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Deux jours après la capture du président Nicolás Maduro par les Etats-Unis, Code source raconte comment les Vénézuéliens ont vécu cette intervention, et passe en revue ses conséquences sur la scène internationale.
Récit de Charles de Saint-Sauveur, chef du service international du Parisien, et Alice Campaignolle, journaliste correspondante à Caracas.

Chapitres :
0:00 - La capture de Nicolas Maduro et les réactions internationales
2:46 - Le Venezuela sous Nicolas Maduro : conditions de vie et opposition
10:42 - L’intervention américaine : les motivations et le déroulement de l’opération
24:53 - Conséquences de l’opération et l’avenir des relations internationales

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Thibault Lambert, Anaïs Godard et Clémentine Spiler - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network - Archives : Le Monde

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#codesource #nicolasmaduro #venezuelalibre

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đź—ž
News
Transcription
00:01Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Le dirigeant du Venezuela, Nicolas Maduro, et son épouse,
00:15capturé par un raid américain le samedi 3 janvier à Caracas.
00:19Nicolas Maduro est accusé par les États-Unis de conspiration narco-terroriste.
00:24Il risque la prison Ă  vie.
00:25L'opération militaire choc a entraîné des réactions mesurées en Europe.
00:31Emmanuel Macron a notamment salué la chute d'une dictature,
00:33avant de préciser dans un second temps qu'il n'approuve pas la méthode employée par Donald Trump.
00:39Comment vivaient les Vénézuéliens sous Nicolas Maduro ?
00:43Comment réagissent-ils aujourd'hui ?
00:45Pourquoi Donald Trump a-t-il déclenché cette opération militaire ?
00:49On fait le point dans Codesources aujourd'hui avec Alice Campagnol,
00:52correspondante Ă  Caracas, et Charles de Saint-Sauveur, chef du service Monde du Parisien.
01:04Charles de Saint-Sauveur, vous dirigez donc le service Monde du Parisien.
01:08Emmanuel Macron a salué le samedi 3 la chute de cette dictature,
01:13en appelant à une transition démocratique.
01:15Pas de condamnation de l'intervention américaine au Venezuela,
01:19en dehors de tout cadre légal international.
01:22Pourquoi le président français s'est-il montré aussi mesuré dans sa réaction ?
01:26Alors c'est vrai que ça a surpris beaucoup de monde,
01:28parce qu'il y a trois mois, Ă  la tribune de l'ONU,
01:31il dénonçait justement la loi du plus fort et la nécessité de faire respecter le droit international.
01:36LĂ , rien de tel.
01:37Il a même été, c'est un peu le baiser du diable, mais retweeté par Donald Trump.
01:41Donc il s'est pris une volée de bois vert, il a un petit peu rectifié le tir le lundi
01:455,
01:45c'est-à-dire deux jours après l'attaque américaine.
01:48En gros, pour Emmanuel Macron, et d'ailleurs pour l'ensemble des Européens,
01:52il y a une espèce de constante depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche,
01:55c'est de ne surtout pas le fâcher.
01:57Même s'ils savent que Donald Trump n'a ni allié ni ami,
02:01il faut préserver le peu d'alliances qu'il reste.
02:03Et ça, Emmanuel Macron l'a bien compris.
02:05On en a notamment besoin pour un sujet qui est existentiel quasiment pour l'Europe,
02:10c'est la guerre en Ukraine.
02:11Et il se trouve que, par exemple, ce mardi 6 janvier,
02:15il y a une réunion décisive auxquelles participeront les Américains, les Ukrainiens
02:19et l'ensemble des 27 Européens sur l'avenir de l'Ukraine
02:23et notamment des garanties de sécurité.
02:24Il ne faut surtout pas gâcher ça.
02:25C'est vraiment un impératif.
02:27Et voilĂ , c'est un peu la ligne de conduite.
02:30On courbe les Chines, mĂŞme si effectivement, Ă  la fin,
02:32on peut passer pour des valets, des valets des États-Unis.
02:37Alors, on va vous retrouver, Charles, Ă  la fin de ce podcast
02:40pour parler de Donald Trump et d'éventuels autres pays qu'il pourrait viser.
02:44Mais d'abord, direction Caracas, avec vous, Alice Campagnol.
02:49Un mot sur vous d'abord.
02:50Vous collaborez avec de nombreux médias français de Caracas.
02:54Depuis quand est-ce que vous ĂŞtes au Venezuela
02:56et qu'est-ce qui vous a attiré dans ce pays ?
02:58Moi, je suis arrivée il y a deux ans et demi.
03:00Je connais pas mal la région maintenant.
03:03J'ai passé sept ans en Bolivie avant ça.
03:05Et en fait, j'étais venue au Venezuela.
03:07On m'avait envoyée pour couvrir les élections régionales il y a quelques années.
03:11Ça m'a beaucoup plu.
03:12Moi, j'ai passé 15 jours ici.
03:14J'ai trouvé que c'était un pays passionnant
03:15et c'était un pays où il n'y avait pas de correspondants
03:18pour des tas de raisons.
03:19C'est un pays quand même qui est vraiment très compliqué pour y vivre.
03:22Et je savais qu'il y avait une élection à venir, une présidentielle.
03:27Donc, je suis venue m'installer ici
03:28parce qu'il y avait beaucoup de choses Ă  raconter.
03:30Finalement, il y a encore plus de choses à raconter que prévu.
03:33Alors, on va revenir sur cette présidentielle,
03:35sur la vie aussi au Venezuela.
03:37Mais d'abord, présentez-nous un petit peu ce pays.
03:39C'est oĂą ? Quels sont les pays voisins ?
03:41Et c'est grand comment ?
03:42Le Venezuela, comme tous les pays de la région,
03:44ce sont des pays gigantesques.
03:45C'est difficile à comparer avec les tout petits pays européens.
03:49Donc, on a la Colombie en pays frontalier.
03:52Il y a le Brésil également.
03:54C'est la plus grande cĂ´te caraĂŻbe.
03:56C'est un pays définitivement caribéen,
03:58même si les Andes débutent au Venezuela, dans la région nord.
04:03C'est un pays qui a été l'Eldorado.
04:06Pendant les années 50, c'était la Venezuela saoudite.
04:09C'est-Ă -dire, on le comparait avec l'Arabie saoudite
04:12du fait de ses réserves de pétrole.
04:14C'est un pays qui était extrêmement riche à l'époque.
04:17C'est surtout ça, la caractéristique du Venezuela.
04:19C'est un pays qui a été extrêmement riche
04:21et qui a vécu une chute très, très violente.
04:25Sur le pétrole, il y a vraiment beaucoup de pétrole au Venezuela, c'est ça ?
04:28Ce sont les réserves connues les plus grandes au monde.
04:31VoilĂ .
04:31Donc, en gros, c'est le pays où il y a le plus de réserves au monde,
04:34si on peut faire un raccourci.
04:36Mais les réserves connues,
04:37puisque peut-ĂŞtre qu'il y a des endroits
04:38où il y a des réserves de pétrole et où on ne sait pas.
04:44Il y a un peu moins de 30 millions d'habitants au Venezuela.
04:47Le pays a été marqué par une forte émigration,
04:50le départ de millions d'habitants à l'étranger depuis les années 2000.
04:54On estime que de 7 à 8 millions de Vénézuéliens
04:58auraient quitté leur pays un peu après les années 2000.
05:03Les gens ont fui le pays Ă  cause de la crise.
05:05En 2015, 2016, c'est lĂ  oĂą partent le plus de monde,
05:08parce qu'en gros, il y a commencé à y avoir des pénuries,
05:11il n'y avait plus de quoi manger.
05:12Il y a eu le problème de l'hyperinflation.
05:15J'ai un ami qui m'expliquait qu'à un moment donné,
05:17il n'a plus pu se payer le billet de bus pour aller à l'université.
05:21Il a dû arrêter l'université pour cette raison,
05:24parce qu'en fait, son argent ne valait plus rien.
05:26De quoi d'autre les habitants du Venezuela souffrent au quotidien,
05:29justement au niveau économique ?
05:30La pauvreté, elle a atteint des sommets au Venezuela.
05:33LĂ , il y a environ 80% de la population, voire plus,
05:36qui vit dans la pauvreté.
05:39C'est un pays qui est en décadence complète.
05:42Les infrastructures sont décatignées.
05:44Les gens vivent dans la pauvreté.
05:46Au jour le jour, ils font comme ils peuvent.
05:48Il y a aussi des coupures d'eau, d'électricité.
05:50Chaque jour, l'eau est en réalité souvent disponible
05:53seulement quelques heures par jour.
05:56Est-ce qu'on sait combien d'habitants sont au chĂ´mage ?
05:58Est-ce que ce chiffre est disponible ?
05:59Ici, les chiffres, c'est compliqué.
06:01Il n'y a plus de chiffres et de statistiques officielles au Venezuela
06:05depuis 2015, je crois.
06:07On n'a pas de chiffres sur le chĂ´mage,
06:10surtout qu'ici, ça n'a pas vraiment de sens de parler de chômage,
06:13puisque le travail en général est informel.
06:16Vous vivez au jour le jour.
06:17Donc, quelqu'un qui, par exemple, est fonctionnaire,
06:20qui gagne le salaire minimum,
06:21qui aujourd'hui est autour de 1 dollar,
06:23avec 1 dollar, vous n'achetez absolument rien.
06:25Donc, vous gagnez ce dollar par mois,
06:27à côté, vous êtes obligés de faire quelque chose d'autre.
06:29Donc, par exemple, les gens font des gâteaux
06:31et vendent des gâteaux,
06:33ou font de l'achat et de la revente
06:35de vêtements à l'étranger,
06:38ou ce genre de choses.
06:39Tout le monde a forcément 1, 2, 3 jobs,
06:42et la plupart sont informels.
06:45Nicolas Maduro, le dirigeant vénézuélien,
06:48qui a été arrêté par les États-Unis,
06:50était au pouvoir depuis la mort de son prédécesseur,
06:52Hugo Chavez, en mars 2013.
06:55C'était quoi la doctrine d'Hugo Chavez,
06:58le chavisme en résumé ?
06:59Le chavisme en résumé, c'est l'anti-impérialisme,
07:02l'indépendance contre les empires,
07:05tous les empires, évidemment,
07:07face à l'empire des États-Unis.
07:10C'est un peu ça, en gros, la doctrine d'Hugo Chavez,
07:12qui a nationalisé beaucoup d'entreprises
07:15pendant ses mandats.
07:16À la télévision, il faisait ses lives
07:18qui duraient des heures et des heures,
07:20et soudain, il expropriait une entreprise privée
07:24afin qu'elle devienne propriété de l'État vénézuélien.
07:27Nicolas Maduro était vice-président de la République
07:30quand il a succédé à Hugo Chavez après sa mort.
07:33D'après l'opposition vénézuélienne,
07:34ce n'était pas lui qui aurait dû prendre la suite,
07:36mais le président de l'Assemblée nationale.
07:39Et depuis, chacune de ces élections ont été contestées.
07:42Ses opposants ont dénoncé des fraudes électorales
07:45aux présidentielles.
07:46La dernière présidentielle, vous l'avez suivie,
07:49sur place Ă  Caracas,
07:50c'était le 28 juillet 2024.
07:52Qu'est-ce qu'il s'est passé, en résumé, à ce moment-là ?
07:55Pendant cette élection,
07:56l'opposition s'est extrêmement bien organisée.
07:59Et donc, tous les partisans de l'opposition
08:01étaient dans tous les bureaux de vote
08:03et ont récupéré les PV.
08:05Et grâce à ces preuves,
08:07l'opposition a affirmé avoir gagné
08:10cette présidentielle avec environ 70% des voix
08:13pour Edmundo González.
08:15Edmundo González, c'est le candidat
08:17qui a été choisi par Maria Corina Machado,
08:20qui, elle, est la dirigeante de l'opposition
08:22et maintenant prix Nobel de la paix.
08:24Elle avait été rendue inéligible
08:26par les autorités,
08:27qui ne voulaient absolument pas la voir se présenter,
08:30puisqu'elle est très populaire dans le pays.
08:32Bref, Edmundo González gagne,
08:34selon toute vraisemblance,
08:36les élections,
08:36mais Nicolas Maduro a été déclaré vainqueur.
08:40Ces PV n'ont jamais été rendus publics
08:43du côté des autorités électorales.
08:45Donc, c'est assez mauvais signe.
08:48Mais malgré tout,
08:49c'est Nicolas Maduro qui restait au pouvoir
08:51et qui était toujours au pouvoir
08:53jusqu'Ă  il y a quelques jours.
08:54Et les opposants, ils ont manifesté
08:55après ce scrutin de 2024 ?
08:57Oui, tout Ă  fait.
08:58Ils ont manifesté,
09:00ils sont sortis dans la rue.
09:01Et chose un peu plus exceptionnelle que d'habitude,
09:04il y avait pas mal de gens des quartiers pauvres.
09:06Et ces manifestations,
09:07elles ont été réprimées,
09:09réprimées dans le sang.
09:10Il y a eu plusieurs morts
09:12et quelque chose comme
09:132000 prisonniers politiques.
09:15Ces manifestations,
09:16elles n'ont pas duré beaucoup
09:17car la répression a été très rapide,
09:21très sanglante.
09:21Les gens ont eu peur
09:22et finalement,
09:23ils ont accepté leur sort.
09:27Et après le scrutin contesté
09:29de juillet 2024,
09:30il y a eu 25 morts.
09:32Les opposants Ă  Nicolas Maduro
09:34étaient déjà descendus dans la rue
09:36Ă  plusieurs reprises,
09:37notamment en 2014 et 2017.
09:40Et ces manifestations
09:41avaient, lĂ  encore,
09:43été réprimées dans le sang.
09:44Et c'est pour ça d'ailleurs
09:45que les manifestations de 2024,
09:46elles ont duré peu de temps
09:48car les Vénézuéliens savent très bien
09:50que la répression peut être dure.
09:52En 2017,
09:53il y a eu une centaine de morts,
09:55une quarantaine en 2014.
09:57Bref,
09:58ici,
09:58c'est dangereux
09:59de manifester.
10:00Et donc,
10:01les Vénézuéliens préfèrent
10:03désormais baisser la tête
10:04et continuer Ă  tenter de vivre.
10:06Et vous l'avez dit,
10:07beaucoup d'opposants sont arrêtés.
10:08Est-ce qu'on sait
10:09quel est leur sort ?
10:10Est-ce que certains sont
10:11torturés, par exemple ?
10:13Oui,
10:13alors il y a des cas
10:14de torture avérées.
10:16Il y a plusieurs personnes
10:17qui sont sorties
10:19des prisons
10:19et qui ont parlé
10:20des tortures
10:21qu'ils ont vécues.
10:22Ils évoquent avoir été
10:24enfermés
10:24pendant des jours entiers
10:27sans accès
10:27à la lumière du jour.
10:29On essaie de les faire parler,
10:31on essaie de les noyer.
10:32Bref,
10:33ce sont des récits
10:34assez difficiles
10:35Ă  entendre.
10:36Et oui,
10:36aujourd'hui,
10:37on torture
10:38dans les prisons vénézuéliennes.
10:42Vous avez évoqué
10:43la principale opposante
10:44vénézuélienne,
10:45Maria Corina Machado.
10:46Elle a reçu
10:47le prix Nobel de la paix
10:48ce 10 octobre 2025.
10:50Est-ce que vous pouvez
10:51nous la présenter ?
10:51Qui est-elle ?
10:52Alors,
10:53Maria Corina Machado,
10:54c'est une femme politique
10:55connue au Venezuela
10:56depuis très jeune.
10:58Elle a commencé
10:59à gagner en popularité
11:01sous Nicolas Maduro
11:03ces dernières années.
11:04En réalité,
11:05soudain,
11:06elle a réussi
11:06Ă  rassembler autour d'elle
11:08les gens
11:09qui en ont assez
11:10du chavisme.
11:11C'est une femme
11:12extrĂŞmement radicale
11:14qui est fascinée
11:15par les États-Unis,
11:16qui a appelé
11:17depuis très longtemps
11:18une intervention étrangère
11:20dans son pays
11:21pour se défaire
11:22des dirigeants actuels.
11:24Et d'ailleurs,
11:25ça étonne
11:26qu'on lui ait donné
11:27le prix Nobel
11:28de la paix
11:29vu cette radicalité
11:30et vu les propos
11:31qu'elle a pu tenir
11:32dans le passé.
11:32Alice Campagnol,
11:33depuis au moins 2020,
11:35les États-Unis
11:35accusent Nicolas Maduro
11:37de participer
11:38au trafic
11:39de drogue internationale.
11:41Cette année-là,
11:41Maduro a été inculpé,
11:43je cite,
11:43pour « narcoterrorisme ».
11:4515 millions de dollars
11:46ont été promis
11:47Ă  toute personne
11:48permettant son arrestation,
11:49une somme portée
11:50Ă  50 millions de dollars
11:52pendant l'été 2025,
11:53sur quoi les États-Unis
11:55se basent
11:56pour affirmer ça ?
11:57Effectivement,
11:58il y a plusieurs enquĂŞtes
11:59journalistiques
12:00qui rapprochent
12:02de hauts fonctionnaires
12:03du chavisme
12:04avec du trafic,
12:05du trafic de personnes,
12:07du trafic d'or,
12:08du trafic de drogue.
12:09Cependant,
12:10quand Donald Trump
12:11parle du cartel
12:12de los soles,
12:14Nicolas Maduro
12:14serait Ă  la tĂŞte
12:16d'un gang,
12:17d'un cartel criminel.
12:18Mais en réalité,
12:20tous les experts le disent,
12:21il n'existe pas vraiment
12:22de cartel de los soles,
12:24de cartel des soleils.
12:25Mais oui,
12:26les hauts fonctionnaires,
12:27les membres du gouvernement
12:29sont tous impliqués
12:31de quelque façon
12:32que ce soit
12:32dans des affaires criminelles,
12:34de corruption,
12:36de trafic.
12:36Oui, il y a beaucoup
12:37d'enquĂŞtes journalistiques
12:39qui en parlent,
12:40mais un cartel en soi,
12:42pas vraiment.
12:42Depuis 2019,
12:43les Etats-Unis ont placé
12:44le Venezuela
12:45sous un embargo pétrolier.
12:47Ça veut dire quoi concrètement ?
12:48Ça veut dire que le Venezuela
12:50ne peut pas vendre
12:51son pétrole normalement
12:53sur les marchés internationaux
12:55et ne peut pas utiliser
12:57le système bancaire international.
13:00Bref, ça complique beaucoup
13:02le commerce du pétrole
13:03dans le pays.
13:04Donc, qu'est-ce qui se passe
13:06en réalité ?
13:07Eh bien, le pays
13:08vend son pétrole
13:09via des marchés alternatifs,
13:12on va le dire comme ça,
13:13Ă  la Chine surtout.
13:14Le Venezuela,
13:15il doit utiliser
13:17des navires pétroliers
13:19un peu pirates
13:20qui s'approchent des cĂ´tes,
13:22qui éteignent leur GPS,
13:24qui utilisent des pavillons
13:26un peu douteux.
13:27Voilà ce que ça implique,
13:29ces sanctions américaines.
13:31Ça implique que le Venezuela
13:32est dans l'impossibilité
13:33de vendre son pétrole,
13:35qui est sa source
13:36de revenus principale.
13:38Washington pense qu'ainsi,
13:40les autorités
13:41ne pourront pas
13:43se financer.
13:44C'est en partie
13:45certainement le cas,
13:47mais cela a également
13:48beaucoup appauvri
13:49la population
13:50qui a été la première
13:51impactée
13:52par cette baisse de revenus.
13:54Alice Campagnol,
13:55Ă  partir de la fin
13:56de l'été 2025,
13:57les Etats-Unis ont envoyé
13:58dans la mer des CaraĂŻbes
14:00de nombreux navires
14:01et ils ont bombardé
14:02plusieurs bateaux
14:04accusés de convoyer
14:05de la drogue.
14:05Rappelez-nous ça.
14:06Fin août,
14:07soudain apparaissent
14:08des navires de guerre,
14:11mais une flotte
14:12très impressionnante
14:13avec plusieurs dizaines
14:14de milliers de soldats.
14:16Donc en mer des CaraĂŻbes,
14:18ils stationnent
14:18et commencent
14:19Ă  bombarder
14:20des embarcations
14:21qui étaient
14:23des embarcations
14:24de narco-trafiquants
14:26présumés.
14:27Je le répète,
14:27c'est des gens
14:28qui n'ont pas été jugés,
14:29il n'y a aucune preuve
14:30présentée contre eux.
14:32Malgré tout,
14:33les Etats-Unis
14:34ont tout de mĂŞme
14:36bombardé
14:37ces embarcations.
14:38Il y a eu mĂŞme
14:39en septembre,
14:40ça a fait un scandale
14:41aux Etats-Unis,
14:41apparemment,
14:42une embarcation
14:43qui aurait été
14:44une première fois bombardée.
14:45Pitek 7,
14:46le ministre de la Défense
14:47américain,
14:48aurait demandé
14:49une seconde salve
14:51alors qu'il y avait
14:52des survivants,
14:53des attaques
14:54qui sont condamnées
14:55internationalement,
14:56qui ne respectent pas
14:57le droit international.
15:00Environ une centaine
15:01de morts
15:01entre les attaques
15:03dans les CaraĂŻbes
15:03et désormais
15:04les attaques
15:05dans le Pacifique.
15:08Dans les mois
15:09qui ont suivi,
15:10le ton est monté.
15:11Le vendredi 19 décembre,
15:13par exemple,
15:13Donald Trump
15:14déclare sur la chaîne
15:15NBC News
15:16qu'une guerre
15:17n'est pas Ă  exclure
15:18avec le Venezuela.
15:20Est-ce que les Vénézuéliens
15:21ont eu peur
15:22de ces menaces ?
15:22Comment ils ont réagi ?
15:23Depuis août,
15:25Donald Trump
15:25a beaucoup menacé
15:27de frappes terrestres,
15:29de guerres.
15:30Si au début,
15:31peut-ĂŞtre que les gens
15:31ont été un peu inquiets,
15:33peu Ă  peu,
15:34en fait,
15:34les gens ont continué
15:35le cours de leur vie
15:36normale,
15:37puisqu'il y avait
15:38des menaces,
15:39des menaces,
15:39des menaces,
15:40mais il ne se passait
15:41jamais rien.
15:41Je le rappelle,
15:42depuis août,
15:43donc ça fait plusieurs mois.
15:44En réalité,
15:45ici,
15:46c'était assez impressionnant
15:47Ă  voir.
15:48Moi-mĂŞme,
15:48qui suis journaliste,
15:49les médias me demandaient
15:51Alice,
15:51raconte-nous
15:52comment se sentent
15:53les Vénézuéliens.
15:53Eh bien,
15:54les Vénézuéliens
15:55vivaient leur vie
15:56normalement.
15:57Ils ont passé
15:57les fêtes de Noël
15:58très tranquillement.
16:00Quelques jours
16:00avant Noël,
16:01les centres commerciaux
16:02étaient remplis.
16:04Bref,
16:05ici,
16:05la vie n'a pas
16:06vraiment changé
16:08malgré ces menaces
16:09de Donald Trump.
16:10Et quand vous dites
16:11centres commerciaux remplis,
16:13on n'a pas ça en tête
16:14quand on parle d'un pays
16:14en grave crise.
16:15Pourquoi ils étaient remplis
16:16les centres commerciaux ?
16:17Les Vénézuéliens
16:17sont habitués aux crises,
16:19en fait.
16:19C'est des gens qui ont vécu,
16:20je vous l'ai dit plus tĂ´t,
16:22crise migratoire,
16:23crise économique,
16:24etc.
16:25Donc,
16:25c'est vrai qu'en général,
16:26de l'extérieur,
16:27on a du mal Ă  imaginer,
16:28mais le Venezuela,
16:29c'est des gens
16:29qui continuent Ă  vivre.
16:30Et mĂŞme si on a
16:315 dollars ici,
16:33eh bien,
16:33on ira les dépenser
16:34et on ira acheter
16:35quelque chose.
16:36Ils vivent en crise
16:37permanente
16:38depuis une quinzaine d'années.
16:40Donc,
16:40oui,
16:41le pays vit,
16:42le pays fait la fĂŞte,
16:44le pays va danser la salsa,
16:46le pays va acheter
16:47un petit cadeau pour Noël,
16:48le pays va préparer
16:49les spécialités
16:50de fin d'année.
16:52Et mĂŞme si,
16:53finalement,
16:53on est au bord
16:54du seuil de pauvreté,
16:55eh bien,
16:56on continue Ă  profiter.
16:57Et est-ce que ces derniers mois,
16:58ces dernières années,
16:59une partie des Vénézuéliens
17:01espéraient
17:02une intervention américaine
17:03pour chasser
17:04Maduro du pouvoir ?
17:05C'est clairement
17:06quelque chose
17:06qui était souhaitée
17:07par beaucoup
17:09de Vénézuéliens.
17:09Moi,
17:09ces derniers temps,
17:10j'en ai parlé beaucoup
17:11et j'ai mĂŞme entendu
17:12des gens dire
17:13qu'il faut qu'on devienne
17:14comme Puerto Rico,
17:15qu'on devienne
17:16un État de plus
17:17des États-Unis.
17:18Les gens ne voyaient
17:20plus d'ouverture,
17:20ne voyaient plus
17:21comment sortir
17:22de ce gouvernement
17:23chaviste.
17:24Ils ont eu beau
17:25aller voter,
17:26ça n'a rien donné.
17:27Ils ont eu beau
17:29manifester,
17:29ça n'a rien donné.
17:31Ils ne savaient plus
17:31vers qui se tourner.
17:33Et beaucoup,
17:34oui,
17:34c'est vrai,
17:35espéraient
17:35une intervention étrangère.
17:37Comme Maria Corina Machado
17:39le demande également
17:40depuis des années,
17:42ils espéraient finalement
17:43une attaque américaine.
17:45Et moi,
17:45c'est quelque chose
17:45dont j'entends parler
17:46depuis des mois
17:47et qu'en réalité,
17:48je prenais assez légèrement.
17:50Des gens qui me disaient
17:51non,
17:51on imagine
17:52une intervention chirurgicale
17:54comme au Panama
17:55en 1989.
17:56Ils rentrent et hop,
17:58ils attrapent Maduro.
17:59Et je vais vous avouer,
18:00je trouvais ça ridicule.
18:02Je me suis toujours dit
18:03c'est inimaginable.
18:04Eh bien,
18:04vous voyez oĂą on en est aujourd'hui.
18:06Et justement,
18:07on en vient à l'actualité récente.
18:09Le samedi 3 janvier,
18:10vers 1h du matin,
18:11Donald Trump déclenche
18:13une opération militaire
18:14baptisée Absolute Resolve.
18:16Détermination absolue,
18:18150 appareils décollent
18:20direction le Venezuela.
18:21Des hélicoptères,
18:22des chasseurs,
18:23des drones.
18:24Ils bombardent des cibles
18:26au Venezuela
18:26pour neutraliser
18:27les systèmes de défense
18:29aérienne du pays.
18:30Et peu après 4h,
18:32le président Nicolas Maduro
18:33et son épouse
18:34sont capturés
18:35Ă  Caracas.
18:37Alice Campagnol,
18:38comment réagissent
18:39les Vénézuéliens ?
18:40Écoutez,
18:41on s'est tous réveillés,
18:42en tout cas Ă  Caracas,
18:43on s'est tous réveillés
18:44Ă  2h du matin
18:45avec les premières frappes
18:47tout Ă  fait abasourdies.
18:48On s'est tous lancés
18:50vers nos fenĂŞtres
18:51avec évidemment en tête
18:53ces menaces américaines.
18:55On a commencé à entendre
18:57des avions,
18:57des hélicoptères,
18:58les gens voyaient
18:59de la fumée
19:00depuis leurs fenĂŞtres.
19:04Donc c'était la stupeur.
19:06Je pense que c'est vraiment
19:07le mot.
19:07Les gens étaient stupéfaits
19:09de se dire
19:09mais qu'est-ce qu'il est
19:10en train de se passer ?
19:11Parce que si je vous disais
19:12plus tôt que les Vénézuéliens
19:12sont habitués aux crises,
19:14ils ne sont quand mĂŞme
19:14pas habitués aux bombardements.
19:16Donc les gens étaient
19:17complètement surpris.
19:19Au moment de l'annonce
19:20de la capture de Maduro,
19:22moi j'ai entendu
19:22dans mon quartier
19:23qui est un quartier
19:24quand mĂŞme d'opposition,
19:25j'ai encore entendu
19:26quelques cris de joie
19:27et puis c'est tout.
19:28Après, dans les heures à venir,
19:29les gens sont restés
19:30terrés chez eux.
19:31La ville s'est
19:32complètement éteinte,
19:33les gens attendaient
19:34de voir ce qu'il allait se passer
19:35et ils sont sortis,
19:37les habitants de Caracas,
19:39uniquement pour aller
19:39faire la file
19:40dans les supermarchés
19:42pour pouvoir acheter
19:43des provisions
19:43en prévision justement
19:45peut-ĂŞtre
19:45de jours compliqués.
19:49On enregistre ce podcast
19:50le lundi 5 janvier
19:52dans l'après-midi,
19:52c'est le matin chez vous.
19:54OĂą en est la situation
19:55dans la rue ?
19:56Eh bien, ça y est,
19:57la vie a repris
19:58son cours normal.
19:59C'est lundi,
20:00c'est la rentrée,
20:01il y a des voitures
20:02qui circulent,
20:03il y a des gens
20:04dans la rue.
20:05Bref,
20:06tout est quasiment
20:06comme si rien ne s'était passé.
20:08Le Venezuela n'a pas donné
20:09de bilan officiel
20:11des bombardements.
20:11un haut responsable
20:13vénézuélien
20:14sous couvert d'anonymat
20:15a parlé d'une quarantaine
20:17de morts au total
20:18et le lundi 5 janvier,
20:20Cuba a affirmé
20:21que 32 militaires cubains
20:23qui étaient positionnés
20:24au Venezuela
20:25ont été tués.
20:26Alice Campagnol,
20:28depuis cette opération
20:29militaire choc
20:30lancée par Donald Trump,
20:31c'est la vice-présidente
20:33du Venezuela,
20:34Delcy Rodriguez,
20:35qui assure l'intérim.
20:36Est-ce qu'elle était proche
20:37de Nicolas Maduro
20:38ou bien est-ce qu'elle peut
20:39ĂŞtre compatible
20:40avec Donald Trump ?
20:42Les deux,
20:42je dirais.
20:44Oui,
20:44c'est une proche
20:44de Nicolas Maduro.
20:46Elle l'a suivie
20:46pendant tous ses mandats.
20:48Elle a été plusieurs fois
20:49ministre
20:50durant les différents
20:52mandats de Maduro.
20:54Et Ă  la fois,
20:55il semblerait qu'aujourd'hui,
20:56elle n'ait pas vraiment
20:57le choix.
20:58Il va falloir qu'elle collabore.
21:00Les annonces de Trump
21:02sont très directes.
21:03Il affirme
21:03qu'il veut l'accès total.
21:06Il semblerait qu'aujourd'hui,
21:07Delcy Rodriguez
21:08n'ait pas beaucoup
21:09le choix de devoir collaborer
21:11avec les Etats-Unis.
21:13Et puis,
21:14elle est connue
21:14pour faire partie
21:15de la frange
21:16moins radicale
21:17du chavisme.
21:18Marco Rubio,
21:19le secrétaire
21:20d'État américain,
21:21a mĂŞme dit
21:22avec elle,
21:22il est possible
21:23de dialoguer
21:24et pas comme
21:24avec son prédécesseur.
21:25Sur les motivations
21:26de Donald Trump
21:27au Venezuela,
21:29il a dit dès le samedi
21:30que les compagnies
21:31pétrolières américaines
21:32pourraient exploiter
21:33le pétrole
21:34du Venezuela.
21:35Le pétrole,
21:36c'est une vraie raison
21:36de cette intervention,
21:37selon vous ?
21:38Alors,
21:38selon moi,
21:39c'est l'unique raison
21:39et je ne suis pas
21:40la seule Ă  le penser.
21:42Les experts,
21:43tous les gens
21:44que j'ai pu interviewer,
21:45les spécialistes,
21:46le disent finalement.
21:47Cette histoire
21:48de narco-terrorisme,
21:49ce n'était qu'une excuse.
21:51Bombarder
21:51quelques embarcations
21:53dans les CaraĂŻbes,
21:54on ne déploie pas
21:55une armada
21:56comme il l'a fait
21:57dans les CaraĂŻbes
21:58pour bombarder
21:59quelques embarcations.
22:00Non.
22:01Puis,
22:01en réalité,
22:02la cocaĂŻne
22:03qui arrive
22:03sur le sol américain,
22:06il n'y a que 8%
22:07ou voire moins
22:08de la cocaĂŻne
22:09qui arrive
22:10sur le sol américain
22:10qui passerait
22:11par le Venezuela
22:12et ce sont des chiffres
22:13de l'agence
22:14antidrogue américaine.
22:16Donc,
22:16la drogue,
22:17on oublie,
22:18c'est évidemment
22:19le pétrole
22:20qui intéresse
22:21Donald Trump.
22:22Ce sont,
22:23on l'a dit,
22:24plutĂ´t les plus grandes
22:25réserves de pétrole
22:26connues au monde
22:27et il faut savoir
22:28que tout le développement
22:30de l'industrie pétrolière
22:31au Venezuela
22:32s'est toujours fait
22:32main dans la main
22:33avec les Etats-Unis
22:34dès le début
22:35du siècle dernier
22:36et les raffineries
22:38du golfe
22:39de Mexico,
22:41eh bien,
22:41ces raffineries,
22:42elles sont faites,
22:44elles sont prévues
22:44pour le brut
22:46vénézuélien
22:47qui est un brut
22:48spécial,
22:49un peu plus épais
22:50que d'autres
22:51pétroles
22:51dans le monde
22:52et donc,
22:53c'est essentiel,
22:54le brut vénézuélien
22:54est essentiel
22:55aux Américains.
22:56D'un mot,
22:57la prix Nobel
22:57Maria Corina Machado,
22:59elle n'est pas prise au sérieux
23:00par Donald Trump,
23:01il a déclaré
23:01qu'elle n'a ni le soutien
23:02ni le respect
23:03pour gouverner.
23:04Vu de Caracas,
23:05est-ce que ça vous semble vrai ?
23:06Non, non,
23:07les gens ont confiance
23:09en Maria Corina Machado,
23:10elle est extrĂŞmement populaire
23:12dans le pays
23:12et moi,
23:13qui parle beaucoup
23:14avec les habitants
23:15ces derniers jours,
23:17les gens m'en parlent
23:17tout le temps,
23:18ils me disent
23:18il faut qu'elle revienne
23:19dans le pays,
23:20il faut qu'elle prenne sa place
23:21sur la chaise présidentielle.
23:24Pour le moment,
23:25c'est Delcy Rodriguez,
23:26on l'a dit,
23:27qui est aux manettes
23:28et il faudrait
23:29que s'organisent
23:29de nouvelles élections
23:31pour qu'il y ait
23:32vraiment un respect
23:33de la constitution
23:34si Maria Corina Machado
23:36veut devenir présidente.
23:39Delcy Rodriguez
23:39qui est donc
23:40la vice-présidente
23:41du Venezuela,
23:42Ă  New York,
23:43Nicolas Maduro
23:43devait comparaître
23:44ce lundi 5 janvier au soir
23:46aux côtés de son épouse.
23:47Pour une audience
23:48de mise en accusation,
23:50il est accusé,
23:50je cite,
23:51de conspiration
23:52narco-terroriste,
23:53il risque la prison Ă  vie.
23:55Alice Campagnol,
23:56les Vénézuéliens,
23:57ils espèrent quoi aujourd'hui ?
23:59Ils sont dans quel état d'esprit ?
24:00Je crois qu'ils veulent
24:01le calme,
24:01les Vénézuéliens,
24:02ils aspirent à la tranquillité
24:04et puis finalement
24:05Ă  une certaine paix,
24:07paix économique,
24:08paix politique,
24:09c'est ça qu'ils veulent
24:10les Vénézuéliens,
24:11je vous le disais tout Ă  l'heure,
24:12ils sont en crise permanente
24:13depuis 15 ans,
24:15donc ils espèrent
24:16évidemment
24:17une transition politique,
24:19ils espèrent de nouveaux dirigeants,
24:22ça fait 25 ans
24:23qu'ils sont dirigés
24:24par les mĂŞmes personnes,
24:26par la même idéologie,
24:27le chavisme,
24:28ça c'est important
24:29et puis une amélioration
24:31et ça c'est essentiel
24:32de l'économie,
24:33ils vivent avec des salaires
24:35de misère,
24:36donc ils espèrent enfin
24:37pouvoir vivre correctement
24:39et sortir de la pauvreté.
24:53Charles de Saint-Sauveur,
24:55chef du service monde
24:56du Parisien,
24:56comme promis on vous retrouve,
24:58en quoi cette opération
24:59militaire américaine
25:00marque l'entrée
25:01dans une nouvelle ère
25:02depuis la fin
25:03de la seconde guerre mondiale ?
25:04Tout simplement
25:05parce que les Etats-Unis
25:06ont cessé de vouloir être
25:07les gendarmes du monde,
25:09ils sont les gendarmes
25:09de leur monde,
25:10c'est-Ă -dire que
25:11pour Donald Trump,
25:12il a une vision,
25:13il n'est pas le champion
25:14de la liberté,
25:15ce qu'ont toujours été
25:16les Etats-Unis,
25:16en tout cas Ă  nos yeux,
25:17puis mĂŞme aux leurs,
25:18c'est ce qu'ils défendaient,
25:19lĂ  ils sont les champions
25:20de la cause américaine,
25:21des Etats-Unis,
25:22et c'est tout.
25:23Et ce qu'on constate
25:24avec l'enlèvement
25:25de Nicolas Maduro,
25:26l'enlèvement spectaculaire,
25:27c'est que
25:28s'il peut,
25:30il le fait.
25:30C'est-Ă -dire s'il en a
25:31les moyens,
25:32il peut passer Ă  l'acte.
25:33Et c'est ça,
25:33c'est vraiment
25:34un changement d'air
25:35parce qu'on s'aperçoit
25:36finalement que
25:37le monde,
25:38on avait compris
25:39qu'il était en train
25:40de glisser depuis
25:40quelques années,
25:41notamment depuis
25:42l'invasion russe
25:43en Ukraine,
25:44c'est que mĂŞme
25:45celui qui est censé
25:46garantir un petit peu
25:49national se prĂŞte
25:50Ă  ce jeu-lĂ .
25:51Donc on a compris
25:51que 2026 serait
25:53une sorte de balle
25:55des empires,
25:55le grand retour
25:56des Etats-puissances
25:57oĂą la loi du plus fort
25:59prévaut,
26:00tout simplement.
26:01Est-ce que Donald Trump
26:02peut cibler aujourd'hui
26:03d'autres pays,
26:04je pense Ă  des pays
26:04de la région
26:05comme la Colombie
26:06ou Cuba,
26:07mais aussi au Groenland,
26:08cet immense territoire
26:09qui dépend du Danemark ?
26:10Donald Trump,
26:11là, a montré
26:12qu'il était capable
26:13de tout.
26:13Il l'avait dit une fois
26:14d'ailleurs,
26:15c'était il y a
26:15un peu plus d'un an
26:16avant son élection
26:17Ă  propos de Xi Jinping,
26:18le président chinois.
26:20En anglais,
26:21c'est « he knows
26:21I'm fucking crazy »,
26:22c'est-Ă -dire
26:23« il sait que je suis
26:24capable de tout ».
26:25Et c'est justement
26:26cette espèce
26:27d'ambiguïté
26:28que fait planer
26:29Donald Trump
26:29qui est sa force.
26:30Non seulement,
26:31il a les moyens militaires
26:32de vaincre n'importe qui,
26:34mais en plus,
26:35il peut aller très loin.
26:36Et lĂ ,
26:37il l'a prouvé,
26:37il y a un avant
26:38et un après,
26:38il y aura un avant
26:39et un après Maduro
26:40parce que tout le monde
26:41va se demander
26:41jusqu'où le président américain
26:43est capable d'aller
26:44pour obtenir ce qu'il veut.
26:45Alors,
26:46Canal de Panama,
26:47Colombie,
26:47on peut imaginer
26:48effectivement une opération militaire.
26:50Pour le Groenland,
26:51on a un petit peu plus de doutes
26:52parce qu'il s'agit quand mĂŞme
26:53en face,
26:53le Danemark
26:54et puis derrière les Européens
26:55de pays alliés
26:56au sein de l'OTAN.
26:57Donc,
26:58on peut imaginer aussi
26:59que le coup de pression militaire
27:00et ce qu'il a montré
27:01au Venezuela
27:02lui servira
27:03de quelque sorte
27:04de moyen de pression
27:05phénoménal
27:05parce qu'on ne peut pas lutter
27:07pour obtenir ce qu'il veut
27:08et tordre le bras
27:09de ses alliés
27:09en échange d'un deal
27:10qui sera complètement
27:12à l'avantage américain.
27:14Merci Ă  Charles de Saint-Sauveur
27:15et Alice Campagnol.
27:17Pour suivre l'actualité en direct,
27:18rendez-vous sur
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27:22Cet épisode de Code Source
27:24a été produit par
27:25Thibaut Lambert
27:25et Clémentine Spiller.
27:27Réalisation,
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27:30est le podcast quotidien
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