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Les relations entre les présidents américain et ukrainien se sont détériorées depuis l’investiture de Donald Trump, qui clame son intention de stopper l’aide américaine à l’Ukraine. Dans cet épisode de Code Source, Romain Korda, journaliste au service international et Charles de Saint Sauveur, chef du service, reviennent sur la stratégie d’affaiblissement de Volodymyr Zelensky par Donald Trump.
Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Clémentine Spiler, Thibault Lambert, Pénélope Gualchierotti et Clara Garnier-Amouroux - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network -
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NewsTranscription
00:02Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, le président ukrainien Volodymyr Zelensky vit sous la menace de plus en
00:18plus forte de voir les Etats-Unis retirer leur soutien militaire et financier, une aide qui lui est pourtant capitale
00:26pour faire face à l'envahisseur russe.
00:28Le président américain, déterminé à mettre fin à la guerre en Ukraine qui dure depuis trois ans, cherche désormais à
00:35négocier la paix directement avec Moscou au détriment de Volodymyr Zelensky qu'il considère comme un homme trop faible.
00:42Ce rapport de force s'est illustré de manière spectaculaire le vendredi 28 février à Washington.
00:48Alors qu'il devait sceller un accord économique et discuter du conflit, Trump et Zelensky se sont écharpés devant les
00:56caméras.
00:56Le président ukrainien a quitté la Maison-Blanche de manière prématurée.
01:01On fait le point dans CodeSource avec deux journalistes de la cellule internationale du Parisien, Charles de Saint-Sauveur, le
01:07chef de cette cellule, et Robin Corda.
01:16Le mercredi 19 février, lors d'une conférence de presse à Miami en Floride, le président américain, Donald Trump, investi
01:23depuis un mois, prend la parole au sujet de la guerre en Ukraine.
01:27Et il a des mots d'une violence inouïe à l'égard du président ukrainien Volodymyr Zelensky.
01:32Qu'est-ce qu'il dit exactement, Robin Corda ?
01:34Alors il dit d'abord que Zelensky est un dictateur sans élection.
01:40Il fait référence au fait qu'il n'y a aucune élection possible dans le pays du fait de la
01:49guerre.
01:50Et il reprend de fait un élément de la propagande russe contre Zelensky.
01:54Et au-delà de ça, il estime que l'Ukraine coûte beaucoup trop cher aux Etats-Unis.
01:58Il évoque le chiffre de 350 milliards de dollars.
02:06Et il estime qu'il faut que ça cesse et que Zelensky doit négocier avec Poutine pour mettre fin à
02:11la guerre immédiatement.
02:12Charles de Saint-Sauveur, ses déclarations, elles sont tout de suite très remarquées. Pourquoi ?
02:16Parce que c'est un retournement spectaculaire.
02:18Après trois ans d'aide quasi sans faille américaine, avec ses limites bien sûr, mais en tout cas une aide
02:24qui ne s'est jamais démentie,
02:26tout à coup c'est un peu le lâchage.
02:28Alors on sait que Trump n'est pas un grand fan de l'Ukraine, que ses relations avec Zelensky sont
02:34au mieux mitigées.
02:35Il le qualifie de comédien au succès modeste.
02:38En fait pour lui, le président d'un pays agressé comme il l'a été, c'est moins une victime
02:44qu'un loser.
02:45Donc effectivement, ça peut expliquer à ses yeux ce retournement.
02:48En tout cas, il est clairement spectaculaire.
02:53Alors on va voir ensemble les raisons qui ont fait vaciller cette relative entente entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky,
03:00entre les Etats-Unis et l'Ukraine.
03:02Mais commençons d'abord par rappeler comment elle a débuté.
03:05Tout commence en juillet 2019.
03:08A ce moment-là, Volodymyr Zelensky, 41 ans, humoriste et acteur populaire dans son pays,
03:14a été élu président de l'Ukraine, quelques mois plus tôt, avec plus de 70% des voix.
03:19Donald Trump est quant à lui président des Etats-Unis.
03:22Il lui reste environ un an et demi de mandat et il envisage de se représenter.
03:27Et le 25 juillet 2019, donc, le président américain décroche son téléphone
03:32et il appelle pour la première fois son homologue ukrainien.
03:36Qu'est-ce qu'ils se disent au téléphone, Robin Corda ?
03:38Alors d'abord, Donald Trump, il félicite Zelensky pour sa victoire à l'élection présidentielle.
03:44Donald Trump rappelle que les Etats-Unis sont vraiment un grand soutien de l'Ukraine.
03:48Il en profite d'ailleurs pour mettre un petit taquet à la France et à l'Allemagne,
03:52en estimant que ces deux pays n'en font vraiment pas beaucoup pour Kiev.
03:55Et puis, la discussion dévie.
03:59Donald Trump demande une faveur à Zelensky.
04:02Alors, en fait, il lui demande de se pencher sur les activités de Hunter Biden,
04:07le fils de Joe Biden, le rival démocrate de Donald Trump à l'élection présidentielle,
04:12et de mener des investigations pour voir s'il n'y aurait pas là un conflit d'intérêts, en fait,
04:18de la famille Biden.
04:28Au moment de ce coup de téléphone, on ne sait rien de ce qu'il se dit.
04:31Ce n'est que deux mois plus tard que le contenu de cet appel finit par fuiter dans la presse,
04:36et ses révélations compliquent grandement la vie de Donald Trump qui se retrouve au cœur d'une tempête politique.
04:42Oui, parce qu'il y a un lanceur d'alerte au sein des renseignements américains qui fait fuiter cette information,
04:48en effet.
04:48Il y a une partie du congrès américain qui estime qu'il y a là un abus de pouvoir, une
04:53sorte de tentative de chantage de la part de Donald Trump.
04:56Ce qu'il faut comprendre, c'est que les États-Unis aident financièrement l'Ukraine depuis les premières annexions russes
05:03en Ukraine en 2014.
05:04On a potentiellement là un président américain qui conditionne cette aide au fait de mener une enquête sur le fils
05:13de son rival politique.
05:15Et ça, ça va mener à la première tentative de destitution de Donald Trump.
05:19De son côté, comment réagit Volodymyr Zelensky quand l'affaire éclate ? Quelle attitude il adopte à l'égard de
05:24Donald Trump ?
05:25Il est visiblement assez embêté. Il va dire que lui, il ne s'est pas senti particulièrement sous pression.
05:32Enfin bref, il va ménager Donald Trump. Encore une fois, l'Ukraine dépend fortement du soutien américain et donc il
05:38ne veut pas se mettre le président américain à dos.
05:49Le président républicain est battu par son rival démocrate, Joe Biden, en novembre 2020.
05:54Il accumule les ennuis judiciaires les années suivantes. Et pendant cette période, est-ce qu'il reste en contact avec
06:00le président ukrainien malgré tout ?
06:02Non, ils n'ont pas de contact tous les deux. Donald Trump est en effet concentré sur ses démêlés judiciaires.
06:09Et Volodymyr Zelensky, lui, est en relation étroite avec la nouvelle administration Biden.
06:17Pendant toute cette période, il va malgré tout ménager encore une fois Donald Trump dans ses interventions.
06:23On sait même qu'à un moment, il a envisagé de racheter les droits de traduction en Ukraine du livre
06:30de Mélania Trump,
06:31la femme de Donald Trump, pour un peu s'attirer les faveurs de l'ancien président américain
06:37qui a toujours pour projet d'ailleurs de se représenter à l'élection présidentielle.
06:40On fait un saut dans le temps. Le jeudi 24 février 2022, le président russe Vladimir Poutine lance une vaste
06:48attaque militaire pour envahir l'Ukraine
06:50et renverser le pouvoir de Kiev. Charles de Saint-Sauveur, les Etats-Unis prennent tout de suite le parti de
06:56l'Ukraine.
06:56Pour quelles raisons et sous quelle forme ?
06:58Alors c'est d'abord sous la forme du renseignement.
07:00Trois mois avant l'invasion de l'Ukraine, les Etats-Unis déclassifient les documents, c'est plutôt inhabituel,
07:05la CIA en l'occurrence, pour dire qu'effectivement, sous couvert d'opérations d'exercices habituels
07:10aux frontières de l'Ukraine, la Russie se prépare très probablement à une opération militaire, donc une invasion.
07:17Donc ils sont les premiers à le dire, tout le monde ne prend sans doute pas au sérieux ces menaces.
07:21Donc c'est la première aide en quelque sorte.
07:23Très rapidement, après le 24 février 2022, des sanctions occidentales pilotées par Washington voient le jour.
07:30Et puis c'est les premières livraisons d'armes, fusils d'assaut, armes anti-char et puis au but d
07:35'artillerie.
07:36Et bien sûr une pluie de milliards de dollars qui aident à soutenir l'effort militaire de Kiev,
07:41en sachant que les Etats-Unis, comme les Occidentaux d'ailleurs, sont surpris par la résistance qu'oppose l'Ukraine
07:47aux chars russes.
07:48Et la question ne se pose même pas, c'est presque un principe de soutenir l'Ukraine.
07:51Oui, c'est un principe de soutenir l'Ukraine parce que c'est un pays agressé,
07:55que Joe Biden, c'est un homme de la guerre froide dans l'occurrence,
07:58qui considère Poutine comme un tueur, il dira ensuite que c'est un salopard cinglé.
08:02Donc voilà, il manifeste très clairement ses amitiés, ses inimitiés.
08:06Il considère que le devoir américain est d'être présent aux côtés de l'Ukraine,
08:10évidemment dans une logique de soutien total.
08:13Pendant plus de deux ans, la guerre en Ukraine s'enlise.
08:15Donald Trump, lui, à ce moment-là, il n'est plus au pouvoir, mais il commente régulièrement l'actualité.
08:20Qu'est-ce qu'il dit au sujet de l'Ukraine ?
08:22Il considère que tous les milliards de dollars qui sont fournis à l'Ukraine en soutien, notamment militaire,
08:27c'est de l'argent perdu, c'est de l'argent dilapidé.
08:29Et ce, d'autant plus que la situation sur le front devient compliquée.
08:34En 2023, il y a une contre-offensive ukrainienne qui devait être décisive
08:38et qui, finalement, ne s'avère pas du tout déterminante.
08:42Au contraire, les Ukrainiens commencent à perdre du terrain,
08:45les milliards continuent d'affluer et les doutes s'installent,
08:48y compris d'ailleurs chez les démocrates, mais chez les républicains.
08:51Ça prend la forme d'une espèce d'opposition.
08:53Par exemple, pendant plusieurs mois, l'aide américaine à l'Ukraine est bloquée au Congrès,
08:58notamment sous la férule de Donald Trump et de tous les élus républicains.
09:04Début 2024, Donald Trump remporte la primaire de son parti
09:07et devient officiellement le candidat républicain pour la présidentielle américaine de novembre.
09:13Il brigue un second mandat et pendant sa campagne,
09:16il affiche très vite sa volonté de mettre fin le plus rapidement possible à cette guerre
09:20entre la Russie et l'Ukraine, s'il est élu. Pour quelles raisons ?
09:24Déjà parce que c'est Trump et qu'il a un égo surdimensionné.
09:26Lui, il considère qu'en arrivant au pouvoir, sa simple venue, son simple retour
09:32permettra de faire la paix. En plus, c'est quelqu'un, ce n'est pas un belliciste, Donald Trump.
09:36Plus ce qu'il aime, c'est les deals. C'est quelqu'un qui veut imposer la paix par la
09:39force.
09:40La guerre commence sous le mandat de son vieil ennemi, Joe Biden.
09:44Lui, arrivant à la Maison-Blanche, veut le résoudre très rapidement, en moins de 24 heures, dit-il.
09:50Il y a aussi autre chose dans la volonté de Donald Trump d'aller très rapidement,
09:54c'est de se désengager au plus vite de l'Europe.
09:57Ce n'est pas le premier président à le vouloir.
09:58Depuis Obama déjà, l'idée, c'est de concentrer les efforts américains sur la Chine, sur l'Asie.
10:04L'Ukraine, quelque part, les a retenus un petit peu par la manche sur le vieux continent.
10:07Mais lui, Trump, considère qu'il est de son devoir d'aller très vite,
10:11que c'est de l'histoire ancienne, et d'aller se concentrer sur les vrais enjeux stratégiques de l'Amérique.
10:16Le 27 septembre 2024, Volodymyr Zelensky se rend à New York
10:20pour rencontrer le candidat Donald Trump chez lui, à la Trump Tower.
10:24Robin Corda, quel est le but de cette rencontre ? Et qu'est-ce qu'il en ressort ?
10:27En fait, Zelensky veut convaincre Trump que les États-Unis doivent continuer de soutenir l'Ukraine,
10:33et qu'ils ont même des intérêts à poursuivre ce soutien.
10:37Donc il apporte ce qu'il appelle un plan de la victoire,
10:40dans lequel il explique tout ce dont les Américains pourraient bénéficier
10:45en poursuivant leur aide à l'Ukraine.
10:48On comprend à ce moment-là que Zelensky, il ménage un peu les deux parties.
10:53La veille, il est allé voir Joe Biden pour lui présenter le même plan,
10:57et il veut seulement assurer l'avenir de l'Ukraine,
11:00indépendamment du résultat de l'élection présidentielle américaine.
11:06Le 5 novembre 2024, c'est l'élection présidentielle américaine,
11:10et Donald Trump est élu face à Kamala Harris.
11:12Beaucoup d'observateurs disent à ce moment-là que cette victoire,
11:16c'est une mauvaise nouvelle pour l'Ukraine. Pourquoi ?
11:19Parce qu'on l'a dit, Trump promet qu'il va mettre fin à la guerre très rapidement.
11:24Ça veut dire au détriment de Kiev.
11:26La situation militaire, elle est défavorable à l'Ukraine.
11:29La Russie, elle occupe à peu près 20% du territoire ukrainien.
11:33Le front ne bouge pas beaucoup, mais plutôt quand même en faveur des Russes.
11:38Et donc l'Ukraine a finalement peu d'atouts dans son jeu,
11:40s'il doit y avoir des négociations demain.
11:42Quelle attitude adopte Zelensky vis-à-vis de Trump après cette victoire électorale ?
11:46Il se montre tout de suite très élogieux sur Donald Trump,
11:50en expliquant qu'il a vraiment gagné cette campagne parce que c'était le meilleur.
11:55Il loue son génie politique,
11:56et puis il se précipite à Paris début décembre lors de l'inauguration de Notre-Dame,
12:03dès qu'il sait que Donald Trump sera présent.
12:05C'est d'ailleurs un petit coup diplomatique de la part d'Emmanuel Macron
12:08qui réussit à réunir le président ukrainien et Donald Trump à peine élu,
12:13même s'il n'est pas encore investi président des Etats-Unis.
12:17Le lundi 16 décembre, Charles de Saint-Sauveur, vous êtes à Kiev pour rencontrer Volodymyr Zelensky.
12:22Le président ukrainien a accepté de répondre à des questions que lui pose un panel de lecteurs du Parisien,
12:28qui sont en vision conférence.
12:29L'une des lectrices le questionne justement sur Donald Trump et les projets qu'il a pour l'Ukraine.
12:35Qu'est-ce qu'il répond, Volodymyr Zelensky ?
12:37C'est une réponse qui est à la fois déterminée et pleine de prudence.
12:40C'est-à-dire qu'il a bien conscience, et il le dit,
12:42qu'une nouvelle administration entraîne des changements inévitables.
12:47Lui, effectivement, fait preuve d'optimisme en disant qu'il a déjà commencé à travailler avec l'administration Trump,
12:52et qu'il ne doute pas de la continuité du soutien américain.
12:56Il espère d'ailleurs aussi que l'Amérique, bien plus que l'Europe, peut avoir une influence sur Vladimir Poutine.
13:02Il n'imaginait peut-être pas que le contraire puisse être vrai.
13:05Cette année, le lundi 20 janvier 2025, Donald Trump est investi 47e président des Etats-Unis à Washington.
13:12À ce moment-là, est-ce qu'il veut toujours résoudre le conflit aussi rapidement qu'il le dit en
13:1624 heures ?
13:17Non, cette fois, il se donne 100 jours pour le résoudre.
13:19C'est quand même très très rapide.
13:2124 heures, bon voilà, c'était une phrase de campagne électorale.
13:24Désormais, aux commandes à la Maison-Blanche, il constitue une équipe, une administration, un envoyé spécial, quelques hommes de confiance.
13:32Il va quand même très vite.
13:34Mais en tout cas, 24 heures, personne n'a cru une seconde que ça puisse être le cas.
13:38Robin Corda, début février, tout s'accélère.
13:40Donald Trump indique qu'il aimerait sceller un accord économique avec l'Ukraine,
13:44puisqu'il convoite des terres rares sur le sol ukrainien.
13:47Alors, de quoi est-ce qu'on parle et pourquoi ça a son importance dans la suite du conflit ?
13:52Les terres rares, ce sont des ressources qui se trouvent en sous-sol.
13:55Ce sont des minerais qui sont utiles dans certaines technologies, comme les éoliennes ou les batteries électriques.
14:02Donc, c'est une ressource qui a de la valeur.
14:05Et Donald Trump estime que les États-Unis devraient pouvoir exploiter ces ressources
14:09pour quelque part se rembourser de tout ce qu'ils ont investi dans le soutien militaire à l'Ukraine.
14:14Ça a de l'importance, parce qu'on comprend à ce moment-là que la poursuite de la guerre,
14:18elle est quelque part en train de se monnayer entre Donald Trump et Zelensky.
14:21En d'autres termes, Donald Trump considère que l'Ukraine a une dette à payer envers les États-Unis, c
14:26'est ça ?
14:26Oui, il répète partout que les États-Unis auraient dépensé des sommes astronomiques.
14:31Il parle de 500 milliards de dollars, ce qui est très largement exagéré.
14:35On ne sait même pas vraiment si cet accord sur les minerais,
14:37il va permettre de poursuivre vraiment la guerre,
14:40ou si c'est juste quelque part un dédommagement pour le soutien passé, sans engagement pour le futur.
14:45Mais toujours début février, Washington a du mal à arracher cet accord à Volodymyr Zelensky.
14:50Pour quelles raisons ?
14:51En fait, Zelensky, il est obligé de résister un peu.
14:54Il dit qu'on ne peut pas faire payer des générations d'Ukrainien.
14:57L'Ukraine n'est pas un pays à vendre ou à brader sous couvert d'une agression extérieure.
15:03Donc en coulisses, les négociations se poursuivent.
15:05Et il y a sûrement aussi un peu de jeu politique vis-à-vis de l'opinion ukrainienne.
15:10Mais voilà, Kiev tente de résister tant bien que mal aux assauts de Washington.
15:14Le 12 février, Washington annonce que Donald Trump s'est entretenu au téléphone avec Vladimir Poutine, le président russe,
15:21pour entamer un dialogue sur la fin du conflit.
15:24Tout cela sans avoir prévenu l'Ukraine.
15:26Charles de Saint-Sauveur, c'est un véritable changement de pied de la position américaine dans cette guerre.
15:31Ah oui, à tout point de vue, c'est un changement de pied total.
15:33Il faut se souvenir qu'un an plus tôt, Joe Biden, dans cette même maison blanche, dans ce même bureau
15:39ovale,
15:40traitait Vladimir Poutine de salopard cinglé.
15:43Et voilà maintenant Donald Trump qui réactive la ligne rouge entre Washington et Moscou
15:48et qui s'entretient très longuement avec Vladimir Poutine, sans même avoir prévenu le président ukrainien.
15:55Tout le monde le redoutait, mais en tout cas personne ne s'imaginait sérieusement
15:58que Trump tendrait à ce point-là la main à Vladimir Poutine.
16:01Et Vladimir Zelensky, comment il réagit à ce rapprochement soudain entre Washington et Moscou ?
16:07Alors Zelensky, il est toujours un petit peu entre deux eaux.
16:09C'est-à-dire que d'un côté, il dit que ce n'était pas très agréable.
16:13Mais de l'autre, voilà, il essaie de faire bonne figure.
16:15C'est-à-dire que lui, il ne s'avoue jamais vaincu.
16:18Il serait en quelque sorte déjà perdre la guerre.
16:20Donc il continue à croire, à feindre de croire, que le soutien américain sera infaillible
16:26et qu'il va pouvoir continuer à travailler efficacement avec Donald Trump et son administration
16:32malgré les vents contraires qu'il se prend en pleine face.
16:38Robin Corda, le 18 février, Donald Trump reprend à son compte un faux sondage
16:42qui affirme que Volodymyr Zelensky serait totalement impopulaire dans son pays.
16:58Racontez-nous ça.
16:59Trump, il reprend toujours cette propagande russe qui montrerait que Zelensky est illégitime
17:05au pouvoir à Kiev.
17:06Et donc il reprend un sondage totalement bidon mené sur Telegram par un opposant ukrainien
17:14pro-russe qui estime que Zelensky aurait 4% d'opinion favorable seulement en Ukraine.
17:21Dans les faits, les sondages lui donnent à peu près 57% d'opinion favorable.
17:27C'est d'ailleurs plus que Donald Trump aux États-Unis.
17:29Bon, le but de Trump derrière tout ça, c'est de continuer à cogner sur Zelensky,
17:33de lui tordre le bras et quelque part de l'affaiblir en vue des négociations
17:38qui se profilent avec la Russie.
17:40Et on en revient donc au début de cet épisode de Côte-Source,
17:43puisque le lendemain, Donald Trump qualifie donc Volodymyr Zelensky de dictateur sans élection
17:49et il affirme que c'est l'Ukraine qui a démarré la guerre, ce qui est complètement faux.
17:54Alors comment réagit le président ukrainien ?
17:56D'abord, il reste calme.
17:57Alors, il acte ses déclarations, il les conteste quand même en disant que,
18:02bon, il y a probablement l'effet d'une bulle de propagande russe dont serait victime Trump.
18:07Mais c'est un comédien Zelensky, il est devenu très connu en Ukraine grâce à une série
18:12et donc, il sait jouer la comédie, il reste dans son rôle, il ne peut pas se mettre le président
18:16américain à dos
18:17dans une période aussi critique.
18:19Donc voilà, il navigue et il continue de jouer une sorte de partie de poker menteur quelque part.
18:25Et quelques jours plus tard, le 23 février, lors d'une grande conférence de presse,
18:29il répond qu'il serait prêt à quitter son poste, mais à une seule condition, laquelle ?
18:34À la condition que l'Ukraine adhère à l'OTAN.
18:37Donc c'est la ligne rouge absolue de Moscou,
18:41qu'il déteste l'alliance et qu'il ne veut surtout pas l'avoir à ses frontières.
18:46Donc voilà, c'est une manière de montrer des gages à Washington,
18:49de montrer que, en fait, Zelensky est prêt à discuter.
18:52C'est aussi une manière un peu habile de montrer que, bon,
18:56ce n'est pas sa personne qui pose vraiment problème.
18:59En fait, ce qui pose problème, ce sont les conditions totalement démesurées qu'exige Moscou.
19:08Charles de Saint-Sauveur, dans cette situation qui semble vraiment défavorable à Volodymyr Zelensky,
19:13comment est-ce qu'il peut encore convaincre le président américain de l'intérêt de soutenir l'Ukraine ?
19:18Je pense qu'il a bien compris, Zelensky,
19:20que convoquer le passé, la justice, la morale avec Donald Trump ne servait strictement à rien.
19:25Donc, effectivement, il essaye de monnayer l'accès aux terres rares.
19:30Il fait sans doute miroiter à Donald Trump l'accès pour les entreprises américaines
19:35à l'immense et très juteux chantier de reconstruction qui ne manquera pas de s'ouvrir en Ukraine.
19:41Et puis, moi, je crois qu'il y a quand même un élément toujours fondamental avec Donald Trump,
19:45c'est la psychologie.
19:47Et là, Volodymyr Zelensky, je pense, s'adresse à la vanité qui est assez sans limite de Donald Trump,
19:55à savoir, ne vous faites pas duper par Vladimir Poutine.
20:00Trump, qui s'en orgueillit d'être un dealmaker, un génie de la négociation,
20:03se retrouverait, selon Zelensky, avec une paix qui serait une paix absolument pas durable,
20:10avec un Poutine qui, à la première occasion venue, envahirait à nouveau l'Ukraine.
20:15Et donc, Trump passerait pour un président faible.
20:18Et là, vraiment, c'est la dernière chose qu'il pourrait accepter.
20:21Je crois vraiment que cette dimension-là est assez essentielle dans les dernières cartes
20:25dont dispose Zelensky avec les États-Unis.
20:28Robin Cordal, le vendredi 25 février, Volodymyr Zelensky se rend à Washington
20:32pour rencontrer Donald Trump.
20:34C'est la première fois qu'il se rend à la Maison Blanche depuis sa réélection.
20:37Qu'est-ce qu'il vient y faire et quels sont les enjeux de ce rendez-vous qui semble crucial
20:41?
20:42Alors, officiellement, ils viennent sceller cet accord autour des terres rares en Ukraine.
20:48Au-delà de ça, c'est peut-être la dernière fois que Zelensky voit Trump
20:51avant que Trump ne rencontre Poutine,
20:53puisque le président américain doit rencontrer le président russe prochainement,
20:58peut-être là, courant mars, sans doute en Arabie Saoudite.
21:01Et donc, pour Zelensky, c'est un peu l'opération de la dernière chance.
21:04C'est la dernière fois qu'il peut convaincre l'Américain
21:07qu'il ne doit pas céder face à Moscou
21:09et qu'il ne doit surtout pas sacrifier l'Ukraine.
21:12Le président ukrainien arrive à la Maison Blanche sur les coups de midi,
21:15heure de Washington.
21:16Il est reçu par Donald Trump et son vice-président, J.D. Vence.
21:19Merci beaucoup. C'est un honneur d'avoir le président Zelensky de l'Ukraine.
21:24Et nous avons travaillé très fort, très près.
21:27Donc nous avons rencontré l'autre pour un long temps.
21:29Ils s'installent tous les trois dans le bureau ovale
21:31devant des journalistes et des caméras
21:33pour une rapide conférence de presse
21:35avant de poursuivre leurs échanges en privé.
21:38Que se passe-t-il pendant cette conférence de presse ?
21:40La conférence commence plutôt bien.
21:41Au début, Donald Trump se montre satisfait
21:44d'un accord qui visiblement a bien été trouvé sur les minerais.
21:50Et puis la conversation s'envenime brutalement
21:53alors que les dirigeants parlent de la guerre
21:56et de Vladimir Poutine.
21:57Et là, on voit Zelensky qui est accablé de reproches
22:01par Donald Trump et son vice-président.
22:04On lui dit, vous jouez avec la Troisième Guerre mondiale.
22:12Concluer un accord de paix, sinon on vous laisse tomber.
22:16Il y a J.D. Vence, le vice-président américain,
22:19qui intervient aussi.
22:20Il dit à Zelensky qu'il manque de respect aux Américains.
22:24C'est extrêmement violent.
22:31On voit Zelensky qui croise les bras,
22:33le visage des fesses.
22:34C'est une longue séance d'intimidation.
22:37C'est presque douloureux à regarder.
22:39Cette conférence de presse prend fin
22:41et quelques minutes plus tard,
22:43on apprend que Volodymyr Zelensky
22:45a quitté la Maison-Blanche de manière prématurée,
22:48sans signer finalement l'accord sur les minerais.
22:51Et la conférence de presse commune
22:52qui devait avoir lieu juste après l'entretien privé
22:55est annulée.
22:56Robin Corda, qu'est-ce qu'on doit comprendre
22:58de cette séquence très inhabituelle
23:00pour une rencontre diplomatique,
23:02voire même un peu sidérante ?
23:03Ce qu'on voit très clairement,
23:05c'est que Donald Trump a décidé
23:08qu'il allait mettre fin aux frais en Ukraine
23:11et que pour ça, il est prêt à tordre le bras
23:13totalement de Zelensky,
23:15qui n'a presque plus son mot à dire.
23:18D'ailleurs, Donald Trump lui dit à un moment,
23:19vous avez assez parlé,
23:21vous n'avez pas les cartes en main.
23:22Donald Trump est décidé à écrire
23:24le futur de l'Ukraine,
23:26avec ou sans le président ukrainien.
23:28Ce qu'il veut, c'est remporter un accord de paix,
23:30pouvoir le montrer aux Américains
23:33et ensuite ne plus jamais entendre parler de Zelensky.
23:46Merci à Robin Corda et Charles de Saint-Sauveur.
23:49Cet épisode de Côte-Source a été produit
23:51par Clémentine Spiller,
23:52Raphaël Pueyo et Pénélope Gualquerotti.
23:56Réalisation, Julien Moncouquiole.
23:58N'hésitez pas à vous abonner à Côte-Source
24:00sur votre plateforme d'écoute préférée
24:01ou sur la chaîne YouTube du Parisien,
24:04à laisser des pouces en l'air,
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24:06C'est ce qui nous aide le plus
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24:09On vous invite également à écouter
24:10notre podcast entièrement consacré
24:12aux faits divers, Crime Story.
24:14Vous retrouvez chaque samedi
24:15une nouvelle affaire criminelle
24:17racontée par Claudia Prolongeau
24:18avec le chef du service police-justice
24:21du Parisien, Damien Nelseny.
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