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Aujourd'hui, dans les "4V", Francis Letellier revient sur les questions qui font l'actualité avec Élisabeth Borne, ancienne Première ministre et députée (Renaissance) du Calvados.
Aujourd'hui, dans les "4V", Francis Letellier revient sur les questions qui font l'actualité avec Élisabeth Borne, ancienne Première ministre et députée (Renaissance) du Calvados.
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00:03Bonjour Maya, bonjour à tous et bienvenue dans les cas de vérité.
00:06Mon invité est donc l'ancienne première ministre Elisabeth Borne.
00:08Bonjour Elisabeth Borne, merci d'être sur ce plateau ce matin.
00:11L'augmentation des prix guides des carburants, c'est toujours à l'ordre du jour, du gouvernement notamment,
00:14puisque le Premier ministre va réunir deux fois ses ministres aujourd'hui pour voir si on peut donner un nouveau
00:18coup de pouce aux Français.
00:19Il semblerait qu'au-delà de la prime des 100 euros pour les grands rouleurs, il pourrait y avoir un
00:23coup de pouce.
00:24Est-ce que pour vous ça suffit ? Est-ce qu'il faut rester sur cette méthode ?
00:43Alors il faut que je reprenne la main, Elisabeth Borne, je vais vous repasser, reposer la question,
00:47parce qu'apparemment il y a un problème de micro.
00:49Donc quand on nous dira que le micro est réparé, on pourra vous entendre.
00:53Est-ce que ça marche ? Oui.
00:56Alors on va vous donner un micro-main, désolé.
00:58Voilà, c'est comme si vous étiez dans un meeting, mais vous n'êtes pas dans un meeting.
01:02Je vous posais la question de savoir si le gouvernement doit faire encore plus d'aide au carburant,
01:08des aides directes, ou s'il faut changer de méthode.
01:10Ce que je disais, c'est que je suis en ligne d'une certaine question de rame dans le Calvados,
01:15et que je vois bien à quel point la situation est difficile pour tous ceux qui doivent prendre leur voiture
01:19chaque jour
01:20pour aller travailler, faire parfois 20-30 kilomètres aller-retour.
01:24Donc je pense qu'il y a deux sujets. Il y a à la fois le niveau de l'aide,
01:27parce que depuis le début de la crise, c'est 120-160 euros de surcoût pour les Français.
01:32Donc il faut augmenter cette aide ?
01:34Donc je pense qu'il faut réévaluer l'aide.
01:36Jusqu'à combien à peu près ?
01:37Je pense qu'il faut que le gouvernement, déjà, anticipe sur ce que sont les prix aujourd'hui.
01:42Et puis il y a un sujet aussi sur la possibilité d'accéder à cette aide.
01:47Ça devait être simple. Manifestement, ça ne l'est pas complètement.
01:51Donc je pense qu'il faut aussi regarder comment on rend cette aide facilement accessible.
01:54C'est-à-dire quoi ? Il faut changer l'outil ?
01:56Je pense que, vous voyez, normalement, on avait compris qu'il suffisait d'aller sur le site des impôts,
02:02demander l'aide et que ça se passait facilement.
02:04Manifestement, ça n'est pas aussi simple que ça.
02:06Donc je pense qu'il faut à la fois réévaluer et avoir un dispositif très simple.
02:10Changer de méthode, quoi ?
02:12Sans doute.
02:12Sans doute changer de méthode.
02:13Est-ce que le retour à la ristourne à la pompe, comme ça a existé, vous avez connu ça, ça
02:17pourrait être envisageable ?
02:19Écoutez, tous ceux qui demandent ça aujourd'hui, ce sont les mêmes qui reprochent d'avoir dépensé trop d'argent,
02:25qui reprochent aujourd'hui l'état des finances publiques.
02:28Donc je pense qu'il faut un peu de cohérence.
02:30Donc pas de retour à la ristourne à la pompe ?
02:31On a des Français qui sont en difficulté.
02:33Je pense que c'est important de cibler les aides prioritairement sur ces Français en difficulté.
02:38Donc pas question de retourner à la ristourne à la pompe ?
02:40Je crois que chacun peut voir l'état des finances publiques.
02:43Il y a assez de critiques sur le sujet.
02:45Donc ne demandons pas de remettre en place des aides qui sont par ailleurs critiquées.
02:49Dans ce contexte, Sébastien Lecornu doit préparer le budget pour l'année prochaine.
02:52Où se trouvent les économies possibles à vos yeux ?
02:54Il doit trouver 54 milliards.
02:56Je pense que ce qui est très important, d'abord le chiffre de 54 milliards,
03:00je crois que l'objectif, c'est d'avoir un déficit qui ne dépasse pas 5%.
03:05Suite, vous savez, des chiffres d'économie par rapport à des hausses potentielles,
03:11au bout d'un moment, on n'y comprend plus grand-chose.
03:13Mais en tout cas, viser 5% de déficit, ça me paraît important.
03:17Je pense que ce que tout le monde attend, c'est que l'effort soit réparti le plus justement possible.
03:24Et donc, chacun doit prendre sa part de la façon la plus juste possible.
03:28Est-ce que vous pensez que Sébastien Lecornu pourra se passer du 49-3 ?
03:31Alors, si vous me demandez si les oppositions vont voter le budget,
03:35je pense qu'elles ne le voteront pas.
03:37Ce qu'on peut attendre de tous ceux qui aspirent à diriger le pays,
03:40c'est qu'il n'empêche pas que la France ait un budget.
03:44On s'habitue un peu à ces lois spéciales.
03:47qui, finalement, permettent de continuer la vie courante.
03:51Mais ensuite, on vient nous dire, la croissance est moins forte en France.
03:56Oui, évidemment, si on ne peut pas investir pendant plusieurs mois,
03:58la croissance est moins forte.
04:00Ça ne permet pas de faire face à des crises.
04:01Donc, je pense que ce qu'on peut attendre de tous ceux qui veulent exercer des responsabilités,
04:05c'est qu'ils permettent que le pays ait un budget.
04:07De ne pas bloquer le budget.
04:09Mais si c'est le cas, Sébastien Lecornu, il ne faut pas qu'il hésite à utiliser le 49-3.
04:13Je vous dis, de toute façon, ce budget ne sera pas voté par les oppositions.
04:17Donc, que le Premier ministre recourt au 49-3
04:19et que les oppositions ne censurent pas le budget.
04:22Le gouvernement, pardon.
04:23Au passage, Sébastien Lecornu veut réduire les indemnités des ministres.
04:27Est-ce que vous trouvez que c'est une bonne idée ?
04:28Je pense que les Français attendent qu'on leur montre
04:31que tout le monde participe à l'effort.
04:34Donc, je pense que c'est dans cette idée-là que Sébastien Lecornu avance cette idée
04:38de demander des efforts, y compris aux ministres.
04:40Je pose cette question parce que quand Michel Barnier avait demandé aux anciens premiers ministres,
04:43dont vous, de réduire les dispositifs auxquels ils ont droit,
04:48officiers de sécurité, chauffeurs, secrétaires, ça dépend de l'ancienneté,
04:52vous aviez dit, ce n'est pas là-dessus qu'on fait des économies,
04:54surtout qu'il y a un problème de sécurité aussi.
04:55Moi, j'avais dit que c'est des dispositifs de sécurité,
04:58mais voilà, je pense qu'en tout cas, symboliquement,
05:00quand on demande des efforts aux Français,
05:01les Français attendent que tout le monde y participe.
05:04À propos des retraites, parce que le gouvernement, là aussi,
05:06envisage un gel des pensions à partir de 2034 euros par mois,
05:11est-ce que vous y êtes favorable ?
05:12On aura ce débat.
05:13Je pense que, là encore, je vous dis,
05:15on ne va pas demander aux retraités de supporter à eux seuls
05:19l'effort qui doit être fait.
05:22dans une logique, et ça suppose qu'on ait la vision d'ensemble,
05:26où chacun participe, il faut effectivement,
05:29sans doute que les retraités y participent aussi.
05:31On sait qu'il y a deux façons de le faire,
05:33soit de geler les pensions à partir d'un certain niveau,
05:37soit de revenir sur l'avantage fiscal, l'abattement de 10%.
05:41Qu'est-ce que vous préférez ?
05:43À titre personnel, je pense que c'est plus juste d'intervenir par l'impôt,
05:49mais de toute façon, c'est-à-dire de revenir,
05:52ou de plafonner cet abattement de 10%,
05:54parce que quand on cotise, il y a un contrat social
05:58qui est que la pension est indexée.
06:00Donc voilà, je pense que la logique voudrait qu'on intervienne par l'impôt.
06:04Donc plutôt revoir l'abattement de 10%.
06:07L'an dernier, pour obtenir la bienveillance du Parti Socialiste,
06:09Sébastien Lecornu avait gelé votre réforme des retraites à 64 ans.
06:14Pensez-vous que le prochain locataire de l'Elysée devra reprendre ce dossier
06:19là où vous l'avez laissé, 64 ans, voire plus ?
06:22Écoutez, ce dont je suis certaine, c'est que pour financer notre modèle social,
06:26pour pouvoir investir dans la recherche, l'innovation, la formation,
06:30la transition écologique, notre défense,
06:33on a besoin de maîtriser nos dépenses sociales.
06:37Et donc, je n'ai pas de doute sur le fait qu'il faut qu'on soit plus nombreux à
06:40travailler
06:41et pour ceux qui le peuvent un peu plus longtemps.
06:43Donc repousser encore au date 64 ?
06:45Non, je n'ai pas dit ça.
06:46Je pense que beaucoup de nos voisins ont un système
06:50dans lequel l'âge de départ se décale en fonction de l'espérance de vie.
06:54Finalement, c'est une règle qui est simple, prévisible
06:57et peut-être qu'on devrait s'en inspirer.
06:59Vous étiez ce week-end à la rentrée politique de François Bayrou à Lille-sur-la-Sorgue
07:03dans le Vaucluse.
07:03Il a appelé à une primaire allant du centre-gauche à la droite,
07:06donc de Bernard Cazeneuve à Bruno Rutaillot pour donner des noms,
07:09pour choisir le candidat du bloc central.
07:11Est-ce que vous approuvez cette idée ?
07:12Je pense que tous ceux qui étaient présents à ces universités du Modem
07:16partagent le fait qu'on a besoin de se rassembler.
07:19Et moi, ce que je note, c'est qu'aujourd'hui,
07:21le centre n'est pas représenté dans cette campagne.
07:24Et je pense que c'est important que ses valeurs,
07:28que sa vision soient portées.
07:29Mais alors c'est quoi ? C'est qui le centre ?
07:31Écoutez, le centre, je ne vais pas vous faire la théorie de ce qu'est le centre.
07:35C'est compliqué des fois.
07:35Mais quand effectivement Edouard Philippe dit
07:37« moi je suis un homme de droite, j'ai bien compris qu'il fallait rallier le centre
07:40et que Gabriel Attal revendique de ne pas être au centre
07:43ou de ne pas être centriste »,
07:45je pense que ces valeurs, cette vision du centre,
07:49c'est précisément à la fois, à mes yeux,
07:52ce qui peut permettre de répondre aux défis
07:54et ce qui peut permettre de rassembler.
07:56Mais qu'est-ce qui manque à Gabriel Attal ou à Edouard Philippe ?
07:58– Vous savez, je pense que quand on est au centre,
08:03on croit par exemple que le droit doit primer sur la force.
08:08On pense qu'on doit peut-être adapter les règles au sein des entreprises
08:13mais qu'on ne supprime pas le code du travail.
08:14On pense qu'on doit être exigeant sur le niveau des élèves
08:18mais qu'on ne doit pas leur fermer la porte à l'entrée du collège.
08:20Donc voilà, c'est ce genre de vision qui doit être portée dans la campagne.
08:27– Je dis Gabriel Attal parce que c'est le patron de votre parti quand même,
08:29il devrait être le candidat naturel.
08:30– Je vous dis ce à quoi je crois.
08:33Je crois aussi par exemple que quand un jeune de 14 ans commet un crime,
08:37il doit être sanctionné sévèrement mais pas jugé comme un adulte.
08:41Donc c'est ça les valeurs du centre que moi je porte
08:43et que je souhaite voir porter dans cette campagne.
08:46– Alors il y a plusieurs personnes qui sont sur la ligne de départ.
08:48Je vous ai ajouté parce que Yael Broun-Pivet,
08:49la présidente de l'Assemblée nationale l'autre fois,
08:51avait dit il manque de femmes.
08:51Vous auriez pu ajouter Elisabeth Borne.
08:54Vous êtes sur la liste de départ pour la présidentielle ?
08:55– On aurait pu rajouter Yael Broun-Pivet.
08:56– Non mais vous, vous êtes sur la ligne de départ pour la présidentielle ?
08:58– Non mais je vous dis, la situation est grave.
09:02Je pense qu'il faut du coup se concentrer et proposer un projet
09:06qui redonne de l'espoir aux Français.
09:07– Yael Broun-Pivet vous demande clairement d'y aller.
09:09D'autres aussi !
09:10– Je pense que ce que pointe Yael Broun-Pivet,
09:12c'est qu'il y a beaucoup d'hommes et assez peu de femmes.
09:14C'est factuel.
09:15– Merci Elisabeth Borne d'avoir accepté notre invitation
09:18sur le plateau des cas de vérité
09:19et de vous être adapté à notre micro qui était en panne.
09:22Et vous nous avez indiqué aujourd'hui
09:23qu'il fallait changer la méthode des aides au carburant.
09:27Merci beaucoup, à vous May.
09:28– Merci.
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