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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Stéphanie Rist, ministre de la Santé et des Familles.

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Transcription
00:00Bonjour, Stéphanie Rist, on vient d'apprendre qu'un homme est décédé dans l'incendie de son box aux urgences de l'hôpital d'Hier.
00:10D'abord, est-ce que vous pouvez confirmer ? Est-ce que vous en savez plus ? Est-ce qu'on sait ce qui s'est passé ?
00:16Oui, j'ai eu cette information cette nuit. Il y a eu un incendie à l'hôpital d'Hier au service des urgences.
00:23L'enquête est évidemment en cours. L'incendie est terminé. Par contre, les urgences sont fermées.
00:27Et donc, tous les patients qui veulent se rendre à l'hôpital d'Hier doivent aller à l'hôpital de Toulon.
00:34Et on n'en sait plus sur l'origine du feu ?
00:36Non, l'enquête est en cours. Il y a malheureusement une personne qui est décédée.
00:40Mais là aussi, je ne sais pas les circonstances. Évidemment, dès qu'on aura des informations, on pourra le dire.
00:46Mais donc, vous appelez clairement ce matin les patients qui en auraient besoin se rendre à l'hôpital de Toulon,
00:51où le service des urgences reste ouvert. Tous les syndicats de médecins libéraux, les cliniques aussi,
00:57appellent à une grève de soins pendant dix jours. Est-ce que vous vous attendez à une grève très suivie ?
01:02Elle est annoncée comme étant suivie. Vous savez, les médecins libéraux n'ont pas l'obligation à se déclarer en grève.
01:09Donc, on n'a pas de chiffre de prévision de médecins en grève.
01:13Mais quel que soit le nombre, l'important est de pouvoir dire à ces médecins que je suis évidemment à leur écoute,
01:20que nous devons continuer le dialogue qui n'est pas rompu, mais que nous devons le renforcer.
01:26Et que j'espère que ce mouvement durera le moins longtemps possible.
01:30Alors, ça veut dire quoi vraiment pour un médecin faire grève ? Est-ce qu'un médecin peut ne pas assurer les soins ?
01:36Vous avez plusieurs sortes, je dirais, de soins. Soit on est dans le cadre de l'urgence, c'est ce qu'on appelle la permanence des soins.
01:43Et j'ai pris les mesures nécessaires, d'ailleurs souvent avec les professionnels,
01:47pour que cette permanence des soins, qu'il n'y ait pas de risque vital pour nos concitoyens.
01:51Vous avez pris les mesures nécessaires, ça veut dire quoi concrètement ?
01:53Nous avons, territoire par territoire, avec les agences régionales de santé, avec les professionnels,
01:58regardé quand les médecins nous ont dit qu'ils allaient se mettre en grève, s'il y avait besoin ou pas,
02:03d'éventuellement réquisitionner.
02:06Ça veut dire réquisitionner, vous pouvez obliger un médecin à travailler ?
02:09Oui, la loi nous l'y autorise, et heureusement, parce que ce qui compte,
02:13c'est bien évidemment que nos concitoyens puissent être pris en charge.
02:16Et vous allez le faire donc ?
02:17Je vais le faire s'il y a besoin.
02:18Nous avons regardé territoire par territoire.
02:21Il y a quelques endroits où il faut demander à des médecins de ne pas se mettre en grève.
02:24Qui décide ? C'est vous, c'est le préfet ? C'est le patron de l'ARS qui décide ?
02:27Alors, c'est une proposition des agences régionales de santé au préfet.
02:32Mais vous savez, le plus souvent, ça se fait avec les médecins,
02:34et heureusement, bien évidemment, les médecins ont cette conscience de vouloir soigner les gens.
02:40Mais clairement, aujourd'hui, parce que ça ne va pas bien,
02:43si vous frappez à la porte de votre cabinet,
02:45il y a de fortes chances de trouver porte close.
02:48Non, mais il y a plusieurs choses.
02:49Soit vous avez un rendez-vous chez le cardiologue ou chez le neurologue prévu depuis plusieurs jours.
02:54Ce rendez-vous n'étant pas dans l'urgence, il va être décalé.
02:57Votre médecin a fermé, il vous donnera un autre rendez-vous.
03:00Si votre rendez-vous concerne une urgence,
03:03évidemment que vous serez pris en charge aujourd'hui, bien sûr.
03:07Mais par exemple, toutes les opérations qui ne sont pas forcément très urgentes,
03:10je pense à une pose de prothèse ou à une opération de la prostate,
03:15tout ça, on reporte ?
03:17Toute ma responsabilité est de faire que les gens qui doivent être soignés avec une permanence des soins soient soignés.
03:23Maintenant, il faut aussi respecter le droit de grève dans notre pays.
03:28Les médecins protestent, par exemple, contre une des mesures votées dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale
03:34qui autorise le gouvernement à modifier les conditions de remboursement de certains actes.
03:40Ça concerne qui ?
03:42Alors, c'est une mesure qui a été adoptée, contre mon avis, pendant le débat parlementaire.
03:47Je rappelle que le budget...
03:47C'est la démocratie, les députés votent ce qu'ils veulent.
03:49Vous avez raison, c'est la démocratie.
03:51Et en plus, c'est un budget de la sécurité sociale, de compromis, comme cela a été beaucoup dit.
03:55Et d'ailleurs, on peut se féliciter qu'il ait été voté,
03:58ce qui nous permet d'avoir des tarifs à l'hôpital qui sont stables au 1er janvier,
04:02comme on s'y était engagé.
04:04Maintenant, c'est une mesure qui dit que le gouvernement peut prendre, de façon unilatérale, des décisions.
04:11J'ai dit aux représentants syndicaux des médecins que ce qui compte pour moi,
04:15c'est les négociations conventionnelles avec l'assurance maladie.
04:19Donc, je veux absolument que cette confiance entre les médecins et l'assurance maladie
04:23puisse se renforcer et reprendre, puisque c'est comme ça qu'on avance dans notre pays sur les professions médicales.
04:31Le gouvernement aurait le droit de modifier les conditions de remboursement,
04:34mais vous, vous ne le ferez pas sans négociation préalable.
04:37Vous, Stéphanie Riste, vous ne le ferez pas.
04:39Je pense que ce n'est pas que Stéphanie Riste.
04:41L'intérêt d'un gouvernement n'est pas de décider tout seul dans son coin.
04:46L'intérêt d'un gouvernement, c'est de travailler avec les représentants des médecins
04:50dans le cadre des négociations conventionnelles,
04:53puisque notre système de santé tient avec l'assurance maladie
04:57dans ce cadre de négociations conventionnelles.
04:59Autre mesure qui ne leur plaît pas, celle sur les arrêts de travail,
05:03que vous avez décidé d'un peu comprimer.
05:05Je rappelle que le coût pour la collectivité a augmenté de 28%.
05:0928% entre 2019 et 2023.
05:12Est-ce que vous maintenez, Madame la Ministre, de devoir limiter les arrêts de travail ?
05:15Les arrêts de travail dans le budget de la Sécurité sociale
05:17sont limités à un mois pour la première prescription.
05:21On peut se dire qu'un malade qui aurait 3 mois ou 6 mois d'arrêt maladie,
05:25alors qu'il voit pour la première fois le médecin, on peut se demander comment il est suivi.
05:29Donc c'est tout à fait normal, après un mois, de retourner voir un médecin,
05:33après un mois d'arrêt maladie, parce qu'il faut bien sûr être soigné.
05:36Donc oui, de toute façon, cette mesure est votée.
05:40Donc la limitation à un mois d'arrêt maladie, elle l'est dans la loi.
05:43Mais honnêtement, c'est pas contraindre la liberté de prescription
05:47que de proposer qu'il y ait seulement un mois et de revoir le patient au bout d'un mois.
05:50Presque toutes les pathologies sont en dessous d'un mois dans la prescription d'arrêt maladie.
05:56À Crans-Montana, le dernier bilan fait état de 9 victimes françaises
06:00et de 23 blessés pris en charge.
06:03Est-ce que vous avez des nouvelles de l'état de santé de nos 23 compatriotes blessés ?
06:07Est-ce que vous craignez que le bilan puisse, en termes de personnes décédées,
06:10est-ce que vous craignez que le bilan puisse s'alourdir ?
06:12Oui, c'est un bilan très lourd et toutes mes condoléances aux familles des 40 victimes,
06:1829 décès français.
06:21Je voudrais vraiment avoir une pensée pour eux ce matin.
06:24Et nous avons 23 blessés français.
06:27Je voudrais remercier aussi le centre de crise de mon ministère
06:30qui, avec le ministère des Affaires étrangères et le ministère des Armées,
06:33ont permis de rapatrier, de transférer 18 blessés en France.
06:39Nous pouvons être fiers de nos soignants, de tout le système qui a permis ça.
06:46Parmi ces 23 blessés, il y en a-t-il certaines pour lesquelles le pronostic vital est toujours engagé ?
06:50Oui, vous savez, les blessés, les grands brûlés.
06:53Les grands brûlés sont des blessés graves.
06:55Il faut être très prudent sur l'évolution de ces blessés.
06:59Mais ils sont pris en charge dans des lits spécialisés et c'est ça qui compte.
07:03Un dernier mot très rapide sur la grippe.
07:05Le pic de l'épidémie devait être atteint à la fin de l'année.
07:09Et est-ce que vous le confirmez ?
07:10On est au début de l'année.
07:11Est-ce que vous le confirmez ?
07:12Ou est-ce qu'on n'est pas encore tout à fait au pic de l'épidémie ?
07:15Alors, on est probablement au pic, mais je ne peux pas vous le confirmer.
07:18Je pourrais, dans les jours qui viennent, probablement, avec une petite prudence,
07:22parce qu'on sait qu'à la rentrée, en revenant du brassage des vacances,
07:27il peut y avoir une petite remontée.
07:28Donc, on est probablement au pic, mais je ne peux pas le confirmer ce matin.
07:31Ce qui est sûr, c'est qu'il y a encore beaucoup de grippe
07:33et qu'il est encore temps de se faire vacciner parce que l'hiver n'est pas fini.
07:37Et donc, on est encore plusieurs semaines avec ce virus de la grippe.
07:40Donc, les personnes fragiles, plus de 65 ans, les femmes enceintes,
07:44doivent se faire vacciner et peuvent le faire encore.
07:46Stéphanie Riste, ministre de la Santé, invitée des 4V.
07:50Et bonne journée à tous.
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