00:00Annalise à Capellini, le pétrole flambe et ça, ça va devenir un problème pour Donald Trump.
00:04Oui, c'est un sujet hautement sensible pour Donald Trump.
00:07Lui, pour l'instant, dit que ça représente un faible prix à payer pour la sécurité des États-Unis,
00:11pour la paix dans le monde et qu'au final, les prix du pétrole vont tomber assez naturellement
00:16une fois que la menace nucléaire iranienne sera écartée.
00:19Mais la réalité, c'est qu'il a fait toute sa campagne sur le pouvoir d'achat en 2022.
00:23Quand il y avait la crise en Ukraine et donc une flambée des prix à la pompe,
00:26il avait énormément critiqué Joe Biden qui était le président à l'époque.
00:30Pour sa gestion économique, il n'était pas assez attentive au portefeuille des Américains.
00:33Là, il va se retrouver face au même problème.
00:36Et puis, il y a un peu un souci de cohérence.
00:38Vendredi dernier, juste avant les premières frappes contre l'Iran,
00:41il vantait encore les mérites de son administration et le carburant à des prix très bas.
00:46Vous voyez, à un moment, on va se retrouver face à un souci de cohérence.
00:49Problème de cohérence à tel point que l'unité du camp Maga s'effrite.
00:52Oui, en effet, c'est compliqué parce qu'il faut savoir,
00:55est-ce qu'il faut suivre le Donald Trump d'il y a un an ?
00:57Celui qui insistait sur le pouvoir d'achat des Américains, sur America First ?
01:01Ou est-ce qu'il faut suivre le Donald Trump de maintenant,
01:03qui est beaucoup plus interventionniste,
01:04quitte à avoir un petit prix à payer, selon lui ?
01:07C'est un pari très risqué.
01:09Et puis, au sein de l'administration, on a plusieurs lignes différentes qui s'affrontent.
01:12Il y en a deux, notamment, qui sont incarnées par les deux hommes forts de l'administration Trump.
01:16Il y a Marco Rubio d'un côté et J.D. Vance de l'autre.
01:19Le vice-président, lui, est resté très, très discret depuis le début de la guerre.
01:24C'est très compliqué pour lui parce qu'il est partagé entre la fidélité à Donald Trump
01:28et, en même temps, sa ligne à lui.
01:30Lui, il a toujours été très critique vis-à-vis des présidents précédents
01:34qui avaient toujours initié des guerres.
01:36D'ailleurs, pire pour J.D. Vance, le fait que Trump n'ait initié aucune guerre
01:40était un immense point de force.
01:42Quand il a annoncé qu'il le soutenait début 2023,
01:45il avait dit que la principale raison de ce soutien était justement
01:49que Donald Trump n'avait déclenché aucune guerre.
01:51Lui, idéologiquement, il fait partie de la branche America First.
01:54Donc, c'est protéger vraiment les intérêts des Américains, leur portefeuille.
01:58Et pour lui, ça ne passe pas du tout par des interventions militaires
02:01à l'autre bout de la planète.
02:02Donc, il est un peu obligé de faire profil bas.
02:04D'ailleurs, Donald Trump ne l'a pas vraiment convié à ses opérations.
02:08Quand il a lancé les frappes, J.D. Vance était à Washington.
02:11Donc, il a suivi les frappes depuis la Maison Blanche,
02:14alors que Donald Trump, lui, était à Mar-a-Lago.
02:16Alors, on a un J.D. Vance qu'on n'entend plus trop,
02:18mais on a un Marco Rubio omniprésent, notamment à Mar-a-Lago.
02:21Lui, il y était exactement.
02:22Et sa stratégie est exactement l'inverse.
02:25Pourtant, lui non plus n'était pas pleinement convaincu
02:27de l'intérêt de lancer cette guerre-là.
02:29À ce moment-là, il trouvait qu'il avait trop de fronts ouverts.
02:32D'ailleurs, c'est lui qui a géré toute la crise au Venezuela,
02:34qui a géré les opérations avec Maduro.
02:36Ça a été un succès et ça l'a fait monter dans l'estime de Donald Trump.
02:39Mais Marco Rubio, naturellement, est beaucoup plus interventionniste que J.D. Vance.
02:44Donc, il s'est naturellement emparé de ce dossier.
02:46Lui, depuis le début des opérations, vous le voyez sur tous les plateaux,
02:49dans tous les journaux, en train de défendre cette guerre de Donald Trump.
02:53Pour lui, c'est clairement un moment favorable, évidemment.
02:56Derrière, il y a la présidentielle de 2028 qui se profile.
02:59Et malgré un Donald Trump omniprésent,
03:01il va devoir céder sa place à la fin
03:03et donc peut-être laisser ces deux dauphins s'affronter
03:05pendant la primaire du Parti républicain.
03:07Merci beaucoup Alessia Cappellini.
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