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Heddy Renaud, 27 ans, a été victime d’un guet-apens homophobe il y a un an. Son agresseur, rencontré via l’application Grindr, l’a violemment frappé et l’a projeté contre un mur. Heddy a rapidement porté plainte et tente, depuis, de se reconstruire. Témoignage.
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Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Clara Garnier-Amouroux, Anaïs Godard et Barbara Gouy - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network - Photo : Manon Hilaire
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Chapitres :
0:00 - Les guet-apens homophobes : un fléau en France
0:58 - Le témoignage d’Eddie Renault : l’agression et ses séquelles
12:18 - L’impuissance de la justice et l’ampleur du phénomène
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Heddy Renaud, 27 ans, a été victime d’un guet-apens homophobe il y a un an. Son agresseur, rencontré via l’application Grindr, l’a violemment frappé et l’a projeté contre un mur. Heddy a rapidement porté plainte et tente, depuis, de se reconstruire. Témoignage.
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00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Codesource s'arrête aujourd'hui sur un fléau, une forme de violence particulièrement traumatisante
00:17pour les victimes, les guet-apens homophobes. Phénomène difficilement quantifiable, on va
00:23y revenir, mais il y en a plusieurs dizaines chaque année en France. Le Parisien en parle
00:27régulièrement. Nous avons souhaité donner la parole à un homme qui a été victime d'un
00:32guet-apens homophobe. Il s'appelle Eddy Renaud, il a 27 ans, il est militant de la cause LGBT
00:38à Nice et il a été agressé il y a un an, le 7 février 2025. Eddy Renaud témoigne
00:44aujourd'hui dans Codesource au micro de Manon Hiller.
00:58Eddy Renaud a 27 ans. Il me reçoit dans son petit appartement sur les hauteurs de Nice.
01:03Il porte un pantalon en tweed à carreaux et un pull rouge vif. Ses yeux sont cerclés de
01:08lunettes rondes et une petite moustache orne son visage. Eddy est né le 12 août 1998 à
01:14Valence. Il grandit dans la Drôme à Romand-sur-Isère. Ses parents divorcent quand il a 14 ans et depuis
01:20ce moment-là, il ne vit plus qu'avec sa mère et sa petite sœur. Deux ans plus tard, il
01:25fait son
01:25coming out. J'avais 16 ans, donc ça fait à peu près 11 ans. Au départ, je lui ai dit
01:32que j'étais bi et
01:33puis après, ça s'est fait tout naturellement. Enfin, il n'y a pas eu de drame. Mais de la
01:38maternelle
01:38jusqu'au lycée, Eddy est victime de harcèlement. On se moque de son côté efféminé. Dès ses 9 ans,
01:43il entend des insultes comme pédé sans même en comprendre leur sens. Il est victime de violence. En
01:49terminale, il porte plainte contre quatre camarades de classe pour harcèlement homophobe. De cette
01:53enfance compliquée, il veut s'émanciper. Après des études dans la mode et la maroquinerie à Valence,
01:59il part vivre à une centaine de kilomètres au sud, à Gap. La plainte déposée au lycée, c'est le
02:03début
02:03de son militantisme, son premier combat. À Gap, il poursuit en rejoignant l'association SOS Homophobie.
02:09Rapidement, il occupe des postes de référents, délégués et dirige même l'antenne locale. Cinq ans après,
02:14il déménage à Nice. Il milite auprès du maire de la ville, Christian Estrosi, et il continue son
02:19engagement auprès de SOS Homophobie. Il en devient même le porte-parole pour les Alpes du Sud.
02:25En juin dernier, la ville de Nice m'a remis une médaille, médaille d'encouragement pour mon
02:30bénévolat. Et justement, avec son bagage militant, il pensait avoir les outils, les informations. Il
02:36connaissait bien d'ailleurs le phénomène des guet-apens homophobes, les chiffres et les risques,
02:39mais il se sentait comme immunisé à l'éventualité d'une telle attaque.
02:43De ses cinq ans de militantisme, donc je suis arrivé à SOS Homophobie en octobre 2020,
02:47depuis, j'ai rien eu, aucune insulte homophobe. Donc je me suis dit, oh, j'ai une immunité.
02:53J'ai une immunité militante, en fait. Je ne lui dirais pas que je me suis surexposé
02:59volontairement, mais je me suis dit, bon, voilà, j'ai la carte, il ne va rien m'arriver.
03:02Nice, c'est la cinquième ville la plus peuplée de France. Et le choix de cette ville pour poser
03:07ses bagages n'est donc pas anodin. Eddie veut pouvoir faire des rencontres, voir du monde.
03:11J'aime échanger, j'aime le contact. C'est pas forcément pour de la sensualité, mais c'est
03:17aussi pour des contacts du réseau, enfin du réseau, des échanges. Des fois, c'est
03:22dans un bar, ça peut être dans un restaurant. En fait, ce qui m'intéresse, c'est les rencontres
03:26en elles-mêmes. Je me dis que c'est l'être humain qui est intriguant, fascinant, mais à la fois
03:33intriguant.
03:33Faire des rencontres, c'est justement ce que Eddie souhaite faire ce vendredi 7 février
03:382025. Ce jour-là, en début d'après-midi, il se connecte sur Grindr, une application de
03:43rencontres entre personnes de la communauté LGBT+.
03:46Grindr, c'est vraiment le catalogue, c'est le supermarché. Vous cliquez dessus et vous
03:50écrivez. Voilà, donc on passe commande, en fait. Enfin moi, j'ai toujours eu beaucoup
03:54de mal et je trouve que les réseaux sociaux, les rencontres, transforment les personnes.
03:59Et c'est assez terrible.
04:01Eddie échange des messages avec un homme, ou plutôt avec une personne cachée derrière
04:05un pseudo et sans photo de profil. Une pratique très courante sur l'application. L'homme se
04:10présente, se décrit physiquement et finit par envoyer une photo de lui-même. Sur le
04:15cliché, il porte un bonnet et une barbe broussailleuse. Quelques messages plus tard, un rendez-vous
04:19est fixé. L'adresse est dans un quartier proche de chez Eddie. Mais une fois sur place, ce n'est
04:24pas un homme qui le distingue, mais deux.
04:26« Je me rends compte qu'ils sont jeunes, même très jeunes. Donc lui, sur l'application,
04:33il m'avait envoyé une photo. Donc bon, c'était l'hiver, il avait un bonnet, une barbe bien
04:38touffue. Là, pas de bonnet. Des cheveux frisés, noirs, mais bon. La barbe a été rasée.
04:45Puis de faire autour d'un mètre 75, 80. Et il y avait un ami, à lui, qui n'était
04:50pas présent sur
04:51la photo. Plus petit, autour d'un mètre 60, cheveux courts. » Le plus petit des deux reste en
04:58contrebas. Eddie comprendra plus tard qu'il surveillait les environs. Pendant ce temps, il
05:02échange avec la seconde personne. Et rapidement, la conversation dégénère. Des insultes fusent et
05:08l'homme demande à Eddie de lui donner son argent et son téléphone portable. Il refuse et se fait
05:13violemment attaquer. Eddie a accepté de retourner avec moi dans cette ruelle qui le hante depuis
05:19un an. Le soleil d'hiver réchauffe doucement cette impasse lorsque nous nous y rendons. La
05:27rue est calme, loin de l'agitation de la ville et des avenues environnantes. Elle est étroite,
05:33bordée de palmiers et de fleurs roses grimpant sur les murs. Autour se trouvent de jolies maisons
05:37typiques de la Provence, avec des façades aux teintes claires et des tuiles orangées. Au loin,
05:43on devine la forme montagneuse des Alpes. Un quartier résidentiel tranquille, sans
05:47caméras de vidéosurveillance. Presque une anomalie à Nice, dans la ville la plus surveillée
05:53de France, avec plus de 5000 caméras. De quoi laisser penser à Eddie que l'attaque
05:58était préméditée.
05:59Ce n'était pas très très froid. Donc là, naïvement, je me suis baladé en cherchant
06:03le 26 à Milleflores. C'était le numéro qu'il m'avait donné. Bon, ce jour-là, il y avait
06:08quelques personnes devant, mais bon, apparemment, personne ne l'a vu. Je crois que sur le lieu,
06:14le mont de l'agréfiant, il y avait une voiture là ou là, je crois. Je monte, je me suis
06:19avancé,
06:20et donc je papotais et voilà, j'étais comme ça. Je pensais qu'on allait chez lui. J'étais
06:26là, vous voyez, j'étais à cette distance, donc pas très trop loin du mur, d'accord ? Là,
06:30lui, il était là. C'est là qu'il m'a dit, donne-moi un argent, je me suis retourné
06:34très vite, et hop, ma tête averté par là. Et puis, trou noir, donc j'ai dû m'évanouir,
06:40ils ont dû me frapper la tête contre le mur. C'est juste que j'ai saigné la tête,
06:45j'avais un traumatisme crânien, et je ne sais pas comment je me suis réveillé,
06:48j'étais assis debout ou allongé, je me suis réveillé ici, à peu près là, et courbé.
06:53Il est laissé inconscient sur le sol. Lorsqu'il reprend connaissance, il cherche de l'aide
06:58autour de lui. Il réalise qu'on lui a volé son téléphone. Eddie est inquiet, méfiant.
07:03Il se demande si les agresseurs ne sont pas toujours dans les environs, si l'homme,
07:07un peu plus loin, à qui il demande de l'aide, ne serait pas en réalité un complice.
07:11Il réussit à joindre les secours et se rend à l'hôpital, où on constate ses graves blessures.
07:17Le centre hospitalier niçois note dans son compte-rendu des marques de strangulation
07:21et un traumatisme crânien dû à son agression. On lui délivre 4 jours d'incapacité totale de travail.
07:28Dès le lendemain de l'attaque, Eddie porte plainte pour vol aggravé par deux circonstances,
07:33vol en réunion et en raison de l'orientation sexuelle. Pour Eddie, c'est une évidence de porter plainte.
07:40Les agresseurs ou les agresseuses, en tout cas les personnes qui organisent inquiétamment,
07:45enversent la communauté LGBT, se disent « ce sont des personnes faibles,
07:50soit ils n'iront pas témoigner, ils n'assumeront pas, et en tant que faibles, on doit les attaquer.
07:57Les punir, leur voler leurs biens, enfin voilà. »
08:01Je ne pensais pas que j'allais témoigner, je pensais que j'allais me cacher.
08:05C'est tout le contraire, je témoignais même à la découverte.
08:07Donc je dirais que c'est mon devoir, quoi, voilà, de se dire que la peur doit changer de camp.
08:14Donc c'est pas à moi d'avoir peur, c'est à moi d'avoir peur, finalement.
08:17Mais quelques mois plus tard, un classement sans suite est prononcé.
08:20La justice abandonne la procédure pénale, faute de preuves et de possibilités d'identifier les agresseurs.
08:26La peur reste imprégnée au sein de la vie d'Eddie.
08:30Dans chaque recoin de sa journée, il est pétri d'angoisse et de stress.
08:34Dans les jours qui suivent l'attaque, même aller à la boulangerie est une épreuve.
08:37Il prend un taxi s'il doit sortir dehors pour éviter tout contact avec la foule.
08:42Depuis, ça va un peu mieux, mais il reste toujours sur ses gardes.
08:46Il change son itinéraire régulièrement, il a peur d'être suivi.
08:52Je sors en journée, j'entends des pas derrière moi, je m'arrête, je laisse passer.
08:59Ou j'entends une porte, une parole, je me retourne, enfin je suis suspicieux.
09:04Et la nuit, c'est catastrophique, enfin c'est pire.
09:08Parce que là, même si j'étais agressif en plein après-midi,
09:11le fait que ça soit sombre, c'est une peur en plus, donc c'est encore davantage suspicieux.
09:17J'évite les rues sombres, je prends les grands boulevards, les avenues et les rues animées.
09:24Je suis abîmé et je suis terrifié à l'idée de me dire que je serais toujours abîmé.
09:31Impossible d'ailleurs de retourner au travail.
09:34Ancien conseiller de vente, Eddy ne se sent pas capable de voir du public, d'échanger toute la journée.
09:39Il dit avoir besoin de temps pour guérir, se reconstruire.
09:43Depuis l'attaque, Eddy a aussi essayé de faire de nouvelles rencontres, de voir d'autres hommes.
09:49A chaque fois, il planifie ses rendez-vous en extérieur, dans un bar, un restaurant.
09:53Mais il y a quelques mois, Eddy veut surmonter sa peur.
09:56Il prévoit d'aller chez un homme.
09:58Tout se passe bien, jusqu'à ce qu'il ait un flash de son agression.
10:02Le sentiment d'angoisse, de peur, le ramène à ce vendredi 7 février 2025.
10:07On m'a invité chez lui, on a souhaité prendre un café, échanger.
10:11J'ai vu ce flash.
10:13Et puis alors là, c'était terminé.
10:15Je ne pouvais pas, quoi.
10:18Donc j'étais terrifié.
10:20J'ai eu le flash de l'étranglement, donc voilà.
10:23Je me suis dit, il peut arriver quelque chose à tout moment.
10:26Donc voilà, cette personne ne m'a pas fait peur.
10:30Mais j'ai pensé à ça.
10:31En fait, je pense que j'ai un problème maintenant avec tous les lieux auxquels je ne peux pas m
10:37'échapper.
10:38Une impasse, un appartement, une résidence, quelque chose.
10:41Il faut que je sois dehors, en fait.
10:43C'est un poids à porter.
10:46De se dire qu'on vous a étranglé, asphyxié.
10:50Et c'est un poids lourd, quoi.
10:54Un traumatisme pesant qui ne lui enlève pas le plaisir qu'il a toujours eu de rencontrer des gens.
10:59Il veut croire en eux.
11:00Et surtout qu'ils ne sont pas tous animés de mauvaises intentions.
11:04Eddie a envie de faire confiance et de croire en sa chance de tomber sur de bonnes personnes à nouveau.
11:08Et ça, ça lui est arrivé il y a une quinzaine de jours,
11:11lors de son dernier rendez-vous romantique avec un homme.
11:14J'ai pris un verre avec un garçon, dans un bar.
11:19Les échanges ont été agréables.
11:20Et je n'ai pas du tout pensé à ce qui m'était arrivé.
11:24Mais je me dis que c'est ça aussi, en fait.
11:26La vie, les rencontres, en fait, ce n'est pas forcément le fait de consommer,
11:33d'avoir un rapport sexuel, sensuel.
11:36Pour ma part, c'est avant tout un échange et de passer un bon moment, en fait.
11:40Et donc, de se dire, voilà, j'étais avec cette personne et on a échangé.
11:45Voilà.
11:46D'avoir des centres d'intérêt qui sont communs.
11:49Eh bien, ça, ça m'a aidé.
11:52Je me suis dit, voilà, ces sites de rencontres ne sont pas fortes.
11:55Enfin, il y a des choses mauvaises, mais il y a des personnes bien,
11:58des personnes très bien.
11:59Et que, voilà, prendre un verre, bavarder, c'est simple.
12:04C'est ça aussi, en fait, la beauté de la vie.
12:08Je suis là et bien vivant.
12:18Manon, on n'a pas pu retrouver les agresseurs d'Eddie Reynaud
12:21avec le compte Grindr, de l'homme avec qui il avait parlé ?
12:24Alors, une réquisition judiciaire a été envoyée à Grindr,
12:27lors de l'enquête des policiers,
12:29pour avoir accès à l'adresse IP, donc l'adresse Internet,
12:32et retracer, retrouver les agresseurs qui se cachaient derrière le faux profil.
12:35Mais l'application de rencontres Grindr refuse de communiquer,
12:38et elle le peut, puisqu'elle est domiciliée à l'étranger,
12:41elle n'a pas l'obligation de répondre aux demandes de la justice française.
12:45Comme l'attaque d'Eddie s'est déroulée dans une zone sans vidéosurveillance
12:48et qu'il n'est pas possible d'accéder aux adresses IP des agresseurs,
12:52il y a peu de moyens de les identifier formellement.
12:54Est-ce qu'on sait combien de personnes sont victimes,
12:56chaque année en France, de guet-apens homophobes ?
12:59Eh bien, c'est assez compliqué à mesurer,
13:00pour la simple et bonne raison que le terme de guet-apens homophobe
13:03n'existe pas dans le code pénal.
13:05On l'utilise dans le langage courant de la vie de tous les jours,
13:08mais dans la réalité juridique, ça n'existe pas,
13:10donc pour comptabiliser, c'est compliqué.
13:13La plainte des victimes, elle va souvent être enregistrée
13:15comme vol, violence ou encore extorsion,
13:18le tout commis en raison de l'orientation sexuelle.
13:21Et parfois encore, ce caractère aggravant de l'orientation sexuelle
13:24n'est pas toujours retenu,
13:26donc la plainte passe en dehors des radars.
13:28Malgré tout, on a quand même des données
13:29pour avoir une idée de l'ampleur du phénomène.
13:32Dans son dernier rapport, qui date de mai 2025,
13:35le ministère de l'Intérieur indique que les services de police et gendarmerie
13:38ont enregistré 3 100 crimes et délits homophobes au cours de l'année.
13:42Et encore, ce ne sont que des chiffres issus d'une comptabilisation
13:45après un dépôt de plainte, un signalement, un flagrant délit
13:48ou encore une dénonciation, par exemple.
13:50Et selon les propres statistiques du ministère,
13:52seuls 4% des victimes d'actes homophobes portent plainte.
13:55Mais Manon, les associations de lutte contre l'homophobie
13:58essaient de faire un travail spécifique
14:01pour mieux mesurer l'ampleur de ce fléau.
14:03Oui, grâce aux témoignages anonymes qu'elles récoltent,
14:06aux lignes téléphoniques qu'elles ont,
14:07aux informations qu'elles collectent dans la presse locale,
14:10elles estiment qu'il y a environ un guet-apens homophobe
14:12toutes les semaines en France.
14:15Merci Manon Hilaire.
14:16Cet épisode de Code Source a été produit par Clémentine Spiller,
14:19Clara Garnier-Amourou et Anaïs Godard,
14:22réalisé par Julien Moncouquiol.
14:24Code Source est le podcast quotidien d'actualité du Parisien.
14:28Nous publions un nouvel épisode chaque soir de la semaine,
14:31du lundi au vendredi.
14:32Et puis n'oubliez pas Crime Story,
14:34chaque samedi, notre podcast consacré aux affaires criminelles.
14:37Crime Story présenté par Claudia Prolongeau
14:40avec Damien Delsenis,
14:42le chef du service police-justice du Parisien.
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