00:03Bonjour Maïa, bonjour à tous, bonjour Jean-François Copé, maire de mots, triomphalement réélu pour la sixième fois.
00:09C'est ça, ailleurs progrès du RN et des insoumis, ce premier tour vous inquiète ou vous rassure ?
00:14Écoutez, cette élection municipale, en fait, elle pose clairement le problème, c'est en gros,
00:20est-ce que dans un an, la France va ou non basculer comme d'autres pays dans l'extrémisme,
00:24parce que c'est ça le sujet, et on voit à travers ces élections municipales,
00:28cette première image est cette vraie menace.
00:30Alors, on parle beaucoup des grandes villes, j'imagine qu'on va en parler,
00:33c'est intéressant de voir le tissu des villes moyennes entre 30 et 100 000 habitants.
00:37Je prends l'exemple de mots, qui est assez significatif de cette société française
00:43avec nos quartiers, avec notre diversité, mais j'observe que, voilà, au premier tour,
00:49en réalité, LFI, qui un an et demi avant faisait 42% est descendu à 17%,
00:56que le RN, qui faisait 28% est descendu à 8%, c'est bien une démonstration
01:01que, quand des partis de gouvernement assument une politique aussi efficace que possible,
01:07en tout cas dans le domaine de la sécurité en particulier,
01:09mais aussi de l'ouverture, du progrès, ça peut parfois marcher,
01:14et enrayer le pire, c'est-à-dire l'arrivée des extrémistes dans les villes.
01:18– C'est le temps des tractations, les listes doivent être déposées ce soir à 18h,
01:22de très nombreux accords d'union de la gauche, qu'en pensez-vous ?
01:26– Je pense que c'est une honte, je pense que c'est absolument scandaleux
01:31de voir ce parti socialiste pour un plat de lentilles,
01:36pour reprendre la formule biblique, vendre, je ne dis plus son âme,
01:40c'est bien au-delà de ça, d'un côté incarner, continuer d'incarner la morale,
01:44et de l'autre, s'allier avec l'extrême-gauche.
01:46Nous, nous avons cet honneur-là, à droite, de ne pas accepter d'alliance avec l'extrême-droite.
01:50Lorsque je vois le PS se vautrer comme il le fait,
01:53notamment je pense à Toulouse, mais je pense à Clermont, je pense à Avignon, à Nantes,
01:57toutes ces villes de France où des millions d'électeurs vont se trouver en fait pris en otage
02:03parce que la menace, c'est que l'extrême-gauche soit au pouvoir dans les villes,
02:07tout ça pour préserver le PS.
02:08Donc moi, je ne veux plus entendre jamais de leçon de morale du PS
02:11qui nous dit avant, quelle horreur Mélenchon,
02:14pour ensuite nous dire qu'il y a les gentils Mélenchonistes et les méchants Mélenchonistes.
02:17Qu'est-ce qu'on n'aurait pas entendu, nous, si on avait fait la même chose avec l'extrême
02:22-droite ?
02:22Donc je trouve que c'est absolument scandaleux.
02:24Le PS devient infréquentable ?
02:26Ce n'est pas que le PS devient infréquentable,
02:28c'est que ça donne une idée en fait aux gens de droite
02:31du risque que l'on prend à s'allier avec les extrêmes.
02:34Parce qu'en réalité, une fois que vous êtes avec eux, c'est terminé,
02:37vous pouvez fermer la maison, vous n'êtes plus rien, vous êtes leur otage.
02:40Et c'est exactement ce qui se passe.
02:41C'est exactement ce qui se passe parce que Mélenchon et c'est Séide,
02:45parce que les bon parts et compagnie disent exactement la même chose,
02:48ne désavouant rien le chef.
02:50Donc quand j'entends certains LFI dire
02:52« Ah mais nous, nous on n'est pas tout à fait d'accord.
02:53Ah bon, mais vous démissionnez ou vous ne démissionnez pas ? »
02:56Qu'est-ce qu'on n'entendrait pas nous, à droite, si on n'avait pas un langage beaucoup plus
03:00clair ?
03:00Et donc moi je trouve que ce deux poids de mesure entre la droite et la gauche est absolument insupportable
03:05et que le PS, de mon point de vue, est totalement indigne dans son comportement.
03:10Et j'insiste, des villes comme Toulouse sont emblématiques.
03:12Jean-Luc Moudin, qui est un maire remarquable, je le connais depuis de nombreuses années,
03:17il a fait un travail fantastique à Toulouse.
03:20Voir la manière dont il a en face de lui l'EPS capable de s'allier avec l'extrême-gauche
03:24et donc de livrer cette ville à LFI,
03:26ça en dit long sur tous ces gens qui depuis des années nous expliquent
03:29qu'ils ont toujours raison et qu'on a toujours tort.
03:31Par exemple, à Marseille, hier Olivier Faure a dit
03:34« Si j'étais Toulousain, je voterais pour François Picmal, vous seriez marseillais ».
03:37Est-ce que vous voteriez pour Benoît Payan qui, lui, a refusé l'accord avec les Insoumis ?
03:43Écoutez, déjà il y a une chose, c'est que M. Faure, il arrête de dire pour qui il vote
03:46et pour qui il ne vote pas
03:47parce qu'un chef de parti, ça a une seule ligne et pas 36.
03:49Moi j'ai été chef de parti et je peux vous dire que ça n'est jamais arrivé par rapport
03:53à l'extrême-droite.
03:54Point numéro un.
03:55Point numéro deux, je ne sais pas ce que je ferai, mais il y a une chose qui est certaine.
03:58Vous ne savez pas ce que vous feriez ?
03:59Je ne sais pas ce que je ferai. Jamais de ma vie, je ne voterai pour l'extrême-droite.
04:02Jamais. Bon, ça c'est acquis.
04:03Ensuite, moi je ne vais pas rentrer dans un débat qui n'est pas le mien.
04:07Moi je sais qu'à titre personnel, tout le monde le sait, j'ai toujours refusé toute alliance avec l
04:11'extrême-droite
04:12et que j'ai fait un signe égal entre RN et LFI.
04:15Alors de ce point de vue-là, vous êtes effectivement un des leaders de ceux qui à droite dites
04:18« aucune compromission avec le Rassemblement national ».
04:22Est-ce que vous êtes inquiet ou rassuré de ce qui se profile dans votre camp au deuxième tour ?
04:26Je pense que de toute façon, les choses sont très claires.
04:29Je vois partout que les villes dans lesquelles les maires de droite refusent l'alliance avec le Rassemblement national
04:36gardent leur cohérence.
04:38Et peut-être que ça pourra donner de très bonnes surprises.
04:41Parce que vous avez beaucoup d'électeurs de droite qui, contrairement à ce qu'on raconte,
04:45n'ont aucune envie de se trouver otage du Rassemblement national quand ils voient l'état du PS otage de
04:51LFI.
04:51Et donc en réalité, il faut bien comprendre, et c'est ce que je vais écrire, je publie dans un
04:55livre,
04:55que je publie en quelques jours concernant les populismes, qu'en réalité, ça n'est pas de même nature.
05:01Un parti populiste, ce n'est pas un parti de gouvernement.
05:04Le RN et LFI sont des partis qui se moquent totalement, totalement de l'esprit de responsabilité,
05:09qui sont dans des approches déstabilisatrices, et en réalité qui cherchent des boucs émissaires
05:13là où nous, on veut rassembler.
05:15Donc on n'a rien à faire ensemble.
05:16À Paris, pour être élu, Rachida Dati aura quand même besoin des voix
05:21qui se sont portées sur Sarah Knafo au premier tour.
05:24Oui, mais d'abord, je voudrais quand même rappeler qu'il s'est passé quelque chose de très important hier.
05:28C'est que la liste de Pierre-Yves Bournazel et la liste de Rachida Dati,
05:31elles ont fusionné dans un esprit, je peux en témoigner,
05:34puisque j'ai été un peu associé à ces discussions,
05:36dans un esprit extraordinairement positif,
05:40alors qu'on pouvait se craindre que ça ne le soit pas.
05:42Et ça, ça fait quand même une différence.
05:44Première remarque.
05:45Deuxième remarque, je pense qu'effectivement,
05:47Mme Knafo doit entendre que premièrement,
05:50nous ne pouvons pas, pour toutes les raisons que je viens d'indiquer,
05:53imaginer d'alliances, même techniques,
05:55pour reprendre cette formule minable inventée par M. Fort au PS avec l'extrême gauche,
06:00nous ne pouvons pas faire d'alliances de cette nature avec Mme Knafo
06:02et que la sagesse serait qu'elle se retire.
06:06Je rappelle qu'elle a fait 10,3%, ou 10,4%,
06:10et qu'en réalité, ça ne se joue à rien, qu'elle soit qualifiée ou pas.
06:14Dans ce contexte, compte tenu du risque considérable de voir la gauche passer,
06:19je pense que si on veut une alternance à Paris,
06:21ça a du sens qu'elle se retire.
06:22Vous êtes en train de faire un appel à l'extrême droite, vous dites à l'extrême droite ?
06:25Certainement pas.
06:26Non, certainement pas.
06:27Et là, je vous le dis très clairement,
06:28et ça, je n'accepterai pas, et vous êtes bien placé pour le savoir,
06:31compte tenu des positions que vous savez que je prends depuis le début,
06:34on ne va pas mettre tout le monde sur le même plan.
06:36Refuser une alliance, comme nous le faisons,
06:38on ne va pas nous expliquer que c'est la même chose
06:39quand une liste retour se retire.
06:43Deuxièmement, on a toujours dit, et je le dis moi-même et je l'assume,
06:46les gens qui votent pour un parti du Rassemblement national,
06:49ça ne veut pas dire pour autant qu'eux sont d'extrême droite.
06:51Ça veut dire qu'ils en ont assez, qu'ils veulent que ça change,
06:53et qu'ils veulent de l'ordre.
06:55Et que dans un premier tour, ils expriment une différence.
06:57Je ne mettrai jamais ça sur le même plan que les partis eux-mêmes.
06:59Nous ne faisons pas d'alliance, les électeurs le savent,
07:02nous sommes très clairs, mais je pense que vu la gravité de la situation,
07:05le retrait de Mme Cnafot serait une décision qui correspondrait
07:10à tout ce qu'elle dit par ailleurs sur le fait qu'elle aborde la gauche.
07:14Jean-François Copé, invité des 4V, merci d'être passé par le plateau de France 2 ce matin.
07:18Très bonne journée.
07:18Merci.