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Un meurtre insensé. Louise, une élève de sixième âgée de 11 ans, a été tuée de plusieurs coups de couteau le vendredi 7 février, à Longjumeau dans l’Essonne. Le meurtrier présumé est interpellé quatre jours plus tard. Devant les enquêteurs, Owen L., 23 ans, reconnaît les faits, expliquant être sorti de chez lui pour se calmer, après avoir insulté l’un de ses adversaires de Fortnite. Dans cet épisode, Code source fait le point sur ce drame et les débuts de l’enquête, avec trois journalistes du Parisien : Vincent Gautronneau du service police-justice, et Nolwenn Cosson et Thomas Diquattro, de notre édition de l’Essonne.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Thibault Lambert et Raphaël Pueyo - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network

Archives : BFMTV.

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#louise #crime #hommage

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News
Transcription
00:03Bonjour, c'est Jules Lavie pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Louise, une élève de 6e, âgée de 11 ans, tuée de plusieurs coups de couteau le vendredi 7 février à
00:17Longjumeau dans l'Essonne,
00:18ce drame a fait la une de l'actualité. Le meurtrier présumé est âgé de 23 ans, il a reconnu
00:24les faits,
00:24et il a affirmé aux enquêteurs être sortis de chez lui ce jour-là pour essayer de se calmer
00:29après une partie de jeux vidéo qui s'était mal passée. Codesource fait le point aujourd'hui sur l'enquête
00:36avec trois journalistes du Parisien, Vincent Gautronneau du service Police Justice
00:40et deux journalistes de notre édition de l'Essonne, Nolwenn Cosson et Thomas Dicouatrou.
00:51Cette affaire terrible, c'est évidemment l'information de la soirée, puisque la petite Louise de 11 ans,
00:58cette petite fillette, a été frappée et poignardée à plusieurs reprises.
01:01Comme à chaque fois, ou presque, quand on fait le point sur une affaire criminelle,
01:04on va reprendre les éléments dans l'ordre chronologique.
01:07Thomas Dicouatrou, décrivez-nous d'abord les lieux.
01:10Le crime a été commis sur la commune de Longjumeau dans l'Essonne, mais la victime et le meurtrier présumés
01:15sont tous les deux d'Épinay-sur-Orge, juste à côté.
01:18C'est ça, Épinay-sur-Orge, c'est la petite ville qui jouxte Longjumeau, qui est un peu plus grande.
01:22On est sur une ville très résidentielle, avec un petit centre-ville, un axe principal,
01:29quelques commerces, environ 10 000 habitants, qu'on pourrait qualifier d'assez tranquilles,
01:33avec une population qui est plutôt aisée.
01:35Le vendredi 7 février au soir, la famille de Louise, notamment sa grande sœur, lance un appel à témoin sur
01:41les réseaux.
01:42On est sans nouvelles depuis le début d'après-midi de cet élève de 6e, scolarisé au collège André-Mauroy
01:48d'Épinay-sur-Orge.
01:49Vincent Gautrono, que dit l'appel à témoin lancé par sa sœur ?
01:53La sœur de Louise explique que sa sœur a disparu en sortant du collège à 14 heures.
01:59Elle explique qu'elle est passée par un sentier, le sentier du Bafolet, à Épinay,
02:03qu'elle porte un sac à dos violet et elle demande à tous les gens, à ses contacts,
02:09de la prévenir s'ils ont la moindre information sur la disparition de Louise.
02:13Louise, qui est donc une pré-ado de 11 ans, elle est décrite comment par ses proches ?
02:17Alors Louise, c'est une petite fille de 11 ans qui a toujours le sourire, d'après ses amis, d
02:22'après ses proches.
02:24En février 2025, elle a fait sa rentrée quelques mois plus tôt, en 6e.
02:28Elle fait de la gymnastique, Louise.
02:30Et il y a un jeune de son club de gymnastique qui raconte qu'une fois, il est un peu
02:36tombé au sol.
02:37Et Louise s'est directement inquiété de son état.
02:42C'est quelqu'un qui fait attention aux autres et qui est aussi, c'est le mot qui revient le
02:47plus à son égard,
02:48qui est réputé très discrète.
02:50Rapidement, les enquêteurs reconstituent son parcours à la sortie du collège.
02:53Oui, tout à fait. Alors ce vendredi-là, elle a cours le matin, elle n'a pas cours l'après
02:56-midi.
02:57Elle doit rentrer un peu après la pause de déjeuner, vers 13h30 chez elle.
03:02Vers 13h45, elle envoie un SMS à une copine en lui disant qu'elle ne va pas rester au collège.
03:07Donc elle repart à pied, comme à son habitude.
03:10Elle parcourt une petite ruelle de ce quartier jusqu'à rejoindre la route de Corbeil.
03:15La route de Corbeil, c'est vraiment la départementale principale d'Épinay-sur-Orge, à côté de là où elle
03:20habite.
03:21Louise, elle a à peine dix minutes à parcourir pour rentrer chez elle à pied.
03:26C'est vraiment à côté, on est sur un petit quartier.
03:28Et donc elle chemine sur cette route de Corbeil.
03:32Et elle arrive au passage piéton qui est à deux minutes de sa maison dans le lotissement voisin.
03:38Et on la voit sur les images d'une vidéo de caméra surveillance fixée sur un réverbère. Expliquez-nous ça.
03:43C'est ça en fait, c'est une caméra qui appartient à la ville de Longjumeau.
03:46On voit une petite fille qui rentre chez elle tranquillement.
03:49Elle a un bonnet, elle a son sac de cours sur le dos.
03:53Elle a son téléphone en bandoulière aussi autour du cou.
03:56Un élément qui s'avérera très important pour la suite.
03:59Et on la voit marcher.
04:00On voit quelqu'un d'autre, on voit un jeune homme, une silhouette assez fine.
04:05En dos de noir, il a rabattu la capuche sur la tête.
04:08Il porte une casquette aussi, les mains dans les poches.
04:10Et il semble à priori suivre la jeune fille.
04:15Il est environ trois mètres derrière elle.
04:20Le soir même, des suspects sont interpellés.
04:23Mais cette piste sera écartée.
04:25Depuis l'après-midi, des recherches intenses sont menées avec des moyens importants.
04:29Et le corps de l'enfant est retrouvé dans la nuit du vendredi au samedi vers 2h du matin
04:33grâce à un chien de la police dans le bois des Templiers, à 300 mètres environ de sa maison.
04:40Vincent Gautreneau, que va révéler l'autopsie ?
04:42Comment Louise a-t-elle été tuée ?
04:44Dès que les enquêteurs font la macabre découverte,
04:46ils ont la conviction que c'est la piste criminelle qui doit être privilégiée
04:50et que Louise a bien été tuée.
04:52Son corps présente en effet des plaies.
04:54Des plaies qui semblent avoir été causées par une arme blanche.
04:56Quelques heures plus tard, une autopsie est réalisée
04:59et il est confirmé que Louise a été tuée par de multiples coups de couteau.
05:04Il s'avérera que c'était un opinel.
05:06Multiple coups de couteau donnés dans des parties vitales,
05:09notamment le thorax et la gorge.
05:11Thomas Dicouattreau, le téléphone de la fillette a été retrouvé
05:14et ça, c'est un élément important.
05:15Oui, c'est un élément important puisque le téléphone est retrouvé intact,
05:19à côté de Louise, éteint.
05:21Ce qui laisse à penser qu'on n'est pas sur un crime crapuleux.
05:26que l'auteur n'en avait pas forcément après le téléphone de la victime
05:31puisque c'est le seul objet de valeur que portait Louise ce jour-là.
05:36Elle est directement exploitée par les enquêteurs
05:39qui vont pouvoir remonter les dernières heures de la jeune fille,
05:43savoir éventuellement si elle avait rendez-vous cet après-midi-là,
05:46ce qui n'est pas le cas.
05:47Nolwenn Cosson, vous aussi, vous faites partie de l'édition de l'Essonne du Parisien.
05:51J'imagine que c'est le choc, l'incompréhension
05:54parmi les habitants de Longjumeau et des environs.
05:56Oui, tout à fait.
05:57Toute la nuit et le matin, les habitants ont veillé les réseaux sociaux
06:01pour savoir si Louise avait été retrouvée.
06:04Certains ont entendu les va-et-vient des hélicoptères survolant le bois des tombliers.
06:08Et dès samedi matin, lorsque l'annonce de sa mort a été annoncée sur les réseaux,
06:12ça a été à la fois le drame et l'incompréhension parmi les habitants.
06:16Le samedi, dans la journée, les habitants des communes de Longjumeau,
06:20d'Épinay-sur-Orge, mais aussi des villes voisines,
06:22se sont spontanément réunis devant le collège André-Maurois où Louise était scolarisée.
06:27Ils sont venus avec des fleurs, des bougies, des peluches pour rendre hommage à la petite
06:31et partager leur émotion, leur colère, leur angoisse face à ce drame.
06:36Le lundi matin, les cours reprennent au collège André-Maurois d'Épinay-sur-Orge.
06:40On est deux jours seulement après la découverte du corps de la victime.
06:43Que vous disent les élèves ou les parents d'élèves qui acceptent de vous parler ?
06:47Alors, lundi matin, l'ambiance est très pesante.
06:51Les parents et les enfants ont les têtes baissées.
06:55Ils confient leur peine, leur angoisse, leur colère aussi.
07:01Ils ne comprennent pas du tout comment on a pu s'en prendre à une petite fille de telle manière.
07:07Les enfants qui acceptent de nous parler, ils disent avoir trop peur,
07:11que c'est un endroit un peu trop dangereux aujourd'hui pour eux.
07:13Ils préfèrent marcher un peu plus longtemps plutôt que de prendre le risque de croiser peut-être celui qui a
07:17pu faire ça à Louise.
07:18On sait comment se passe cette journée dans l'établissement ?
07:21L'ambiance est très pesante.
07:23Il y a une élève qui me raconte qu'elle ne reconnaît pas du tout son collège,
07:27qu'elle croise plein de personnes, mais que tout le monde se tait, tout le monde a la tête baissée.
07:31L'ambiance est très pesante.
07:33Au sein des classes, les élèves ont le choix.
07:36Ceux qui ne le sentent pas de suivre les cours peuvent sortir et être accueillis par des médecins, des infirmiers,
07:42des psychologues
07:42pour être entendus.
07:44Forcément, dans la classe de Louise, c'est très difficile.
07:47Les matins, il n'y a pas eu cours.
07:49Par exemple, en cours d'EPS, une élève me raconte qu'à la place de faire du sport,
07:54ils ont écouté de la musique, ils ont fait des jeux et évidemment, ils ont parlé de Louise.
07:58Beaucoup ont pleuré, que ce soit les élèves comme les professeurs,
08:01qui ont tous ensemble partagé leur peine et leur douleur.
08:03Noreen Cosson, vous, qu'est-ce qui vous a le plus marqué ce jour-là ?
08:07Ce qui m'a marqué, ce sont vraiment le soutien des parents envers leurs enfants.
08:11On les voyait, on voyait les pères de famille qui tenaient les poignets de leur fille
08:15comme s'ils voulaient être sûrs de pouvoir la retrouver le soir même.
08:19On a vu une mère de famille enlacer sa fille comme si elle allait lui dire adieu
08:22alors qu'elle allait simplement au collège.
08:24On a vraiment senti que les parents avaient cette crainte de ne peut-être pas retrouver leur enfant à la
08:29fin de la journée.
08:30Le lundi 10 février, en fin de journée, un suspect est interpellé, un homme jeune, âgé de 23 ans.
08:36Vincent Gautrono, d'abord, comment les policiers sont remontés jusqu'à lui ?
08:40Alors pour le comprendre, il faut remonter à la veille, au 9 février, c'est le dimanche.
08:44Et les policiers sont à ce moment-là en quête d'indice et la police judiciaire de Versailles
08:48organise une grande battue dans le bois où a été découvert le corps de Louise.
08:53Les policiers vont trouver à ce moment-là une carte d'identité, ça va les intéresser,
08:57ça appartient à un jeune homme de 23 ans, originaire de Rouen, qui va être interpellé et très vite mis
09:03hors de cause.
09:03Mais les policiers vont surtout faire une importante enquête de voisinage.
09:07Ils vont aller chez le principal suspect, chez ONL.
09:12Ils rencontrent ses parents, ils demandent comme à tous les voisins, est-ce que vous avez vu quelque chose ?
09:18Mais les policiers, lors de cette visite au domicile des parents de ONL, ils tiquent sur un élément,
09:24c'est une blessure à la main que présente ONL.
09:27Ça reste dans leur esprit, même si à ce moment-là, il faut avoir en tête que c'est pas
09:31forcément ONL la priorité.
09:33Mais les policiers se disent, c'est quand même étonnant, une blessure à la main.
09:38Pour les policiers, il y a une ressemblance troublante avec ce jeune homme,
09:42vêtue d'une doudoune noire et d'une casquette qu'ils ont aperçue, suivant Louise, sur les caméras de vidéosurveillance.
09:48Qu'est-ce qu'on sait sur lui à ce moment-là, dans un premier temps ?
09:51Au départ, pas grand-chose. On sait que c'est un jeune du quartier.
09:54Les policiers s'intéressent à lui parce qu'il a un petit âge, c'est le traitement des antécédents judiciaires.
10:00Il est connu pour deux affaires de vol sans envergure.
10:03Mais c'est vraiment cette ressemblance qui va les attirer,
10:06et notamment cette blessure à la main où ils se disent, il y a un problème.
10:11Le lundi 10 février, à 20h, le suspect est placé en garde à vue.
10:15Et au même moment, sa sœur, sa petite amie et ses parents sont conduits au commissariat pour être auditionnés.
10:21Vincent Gautrono, c'est l'audition de la petite sœur d'Owen, elle, qui va être déterminante.
10:26La petite sœur d'Owen, elle a des relations extrêmement compliquées avec son grand frère.
10:30En 2023, elle avait déposé une main courante contre lui après un épisode de violence.
10:35Et elle décrit, cette jeune fille, son frère comme quelqu'un d'irascible, de violent, d'accro aux jeux vidéo,
10:41et capable de grands accès de colère.
10:43Et elle va donner surtout un élément très important aux policiers.
10:46Elle explique être rentrée chez elle à 14h10, le vendredi 7 février, jour du meurtre de Louise,
10:53et avoir entendu, à ce moment-là, son frère et sa petite amie, en larmes, parler.
10:58Et donc, elle dit aussi que son frère a été violent avec elle ?
11:02Oui, elle relate un épisode de violence, selon elle, daté de 2023,
11:07auquel, lors d'une colère, son frère l'aurait frappé assez violemment,
11:11ce qui avait entraîné le dépôt d'une main courante.
11:14Quelques heures plus tard, au cours de la nuit, les parents d'Owen et sa petite amie sont, à leur
11:19tour, placés en garde à vue.
11:20Qu'est-ce qu'on leur reproche ?
11:21À ce moment-là, le procureur décide de leur placement en garde à vue pour non-dénonciation de crime,
11:25car il estime que les parents d'Owen, comme sa petite amie, ont très certainement connaissance d'actes commis par
11:33Owen.
11:33La garde à vue sera levée sans suite, mais la petite amie d'Owen, qui est une jeune femme de
11:3724 ans,
11:39qu'il a rencontrée en 2024 sur les réseaux sociaux,
11:42va effectivement livrer des détails très importants et décisifs pour l'enquête.
11:52Thomas dit Quattro, le mardi 11 février, vous faites une enquête de voisinage à Épinay-sur-Orge,
11:56où vit le meurtrier présumé, et au bar PMU, on vous parle de ce jeune homme, il y venait souvent.
12:02Oui, on le connaît bien Owen, il habite juste à côté, à une cinquantaine de mètres,
12:06la maison de ses parents est vraiment toute proche,
12:08et les clients qu'on rencontre ce jour-là disent le voir très régulièrement, quasiment quotidiennement,
12:15autour du bar, parfois il vient se poser en terrasse, parfois il fait son PMU.
12:21Il n'est pas décrit comme un jeune à problème,
12:24mais il est plutôt décrit comme quelqu'un qui semble ne pas faire grand-chose de ses journées.
12:28Il y a quelqu'un qui me dit par exemple que c'est un peu un zonard qui fait des
12:31allers-retours entre le PMU, le tabac, le centre commercial.
12:34Une voisine de la famille d'Owen, sa maison n'est pas très loin de celle de cette famille,
12:38accepte de vous répondre, qu'est-ce qu'elle vous dit sur eux ?
12:41Elle nous décrit une famille qui est absolument sans problème, très stable.
12:46Quand on lui dit qu'Owen serait lié au meurtre de la petite Louise,
12:50pour elle c'est juste impossible, inimaginable, elle connaît bien le père du jeune homme.
12:55Elle dit, eux, mais impossible, je ne peux pas imaginer qu'il ait pu faire une chose pareille,
13:01je ne peux pas les imaginer associées à ce drame épouvantable.
13:06Elle n'y croit pas tout simplement.
13:07Qu'est-ce qu'on sait de la famille du tueur présumé ?
13:10Alors la famille d'Owen, c'est une famille qui est plutôt aisée,
13:14très bien intégrée dans la vie de la commune.
13:17D'ailleurs la mère du jeune homme a été impliquée dans la vie de la commune,
13:21dans la vie politique de la commune par le passé.
13:24Elle-même travaille en ressources humaines dans un théâtre parisien.
13:28Le père, lui, il est au cadre dans une banque.
13:31C'est une famille qui s'affiche par exemple sur les réseaux sociaux,
13:34en vacances à Venise, à New York.
13:36Voilà, ils ont les moyens de voyager, ils ont des loisirs,
13:39et ils donnent l'apparence d'une famille assez unie, très stable, très épanouie.
13:45Est-ce que vous pouvez nous décrire leur maison ?
13:47C'est une petite maison blanche, construite sur deux niveaux,
13:50avec un petit jardin qui entoure,
13:52donc maison classique d'un quartier résidentiel dans cette commune d'Épinay-sur-Orge.
13:57Et devant, on voit un SUV, une petite citadine et un scooter qui sont garés devant.
14:02Vincent Gautreneau, le mardi 11 février, dans la soirée,
14:05après la prolongation de sa garde à vue,
14:07Owen, 23 ans, passe aux aveux.
14:10Depuis plusieurs heures, à ce moment-là,
14:12Owen semble cerné par les questions des enquêteurs.
14:15Il y a deux éléments qui se sont avérés déterminants
14:17pour le faire craquer et passer aux aveux.
14:20Le premier, c'est le témoignage de sa petite amie,
14:22qui va livrer un témoignage accablant et expliquer très simplement
14:28que Owen lui a avoué, vendredi après-midi, avoir poignardé une jeune fille.
14:32L'autre élément essentiel qui va permettre d'aboutir aux aveux d'Owen,
14:37c'est le retour d'expertise ADN qui avait été diligentée en urgence
14:41et qui révèle que l'ADN d'Owen se trouve sur les mains de Louise.
14:46Et le mercredi 12 février, à 18h,
14:49le procureur de la République d'Evry organise une conférence de presse
14:53pour faire le point sur l'enquête.
14:54Le mise en cause est âgé de 23 ans et a toujours habité chez ses parents.
14:58Il pratique la boxe et le football.
15:01Il est actuellement étudiant en BTS informatique en alternance,
15:05sans entreprise depuis le mois de décembre dernier.
15:09Il consacre la majeure partie de son temps libre à jouer aux jeux vidéo
15:13et reconnaît pouvoir être pris de violente colère,
15:16ce que confirme son entourage.
15:18Vincent, que dit le procureur au sujet des aveux du suspect ?
15:21Quelle version Owen, elle, donne aux enquêteurs ?
15:24Il confirme les déclarations de sa petite amie.
15:28Ce qui se passe le vendredi, c'est qu'Owen joue,
15:31comme très souvent, aux jeux vidéo Fortnite.
15:34Et il a à ce moment-là une altercation avec un autre joueur
15:38en ligne, il s'insulte, qu'il se crie dessus.
15:41Et Owen décide d'aller prendre l'air pour se calmer.
15:44C'est quelque chose que, visiblement, il faisait fréquemment.
15:47Au moment de partir, il prend sa doudoune, sa casquette,
15:51celle qu'on voit sur les images de vidéosurveillance.
15:54Dans sa doudoune, il y a un opinel, dit-il,
15:57qu'il a toujours avec lui.
15:59Et il est très énervé.
16:01Et il se dit, pour me calmer, pour me passer les nerfs,
16:04je vais aller agresser ou raqueter quelqu'un.
16:07Et que se passe-t-il ensuite, d'après lui ?
16:08Ensuite, il aperçoit Louise, qui rentre du collège.
16:11Il remarque qu'autour du cou, elle a un téléphone portable
16:15et il se dit, je vais aller lui voler.
16:17Il commence à la suivre.
16:19C'est l'image qu'on aperçoit sur les vidéosurveillances,
16:23où il la suit de près.
16:25Il aborde la jeune fille, il l'emmène, selon son récit,
16:28dans le bois des Templiers, situé juste après le lotissement
16:32où ils vivent tous les deux.
16:34Une fois dans le bois, Owen explique qu'il a commencé à fouiller
16:38le sac de Louise pour lui voler des choses
16:40et que la fillette a commencé à crier, à se débattre.
16:44Il l'a alors plaqué au sol, l'a frappé
16:47et lui a asséné de nombreux coups de couteau.
16:51On sait ce qu'il fait après ?
16:52Suite à cet accès de violence, Owen rentre chez lui en courant.
16:56Il arrive en bas de chez lui, il appelle sa petite amie.
16:59Elle explique de son côté qu'il a alors une blessure assez sérieuse à la main.
17:03et du sang sur le menton.
17:05Elle lui pence la main, elle le nettoie comme elle peut
17:09et il finit par lui expliquer qu'il vient de poignarder une collégienne.
17:14Owen va se débarrasser de preuves compromettantes,
17:17sa doudoune qu'il asperge d'eau de Javel,
17:20ainsi que le couteau et sa casquette qu'il finit par jeter dans une poubelle.
17:30Vincent Cotrono, j'imagine que c'est un scénario a priori trop simple
17:34pour expliquer ce déchaînement de violence ?
17:37Il paraît en tout cas insensé.
17:39Ça paraît complètement impensable d'imaginer qu'un jeune homme,
17:44juste pour passer ses nerfs après une colère lors d'un jeu vidéo en ligne,
17:48puisse sortir et finisse par poignarder une jeune fille.
17:51On en est au début de l'instruction.
17:54Owen a été mis en examen mercredi soir.
17:57Au cours de la suite de l'enquête, il va désormais faire l'objet d'expertises psychiatriques.
18:02Il s'expliquera aussi longuement devant les juges,
18:04en plus de ce qu'il a déjà pu dire aux enquêteurs.
18:07Est-ce qu'il va confirmer ce mobile ?
18:09Est-ce qu'il va en donner d'autres ?
18:12La suite le dira.
18:14Vincent Cotrono, on apprend également qu'Owen, elle,
18:16avait accosté une autre préadolescente quelques jours plus tôt.
18:19C'est notamment ce qui nourrit les interrogations sur le réel mobile de ce jeune homme.
18:25Effectivement, durant les premières heures de l'enquête,
18:27une jeune fille est allée voir la police pour dire qu'elle-même avait été abordée le 4 février,
18:34donc seulement trois jours avant la mort de Louise,
18:36par Owen, elle,
18:37qui lui avait demandé de la suivre dans le bois des Templiers,
18:42prétextant avoir perdu son portable.
18:45Forcément, cet épisode précédent interpelle et pose des questions
18:49sur les réelles motivations d'Owen, elle,
18:53le jour où il est sorti de chez lui pour aborder Louise le 7 février.
18:57D'un mot, les parents d'Owen,
18:58ils sont soupçonnés par la justice d'avoir essayé de couvrir leur fils ou pas ?
19:02Non, les parents d'Owen ont été mis, eux, totalement hors de cause.
19:06La maman d'Owen était notamment persuadée que la blessure à la main de son fils
19:09s'expliquait par un accident domestique survenu le mercredi avant la mort de Louise.
19:14Donc voilà, les parents ont été mis hors de cause.
19:16En revanche, la petite amie d'Owen,
19:18qui avait, elle, connaissance des faits,
19:21car Owen lui a confié avoir poignardé une jeune fille,
19:24elle était mise en examen.
19:32Merci à Nolwenn Cosson, Thomas Di Coitreau et Vincent Gautrono.
19:35Cet épisode de Code Source a été produit par Raphaël Pueyo et Thibault Lambert,
19:39réalisé par Julien Moncouquiol.
19:42Code Source est le podcast quotidien d'actualité du Parisien.
19:45N'hésitez pas à laisser un commentaire ou des petites étoiles
19:47sur votre application audio préférée.
19:50Et puis on vous invite également à écouter le second podcast du Parisien,
19:53Crime Story, chaque samedi matin dans Crime Story,
19:55une affaire criminelle racontée par Claudia Prolongeau et Damien Delceni.
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