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  • il y a 2 semaines
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00On va revenir à la situation internationale maintenant, parce que la guerre continue,
00:05la guerre on en est au 19ème jour, d'intenses frappes notamment sur le Liban,
00:10on va y venir, mais il y avait un moment important aujourd'hui en Iran,
00:13c'était les funérailles de l'ancien homme fort, la Rijani,
00:17il y a tous nos envoyés spéciaux qui sont sur place,
00:20et puis il y a aussi Syavosh Ghazier qui est en direct avec nous par téléphone,
00:24avec, et ça c'est très important Syavosh qui est en train de se passer,
00:27une attaque dans le champ Ghazier de Paris, c'est dans le sud de l'Iran.
00:32Absolument, c'est le plus grand champ Ghazier de l'Iran, avec une production très très importante,
00:38l'essentiel du gaz produit en Iran provient de ce champ, selon les médias officiels,
00:43donc il y a une baisse de 40% de la production de ce champ qu'on a constaté aujourd
00:48'hui,
00:49donc la télévision demande à la population de faire des économies,
00:52à la fois sur le gaz, mais aussi sur l'essence,
00:56parce qu'il y a un risque aussi qu'il y ait des frappes sur une raffinerie,
01:01la raffinerie de Khalidjah Fars, ça veut dire le Golfe Persique,
01:05qui se trouve sur la côte iranienne, le long du Golfe Persique.
01:12Cela va avoir des conséquences très importantes pour la vie de tous les jours des Iraniens,
01:17parce qu'en Iran, pour se chauffer, pour faire la cuisine,
01:21on utilise le gaz et pas l'électricité, et donc des conséquences importantes
01:24lorsqu'il y a 40% de baisse de la production,
01:27et l'Iran qui a donc affirmé qu'il allait riposter en visant directement
01:34plusieurs raffineries en Arabie Saoudite, au Qatar, aux Émirats Arabes Unis,
01:38donc œil pour œil, dent pour dent, a déclaré le président du Parlement iranien,
01:43qui, après la mort d'Ali Laredjani, est de plus en plus au premier rang de la scène,
01:53avec des déclarations tous les jours, et donc on peut s'attendre à des frappes importantes
02:00sur ces installations pétrolières et gazières de ces monarchies arabes du Golfe Persique,
02:06après ces frappes importantes sur le champ gazier,
02:10mais il y a aussi un risque d'attaque contre cette raffinerie importante
02:14qui produit une grande partie de l'essence consommée en Iran.
02:19Siavosh Ghazi, en direct pour BFMTV, le correspondant des RFI et France 24.
02:23Lise Gosset, c'est important de parler de cette installation gazière qui a été frappée,
02:28il faut rappeler que l'Iran, c'est la deuxième réserve de gaz au monde,
02:33alors on parlait de la déstabilisation sur le marché du pétrole,
02:36mais là, ça peut aussi avoir des conséquences mondiales.
02:38– Elles sont déjà là, parce que c'est le plus grand site de gaz naturel au monde,
02:42et ce n'est pas simplement un site iranien, c'est un site qui est partagé avec le Qatar,
02:47et c'est sans doute ça, c'est plus important peut-être,
02:50parce que le Qatar est furieux, évidemment, parce que ça touche au nerf de la guerre.
02:54Le Qatar vit avec ses réserves d'un siècle de gaz.
02:57– Et on achète, nous, du gaz au Qatar.
02:59– Et on achète, donc si vous voulez, l'implication pour les prix est évidente,
03:02les conséquences sont déjà là, c'est-à-dire que ça va provoquer une hausse du prix du gaz,
03:06alors ce qui est étonnant, si vous voulez…
03:08– Alors, justement, c'est assez étonnant, parce que Trump, depuis le début de la guerre,
03:12a dit on va épargner ou on va essayer de ne pas frapper le pétrole lui-même.
03:18Les installations, par exemple, de l'île de Karg,
03:20on ne frappe pas les terminaux ni les réserves,
03:23on frappe les défenses de l'île de Karg,
03:25parce qu'on ne veut pas perturber la capacité de l'Iran
03:28à terme d'exporter son pétrole ou son gaz.
03:31Pourquoi ? Parce que si demain le régime bascule
03:34et si quelqu'un d'autre prend les rênes du pays,
03:37il faudra bien reconstruire et il faudra bien avoir des moyens.
03:39Et ces moyens, ça sera le pétrole et le gaz.
03:42Mais là, on voit qu'il y a un cap qui est franchi,
03:44parce que le gaz, c'est moins symbolique, moins important,
03:47et ça touche moins les États-Unis,
03:49même si les États-Unis sont également des exportateurs de gaz très importants.
03:52Donc c'est, je dirais, une forme d'escalade supplémentaire dans la guerre
03:56à laquelle on s'attendait depuis plusieurs jours.
03:58– Le vice-amiral Michel Lagaret est avec nous.
04:01Bonsoir, vous dites à ma chose qu'il y a,
04:03c'est une nouvelle étape dans la guerre, dans cette troisième semaine de guerre ?
04:06– Tout à fait, oh, troisième semaine, ça n'est rien.
04:08– Oui, je sais.
04:09– On dit… – Les journalistes sont impatients.
04:11– Presque 20 jours de guerre, mais il y a des guerres de 4 ans, la plupart…
04:15– À même de 200.
04:17– Oui, à même de 200, nous n'irons pas jusque-là.
04:20Il y avait moins de sous-marins de porte-avions à l'époque.
04:23Mais bien sûr que c'est une escalade, mais c'est une escalade maîtrisée.
04:27– Programmée ?
04:28– Maîtrisée, programmée, je ne suis pas sûr que les Américains
04:30aient programmé tout ça, puisque Trump est très très pressé.
04:34Il n'avait pas dit trois jours, mais enfin, il pensait gagner en quelques temps.
04:37Un peu comme Poutine, vous savez, faisait tomber l'Ukraine en une semaine.
04:40Tout le monde est très pressé. La guerre, ce n'est pas ça. La guerre, c'est du temps.
04:44Et la guerre, c'est aussi de la gestion. Et manifestement, les Iraniens se sont préparés à cette gestion.
04:50C'est une gestion dont on peut dire qu'elle est intelligente avec les moyens qu'ils ont.
04:54Alors que la gestion de cette guerre par Trump est, comme vous le savez tous, un peu erratique.
05:00Il n'a pas de plan B. On ne sait pas ce qu'il va faire.
05:02– Mais enfin, ce n'est pas lui qui décide quel site on va frapper, là.
05:05– Ah, c'est lui qui dit, oui, d'accord, pour le pétrole ou pour le gaz, c'est ce
05:10que disait Ulysse Gosset.
05:12C'est lui qui dit, on fait ça ou on ne fait pas ça. On prépare ou non.
05:15Mais nous allons petit à petit vers une destruction et surtout vers des destructions d'infrastructures considérables.
05:22On tape les raffineries, bientôt, ce seront comme en Ukraine, les réseaux électriques, les centrales électriques.
05:29Bouchère ne sera pas touchée à nouveau. Il y a la centrale nucléaire.
05:33– Et quand on vit justement des centrales électriques, alors ce n'est pas encore le cas,
05:37mais cette installation gazière, on cherche quoi ? Ça participe à faire tomber le régime ?
05:41– À immobiliser le pays. Malheureusement, le peuple iranien est pris entre deux feux.
05:47Il ne peut pas faire grand-chose parce que quand même, les forces répressives sont encore extrêmement importantes,
05:51sont solides, sont encadrées encore. Et puis surtout, si le régime joue sa survie,
05:56chacun des membres des Pazarhan ou des Basijs joue leur vie.
06:00Parce que si le système bascule, eux, ils ont quand même tous les gens qui ont été tués,
06:05qui vont leur en vouloir.
06:06– Il y a le pouvoir iranien qui a perdu encore une de ses personnalités
06:10puisque l'Iran a confirmé la mort de son ministre du Renseignement.
06:13– Absolument.
06:14– C'est une frappe israélienne.
06:15– Je voulais dire une chose simplement sur le site gazier, il alimente l'Iran en gaz.
06:19Il en a besoin pour assurer le fonctionnement du pays.
06:23– Donc ça touche aussi à la population iranienne ?
06:24– Mais évidemment. – Bien sûr.
06:25– Comme les destructions des centrales électriques, etc.
06:27Un point intéressant pour nos auditeurs, ce gisement, on dit que c'est le plus grand du monde.
06:31Il n'y a pas de frontière en surface, mais c'est un gisement souterrain
06:35qui est commun aux deux pays, l'Iran et le Qatar, mais qui est exploité séparément.
06:40C'est-à-dire que le Qatar, ça s'appelle le North Dome, le nord du gisement,
06:45et pour les Iraniens, c'est South Pass, le sud.
06:47Donc chaque pays a ses propres moyens de distraction.
06:51Le Qatar d'ailleurs est en avance sur le plan technologique par rapport à l'Iran
06:54qui a pris du retard compte tenu des sanctions qui ont lieu depuis des années.
06:58Mais n'empêche, c'est un gisement commun.
07:00Et donc quand on touche au gisement côté iranien,
07:03évidemment on affecte ce qui se passe côté qatarie,
07:06d'où les conséquences internationales.
07:07– Didier François ?
07:08– Oui, alors en fait, les Iraniens ont déclenché la guerre du pétrole
07:11et la guerre de l'énergie.
07:12C'est eux qui ont commencé à taper sur les pétroliers,
07:14c'est eux qui ont commencé à cibler des puits de pétrole en Arabie Saoudite,
07:22des sites gaziers au Qatar.
07:23– C'est eux qui ont commencé cette guerre de l'énergie.
07:25– Pourquoi ? Pour une raison simple, c'est qu'ils disaient
07:27on va faire monter le prix de l'énergie pour peser sur vos opinions publiques
07:31et obliger Trump à arrêter.
07:33Donc réponse du berger à la berger, rappelez-vous ce qu'a dit Donald Trump la dernière fois,
07:36il a envoyé ses plus gros bombardiers B2 avec les grosses bombes,
07:42en fait vitrifié les positions militaires sur l'île de Karg.
07:46L'île de Karg, 90% de l'exportation du pétrole iranien.
07:51Et donc en fait, c'est l'injection de pognon du régime,
07:58appelons un chat un chat.
07:59Et qu'est-ce qu'a dit Trump ?
08:00Il a dit vous continuez à faire les cons,
08:01la prochaine fois on vous tape directement votre pétrole.
08:04Et là ils sont en train de leur dire,
08:05vous continuez à nous emmerder sur la question du droit d'en mousse,
08:08et bien on va faire la même chose.
08:09Et là vous allez voir qui va tenir le plus longtemps possible.
08:11Et donc ils sont en train de les menacer, de représailles sur la question.
08:16Or, ils ont besoin, comme vient de le dire Ulysse, de ce gaz pour l'intérieur.
08:22Ils ont besoin de cet argent pour continuer à tenir leur régime
08:26et à payer leur Basidji, leur gardien de la révolution.
08:30On est dans une guerre où finalement, c'est coup pour coup,
08:34sachant que par ailleurs cette nuit, pour la première fois,
08:36les Américains ont de manière massive bombardé les véritables menaces
08:42qui font qu'aujourd'hui il y a un problème sur le détroit d'Hormuz,
08:44ils ont bombardé avec les bombardiers B1 et des bombes particulières,
08:48c'est la première fois qu'ils utilisent, les GBU-72,
08:50les silos de missiles anti-navires qui menacent la circulation dans le détroit.
08:55Et donc on voit bien que les Américains ont commencé militairement
08:58la bataille d'Hormuz à deux niveaux,
09:00en laissant les Israéliens, parce que ça ils ne voulaient pas eux le faire,
09:02taper sur le gaz et eux en s'attaquant aux menaces sur les navires
09:06pour essayer de commencer à ouvrir la circulation sur le détroit d'Hormuz.
09:09On va en Israël retrouver Chloé Giraud en direct pour BFM TV
09:12parce que c'est important d'écouter ce que dit le pouvoir israélien.
09:17Attention, nous allons enclencher des surprises,
09:21c'est l'expression qui est employée,
09:23des surprises sur tous les fronts.
09:25Qu'est-ce que ça peut dire ?
09:28Oui, tout à fait, des surprises importantes sur tous les fronts.
09:32et qui, si l'on n'en croit le pouvoir israélien,
09:36seraient de l'ordre à intensifier encore la guerre avec l'Iran et le Hezbollah.
09:42C'est ce qu'a indiqué aujourd'hui le ministre israélien de la Défense Israël 4,
09:47qui a indiqué dans le même temps que conjointement avec Benjamin Netanyahou,
09:52ils avaient décidé d'autoriser les pilotes israéliens,
09:56s'ils avaient dans leur ligne de mire des hauts responsables iraniens,
09:59à tout simplement les frapper sans autorisation supplémentaire.
10:03On a un petit peu l'impression qu'on franchit encore un cap supplémentaire
10:07dans cette volonté d'éliminer les hauts responsables au sein du régime iranien.
10:12Alors qu'aujourd'hui, on a donc appris l'élimination,
10:15notamment du ministre des Renseignements iraniens.
10:19Ça intervient au lendemain de l'élimination du numéro 2 du régime Ali Larijani,
10:25qui était déjà une grosse prise encore pour Israël.
10:28Après, bien entendu, la plus grosse d'entre elles qui était intervenue au premier jour de cette guerre,
10:32à savoir l'élimination d'Ali Ramenei.
10:35On a l'impression qu'Israël est en train aussi un peu de mettre en scène
10:39cette volonté d'élimination des hauts responsables au sein du régime iranien.
10:43Avec cette vidéo notamment qui a été publiée sur les réseaux sociaux de Benjamin Netanyahou,
10:48on le voit aux côtés de l'ambassadeur américain en Israël,
10:51lui présenter une liste noire,
10:53liste noire avec des noms de hauts responsables iraniens encore,
10:58qui restent à éliminer selon toute vraisemblance.
11:01Donc Israël est encore loin d'en avoir fini avec le régime iranien.
11:06Chloé Giraud, voilà, tel avis que Simon Pérez-Dessouza pour BFM TV.
11:09Benoît Grémard, c'est surprise.
11:10Alors ces surprises ont peut-être commencé,
11:11c'est notamment le bombardement de ce site gazi iranien.
11:16Il y en aura d'autres.
11:16Alors par définition, les surprises, on ne peut pas les annoncer avant.
11:19Ça va être difficile.
11:21Mais ce message est envoyé quand même publiquement.
11:24Tout à fait.
11:24L'idée, c'est toujours en fait réatteindre les mêmes objectifs,
11:27c'est-à-dire un changement de régime de manière plus ou moins pacifiée.
11:30Mais effectivement, ce type de surprise en fait sur ta date d'opération,
11:34c'est deviner aussi la prochaine carte qui va être jouée.
11:37Mais comme dans tout jeu, que ce soit de poker ou de cartes globalement,
11:41vous avez un nombre de cartes limitées.
11:43Les Iraniens, justement, en élargissant le conflit, en internationalisant,
11:46ont joué en fait une carte qui, avec un certain nombre de répercussions,
11:51peut étendre leur action sur le long terme.
11:52Les Américains sont pressés, effectivement, d'arriver à cette sorte de transition politique
11:57sur laquelle...
11:58Et aussi, ils sont aussi soutenus en fait par Israël.
12:00Le fait de justement torpiller, éliminer les têtes de l'hydre iranienne
12:05fait qu'on a l'impression que la guerre peut rebattre.
12:10Le jeu de cartes des différents opposants se rebat finalement à chaque élimination ciblée.
12:14C'est vrai que c'est impressionnant quand même.
12:17Ils arrivent encore à cibler des personnalités du pouvoir.
12:21Aujourd'hui, il y avait les obsèques d'Ali Larijani qui était le numéro 2.
12:24Là, il y a le ministre du renseignement.
12:26C'est sans doute pas fini.
12:27On ne sait pas s'il en reste beaucoup d'ailleurs.
12:29Mais ça veut dire que ça, c'est le service de renseignement incroyable,
12:33notamment israélien, qui permet de retrouver ces gens
12:36alors qu'ils sont, j'imagine, très protégés puisqu'ils se savent menacer.
12:40D'abord, un, ils sont très protégés.
12:41Deux, ils se savent effectivement menacés.
12:43Mais ils font des erreurs.
12:44Ils font des erreurs et surtout, effectivement, ils sont totalement pénétrés.
12:47Mais il faut bien comprendre une chose.
12:48D'abord, le Mossad, ce n'est pas des manchots quand même.
12:50Que les choses soient claires, on ne sait plus un bout de temps.
12:53Mais par ailleurs, depuis 2003,
12:55quand ils ont compris que les Iraniens avaient pour but
12:58de créer un programme nucléaire militaire,
13:01ils ont bien compris que, grosso modo,
13:02c'était un petit peu eux qui étaient sous la menace.
13:06Et ce n'est pas une petite menace.
13:07Nous, on peut vivre dans la dissuasion.
13:10Pour eux, c'était un peu plus compliqué.
13:12Donc, vous comprenez bien que les services de renseignement
13:14ont obtenu tous les moyens dont ils avaient besoin
13:16et se sont concentrés sur un ennemi quasi unique
13:18qui est l'Iran et ses proxys.
13:20Donc, autant dire qu'ils sont bons
13:21et qu'on leur laisse la marge de manœuvre pour le faire.
13:23Aujourd'hui, ils ont pénétré ce régime jusqu'à la moelle.
13:27D'abord, c'est un régime corrompu.
13:28C'est un régime qui est un peu en bout de course,
13:30dans lequel il y a une révolte énorme.
13:31Quand vous commencez à avoir besoin de tuer
13:3330 000 de vos jeunes qui manifestent,
13:35en général, c'est que ça ne se passe pas bien.
13:36Donc, vous comprenez bien qu'il y a des failles
13:38et que ça donne des espaces pour travailler
13:41pour un service de renseignement un peu compétent
13:42et qu'il y a les moyens.
13:43Ça donne des espaces énormes.
13:45D'autant qu'honnêtement,
13:46ils ne sont pas très bridés par leur politique.
13:48Donc, ils peuvent y aller
13:48et ils ne se privent pas d'y aller.
13:49– Mais quand l'Iran promet à chaque fois
13:52de se venger, c'est de la rhétorique
13:55ou est-ce qu'ils ont vraiment les moyens de le faire ?
13:56– Ça, c'est de la communication.
13:57On parle, on se venge, on monte,
13:59on fait la guerre.
14:00On fait la guerre, tout simplement.
14:02Alors, l'Iran a choisi de répliquer.
14:04Il ne cherche pas forcément à monter aux extrêmes,
14:07mais joue les quelques cartes qu'il a.
14:09Et manifestement, il y a certains joueurs
14:11qui ont des jokers.
14:13Le joker, on ne connaît pas les jokers d'Israël
14:16qui promet des surprises.
14:18Les Iraniens jouent très bien leur jeu de cartes.
14:20– Oui, oui.
14:21– En revanche, ce sont des joueurs fabuleux.
14:23– Oui, mais ça veut dire qu'ils peuvent bluffer, alors ?
14:25– Peut-être.
14:26L'Iran et Israël ont préparé cette guerre.
14:29Les Américains ont été, dit-on, entraînés par Israël,
14:33arrivent avec leur force brutale,
14:35avec une réflexion politique de bas niveau,
14:39une réflexion militaire certainement de très bon niveau,
14:41mais qui est transformée par le politique
14:43et par Trump en particulier,
14:44par quelque chose d'impalpable,
14:47qu'on ne cerne pas.
14:48On ne sait pas ce qu'ils veulent,
14:49on ne sait pas jusqu'où ils vont aller,
14:51on ne sait pas quand ils vont arrêter.
14:54Donc, il y a tout ça.
14:56Mais, il faut se souvenir,
14:58le travail de Mossad, ça a déjà été dit,
14:59c'est que ces deux pays ont préparé vraiment
15:02cette guerre depuis longtemps.
15:03Mossad, lui, a quadrillé l'Iran.
15:05Il est en Iran comme chez lui,
15:07pas simplement pour des actions ponctuelles,
15:09mais avec des réseaux,
15:10des réseaux qui se répondent,
15:11des réseaux qui permettent de confirmer
15:13des positionnements, des choses comme ça.
15:15C'est un niveau qu'on ne pouvait pas imaginer,
15:18sauf quand on a vu tout le problème
15:20d'élimination des cartes du Hezbollah
15:21avec les Tokiwok.
15:22Oui, ce qui était déjà très impressionnant.
15:24Là, on voit que c'est colossal,
15:25que c'est beaucoup plus efficace
15:26que le Shinbeth, par exemple,
15:27qui n'a pas pu empêcher le 7 octobre.
15:29Vous voyez, il y a quelque chose
15:31d'assez incroyable dans cette guerre-là.
15:34Et on se demande aussi, maintenant,
15:37s'il y aura divergence
15:39entre Israël et les États-Unis.
15:41Pour l'instant, Israël,
15:43vraiment, décapite, décapite, décapite.
15:45On en est au deuxième, troisième rang.
15:46Y aura-t-il suffisamment de volontaires
15:48pour être guide suprême ?
15:49Parce que là, quand même,
15:51je pense que le volontariat
15:52veut dire quelque chose.
15:53Ça veut dire vraiment devenir martyr.
15:54Or, c'est comme l'a été souligné,
15:56un régime corrompu.
15:57C'est peut-être ça qu'on vise aussi.
15:58C'est qu'à un moment donné,
15:59ceux qui pourraient succéder
16:01à tous ceux qui sont tués disent
16:02« Non, moi, je me retourne. »
16:03« Ça y est, je vais négocier. »
16:04Et puis, ils perdent tout.
16:05Je vais sauver ma peau.
16:07C'est un régime dans lequel
16:09la direction est richissime.
16:12Ils perdent tout.
16:13Ils perdent la vie.
16:14Ils perdent tout leur avenir.
16:15Ils perdent leur argent placé
16:17à Londres ou ailleurs.
16:18Ils se sont faits des ennemis partout.
16:19Parce qu'ils ont frappé
16:20toutes les monarchies.
16:21Ils avaient de très grandes relations
16:23très bonnes avec Dubaï, etc.
16:24Beaucoup d'Iraniens
16:25étaient installés à Dubaï
16:27avec l'argent à Dubaï.
16:28Ils perdent tout ça
16:29en tapant aussi,
16:30d'une façon un peu surprenante,
16:32sur toutes ces monarchies-là.
16:34Ils auraient pu ne pas taper.
16:36Mais il y avait les bases américaines.
16:38Donc, ils ont dit
16:39« On frappe les bases américaines. »
16:41Eh bien, voilà,
16:41ça leur retombe dessus.
16:42Ils sont isolés maintenant.
16:43symbole, justement,
16:44de ces frappes tous azimuts
16:46des Israéliens
16:47avec les cibles politiques.
16:49Là, on a parlé iraniennes
16:51et puis les cibles du Hezbollah.
16:53Et là, c'est ce qui s'est passé
16:54aujourd'hui dans le centre de Beyrouth
16:56avec une frappe israélienne
16:57qui visait apparemment
16:59un immeuble
17:01où résidait un dirigeant du Hezbollah.
17:03Et donc, ce qui veut dire
17:04qu'aujourd'hui,
17:05les habitants ne sont plus
17:07en sûreté nulle part dans Beyrouth.
17:08Nicolas Poincaré,
17:09vous êtes sur place pour BFM TV.
17:13Oui, c'est exactement ça
17:14qui s'est passé aujourd'hui.
17:15Parce que vous savez
17:16que depuis plus de 15 jours,
17:17les bombardements étaient quotidiens
17:18à Beyrouth,
17:19mais essentiellement
17:20sur la banlieue sud,
17:21c'est-à-dire sur des quartiers
17:22qui ont été presque entièrement visés.
17:25Là, cette nuit,
17:26tout a changé
17:27puisqu'il y a eu 5 frappes
17:28dans les quartiers centraux
17:30de la ville,
17:31à Beyrouth l'ouest,
17:32tout près de la place des Martyrs.
17:34Quartiers vraiment très peuplés.
17:36Alors, il y a eu des appartements
17:37qui ont été visés,
17:39notamment, vous l'avez dit,
17:39des responsables du Hezbollah.
17:40Notamment, un journaliste,
17:42chef du service politique
17:43de la chaîne de télé du Hezbollah
17:45qui a été touché.
17:46Il est mort avec sa femme
17:48dans cette frappe.
17:48Et puis, alors, surtout,
17:49surtout,
17:50ça n'a pas dû vous échapper,
17:51ce bombardement
17:53sur un immeuble
17:54de 10, 12 étages
17:55dans le quartier de Bachora.
17:57Là, c'est un immeuble
17:59qui était occupé
18:00par une banque
18:01proche du Hezbollah
18:02qui avait déjà été frappée
18:03la semaine dernière.
18:04La frappe de ce matin
18:05visait tout simplement
18:06à détruire entièrement
18:08l'immeuble.
18:08L'immeuble était vide.
18:09Il n'y a pas eu de victimes,
18:11même si les dégâts
18:11sont considérables.
18:13Mais le message
18:14était très clair.
18:15Ça voulait dire,
18:16attention,
18:16si vous habitez
18:17dans le nord de Beyrouth,
18:18ce sont des immeubles
18:20entiers
18:20qui peuvent être soufflés
18:22et s'effondrer.
18:23et c'était sans doute
18:25le but,
18:26mais ça a beaucoup
18:27frappé les esprits.
18:28Voilà, Nicolas Poincaré
18:30à Beyrouth
18:30avec Benjamin Danan
18:31pour BFM TV.
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