Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 jours
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Jeff Wittenberg revient sur les questions qui font l’actualité avec Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:01Bonjour Maud Brechon, merci d'être avec nous ce matin.
00:03Les incendies font rage dans le sud de la France, il y a plusieurs foyers d'incendies en même temps.
00:09Est-ce que vous faites le constat que la France n'est pas assez équipée pour y faire face ?
00:13Je le dis cela parce que des unités de pompiers, notamment celles des Bouches-du-Rhône,
00:17réclament des moyens supplémentaires, notamment des bombardiers d'eau.
00:21Est-ce qu'aujourd'hui la France est assez équipée ?
00:23D'abord le Premier ministre suit la situation heure par heure,
00:27et ce depuis les premiers jours de la calicule.
00:30On avait encore hier un centre interministériel de crise avec une dizaine de membres du gouvernement.
00:34Le Premier ministre était à Marseille pour faire le point notamment sur les incendies.
00:39Ceux que l'on connaît en ce moment et ceux que l'on pourrait connaître dans les semaines à venir
00:44et durant l'été.
00:45Donc il y a vraiment cette volonté d'anticipation.
00:47Il y a 2000 pompiers qui sont mobilisés en ce moment et je les en remercie
00:52parce qu'ils font un travail absolument remarquable dans des conditions de sécurité
00:55qui sont évidemment parfois complexes.
00:59Et puis il y a également les moyens de la sécurité civile.
01:02Vous me parliez des moyens, les moyens aériens notamment de la sécurité civile
01:06qui sont déployés sur place.
01:08Donc l'ensemble des moyens nécessaires de l'État sont évidemment mis en œuvre.
01:13Du reste, si on parle d'anticipation, la question qu'on peut se poser pour les années à venir,
01:19c'est avons-nous besoin de davantage de moyens ?
01:21La réponse est probablement oui.
01:23C'est aussi pour ça qu'on continue à maintenir les budgets,
01:26notamment du ministère de l'Intérieur, mais pas que, en hausse pour les prochaines années.
01:30Alors on parle maintenant de la canicule.
01:32Votre collègue de la Santé, ministre de la Santé Stéphanie Ries,
01:36vient d'annoncer un triste bilan.
01:37Au moins 2025 décès supplémentaires liés à la canicule la semaine dernière, du 22 au 28 juin.
01:43Ces chiffres, dit-elle, vont évoluer.
01:46Est-ce que vous, porte-parole du gouvernement, il y avait eu 1000 décès déjà dans un premier bilan de
01:51Santé publique France.
01:52Est-ce que vous craignez un bilan encore plus meurtrier de cette canicule
01:56qui a frappé la France avant peut-être d'autres canicules dans l'été ?
01:59D'abord, chaque mort est toujours un mort de trop.
02:02Et j'ai vraiment une pensée pour les familles, pour leurs proches,
02:05pour qui c'est indéniablement difficile.
02:06Ce que je peux vous dire, c'est qu'on a évolué et qu'on a appris des précédents épisodes
02:11et notamment de cette canicule historique qui est celle de 2003.
02:13Je vous donne un exemple.
02:15Les EHPAD, où les personnes sont par définition âgées et fragiles,
02:19les EHPAD ont tenu, les hôpitaux ont tenu.
02:22Pour autant, on constate une surmortalité particulière
02:24chez les personnes seules, âgées, en ville, qui sont seules dans leur logement.
02:30Et donc moi, je crois que ça doit aussi nous interroger,
02:33et je le dis en tant que citoyenne, sur la solidarité collective
02:36qu'il y a au sein de la société.
02:37Vous savez, il y a le rôle de l'État,
02:41le contact des personnes, encore une fois, les plus isolées,
02:44ce aller vers qu'on met en œuvre.
02:46Et il faut probablement qu'on progresse, probablement qu'on l'amplifie.
02:49Mais je le dis quand même, il y a 40 ou 50 ans,
02:52on vivait avec ses parents, avec ses grands-parents jusqu'à tard.
02:54Il y avait des solidarités intergénérationnelles qui étaient très fortes.
02:57Et je crois que dans ces moments qui vont de toute évidence se répéter,
03:00on aura tous, et je le dis, y compris pour moi en tant que citoyenne,
03:04une responsabilité individuelle,
03:06s'intéresser à son voisin,
03:07s'intéresser à sa grand-mère, son grand-père.
03:09Donc c'est un appel à la solidarité collective.
03:11Je pense, en tout cas,
03:12est-ce qu'on a tous un petit rôle à jouer dans ce genre de moments ?
03:15Maud Bréjean, est-ce qu'il faut totalement exclure la possibilité
03:17d'un bilan de 10 000 morts ?
03:18C'est la menace qu'a brandie la présidente du groupe écologiste
03:23cette semaine à l'Assemblée nationale,
03:24s'attirant d'ailleurs la colère du Premier ministre Sébastien Lecornu.
03:27On voit qu'aujourd'hui, les chiffres augmentent.
03:29Vous vous rendez compte, l'indécence,
03:30qu'un responsable politique, quel qu'il soit,
03:32a à brandir un chiffre absolument pas étayé,
03:37sans aucune forme de considération nationale.
03:39Mais aujourd'hui, les chiffres montrent que le bilan est très lourd.
03:41Je ne dis pas le contraire, mais enfin, on est loin des 10 000 morts.
03:44On parle de 2025 morts, c'est évidemment bien trop.
03:47Mais un responsable politique qui arrive,
03:50qui dit qu'il y a 10 000 morts,
03:51sans que ce soit fondé sur absolument rien,
03:54uniquement pour être dans une démarche politique,
03:57c'est profondément choquant.
03:58Ce qui vient de se passer est grave.
04:00Ça a inquiété beaucoup de Français,
04:01ça a éprouvé beaucoup de Français.
04:03Et donc que chacun fasse preuve de sérieux.
04:04Néanmoins, sur ce sujet de la gestion de la canicule,
04:07les écologistes ont déposé une motion de censure
04:09qui va être examinée le 6 juillet.
04:12Et voici ce qu'elle dit, cette motion de censure.
04:14C'est que le gouvernement savait,
04:15le GIEC alerte depuis des années
04:17sur la fréquence et l'intensité des vagues de chaleur,
04:20que donc les choses n'ont pas été anticipées.
04:22Est-ce que c'est faux, Mme Bréjon ?
04:24Oui, bon, d'abord, deux choses.
04:26Depuis 10 ans, des politiques publiques
04:28ont été massivement déployées.
04:30Je prends un exemple.
04:31Le budget du ministère de l'Écologie a doublé.
04:346 500 écoles ont été rénovées,
04:35soit en passe d'être rénovées.
04:37Dès qu'on fait des rénovations
04:38ou qu'on construit de nouveaux hôpitaux,
04:40on prend en compte évidemment la dimension
04:42du changement climatique.
04:45Est-ce qu'il faut aller plus loin ?
04:46Probablement oui.
04:47Mais est-ce que ça nécessite une motion de censure ?
04:49Vous voyez, on est en pleine gestion de crise.
04:51Vous parliez des incendies tout à l'heure.
04:53Le gouvernement gère la crise.
04:54Des partis politiques responsables sont à nos côtés.
04:57Et puis on a, je crois, certains parlementaires
05:00qui entretiennent la crise.
05:01Donc il y a ceux qui gèrent la crise,
05:02il y a ceux qui entretiennent la crise.
05:03Vous la craignez, cette motion de censure ?
05:05Olivier Faul, le leader du PS,
05:06appelle ses troupes à voter pour elle.
05:08Est-ce qu'il pourrait y avoir une majorité
05:09qui renverserait le gouvernement l'année ?
05:11Là encore, moi, je ne me prononce pas
05:13à la place du Parlement.
05:14Je dis simplement aux parlementaires
05:15de bonne volonté,
05:16qui ont envie que les choses avancent.
05:17Le pays est dans une situation difficile.
05:20On sort de semaines très éprouvantes
05:22pour les Français.
05:22Pensons-nous vraiment que la solution
05:24à la canicule et au réchauffement climatique,
05:26c'est de censurer le gouvernement ?
05:27Mais il y a un risque ?
05:28Écoutez, encore une fois,
05:29moi, je laisse le Parlement
05:31prendre ses responsabilités.
05:32Vous pouvez avoir aussi une crainte
05:34en tant que porte-parole du gouvernement.
05:35J'espère, j'espère qu'il y aura
05:37une majorité absolue de députés
05:39qui voudront faire avancer le pays,
05:41résoudre les problèmes
05:42et ne pas les entretenir, encore une fois.
05:44On va parler de politique aussi
05:45via la préparation de l'élection présidentielle,
05:48puisqu'il y a quelques jours,
05:48vous avez annoncé votre préférence
05:52pour Edouard Philippe.
05:54Cette semaine, il ne vous a pas échappé
05:56qu'un autre leader politique,
05:58Laurent Wauquiez,
05:59l'ancien président de LR,
06:00dit qu'il encourage,
06:03il ne se rallie pas à Edouard Philippe,
06:04mais il encourage celui-ci.
06:06Est-ce que ça veut dire
06:06qu'Edouard Philippe,
06:07c'est le candidat de la droite aujourd'hui ?
06:08En tout cas, la politique,
06:09c'est rassembler.
06:10Ce n'est pas diviser.
06:11Et moi, je soutiens Edouard Philippe
06:12parce que je pense qu'il est aujourd'hui
06:14le plus à même
06:15de rassembler très largement
06:18à droite,
06:18mais également au centre.
06:20Vous savez, moi,
06:21je chemine aux côtés d'Emmanuel Macron
06:22depuis une dizaine d'années maintenant
06:25et je pense qu'ensemble,
06:27on peut travailler.
06:28Le rassemblement national
06:29est très fort dans ce pays.
06:31La France insoumise
06:32est extrêmement structurée.
06:33Le risque qu'on court,
06:34le risque qu'on court,
06:35c'est de laisser aux Français
06:37le choix d'un second tour
06:38entre le rassemblement national
06:39d'une part,
06:40la France insoumise d'autre part.
06:41Et donc face à ça,
06:42il faut construire un projet,
06:44il faut être capable
06:44de rassembler,
06:45de dépasser ses égaux,
06:47de dépasser ses carcans idéologiques.
06:49Et Edouard Philippe
06:50est capable de ça
06:50parce qu'il est maire
06:52d'une ville populaire,
06:53parce qu'il a été
06:53Premier ministre
06:54venant de la droite
06:55d'Emmanuel Macron
06:56depuis 2017.
06:57C'est des qualités importantes.
06:58Vous appartenez quand même
06:59à un parti dirigé
07:00par Gabriel Attal
07:01qui, je ne vous l'apprends pas,
07:02est également candidat
07:03à la présidentielle.
07:04Vous lui dites quoi,
07:05M. Attal ?
07:05Qu'il doit continuer
07:06à faire face,
07:08à se mesurer
07:10à Edouard Philippe
07:10ou qu'il doit se retirer
07:11comme par exemple
07:12Laurent Wauquiez
07:12appelle Bruno Rotaillot
07:13à le faire ?
07:14Chacun prend ses responsabilités
07:15et moi je n'ai pas
07:17à dire aux uns et aux autres
07:18ce qu'ils ont à faire
07:19dans les semaines
07:20ou dans les mois à venir.
07:21Moi ce que je veux
07:21c'est parler aux Français.
07:22Et je dis aux Français
07:23ce matin
07:23qu'ils viennent de la droite,
07:24du centre,
07:25qu'ils hésitent.
07:26Il est Français,
07:27Gabriel Attal,
07:27vous lui dites quoi ?
07:28C'est un Français aussi.
07:29Et je leur dis
07:29vous avez toutes les raisons
07:31de vous retrouver
07:32dans l'action
07:33et dans la personne
07:34d'Edouard Philippe
07:34parce qu'il est capable
07:35de rassembler ce pays.
07:36Donc vous ne craignez pas
07:37une division
07:37et une passe d'arme
07:39entre ces deux leaders ?
07:40C'est un risque
07:41qui est évident
07:42mais vous voyez
07:43je veux faire le pari
07:45de la responsabilité collective
07:46parce que je pense
07:47que la France
07:48est plus grande que nous.
07:49La France est plus grande
07:50que les ambitions.
07:51La France est plus grande
07:52que les égaux
07:52et qu'on arrivera,
07:53en tout cas je l'espère,
07:54et avec Edouard Philippe
07:55à se rassembler à la fin.
07:56La France est plus grande
07:57que les égaux.
07:58Merci beaucoup
07:59Maude Bréjean,
08:00porte-parole du gouvernement.
08:01C'est la suite de Télématins.
08:02Merci.
Commentaires

Recommandations