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Paraplégique depuis un accident de parachute, Rémy Boullé est devenu champion de paracanoë. Il espère décrocher l’or aux JO de Paris. Récit.

Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Thibault Lambert, Clara Garnier-Amouroux, Raphaël Pueyo et Barbara Gouy - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network.

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#jeuxparalympiques #paris2024

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Transcription
00:00Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:05Je suis ravi de vous retrouver pour une nouvelle saison.
00:08Codesource, c'est chaque soir du lundi au vendredi, une nouvelle histoire d'actualité.
00:13Merci de votre fidélité.
00:19Après les Jeux Olympiques, le Parisien se mobilise pour vous faire vivre les Jeux Paralympiques jusqu'au 8 septembre.
00:26Toute l'actualité, les résultats, les performances, les histoires des athlètes à lire en temps réel sur leparisien.fr.
00:34Aujourd'hui, Codesource donne la parole à l'un des athlètes français en lice dans ses Jeux, Rémi Boulay, 36
00:39ans,
00:40engagé en paracanoé les vendredis 6 et samedi 7 septembre.
00:44Ancien de l'armée de l'air, Rémi Boulay a été victime d'un accident de parachute il y a
00:4810 ans, en septembre 2014.
00:50Il est aujourd'hui l'un des meilleurs au monde de sa discipline, champion d'Europe 2024 de course en
00:56ligne, médaillé de bronze aux Jeux de Tokyo en 2021.
01:00Rémi Boulay raconte son parcours aujourd'hui dans Codesource au micro d'Ambre Rosala.
01:13Je rencontre Rémi Boulay chez lui, près d'Orléans, dans le Loiret.
01:17Il s'entraîne quasiment tous les jours pour les Jeux paralympiques de Paris, mais il a accepté de me rencontrer
01:21lors d'une journée de repos.
01:23Rémi Boulay est né le 20 juin 1988.
01:26Il grandit à Châteaudun, en Heure-et-Loire, avec ses parents et ses trois frères et sœurs.
01:30Sa mère s'occupe de la fratrie et son père est militaire.
01:34Rémi est un enfant très sportif.
01:40Moi, ce que j'adorais, c'était le sport, le sport, le sport.
01:43Donc je faisais du kayak, du foot, un peu du multisport aussi, de l'UNSS, etc.
01:49Et au niveau de l'école, j'étais un enfant moyen, on va dire, qui avait grosso modo à peu
01:54près tout le temps la moyenne.
01:55Je m'en suis bien sorti, sans trop travailler à la maison, je m'en suis bien sorti.
02:00Mais après la troisième, j'ai décidé d'arrêter les cours, entre guillemets, parce que je suis parti sur un
02:05CAP.
02:06Rémi fait un CAP métallier-sérurier, mais il arrête quand il a 17 ans pour s'engager dans l'armée,
02:11comme son père.
02:12Il intègre l'unité des fusiliers-commandos de l'armée de l'air.
02:15Il veut devenir parachutiste et commence à se former au sein de l'armée.
02:19Et en 2008, quand il a 20 ans, il décide de dédier son temps libre au parachutisme.
02:25Une fois que j'ai fait mon premier saut, j'ai dit, waouh, ça m'a fait un déclic.
02:28J'ai pris goût et je me suis dit, waouh, mais ça c'est vraiment mon sport et c'est
02:30vraiment ce que j'aime, l'adrénaline, tout.
02:32Je me suis vraiment troué dans ce sport.
02:34Donc voilà, après tous les week-ends, je passais mes week-ends au paraclub.
02:37Donc j'avais déjà les brevets de parachutiste dans le civil avant de passer mes brevets dans l'armée.
02:43Et comme le brevet civil équivaut au brevet militaire, ça a été très vite pour moi, l'ascension.
02:48Rémi intègre les commandos parachutistes de l'air.
02:51En 2010, pour sa première mission, il est envoyé en Afghanistan, pays aux mains des talibans.
02:56Il faut savoir que l'Afghanistan était divisé en parallèles, parallèles 42, etc.
03:02Et à chaque fois que les forces de l'OTAN, et dont les forces françaises, dépassaient le parallèle 42,
03:08on se faisait toujours ce qu'on appelle le ticket tiré dessus par les talibans.
03:12Et sauf que là, à un moment donné, le commandement nous a donné l'ordre d'aller au parallèle 46,
03:17donc 4 km derrière les zones où on se faisait toujours ticket,
03:21et de créer un camp au pied d'une montagne.
03:23Et donc on l'a fait avec des légionnaires, on est partis.
03:26Et donc moi, j'ai fait un mois à dormir dans un véhicule au pied de la montagne, il n
03:31'y avait rien.
03:31On a créé tout le camp.
03:32Et puis après, on a fait 5 mois sur ce camp-là à vivre, à mettre des tentes, il n
03:37'y avait pas de douche.
03:38Enfin, vous pouvez imaginer vraiment un désert.
03:40Et vous arrivez, tous les jours, vous vous faites un peu tirer dessus par des mortiers talibans.
03:45À l'époque, on a perdu 3 personnes.
03:48Un soir, on s'est fait tirer des mortiers.
03:50Au fond du camp, il y avait des toilettes.
03:52Ce qu'on appelait des toilettes, c'était un trou avec des bâches.
03:55Ça faisait moins de 5 minutes que j'étais rentré des toilettes.
03:58Je suis rentré dans la tente.
04:00Même pas 5 minutes après, il y a un mortier qui a touché les toilettes.
04:03Et il y avait 2 personnes dedans, 2 militaires français, qui étaient dans les toilettes, qui sont décédés.
04:08Et donc ça, c'était ma première mission.
04:10Moi, j'avais à peu près 21, 22 ans.
04:13Après ça, Rémi participe à d'autres opérations au Mali, au Tchad, au Niger ou encore en Libye.
04:19En 5 ans, il a plus de 1000 sauts en parachute à son actif.
04:22Fin août 2014, Rémi rentre de l'opération Barkhane au Sahel.
04:26Il est en permission pendant une semaine, mais au bout de 5 jours de vacances, son chef d'équipe l
04:31'appelle.
04:33Rémi doit se rendre à Gap, dans les Hautes-Alpes, avec son équipe pour faire une semaine d'entraînement de
04:37sauts en parachute.
04:39La semaine se passe bien, mes sauts d'entraînement se passent plutôt bien.
04:42Toute la semaine se passe bien, jusqu'au jeudi.
04:45Le matin, je fais mon premier saut en parachute.
04:48J'avais un pressentiment, je ne sais pas, je ne sentais pas forcément le saut.
04:53Je monte dans l'avion, je ne le sentais pas, mais je me dis que ça allait être un pressentiment.
04:59Je pars, je suis le premier de mon équipe, étant donné que j'étais leader dans mon équipe.
05:03C'est toujours moi le premier, et je dois emmener l'équipe sur le point imposé, sur Gap.
05:07On fait toute une procédure où on se suit.
05:10Là, j'ouvre mon parachute à 1200 mètres.
05:14Mon parachute ne s'ouvre pas.
05:16Je fais ma procédure de secours.
05:19Et ma procédure de secours ne se passe pas comme elle aurait dû.
05:22En fait, mon parachute de secours s'ouvre bien.
05:25Mais avec le choc de l'ouverture du parachute de secours,
05:27mon parachute principal est venu s'ouvrir et est venu emmêler ma voile de secours.
05:31Donc je me suis retrouvé en torche, ce qu'on appelle.
05:33Donc j'ai fait environ 800 mètres de chute à 50 km heure.
05:36Moi, je suis sous mon parachute, debout.
05:39Et là, je vois arriver le sol.
05:41Et à ce moment-là, je me dis, Rémi, dès que tu as touché le sol, tu es mort.
05:45De toute façon, tu ne peux pas survivre à une chute.
05:47L'impact, il va être trop violent pour survivre.
05:50De toute façon, c'est sûr, tu vas mourir.
05:52Donc là, c'est quand même assez difficile de se dire ça pendant une dizaine de secondes qu'on va
05:56mourir.
05:57Et de se voir la mort arriver, étant donné qu'on voit le sol arriver,
06:00et on descend, on descend et on ne peut rien faire.
06:06J'essaye toujours un peu de libérer ma voile.
06:08J'essaye quand même d'émêler ma voile.
06:09Je me bats là-dessus.
06:11Et à ce moment-là, quelques secondes avant l'impact,
06:14je me dis, de toute façon, il ne reste plus qu'une chose à tenter,
06:18c'est réussir à survivre.
06:21Et donc, je me suis dit, il faut absolument que tu atterrisses le plus droit possible
06:26pour que ce soit tes jambes qui impactent le sol
06:30et que ce soit tes jambes qui explosent, pas le bassin.
06:32Parce que moi, j'avais peur de faire une fracture interne du bassin
06:36et en fait, une artère qui soit touchée en interne
06:40et puis que je fasse une hémorragie interne ou autre.
06:42Et donc, je me suis dit, il faut absolument que tu arrives le plus droit possible.
06:45Et c'est ce que j'ai fait à 100 mètres à peu près à l'arrivée du sol.
06:48Là, je me suis mis le plus droit possible.
06:50Je ne pensais plus du tout à démêler.
06:52Là, je me mettais en condition d'impacter le sol,
06:55de recevoir le choc qui allait arriver.
06:58J'ai serré les dents et j'encaissais le choc.
07:02Donc, c'est mes deux jambes qui ont pris,
07:03surtout ma jambe gauche qui a pris.
07:06Donc là, je vois mes camarades qui atterrissent.
07:08Comme j'étais leader, il y en a qui atterrissent.
07:10D'autres camarades qui étaient aussi au sol.
07:13Il y avait un infirmier des forces spéciales qui était là.
07:17Donc moi, je me dis, bon, déjà, je suis vivant.
07:19Enfin, je m'en suis sorti, c'est énorme, quoi.
07:22Mais une douleur atroce.
07:24Là, j'ai mon premier collègue qui vient sur moi
07:28et puis qui me dit, est-ce que tu sens tes jambes ?
07:31Il me prend la main tout de suite et il me dit, est-ce que tu sens tes jambes ?
07:33Je lui dis, ben non, je ne sens plus mes jambes.
07:35Et là, je comprends tout de suite que je suis paraplégique.
07:40Et là, une douleur incommensurable, vraiment atroce.
07:45Donc là, j'avais trois vertèbres cassées, plusieurs côtes cassées, les dents cassées et la paraplégie.
07:51Mes camarades me prennent en charge.
07:54Je suis héliporté sur l'hôpital de Gap.
07:57Gap, je fais le scan.
07:59Et là, après le scan, ils me disent, ben, en gros, c'est trop gros.
08:03L'opération, on ne va pas pouvoir la faire ici.
08:05Donc là, ils me remettent dans l'hélicoptère et là, je pars sur le CHU de Grenoble.
08:08Rémi est opéré, mais ça ne lui permet pas de retrouver l'usage de ses jambes.
08:11Il doit maintenant entamer une longue période de rééducation.
08:15Au bout d'un mois d'hospitalisation au CHU de Grenoble,
08:18il est transféré à l'hôpital militaire de Persy, à Paris.
08:21Moi, j'étais capable de grimper aux armes, monter aux gouttières.
08:25J'étais complètement autonome de tout.
08:27Et là, se retrouver complètement allongé.
08:29J'avais trois passions dans la vie.
08:30C'était en numéro un de l'armée.
08:32Donc, c'est fini, on n'est plus militaire.
08:34Ma passion numéro deux, c'était le parachutisme.
08:36J'étais en équipe de France Espoir devant le contact.
08:38C'était terminé.
08:39Ma passion numéro trois, c'était la course à pied.
08:42Donc, tout ce qui fait Rémi Boulay, du jour au lendemain, c'est terminé.
08:45Il n'y a plus rien, sachant que je n'ai aucun diplôme scolaire,
08:47à part mon brevet des collèges,
08:49que je n'ai même pas passé mon CAP pour rentrer à l'armée à 17 ans.
08:52Aucun diplôme.
08:53Donc, tu te retrouves sur un lit d'hôpital.
08:54Tu as tout perdu.
08:55Tu n'as aucun diplôme.
08:57Et là, tu te dis, waouh, qu'est-ce que je vais faire ?
08:59Qu'est-ce que je vais devenir ?
09:00Et je n'avais pas envie de devenir un poids pour ma famille.
09:04Et donc, oui, il y a eu une phase pendant trois, quatre mois très difficile
09:06où on pleure, où on n'est pas bien, on ne dort pas.
09:09Moi, j'ai voulu arrêter tout de suite et cacher pour m'aider à dormir
09:12parce que je ne voulais pas tomber dans cet engrenage de cacher.
09:15Puis après, d'être obligé de toujours avoir des cacher.
09:19Du matin, vraiment par fatigue, parce que dès que je fermais les yeux,
09:21je revivais la scène, je revivais la scène.
09:23Et puis, à un moment donné, j'ai eu un déclic.
09:25Je me suis dit, bon, déjà, on va arrêter de pleurer.
09:29Et du jour au lendemain, je me suis dit, c'est terminé.
09:33Maintenant, on va essayer de faire quelque chose
09:36et montrer que la vie n'est pas terminée et qu'on peut faire d'autres choses.
09:40Le fait d'avoir fait une chute et de s'être dit,
09:42pendant 30 secondes, tu vas mourir,
09:44c'est ce qui m'a certainement fait rebondir plus rapidement.
09:46Les quatre premiers mois de sa rééducation,
09:48Rémi est complètement alité.
09:50Puis, il peut progressivement recommencer à se mettre assis
09:53et à utiliser un fauteuil roulant.
09:55Moi, j'avais des grosses cuisses,
09:56beaucoup de foot, etc.
09:58Donc, mes cuisses, elles se touchaient.
10:00Et là, je me suis aperçu que mes cuisses, elles ne se touchaient plus
10:03quand on est assis.
10:04Et c'est là, vraiment, ça m'a fait un choc psychologique.
10:06Et je me suis vu maigre, entre guillemets,
10:09quand j'avais perdu plus de 10 kilos.
10:10Et là, je me suis dit,
10:11Rémi, il faut vraiment que tu te reprennes en main.
10:13J'ai demandé aux médecins s'il n'y avait pas un organisme
10:16pour m'aider à refaire du sport.
10:17Et il s'avère qu'il y avait un organisme,
10:19les Invalides, à Paris,
10:21donc au Centre National des Invalides.
10:23Et là, il y avait des moniteurs de sport.
10:25Ils venaient me chercher le mercredi.
10:27Et je partais aux Invalides.
10:28Et là, je revenais du sport dans la salle de musculation.
10:31Ils me trouvaient des activités.
10:32J'allais faire du Mobile Dream.
10:33Donc, du Mobile Dream, c'est comme un quad électrique.
10:35On est assis, tout fait pour les handicapés.
10:39Et pour les paraplégiques ou tétraplégiques,
10:41j'ai fait ça.
10:41Je n'ai fait pas d'activités.
10:42Donc, je suis parti au Bois de Vincennes.
10:44C'était vraiment assez cool
10:45de pouvoir sortir le mercredi de l'hôpital.
10:47Et là, je vais commencer à me réathlétiser.
10:49Et là, j'ai vu au mur des Invalides,
10:51il y avait des gens qui avaient fait des Jeux Paralympiques
10:53en escrime et en tir.
10:55Et là, moi, je me suis dit,
10:56wow, on est en 2015,
10:59dès tout début 2015.
11:00Il y a les Jeux Paralympiques en 2016 à Rio.
11:03Pourquoi pas les faire ?
11:05Au cercle sportif de l'Institution Nationale des Invalides,
11:08Rémi trouve un magazine
11:09qui évoque les Jeux Paralympiques de Rio.
11:12Jeu fake.
11:13Et là, je vois, il y a le canoé kayak
11:15qui sera pour la première fois aux Jeux Paralympiques.
11:17C'est existé aux Jeux Olympiques,
11:18mais pas en Paralympique.
11:20Donc, le sprint 200 mètres Paracanoé
11:23aux Jeux de Rio pour la première fois.
11:25Moi, j'avais fait 8 ans de kayak quand j'étais jeune.
11:28C'est un signe.
11:29Je me dis, les planètes, elles s'alignent, quoi.
11:31Nous sommes au début de l'année 2015,
11:33quelques mois seulement après son accident.
11:35Rémi prend contact avec le président
11:36de la fédération de Paracanoé.
11:38Il l'appelle.
11:39Et celui-ci lui dit qu'il y a des places de qualification
11:42pour les Jeux de Rio à décrocher l'année d'après,
11:44début 2016.
12:14Et donc, je lui demande le chrono qu'il faut faire sur 200 mètres.
12:15Donc, on s'est entraînés les week-ends.
12:17Et puis après, je suis sorti de l'hôpital en juin 2015.
12:21Et donc là, je n'ai fait que ça.
12:22En fait, je n'allais faire que du kayak,
12:24j'allais m'entraîner, etc.
12:25J'ai fait les championnats de France.
12:27Il y avait un autre paraplégique comme moi,
12:28Cyril, qui faisait déjà du bateau depuis deux ans.
12:30Je suis arrivé au championnat de France,
12:31je l'ai battu.
12:32Et au championnat de France,
12:33j'ai fait le chrono qui a été demandé, 55 secondes.
12:35Ces championnats de France ont lieu en juillet 2015.
12:38Rémi continue de s'entraîner.
12:40Et comme il fait de très bons temps,
12:41il est sélectionné en équipe de France de Paracanoé en mai 2016.
12:45Une semaine après, je partais au championnat du monde.
12:47Donc, c'était ma première compétition internationale.
12:49C'était les championnats du monde à Duisbourg, en Allemagne.
12:52Et c'était là où il fallait que je fasse
12:53dans les neuf premiers pour faire les Jeux.
12:55J'arrive, je bats le champion du monde sur la Syrie.
12:58À l'époque, Fernando Fernandez,
13:00une vraie star au Brésil.
13:01Et je le bats.
13:02En fait, je pense que lui,
13:03il a peut-être été moins vide, entre guillemets.
13:05Il ne devait pas s'attendre à ce que je vois là
13:07et que je le batte.
13:07Donc, peut-être qu'il a fait une course moins rapide.
13:09Certainement même.
13:10Mais en tout cas, moi, je fais le hold-up.
13:11Je le bats.
13:12Et en gagnant ma série, je vais en finale direct.
13:14En finale direct, je suis quasi sûr de prendre un quota
13:17pour les Jeux Paralympiques.
13:18Donc là, je me dis, je suis en finale.
13:20Donc après, on fait des calculs.
13:21Qui a déjà le quota ?
13:22Qui est devant moi ?
13:23Etc.
13:23En finale et tout.
13:24Et il s'avère que quoi qu'il arrive,
13:27j'ai le quota.
13:27Donc là, ça y est, en finale, je pars bien,
13:30je fais une bonne course, mais trop d'euphorie.
13:32Et puis, j'explose un petit peu à la fin.
13:34Mais je ne pense vraiment plus à la course.
13:36Je pense vraiment aux Jeux Paralympiques.
13:38Me dire que j'ai réussi le pari de participer à ces Jeux.
13:40Les Jeux Paralympiques de Rio doivent se dérouler au Brésil
13:43du 7 au 18 septembre 2016.
13:45Deux mois avant l'échéance,
13:47Rémi fait une séance de hammam près de chez lui.
13:49Sans s'en rendre compte,
13:50il approche son pied d'une source de vapeur d'eau brûlante
13:52et se brûle le talon.
13:54Et bien là, j'ai pris un choc.
13:56On était à deux mois des Jeux.
13:57Et là, je suis parti directement à Paris
14:00à l'hôpital militaire de Percy
14:01parce que je savais qu'il y avait un service grand brûlé.
14:03Donc je suis parti là-bas.
14:04J'ai été pris en charge par le service grand brûlé et tout.
14:07Et donc forcément, deux talons complètement brûlés.
14:10Il fallait que ça cicatrise.
14:11Donc des pansements tous les jours infirmières.
14:15Donc plus de possibilité de monter sur l'eau en kayak.
14:18Et donc pendant un mois, un mois et demi, aucun espoir.
14:22Rémi reprend les entraînements
14:23quelques temps avant les Jeux de Rio.
14:25Il s'envole pour le Brésil
14:26et les 14 et 15 septembre 2016,
14:29il participe à ses premiers Jeux paralympiques.
14:32J'ai bien vécu les Jeux de Rio
14:33parce que je n'avais pas cette pression.
14:34Je n'avais pas la pression de la gagner.
14:36Moi, c'était vraiment le hold-up, c'était de participer.
14:38Ça faisait un an tout juste que je suis sorti de l'hôpital.
14:41Tu te retrouves aux Jeux paralympiques.
14:43En plus, je gagne ma série.
14:44Je suis en finale directe.
14:46Donc pas de pression.
14:47Après, forcément, je suis un compétiteur.
14:49On veut toujours gagner.
14:50Je termine cinquième.
14:51Une seconde du premier.
14:52Après ça, Rémi consacre tout son temps
14:54et toute son énergie au parakanoé
14:56en vue des prochains Jeux paralympiques
14:58qui auront lieu à Tokyo.
15:00L'équipe de France intensifie ses entraînements
15:02et Rémi fait jusqu'à 250 jours de stage d'entraînement par an.
15:06Les 2 et 3 septembre 2021,
15:08Rémi s'élance pour essayer de décrocher une médaille
15:11aux Jeux paralympiques de Tokyo.
15:15Les Jeux de Tokyo, c'est plus de participer.
15:17L'aventure, maintenant, ça va être d'aller au moins chercher une médaille.
15:20Ma première course, ma série, je suis le deuxième de ma série.
15:22Je suis le deuxième derrière le brésilien.
15:25Je fais une très mauvaise course.
15:28Donc, je pars en demi-finale le lendemain.
15:32Il faut savoir qu'au Jeux de Rio,
15:36à l'époque, moi, j'avais gagné ma série.
15:38Et donc, c'était série, demi-finale, le même jour.
15:42Et le lendemain, tout le monde était en finale.
15:43Donc, tout le monde n'avait qu'une course, le lendemain, dans les bras.
15:46Donc, ça, c'était plutôt juste.
15:48Alors que là, au Jeux de Rio, la règle, elle a changé.
15:50La règle, maintenant, c'est série, une journée.
15:52Et le lendemain, c'est demi-finale, finale.
15:54Donc, c'est deux courses et en moins d'une heure.
15:57Donc, c'est ça qui a été un peu dur à gérer.
15:59Et puis, moi, ma demi-finale, je voulais absolument montrer aux adversaires
16:02qui étaient dans ma demi-finale.
16:03Il y avait un autre Hongrois, etc., qui était pas loin de moi.
16:07Et je voulais leur montrer que, on va dire, la finale, ils pouvaient l'oublier, quoi.
16:11En gros, que j'allais les détruire.
16:13Et donc, si je mets demi-finale, je me donne à fond.
16:15Et je suis vraiment, je suis mon meilleur chrono.
16:17Donc, je suis en finale, je suis content.
16:18Et puis, là, en finale, je me dis, par rapport au chrono, je suis top 3.
16:24Il y a quand même un risque que les autres, ils arrivent derrière.
16:25Si je fais un mauvais coup de pagaie, si je serre complet, etc.
16:28Donc, on se pose plein de questions.
16:30Je fais un très gros départ, mais le Brésilien, il fait un meilleur départ que moi.
16:33J'arrive à revenir un peu sur lui.
16:35Et puis, quand il reste 20 mètres, je pense que j'assure le coup, quoi,
16:38de pas exploser, de pas tomber dans l'eau.
16:40Enfin, vous savez, on peut toujours tomber dans l'eau, un mauvais coup de pagaie.
16:43Donc, j'assure le coup.
16:44Et puis, je franchis la ligne 3e.
16:46Donc, là, je suis content, quoi.
16:47Je me dis, enfin, ça y est, au moins, je repars avec une médaille paralympique.
16:51Je l'aurais fait.
16:52Je l'aurais fait.
16:53Et je suis content pour le travail que j'ai pu faire, quoi.
16:55Et puis, surtout, pour tous ceux qui m'ont aidé, mes sponsors, mes amis, ma famille.
16:59Enfin, voilà, quoi.
16:59Tout ce qui a été mis en place pour en arriver là.
17:02Et je suis la première médaille masculine de mon sport.
17:04Le 15 juin 2024, Rémi décroche la médaille d'or au championnat d'Europe de course en ligne
17:09en paracanoé, en Hongrie.
17:11Depuis, il continue de s'entraîner pour tenter de remporter la médaille d'or
17:15aux Jeux paralympiques de Paris, les 6 et 7 septembre,
17:18presque 10 ans jour pour jour après son accident.
17:21J'espère fêter ces 10 ans de handicap, entre guillemets,
17:25même si je n'ai toujours pas fait le deuil de ma vie d'avant.
17:28Mais en tout cas, j'espère que cette date me portera chance.
17:31Voilà, elle m'a porté ma chance et j'espère vraiment qu'elle me portera chance à cette date.
17:35J'espère revenir avec la médaille d'or.
17:37C'est vrai que j'espère faire mieux qu'au jeu de Tokyo.
17:40Je sais que ça va être très, très, très dur.
17:42Ta concurrence, ça va être très rude.
17:43Maintenant, je m'entraîne tous les jours pour.
17:45Tout est possible.
17:46J'ai à la fois hâte d'y être, mais à la fois, je me dis, plus les jours approchent,
17:50plus je me dis, est-ce que je suis vraiment prêt ?
17:52Il y a la pression, elle monte, c'est énorme.
17:54Je pense qu'on n'est pas 50 000 à pouvoir se dire qu'on fait des jeux à la
17:58maison.
17:59Il y aura ma fille, il y aura ma compagne.
18:02Il y a des tribunes, il y a 24 000 personnes en tribune.
18:05Nous, dans Kaya, quand on a 1 000 personnes, c'est déjà énorme.
18:08Donc là, ça va me faire une petite différence.
18:10Donc voilà, ça va être à moi de gérer tout ça.
18:22Ambre, on l'entend, la concurrence sera rude pour Rémi Boulay pendant ses JO.
18:26En même temps, il vise clairement une médaille.
18:28Oui, bien sûr, il l'a dit, il veut faire mieux qu'à Tokyo en 2021,
18:30où il avait décroché la médaille de bronze.
18:33Et son objectif pour les Jeux de Paris, c'est clairement la médaille d'or.
18:35Au micro, il est revenu sur sa concurrence.
18:38Il dit que ça ne va pas être simple, mais il a quand même une vraie chance de médaille.
18:42C'est le champion de rock en titre dans cette discipline.
18:44Et il est arrivé deuxième au championnat du monde cette année.
18:47Donc il a toutes ses chances.
18:48Merci, Ambre Rosala.
18:50Cet épisode de Code Source a été produit par Thibaut Lambert, Raphaël Pueyo, Clara Garnier-Amourou et Barbara Gouy.
18:56Réalisation, Julien Moncouquiol.
18:59Toute l'actualité des Jeux paralympiques est à suivre en direct sur leparisien.fr jusqu'au dimanche 8 septembre.
19:06N'oubliez pas les deux autres podcasts du Parisien, Le Sacre, 24 témoignages de médaillés d'or olympiques et paralympiques.
19:13Et Crime Story, chaque semaine, une grande affaire criminelle.
19:18Sous-titrage Société Radio-Canada
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