- il y a 12 heures
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Les discussions entre Washington et Moscou pour trouver une issue à la guerre en Ukraine, menées sans les Ukrainiens ni les Européens, illustre le bouleversement à venir des alliances entre les grandes puissances occidentales. Alors sommes-nous entrés dans un nouvel ordre mondial ? Eléments de réponse dans Code source avec deux journalistes du Parisien : Henri Vernet, qui suit les questions diplomatiques au sein du service politique, et Charles de Saint Sauveur, chef de notre service international.
Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Thibault Lambert et Clara Garnier-Amouroux - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network
Archives : RTL, France 24, France Télévisions, CNN, Euronews.
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NewsTranscription
00:01Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Donald Trump et Vladimir Poutine ont échangé par téléphone au sujet de la guerre en Ukraine le mardi 18 mars.
00:17C'était la deuxième fois en un peu plus d'un mois et dans les deux cas, ni Kiev ni
00:22l'Union Européenne n'ont été consultés.
00:24Dans ce conflit, Donald Trump semble donner raison à Vladimir Poutine,
00:28ce qui provoque la colère des Européens qui se sentent trahis par leurs alliés historiques.
00:34Pour beaucoup d'observateurs, l'ordre mondial que nous connaissions depuis la création des Nations Unies en 1945 est bouleversé.
00:42L'Occident est divisé avec d'un côté les Etats-Unis et de l'autre l'Europe.
00:47Alors sommes-nous entrés dans un nouvel ordre mondial ?
00:49Réponse dans Codesources aujourd'hui avec deux journalistes du Parisien.
00:53Henri Vernet, qui suit les questions diplomatiques au sein du service politique.
00:58Et Charles de Saint-Sauveur, chef de notre service international.
01:07On a choisi de commencer ce podcast juste après la Seconde Guerre mondiale au mois d'octobre 1945.
01:14Les Nations Unies sont créées.
01:16Charles de Saint-Sauveur, quel est l'objectif de cette organisation ?
01:20L'objectif, c'est de résoudre les conflits du monde, maintenir la paix, la sécurité sur la planète,
01:25défendre les droits de l'homme, de régler les problèmes économiques,
01:27de pacifier un monde qui a été largement détruit pendant la Seconde Guerre mondiale.
01:33Les membres de cette conférence sont appelés à être les architectes d'un monde meilleur.
01:38Si nous ne voulons pas mourir ensemble par la guerre, nous devons apprendre à vivre ensemble dans la paix.
01:42Nous devons apprendre à vivre ensemble en paix.
01:47Les décennies qui suivent sont marquées par le processus de décolonisation et par la guerre froide.
01:53Henri Vernet, rappelez-nous ce qu'est la guerre froide.
01:55C'est le partage et la domination du monde par les deux superpuissances,
01:59l'URSS, l'Union soviétique, et les États-Unis.
02:03À l'est, le communisme, le socialisme.
02:05À l'ouest, le capitalisme.
02:07La guerre froide, comme son nom l'indique, il n'y a pas de conflit direct entre les deux superpuissances,
02:13tout simplement parce qu'elles possèdent chacune les plus grands arsenaux nucléaires mondiaux.
02:18Et les deux, les deux capitales, Moscou et Washington, ont les moyens de se détruire mutuellement.
02:23C'est d'ailleurs une doctrine de destruction mutuelle assurée qui va garantir le gel sur la planète.
02:30Néanmoins, il y aura beaucoup d'affrontements indirects,
02:33c'est-à-dire que les soviétiques et les américains vont se faire la guerre en quelque sorte par pays
02:38interposés.
02:39Ils vont déclencher la guerre de Corée, la guerre du Vietnam surtout,
02:43et puis plus récemment la guerre d'Afghanistan,
02:45parce que la guerre froide, elle va durer de 1945, donc après la Deuxième Guerre mondiale,
02:50jusqu'à fin 1991, c'est-à-dire l'effondrement de l'URSS après la chute du mur de Berlin
02:57en 1989.
03:01Charles de Saint-Sauveur, en juin 1963, le président des Etats-Unis,
03:05John Fitzgerald Kennedy, est à Berlin-Ouest, la ville est coupée en deux.
03:09Il prononce notamment ces mots,
03:11« Ich bin ein Berliner, je suis un Berlinois ».
03:14Quel est son message en résumé ?
03:15Kennedy arrive devant 400 000 personnes, l'hôtel de ville,
03:19et il prononce donc ce fameux mot,
03:22« Ich bin ein Berliner ».
03:26Qui veut dire en gros, « Je suis des vôtres, nous partageons des valeurs communes,
03:30nous serons à vos côtés si vous êtes attaqués,
03:33parce qu'il faut bien se rendre compte quand même que Berlin-Ouest,
03:35c'est une enclave occidentale dans un territoire est allemand,
03:39avec la crainte d'être attaquée à tout moment par les troupes du bloc communiste.
03:45Depuis trois heures déjà, il n'y a plus de mur de Berlin.
03:48En 1989, dans la nuit du 9 novembre 1989,
03:52le mur de Berlin est abattu par des Berlinois de l'Est.
03:56Vous pensez que l'ouverture du mur, c'est pour toujours ?
03:59Moi je compare ce jour avec la Bastille, vous me comprenez ?
04:05Instant symbolique de la chute des régimes communistes en Europe,
04:09qu'est-ce qui change à partir de là ?
04:10C'est la fin du monde bipolaire qui a dominé les relations internationales depuis 1945
04:16et son remplacement par un monde, on va dire, unipolaire,
04:21largement en tout cas dominé par les Etats-Unis,
04:23qui sont plus que jamais le gendarme du monde.
04:25Les années 90, c'est vraiment ça, avec une Pax Americana, une paix américaine.
04:31Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de conflit,
04:32mais en tout cas, effectivement, les Etats-Unis,
04:34ce sont ceux vers lesquels on se tourne pour les résoudre.
04:36En 1992, le politologue américain Francis Fukuyama a écrit un livre intitulé
04:42« La fin de l'histoire et le dernier homme ».
04:45Henri Vernet, quelle est sa thèse en résumé ?
04:47Sa thèse, c'est que le libéralisme, la démocratie libérale telle qu'elle est incarnée
04:52par les Etats-Unis, qui sont censés en être le phare,
04:55a définitivement vaincu le communisme, l'URSS qui s'est effondrée.
04:59De fait, l'armée rouge qui faisait si peur pendant des décennies a été battue,
05:04elle est tenue en échec partout. Le régime soviétique, qui lui aussi inspirait une espèce de terreur,
05:10tout cela est balayé par l'effondrement du régime, par la chute de Gorbatchev.
05:15Ceux qui restent, ce sont les Américains.
05:18C'était ce qui sera théorisé par le ministre français Affaires étrangères, Hubert Redring,
05:23comme la domination de la superpuissance, de l'hyperpuissance, disait-il, planétaire.
05:32Henri Vernet, dans les années 1990, 2000, puis 2010,
05:36est-ce que les présidents américains successifs continuent de s'impliquer dans les affaires mondiales ?
05:41Non, ils ont une vraie tentation de s'occuper d'abord des Américains, d'abord de leur pays.
05:45Il y a eu George Bush père, qui lui a lancé la guerre du Golfe,
05:49mais c'était en gros la dernière grande intervention extérieure, la grande aventure militaire américaine,
05:54parce que Bush sera battu par Clinton en 1992,
05:58et Clinton avait justement un argument qui est resté célèbre,
06:00c'est « It's the economy stupid », c'est-à-dire que Bill Clinton, il gagne ses élections
06:04parce qu'il met en avant le besoin des Américains de prospérité
06:09et pas d'aller se mêler de ce qui se passe ailleurs et de régler les conflits à travers la
06:12planète.
06:13Bush junior, qui va succéder à Clinton, est plutôt sur cette ligne.
06:16C'est d'abord l'Amérique, le bien-être de la nation,
06:20mais va survenir le 11 septembre 2001, avec cette attaque des États-Unis,
06:27et là, après le 11 septembre, Bush va lancer la guerre d'Irak
06:31et les Américains se retrouvent à nouveau embarqués dans des conflits extérieurs.
06:37On fait un saut dans le temps de plusieurs années.
06:39En février 2022, la Russie de Vladimir Poutine s'attaque à l'Ukraine,
06:44la Russie qui avait déjà annexé la péninsule de Crimée en 2014,
06:48Crimée qui était jusqu'ici ukrainienne.
06:50Le 24 février 2022, Vladimir Poutine annonce avoir lancé une invasion de l'Ukraine.
06:54Il parle d'une opération militaire spéciale qui a pour but, je cite,
06:59« la démilitarisation et la dénazification de l'Ukraine ».
07:03À ce moment-là, Charles Saint-Sauveur, c'est le démocrate Joe Biden qui est président des États-Unis.
07:08Comment est-ce qu'il réagit ?
07:10Il réagit en homme de la guerre froide, en prenant fait et cause pour l'Ukraine agressée,
07:14au nom des valeurs communes, au nom de la défense de la démocratie.
07:19« Les États-Unis ont marshalé de grands niveaux de assistance de sécurité et d'aide humanitaire
07:23et de soutien économique directe pour l'Ukraine ».
07:27Très concrètement, ça prend la forme immédiate de sanctions économiques,
07:31mais aussi l'acheminement des premières armes.
07:33Ce soutien va culminer en février 2023, avec une visite assez risquée surprise à Kiev de Joe Biden,
07:40qui dit « l'Ukraine ne sera jamais une victoire pour la Russie ».
07:44Donald Trump est donc, à ce moment-là, ancien président des États-Unis.
07:48Il l'a été de 2017 à 2021.
07:50Quelles sont ses relations avec Vladimir Poutine ?
07:52On le dit « fasciné » par Vladimir Poutine.
07:55Alors évidemment, on n'est pas dans sa tête,
07:56mais les premiers contacts, c'est une visite à Moscou en 1987.
08:01On ignore exactement la nature des liens Trump et la Russie.
08:05En tout cas, entre les deux hommes, clairement, il y a quelque chose qui ressemble à une sorte d'admiration
08:09réciproque,
08:10ou en tout cas une fascination, clairement, de Trump pour ce mal alpha en qui il se reconnaît, en quelque
08:14sorte.
08:15Il y a une espèce de jeu de miroir.
08:16Même quand Trump n'était plus aux affaires, Trump lui a passé une demi-douzaine de coups de téléphone, quand
08:21même.
08:21Donc, les relations n'ont jamais cessé.
08:26Le 5 novembre 2024, Donald Trump remporte la présidentielle américaine.
08:30Il devient le 47e président des États-Unis, après en avoir été le 45e,
08:36prise de fonction le lundi 20 janvier à Washington.
08:39Et là, le jour même, il signe des dizaines de décrets de façon symbolique devant du public,
08:44notamment des décisions destinées à retirer les États-Unis des grandes instances internationales.
08:49Lui, il estime que ces instances, non seulement coûtent énormément d'argent aux contribuables américains,
08:55mais en plus agissent très souvent contre les intérêts des Américains et de l'Amérique.
08:59Donc, effectivement, il est disposé à les bazarder.
09:02C'est ce qu'il fait, en fait, très rapidement avec les accords de Paris sur le climat.
09:05Il en était déjà sorti lors de son premier mandat.
09:08Il sort de l'OMS, donc l'Organisation mondiale pour la santé.
09:12Puis, effectivement, il a arrêté de financer l'agence onusienne pour les réfugiés palestiniens.
09:17Il y a un désengagement assez clair de l'Amérique, de Trump,
09:20pour tout ce qui est versement de l'aide internationale ou participation à des ONG.
09:26Henri Vernet, concernant la guerre en Ukraine, il a promis de mettre un terme à ce conflit,
09:30je cite, dans 24 heures.
09:31Quelle est sa position ?
09:32Quand il sort cette formule, c'est le matamor, hein, Trump.
09:35Justement, il se fait fort de sa relation avec Poutine
09:38pour mettre fin à un conflit qu'il considère comme ne mettant en rien en cause
09:43les intérêts et la sécurité américaine.
09:46Donc, il trouve aberrant, il le dit dans sa campagne, totalement stupide.
09:50Il traite d'ailleurs Biden d'imbécile à plusieurs reprises sur ce thème,
09:53d'avoir dépensé autant de milliards du contribuable américain
09:57pour financer des armes.
09:59Trump n'en démord pas.
10:00Pour lui, il faut vraiment cesser cette gabegie du soutien militaire à l'Ukraine.
10:07Charles Saint-Sauveur, dans ce contexte, le mercredi 12 février,
10:10Donald Trump appelle Vladimir Poutine.
10:13Les deux hommes passent un long moment ensemble au téléphone.
10:16Évidemment, on ne sait qu'après.
10:17Tout le monde comprend à ce moment-là que quelque chose a irrémédiablement changé.
10:21On est seulement trois semaines après le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.
10:25et déjà, l'ordre du monde, comme on le connaissait,
10:28vacille un coup de fil au-dessus de la tête des Européens et des Ukrainiens
10:33sur le destin de l'Ukraine.
10:35C'est quand même une déflagration, un choc total.
10:37Le mercredi 19 février, Donald Trump accuse
10:40le président ukrainien Volodymyr Zelensky d'être un dictateur
10:44parce que le mandat du président ukrainien
10:46est arrivé à son terme en mai 2024
10:48et qu'il n'y a pas eu depuis de nouvelles élections.
10:51Trump fustige ce jour-là Zelensky.
10:54Il le qualifie de comédien au succès modeste
10:56qui a convaincu les États-Unis d'Amérique
10:59de dépenser des centaines de milliards de dollars
11:01pour s'engager dans une guerre qui ne pouvait pas être gagnée.
11:04Fin de citation.
11:05Charles de Saint-Sauveur, que cherche à faire Donald Trump
11:08avec de telles déclarations ?
11:09À lui tordre le bras, de toute évidence,
11:11c'est-à-dire à lui faire sentir
11:13qu'il est complètement diminué,
11:15absolument pas en capacité
11:17ni de regagner les territoires,
11:19encore moins de gagner la guerre évidemment,
11:20ni même de résister à Poutine.
11:22Il faut savoir que pour Trump,
11:23qui n'aime pas du tout Zelensky,
11:26à ses yeux, c'est un loser.
11:27C'est quand même très clairement quelqu'un
11:29qui l'empêche de signer une paix assez rapidement.
11:31Donc l'idée, c'est vraiment de l'affaiblir
11:33pour qu'il accepte tous les compromis
11:34que les Américains exigeront de lui.
11:36À ce moment-là,
11:37Donald Trump négocie un accord économique
11:39avec l'Ukraine de Zelensky.
11:40Henri Vernet, de quel accord est-ce qu'on parle ?
11:42Quel est l'objectif du président américain ?
11:44Il cherche à avoir un retour sur investissement,
11:46sur toute l'aide qui a été apportée par les États-Unis,
11:49sous forme d'intérêts des Américains
11:51dans les minerais rares comme le manganèse,
11:54le lithium pour les batteries,
11:55le titane,
11:57des métaux extrêmement précieux
11:58dont regorgerait le sous-sol ukrainien
12:01et sur lesquels les Américains
12:03tiendraient des droits grâce à cet accord,
12:05des droits d'exploitation.
12:06Il y a juste un petit bémol,
12:07c'est que pour l'instant,
12:08en réalité,
12:09personne ne sait exactement
12:11ce qu'il y a sous les pieds des Ukrainiens.
12:13Donc, il y a quand même une certaine incertitude.
12:15En réalité,
12:16c'est surtout le symbole qui compte pour Trump,
12:19c'est-à-dire pouvoir agiter le drapeau
12:20en disant, regardez,
12:21moi j'ai obtenu un accord,
12:23on a des richesses,
12:23un petit peu comme les richesses du monde.
12:25Et ce n'est pas comme cet imbécile de Biden
12:27qui, lui, était juste bon
12:28à gaspiller les dollars américains.
12:30Le vendredi 14 février,
12:32le vice-président américain,
12:34J.D. Vance,
12:34est en Allemagne, à Munich.
12:36Il participe à une conférence sur la sécurité.
12:38Mais en marge de ce rendez-vous,
12:40il soutient très clairement
12:42le parti d'extrême droite allemand,
12:44l'AFD,
12:45en pleine campagne électorale
12:47pour les législatives
12:48prévues pour le dimanche 23 février.
12:50Là, on peut dire vraiment
12:51qu'il brise un tabou.
12:52Le vice-président américain
12:53qui va rencontrer Alice Weidel,
12:55qui est la chef de l'AFD,
12:57vraiment un parti d'extrême droite,
12:59c'est Washington
13:00qui se mêle
13:01de la campagne législative allemande.
13:03C'est du jamais vu.
13:04Cette rencontre se déroule
13:06juste après un discours
13:07qui est une sorte de déflagration en Europe,
13:09qui est le discours que G.D. Vance prononce
13:12à Munich lors de la conférence
13:14pour la sécurité.
13:15Il fait la leçon aux Européens,
13:17en quelque sorte,
13:18en disant que
13:19ce n'est plus un continent
13:21où la liberté d'expression
13:23a ses droits.
13:24Il considère qu'on n'est plus du tout
13:26du tout à la hauteur.
13:27Le recul de l'Europe
13:28par rapport à certaines de ses valeurs
13:30les plus fondamentales,
13:31des valeurs qu'elle partage
13:32avec les États-Unis d'Amérique.
13:35En Grande-Bretagne
13:36et dans toute l'Europe,
13:37je crains que la liberté
13:38d'expression ne recule.
13:41Et au soir des législatives,
13:43le dimanche 23 février,
13:44celui qui vient de remporter
13:45le scrutin
13:46et qui va donc devenir
13:47le nouveau chancelier allemand,
13:49Friedrich Merz,
13:50affirme que l'Europe
13:51doit renforcer
13:52le plus vite possible
13:53son indépendance
13:54face aux États-Unis.
13:55Il a compris
13:56que ce gouvernement,
13:57en gros,
13:58était en train
13:58de se désengager de l'Europe,
14:00que le sort de l'Europe
14:01lui était complètement indifférent.
14:02Donc, sa priorité,
14:04c'est de renforcer
14:04les liens avec l'Europe.
14:06Et il faut savoir
14:07que lui,
14:07c'est le leader
14:08de la CDU.
14:10C'est le grand parti
14:12conservateur chrétien allemand,
14:14notoirement atlantiste,
14:15qui s'est bâti
14:16philosophiquement
14:17sur l'étroitesse
14:19des relations
14:19avec les États-Unis.
14:20Donc, les États-Unis
14:21qui protègent l'Allemagne
14:23militairement
14:24depuis la fin
14:25de la Seconde Guerre mondiale.
14:26C'est tout cela
14:27qui est remis en cause.
14:28Et il le dit à sa manière
14:28avec des mots à la fois
14:29très simples,
14:30qui disent
14:31tout son désarroi
14:32et en même temps
14:33ses déterminations.
14:34Je n'aurais jamais pu penser
14:36dire une chose pareille
14:37à la télévision.
14:37Henri Vernet,
14:38le lundi 24 février,
14:40vous suivez
14:40le président français
14:41Emmanuel Macron
14:42pendant son déplacement
14:44à Washington.
14:45Que cherche à faire
14:46Emmanuel Macron
14:46avec Donald Trump ?
14:47Il cherche tout simplement
14:48à remettre
14:49les Européens à bord
14:50parce que l'histoire
14:51s'est accélérée
14:51de manière incroyable
14:52entre Trump et Poutine.
14:54les discussions de paix
14:55qui étaient totalement
14:56inenvisageables
14:56et totalement gelées
14:57depuis trois ans
14:58là repartent.
14:59Ça s'accélère,
15:00simplement ça s'accélère
15:01sur le dos des premiers
15:01concernés.
15:02Donc Macron,
15:03il agit au nom
15:04d'une double conviction,
15:05d'un double mantra.
15:06Pas de discussion
15:07sur une paix en Ukraine
15:08sans les Ukrainiens.
15:09Pas de discussion
15:10sur la sécurité de l'Europe
15:11puisque les deux sont liés
15:12sans les Européens.
15:14Donc il veut absolument
15:14être là.
15:15Il est le premier Européen
15:16à venir faire le voyage
15:18à la Maison-Blanche
15:19dans ce nouveau contexte.
15:21Il le fait un petit peu
15:23au nom des Européens
15:24qu'il faut vraiment
15:25remettre dans le jeu
15:26parce que pour l'instant
15:27ils sont vraiment
15:28sur le bord du chemin
15:29alors qu'on parle
15:29d'un conflit majeur
15:31qui se déroule
15:32sur leur territoire
15:33et qui menace
15:34leur propre sécurité.
15:35La même semaine,
15:36le vendredi 28 février,
15:38Volodymyr Zelensky
15:39est reçu à la Maison-Blanche
15:40à son tour
15:41par Donald Trump
15:41et par le vice-président
15:43américain J.D. Vance.
15:45C'est l'épisode
15:46du camouflet
15:47infligé par les deux
15:48Américains à l'Ukrainien.
15:49Il lui reproche
15:50en résumé
15:51de ne pas les avoir
15:52suffisamment remerciés
15:53pour l'aide américaine
15:54et cet échange est filmé.
15:55Je parle de la diplomatie
15:57qui va finir
15:58la destruction de votre pays.
15:59Monsieur le Président,
16:00avec respect,
16:02vous, Henri Vernet,
16:03vous vous dites quoi
16:04en voyant ça ?
16:05C'est sidérant,
16:06c'est un moment inouï
16:07de brutalité,
16:08de violence,
16:09de vulgarité
16:10et la manière
16:11dont Trump
16:12et son vice-président
16:13J.D. Vance
16:14s'en prennent physiquement
16:15y compris en le montrant
16:16du doigt
16:17presque en l'agressant.
16:18D'ailleurs,
16:18les trois se coupent
16:19la parole en permanence
16:20à Zelensky,
16:21Trump
16:21et son vice-président
16:25et donc de voir
16:26cette espèce
16:27de foire d'empoigne
16:28entre Zelensky
16:29et Trump
16:30pour en penser
16:30ce qu'il veut
16:31mais enfin,
16:31cet homme-là,
16:32c'est quand même
16:33quelqu'un qui résiste
16:34au nom de son peuple
16:34depuis trois ans.
16:35C'est assez inouï
16:36ce qui s'est passé
16:37après l'invasion
16:38de la Russie.
16:39Ils vont jusqu'à se moquer
16:41les deux Américains
16:42de sa tenue.
16:43Ils ne comprennent pas
16:43comment on puisse
16:45venir dans le bureau
16:46ou à le rencontrer
16:46le président
16:47avec son espèce
16:48de treillis
16:49que porte en permanence
16:50Zelensky.
16:51En gros,
16:51il lui faut comprendre
16:52qu'il aurait pu venir
16:52en costume quand même.
16:54Donc,
16:54c'est quand même
16:55un moment
16:55qui restera marqué
16:56d'une pierre noire
16:57dans l'histoire diplomatique.
17:10Charles de Saint-Sauveur,
17:11quelles sont les réactions
17:12en Europe,
17:12que ce soit à Paris,
17:14Londres ou Berlin notamment ?
17:15D'abord,
17:15le choc est très rapidement
17:17quand même.
17:18On se ressoude.
17:19Les Européens,
17:20les uns après les autres,
17:21le soir même de l'échange,
17:23tous les leaders européens,
17:24les uns après les autres,
17:25se fendent de communiquer
17:29pour soutenir
17:29encore plus fort
17:30Volodymyr Zelensky
17:32et l'Ukraine.
17:32Il y a un agresseur
17:33qui est la Russie.
17:34Il y a un peuple agressé
17:35qui est l'Ukraine.
17:37Ukraine,
17:37l'Espagne est avec toi.
17:39Le président Zelensky
17:40a raison,
17:40la paix sans garantie
17:41n'est pas possible.
17:42Cessez le feu sans garantie
17:43est la voie vers l'occupation
17:44russe de tout
17:45le continent européen.
17:46Et puis ensuite,
17:47il y aura aussi
17:47la phase calinothérapie,
17:48si j'ose dire.
17:49Dès le dimanche à Londres,
17:50il y a un sommet
17:51qui est organisé
17:51avec des leaders européens.
17:53Alors pas tous,
17:53mais les principaux.
17:54Donc en gros,
17:55les Européens se mettent
17:56assez rapidement
17:57quand même
17:57en ordre de marche.
17:59Un petit peu
17:59« Trump is making Europe great again »
18:03pour reprendre évidemment
18:04le célèbre slogan
18:05de ces deux campagnes victorieuses.
18:07Henri Vernet,
18:08au niveau diplomatique,
18:09qu'est-ce que le monde entier
18:10a compris
18:11en voyant cet échange ?
18:12Le monde entier comprend
18:13que l'Amérique de Trump
18:14a basculé
18:15du côté des dictateurs,
18:16du côté du monde autoritaire,
18:18des démocraties illibérales
18:20comme on dit.
18:20C'est-à-dire que l'Amérique,
18:22elle est devenue
18:22le soutien de Poutine
18:24et qu'on sort.
18:25Les États-Unis
18:25qui, le jour même
18:27du troisième anniversaire
18:28de l'invasion de l'Ukraine
18:29par Moscou,
18:30ont signé avec Poutine,
18:32avec la Russie,
18:33un texte en gros
18:33faisant passer l'Ukraine
18:35pour l'agresseur.
18:36Bref,
18:37ce pays
18:37qui était le phare
18:38de la liberté,
18:39le phare du libéralisme,
18:40devient un pays
18:42clairement plutôt favorable
18:44aux régimes autoritaires
18:45et carrément,
18:47aux yeux de ses vieux amis européens,
18:49devient une espèce de traître.
18:50Française,
18:51français,
18:51mes chers compatriotes.
18:52Le mercredi 5 mars,
18:54le président Emmanuel Macron
18:55prononce une allocution
18:56à la télévision
18:57et à la radio.
18:58Son message,
18:59la menace russe est là
19:01et l'avenir de l'Europe
19:02n'a pas à être décidé
19:03à Washington ou à Moscou.
19:05Henri Vernier,
19:06qu'est-ce qu'il faut retenir
19:07de cette allocution ?
19:08Le ton déjà,
19:09c'est un discours
19:10qui est très grave,
19:11alarmant.
19:12En effet,
19:13si un pays peut envahir
19:14impunément son voisin
19:15en Europe,
19:16alors personne ne peut plus
19:17être sûr de rien
19:18et c'est la loi du plus fort
19:20qui s'applique
19:20et la paix
19:21ne peut plus être garantie
19:23sur notre continent même.
19:24Sur le fond,
19:25ce qu'il faut en retenir,
19:26c'est que,
19:27bah oui,
19:27cette menace russe,
19:28elle est là.
19:29La menace russe est là
19:31et touche les pays d'Europe,
19:33nous touche.
19:34Finalement,
19:34on ne vit plus en paix,
19:35on est dans une espèce
19:36de guerre hybride.
19:38Bien sûr,
19:38les chars ne sont pas là,
19:40mais il y a cette menace
19:42qui pèse sur la France
19:43comme sur les autres pays européens
19:44et donc,
19:45pour s'en prémunir,
19:47les Français devront faire
19:48des efforts,
19:49ils devront s'engager.
19:50C'est ça,
19:50le message du chef de l'État
19:52ce soir-là.
19:53Et puis,
19:53forcément,
19:54des efforts financiers.
19:55On devine en filigrane
19:56que,
19:57pour réarmer le pays,
19:58alors pour le coup,
19:59au sens propre,
20:00il va bien falloir faire
20:01des choix financiers,
20:03budgétaires.
20:04Il y a cette idée-là.
20:05On parle beaucoup
20:06depuis quelques semaines
20:07de la menace russe
20:08avec la guerre hybride
20:09qu'elle mène
20:10contre l'Europe
20:10ou les États-Unis,
20:11sabotage,
20:12désinformation,
20:13manipulation.
20:14Mais au-delà de ça,
20:15Charles Saint-Sauveur,
20:16est-ce que la vraie nouveauté,
20:17ce n'est pas le fait
20:18que l'Europe est seule
20:19maintenant face à
20:20Vladimir Poutine
20:21sans l'allié américain ?
20:23Oui,
20:23c'est vertigineux.
20:24Alors,
20:24peut-être un peu moins pour nous
20:25dans notre logiciel français,
20:27gaullien,
20:28avec notre autonomie stratégique
20:30et puis surtout
20:30la dissuasion nucléaire,
20:31c'est sûr qu'on se sent
20:32moins exposé.
20:33Mais il faut se mettre
20:34à la place des Polonais,
20:35des Allemands
20:35qui, eux,
20:36se retrouvent tout nus
20:38face à un pays
20:39qui ne leur veut pas du bien.
20:41Henri Vernet,
20:42le 6 mars,
20:43un sommet européen
20:44est organisé
20:45à Bruxelles,
20:45en Belgique.
20:46Le but affiché
20:47est de réarmer l'Europe.
20:48C'est un sommet
20:49qui est un sommet extraordinaire
20:51et qui porte bien son nom
20:52parce que ce dont il est question
20:53ce jour-là,
20:54ce sont vraiment des choses
20:55qui étaient inimaginables
20:56en Europe,
20:57encore avant-hier.
20:59Déjà, le fait de décider
21:01de consacrer 800 milliards d'euros
21:03à cet effort de réarmement,
21:05c'est-à-dire à la possibilité
21:07d'équiper,
21:07de développer des armées puissantes
21:10dans les 27 pays membres,
21:12c'est tout un état d'esprit
21:13qui n'existait pas auparavant
21:14parce que, justement,
21:15ce qui se passe ce jour-là
21:16à Bruxelles,
21:17c'est qu'aujourd'hui,
21:19l'Europe,
21:20c'est un peu fini.
21:20L'époque, vous savez,
21:22des herbivores
21:23dans un monde de carnivores,
21:25là, il faut vraiment
21:26que l'Europe,
21:27elle s'arme,
21:28elle s'émancipe
21:29des Américains,
21:31elle fasse cet effort
21:32de sécurité pour elle-même.
21:36Le mardi 11 mars,
21:37un sommet informel
21:39de défense
21:39est organisé à Paris
21:40au musée de la Marine.
21:42Il y a là
21:42une trentaine de chefs
21:43d'état-major
21:44de l'Union européenne
21:45et de l'OTAN,
21:46mais les Américains
21:47ne sont pas invités.
21:49L'objectif est de montrer
21:50que l'Europe
21:51pourrait riposter
21:52à une ingrétion russe
21:53sans consulter Washington.
21:55On le disait
21:56en préambule de ce podcast
21:57le mardi 18 mars.
21:59Donald Trump
22:00et Vladimir Poutine
22:01ont à nouveau échangé
22:02au téléphone
22:03sur la guerre en Ukraine
22:04pendant deux heures et demie.
22:05Ils ont parlé ensemble
22:07d'une trêve
22:07en Ukraine
22:08et en Russie
22:09sur les structures énergétiques,
22:11donc pas de frappe
22:11sur ces structures.
22:13Une trêve discutée
22:14sans l'Ukraine
22:15ni l'Europe.
22:17Charles de Saint-Sauveur,
22:18est-ce que nous sommes entrés
22:19aujourd'hui
22:20dans un nouvel ordre mondial ?
22:21C'est un ordre mondial
22:23qui s'était largement délité
22:25depuis des années.
22:26Mais là, je crois vraiment
22:26que depuis l'arrivée
22:27de Donald Trump
22:28à la Maison-Blanche,
22:29il a littéralement éclaté.
22:30On en a eu maintes preuves.
22:32Très clairement,
22:33aujourd'hui,
22:33on est dans la loi
22:34du plus fort
22:35avec le retour
22:36d'États puissants,
22:37les États-Unis,
22:38évidemment,
22:39et leur sphère d'influence,
22:40la Russie,
22:41la Chine,
22:42bien évidemment.
22:43Quant aux Européens,
22:44effectivement,
22:45ils ont l'air
22:46d'être un peu
22:46les vaincus de l'histoire
22:47de ce qui se passe actuellement.
22:49Mais ils n'ont sans doute
22:50pas dit leur dernier mot.
22:51C'est la première puissance économique
22:53du monde.
22:54L'histoire n'est pas écrite,
22:55mais en tout cas,
22:56elle a pris un tour
22:57très très différent.
22:58L'ordre mondial hérité
22:59de 1945
23:00a définitivement éclaté.
23:02Henri Vernet,
23:03est-ce que Donald Trump
23:03peut encore changer de position ?
23:05Trump peut changer
23:06parce que par nature,
23:07il est imprévisible
23:08et Trump,
23:09à coup,
23:10il vous dit que Zelensky
23:11est quelqu'un de monstrueux
23:12et puis finalement,
23:13quelques jours après,
23:14il va quand même
23:15signer un accord avec lui.
23:17Pour autant,
23:17il y a avec lui
23:18une constante,
23:19c'est que Trump veut
23:20que les intérêts
23:21de l'Amérique
23:22et, encore une fois,
23:23des électeurs
23:24du peuple américain,
23:25de la classe moyenne américaine
23:26qui sont le ferment,
23:28selon lui,
23:29des États-Unis,
23:30eh bien,
23:30il faut que ces intérêts
23:31soient servis.
23:32Donc,
23:33l'ordre mondial,
23:34vu par Trump,
23:35il bougera certainement,
23:36mais avec cette constante,
23:38les intérêts
23:39de l'Amérique d'abord.
23:46Merci Henri Vernet,
23:48Charles de Saint-Sauveur,
23:49cet épisode de Code Source
23:50a été produit par Clara Garnier-Amourou
23:52et Thibaut Lambert,
23:53réalisation Pierre Chaffonjon.
23:55Code Source,
23:56c'est un nouveau sujet d'actualité
23:57chaque soir de la semaine
23:58du lundi au vendredi
23:59et puis n'oubliez pas
24:00le second podcast du Parisien,
24:02Crime Story,
24:03une nouvelle affaire criminelle
24:05racontée chaque samedi
24:06dans Crime Story
24:06avec Claudia Prolongeau
24:08et Damien Delsony,
24:10le chef du service
24:10Police Justice du Parisien.
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