procès,
16:16la juge lui demande quels sont ses futurs projets
16:19parce que sa société, la Sfam, qui s'appelle maintenant Indexia,
16:22a été placée en liquidation judiciaire.
16:24Et donc lui, il explique qu'il est en train d'étudier un nouveau marché en Espagne
16:28et qu'en fait, il envisage de vendre des abonnements de télésurveillance
16:31à des retraités, donc des personnes âgées.
16:34Et quand il dit ça, ça sidère vraiment tout le monde dans la salle d'audience
16:37et il y a même des rires un peu gênés qui fusent de part et d'autre de la salle.
16:41Et les partis civils avec qui j'ai pu m'entretenir
16:44me disent que vraiment, ils ne comprennent pas
16:46et qu'ils ont l'impression qu'ils ne retiennent pas la leçon.
16:49A la fin du procès, le mercredi 2 octobre,
16:51la procureure demande contre Sadri Fégaïer
16:54une peine de 2 ans de prison, dont 18 mois fermes
16:57et 300 000 euros d'amende.
16:59Elle demande également contre lui l'interdiction de gérer une société pendant 5 ans.
17:03Le jugement sera rendu le 17 décembre.
17:06Inès Derousier, que disent les avocats des victimes aujourd'hui ?
17:09Quel est leur sentiment ?
17:10Leur sentiment, c'est que c'est loin d'être terminé.
17:12Déjà, ils attendent le jugement dans un premier temps, bien sûr.
17:14Mais ce qu'ils attendent aussi, c'est de voir si la DGCCRF
17:18va ouvrir une nouvelle enquête sur cette histoire d'Equestrienne Cup
17:21pour éclaircir les liens entre Nicolas Derrider et Sadri Fégaïer.
17:25Dans mes derniers échanges avec l'une des avocates des partis civils,
17:29elle m'explique que pour elle, c'est loin d'être terminé
17:31et qu'on n'a pas fini d'entendre parler de Sadri Fégaïer.
17:46Merci Inès Derousier.
17:47Votre enquête vidéo est à voir sur le compte YouTube du Parisien.
17:51Cet épisode de Code Source a été produit par Clémentine Spiller et Thibault Lambert.
17:55Réalisation Pierre Chaffanjon.
17:57Code Source est le podcast quotidien d'actualité du Parisien.
18:00N'oubliez pas de vous abonner pour ne rater aucun épisode.
18:03Et puis on vous invite également à écouter Crime Story,
18:06le second podcast du Parisien.
18:08Une affaire criminelle racontée chaque samedi par Claudia Prolongeau
18:11et Damien Delseny, le chef du service police-justice du Parisien.
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