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Au Danemark, en Roumanie ou encore en Pologne … Depuis début septembre, plusieurs drones russes ont violé l’espace aérien de l’Europe. Pourquoi parle-t-on de guerre des airs par rapport au conflit en Ukraine ? Réponse dans Code Source. Crédits : Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Clara Grouzis, Clara Garnier-Amouroux et Anaïs Godard - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network
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Au Danemark, en Roumanie ou encore en Pologne … Depuis début septembre, plusieurs drones russes ont violé l’espace aérien de l’Europe. Pourquoi parle-t-on de guerre des airs par rapport au conflit en Ukraine ? Réponse dans Code Source. Crédits : Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Clara Grouzis, Clara Garnier-Amouroux et Anaïs Godard - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network
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00:01Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Depuis le 10 septembre, les survols de l'espace aérien européen par des drones ou des chasseurs russes se multiplient,
00:18au Danemark, en Norvège, en Roumanie ou encore en Pologne.
00:21Le Danemark, qui accueille un sommet européen les 1er et 2 octobre,
00:25a décidé d'interdire tous les vols de drones pendant une semaine pour détecter plus facilement d'éventuelles intrusions.
00:32Que cherche à faire la Russie avec ces survols ? Faut-il s'en inquiéter ?
00:36Pourquoi parle-t-on autant des drones dans le cadre de la guerre entre la Russie et l'Ukraine ?
00:41Réponse dans Codesources aujourd'hui avec Robin Cordat du service international et Charles de Saint-Sauveur qui dirige ce service.
01:06Dans cet épisode de Codesources, on va voir que les violations de l'espace aérien européen par des appareils russes
01:13ou supposés russes se multiplient ces dernières semaines.
01:16On va voir s'il faut s'en inquiéter et dans quelles mesures.
01:19Mais dans cet épisode, on va aussi beaucoup parler des drones.
01:22Robin Cordat, au mois de février 2024, vous avez fait un reportage pour le Parisien
01:27avec des Ukrainiens qui programmaient un drone à Mykolaiv, dans le sud du pays.
01:32Racontez-nous ça.
01:33Ce jour-là, je suis avec une petite unité.
01:37Il y a trois ingénieurs et un pilote de drone.
01:40Et ils testent un nouveau prototype.
01:42Ce drone, il doit faire un peu moins de deux mètres d'envergure.
01:46Il ressemble à un avion en mousse et il doit voler de manière autonome.
01:52Donc le pilote programme un plan de vol sur un petit ordinateur.
01:56Je me souviens qu'il le fait assis à l'arrière d'un pick-up.
01:59Et ensuite, le drone doit parcourir plus de 100 kilomètres, presque tout seul en fait, dans les airs.
02:05Et d'un mot, ce jour-là, ce drone, il ne décolle pas.
02:07Non, il ne décolle pas et ça montre qu'à l'époque, l'Ukraine est un immense laboratoire
02:11avec beaucoup d'ateliers semi-artisanaux où des ingénieurs bricolent.
02:17Ces engins qui s'apprêtent à révolutionner le champ de bataille.
02:20Il y a évidemment d'autres types de drones.
02:22On parle d'appareils qui font quelle taille et qui ressemblent à quoi ?
02:26Il y a toute une galaxie de drones.
02:28Il y a des drones vraiment petits, qu'on appelle les micro-drones ou nano-drones.
02:32Ça peut peser seulement quelques dizaines ou centaines de grammes et ça peut servir à des missions, par exemple, de
02:38surveillance.
02:38Et puis, il y a des drones qui sont des quadricoptères, donc qui ressemblent en fait aux drones qu'on
02:43trouve dans les commerces.
02:45Voilà, ils font 50 centimètres d'envergure et ils peuvent servir à larguer, par exemple, des grenades ou des projectiles
02:53sur le champ de bataille.
02:54Et ensuite, il y a des drones beaucoup plus imposants, comme le drone dont on parlait juste avant, qui ressemblent
02:58en fait à des avions et qui sont en matière composite, en polystyrène ou en mousse.
03:04Et comment ils se pilotent ?
03:05Alors, il y a beaucoup de drones qui se pilotent avec un casque dans lequel on voit les images du
03:10drone.
03:10C'est ce qu'on appelle les FPV pour First Person View.
03:13Et ensuite, il y a d'autres drones qui sont programmés sur ordinateur pour voler de manière autonome et donc
03:20éviter le brouillage et rester discret.
03:22Avec les drones, dans cette guerre, l'Ukraine a pu réaliser plusieurs coups d'éclat.
03:26Par exemple, en 2023, le 30 mai, Moscou a été attaqué.
03:30Moscou qui est à 500 kilomètres environ de la frontière avec l'Ukraine.
03:34Alors, ce jour-là, il y a une trentaine de drones qui fondent sur la capitale russe.
03:39C'est une opération assez spectaculaire.
03:42Il y a des engins qui se dirigent vers les quartiers huppés de Moscou où réside une partie de l
03:48'élite politique russe.
03:49C'est vraiment un coup d'éclat de l'Ukraine, même si Kiev, officiellement, réfute toute implication dans cette opération.
03:56Ces drones, ils sont beaucoup moins chers que des missiles ou évidemment que des avions de chasse.
04:01Oui, c'est tout l'enjeu en fait.
04:02Une attaque par drone, ça coûte quelques centaines, quelques milliers d'euros.
04:06Un missile, ça peut être plusieurs centaines de milliers d'euros, voire des millions d'euros.
04:10Et un avion de chasse, c'est encore un ordre de grandeur au-dessus.
04:14Donc, c'est vraiment la nouvelle arme puisqu'elle allie un grand pouvoir de nuisance avec un coût de fabrication
04:20très faible.
04:22Charles de Saint-Sauveur, Moscou, utilise aussi des drones dans cette guerre.
04:26Oui, ils utilisent des drones.
04:27Ils sont même très en pointe après avoir accusé un certain retard par rapport à l'Ukraine
04:31qui en avait fait vraiment un peu le fer de lance de sa défense face à la Russie.
04:36Ils sont experts en matière de brouillage de drones.
04:38Ils ont construit une sorte de mur sur lequel les Ukrainiens ont buté lors de leur contre-offensive de l
04:44'été 2023.
04:45Et également très fort en drones filaires.
04:48C'est des drones équipés d'un fil très fin en fibre optique qui se déroule comme une bobine dans
04:52une canne à pêche
04:53et qui permet de ne pas être détecté.
04:56Ça, c'est un immense avantage aujourd'hui sur le terrain.
04:58Sans compter qu'effectivement, ils produisent maintenant à une échelle vraiment industrielle de masse.
05:02Et en plus, les Russes bénéficient d'un grand apport venu d'Iran, les drones Shed.
05:08On parle beaucoup de la bataille de l'air.
05:10On n'entend pas parler par contre de grandes avancées sur le terrain.
05:13Pourquoi d'après vous ?
05:14À cause de cette bataille de l'air, elle est tellement omniprésente.
05:16Les drones aujourd'hui, c'est absolument central dans la guerre en Ukraine.
05:19On dit que c'est 14-18, mais avec les drones.
05:22Ils surveillent tous les drones.
05:23Ils surveillent les mouvements de troupes, ils surveillent les avancées même individuelles.
05:26Ils surveillent les blindés.
05:27Et non seulement ils les surveillent, mais ensuite ils les tapent.
05:30Ça fige en quelque sorte la bataille sur le terrain.
05:32Et l'un des grands enjeux aujourd'hui de cette guerre, c'est de savoir comment déverrouiller le champ de
05:36bataille.
05:36De rendre les drones inopérants et de pouvoir ensuite avancer sur Terre.
05:44Dans la nuit du 9 au 10 septembre, la Pologne est survolée par une vingtaine de drones russes.
05:50La Pologne qui est un pays membre de l'Union Européenne depuis 2004.
05:53Charles de Saint-Sauveur, décrivez-nous cette intrusion.
05:55Alors ce sont des drones, on n'a pas très bien compris tout de suite s'ils venaient de Russie.
06:00Il y en a certains qui venaient de Biélorussie apparemment.
06:02Donc il y a toujours un mystère qui enveloppe cette intrusion.
06:04On sait qu'il y en a entre 19 et 23 qui ont pénétré le ciel polonais.
06:09Ce n'est pas la première fois évidemment que ça se passe, mais de façon aussi massive, c'est une
06:13première.
06:13On sait aussi qu'environ 3 à 4 drones ont été abattus.
06:18Pour le reste, effectivement, il y a beaucoup de choses qui restent mystérieuses.
06:21Comment réagissent la Pologne et les autres pays européens ?
06:23Ils ont tout de suite des prises de position qui dénoncent une intrusion absolument scandaleuse,
06:28une nouvelle provocation de la Russie, des choses inadmissibles.
06:31Alors outre les destructions, la Pologne qui est très ferme sur la question de la menace russe,
06:37a décrété mobiliser plusieurs milliers de soldats pour montrer qu'elle ne se laisserait pas faire.
06:45Romain Corda, un jour plus tard, le 11 septembre, les radars lituaniens repèrent un objet volant non identifié.
06:51Oui, et l'aéroport international de Vilnius est fermé quelques heures.
06:56C'est un contexte très tendu puisque deux drones se sont déjà écrasés dans le pays en juillet,
07:02dont l'un était chargé d'explosifs.
07:05Donc on est dans une séquence de tests permanents des défenses européennes.
07:11Le samedi 13 septembre, nouvelle intrusion en Europe, cette fois dans l'espace aérien de la Roumanie.
07:17Pendant près de 50 minutes, il y a un drone russe qui survole l'est du pays.
07:23Il est pris en chasse par deux avions de combat roumains.
07:27Et puis finalement, le drone s'en va vers l'Ukraine.
07:31Après cette séquence, il y a un débat qui émerge, notamment en Roumanie, mais plus largement en Europe.
07:36Est-ce qu'il aurait fallu abattre ce drone ?
07:38Et justement, pourquoi on ne les abat pas ?
07:40Alors d'abord, parce qu'il y a un drone, on peut difficilement deviner ses intentions.
07:44Donc il y a un petit temps de réaction pour savoir s'il est hostile ou non, d'où est
07:48-ce qu'il vient, etc.
07:49Et puis ensuite, c'est dangereux parce qu'il peut retomber sur des habitations.
07:54Quand il vole près d'un aéroport, il peut toucher, pourquoi pas, des dépôts de carburant, etc.
08:00Donc c'est ni facile techniquement, ni totalement sûr.
08:08Beaucoup d'intrusions ont lieu dans les anciens pays du bloc communiste, comme la Roumanie dont on vient de parler,
08:14la Pologne ou encore les trois États baltes, Lituanie, Lettonie et Estonie, plus au nord.
08:19Charles le Saint-Sauveur, pour bien comprendre ce dont on parle, il faut décrire un peu la carte de la
08:24région.
08:25Sous l'Estonie et la Lettonie, il y a la Biélorussie, qui est un allié de la Russie, et il
08:30y a aussi une enclave russe en Europe.
08:32Cette région, elle est évidemment assez complexe, et notamment par cette fameuse poche de Kaliningrad.
08:3815 000 km², c'est pas très grand, mais c'est un territoire qui est russe.
08:42Alors au nord, il y a les États baltes, donc la Lituanie, la Lettonie et l'Estonie, et au sud,
08:48la Pologne.
08:49Tous ces pays-là sont membres de l'Union Européenne et de l'OTAN.
08:52Et à l'est de Kaliningrad, il y a la Biélorussie, qui ne touche pas directement la poche de Kaliningrad.
08:58Il y a 65 km entre la Biélorussie, donc qui est un allié de Moscou.
09:02Et ce bout de Russie, c'est un couloir qui s'appelle le corridor de Souelki, que personne ne connaît
09:07aujourd'hui,
09:07mais qui pourrait devenir une espèce de ligne de faille dans la nouvelle guerre froide qui se profile entre la
09:13Russie et les pays de l'OTAN.
09:14J'ajoute aussi que Kaliningrad est stratégique pour Moscou,
09:18parce que c'est non seulement un port, c'est le seul port qu'a la Russie, dans la mer
09:23Baltique.
09:23C'est un port qui ne gèle pas.
09:24Le deuxième élément déterminant, c'est que c'est 15 000 km², très très militarisé.
09:31Romain Cordat, dans ce contexte, à partir du 9 septembre, vous êtes en reportage en Lituanie.
09:37D'abord, présentez-nous plus précisément ce pays.
09:40Expliquez-nous l'essentiel à savoir sur la Lituanie et sa position géographique par rapport à la Russie.
09:45La Lituanie, c'est un petit pays.
09:47Ça a fait moins de 3 millions d'habitants.
09:49Petit pays aussi par la taille.
09:51C'est plus petit que la région Occitanie, par exemple, chez nous.
09:54Et la Lituanie est prise en étau, donc, entre la Biélorussie à l'est et donc cette fameuse enclave de
10:01Kaliningrad à l'ouest.
10:02Donc, c'est vraiment le pays le plus exposé parmi les pays baltes parce que c'est le plus au
10:09sud de ces pays.
10:10Et donc, s'ils venaient à tomber, eh bien, l'Estonie et la Lettonie seraient totalement isolées du reste de
10:15l'OTAN, en fait.
10:16En plein cœur de la Lituanie, dans la ville de Kedeniai, vous visitez un collège où les élèves des ados
10:21de 10 à 14 ans apprennent à piloter des drones.
10:24Oui, il y a 9 garçons qui ont, en effet, de 10 à 14 ans et d'abord, ils s
10:29'entraînent sur des simulateurs, sur leurs ordinateurs.
10:32Et puis ensuite, ils commencent à manipuler avec une manette, un petit drone dans la salle de classe où ils
10:38doivent contourner différents obstacles qui ont été posés dans la salle de classe.
10:42Donc, c'est vraiment des sortes de travaux pratiques pour apprendre à manipuler ces engins volants.
10:47Un cours dans le cadre d'un programme national beaucoup plus vaste.
10:50Plus de 3 millions d'euros sont investis et, à terme, des milliers de jeunes doivent être formés en Lituanie.
10:56Le but, c'est aussi de donner envie à certains de ces jeunes de s'engager dans l'armée ou,
11:01en tout cas, de les sensibiliser à un risque de guerre avec la Russie.
11:04Oui, c'est totalement assumé parce que c'est organisé avec le soutien du ministère de la Défense et le
11:11ministère de l'Éducation.
11:13Alors, bien sûr, les drones, ça peut servir à plein de choses dans la société de demain.
11:17Il y a des usages dans l'agriculture, dans plein de champs possibles.
11:21Mais, évidemment, c'est aussi une question de sécurité nationale.
11:25Donc, voilà, les créateurs du programme me disent que, idéalement, ils espèrent que 15-20% des jeunes se passionneront
11:32pour les drones
11:32et se formeront demain dans des filières, par exemple, d'ingénieurs et rejoindront éventuellement l'armée plus tard.
11:38C'est aussi l'occasion, ces cours, d'aborder des sujets d'actualité, comme ces fameuses incursions de drones, de
11:45parler de patriotisme et de citoyenneté.
11:49Robin, quand vous êtes en Lituanie, au même moment, pendant cinq jours, du 12 au 16 septembre, la Russie organise
11:56un grand exercice militaire en Biélorussie.
11:59Racontez-nous ça.
12:00Ce sont des exercices qui ont lieu tous les quatre ans, qui mobilisent des dizaines de milliers d'hommes, des
12:05blindés, différents appareils des deux armées.
12:09Ce sont des exercices qui s'appellent ZAPAD et ils sont particulièrement connus parce qu'il y a quatre ans,
12:14ces exercices ont servi à disposer de différentes unités qui, ensuite, allaient envahir l'Ukraine.
12:19D'un mot, cette fois-ci, contrairement à il y a quatre ans, le nombre de militaires russes impliqués dans
12:24l'exercice ZAPAD est beaucoup moins important.
12:26Oui, parce que forcément, l'armée russe, elle est d'abord mobilisée en Ukraine, mais les exercices restent impressionnants.
12:34Je me souviens que je parle, par exemple, à une habitante qui me dit qu'elle a regardé à la
12:39télévision ces exercices-là.
12:41Forcément, dans la région, on reçoit la télévision biélorusse et elle a été hyper impressionnée.
12:46Elle me dit, en trois mouvements, ils envahissent notre pays.
12:51Et justement, vous vous rendez dans une commune située à la frontière avec la Biélorussie, Krakounaï.
12:56À quoi ressemble cette frontière et comment les habitants vivent la proximité avec cet allié russe dans ce contexte d
13:03'intrusion aérienne russe en Europe ?
13:05C'est une frontière qui est d'abord quasiment intégralement fermée et elle est même barricadée, si on peut dire,
13:12puisqu'il y a des différents dispositifs, par exemple, anti-chars qui ont été posés, ce qu'on appelle des
13:16dents de dragon.
13:17Donc, c'est des structures en forme de petites pyramides qui sont destinées à piéger les chenilles, des blindés.
13:23Il y a bien sûr des barbelés, des caméras de sécurité et puis il y a des checkpoints militaires.
13:29Donc, quand on conduit en voiture, on se fait arrêter, il faut montrer ses papiers, des soldats fouillent le coffre
13:36des véhicules.
13:36Il y a un climat relativement oppressant.
13:39Voilà, les habitants ont pris l'habitude de vivre sous la menace de leurs voisins.
13:44Et ce qu'il faut préciser, Robin, c'est que la Lituanie, comme les autres pays baltes, ils n'ont
13:48pas d'avion de chasse pour se défendre eux-mêmes.
13:50Non, ils n'ont pas d'avion de chasse. Donc, ce sont les partenaires de l'OTAN qui font la
13:56police du ciel, qui surveillent le ciel des pays baltes.
13:59Et ça marche par rotation. Donc, moi, l'an dernier, par exemple, j'ai été sur une des bases de
14:04l'OTAN en Lituanie et j'ai passé du temps avec des pilotes de chasse français.
14:08Plusieurs fois par jour, il y a une alerte parce qu'il y a un objet volant qui est repéré
14:13dans le ciel.
14:14Ça peut être un chasseur russe qui s'approche trop près des frontières, etc.
14:17Et les pilotes de chasse qui gardent sur eux en permanence leur uniforme courent à toute vitesse vers leur avion
14:23et décollent pour aller protéger les frontières de l'Europe.
14:28Charles de Saint-Sauveur, il faut aussi parler de l'OTAN, l'Alliance Atlantique, l'organisation militaire de défense des
14:34Occidentaux issue de la Seconde Guerre mondiale.
14:36L'OTAN mène un exercice militaire d'ampleur en ce mois de septembre dans la région, notamment en mer Baltique.
14:43Oui, c'est ça. Du 22 au 26 septembre, cet exercice militaire de très grande ampleur s'appelle Neptune Strike
14:5125-3.
14:52C'est un nom un petit peu barbare, mais c'est une opération maritime essentiellement qui se déroule autour du
14:57navire amiral qui est l'USS Gerald Ford,
15:00qui est le plus grand porte-avions du monde, avec autour toute une escouade de frégates, de sous-marins, de
15:06navires amphibies, de destroyers, etc.
15:08Ça réunit une petite quinzaine de pays, dont la France, dont l'Estonie, la Finlande, tous ces pays de l
15:16'OTAN.
15:16L'idée et l'objectif, c'est évidemment de s'entraîner entre alliés, de montrer qu'ils peuvent effectivement coopérer
15:22entre nations,
15:23mais aussi coopérer entre différents types d'armées, tout ce qui est marine, évidemment les avions, le terrestre.
15:29Et puis évidemment, le message s'adresse aux Russes, de leur montrer qu'effectivement, si jamais il y a agression
15:34en face, il y aura vraiment du répondant.
15:37Le 19 septembre, trois avions de chasse russes violent l'espace aérien européen dans l'un des trois pays baltes,
15:44en Estonie.
15:45Ces chasseurs mig russes survolent, donc c'est complètement interdit le ciel estonien, pendant une douzaine de minutes.
15:52Quand on parle de chasseurs ennemis, c'est une éternité, 12 minutes, autour de l'île de Vainlou.
15:58Donc c'est dans le golfe de Finlande, dont on a dit qu'il était vraiment stratégique, une zone très
16:02très disputée, une zone testée par les Russes.
16:04Alors c'est pas la première fois qu'il y a un survol interdit, c'est même la quatrième fois,
16:07mais là, autant de chasseurs russes dans le ciel de l'OTAN, ça s'était jamais vu.
16:13C'est d'une audace sans précédent. Là, vraiment, les Russes ont poussé un peu plus loin les curseurs.
16:17Ces survols russes de l'espace aérien européen, que ce soit avec des drones, donc, ou avec des MIG, ils
16:22inquiètent les pays membres de l'OTAN ?
16:24Oui, forcément, puisque c'est encore un peu plus de pression de la part des Russes, un peu plus de
16:29provocation, on se demande ce qu'ils veulent.
16:32Et en même temps, l'OTAN a plus que les moyens de réagir.
16:34Si Poutine devait envahir, agresser un pays de l'OTAN, il y a immédiatement l'article 5 qui s'applique,
16:41c'est-à-dire la solidarité de fait entre les pays membres de l'Alliance.
16:43Et donc, Poutine aurait certainement beaucoup plus à perdre.
16:47Sans doute qu'il teste en ce moment même, de plus en plus, les velléités de l'OTAN, de savoir
16:52si, effectivement, les États-Unis sont bien derrière.
16:55Donc, voilà, c'est une façon pour Poutine d'avancer ses pions, en quelque sorte, de mettre le pied dans
17:00l'eau sans se mouiller complètement.
17:01D'un mot, les Russes, ils reconnaissent ces survols ?
17:03Les Russes nient absolument tout, d'ailleurs, avec une mauvaise foi qui ne trompe personne.
17:07Mais, effectivement, pour eux, il n'y a pas de violation de l'espace aérien de l'Estonie, ni de
17:13l'espace aérien roumain, ni de l'espace aérien polonais.
17:16Bon, bref, effectivement, ils nient en bloc.
17:18Ils ne disent même pas qu'il y a une erreur.
17:20C'est simplement que ça ne s'est pas passé.
17:24Le mardi 23 septembre, nouveau survol de drones, cette fois au Danemark, à Copenhague et en Norvège, à Oslo.
17:30Et le même jour, le Conseil de sécurité des Nations Unies se réunit à New York, à la demande de
17:35l'Estonie,
17:36pour parler, justement, des survols dont on vient de parler.
17:39Charles, c'est rarissime que ce pays, l'Estonie, demande une réunion du Conseil de sécurité ?
17:43C'est tellement rarissime que c'est la première fois en 34 ans.
17:4734 ans, c'est donc la chute du rideau de fer et la dislocation de l'Union soviétique.
17:52Je rappelle que l'Estonie était une des républiques soviétiques.
17:57Depuis qu'elle a acquis son indépendance au tout début des années 1990,
18:01elle n'avait jamais demandé cette réunion du Conseil de sécurité.
18:04C'est dire la gravité du moment.
18:06Et ce jour-là, aux Nations Unies, les Etats-Unis ont haussé le ton au sujet de la Russie.
18:11Oui, les Etats-Unis, effectivement, ont eu cette déclaration.
18:14Ils ont promis de défendre chaque centimètre du territoire de l'OTAN.
18:27C'était pas mal de le préciser, parce qu'effectivement, depuis l'élection de Donald Trump à la Maison-Blanche,
18:33on a quand même un petit doute sur ses intentions, sur le fait qu'il tourne ou non le dos
18:38à l'OTAN.
18:39Donc, bon, voilà. On va pas forcément prendre chaque mot de Donald Trump au pied de la lettre.
18:43Mais néanmoins, la déclaration était suffisamment forte pour adresser un message assez ferme à la Russie.
18:47C'est sans doute ce qu'elle voulait d'ailleurs entendre en agissant de la sorte dans le ciel estonien.
18:52Le président français Emmanuel Macron est sur la même ligne que les Etats-Unis le 24 septembre.
18:57Dans une interview à France 24 et RFI, Radio France Internationale,
19:01il appelle les pays touchés par ces survols à répondre de façon plus ferme.
19:06Oui, alors il dit que l'OTAN a réagi de manière proportionnée en rehaussant sa posture de défense.
19:12Ce sont ses mots.
19:12Nous ne pouvons pas laisser installer l'idée que la Pologne, l'Estonie, la Roumanie seraient en situation de faiblesse.
19:19Il dit autre chose. Il dit que ça ne va sans doute pas s'arrêter là et que s'il
19:22y avait de nouvelles provocations
19:23avec des nouvelles incursions dans des espaces aériens de l'OTAN, en gros,
19:29il faudrait, ce sont ses mots, monter notre réponse d'un cran.
19:33En gros, pour lui, il n'est pas question de laisser penser que la Russie peut tout se permettre dans
19:37le ciel européen
19:39aux confins de l'Europe orientale, c'est-à-dire en Estonie, en Pologne ou en Roumanie,
19:43parce qu'il dit l'étape d'après, ce sera l'Allemagne et la France.
19:46L'étape d'après, c'est l'Allemagne, puis nous.
19:49Charles de Saint-Sauveur, est-ce qu'il faut s'inquiéter de ces survols ?
19:52Est-ce que Vladimir Poutine risque d'attaquer un autre pays après l'Ukraine ?
19:57Alors, effectivement, on pense à la Moldavie, qui n'est ni membre de l'Union Européenne, ni membre de l
20:01'OTAN,
20:01qui est un pays qui est entre la Roumanie et l'Ukraine, qui paraît très faible,
20:06et d'autant plus faible qu'il y a une province séparatiste à côté qui s'appelle la Transnistrie,
20:09et qui est blindée, en quelque sorte, de soldats russes.
20:12Donc, il faudrait vraiment très peu de temps au Kremlin, s'il le décidait, pour envahir ce pays.
20:17Pour les autres pays, c'est-à-dire ceux de l'OTAN, Poutine prendrait vraiment un très très gros risque.
20:22J'ajoute aussi que l'Ukraine était vraiment dans sa cible, parce que pour lui, il considère que c'est
20:25le monde slave,
20:26ce qui n'est pas forcément le cas des pays baltes, ni de la Pologne, ni de la Roumanie, etc.
20:30Donc, a priori, il y a quand même peu de chances pour que Poutine s'attaque à ces pays.
20:35En revanche, il y a beaucoup de façons de s'en prendre aux pays de l'OTAN.
20:38Notamment, tout ce qu'il fait en matière de guerre hybride, d'attaques, de désinformation, d'opérations de déstabilisation,
20:45tous ces drones parasites, tous ces avions qui survolent l'espace de quelques minutes le ciel européen.
20:51Voilà, Poutine, il a d'autres cartes en main pour nous déstabiliser, pour essayer de nous faire peur,
20:56et pour attiser, en quelque sorte, les divisions dans les démocraties occidentales.
21:09Merci à Robin Cordat et Charles Le Saint-Sauveur.
21:11Cet épisode de Code Source a été produit par Clara Grosys, Clara Garnier-Amourou et Anaïs Godard.
21:18Réalisation Pierre Chaffanjon.
21:19Code Source est le podcast quotidien d'actualité du Parisien.
21:23N'oubliez pas Crime Story, chaque samedi une affaire criminelle racontée par Claudia Prolongeau et Damien Delseny.
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