00:00Avec Annalisa Capellini, Annalisa, le président ukrainien Volodymyr Zelensky est à Paris aujourd'hui pour rencontrer le président de la République.
00:07Zelensky qui cherche du soutien auprès de ses alliés européens parce qu'il est acculé en ce moment.
00:11Oui, on sent que c'est un peu sa dernière chance pour le président ukrainien.
00:15Il essaye de se raccrocher à ses alliés en Europe et en particulier à Emmanuel Macron
00:20parce que c'est un peu son dernier espoir d'arriver à négocier une paix juste et durable.
00:25Je reprends les mots de l'Elysée parce que c'est ça qui est au menu de la rencontre d'aujourd'hui.
00:29Et des pourparlers avec les Américains qui patinent.
00:31Oui, on sait que la délégation ukrainienne était en Floride ce week-end pour continuer justement ces pourparlers avec les Américains.
00:38On sait que les négociations se sont faites sur la base de la nouvelle version de ce plan américain
00:43qui a été amendé la semaine dernière à Genève.
00:47On attendait une annonce majeure à l'issue de ces pourparlers.
00:50Il n'en est rien, au contraire, les discussions ne sont pas faciles selon ce que disent les Ukrainiens.
00:55On sait que ça bute sur plusieurs points.
00:57Oui, ils mettent la pression et ils veulent vraiment que l'Ukraine accepte le plan de paix qui a été négocié.
01:03Oui, sauf qu'il y a un problème, c'est que les Ukrainiens, eux, ils voient ce plan comme une capitulation totale.
01:08C'est vrai que dans la proposition originale de Donald Trump, il y avait une réduction des effectifs militaires de l'Ukraine.
01:13Il y avait la cession du Donbass, même de certaines zones qui sont encore sous contrôle ukrainien.
01:17Il y avait la reconnaissance de la Crimée comme un territoire de facto russe.
01:22Et puis, il y avait la promesse de ne jamais intégrer l'OTAN.
01:25Donc, on comprend que les Ukrainiens essayent de négocier au maximum.
01:28Mais en même temps, vous le disiez, ils sont soumis à une pression absolument folle
01:32parce qu'à Washington, on insiste pour qu'ils acceptent le plan et qu'ils l'acceptent vite.
01:36On sait que l'idée de Donald Trump, c'est que quand Steve Whitkoff part au Kremlin,
01:40et c'est ce qu'il va faire cet après-midi,
01:41il puisse présenter à Vladimir Poutine une avancée concrète, une proposition du moins acceptée par les Ukrainiens.
01:47Et pendant que les négociations sont bourbes, l'Ukraine continue de subir des attaques massives.
01:52Oui, notamment dans la nuit entre vendredi et samedi, des drones russes ont frappé Kiev
01:57avec un bilan humain d'un mort et onze blessés avec 600 000 habitants privés de courant.
02:04Ça fait partie de la grande stratégie russe.
02:06À ce point-là de l'hiver, c'est tout à fait la stratégie de Moscou qui a choisi de frapper les infrastructures énergétiques.
02:13Pourquoi ? Parce qu'avec une frappe, on a beaucoup de dégâts logistiques.
02:16Pas beaucoup de dégâts humains, si je puis dire, mais beaucoup de dégâts logistiques qui désorganisent l'Ukraine.
02:21Il faut rappeler qu'il y a aussi un caillou dans la chaussure du président ukrainien sur le plan intérieur
02:26avec cette affaire de corruption qui touche donc son cercle proche.
02:28Oui, tout son cercle proche et notamment son bras droit, Andri Yermak.
02:33Il y a encore quelques jours, c'était lui qui guidait les négociations avec les États-Unis.
02:37Il a été contraint de démissionner à cause justement de ce scandale de corruption.
02:41Un scandale d'une telle ampleur qu'il a en fait éclaboussé plusieurs membres du gouvernement
02:46et même des proches de Zelensky.
02:48Donc c'est possible que ce scandale ait des conséquences très lourdes sur la popularité du président en Ukraine
02:54et sur le soutien en fait que la population lui apporte.
02:57Et surtout, surtout, c'est un moyen de plus pour les Américains de faire pression sur Kiev.
03:01Selon Trump, la petite situation problématique, je le cite, en cours à Kiev,
03:05n'aide pas l'Ukraine dans les négociations.
03:07Donc comprendre le sous-texte, il vaut mieux accepter ce qu'on vous propose
03:10et l'accepter vite puisque vous êtes en position de faiblesse.
03:13Le Monde qui bouge, à retrouver Henri Pley en podcast sur l'application de BFM Business.
03:16Merci beaucoup Annalisa Capellini.
03:17Merci beaucoup Annalisa Capellini.
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