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L’ancienne épouse et complice du tueur en série Michel Fourniret a été condamnée le 19 décembre à la perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 20 ans, au terme d’un procès long de trois semaines devant la cour d’assises des Hauts-de-Seine, à Nanterre.
Pour Code source, Louise Colcombet, Vincent Gautronneau, et Pascale Egré, journalistes au service police-justice du Parisien, racontent le procès de Monique Olivier.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo et Ambre Rosala - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network
Archives : INA, TF1, Europe 1, BFMTV
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Pour Code source, Louise Colcombet, Vincent Gautronneau, et Pascale Egré, journalistes au service police-justice du Parisien, racontent le procès de Monique Olivier.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo et Ambre Rosala - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network
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00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Le mardi 19 décembre, Monique Olivier, l'ancienne épouse du tueur en série Michel Fourniret,
00:16a été condamnée à la perpétuité assortie d'une période de sûreté de 20 ans,
00:21verdict de la cour d'assises de Nanterre dans les Hauts-de-Seine,
00:24où est basé un pôle judiciaire consacré aux affaires non résolues.
00:28Monique Olivier est reconnue coupable de complicité dans les enlèvements et les meurtres
00:33de deux jeunes femmes de 19 et 20 ans, Marie-Angèle Domès et Johanna Parriche,
00:38et d'une enfant de 9 ans, Estelle Mouzin.
00:41Compte rendu d'audience, aujourd'hui dans Codesources, avec les trois journalistes du Parisien
00:45qui ont couvert le procès, Louise Colcombé, Vincent Gautronneau et Pascal Aigret.
00:58Vincent Gautronneau, ce procès, il est symbolique des lenteurs de la justice.
01:02Effectivement, c'est un procès qu'aurait presque pu se tenir il y a 15 ans, en 2008,
01:07lors du premier procès de Michel Fourniret et Monique Olivier.
01:10Les affaires Johanna Parriche, l'affaire Marie-Angèle Domès, Michel Fourniret,
01:15ils revendiquent presque, ils demandent d'être jugés pour ces histoires dès 2007,
01:19mais la justice n'y croit pas, elle n'enquête pas vraiment.
01:23Ces dossiers étaient un petit peu oubliés depuis des années
01:26et ce qu'on constate, c'est qu'aujourd'hui, on arrive à juger trois affaires
01:30qu'ont pour une 20 ans, pour une 33 ans et pour une autre 35 ans.
01:35Monique Olivier, elle est entrée il y a quelques minutes dans cette salle d'assises,
01:39ici au tribunal de Nanterre, devant une foule de micros.
01:42Le procès de Monique Olivier s'ouvre devant la cour d'assises de Nanterre,
01:45dans les Hauts-de-Seine, le mardi 28 novembre, peu après 10 heures.
01:49L'accusé accepte d'être filmé et pris en photo.
01:53Elle a 75 ans aujourd'hui, est-ce que vous pouvez nous la décrire physiquement ?
01:56Monique Olivier a les cheveux blancs, coupés courts.
02:00Elle s'est coupé les cheveux quelques jours avant le procès, elle-même en détention.
02:05Elle est habillée d'un sweat blanc, d'un pantalon de survêtement noir.
02:09Ce qui est assez notable, c'est que juste sur le banc à côté d'elle,
02:13dissimulé un peu de la vue de tout le monde,
02:15il y a un gilet pare-balles, parce que Monique Olivier porte systématiquement
02:17un gilet pare-balles lors des déplacements.
02:19Elle accepte d'être filmée et prise en photo,
02:22ce qui est assez rare de la part des accusés.
02:25Et elle accepte ça sans broncher.
02:28Elle ne regarde pas particulièrement les photographes à ce moment-là.
02:31Ce qu'elle a expliqué pour justifier ce choix,
02:34c'est que de toute manière, elle se disait qu'à un moment ou un autre,
02:36une photo d'elle allait fuiter.
02:38Donc ça ne changeait pas grand-chose.
02:43Vincent Gautronneau en a déjà raconté son parcours criminel et personnel
02:47dans plusieurs précédents épisodes de Codesources.
02:49Elle a été victime d'un mari violent avant de rencontrer Michel Fourniret.
02:53Et elle se souvient notamment d'une agression.
02:55Effectivement, Monique Olivier raconte depuis plusieurs années une violente agression
02:59dont elle aurait été victime par son premier mari, André.
03:03Cet homme était convaincu de l'infidélité de Monique Olivier.
03:06Et Monique Olivier explique qu'une fois, il l'a attrapée par les cheveux.
03:10Elle disait qu'elle avait les cheveux attachés.
03:11Et il est allé la mettre dans une baignoire où il lui a immergé la tête à plusieurs reprises.
03:16Elle a expliqué tout au long de ses interrogatoires,
03:20de ses questionnements avec les psychologues depuis son arrestation,
03:23que c'est un épisode qui l'avait marqué traumatisé.
03:29C'est juste après cet événement, en 1987, qu'elle tombe par hasard
03:33sur la petite annonce d'un détenu, Michel Fourniret,
03:36qui cherche une correspondante pour tromper l'ennui.
03:39Après la scène de violence qu'elle a subie par André,
03:42Monique Olivier part s'installer à Nîmes, dans le sud de la France.
03:45Et elle va assez rapidement travailler comme aide-malade chez une femme âgée.
03:52Chez cette femme âgée, elle va tomber par hasard sur un journal
03:55qui s'appelle le Pèlerin Magazine.
03:58Ce jour-là, elle va le feuilleter et elle va effectivement tomber
04:01sur une petite annonce, quelques mots, où il est écrit
04:03« Prisonnier aimerait correspondre avec personne de tout âge pour oublier solitude ».
04:07Et elle va répondre à cette annonce.
04:09Et c'est par lettre que Monique Olivier et Michel Fourniret
04:12vont sceller leur pacte criminel.
04:14Elle va l'aider à trouver ses victimes, des jeunes filles vierges,
04:17et lui s'engage à tuer son ancien mari violent.
04:20Vincent Gautreneau, le premier jour de l'audience,
04:22est consacré à l'examen de la personnalité de Monique Olivier.
04:26Qu'est-ce qu'elle dit sur son parcours de vie ?
04:28Monique Olivier, durant cette première journée d'audience,
04:30elle est très prolixe.
04:31Elle parle assez facilement de sa vie, de son enfance.
04:35Pas très heureuse, sa maman était alcoolique, son père un peu absent.
04:41Mais au fond, elle a des souvenirs d'une enfance plutôt normale, dans ce qu'elle dit.
04:46Elle raconte ensuite sa maladie, une maladie qu'elle a à l'âge du bac.
04:50Elle ne passera pas son certificat d'études.
04:52Elle enchaîne sur des études de secrétariat.
04:54A la sortie de cette école, elle rencontre André.
04:57Il est propriétaire d'une auto-école.
04:59Et il va lui proposer de travailler pour elle.
05:01Et finalement, quelques années plus tard, ils vont se marier, avoir deux enfants.
05:05Et ensuite, elle va partir.
05:07Elle va partir vers le sud de la France,
05:09commencer à correspondre avec Michel Fourniret.
05:11Et finalement, le rencontrer à sa sortie de prison et se marier avec lui.
05:15Et c'est aux côtés de Michel Fourniret que va débuter son parcours criminel.
05:20Car avant de rencontrer Michel Fourniret,
05:22Monique Olivier n'a jamais eu affaire à la justice.
05:24Donc elle parle d'elle.
05:26Par contre, elle n'apprécie pas quand on lui demande d'évoquer les crimes dont elle a été complice.
05:30C'est une des choses qu'on voit tout de suite ce premier jour de procès.
05:33Elle est à l'aise pour parler.
05:34Elle est d'accord pour parler au président,
05:36pour répondre aux questions des avocats de la partie civile.
05:40Mais dès qu'on arrive dans le dur,
05:41dès qu'on arrive sur les faits pour lesquels elle a été notamment condamnée en 2008,
05:45à Charleville-Mézières dans les Ardennes,
05:46ou pour les faits pour lesquels elle va être jugée,
05:50là, les phrases se font plus courtes.
05:52Très souvent, elle dit « ne pas se souvenir ».
05:53Ça se termine par des points de suspension.
05:55Elle répond un petit peu à côté.
05:57On sent qu'elle est effectivement beaucoup moins à l'aise
05:59quand il s'agit de parler des choses qu'on lui reproche.
06:04Le mercredi 29 novembre,
06:05une enquêtrice belge revient sur l'arrestation de Michel Fourniret
06:09en Belgique, dans la région de Namur,
06:11en juin 2003,
06:12juste après une tentative d'enlèvement ratée,
06:15une adolescente de 13 ans avait pu donner son signalement.
06:19Louise Colcombé, Monique Olivier,
06:21elle n'a pas été inquiétée tout de suite.
06:23Non, au départ,
06:24il place en détention provisoire
06:26Michel Fourniret.
06:27En se disant quand même
06:28que son mode opératoire et son profil
06:30sont assez inquiétants,
06:32cette petite fille,
06:33quand elle est montée dans cette camionnette,
06:35elle a tout de suite compris ce qui se passait.
06:37Et à l'époque, en Belgique,
06:39on est en plein dans l'affaire Marc Dutroux.
06:41La Belgique est sous le choc
06:42après les aveux de Marc Dutroux et de ses complices.
06:45Les cordes de fillettes de 8 ans ont été retrouvées hier soir
06:48dans le jardin d'une de ses maisons près de Charleroi.
06:51Il a également avoué l'enlèvement l'été dernier
06:53de deux adolescentes que l'on espère encore vivantes.
06:56Mais les enquêteurs belges poursuivent
06:57leurs recherches et leurs fouilles.
07:00Cette adolescente va demander
07:01à Michel Fourniret s'il est un ami
07:03de Marc Dutroux et celui-ci va lui répondre
07:05« Non, je suis pire ».
07:06À partir de là, ils vont creuser tout ce qu'ils vont pouvoir creuser
07:09sur le couple et ils ont une disposition
07:11dans leur code pénal qui leur permet de convoquer
07:13autant de fois qu'ils veulent un témoin
07:15et d'interroger autant de fois qu'ils veulent
07:17quelqu'un en détention provisoire.
07:18Michel Fourniret va ainsi être entendue
07:2156 fois en l'espace d'un an.
07:23Et Monique Olivier, elle, elle est convoquée
07:2539 fois.
07:26Et en juin 2004, au moment où Fourniret
07:29va être libérée, d'un seul coup
07:31Monique Olivier fait des aveux
07:34en une journée, en l'espace de 12 heures
07:36elle va parler de 9 crimes
07:38et comme ça, lâcher, ouvrir les vannes.
07:41C'est une femme qui tremble
07:42et qui se cache. Dans la peur
07:44et la discrétion, Monique Olivier a vécu
07:46comme cela avec Michel Fourniret.
07:48Le 22 juin dernier, elle craque.
07:50Son mari est en prison pour tentative
07:52d'enlèvement. Lors d'une banale audition
07:55Monique Olivier se libère enfin.
07:57Le lendemain, le jeudi 30 novembre,
08:00une juge vient expliquer à la barre
08:02pourquoi les enlèvements et les meurtres
08:03de Joana Parriche et Marie-Angèle Domès
08:05n'ont pas été jugés en 2008
08:08à Charleville-Mézières, en même temps
08:09que les autres crimes pour lesquels
08:11Michel Fourniret et Monique Olivier
08:13ont été condamnés à la perpétuité.
08:15C'est d'autant plus étonnant que les aveux
08:17circonstanciés de Monique Olivier
08:18datent de 2005 sur ces deux dossiers.
08:21Mais à l'époque, autant sur les autres meurtres
08:23qui sont jugés à Charleville-Mézières,
08:25Fourniret a fait des aveux.
08:26Sur ces deux-là, il n'en a pas fait.
08:28Et aussi, on comprend que la masse de travail,
08:30elle est colossale, en fait,
08:30pour retrouver les corps.
08:32Avec un Michel Fourniret qui joue un peu
08:33avec les enquêteurs, qui les balade.
08:35Ces deux dossiers, ils sont un peu laissés de côté
08:37face au travail colossal qui est nécessité
08:39par les autres crimes qu'il va falloir juger
08:41et avec des délais de détention provisoires
08:42qui ne sont pas extensibles à l'infini.
08:45Et donc, il y a cette jeune juge
08:46qui, on comprend, s'est jeté corse et âme
08:49dans ce dossier à l'époque,
08:50qui a eu deux enfants en bas âge
08:52pendant cette époque-là sans être remplacée
08:54et avec un cabinet qu'il fallait faire tourner
08:56avec d'autres affaires.
08:57Elle l'a expliqué, elle a dit
08:59oui, à un moment, on a fait des choix
09:00parce qu'il y avait des parents
09:01qui allaient peut-être décéder
09:02sans voir le procès de leur fille
09:03si on continuait à prolonger
09:05les enquêtes sur d'autres meurtres.
09:07Donc, ils ont préféré, en réalité,
09:09organiser un procès avec sept meurtres
09:11avec des aveux circonstanciés
09:12pour être sûr qu'on puisse condamner
09:14Michel Fourniret et l'empêcher de recommencer.
09:18Pendant ce procès, Monique Olivier répond donc aussi
09:21de complicité dans l'enlèvement
09:22et le meurtre d'Estelle Mouzin.
09:24La fillette de 9 ans a disparu
09:26le 9 janvier 2003 à Guermantes, en Seine-et-Marne.
09:29Et le vendredi 1er décembre,
09:31Louise Colcombé, le père d'Estelle Mouzin,
09:32Éric Mouzin, s'agace
09:34parce que le président du tribunal
09:36refuse de faire réagir Monique Olivier
09:38à des témoignages intéressants.
09:40Oui, le président, il dit non, mais on a prévu
09:42un planning, elle sera interrogée plus tard.
09:44Sauf que la cour d'assises,
09:46c'est éventuellement là où on peut avoir des aveux
09:48ou des choses inédites.
09:50C'est tout l'intérêt, d'ailleurs, d'avoir un procès.
09:53Monique Olivier, c'est quand même
09:54celle qui sait. Je veux dire, Fourniret,
09:56il est mort, il ne parlera plus jamais, il n'y a plus qu'elle.
09:59Et donc, quand on a notamment
10:00un enquêteur qui vient dire que Fourniret lui-même
10:02avait fait une lettre à l'un de ses co-détenus
10:04dans laquelle il explique qu'il a fait une liste
10:06de crimes et il met des numéros de 1 à 35.
10:08Il ne remplit que les sept premières
10:10lignes avec des crimes qu'on connaît déjà.
10:12Ça pose quand même question.
10:14Maître Didier Seban, qui est l'avocate du père d'Estelle Mouzin,
10:16ne peut pas dire qu'on va peut-être faire réagir Monique Olivier.
10:19Saufentendu, c'est peut-être
10:20le jour du scoop. Et là, le président
10:22refuse. Donc là, c'est le refus de trop.
10:24Éric Mouzin, là, c'est trop pour lui.
10:26Il en a assez, donc il sort.
10:27Et puis, à la sortie, il va nous confier qu'il ne comprend pas.
10:30Ça fait 20 ans qu'il attend un procès.
10:32Et puis là, il a l'impression qu'on s'en tient à des horaires
10:34de la SNCF.
10:39Le même jour,
10:40plusieurs membres de la famille de Marie-Angèle Domès
10:43viennent témoigner à la barre.
10:44Louise Colcombé, rappelez-nous dans quelles circonstances
10:47Marie-Angèle Domès a été victime
10:49de Michel Fournere et Monique Olivier
10:51le 8 juillet 1988
10:53dans le département de Lyon.
10:55À ce moment-là, Marie-Angèle Domès,
10:58qui est toute jeune majeure,
10:59vit dans un foyer la semaine.
11:00Et le week-end, elle retrouve sa famille d'accueil.
11:03Et elle est enlevée ce jour-là
11:05en allant prendre son train à la gare.
11:07En réalité, Michel Fournere, elle l'a déjà repérée
11:10puisqu'il vit à ce moment-là dans le même village
11:12que sa grand-mère et sa tante.
11:14Et il l'a embarquée avec lui Monique Olivier
11:16pour la mettre en confiance.
11:17Monique Olivier, à ce moment-là, est enceinte de 7 mois.
11:19Et sa présence est rassurante.
11:21Et donc, ils vont l'emmener ensuite sur un petit chemin
11:23où Monique Olivier, elle, sort de la camionnette.
11:26Il y aura ensuite une tentative de viol.
11:28Et Marie-Angèle va être brutalement tuée dans cette camionnette.
11:32Et par la suite, dans la nuit, dit-elle,
11:35Michel Fournere va aller se débarrasser du corps.
11:37Donc, un endroit inconnu.
11:39On n'a malheureusement jamais retrouvé le corps de Marie-Angèle.
11:41Les sœurs de Marie-Angèle Domès,
11:43Véronique et Patricia Domès,
11:45ont le sentiment que cette affaire n'a pas compté
11:47pour les autorités
11:48parce que la jeune fille était placée à la DAS,
11:51l'ancienne aide sociale à l'enfance.
11:52On peut difficilement leur donner tort.
11:54En fait, il n'y a quasiment aucune investigation
11:56qui est menée à l'époque.
11:57On se serait rendu compte, à l'époque,
11:59que Fournir est traîné autour du foyer
12:01puisque 20 ans après,
12:02on leur montre la photo et elles le reconnaissent.
12:05On ne va pas aller interroger ses sœurs
12:07ni la famille d'accueil.
12:09Enfin, il n'y a rien qui est fait.
12:10Au bout de 6 mois, le dossier est refermé.
12:13Patricia, elle était très émouvante
12:14parce qu'à un moment, elle a expliqué en larmes
12:16que l'impression qu'ils comptaient pour rien,
12:20ces enfants-là.
12:20Elle a dit que la justice a fermé les yeux
12:23sur nous, les enfants de la DAS.
12:30Pascal Aigré, le lundi 4 décembre,
12:33c'est au tour du père de Joanna Parrish
12:34de venir à la barre.
12:36Joanna Parrish était une jeune britannique de 20 ans.
12:38Elle a été violée et tuée en 1990
12:41par Michel Fourniré et Monique Olivier.
12:43Il est comment cet homme
12:45et qu'est-ce qui vous marque dans ce témoignage ?
12:47C'est un vieil homme aux cheveux blancs
12:48qui s'avance à la barre.
12:49Roger Parrish a 80 ans.
12:52Il a les mains qui trombent en tenant ses feuilles.
12:55Il a du mal presque à tenir debout.
12:59Ce qui marque aussi dans le témoignage de ce père,
13:02c'est l'amour qu'il porte toujours à sa fille,
13:04Joanna Parrish.
13:06Et lui choisit de parler d'elle,
13:08de la petite fille qu'elle était,
13:09de la joie de cette petite fille
13:11à voir naître un petit frère.
13:12Ensuite, de la jeune fille.
13:14On la voit grandir dans ses mots
13:15et avec les photos aussi qui apparaissent
13:17sur l'écran de la cour d'assises.
13:19Jusqu'à cette belle jeune femme en robe bleue
13:21qui va au bal.
13:23Cette belle jeune femme qui décide de partir en France
13:25pour donner des cours d'anglais dans un lycée dans Lyon.
13:28Il aura attendu plus de 30 ans ce procès.
13:31À la question de son avocat,
13:34il lui dit « Mais ça fait quoi d'arriver 33 ans après
13:37dans une cour d'assises
13:38et d'attendre si longtemps une vérité judiciaire ? »
13:41On pouvait s'attendre à une colère
13:43contre la justice française.
13:45Ils ont eu énormément de difficultés
13:46en tant que parents de victimes étrangères
13:49à comprendre comment ça fonctionnait,
13:51tout simplement, à trouver un avocat,
13:53à comprendre ensuite pourquoi,
13:55alors qu'il y avait deux suspects,
13:57c'est-à-dire Monique Olivier et Michel Fourniret,
13:59ils ont bénéficié quand même d'un non-lieu,
14:02pourquoi le dossier de sa fille
14:04n'a pas été jugé en même temps
14:05que les premières affaires ?
14:07Et il n'y a pas de colère en fait dans ce témoignage.
14:09Il en ressort une dignité incroyable.
14:18Le lendemain, le mardi 5 décembre,
14:21Monique Olivier est interrogée
14:22sur son implication dans ces trois crimes
14:24et elle se présente une nouvelle fois
14:26comme une personne soumise à son ancien mari.
14:29Oui, Monique Olivier s'est toujours présentée
14:31en fait, même en admettant sa complicité
14:33dans les crimes de son mari,
14:35comme finalement une femme soumise,
14:38passive et qui devait lui servir d'appât,
14:41certes, mais parce qu'elle n'avait pas le choix en fait.
14:44Et là, elle a cette formule incroyable
14:46qui est de dire
14:47« je n'ai jamais été autre chose
14:48que le chien qui doit obéir ».
14:50Dans ce que lui appelait sa chasse,
14:52elle, ben voilà,
14:53elle aurait servi uniquement de chien.
14:58À un moment,
14:59l'un des avocats des partis civils,
15:00des familles,
15:01l'interroge sur le nombre total de victimes.
15:03Il demande donc à Monique Olivier,
15:05mais on parle de 35 meurtres.
15:07Elle a cette réponse assez floue,
15:09assez ambiguë.
15:10D'une certaine manière,
15:10elle affirme
15:11« c'est peut-être vrai ou pas vrai ».
15:13Et elle ajoute encore ceci,
15:16« peut-être que c'était avant moi ».
15:18Sous-entendu,
15:18il n'avait pas besoin de moi pour tuer. »
15:21Et ça laisse en tout cas planer un doute
15:23sur le fait qu'elle ait tout dit.
15:28Le 6 décembre,
15:29la mère d'Estelle Mouzin
15:30témoigne à distance
15:31en visioconférence
15:33du sud de la France
15:34où elle habite aujourd'hui
15:35après avoir vécu des années à l'étranger.
15:37Elle explique pourquoi elle a déménagé
15:39et pourquoi elle n'a pas parlé à la presse
15:41depuis plus de 20 ans.
15:42Elle explique que si elle est partie vivre
15:44à Johannesburg, en Afrique du Sud,
15:46un peu moins de deux ans
15:47après la disparition d'Estelle,
15:49c'est qu'elle ne pouvait simplement
15:51plus supporter d'être à Paris,
15:53de voir des affiches
15:54avec le visage de sa fille,
15:56de prendre des routes
15:57qu'elle connaissait par cœur,
15:59de rentrer chez elle
16:00et de voir la chambre de sa fille vide.
16:03Et donc,
16:03elle a préféré tout quitter.
16:05Par contre,
16:06évidemment,
16:07elle n'a jamais oublié Estelle.
16:08C'est aussi ce qu'elle est venue dire.
16:09C'est que si elle ne s'est pas battue,
16:11elle, pendant des années,
16:12comme Éric Mouzin,
16:13elle n'a jamais oublié sa fille.
16:15Elle se souvient, par exemple,
16:16du dernier livre
16:17qu'elle a lu à Estelle.
16:19Estelle, elle était dyslexique.
16:21Elle avait un petit peu de mal
16:22à lire toute seule
16:23et donc,
16:24même si elle avait 9 ans,
16:25elle voulait tous les soirs
16:26que sa maman lui raconte
16:27une histoire.
16:28Et ce mercredi 8 janvier 2003,
16:31la veille de la disparition d'Estelle,
16:32elle se souvient lui avoir lu
16:34ce dernier livre
16:35qui s'appelle Cheval Noir.
16:36C'est quelque chose
16:37qui l'a marqué,
16:38qu'elle n'a jamais oublié.
16:39Elle s'en veut toujours aujourd'hui
16:41d'avoir laissé Estelle
16:42rentrer seule de l'école
16:43ce jour-là,
16:44le jeudi 9 janvier 2003.
16:46Estelle rentrait chez elle
16:47à pied de l'école
16:49située à moins de 400 mètres de là
16:50depuis quelques jours ?
16:51Elle était,
16:52selon ses parents,
16:53très fière,
16:53justement,
16:54d'être désormais une grande
16:55et de pouvoir rentrer elle-même.
16:57Sa mère a expliqué
16:58qu'effectivement,
16:58elle ne se pardonnerait jamais
17:00d'avoir accepté
17:01cette demande d'Estelle.
17:03Au moment de la disparition d'Estelle,
17:05ses parents étaient séparés
17:06depuis longtemps.
17:07L'une des demi-sœurs d'Estelle,
17:09une fille de la nouvelle compagne
17:10d'Éric Mouzin,
17:11s'appelle Estelle elle aussi.
17:13Elles avaient toutes les deux
17:14le même âge.
17:14Cette femme de 30 ans,
17:16aujourd'hui,
17:17vient témoigner à la barre.
17:19Et elle va raconter
17:20ce que c'est
17:21de vivre avec,
17:22comme elle l'a dit,
17:23un fantôme,
17:24de vivre avec une demi-sœur
17:26qu'elle a connue pendant un an,
17:28qu'elle aimait beaucoup.
17:29Elle raconte
17:31ces moments
17:32très difficiles
17:33dans les années
17:33qui ont suivi
17:34la disparition d'Estelle Mouzin,
17:36où elle voit le visage
17:37d'Éric Mouzin changer.
17:38Elle raconte sa remise
17:40de diplôme,
17:41où Éric Mouzin
17:42est en larmes.
17:44Comme elle dit,
17:44je pense qu'il y avait
17:45de la fierté,
17:46mais il y avait aussi
17:46la conscience
17:47que sa fille à lui,
17:49Estelle Mouzin,
17:50il ne la verrait jamais
17:51passer son diplôme.
17:52Autre témoignage important
17:53concernant la disparition
17:55d'Estelle Mouzin,
17:55celui de l'une
17:56de ses amies,
17:57Mégane,
17:58qui avait été victime
17:59d'une tentative d'enlèvement
18:00quelques jours plus tôt,
18:01juste avant Noël,
18:02en décembre 2002.
18:04Mégane,
18:04c'est un témoignage
18:05qui est très fort.
18:06Elle vient à la barre,
18:07elle explique
18:07qu'Estelle était son amie,
18:09qu'elle avait 11 ans,
18:10Estelle en avait 9.
18:12C'était deux copines
18:13et que 15 jours
18:14avant la disparition d'Estelle,
18:16le dernier jeudi
18:17avant les vacances scolaires,
18:18elle est approchée
18:19par un homme
18:20à bord d'une fourgonnette blanche.
18:22Cet homme,
18:22il va lui dire
18:23« Oula, ça a l'air lourd
18:24ce que tu portes,
18:25est-ce que tu veux
18:25que je te ramène chez toi ? »
18:27La chance de Mégane Bélis,
18:28c'est qu'elle a dit non
18:29à cet homme-là
18:29car aujourd'hui,
18:30on a une forte présomption
18:32que cet homme,
18:32c'était Michel Fourniret.
18:39Le vendredi 15 décembre,
18:40les avocats
18:41des familles de victimes
18:42prononcent leur plaidoirie
18:43et pour eux,
18:44pas question d'accepter
18:45l'idée que Monique Olivier
18:46n'a fait que suivre
18:47son ancien mari.
18:48Monique Olivier,
18:49à leurs yeux,
18:50elle est aussi responsable
18:52que Michel Fourniret.
18:53Elle est active
18:53dans les crimes
18:54et quand elle n'est pas active,
18:57elle laisse faire.
18:58Didier Seban,
18:59l'avocat de la famille Mousin,
19:00lui a très justement dit
19:01à un moment
19:02« Madame Olivier,
19:03vous allez voir
19:04cette petite fille,
19:05vous vous asseyez
19:06à côté d'elle,
19:07elle vous demande
19:07à voir sa maman
19:08et vous ne faites rien. »
19:10C'est une femme
19:10qui a été active
19:11dans certains enlèvements
19:12qui aurait pu sauver
19:14Estelle Mousin,
19:15sans aucun doute,
19:15mais qui ne l'a pas fait.
19:16Comment réagit Monique Olivier
19:18quand elle entend
19:18tous ces témoignages
19:19de la famille
19:20et des proches
19:21d'Estelle Mousin
19:21pour qui la douleur
19:23est intacte ?
19:24La plupart du temps,
19:25Monique Olivier,
19:25elle ne réagit pas.
19:26Elle est attentive au débat,
19:28elle écoute.
19:28D'ailleurs,
19:29on se rend compte
19:29qu'elle écoute
19:30car parfois,
19:30elle fait nom de la tête
19:31quand elle n'est pas d'accord
19:32sur quelque chose,
19:33quand un enquêteur
19:34vient parler,
19:35quand un ancien PV est relu
19:37ou des choses comme ça.
19:38En revanche,
19:39envers les familles,
19:40elle n'a pas vraiment
19:42de réaction.
19:43Elle prend en général
19:44la parole
19:44après leur témoignage
19:45invitée par le président
19:46et elle dit
19:47qu'elle est désolée,
19:48qu'elle est un monstre.
19:49Il s'avère qu'elle ne laisse
19:50pas transparaître
19:51beaucoup d'émotions
19:52dans ses excuses.
19:53Louise Colcombé,
19:54le vendredi 8 décembre,
19:56l'un des enquêteurs
19:57de la police judiciaire
19:58de Versailles
19:58qui travaillait
19:59sur la disparition
20:00d'Estelle Mousin
20:01vient témoigner
20:02à la demande
20:03d'Éric Mousin
20:04qui considère
20:04que Michel Fourniré
20:06aurait dû être suspecté
20:07dans cette affaire
20:08dès le départ.
20:10La PJ de Versailles
20:11n'a jamais cru
20:12à la piste Fourniré
20:13alors même
20:14que ça paraissait
20:15assez évident
20:16d'ailleurs
20:16même aux yeux
20:17des Belges.
20:17Dès le lendemain,
20:19ils appellent
20:19leurs homologues français
20:20pour les prévenir
20:20de la possible implication
20:22de Fourniré
20:23dans l'affaire
20:24Estelle Mousin.
20:24Et pendant des années,
20:25il va y avoir
20:26ce bras de fer
20:26entre Éric Mousin
20:28via ses avocats
20:29et la PJ de Versailles
20:30en insistant
20:31en disant
20:31de recreuser
20:33et ils ne vont
20:34jamais y croire.
20:35On a une trace ADN
20:36d'Estelle sur un matelas.
20:37On sait aujourd'hui
20:38que c'est bien Fourniré
20:39qui est responsable
20:40donc là c'est un peu
20:40l'idée de leur faire expliquer
20:41pourquoi,
20:42comment ils ont travaillé
20:43et pourquoi ils n'ont
20:44jamais suivi cette piste.
20:45Cet enquêteur défend
20:46le travail qui a été fait
20:47par la police judiciaire
20:48de Versailles.
20:49Travail colossal selon lui.
20:51142 gardes à vue,
20:52plus de 12 500 procès-verbaux,
20:54une quarantaine
20:55de déplacements en région.
20:56Louis Scolcombe,
20:57au-delà de ces chiffres,
20:58pourquoi les policiers
20:59en charge de l'affaire
20:59de la disparition
21:00d'Estelle Mouzin
21:01n'ont jamais cru
21:02à l'implication
21:03de Michel Fourniré ?
21:04La première chose
21:05c'est qu'ils trouvent
21:05que c'est loin.
21:06En fait,
21:07il y a 250 kilomètres
21:08entre le domicile belge
21:09de Michel Fourniré
21:10et Guermantes en Seine-et-Marne
21:11où est enlevé
21:12Estelle Mouzin.
21:13De plus,
21:13il faisait un temps déplorable
21:14donc ils se disent
21:15que s'il avait dû agir
21:16il aurait pu le faire
21:17plus près de son domicile.
21:19Il y a aussi
21:20ce témoignage
21:20de cette écolière
21:22qui avait failli
21:22être enlevée
21:23trois semaines avant
21:23mais qui ne va pas
21:25décrire
21:26Michel Fourniré
21:27va décrire quelqu'un
21:29qui a les cheveux bruns
21:30alors que lui
21:30il a les cheveux
21:30déjà poivre et sel.
21:32Il y a des choses
21:32qui ne collent pas
21:33et puis il y a cet élément
21:34qui a pesé très lourd
21:35pendant des années
21:36c'est ce faux alibi
21:37donné par Monique Olivier
21:38dès 2004
21:39aux Belges
21:39elle explique
21:40que Michel Fourniré
21:41ce jour-là
21:42il l'est chez eux
21:43en Belgique
21:44puisqu'il passe
21:44un coup de fil
21:45depuis sa ligne fixe
21:46sauf que
21:47des années après
21:48Monique Olivier
21:49va expliquer
21:49qu'en fait
21:50c'est elle
21:50qui l'a passé
21:51ce coup de fil
21:52et donc à ce moment-là
21:53l'ali-bissoute.
21:57Toute la journée
21:58du mardi 12 décembre
21:59pendant plus de 12 heures
22:01des experts
22:01se succèdent à la barre
22:02pour donner leur vision
22:03de la psychologie
22:04de l'accusé
22:05Monique Olivier
22:06qu'est-ce qu'on retient
22:07de ces prises de parole ?
22:08Ce qu'on retient
22:09c'est qu'ils ne sont pas d'accord
22:10sauf sur quelques points
22:11elle n'a pas d'empathie
22:13ce qui probablement
22:14lui a permis
22:15de tolérer
22:16toutes ces horreurs
22:17de ne jamais les dénoncer
22:18et d'y participer
22:19ensuite
22:20il y a aussi
22:20cette soumission
22:21à l'autre
22:22et notamment
22:22donc à Michel Fourniret
22:24qui va la séduire
22:25parce qu'il correspond
22:26d'abord
22:26quand il est en prison
22:27par ses lettres
22:28et donc
22:28elle va se vouer
22:29corps et âme
22:30à son projet
22:31globalement
22:32ils excluent
22:33la perversité
22:34chez elle
22:34bon elle-même
22:35elle n'a pas vraiment
22:36de réponse
22:37elle avait dit
22:38à la juge
22:39Sabine Kéris
22:39qui est la dernière juge
22:41en charge
22:41et qui lui fait avouer
22:42les derniers crimes
22:43elle avait parlé d'elle
22:44comme d'une personne
22:45insondable
22:46ce que Monique Olivier
22:47a corroboré
22:47puisqu'elle lui avait dit
22:48je ne me comprends pas
22:49moi-même
22:51le mercredi 13 décembre
22:53Monique Olivier
22:53est confrontée
22:54par visioconférence
22:55au fils
22:56qu'elle a eu
22:57avec Michel Fourniret
22:58Célim
22:58on l'a dit
22:59dans un précédent épisode
23:00de Code Source
23:01il a 35 ans
23:02il a changé
23:03de nom de famille
23:03et il est mis en examen
23:05pour tentative de viol
23:06depuis le mois de juillet
23:07Louise Colcombet
23:09est-ce que vous pouvez
23:09nous décrire
23:10cet échange ?
23:11sur un écran
23:12Monique Olivier
23:13est dans son box
23:14il est grimé
23:15pour pas qu'on le reconnaisse
23:16une fausse moustache
23:18une fausse barbe
23:19des lunettes
23:20une perruque poivrée sel
23:21il raconte cette enfance
23:23avec ce père
23:23qu'il n'aimait pas
23:24et cette mère
23:24qu'il aimait malgré tout
23:25et dont on comprend
23:26qu'en fait
23:26elle l'a déçu
23:27il dit qu'il était horrifié
23:29le jour où il a découvert
23:30ce à quoi elle avait participé
23:32et donc il a tout un tas
23:34de reproches
23:34il dit qu'il n'a
23:35aucune affection pour elle
23:36il faut savoir
23:37qu'ils ne se sont pas vus
23:37pendant 20 ans
23:38il a cessé de lui écrire
23:39très vite
23:40et il n'avait jamais venu la voir
23:42la seule fois
23:42ils se sont croisés
23:43c'était il y a un an
23:43lors d'une confrontation
23:44dans le bureau
23:45de la juge d'instruction
23:46et puis il va se mettre
23:47lui aussi à dire
23:48bon maintenant tu parles
23:50en gros lâche tes secrets
23:51elle dit
23:51et puis là
23:52on va la voir
23:53se redresser
23:53d'un coup d'un seul
23:55dans son box
23:56piqué au vif
23:57et elle lui rétorque
23:58mais tu ne me fais pas la morale
24:00puis de toute façon
24:02retire-moi ce déguisement
24:03tu ressembles à ton père
24:03il y a comme ça
24:05des coups qui sont échangés
24:06des mots très durs
24:06il va dire
24:07je ne suis plus ton fils
24:08tu n'es plus ma mère
24:09c'est très très violent
24:11et puis d'un seul coup
24:12elle se radoucit
24:14et puis elle explique
24:15qu'elle aimerait bien
24:16que son fils
24:16qu'il appelle Monique
24:18reprenne peut-être
24:19un jour contact avec elle
24:20et l'appelle maman
24:25Vincent Gautrono
24:26à la fin de son procès
24:27le mardi 19 décembre
24:29est-ce que Monique Olivier
24:30a quelque chose à ajouter
24:31à ce qu'ont dit
24:32ses propres avocats
24:33elle confirme
24:35ses aveux
24:36elle dit que oui
24:37elle est coupable
24:38de tout ce qu'on lui reproche
24:39et elle se dit
24:40désolée pour les familles
24:41même si comme elle dit
24:43je sais que c'est impardonnable
24:47après 10 heures de délibéré
24:49les jurés rendent leur verdict
24:50dans la soirée
24:51du mardi 19 décembre
24:52Monique Olivier
24:53est condamnée
24:54à la réclusion criminelle
24:56à perpétuité
24:57elle n'exprime
24:58pas d'émotion
24:59à la lecture du verdict
25:00Vincent Gautrono
25:01elle n'en a pas terminé
25:03avec la justice
25:03Monique Olivier
25:04a rendez-vous
25:05dans les semaines qui viennent
25:06avec la juge Kéris
25:07du pôle Colcase de Nanterre
25:08Monique Olivier
25:09reste effectivement
25:10mise en examen
25:11dans l'affaire Lydie Loger
25:13il n'y a pas à ce stade
25:14énormément d'éléments
25:15contre elle
25:16mais malgré tout
25:17l'ADN de cette jeune femme
25:18a été retrouvé
25:19dans la camionnette
25:20de Michel Fourniret
25:21donc la justice
25:22a logiquement
25:22des questions à lui poser
25:24les enquêteurs
25:25les enquêteurs vont aussi
25:26évidemment questionner
25:27Monique Olivier
25:27sur cette liste
25:28de 35 victimes
25:29qui a un temps
25:29été évoquée
25:31par Michel Fourniret
25:32et aujourd'hui
25:33le constat est implacable
25:34Monique Olivier
25:35est la seule
25:36à pouvoir apporter
25:37des réponses
25:37aux enquêteurs
25:38sur les crimes
25:39commis par le couple
25:40comment est-ce que
25:41les familles de victimes
25:42ont réagi
25:43à ce verdict ?
25:44à l'image de ce qu'elles ont été
25:45pendant tout le procès
25:46avec une grande dignité
25:48mais nous sommes fiers
25:49d'avoir été là
25:50présents face à l'accusé
25:51et de tenir bon
25:52avec ténacité
25:53à l'image
25:54de toutes ces années passées
25:55ils n'ont jamais demandé
25:57la vengeance
25:57ils ont demandé
25:58de la justice
25:58ils l'ont obtenu
26:00ils vont désormais
26:00pouvoir avancer
26:02leur seule envie
26:03c'est que Monique Olivier
26:04ne sorte jamais de prison
26:18merci à Louise Colcombet
26:20Vincent Gautrono
26:21et Pascal Aigret
26:22Code Source
26:23est le podcast
26:24d'actualité du Parisien
26:25cet épisode a été produit
26:26par Raphaël Pueillot
26:27et Ambre Rosala
26:29réalisation
26:29Pierre Chafanjon
26:30si vous aimez Code Source
26:32parlez-en autour de vous
26:33laissez-nous un commentaire
26:34ou des petites étoiles
26:35sur votre plateforme
26:36d'écoute préférée
26:37vous pouvez nous écrire
26:39à cette adresse
26:39codesource
26:40at leparisien.fr
26:42Code Source
26:43c'est un nouveau sujet
26:44d'actualité
26:44chaque soir
26:45du lundi au vendredi
26:46et le samedi
26:47ne ratez pas
26:48Crime Story
26:48le podcast
26:49de faits divers
26:50du Parisien
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