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Alors qu'un collectif accuse le gouvernement d'avoir multiplié les expulsions des campements des sans-abris autour des sites olympiques avant les Jeux, Code source fait le point. Éléments de réponse avec quatre reporters du Parisien : Pauline Darvey, Candice Doussot et Julien Lec’hvien de l’édition de Paris, et Claire Guédon, de l’édition de Seine-Saint-Denis.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo, Barbara Gouy et Camille Ruiz - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network

Archives : CLPress, BFM TV

#expulsion #social #logement #joparis2024

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Raphaël Pueyo pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Depuis plusieurs mois, le revers de la médaille, un collectif d'associations qui viennent en aide
00:17aux plus démunis, accuse le gouvernement d'expulser les sans-abri de la capitale
00:21pour faire place nette avant les JO. Ce collectif dénonce la multiplication des expulsions de
00:27campements à proximité des sites olympiques, mais aussi le durcissement des conditions de vie des
00:31sans-abri. De son côté, le gouvernement dément tout lien avec les JO. A deux jours de la cérémonie
00:38d'ouverture, on fait le point avec Pauline Darvé, Candice Douceau et Julien Legvien,
00:43reporters à l'édition de Paris, et Claire Guédon de l'édition de Seine-Saint-Denis.
00:59Le 18 mars 2024, la préfecture de police décide d'expulser un campement de jeunes migrants
01:05dans le 12e arrondissement. Candice Douceau, quels sont les arguments avancés par le préfet
01:09de Paris, Laurent Nunez.
01:11Tout d'abord, l'augmentation du nombre de tentes depuis qu'ils sont arrivés au mois
01:14d'octobre, puisqu'au tout départ, on comptait environ 30 tentes, tandis que maintenant,
01:20ils sont à plus de 70. Le préfet considère que ça peut être une entrave à la circulation.
01:27L'autre risque qui est avancé, c'est s'il y a une crue de la Seine, puisque on est
01:32au
01:32niveau des quais bas, donc s'il y a une montée des eaux, il y aurait du coup des risques
01:36de noyade. Il nous parle aussi des risques d'incendie accidentel, puisque les tentes
01:41sont extrêmement proches les unes des autres, donc si un feu avait lieu, ça pourrait se
01:45répandre très rapidement. Et enfin, la dernière chose, c'est le risque de troubles
01:50à l'ordre public.
01:51Deux jours plus tard, à 7h du matin, l'opération de démantèlement est lancée. Sur place,
01:56on retrouve des membres d'associations d'aide aux sans-abri, mais aussi des élus, comme
02:00la maire du 12e arrondissement. Candice Douceau, que dénonce-t-il ?
02:04Alors effectivement, la maire du 12e arrondissement, Emmanuelle Pierre-Marie, a pu assister à la fin
02:10de cette opération. Quand je lui ai parlé, juste après, elle était extrêmement choquée
02:14de ce qu'elle a vu. Elle, elle dénonce notamment la violence de cette évacuation,
02:19puisque les policiers sont arrivés sans prévenir très tôt le matin et ont sorti les jeunes
02:25de leur tente. Elle rappelle que ce sont des jeunes qui vivent déjà dans des conditions
02:28extrêmement difficiles et que c'est extrêmement violent pour des personnes de cet âge-là.
02:32Ensuite, les associations, notamment Utopia 56, qui vient en aide aux personnes en situation
02:39irrégulière, dénoncent tout simplement l'illégalité de cette opération, puisque sur l'arrêté
02:45préfectorale, il est bien précisé que l'opération se fera dans les 48 heures, qu'ils ont 48 heures
02:50pour évacuer les lieux, sauf qu'elle a été effectuée en moins de 24 heures. Le porte-parole
02:55de cette association considère que c'est une manière de nettoyer les quais avant les
03:01Jeux Olympiques et rappelle que ce type d'expulsion n'existait pas forcément avant, puisque en
03:06général, avant, ils étaient mis à l'abri. Sauf que là, ce n'est pas le cas. On assiste
03:10donc à une évacuation sèche, c'est-à-dire que ces jeunes migrants n'ont pas de solution
03:16d'hébergement d'urgence. Donc ils sont tout simplement évacués avec le peu d'affaires
03:21qu'ils ont. Le reste va être détruit par les services de voirie.
03:29Cette expulsion n'est pas une intervention isolée. Pauline Darvé, depuis l'année dernière,
03:34la préfecture de police multiplie ce genre d'opérations à Paris.
03:38Oui, alors c'est notamment l'Observatoire des expulsions des lieux de vie informels qui
03:43a recensé 33 expulsions entre avril 2023 et mars 2024 à Paris, contre 19 sur la même
03:52période un an auparavant. Donc on voit qu'il y a une nette augmentation. Et une des nouveautés,
03:57c'est aussi le fait qu'il y a certaines expulsions où on ne propose pas de solution de mise
04:01à
04:01l'abri. Donc il y a par exemple le 6 février 2024, une centaine de jeunes migrants qui étaient
04:06installés sous le pont Auchange, donc à deux pas de Notre-Dame de Paris, qui sont expulsés.
04:12Et selon les associations, on ne leur propose aucune solution de repli.
04:16Et ces expulsions, elles ont notamment lieu aux abords des sites olympiques ?
04:19Oui, tout à fait. Cette expulsion du 6 février 2024, elle a lieu sur les quais,
04:25le long du parcours de la cérémonie d'ouverture.
04:28Pour comprendre pourquoi l'expulsion des sans-abris s'accélère ces derniers mois à Paris et en Ile-de-France,
04:34il faut revenir un an en arrière, en mars 2023. Pauline Darvé, d'abord, combien de personnes vivent
04:40dans la rue à Paris ?
04:41Alors, il est toujours difficile d'avoir des chiffres précis, mais depuis 2018, la ville de Paris organise
04:47chaque année ce qu'elle appelle une nuit de la solidarité. Donc pendant toute une soirée,
04:52des bénévoles sillonnent les rues de la capitale et décomptent le nombre de personnes qui dorment dehors
04:58à cet instant T. Et donc dans la nuit du 26 au 27 janvier 2023, 3015 personnes ont été recensées
05:05dans les rues de la capitale. C'est au moins 500 de plus que l'année précédente.
05:12Qui sont les personnes que l'on retrouve dans la rue ?
05:15Il y a des profils très divers. On pense souvent à des hommes seuls, mais on se rend compte en
05:20regardant
05:21les chiffres que ce n'est pas le seul profil qu'on retrouve. Il y a aussi pas mal de
05:24femmes,
05:25au moins 14%, mais aussi des couples ou des familles à la rue, également environ 15%.
05:31Et puis, ce sont des profils très divers, entre des mineurs isolés, des SDF qui sont à la rue depuis
05:39très longtemps, des travailleuses du sexe aussi, qui peuvent faire partie de ce public-là.
05:44Donc c'est un ensemble de personnes très hétéroclites.
05:47À ce moment-là, en mars 2023, le gouvernement décide de créer des sas d'accueil temporaires régionaux.
05:53Pauline Darvé, en quoi consiste ce dispositif ?
05:56Alors l'idée, c'est de répondre à la saturation de l'hébergement d'urgence en Ile-de-France.
06:01Donc il y a 10 structures qui sont ouvertes dans différentes régions,
06:05donc à Lyon, à Marseille ou encore à Angers.
06:09Donc dans chaque structure, il y a environ une cinquantaine de places.
06:12Donc ça fait 500 places au global.
06:13Et lors d'opérations d'évacuation de campement en Ile-de-France,
06:18on propose aux personnes évacuées de se rendre dans ces structures.
06:23Donc des cars sont affrétés.
06:24C'est censé être sur la base du volontariat.
06:26Donc il n'y a pas d'obligation à aller dans ces lieux-là.
06:30Et une fois arrivées sur place, ces personnes sont censées être prises en charge
06:33par des associations mandatées par l'État.
06:35Elles sont logées dans des hôtels sociaux loués par l'État en périphérie des villes pendant trois semaines.
06:42Et à l'issue, on est censé leur proposer une solution un peu plus pérenne.
06:46Claire Guédon, le mercredi 26 avril 2023,
06:50vous êtes en reportage à l'île Saint-Denis, au cœur du village olympique.
06:53Qu'est-ce que vous voyez sur place ?
06:55On arrive sur un squat qui est une ancienne cimenterie,
06:58unibéton, qui contient à peu près
07:004 à 500 personnes.
07:02Ce sont la plupart des migrants,
07:04certains sont demandeurs d'asile,
07:05certains sont des réfugiés, travaillent.
07:07Lorsque nous on arrive sur place, en fait il y a énormément de policiers.
07:10Il y a également des élus, des associations
07:12qui sont mobilisées et un peu catastrophées
07:14de voir une situation
07:17tout à coup accélérée
07:18dans l'urgence, alors que le squat
07:20existait depuis mai 2020.
07:22Il n'y a pas vraiment d'explication sur place,
07:24hormis le fait que ce squat est situé
07:26à côté, en limite, du village olympique.
07:28La difficulté derrière, c'est que
07:30ces 400 à 500 personnes qui commencent à s'organiser
07:32ne savent pas où elles vont aller.
07:34Il y a certaines mises à l'abri,
07:35certains refusent aussi parce que ça l'éloigne
07:37de leur lieu de travail.
07:39Donc certains se retrouvent à Vitry-sur-Seine
07:41et montent un nouveau squat.
07:42D'autres vont en Seine-et-Marne
07:44et tout le monde se disperse.
07:47Dans les mois qui suivent,
07:49des associations qui viennent en aide aux sans-abri
07:51vont manifester dans les rues de Paris
07:53contre la politique du gouvernement.
07:55Julien Lecvien,
07:56elles font le lien entre ces expulsions
07:58et les prochains Jeux Olympiques.
08:00Pourquoi et qui sont ces associations ?
08:02Alors ces associations,
08:04elles sont une centaine,
08:05elles se sont regroupées au sein du collectif
08:07Le Revers de la Médaille
08:08à l'automne 2023
08:10dans le but de prévenir et de dénoncer
08:12les effets néfastes des Jeux Olympiques
08:14et Paralympiques sur les personnes vulnérables
08:16et notamment les personnes sans-abri.
08:19En fait, ils parlent de nettoyage social
08:21parce que pour eux, ce qui est à l'oeuvre,
08:22c'est un processus d'invisibilisation des personnes
08:25que d'une part, on va expulser
08:27soit en laissant à la rue,
08:29soit en leur proposant des solutions d'hébergement
08:31qui ne sont pas pérennes.
08:33En fait, ce qu'elles dénoncent,
08:34c'est tout simplement le fait
08:35que l'État est en train de mettre
08:36la poussière sous le tapis,
08:38de reléguer des milliers de personnes,
08:40soit dans des sas régionaux pour les migrants,
08:43soit à la rue,
08:45en ne leur proposant pas de solutions d'hébergement pérennes.
08:48Et cette nuit, il y aura des centaines d'enfants
08:50dans les rues de Paris, de Saint-Denis.
08:51Il y aura des nourrissons sortis de maternité
08:53qui se retrouveront sur le trottoir
08:54avec leur mère qui viennent d'accoucher.
08:56Et il y aura des dizaines de milliers de personnes
08:57qui survivent dans des campements de misère,
09:00dans des squats, dans des bidonvilles.
09:01Qu'est-ce qui va arriver de tous ces gens
09:03dans les semaines qui viennent,
09:04mais surtout dans six mois ?
09:05Dans six mois, quand à cet endroit-là,
09:07il y aura la flamme olympique
09:08et qu'il y aura toutes les caméras du monde
09:09qui ne s'intéresseront qu'au sport
09:11et qu'à la grandeur de la France.
09:12Qu'est-ce qui va advenir de toutes ces personnes ?
09:14Donc c'est la question qu'on vous pose aujourd'hui.
09:15Nous, on veut que la société se mobilise.
09:17Elle ne l'est pas du tout assez aujourd'hui.
09:18Les efforts du gouvernement ne sont pas du tout suffisants.
09:21Les manifestants dénoncent donc
09:23un nettoyage social à moins d'un an des JO.
09:25Début 2024, un nouveau décompte
09:27est effectué par des associations à Paris.
09:30En l'espace d'un an,
09:31le nombre de personnes à la rue
09:32a augmenté de 16%.
09:34Les sans-abri continuent d'être visés
09:36par les forces de l'ordre à Paris,
09:38mais aussi dans d'autres villes en France.
09:40Mais ce ne sont pas les seules.
09:42Des femmes et des enfants se retrouvent à la rue,
09:44chassées de leur hébergement d'urgence.
09:47Pauline Darvé, est-ce que ces expulsions
09:49ont un lien avec l'arrivée des JO ?
09:51C'est toute la question.
09:52On a par exemple, fin mars 2024,
09:55une de nos collègues journalistes du service vidéo,
09:57Laura Volsic,
09:59qui va rencontrer une trentaine de femmes
10:01qui étaient hébergées avec leurs enfants
10:03dans un hôtel social du 18e.
10:05On leur demande de partir
10:07pour pouvoir louer ces chambres
10:09très chères pendant les Jeux,
10:10c'est ce qu'elles disent.
10:11Mais l'association qui gère ce lieu,
10:14elle, réfute tout lien avec les JO.
10:17Des solutions sont proposées aux femmes,
10:19mais dans des hôtels sociaux
10:21beaucoup plus éloignés,
10:23par exemple en Seine-et-Marne.
10:25Or, leurs enfants sont scolarisés à Paris,
10:27donc ça veut dire une heure,
10:28une heure et demie de transport
10:29pour venir chaque jour déposer leurs enfants à l'école,
10:32ce qui complique encore un peu plus leur quotidien.
10:35Et c'est une problématique assez récurrente
10:38depuis quelques mois à Paris,
10:41en région parisienne,
10:42alors que la situation est déjà très tendue sur ce front-là.
10:47Bonjour monsieur le maire, Serge Groir.
10:49Le lundi 25 mars 2024,
10:51le sujet de l'expulsion des sans-abris à Paris
10:54fait la une de l'actualité.
10:55C'est Serge Groir, le maire d'Orléans,
10:58qui est ex-les républicains,
11:00désormais sans étiquette,
11:01qui pousse un gros coup de gueule,
11:02qui dénonce depuis un an,
11:04avec l'ouverture d'un sas d'accueil temporaire,
11:06l'arrivée de centaines de migrants
11:08dans sa commune du Loiret.
11:10De répartir ces personnes sur le territoire national
11:13ne résout en aucune manière les problèmes qui sont posés.
11:17Est-ce que vous, vous faites un lien clairement avec les Jeux Olympiques ?
11:19Je ne peux pas l'affirmer en toute rigueur,
11:22mais évidemment que la coïncidence quand même est troublante.
11:27Il dit qu'en gros, un quart arrive toutes les trois semaines à Orléans,
11:32avec à son bord entre 35 et 50 personnes.
11:35Il accuse l'État d'envoyer des SDF en catimini dans sa ville
11:39pour faire place nette pour les JO.
11:41Et il dit, je cite, que sa ville n'a pas vocation
11:43à accueillir la colline du Crac de Paris.
11:46Donc la colline du Crac, c'était cet espace
11:48qui était en bordure du périphérique dans le nord de la capitale
11:51où des centaines de consommateurs de Crac
11:53se réunissaient il y a encore quelques années.
11:55Julien Lecvien, comment réagit le gouvernement face à cette polémique ?
11:59Donc moi, quelques jours après cette polémique,
12:02je suis Clément Beaune,
12:04qui était député de la 7e circonscription de Paris
12:06et ancien membre du gouvernement.
12:09Je le suis dans une maraude parlementaire
12:11organisée par des associations pour aider les députés et les sénateurs
12:14à se rendre compte sur le terrain de la réalité du sans-abrisme.
12:17Et je lui pose la question de cette polémique
12:19déclenchée par le maire d'Orléans.
12:21Et Clément Beaune m'assure qu'il n'y a aucune chasse au SDF
12:25qui est organisée en vue des Jeux olympiques.
12:27Il me dit également que ce sont pour des raisons de sécurité
12:31ou de salubrité que ces évacuations sont entreprises
12:34et que par ailleurs, ces évacuations sont toujours liées
12:38à des solutions d'hébergement qui sont construites en amont
12:40par les autorités.
12:42Pauline Darvé, est-ce que le dispositif de SAS régionaux
12:44mis en place par le gouvernement fonctionne à Orléans
12:47et dans les autres villes en France ?
12:49Selon l'ONG Médecins du Monde, il semble qu'un tiers des personnes
12:54reçoivent une proposition relativement durable.
12:57Et par contre, pour les deux autres tiers, on leur propose éventuellement
13:01de l'hébergement d'urgence, mais la plupart se retrouveraient à nouveau
13:05à la rue.
13:06Puis, certaines personnes reviendraient aussi à Paris,
13:09là où elles ont des attaches.
13:11C'est ça, ces accueils provisoires sont souvent situées en périphérie
13:15des villes, donc loin des centres-villes.
13:17Donc, pour aller jusqu'au centre-ville, c'est souvent compliqué.
13:21Compliqué aussi d'avoir accès à certaines associations,
13:24de trouver du travail et tout ce qui peut faciliter l'intégration.
13:31Claire Guédon, quelques jours plus tard, vous êtes en reportage
13:34à Saint-Denis, dans le nord de Paris, en plein cœur des installations olympiques.
13:38Oui, alors en fait, je pars à la rencontre des équipes
13:42du centre de santé de médecins du monde, qui s'adressent
13:45aux plus démunis des démunis, ceux notamment qui n'ont pas de papier.
13:48Donc, ce sont des personnes qui ont très peur des contrôles de police,
13:51parce qu'elles peuvent être interpellées et passer en centre de rétention.
13:54Or, la difficulté de ce centre de santé, c'est qu'il est tout à côté
13:58des centres de compétition, du village olympique, du Stade de France,
14:02du centre aquatique olympique, et qu'il y aura forcément
14:04beaucoup plus de policiers pour des raisons de sécurisation,
14:07et que du coup, ces publics-là sont exposés à des interpellations
14:11et donc à des placements en centre de rétention.
14:13Donc, pour éviter ce problème-là et de les exposer,
14:15Médecins du Monde a décidé de fermer son centre de santé
14:19du 1er juillet au 15 septembre, pour les Jeux olympiques
14:22et pour les Jeux paralympiques, pour protéger ces publics-là.
14:25Donc, ça oblige ces personnes à se déplacer vers Bobigny et Pantin,
14:30qui sont deux lieux qui remplacent ce centre de santé.
14:33Julien Lecvien, dans la nuit du 27 au 28 juin,
14:36vous êtes en reportage dans les rues de Paris
14:38pour assister à une maraude, en compagnie de travailleurs sociaux
14:41et du préfet de la région Île-de-France, Marc Guillaume.
14:45Tout à fait. Donc, lors de cette soirée, il y a des acteurs associatifs,
14:49notamment Emmaüs Solidarité, et puis aussi des services de la ville,
14:52avec lesquels on déambule dans Paris-Centre, aux abords de l'hôtel de ville,
14:57dans le but d'aller à la rencontre d'un public dit de grands marginaux.
15:01Donc, c'est une catégorie qui n'est pas juridique,
15:03mais qui désigne des personnes qui sont à la rue depuis très longtemps,
15:06des dizaines d'années, qui sont souvent isolées
15:08ou alors regroupées à deux ou trois personnes,
15:10et qui sont assez réticentes à appeler le 115
15:13ou à aller dans n'importe quel centre d'hébergement d'urgence en temps normal.
15:17Et donc, les acteurs associatifs, depuis quelques mois,
15:19en fait, ont recensé 274 grands marginaux
15:23sur les périmètres de sécurité qui sont activés
15:26pendant les Jeux Olympiques et qui sont incompatibles
15:29avec la présence de qui que ce soit à leurs abords.
15:31Et donc, elles tentent de les convaincre d'aller rejoindre ces chambres,
15:35ces logements dans lesquels il y a parfois deux lits,
15:37mais qui sont dans des structures associatives,
15:40dans lesquelles un accompagnement social leur est fourni.
15:43Alors, toutes les associations que j'ai pu interroger,
15:45y compris celles qui font partie du collectif du revers de la médaille,
15:49saluent cette initiative.
15:50Elles disent que toute nouvelle place d'hébergement sur le long terme
15:52est bonne à prendre.
15:53En revanche, elles trouvent que c'est un peu l'arbre
15:56qui cache la forêt du sans-abrisme à Paris,
15:59puisque mettre en avant 274 places d'hébergement,
16:02c'est dérisoire par rapport aux 3462 personnes sans-abris
16:06qui ont été recensées à Paris en 2024,
16:09ou aux milliers de personnes en recherche d'un hébergement d'urgence
16:12chaque nuit en Ile-de-France.
16:15Quelques jours plus tard, Pauline Darvé,
16:17vous êtes en reportage dans le quartier de l'Hôtel de Ville.
16:20Sur place, vous rencontrez Drilou et son fils Ibrahim.
16:24Qu'est-ce qu'elle vous dit ?
16:25C'est une jeune ivoirienne.
16:27Elle est assise devant l'Hôtel de Ville.
16:30Elle a accouché il y a trois semaines d'Ibrahim,
16:33son jeune nourrisson qui est né précoce.
16:35Elle m'explique que le quotidien est de plus en plus compliqué
16:38à l'approche des Jeux olympiques.
16:41Normalement, chaque soir, il y a une distribution alimentaire
16:43et des solutions d'hébergement provisoires
16:46qui sont proposées par l'association Utopia 56.
16:49Mais depuis quelques jours, ce lieu de rassemblement
16:52a dû se déplacer à Nation, à quelques stations de métro
16:56à l'est de la capitale, parce que sur le parvis de l'Hôtel de Ville,
17:00il y a ce qu'on appelle la terrasse des Jeux.
17:02C'est tout un espace qui est installé devant l'Hôtel de Ville
17:06pour les futurs visiteurs qui seront là pendant les Jeux.
17:10On a demandé à l'association de déplacer ce point de rassemblement.
17:15Drilou m'explique que pour elle, c'est impossible d'aller aussi loin
17:18puisqu'il faut prendre le métro, elle n'a pas de titre de transport.
17:22Et puis, elle explique aussi que son fils est né précoce.
17:24Elle doit aller tous les jours dans un hôpital qui est situé juste à côté.
17:29Et donc, elle ne peut pas quitter le centre de Paris.
17:33Et donc, elle explique aussi qu'il y a de plus en plus de contrôles
17:36dans les transports, qu'elle a déjà pris une amende quelques jours plus tôt.
17:39Elle dit qu'elle est très inquiète à quelques semaines
17:42du début des Jeux olympiques.
17:46Claire Guédon, nous sommes à quelques jours de la cérémonie d'ouverture des JO.
17:50Est-ce que les expulsions de sans-abri continuent aux abords des sites olympiques ?
17:54Elles continuent et je pense qu'elles sont en train de se terminer,
17:57notamment sur le canal Saint-Denis et le canal de l'Ourc.
18:00Le 17 juillet, j'étais à 7h30 sur le canal Saint-Denis à Aubervilliers
18:04pour assister à une évacuation de campement
18:06qui comprenait à la fois des migrants, des exilés,
18:09mais aussi quelques consommateurs de crack.
18:11Et c'était un peu surréaliste, parce qu'en fait,
18:15le canal Saint-Denis a énormément changé ces derniers mois par des travaux.
18:19Et il y avait également les premières délégations qui arrivent.
18:21Et j'ai croisé une délégation de Canadiens, en tenue officielle,
18:25couleur de leur pays, qui passaient entre les tentes,
18:27qui zigzagaient entre les migrants, les toxicomanes,
18:30et qui continuaient leur périple pour rejoindre la maison olympique
18:33qui situait au parc de la Villette.
18:35Et voilà, ils étaient dans un autre monde.
18:37Et à côté, il y avait cette très grande misère
18:40qui était sous leurs yeux et qu'ils voyaient à peine.
18:44Et donc, il y a environ 400 personnes
18:46qui ont été mises à l'abri les 16 et 17 juillet.
18:49Donc, ce sont les dernières grandes explosions.
18:52Ce que je constate, c'est qu'il y a des plots en béton
18:55qui ont été amenés une semaine plus tôt.
18:57Des plots qui sont énormes, très lourds,
19:00et avec des petits picots sur le dessus,
19:02qui savent en fait empêcher toute réinstallation de campement.
19:16Merci à Pauline Darvé, Claire Guédon, Candice Douceau et Julien Lecvien.
19:21Cet épisode a été produit par Barbara Agouille et Camille Ruiz,
19:25réalisation Julien Moncouquiole.
19:27Si vous aimez Code Source, parlez-en autour de vous,
19:30et puis à quelques jours du départ des Jeux Olympiques,
19:33n'hésitez pas à rattraper tous les épisodes de notre podcast Le Sacre,
19:36où des médaillés d'or se confient au micro d'Anne Lorbonnet.
19:39Ne ratez pas non plus Crime Story,
19:41le podcast fait divers du Parisien,
19:43et sa série en 6 épisodes sur l'affaire Dupont de Ligonnès,
19:47déjà disponible en intégralité sur toutes les plateformes d'écoute.
19:50Sous-titrage Société Radio-Canada
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