- il y a 12 heures
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Virginie Rosselot, 40 ans, a été victime d’une escroquerie aux prêts immobiliers. Huit ans après l’incendie d’un immeuble acheté frauduleusement en son nom, incapable de rembourser les dettes et traquée par le fisc, elle témoigne de son calvaire dans cet épisode de Code Source au micro de Barbara Gouy.
En savoir plus: https://www.leparisien.fr/faits-divers/jai-pense-au-suicide-le-calvaire-de-virginie-dont-lidentite-a-ete-usurpee-pour-acheter-un-immeuble-19-06-2023-ZJCOV6IVLJGGDH3HTCQGSHKDNU.php?at_medium=sl&at_campaign=345
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Thibault Lambert, Pénélope Gualchierotti et Clémentine Spiler - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network.
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NewsTranscription
00:02Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Virginie Roslo, 40 ans, a vécu l'enfer pendant près d'une décennie après qu'un réseau d'escrocs a
00:18usurpé son identité pour faire un gros prêt immobilier à son nom.
00:22En 2017, soit deux ans après avoir déclaré une perte de carte d'identité, Virginie Roslo découvre en effet qu
00:29'elle est propriétaire d'un immeuble à Pantin en Seine-Saint-Denis
00:33et que l'administration fiscale, la ville et la banque lui réclament de grosses sommes d'argent.
00:38Après des années de grande précarité et de saisie sur salaire dès qu'elle trouvait du travail, elle avait décidé
00:44de médiatiser son histoire dans Le Parisien en 2023.
00:48Cette année, au mois de janvier, elle a enfin été entendue au procès des escrocs présumés qui lui ont volé
00:55son identité.
00:56Virginie Roslo raconte son histoire dans Codesource au micro de Barbara Gouy.
01:12Je rencontre Virginie Roslo chez son compagnon en Normandie.
01:16Elle vit ici depuis plusieurs mois.
01:19On s'installe dans la cuisine.
01:21Virginie Roslo est née le 20 juillet 1984 à Montreuil.
01:26Elle grandit entre la région parisienne et la Normandie.
01:29Après ses études d'assistante de direction, Virginie fait beaucoup de petits contrats.
01:34Elle n'a pas un salaire très élevé mais ça se passe bien pour elle.
01:38A 32 ans, un jour, elle reçoit un courrier qui l'interpelle.
01:45Alors en juin 2017, je reçois un premier courrier de la Banque Palatine
01:48qui me parle d'un prêt immobilier de plus de 400 000 euros
01:51que j'aurais commencé à rembourser avec une échéance, je crois j'avais 3 mois,
01:553 mois de paiement à peu près avec une échéance qui avait été mise en place.
01:58Et j'avais soi-disant arrêté de payer donc on me demandait de continuer de l'échéance.
02:02À ce moment-là, je me dis que c'est peut-être une erreur.
02:05Comme je le dis assez souvent, je reçois des fois des courriers qui ne m'appartiennent pas.
02:07Donc là, il y avait mon nom, je me suis dit c'est peut-être un homonyme.
02:10Et puis je n'ai pas forcément prêté attention.
02:12Virginie ne connaît pas la Banque Palatine.
02:14Elle ne se pose pas plus de questions mais elle met quand même la lettre de côté.
02:18Environ deux semaines plus tard, elle reçoit un nouveau courrier,
02:21cette fois-ci de la mairie de Pantin.
02:23Dans cette lettre, il est écrit qu'elle est copropriétaire d'un immeuble et que cet immeuble a pris feu.
02:28On me parle d'échanges que j'aurais eu avec le propriétaire avec qui je suis en partenariat
02:35et que j'aurais promis de rembourser les gens relogés,
02:39puisque les gens étaient relogés à l'extérieur.
02:40Je crois qu'il y a à peu près 4 ou 5 familles, notamment des femmes seules avec enfants.
02:44Et on me demandait, suite à un commun accord que j'aurais donné,
02:48de faire le nécessaire soit pour faire des travaux ou soit pour condamner l'immeuble
02:51qui apparemment menaçait de s'effondrer et risquait d'esquinter en fin de compte les bâtiments aux alentours.
02:57Dès que j'ai reçu ce courrier, vu que ça parle d'un immeuble forcément
03:00et que le courrier d'avant était un prêt immobilier,
03:03bien évidemment j'ai fait le rapprochement assez rapidement
03:05et j'ai dû ressortir le courrier.
03:06Et à partir de ce moment-là, j'ai commencé à mener mon enquête.
03:09Virginie se souvient avoir perdu sa carte d'identité en 2015.
03:13Même si elle avait déposé plainte, elle soupçonne rapidement une usurpation d'identité.
03:17Elle décide de se rendre à la banque Palatine pour avoir plus d'informations
03:21et montrer sa nouvelle carte d'identité.
03:23Quand j'arrive là-bas, je demande directement à l'accueil de voir le conseiller
03:29et finalement me dit que la personne qui a fait mon prêt immobilier ne travaille plus chez eux.
03:33Alors j'ai trouvé ça un petit peu rigolo, je me suis dit c'est un peu fort de café.
03:37Du coup j'ai demandé à un responsable et de là on me refuse l'accès.
03:39Je me suis dit mais si j'ai fait un prêt immobilier chez vous, que j'ai signé des documents,
03:43je pars du principe où je peux quand même voir les documents que j'ai signés,
03:46rencontrer au moins ne serait-ce qu'un directeur ou une directrice.
03:50Là on me refuse.
03:51Et de là, on m'a demandé juste une photocopie de ma carte d'identité que j'avais en main
03:56propre,
03:56la déclaration de perte et de vol que j'avais fait à l'époque quand j'ai perdu ma papier.
04:00Et ils m'ont fait signer juste un bon, un bon à la réception comme quoi je me suis présentée
04:05et que je parle d'usurpation, de documents falsifiés.
04:09Et après ils m'ont fortement conseillé de partir, notamment avec un vigile qui m'attendait
04:13et qui me repoussait un peu vers la sortie.
04:15Comme Virginie reçoit aussi des lettres de la mairie de Pantin concernant l'immeuble
04:19dont elle serait copropriétaire, elle décide de se rendre là-bas pour demander au maire plus d'informations.
04:25Encore une fois on me refuse l'accueil, je tape un scandale clairement.
04:29J'étais très en colère parce que ça faisait deux refus, pour moi c'était quand même énorme.
04:32On parle quand même de somme d'argent colossale, on parle de gens à la rue, d'un immeuble qui
04:37va s'effondrer.
04:37Enfin je trouve que c'est quand même quelque chose qu'il faut prendre au sérieux.
04:40Et la seule personne que j'ai pu voir à l'époque, parce que le maire n'avait pas apparemment
04:43le temps,
04:44on n'était pas là, enfin je ne sais plus quelle excuse on m'a trouvée.
04:47J'ai réussi à avoir les coordonnées d'un monsieur qui s'occupe de tout ce qui est insalubrité dans
04:52les bâtiments.
04:52En fait, dès qu'il y a un bâtiment qui ne va pas au niveau de la ville, c'est
04:54cette personne-là qui s'en charge.
04:56Donc il se chargeait de mon dossier par rapport à ça, parce que l'immeuble avait pris feu.
05:00Et j'ai réussi à obtenir un rendez-vous, peut-être deux, trois jours après, avec ce monsieur-là, donc
05:04à la mairie de Pontin.
05:07La première question que je lui ai posée, en fait, c'est « est-ce que vous m'avez vue
05:11? Est-ce que c'est moi qui me suis présentée ? Qui s'est présentée à ma place ?
05:14Est-ce que c'était moi ? »
05:15Parce que dans tous les courriers que je recevais, on me parlait de moi, qu'on m'avait vue, que
05:18je m'étais présentée.
05:19Donc à moins que j'ai un dédoublement de personnalité, je n'avais pas le souvenir d'être passée en
05:24tout cas à la mairie ou à la banque que je ne connaissais pas.
05:27Et de là, il me dit « ben non, je ne vous ai jamais vue ».
05:29Et même pour vous dire, à l'époque, j'avais les cheveux rouges, il me dit « je pense qu
05:31'une fille avec les cheveux rouges, c'est le genre de personne qui ne passe pas inaperçue ».
05:35Et il m'a dit que ce monsieur qui me représentait, en fin de compte, venait toujours en prétextant qu
05:40'il avait procuration sur mon compte, sur ma signature, sur tous mes documents,
05:43parce que j'étais, en tout cas dans mon usurpation, une personne architecte qui travaillait beaucoup, qui faisait beaucoup de
05:49voyages.
05:49Donc il avait procuration sur tout ce qui m'appartenait, donc ce monsieur se présentait toujours en mon nom.
05:54L'identité de Virginie a bien été utilisée pour acheter un immeuble à Pantin.
05:59Et le conseiller lui explique également qu'ils n'ont plus de nouvelles de son copropriétaire.
06:03Il lui donne une adresse postale caduque et un numéro de téléphone qui ne fonctionne plus.
06:10Alors à partir de ce moment-là, les seules choses que j'ai pu faire, c'est de demander un
06:15maximum de documents à la mairie de Pantin sur l'usurpateur,
06:20sur des documents que j'aurais signés.
06:22Donc là, il me sort tout un tas de courriers signés à mon nom.
06:27Quand il y a eu l'incendie, pour expliquer le tout début de l'incendie, on va dire, des échanges
06:31sur oui, on devrait reconstruire l'immeuble,
06:34oui, on devrait faire ci, enfin voilà, des propositions que j'aurais soi-disant faites.
06:37Parce que dans cette histoire, il y a des gens qui se retrouvent dehors, il faut le dire,
06:40qui ont été relogés dans des chambres d'hôtel, que la mairie, donc la ville a dû avancer les frais,
06:46donc ça, on les réclame.
06:47À partir de là, j'ai commencé à recevoir des courriers du fisc, où là, on me réclamait tout ce
06:52qui était taxes concernant cet immeuble,
06:55parce que quand on est propriétaire, on a des taxes à payer, et là, les sommes étaient énormes.
07:00Et de là, en fin de compte, ça a été un engrenage, ça a été très vite, en fait, en
07:03très peu de temps.
07:04À partir du moment que j'ai montré que j'existais, qu'il y a une personne qui répondait finalement
07:07au courrier,
07:08parce qu'avant ça, ils avaient de réponses, ni de ce monsieur Rochemont, ni de moi-même.
07:12À partir du moment où j'ai répondu, c'est comme s'ils se sont transmis toute l'information,
07:15et en fait, j'ai reçu des courriers de la banque, du maire, qui a eu vente de ma venue,
07:22et m'a gentiment dit que je devais payer.
07:26Et de quand le fisc s'est rajouté, là, c'était le... comme on dit, le pompon,
07:30parce qu'autant on peut toujours s'expliquer ou combattre la mairie de Pontin ou une banque,
07:36mais l'État, très compliqué pour moi.
07:38Les courriers s'accumulent.
07:40En tout, Virginie doit rembourser plusieurs dizaines de milliers d'euros, et elle n'en parle à personne.
07:47C'est quelque chose qu'on entend beaucoup dans les heures passées.
07:50Les gens ont honte de ce qui leur arrive, alors que pourtant on est victime.
07:53Mais on a cette tendance, en fait, à se cacher, en se disant, on est mal vus,
07:58limite, on se prend pour un voyou un peu.
08:00Mais à un moment donné, c'était tellement lourd à apporter,
08:02il a fallu que j'en parle à quelqu'un, parce que j'avoue, je commençais un petit peu à
08:06me demander
08:07si finalement, je n'avais pas des moments de folie, peut-être que je n'avais pas une double vie.
08:10Parce qu'on se pose la question, donc j'ai commencé à en parler à ma sœur,
08:13dans un premier temps qui, forcément, m'a rouspété du fait que je n'en avais pas parlé,
08:16parce que ça faisait au moins deux mois que ça devait durer.
08:19Et mon ex-conjoint, pour lui, c'était, oui, ça va s'arrêter, c'est deux, trois papiers,
08:23tu vas faire deux, trois courriers, ça va passer.
08:25En fait, tout le monde autour de moi minimisait un peu la chose en se disant,
08:28de toute façon, tu as fait une déclaration de perte et de vol, tu as fait une plainte, ça te
08:31suffit.
08:32Sauf qu'il faut savoir que ça ne suffit pas pour vous protéger,
08:35ça reste des papiers, n'importe qui peut le faire de son propre chef.
08:39Moi, par exemple, demain, ma situation ne convient pas, je veux faire un achat XYZ,
08:43je peux mesurper moi-même mon identité en me disant, j'ai perdu ma carte d'identif,
08:47j'ai eu une déclaration de perte et de vol, et c'est qu'un papier, en fait,
08:50il n'y a pas de fichage ou quoi que ce soit.
08:52Donc, même autour de moi, si vous voulez, les gens ont beaucoup minimisé, en fait, cette histoire,
08:56et d'autres ne m'ont pas cru.
08:58Donc, quand vous entendez vos proches qui doutent un peu de ça en prétextant,
09:01peut-être que j'ai voulu avoir un peu plus de sous,
09:03parce qu'effectivement, je n'avais pas une vie non plus où je gagnais des milliers et des cents,
09:06c'est très très dur, humainement.
09:08Virginie n'arrive pas à garder ses emplois,
09:11car une partie de son salaire est prélevée pour rembourser ses dettes,
09:14et ses employeurs sont prévenus.
09:16Elle n'ose même plus ouvrir son courrier,
09:18ne peut plus payer son loyer et perd son logement.
09:21Elle se sépare également de son conjoint à cette période.
09:24En 2019, Virginie décide de partir vivre en Normandie, chez son grand-père.
09:30Alors là, je m'étais proposée à moi-même de me faire une année sabbatique.
09:34Je me suis dit, voilà, je m'actualise sur Pôle emploi en tant que demandeuse d'emploi,
09:38mais je ne cherche plus d'emploi.
09:39Comme ça, pas de fichage.
09:41Au pire, je touche le Pôle emploi qui prenne au Pôle emploi.
09:44Après tout, je me suis dit, j'aurais moins honte qui prenne au Pôle emploi
09:46qu'une entreprise où je voudrais potentiellement faire ma carrière dedans,
09:51où dès le début, je montre un peu un visage, un petit peu avec un dossier creux.
09:56Donc du coup, je me suis dit, tant qu'à faire, je me fais une année sabbatique
10:00où je reprends un peu sur moi et peut-être qu'ils vont m'oublier.
10:03En fait, j'ai eu l'audace ou le culot de me dire que l'État allait oublier,
10:07mais pas du tout.
10:08En fait, vous pouvez vous déplacer n'importe où.
10:10C'est comme si vous aviez une puce, ils vous retrouvent.
10:12En fait, à partir du moment où vous ne travaillez pas,
10:15que vous ne recevez pas de courrier,
10:16que vous ne faites pas de mouvement, on va dire, dans la société,
10:18on ne vous trouve pas.
10:19Mais il suffit d'un chèque déposé dans une banque.
10:22Il suffit d'un début d'emploi, quelque part.
10:25On vous retrouve assez facilement.
10:27Et là, au final, mon grand-père, ça fait quelques mois
10:30que j'ai été un petit peu à l'ouest en oubliant cette affaire.
10:33J'ai reçu mes premiers courriers du fisc
10:36par rapport à cette histoire chez mon grand-père.
10:42Les courriers qui lui demandent de rembourser ses dettes
10:45recommencent à s'accumuler.
10:47Mais Virginie reprend sa vie en main.
10:49Elle rencontre un compagnon.
10:50Et fin 2019, elle retrouve du travail vers chez son grand-père
10:54en tant qu'assistante médicale à la médecine du travail.
10:58C'est quand ils ont commencé à me parler de CDI, comme par hasard,
11:02j'ai eu le fameux courrier, comme j'ai eu dans toutes les entreprises,
11:06pour la saisie sur salaire.
11:07Et là, la différence, c'est que ça faisait un petit bout de temps
11:09que je cumulais entre l'intérim et le CDD, où j'ai cumulé.
11:13J'avais un peu montré mes preuves, en tout cas,
11:14de vouloir travailler dans cette entreprise.
11:17Et j'avais même dit à l'époque, si vous me prenez en CDI,
11:20je ne repars pas à Paris ou je ne sais trop,
11:22je reste chez vous, je m'implique.
11:24Quand ils ont reçu ce courrier-là,
11:26ils ont eu ce côté humain de me contacter
11:29et de me demander de m'expliquer,
11:31au lieu de me barrer la route, comme on l'a fait plusieurs fois.
11:33Et là, encore une fois, j'ai dû me mettre à nu.
11:35Alors, ce n'est pas facile de se mettre à nu dans une entreprise
11:37où, à la base, on veut faire partie des chiffres comme tout le monde
11:40et être un peu discret.
11:41Là, il a fallu que je sorte du lot.
11:43J'ai tout simplement envoyé tous les documents que j'avais.
11:47J'ai eu un entretien avec la RH.
11:48J'ai pleuré dans son bureau, comme ce n'est pas possible.
11:51Et ils m'ont fait comprendre que, pour eux,
11:53ça ne les regardait pas,
11:54qu'il y a des fois des gens, des patrons
11:56qui ont des saisies sur salaire.
11:58Ça arrive à tout le monde, en gros, d'avoir des problèmes.
12:00Limite, ils étaient choqués que je leur étale autant ma vie,
12:03mais tellement cette habitude de devoir se justifier
12:04et de montrer mon dossier,
12:06à chaque fois que j'apportais mon dossier comme ma Bible,
12:08j'ai fait la même chose.
12:09Sauf qu'ils ont gardé ce côté professionnel
12:11avec, finalement, mes compétences professionnelles.
12:13Ils m'ont dit,
12:14« Eh bien, justement, ça nous motive encore plus
12:16à te signer un CDI,
12:17parce que si on ne fait pas ça,
12:19en gros, tu ne pourras jamais t'en sortir.
12:21Et je pense que s'ils ne m'avaient pas fait signer ce contrat,
12:23je ne serais plus là pour vous en parler,
12:25parce que, finalement,
12:26ça aurait été peut-être la goutte d'eau
12:27pour déborder le vase,
12:29parce que sans emploi,
12:30finalement, sans revenu fixe,
12:32on ne peut rien faire.
12:33Et du coup, grâce à eux,
12:35j'ai eu le CDI,
12:37et du coup, il y a eu la saisie qui s'est enclenchée,
12:39mais finalement, c'est quelque chose
12:40que je n'ai pas forcément fait attention,
12:41même si je ne travaillais pas pour rien,
12:42mais les primes, ils y sont passés,
12:44les heures sup'y sont passées,
12:45mais je me suis dit,
12:46au moins, j'ai quand même un contrat,
12:47et je ne suis pas dehors.
12:51Virginie décède et elle doit partir de chez lui.
12:53Mais à ce moment-là,
12:54Virginie ne peut compter que sur son conjoint.
12:57Entre Dominique Cillier chez son grand-père,
12:59qui, on va dire, fraude un peu,
13:01sans dire que je suis là,
13:03et elle est en temps chez mon conjoint,
13:04et là, elle m'a retrouvée avec le décès de mon grand-père,
13:06donc, bien évidemment, ma mère a récupéré ses biens immobiliers,
13:09et puis, vu que je ne m'entends pas avec ma mère,
13:11de toute façon, l'hébergement, ce n'était pas possible.
13:14Et vous pouvez co-comptez sur votre conjoint
13:16que vous connaissez depuis,
13:18quand ça s'est passé,
13:19ça faisait peut-être un an et demi,
13:21enfin, je veux dire, c'est tout frais.
13:22Je me suis dit, waouh, qu'est-ce que je vais faire ?
13:24Donc, c'est vrai que là,
13:25comme je me suis retrouvée dehors,
13:27le seul bien matériel que j'avais,
13:28c'était ma voiture.
13:29Donc, oui, j'ai un peu menti.
13:30Mon travail, je faisais des heures subs,
13:31soit disant, parce que j'avais du travail,
13:33mais non, c'est parce que je voulais rester tard
13:35pour pouvoir dormir quelque part.
13:37Mon conjoint, bah oui, je suis chez ma sœur.
13:39Ma sœur, oui, je suis chez mon conjoint.
13:40Enfin, vous voyez, c'est un petit peu
13:41au jeu du chat et la souris,
13:42parce que je voulais pas être trop empiétée
13:44chez ma sœur qui, elle, fait sa petite vie aussi.
13:46Mon conjoint aussi qui a sa vie à lui,
13:49entre guillemets.
13:50Quand on a un début de relation,
13:51voilà, on veut pas trop empiéter.
13:53Sauf que là, étant dehors,
13:54bah là, j'étais obligée d'empiéter quelque part.
13:56Donc, du coup, j'ai dû beaucoup mentir.
13:58Et là, c'était le début un peu de la dégringolade.
14:02Virginie saute des repas
14:03et elle n'en parle toujours pas.
14:05Puis les mois passent
14:06et elle vit de plus en plus chez son compagnon.
14:09En 2021, à 37 ans,
14:10elle apprend qu'elle est tombée enceinte.
14:12J'ai voulu, dans ma vie,
14:13tomber enceinte avec mon ex-conjoint.
14:15J'y arrivais pas.
14:16Voilà, c'est la vie, c'est comme ça.
14:17Et je m'étais résignée à pas en avoir du tout.
14:19Je me suis dit, ça se trouve,
14:20je ne peux pas en avoir d'enfant.
14:21Après, j'ai pas fait les examens qu'il fallait,
14:22mais moi, en tant que femme,
14:23je me suis dit, bah c'est tant pis,
14:24c'est pas grave, c'est comme ça.
14:25Quand j'ai rencontré mon conjoint actuel
14:27qui, à la base,
14:28avait déjà un peu son passé,
14:30c'était pas le genre de personne
14:31à me dire, je veux fonder une famille.
14:32Donc je me suis dit, bah ça m'arrange
14:33parce que je pense que
14:34je n'arriverai jamais à en avoir.
14:35Et paf, je tombe enceinte.
14:37Alors je pense que c'est psychologique
14:38vu que j'ai été pas à réfléchir à ça.
14:41Et là, j'ai mis du temps
14:43parce que j'ai été bloquée
14:45entre mon envie en tant que femme.
14:47Mais en même temps,
14:48il y a l'usurpation.
14:49Alors mon conjoint qui est avec moi
14:50depuis peu, déjà.
14:52Mais j'aurais pu me dire,
14:53bah tant pis, je le garde
14:54et si il n'est pas content,
14:55je suis ma vie toute seule.
14:56J'y ai pensé en me disant,
14:57bah tant pis, mon conjoint,
14:58ça s'arrête, je garde l'enfant.
14:59Lui n'en veut pas,
15:00tant pis, je pense à moi.
15:01Mais où je vais avec cet enfant
15:03parce que si je me sépare
15:04de mon conjoint,
15:05ça me fait un endroit
15:05en moins où aller.
15:07Qu'est-ce que je fais
15:07avec cet enfant ?
15:09Et j'ai décidé,
15:11effectivement,
15:11d'avorter.
15:14Ça, c'est quelque chose,
15:15je pense que
15:16je le regretterai toute ma vie
15:17même si c'est pas vraiment
15:18de ma faute.
15:19Mais ça, on va pas
15:20me le rembourser.
15:22Virginie commence
15:23à médiatiser l'affaire
15:24en 2023
15:25pendant que l'enquête
15:26se poursuit.
15:27Elle apprend
15:28qu'elle n'est pas
15:29la seule victime
15:30car les neuf accusés
15:31sont suspectés
15:32d'avoir détourné
15:33en tout
15:34plus de 18 millions d'euros
15:35en souscrivant
15:37à des prêts immobiliers
15:38à la Banque Palatine.
15:40Le procès s'ouvre
15:41le lundi 13 janvier 2025
15:43à Paris.
15:44Virginie est partie civile
15:45et elle tient
15:46à prendre la parole.
15:48Je crois que j'ai parlé
15:49dix minutes.
15:49Facile, dix minutes.
15:50Et on m'a pas coupée.
15:52Ça, j'ai trouvé ça super
15:53parce que les autres personnes,
15:54les avocats coupés,
15:55tout ça, l'autre partie coupée.
15:56Mais moi, on m'a vraiment
15:57laissé parler du début à la fin
15:58et mon avocat n'a pas parlé.
16:00Je me suis dit,
16:00ça veut dire que j'avais tout dit
16:01pour le coup.
16:03La partie, forcément,
16:05perte d'enfant
16:06a été très dure pour moi
16:06et c'est à partir là,
16:07j'avoue, j'ai craqué
16:08un peu en pleurs
16:09parce que ce côté-là
16:10de ma vie, je crois,
16:11c'est la partie la plus dure.
16:13Et justement,
16:13j'ai parlé avec mon cœur
16:15au juge
16:15en lui disant
16:16je pense qu'en tant que femme,
16:17vous devez bien comprendre
16:22et pas revenir dessus
16:23et en plus de ça,
16:24j'ai 40 ans.
16:25Ça se trouve,
16:26je ne peux plus avoir d'enfant.
16:28Là, j'ai vraiment parlé
16:29avec mon cœur.
16:29J'ai oublié que c'était
16:30des juges.
16:31J'ai juste vu des femmes.
16:33Ça a été un fort soulagement.
16:34C'est un...
16:34Alors, pas tout de suite.
16:35C'est venu plutôt le lendemain
16:37parce que sur place,
16:38j'étais encore
16:39sous l'effet de la pression
16:40et mon avocat me disait
16:41mais ça y est, ça y est.
16:42J'ai dit non, non
16:42parce que moi, j'attends
16:43le Graal,
16:44le document
16:45où il y a marqué
16:46« Victime ».
16:47En fait, je l'attends
16:47vraiment pour le mettre
16:49au nez du fisc
16:50mais vraiment,
16:51c'est comme si
16:51c'était un ticket d'or
16:52mais là maintenant
16:53avec le recul,
16:55je l'ai fait quoi.
16:56J'ai pu raconter
16:56mon histoire comme je voulais
16:58et là, je suis dans l'attente.
17:00Alors, je souhaite
17:01que la justice
17:02fasse ce qu'il faut.
17:04Prison, pas prison,
17:05en vrai, ça je laisse
17:07la justice se faire.
17:08Je veux juste
17:08qu'elle soit juste
17:09mais la seule chose
17:10que je veux en tout cas,
17:11c'est que je sois vraiment
17:13considérée comme victime
17:15et je puisse enfin
17:16récupérer mon identité.
17:30Barbara, comment va
17:31Virginie Roselot
17:32depuis qu'elle a témoigné
17:33à ce procès ?
17:34Elle va mieux
17:35mais elle attend
17:36surtout avec impatience
17:37le délibéré du procès
17:38qui aura lieu en avril
17:39pour pouvoir montrer au fisc
17:41enfin qu'elle n'a pas menti
17:42et qu'elle n'a jamais acheté
17:43cet immeuble à Pantin
17:44mais depuis la médiatisation
17:45de l'affaire,
17:46Virginie a déjà été remboursée
17:47de la moitié
17:48de ce qui lui avait été prélevé
17:49donc il y a peu de doute
17:50sur le fait qu'elle soit
17:51reconnue victime
17:52d'usurpation d'identité
17:53et petit à petit
17:55sa vie reprend son cours
17:56et elle travaille toujours
17:57en tant qu'assistante médicale
17:58à la médecine du travail
17:59et elle continue de vivre
18:00son histoire d'amour
18:01avec son compagnon.
18:02On avait déjà donné la parole
18:03dans code source
18:04à une personne victime
18:05d'usurpation d'identité
18:06José
18:07dans un épisode diffusé
18:09en avril 2023
18:10c'est quelque chose
18:11de fréquent en France ?
18:12Oui il y a plus de 200 000 personnes
18:14qui sont victimes
18:15d'usurpation d'identité
18:16en France chaque année
18:17et alors comme Virginie
18:18ça peut être des personnes
18:19qui ont perdu leur papier d'identité
18:21ou qui se les ont fait voler
18:22mais ce qu'on ne sait pas
18:23c'est que ça peut également
18:24se passer sur internet
18:25en donnant des informations
18:26personnelles
18:27en se faisant avoir
18:28par des sites frauduleux
18:30Merci Barbara Gouy
18:31cet épisode de code source
18:32a été produit par
18:33Clémentine Spiller
18:34Clara Garnier-Amourou
18:36et Pénélope Gualquierotti
18:38réalisation
18:38Julien Moncouquiol
18:40N'hésitez pas à vous abonner
18:41à code source
18:42sur votre plateforme
18:43d'écoute préférée
18:44ou sur la chaîne
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18:57Chaque samedi
18:58une nouvelle affaire criminelle
18:59racontée par Claudia Prolongeau
19:01avec Damien Delseny
19:02le chef du service
19:03police-justice du Parisien
19:05Sous-titrage Société Radio-Canada
19:07Sous-titrage Société Radio-Canada
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