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Journaliste pendant trente ans au Parisien, Henri Vernet revient sur les souvenirs les plus marquants de sa carrière.

Témoignage. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Thibault Lambert, Anaïs Godard et Clara Garnier-Amouroux - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network

Archives : INA, CNN.

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#journaliste #Leparisien #journalisme

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News
Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavie pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Un épisode de Codesource un peu spécial aujourd'hui.
00:15On ne va pas parler d'actualité, mais de journalisme.
00:18L'un de nos confrères du Parisien, Henri Vernet, s'apprête à quitter la rédaction dans quelques jours.
00:23Il tire sa révérence après 40 ans de journalisme, dont près de 30 aux Parisiens.
00:28Pendant toutes ces années, Henri Vernet a couvert notamment la politique et la diplomatie.
00:33Chez Codesource, on a eu envie de l'inviter pour qu'il nous raconte les souvenirs les plus marquants de
00:38sa carrière.
00:43Henri Vernet, vous allez partir du Parisien dans quelques jours.
00:46Vous avez 65 ans, vous êtes journaliste depuis 40 ans.
00:50Alors vous aimez toujours autant ce métier.
00:52On va y revenir à la fin du podcast.
00:54Mais il faut préciser qu'au tout départ, pour vous, journaliste, ça n'était pas une vocation.
00:58Non, je n'avais pas vraiment de vocation.
01:00D'ailleurs, j'avais commencé des études de médecine et puis assez rapidement arrêté.
01:03En réalité, ce qui m'attirait, c'était l'idée de me balader.
01:07Mais me balader au sens d'apprendre, d'être curieux des choses.
01:10Un peu éternel étudiant, finalement.
01:12Vous venez d'une famille plutôt aisée, famille d'expatriés.
01:15Vous avez grandi en Tunisie, puis en Italie, à Rome.
01:18Et en préparant ce podcast, vous m'avez raconté une anecdote surprenante qui, moi, m'a marqué.
01:23Quand vous étiez enfant à Rome, vous avez fait le baisemain à une immense star du cinéma.
01:28Vous avez même été chez elle, l'actrice britannique Audrey Hepburn.
01:32Oui, c'est exact.
01:34J'étais collégien.
01:35J'avais 13 ans.
01:36On venait d'arriver à Rome et j'avais un camarade de classe qui m'invite à déjeuner,
01:41comme on faisait pas mal à Rome.
01:42La veille, je dis à mes parents, sa mère est actrice.
01:45Et il me demande, ah bon, comment s'appelle-t-elle ?
01:48Et quand j'ai dit Audrey Hepburn, moi, ça ne me disait rien, en réalité.
01:51Mais quand j'ai vu les yeux écarquillés de mes parents, j'ai compris que c'était une immense star.
01:55Et donc, en arrivant à ce déjeuner, il y avait un autre convive, un vrai Romain,
01:59qui me dit, écoute, tu lui feras un baisemain.
02:01C'est ce qui s'est passé.
02:02J'ai vu apparaître Audrey Hepburn.
02:04Donc, entre-temps, j'avais appris la star immense qu'elle était, l'actrice superbe.
02:08Et j'ai vu arriver cette femme mince, très élégante, belle.
02:13Et c'est comme ça que j'ai fait le baisemain à Audrey Hepburn.
02:19Dans un registre beaucoup plus grave, Henri, à Rome, ce qui vous a marqué,
02:24ce sont les violences politiques venant notamment de l'extrême gauche.
02:28C'est ça, parce que là, c'était l'époque des années de plomb,
02:30c'est-à-dire le terrorisme quasi quotidien des brigades rouges,
02:33avec des climats de tension permanents, et qui pesaient d'ailleurs.
02:37J'ai vu certains de mes camarades, justement, partir pour aller étudier ailleurs,
02:41parce que les parents voulaient les mettre à l'abri.
02:43Et ce qui va me frapper des années plus tard, c'est la mécompréhension absolue des Français,
02:49mais de François Mitterrand à l'écrivaine Fred Vargas,
02:52dans sa défense de l'ex-terroriste brigade rouge Batisti.
02:56Cette mécompréhension totale de ce qu'ont vécu les Italiens pendant cette longue période.
03:01Toujours quand vous étiez petit, vous avez été marqué en Tunisie,
03:04donc avant ça, par l'impact sur place qu'a eu la guerre des six jours
03:08entre Israël et les pays arabes en juin 1967.
03:11Vous aviez sept ans à ce moment-là.
03:13C'est cela, j'étais un petit garçon, quoi, et j'allais chez le coiffeur,
03:17assez habituellement.
03:18Et ce jour-là, enfin pendant cette période de la guerre,
03:21juste après la défaite, la déroute arabe face à Israël,
03:24en arrivant chez le coiffeur, je constate que les vitres étaient totalement brisées,
03:28la vitrine était par terre.
03:29Et ce coiffeur était juif, et c'était quoi ?
03:31C'était la colère de la rue arabe, qui s'était exprimée dans toute la région,
03:35donc en Tunisie, et cette espèce de revanche, de vengeance sur, en l'occurrence,
03:40les commerçants juifs de la ville.
03:42Vous avez commencé votre carrière de journaliste en 1986 au Quotidien de Paris,
03:46un journal qui n'existe plus aujourd'hui.
03:48Quel type de reportage vous faisiez à ce moment-là ?
03:50C'était aussi bien du reportage économique au départ, mais sinon de société,
03:55du reportage politique aussi.
03:57Et puis, assez rapidement, je vais vraiment passer au reportage étranger.
04:00Et là, je me spécialiserais sur le Moyen-Orient, donc j'ai fait plusieurs séjours à cette époque-là au
04:05Liban,
04:06en Palestine et Israël, en Afrique.
04:08Qu'est-ce qui vous a marqué en Palestine notamment ?
04:10Ce qui me marque, c'est ce dénuement des gens à Gaza, c'est la violence qui est là,
04:16c'est aussi la genèse, donc l'intifada.
04:18C'était des gamins qui étaient là avec leur fronde et qui lançaient des pierres sur les soldats israéliens
04:23et qui étaient dans la bande de Gaza.
04:25Mais j'avais été également frappé dans ce reportage par la présence justement de jeunes étudiants israéliens de Tel Aviv.
04:32Je me souviens, c'était un groupe qui s'appelait le groupe Pythagore
04:34et qui venait pour essayer de créer un petit peu d'entente entre les deux peuples à ce moment-là.
04:40On était en 90 ou 91 et je mesure à quel point tout cela a disparu aujourd'hui.
04:47En 1993, vous avez été envoyé spécial au Rwanda.
04:50C'était donc un an avant le génocide au Rwanda qui a fait près d'un million de morts.
04:54En 1993, est-ce qu'on sentait déjà des tensions dans le pays ?
04:58Plus que des tensions, c'était la guerre.
04:59D'ailleurs, à l'occasion de ce reportage, j'avais pu franchir les lignes, comme on dit.
05:03C'est-à-dire, j'ai fait les deux camps.
05:04Le camp gouvernemental, la Biarrimana, donc les Hutus pour simplifier.
05:09Et puis, en passant la ligne de front, celui du FPR, le Front Patriotric Rwandais, c'est-à-dire les
05:16Tutsis.
05:16Ce qui était frappant, justement, c'est que c'était une guerre oubliée.
05:20Moi, j'y étais allé parce que c'était un médecin humanitaire de Médecins du Monde
05:24qui m'avait proposé de faire ce reportage.
05:26Mais à l'époque, le Rwanda, ça faisait partie de ces conflits en Afrique
05:30qui, en réalité, n'intéressaient pas grand monde.
05:33Et c'est tragiquement, un an plus tard, bien sûr, avec l'horrible génocide,
05:37qu'il viendra à la une des médias.
05:41Et d'ailleurs, pendant ce reportage, qui a duré une dizaine de jours,
05:43moi, je n'avais pas eu de contact avec ma rédaction
05:45parce que le deal, c'était que je partais là-bas et puis je rentrais,
05:47je ramenais un sujet à mon retour.
05:50Mais de toute façon, il n'y avait pas de téléphone portable.
05:52On ne faisait pas de selfie, on ne faisait pas de messages, de tweets sur les réseaux sociaux.
05:56C'était vraiment... Vous étiez vraiment plongé dans votre milieu.
05:59C'était donc d'autant plus prégnant.
06:01Par exemple, les photographes, les reporters photographes,
06:03dans ces cas-là, ils confiaient leur pellicule à des hôtesses de l'air
06:07par exemple, pour les ramener à Paris.
06:09En 1994, vous avez été envoyé spécial en Afrique du Sud
06:13pour les premières élections non-raciales au suffrage universel du pays.
06:17Un scrutin qui va déboucher sur l'élection de Nelson Mandela.
06:21Nelson Mandela était sorti de prison le point levé.
06:24Il devient président sur un pas de danse.
06:26Tout un symbole pour une transition en douceur
06:29et le début d'une nuit magique.
06:33Ça, c'était vraiment un moment fort.
06:34Parce que parfois, justement, quand vous êtes journaliste,
06:37vous avez vraiment le sentiment de toucher l'histoire, de vivre l'histoire.
06:40Et là, c'était particulièrement vrai, je me souviens,
06:43des files interminables devant les bureaux de vote.
06:46Parce que c'était pour la première fois que les Noirs votaient.
06:49Donc là, on était dans cette ambiance de vraiment construction,
06:52même s'il y avait, on sentait quand même beaucoup de tensions,
06:57notamment chez les Blancs, il faut bien le dire,
06:58chez les africanaires, c'est-à-dire ceux qui étaient là depuis des siècles.
07:02Et qui ne comprenait pas ce qu'on appelait la New South Africa,
07:05la nouvelle Afrique du Sud,
07:07qui se sentait par avant se exclue.
07:09Et il a vraiment fallu la stature de Nelson Mandela
07:12pour que tout cela ne dégénère pas en un horrible règlement de compte.
07:15Au contraire, cette nation s'est plutôt allée vers un véritable développement.
07:20À ce moment-là, vous n'êtes pas encore officiellement reporter politique,
07:23même si vous couvrez aussi régulièrement de la politique.
07:26Est-ce que vous avez croisé le président de cette époque, François Mitterrand ?
07:29Oui, à quelques reprises, et notamment le jour de sa réélection,
07:33donc en 1988, au deuxième tour,
07:36Philippe Tesson, le quotidien de Paris, m'avait envoyé
07:38couvrir sa journée à Château-Chinon, son fief électoral.
07:42Et c'était impressionnant, parce qu'on était de nombreux journalistes.
07:46Je me souviens même qu'il y avait son publicitaire,
07:48celui qui avait inventé le fameux slogan « La force tranquille »
07:51en 1981, donc Jacques Seguéla,
07:52qui était là revenu, mais qui était moins en cours.
07:55Et quand il est arrivé, il avait été obligé de poireauter dans sa CX
07:59parce qu'il était venu un peu trop tôt,
08:02c'est-à-dire qu'il n'était pas admis dans le cercle des intimes.
08:04Donc évidemment, nous, journalistes, on s'amusait un peu de ce spectacle.
08:08Mais je me souviens aussi, bien sûr, de l'immense clameur
08:12dans la salle de la mairie de Château-Chinon
08:14quand la réélection de Tonton,
08:16c'est comme ça qu'il a été surnommé à ce moment-là,
08:19quand sa victoire a été proclamée,
08:20ça a vraiment été une clameur formidable dans cette mairie.
08:23Il y a aussi l'ancien président, Valéry Giscard d'Estaing,
08:26que vous allez rencontrer et interroger à de nombreuses reprises,
08:29mais donc dans sa seconde vie de politique,
08:32après l'Elysée.
08:33Vous arrivez au Parisien en 1997
08:35et vous intégrez le service politique en 2000,
08:38service que vous allez diriger ensuite,
08:41quelques années plus tard.
08:42Quand vous voyez le président Jacques Chirac
08:44avant la présidentielle de 2002,
08:46vous êtes marqué par une ambiance fin de règne.
08:49Il a passé sept ans à l'Elysée
08:51et il se présente à nouveau.
08:53Il faut dire que je me souviens très bien de ce rendez-vous.
08:55C'était un petit déjeuner,
08:56on était quelques-uns du service politique
08:58et c'était au moment de Pâques.
09:00Donc il y avait une espèce de torpeur générale
09:02qui rendait encore davantage cette sensation.
09:04Et c'était un Jacques Chirac
09:06qui arrivait au bout de cinq années de cohabitation
09:09avec le socialiste Lionel Jospin,
09:11qui était donc en campagne pour sa réélection.
09:12Et il y avait donc cette sensation
09:14d'un président,
09:15mais qui n'était plus totalement au fait
09:18de son pays,
09:20des attentes des Français,
09:21de ce qu'il voulait,
09:21du bouillonnement réel qu'il y avait à ce moment-là.
09:24Parce que d'ailleurs, cette élection,
09:25elle va déboucher sur la qualification
09:27au second tour de Jean-Marie Le Pen.
09:29Donc du Front National,
09:30c'était totalement du jamais vu.
09:32C'était énorme.
09:33En tête, Jacques Chirac,
09:3420% des voix.
09:35Énorme surprise, Jean-Marie Le Pen.
09:37Semble devoir être le second
09:38avec 17% des voix.
09:41Et clairement,
09:42le Jacques Chirac
09:43qu'on avait en face de nous ce jour-là,
09:44non, il n'avait pas les capteurs,
09:46il n'avait pas senti ça.
09:48Vous savez, dans cette campagne,
09:49il y avait eu un mot terrible de Lionel Jospin
09:51qui d'ailleurs, sans doute, lui a coûté des points.
09:54Jospin avait dit de Chirac
09:55que je l'ai trouvé vieilli, usé, fatigué.
09:57Alors c'est un off dans un avion
09:59qui avait été repris
10:00à la grande fureur de l'équipe de Jospin.
10:03Il l'avait dit, il l'avait dit,
10:04donc c'était comme ça.
10:05Mais justement, ce matin-là,
10:07je m'étais dit que
10:08ce n'était pas loin de la réalité.
10:11Et justement, quel souvenir
10:12vous gardez de cette élection
10:13le dimanche 21 avril 2002,
10:15quand Jean-Marie Le Pen
10:16se qualifie pour le second tour
10:18à la surprise générale,
10:19200 000 voix devant le socialiste
10:21Lionel Jospin,
10:22qui est donc battu ?
10:23C'est banal de dire ça,
10:24mais c'était vraiment un coup de tonnerre
10:25et c'est comme ça qu'on l'a ressenti.
10:26Alors bon, vous savez,
10:27dans les rédactions,
10:28on a toujours des bruits
10:29qui viennent un petit peu avant,
10:30qui arrivent en fin d'après-midi.
10:31Mais c'était au point
10:32qu'on n'y croyait pas.
10:34C'est vraiment quand ça s'est affiché
10:36à 20h,
10:37le visage de Jean-Marie Le Pen
10:38à côté de celui de Jacques Chirac,
10:40que oui, il a bien fallu
10:41admettre cette réalité
10:42parce que nous non plus,
10:44on ne l'avait pas vu venir.
10:45Et d'ailleurs,
10:46quand je dis que ça a été un choc,
10:47mais y compris pour nous
10:48en tant que professionnels,
10:49en tant que journalistes,
10:50parce que nous,
10:51en plus qui sommes le Parisien,
10:52un journal qui est proche des gens,
10:54des lecteurs et des électeurs,
10:56on va voir,
10:57on essaie de comprendre,
10:58on essaie d'expliquer.
10:59Eh bien non,
11:00nous non plus,
11:01cette fois-là,
11:01on n'avait pas vu venir.
11:02Et pourtant,
11:03ce qui m'avait frappé
11:04en arrivant quelques années
11:05plus tôt aux Parisiens,
11:06c'était justement
11:07que c'était un journal
11:08qui s'intéressait aussi
11:09aux Français
11:10qui votaient Front National.
11:12On ne les reléguait pas,
11:13on allait essayer de comprendre.
11:14Mais pourtant,
11:15comme les autres,
11:16on a été un peu pris de court.
11:17Et c'était d'autant plus important
11:19pour notre rédaction
11:20que cette fois-là,
11:22elle a pris partie.
11:24Ce n'était pas un journal d'opinion.
11:25D'ailleurs,
11:25il n'y avait pas d'éditoriaux
11:26dans Le Parisien.
11:27Mais justement,
11:28ce jour-là,
11:29ce dimanche-là,
11:29il y en a eu un
11:30qui disait clairement
11:32qu'il fallait barrer la route
11:33à l'extrême droite,
11:34à l'Élysée.
11:35Entre 2007 et 2012,
11:37c'est Nicolas Sarkozy
11:38qui est à l'Élysée.
11:39Vous vous souvenez
11:40d'un président toujours soucieux
11:42de convaincre ses interlocuteurs.
11:44Nicolas Sarkozy
11:45qui était aussi capable
11:45de coups de colère
11:47quand il n'était pas content
11:48d'un papier.
11:48Oui,
11:49ça,
11:49c'est vraiment le côté désagréable.
11:50Bon,
11:50il faut bien dire
11:51que ce n'est pas le seul.
11:52Mais ça lui arrivait
11:53d'exprimer vraiment
11:54son mécontentement
11:55quand il y avait,
11:56par exemple,
11:56des propos rapportés,
11:58alors souvent en off,
11:59le concernant,
12:00dont il trouvait
12:01que c'était désobligeant
12:02ou inexact.
12:04Et donc,
12:04il ne se prévait pas
12:05de le faire savoir.
12:06Et ça,
12:06c'est évidemment
12:08extrêmement désagréable
12:09parce que c'est à vous
12:09de bien mettre les barrières.
12:12Les journalistes sont libres,
12:13et ils sont maîtres
12:14de l'écriture.
12:15Alors,
12:15il faut être clair,
12:16ce n'est pas toujours évident,
12:17ce n'est pas toujours facile,
12:18d'autant que Nicolas Sarkozy
12:20est loin d'être le seul.
12:22Encore aujourd'hui,
12:23on voit bien Emmanuel Macron
12:24qui peut aussi avoir
12:25ce genre de réflexe,
12:26qui est souvent d'ailleurs
12:27tenté de mettre un peu
12:28les médias de côté,
12:30de se référer,
12:32mais directement aux gens,
12:33comme si finalement
12:33on était des intermédiaires
12:34assez néfastes.
12:35Et ça,
12:36c'est un travers
12:36qui est de plus en plus
12:37partagé par les politiques,
12:39qui est dommageable
12:40et qui, à mon sens,
12:41est même assez dangereux
12:43et contre lequel
12:44il faut être,
12:45nous, la profession,
12:46de manière générale,
12:47être assez ferme
12:48et déterminé.
12:49Vous avez vu rencontrer
12:50tous les présidents
12:51de ces dernières décennies.
12:52François Hollande,
12:53il y a un souvenir
12:54le concernant
12:54qui vous a marqué.
12:55C'était un déjeuner
12:56à l'Elysée en 2015,
12:58peu de temps après l'attentat
12:59contre la rédaction
13:00de Charlie Hebdo.
13:01Oui,
13:01ce rendez-vous avait été fixé
13:02de longue date
13:03et pour tout vous dire,
13:04on s'attendait
13:04à ce qu'il soit reporté
13:05vu les circonstances.
13:07Et en fait,
13:07non,
13:08on est allé à l'Elysée
13:09et tout de suite,
13:10on a eu cette impression,
13:11alors on l'avait déjà vu
13:12dans ses précédentes interventions,
13:14mais enfin,
13:15de gravité
13:15de la part de François Hollande.
13:17Rappelez-vous,
13:18on avait beaucoup dit
13:19qu'à force d'être
13:19le président normal,
13:20il en était devenu banal,
13:22qu'il avait du mal
13:23à rentrer dans le costume
13:25du chef de l'État
13:26et là,
13:27c'était pourtant
13:28vraiment le cas.
13:29Cette gravité,
13:30cette empathie,
13:31cette compréhension des choses
13:32et c'est comme ça
13:33qu'il m'est apparu
13:34à ce déjeuner,
13:34d'autant plus
13:35qu'il arrivait
13:36de la cérémonie d'obsèque
13:37de la policière municipale
13:38Claressa Jean-Philippe
13:39qui avait été abattue
13:41par l'un des terroristes.
13:43On parle assez longuement
13:44des présidents,
13:45mais est-ce qu'il y a
13:45d'autres personnalités politiques
13:47qui vous ont marquées ?
13:48Alors bien sûr,
13:49il y a Mandela,
13:49moi j'ai eu la chance
13:50de le rencontrer
13:51à deux reprises,
13:52une fois à Paris d'ailleurs,
13:53il n'était pas encore président,
13:55il venait d'être libéré
13:56des géoles sud-africaines
13:57de l'apartheid
13:58où il avait passé
13:58presque 30 ans.
13:59C'était assez amusant
14:01parce qu'il arrivait
14:02comme ça,
14:02très calme,
14:03c'était quand même
14:04une stature mondiale
14:06incroyable,
14:06mais il était là,
14:08il venait un petit peu
14:09promouvoir l'Afrique du Sud
14:11telle qu'elle serait
14:13après le pouvoir
14:14de l'apartheid,
14:15et il rencontrait
14:16à la fois des politiques
14:17et des économistes,
14:18le MEDEF de l'époque,
14:20enfin bref,
14:20toujours est-il
14:21qu'à un moment,
14:21dans la salle,
14:23il y a une petite voix
14:23qui s'élève
14:24et qui va lui poser
14:25une question,
14:25et c'était une chanteuse,
14:27une femme et qui se présente
14:28quand elle se lève,
14:30je suis Nina Hagen,
14:31je suis une chanteuse
14:32d'Allemagne de l'Est
14:32et j'aimerais vous remettre
14:33mon dernier CD
14:35en hommage,
14:37et Nelson Mandela
14:38avait accueilli ça
14:38avec beaucoup
14:39de gentillesse
14:40et puis je l'ai revu
14:41à une autre occasion
14:42en Afrique du Sud,
14:43après Toria,
14:44quelqu'un qui en a posé
14:45par son histoire.
14:49Et il y a beaucoup
14:50de gens qui vous ont marqué
14:50qui ne sont ni des politiques
14:52ni des personnalités connues.
14:53Oui, vraiment beaucoup,
14:54des militants souvent
14:56et justement dans des pays
14:57où c'est difficile,
14:58par exemple,
14:58on parlait tout à l'heure
14:59de la Palestine,
15:00bah oui,
15:00des militants des droits
15:01de l'homme
15:02dans les territoires,
15:04des militants en Afrique,
15:06des opposants,
15:06dans des pays
15:07où vous risquez votre vie
15:08quand vous portez
15:10contre le pouvoir établi,
15:12souvent d'ailleurs
15:12soutenu par l'extérieur
15:13et souvent d'ailleurs
15:14pendant longtemps
15:15par la France
15:15où vous risquez votre peau
15:17et puis des travailleurs
15:18humanitaires souvent
15:19et puis des gens
15:20de tous bords,
15:21des confrères
15:21et des consoeurs,
15:23journalistes,
15:23là aussi dans des pays
15:24où la liberté de parole
15:26est totalement formelle
15:27et où aussi
15:28vous pouvez vous mettre
15:29en danger
15:29et puis des gens
15:31de tous les jours.
15:32Moi, j'ai souvent été frappé
15:33par la pertinence
15:34des jugements,
15:35par la curiosité des gens
15:36ou même de leur regard
15:38tout simplement,
15:38parfois plus aiguisé
15:39que le nôtre
15:40sur telle ou telle situation
15:41et ça vraiment
15:42pendant ces 40 années,
15:44bah oui,
15:44ça m'a frappé
15:44plus d'une fois
15:45et c'est d'ailleurs
15:46ce qui vous stimule,
15:47ce qui maintient aussi
15:48votre enthousiasme
15:49et votre propre curiosité.
15:50Il y a un homme
15:51qui vous a impressionné
15:52mais dans le mauvais sens
15:53du terme,
15:53on va dire,
15:54c'est Vladimir Poutine
15:55quand vous l'avez vu
15:56notamment la première fois
15:57en 2005.
15:58Oui, c'était avec
15:59Jacques Chirac justement
16:00à un déplacement présidentiel,
16:01la Sopchi sur la mer Noire
16:03et là, j'ai vu
16:04pour la première fois
16:04ce personnage,
16:05Vladimir Poutine
16:07avec toute cette brutalité
16:09ramassée,
16:10avec cette façon
16:11qu'il avait
16:11de dire les choses,
16:12de balancer,
16:13notamment,
16:13je me souviens
16:14qu'il avait renvoyé
16:14dans ses cordes
16:15un journaliste
16:16qui l'interrogeait
16:17sur la question tchétchène
16:19et la manière extrêmement violente
16:20dont c'était réglé
16:21par Moscou
16:22et en disant
16:23mais si vous aviez ça chez vous,
16:25est-ce que vous seriez content
16:26si on violait votre fille,
16:28vos enfants ?
16:28Enfin, c'était vraiment
16:29une façon d'être
16:30et ce Poutine-là,
16:32je l'ai retrouvé
16:32bien des années plus tard,
16:34quelques jours avant
16:35l'invasion de l'Ukraine.
16:37C'était à l'occasion,
16:38alors cette fois,
16:38d'un déplacement présidentiel
16:39d'Emmanuel Macron
16:40et c'était à l'issue,
16:42vous savez,
16:43de cette fameuse rencontre
16:44qui avait duré 5 heures
16:45autour de cette longue table
16:47de marbre blanc.
16:48Les deux présidents
16:49tiennent une conférence de presse
16:51mais il est plus de minuit,
16:52une heure du matin
16:53à Moscou
16:54et là,
16:55vous avez un Poutine
16:57qui menace
16:58le plus clairement du monde
16:59d'envoyer
17:00un jour ou l'autre
17:01des missiles
17:02sur Paris
17:02ou sur Berlin
17:03et c'était véritablement glaçant.
17:05Je me souviens d'ailleurs
17:06que j'en avais discuté
17:08quelques instants après
17:08avec le ministre
17:10des Verts étrangères,
17:11Jean-Yves Le Drian,
17:12qui était là
17:13et qui m'avait dit
17:14qu'en effet,
17:15c'était la première fois
17:15qu'on entendait un président
17:17d'un pays doté
17:18donc de l'arme nucléaire
17:19avoir de tels propos.
17:21On va évoquer
17:22un souvenir plus heureux.
17:23Maintenant,
17:23c'était 2008 aux Etats-Unis.
17:25Vous êtes aux Etats-Unis
17:26pour le Parisien
17:27pour l'élection
17:27de Barack Obama
17:28dans sa ville de Chicago.
17:30Oui,
17:30alors là justement,
17:31j'ai retrouvé un peu
17:32l'enthousiasme
17:32que je décrivais
17:33pour l'Afrique du Sud
17:34de 1994
17:36parce que c'est une première,
17:38là aussi,
17:38le premier président
17:40noir d'Amérique.
17:45Il y avait une espèce
17:46de ferveur particulière
17:47mais surtout
17:48de la joie.
17:49C'était vraiment
17:50une Amérique
17:50qui tournait une page
17:51parce que quand même
17:52son prédécesseur Bush
17:53c'était l'homme
17:54de la guerre en Irak.
17:56C'était une Amérique
17:57qui était quand même
17:58pas sympathique
17:59aux yeux du monde.
18:00Là, vraiment,
18:01ça passait
18:02à une autre histoire.
18:03Il y avait une nouveauté,
18:04un nouveau président.
18:19Évidemment,
18:20par la suite
18:20il y aura beaucoup
18:21de déceptions
18:21parce que finalement
18:22c'est un président
18:22qui ne changera
18:23pas grand chose
18:24aux Etats-Unis.
18:26Mais enfin,
18:26ce soir-là,
18:27il y avait cet enthousiasme
18:28et donc j'étais
18:29à Grand Park.
18:30C'est le parc
18:31avec la skyline,
18:32la ligne des gratte-ciels
18:33qui est derrière.
18:35Évidemment,
18:35tout cela était
18:37au soir tombant.
18:38Donc, il y avait
18:38un éclairage
18:39assez impressionnant
18:41et donc là,
18:42Obama qui apparaît
18:43alors de nouveau
18:43en famille,
18:44en vainqueur
18:45parce qu'il vient
18:46d'être élu officiellement
18:47président des Etats-Unis.
18:48Oui, ça fait partie
18:49des souvenirs
18:50que je garde fort.
18:54On parle des Etats-Unis,
18:56le bureau Oval,
18:57le célèbre bureau
18:58du président des Etats-Unis
18:59à la Maison-Blanche.
19:00Vous y avez été
19:01plusieurs fois.
19:02La première fois,
19:03c'était sous Bill Clinton.
19:04Eh oui,
19:05parce que Jacques Chirac,
19:06qui avait une bonne relation
19:06avec lui,
19:07était venu lui dire
19:08au revoir en quelque sorte
19:10au moment où Bill Clinton
19:11cédait la place
19:12à Bush Junior.
19:13Et donc,
19:14à ce moment-là,
19:14on avait pu rentrer
19:15dans ce bureau Oval,
19:16voir l'espèce de poignet de main
19:18entre les deux hommes
19:19qui s'appréciaient.
19:20Donc,
19:20c'était un moment
19:20qui était plutôt sympathique.
19:21Et vous y avez été
19:22également à l'occasion
19:23du déplacement
19:24d'Emmanuel Macron
19:25sur place
19:25en février 2025,
19:27donc après
19:28la seconde élection
19:29de Donald Trump.
19:30Alors là,
19:30c'était une toute autre ambiance
19:32parce que justement,
19:33c'était Trump
19:33qui venait d'être intronisé.
19:35C'était des premières
19:37rencontres officielles
19:38qu'il avait
19:38avec un dirigeant européen.
19:40Et évidemment,
19:41les gros dossiers
19:41à ce moment-là,
19:42c'était l'Ukraine,
19:43le règlement du conflit.
19:44C'était la guerre
19:45des taxes douanières
19:47qui faisait plus
19:48que s'amorcer.
19:49Emmanuel Macron
19:49nous en avait parlé
19:50dans l'avion.
19:50Il espérait bien
19:51obtenir des avancées
19:52sur ces différents terrains
19:54parce qu'il croit toujours
19:55en sa capacité de séduction.
19:57En plus,
19:57Trump,
19:57il le connaît,
19:58il l'a côtoyé
19:59durant son premier mandat.
20:00Et ce qu'on voit
20:01dans le bureau Oval,
20:01alors d'abord,
20:02il y a la foule
20:03des journalistes,
20:04des Américains,
20:05ça vocifère,
20:06il y a un volume sonore
20:07qui est incroyable.
20:07Et puis,
20:08il y a Trump
20:08qui est là
20:09avec son staff,
20:11avec son équipe,
20:12le Français,
20:13donc Emmanuel Macron
20:13qui est également.
20:15Les deux sont
20:15au centre de la pièce.
20:17Mais vous avez
20:18cette présence
20:19incroyable
20:20de Donald Trump.
20:20C'est un acteur.
20:21C'est un acteur
20:22et à la fois,
20:23il écrit une pièce
20:24et les autres
20:24sont défigurantes.
20:26On voyait bien
20:26que Emmanuel Macron
20:27tentait de résister,
20:28par exemple lui aussi,
20:29il mettait la main
20:30sur le bras
20:30ou il le reprenait
20:32parfois.
20:33Mais évidemment,
20:34ce qui se joue là,
20:35c'est le signe
20:36de celui qui estime
20:38que le président américain
20:39est le maître du monde
20:40et qu'en gros,
20:41il fait ce qu'il veut.
20:43Et là,
20:43on est début 2025
20:44et tout cela
20:45va se préciser
20:46et se réaliser
20:48surtout de manière
20:50outrancière,
20:51parfois dramatique.
20:52On verra d'ailleurs
20:53une semaine plus tard,
20:54il y a la fameuse entrevue
20:55au même endroit
20:56entre Trump
20:57et cette fois
20:57l'Ukrainien
20:58Volodymyr Zelensky
20:59qui va tourner
21:02en humiliation
21:03planétaire totale
21:04de la part
21:05de l'Américain.
21:06Pendant votre carrière,
21:07vous avez écrit
21:07une petite dizaine
21:08de livres.
21:09Il y en a un
21:09qui a une importance
21:11particulière,
21:11c'est celui sorti
21:12en 2011
21:13sur la violence
21:14en politique.
21:15Tous les coups sont permis,
21:16écrit avec notre
21:18confrère Renaud Delis.
21:19Pourquoi ce livre
21:20compte autant pour vous ?
21:21Parce que déjà,
21:22le thème,
21:22on était parmi les premiers
21:23vraiment à s'y intéresser,
21:25à en faire un sujet
21:26de livre.
21:26Alors après,
21:27ça s'est répandu,
21:28c'est devenu assez banal.
21:29L'écriture,
21:30c'était comme écrire
21:30un polar
21:31parce que tous les entretiens,
21:32les rencontres
21:33qu'on a d'habitude,
21:34ça se montait comme ça.
21:35C'était des coups bas,
21:37c'était des trahisons,
21:38des traîtrises
21:39dans son propre camp,
21:41dans sa propre famille.
21:42Donc tout cela,
21:43c'était assez passionnant
21:44à faire.
21:44Et l'un des personnages
21:46principaux de cette saga
21:47sur la violence,
21:48c'était justement
21:49Jacques Chirac.
21:50Parce que celui
21:51que j'avais parfois
21:52côtoyé dans ces années-là,
21:53mais également
21:54les précédentes,
21:55ces années de campagne,
21:56c'était un Chirac
21:56qui était conquérant.
21:57C'était un homme
21:59avec un charisme
22:00assez formidable.
22:02C'était le grand,
22:02comme l'appelait
22:03ses compagnons,
22:03Gary Cooper,
22:04mais également capable
22:05d'une férocité totale
22:07avec ses adversaires.
22:08Il pouvait être
22:09sans pitié,
22:09Jacques Chirac.
22:10Et donc,
22:11c'était vraiment
22:12ces grands fauves
22:13de la politique
22:14qui étaient décrits,
22:16qui étaient dépeints
22:17dans leurs actions,
22:18dans ce livre.
22:19Et c'est vrai
22:19que c'était assez
22:20vraiment plaisant
22:21à écrire.
22:22Henri Vernet,
22:23on vient de balayer ensemble
22:2440 ans de votre carrière
22:26de journaliste.
22:27Journaliste,
22:27est-ce que c'est un métier
22:28que vous conseilleriez
22:30aujourd'hui
22:30à un jeune ?
22:31Oui, bien sûr,
22:32parce que ça reste
22:33quand même
22:34un métier formidable,
22:35c'est une passion,
22:37il y a une curiosité
22:38qui est là,
22:38c'est vraiment,
22:39c'est quelque chose
22:39qui est stimulant.
22:41Vous voyez,
22:41par exemple,
22:41hier soir,
22:42j'étais au concert
22:42de Thomas Dutronc,
22:43et à un moment,
22:44sur scène,
22:45avec ses musiciens,
22:45il dit,
22:45écoutez,
22:46on a la chance
22:46d'être là,
22:47on fait la musique,
22:47c'est notre passion,
22:48et en plus,
22:48on vit de notre passion.
22:49À ce moment-là,
22:50j'ai pensé,
22:51mais c'est exactement
22:52comme les journalistes,
22:53parce que c'est quand même
22:54réellement ça.
22:54Alors, évidemment,
22:56aujourd'hui,
22:56je pense que c'est
22:57plus difficile,
22:58parce qu'être journaliste,
23:00ça veut dire aussi
23:01maîtriser des technologies
23:03extrêmement diverses
23:04qui évoluent très très vite,
23:05c'est résister
23:06à des pressions multiples,
23:08celles, justement,
23:09de nouveaux médias,
23:10de nouvelles formes,
23:11celles de politiques,
23:12de patrons d'économie
23:14qui sont là
23:14avec des enjeux
23:15qui sont extrêmement prégnants,
23:16qui sont parfois brutaux,
23:17et donc,
23:18c'est vrai qu'il faut
23:19de la curiosité,
23:19oui, bien sûr,
23:20mais aussi du culot,
23:21il faut de l'habileté,
23:22donc, oui,
23:23je le conseille,
23:24parce que c'est quand même,
23:24à mon sens,
23:25un des plus beaux métiers
23:26du monde,
23:27mais c'est vrai
23:27qu'il faut être déterminé.
23:29Vous faites partie
23:29de plusieurs jurys
23:31qui récompensent
23:31des jeunes reporters,
23:33ça vous fait quoi,
23:34aujourd'hui,
23:34quand vous lisez
23:35les reportages
23:36de ces jeunes confrères
23:37et consœurs ?
23:37C'est plutôt stimulant
23:38et rassurant,
23:39parce que ce que je trouve,
23:40c'est que c'est vraiment
23:41du travail,
23:42la plupart du temps,
23:43de très bonne qualité,
23:44et de gens qui vont
23:45sur le terrain,
23:46parce que ça,
23:46c'est vraiment extrêmement important,
23:48parfois,
23:49on le perd un peu de vue,
23:50mais il faut aller
23:51au contact des gens,
23:51au contact des situations,
23:53c'est du travail
23:54qui est dans des conditions
23:55difficiles,
23:56souvent,
23:56voire dangereuses.
23:57Je pense à l'Ukraine,
23:58je pense évidemment
23:59aux différents théâtres
24:00de guerre,
24:01on a parlé de Gaza,
24:02d'Israël,
24:03du Proche-Orient,
24:04puis tout à l'heure,
24:04je disais,
24:05guerre oubliée à l'époque
24:06à propos du Rwanda,
24:07en 1993,
24:08donc avant le génocide,
24:09mais là, par exemple,
24:10dans les sujets qu'il y avait,
24:11il y a de ces guerres oubliées.
24:12Là, on vient,
24:13pour le prix de la presse diplomatique,
24:15on vient de primer
24:15un reportage sur le Soudan.
24:17Voilà une guerre
24:18qui passe sur les radars
24:19et d'autres en Afrique,
24:20alors qu'elles sont
24:21tout à fait terrifiantes.
24:23Vous me l'avez expliqué,
24:24vous allez continuer
24:24à être journaliste
24:25d'une façon ou d'une autre,
24:27peut-être en écrivant des livres,
24:28vous en avez écrit
24:29une dizaine
24:30pendant votre carrière,
24:31vous quittez le Parisien
24:32avec regret ?
24:33Avec beaucoup de nostalgie,
24:35ça c'est évident,
24:35et puis si vous avez raison
24:37avec regret,
24:37vous savez pourquoi ?
24:38Parce que vous avez toujours
24:39l'impression que votre meilleur papier,
24:41c'est le papier d'après,
24:42c'est celui que vous écrirez,
24:43et là,
24:45ben non,
24:45Parisien,
24:46il n'y aura plus
24:46de papier d'après.
24:48On sent votre émotion ?
24:49Oui,
24:49parce que c'est à la hauteur
24:51vraiment du plaisir intense
24:53que j'aurais eu
24:54pendant toutes ces années,
24:55être au Parisien,
24:56qui est quand même
24:57une rédaction assez unique,
24:59formidable,
24:59on peut le dire,
25:00et encore une fois,
25:01dans un métier
25:02qui est quand même unique.
25:09Merci Henri Vernet,
25:10et bien sûr,
25:11je vous souhaite le meilleur
25:12pour cette nouvelle vie
25:13professionnelle
25:14qui s'ouvre à vous.
25:15Cet épisode de Code Source
25:16a été produit par
25:17Clara Garnier-Amouroux,
25:18Anaïs Godard
25:19et Thibaut Lambert,
25:20réalisé par Julien Moncouquiol.
25:22Code Source
25:23est le podcast quotidien
25:24d'actualité du Parisien,
25:25un nouvel épisode
25:26chaque soir de la semaine,
25:27du lundi au vendredi,
25:28et le samedi,
25:29nous publions
25:30Crime Story,
25:31le second podcast
25:32du Parisien,
25:33consacré aux affaires criminelles,
25:34Crime Story
25:35présenté par Claudia Prolongeau
25:36et Damien Delsenie.
25:38– Sous-titrage Société Radio-Canada
25:39

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