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  • il y a 2 jours
Lionel Cardon, 25 ans à l'automne 1983, présenté alors comme l'ennemi public numéro un. Jeune cambrioleur soudain accusé d'avoir tué un couple de médecins à Bordeaux, un motard de la police à Paris. Individu qui ne va plus jamais sortir de la spirale criminelle, comme condamné aux ténèbres malgré les tenues blanches qu'il aime porter.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

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Transcription
00:0014h-15h, c'est l'heure du crime sur RTL.
00:06Vive émotion dans la région bordelaise à l'annonce de l'assassinat dans des conditions très mystérieuses
00:10d'un chirurgien renommé, François-Xavier Arang, âgé de 37 ans.
00:15Il a été retrouvé étranglé dans sa gentille haumière à Pessac, près de Bordeaux,
00:19alors que sa jeune femme a disparu.
00:22Bonjour, Lionel Cardon, 25 ans, présenté à l'automne 1983
00:28comme l'ennemi public numéro 1.
00:31Un jeune cambrioleur accusé d'avoir tué un couple de médecins à Bordeaux
00:35et un motard de la police à Paris.
00:37Individu qui ne va plus jamais quitter la spirale criminelle,
00:40condamné aux ténèbres malgré les tenues immaculées qu'il aime porter.
00:45Pourquoi a-t-il fait couler le sang ?
00:47Lionel Cardon, l'énigme de l'écharpe blanche ?
00:50L'heure du crime, la seule émission Radio 100% fait diverser tout de suite sur RTL.
00:58Mardi 11 octobre 1983, 7h30.
01:03Pierrette, femme de ménage, ouvre avec ses clés la porte d'une maison bourgeoise
01:08entourée d'un petit parc au numéro 57 de l'avenue Pasteur,
01:13à Pessac, une banlieue résidentielle de Bordeaux.
01:16Ses employeurs, François-Xavier Arendt, 37 ans, chirurgien,
01:20et son épouse Aline, 36 ans, anesthésiste, ne sont pas là, déjà parties,
01:27sans doute dans les cliniques bordelaises où ils exercent aucun désordre dans la maison.
01:33À 10h, l'employé répond au téléphone.
01:36C'est un collègue du docteur Arendt qui s'étonne de son absence.
01:39Il est attendu pour une opération.
01:41La femme de ménage raccroche.
01:44Elle monte à l'étage.
01:46Dans la chambre, le lit du couple est défait.
01:48Elle sursaute en entrant dans la salle de bain.
01:51François-Xavier Arendt gille dans la baignoire,
01:54tout habillé, un baillon dans la bouche, ligoté,
01:57un câble électrique autour du cou.
02:00Il ne respire plus.
02:01Pierrette est tellement épouvantée
02:02qu'elle court se réfugier chez elle.
02:05À 14h, la police est enfin alertée.
02:07Un médecin constate que la victime est morte par suffocation.
02:12La veille, l'agresseur a utilisé le câble de la télévision pour le ligoter.
02:18Le baillon dans la bouche est une serviette de toilette.
02:21Le docteur estime que François-Xavier Arendt a pu s'étouffer lui-même
02:25en tentant de se défaire de ses liens.
02:27Pas de traces de fouilles ou d'effraction.
02:30De l'argent, des bijoux sont toujours là.
02:32Mais l'épouse, Aline Arendt, est introuvable.
02:35Sa Renault 5 n'a pas bougé, mais la BMW de son mari a disparu.
02:41Mercredi 12 octobre, 14h.
02:43La BMW blanche du docteur Arendt est retrouvée à Nevers,
02:47à plus de 500 km de Pessac.
02:50La voiture, vide, clignotant gauche allumée,
02:53clé sur le contact, est abandonnée sur un trottoir.
02:57Le siège bleu marine du passager est maculé de sang.
03:00Une balle de calibre 7,65 a traversé la garniture de la portière droite.
03:06Le SRPJ de Bordeaux redoute qu'il soit arrivé malheur à Aline Arendt.
03:11En début de matinée, à 9h, la médecin s'est présentée à l'agence du CCF de Limoges.
03:19Aline Arendt a retiré 3000 francs en liquide.
03:22Le guichetier n'a pas vu si elle était accompagnée.
03:25On sait aussi que l'épouse a réglé un plein d'essence, en chèque, sur le trajet Pessac-Nevers.
03:32Toutes les pistes sont envisagées, celles d'un détraqué, d'un cambrioleur affolé,
03:36d'un amant avec lequel serait parti Aline Arendt,
03:39celles enfin d'un confrère médecin avec qui les Arendt auraient eu un différent.
03:44Sud-Ouest fait d'ailleurs sa une sur un médecin mentalement perturbé
03:49qui se serait vengé des époux Arendt.
03:52Ces pistes ne donnent rien, le couple Arendt était harmonieux, pas du tout menacé.
03:57Ils allaient bientôt s'installer à Saint-Laurent-du-Maroni, en Guyane.
04:0128 octobre, 18 jours après sa disparition, Aline Arendt est retrouvée morte,
04:06laissée dans les buissons, sur la commune de Prémry, au nord de Nevers,
04:11une balle de 7,65 en plein cœur.
04:14Vendredi 18 novembre 1983, un avis de recherche est diffusé dans toute la France.
04:21Il vise le dénommé Lionel Cardon, 25 ans, suspecté d'être impliqué dans la mort des époux Arendt.
04:28Son casier judiciaire est chargé, voleur depuis l'adolescence,
04:32écroué à 19 ans pour vol à main armée dans une station service.
04:35Le pompiste avait été blessé, il avait été condamné à 10 ans aux assises.
04:40Il a obtenu sa libération conditionnelle il y a seulement 6 mois.
04:44Il serait venu dans la région bordelaise pour écumer des résidences de médecins locaux.
04:50Deux mois avant le double meurtre, il a dévalisé à Pessac, un centre médical.
04:56Cardon et blond, mince, petite barbe.
04:59Il a laissé ses empreintes chez les Arendts, dans la maison, mais aussi dans la Renault 5 d'Aline Arendt.
05:06Lionel Cardon devient alors l'homme le plus recherché de France.
05:12Et voilà donc pour ce cambrioleur effronté, tête brûlée,
05:17qui serait passé de l'autre côté du décor dans le crime de sang,
05:21devenu tout simplement un meurtrier.
05:22Pourquoi ? Eh bien on va longtemps s'interroger effectivement sur cette trajectoire.
05:27Pour l'instant, on est face à ces deux cadavres, les époux Arendt.
05:32Rien n'a vraiment été volé dans cette maison.
05:36On se demande pourquoi finalement ce couple est mort.
05:40Bonjour Jean-Claude Paillère.
05:43Bonjour, à votre disposition.
05:45Oui, merci beaucoup d'être avec nous en direct dans cette heure du crime.
05:49Vous êtes ancien commissaire à la police judiciaire de Bordeaux
05:52et auteur d'un livre notamment, 30 ans au cœur des affaires de Bordeaux,
05:58paru aux éditions Sud-Ouest.
05:59Évidemment, Jean-Claude Paillère, cette affaire Cardon-Arendt,
06:04vous la connaissez parfaitement.
06:07Tout de suite, on est dans cette maison à Pessac, l'épouse a disparu.
06:12C'est très difficile à comprendre ce qui a pu se passer
06:15lors de cette attaque dans cette maison, Jean-Claude Paillère.
06:19Absolument, enfin, d'emblée.
06:21Je n'étais pas commissaire, j'étais commandant fonctionnaire, c'est un peu la même chose.
06:24Je vous ai monté en grade.
06:27Merci, merci.
06:29Le fait d'être commandant m'a permis de continuer de faire des enquêtes toute ma carrière.
06:33Bref, cette affaire, vous l'avez parfaitement résumée.
06:37On voit de suite que c'est quelque chose d'assez extraordinaire dans le paysage bordelais,
06:40puisqu'on est chez la Belle Endormie, c'est le surnom de Bordeaux.
06:45Tout est relativement calme jusque-là.
06:48Et patatras, on trouve effectivement,
06:52on prend la suite d'un service qui est primo-intervenant,
06:55qui était la Sûreté de Bordeaux.
06:57Et de suite, on se trouve face à un cambriolage qui, pour le moins, a mal tourné,
07:03mais bien au-delà, puisque de suite également,
07:07la mort du mari, c'est-à-dire de François-Xavier Aran,
07:12apparaît, apparaît dans des conditions absolument ahurissantes,
07:16retrouvée attachée dans des conditions sur lesquelles on va peut-être revenir.
07:20Au fond d'une baignoire, il n'a strictement rien à faire.
07:23Sa femme a disparu.
07:24On le verra par la suite, le cambriolage en lui-même,
07:30c'est quelque chose qui est un peu répandu depuis deux mois sur Bordeaux,
07:34puisqu'il y a un individu qui n'est pas encore identifié,
07:36qui sera sans doute, le sera par la suite,
07:39puisqu'évidemment, il deviendra notre auteur principal.
07:41Donc ce cambrioleur s'est spécialisé pendant deux mois
07:46dans des cambriolages de domicile de médecin,
07:50de cabinet de médecin, de véhicule de médecin,
07:52chaque fois qu'il voyait un caducé, etc.
07:54C'est ça.
07:54Bref, jusqu'à arriver, jusqu'à arriver à ce petit château castelé de Pessac,
08:01où habitent ces deux médecins qui ne demandent rien à la vie,
08:03que d'être heureux, puisqu'ils le sont.
08:05Et patatras, on prend la suite.
08:09Le jour même, la PJ est saisie.
08:13Et on va nous occuper très largement en totalité pendant un mois et demi.
08:17Voilà, et on va effectivement découvrir,
08:19parce qu'il a laissé des empreintes, Lionel Cardon, il est connu.
08:23Donc peu à peu, on va remonter, d'ailleurs relativement rapidement,
08:26sur sa piste.
08:28Bonjour David Sénin.
08:29Bonjour Jean-Alphonse.
08:30Merci beaucoup d'être avec nous en direct dans cette heure du crime,
08:34dans le studio de l'heure du crime.
08:35Vous étiez avocat général lors du procès pour braquage en 2018,
08:39procès qui évidemment impliquait Lionel Cardon.
08:42On va en parler de ces procès qui vont venir bien plus tard.
08:45Simplement un mot avec vous, David Sénin,
08:47sur la trajectoire, la primo-trajectoire, j'ai envie de dire,
08:50les débuts de Lionel Cardon jusqu'à ce double crime.
08:54Il est connu comme étant un cambrioleur.
08:56C'est un cambrioleur, c'est un délinquant
08:58qui a commencé sa carrière à la fin des années 70
09:01et qui n'a jamais rompu avec les délits,
09:06la commission de délits de plus en plus grave
09:08et qui n'a jamais vraiment été interrompu.
09:11Et il a eu une trajectoire ascendante
09:13qui l'a menée à plusieurs reprises devant des cours d'assises,
09:15dont la plupart du temps pour des actes aux homicides.
09:18C'est un garçon qui est un peu en guerre contre la société, c'est ça ?
09:20Il est en guerre contre la société.
09:21Dans le fond, son problème, ce n'est pas ce qu'il fait,
09:24mais c'est la critique de la société, critique de la prison.
09:28C'est un homme des années 70 et surtout du début des années 80.
09:32Et il rejoint, il comprend les critiques politiques
09:34qui sont faites contre la prison,
09:36les quartiers de haute sécurité, les maisons centrales,
09:39la justice, bien entendu.
09:40Et il va surfer sur cette vague,
09:42assez soutenue par des politiques, des intellectuels
09:45et des journalistes, ainsi que la justice.
09:48Jean-Claude Paillère, on a dit,
09:50le docteur Haran, on l'a retrouvé dans la baignoire ligotée,
09:54il s'est étouffé.
09:56L'épouse, elle va être retrouvée près de Nevers
10:00avec une balle dans le cœur.
10:03Elle a été froidement abattue, cette femme,
10:05selon vous et selon les conclusions de l'enquête, Jean-Claude Paillère ?
10:09Alors, l'enquête a été assez délicate à mener.
10:14Et de bout en bout, on va le voir apparaître,
10:16jusqu'à la fin de ce récit,
10:19l'hypothèse revendiquée par l'auteur principal,
10:25Lionel Cardon.
10:28Donc, il a indiqué, il indiquera jusqu'au bout
10:30avoir agi avec des complices.
10:32Oui, c'est ça.
10:32Donc, elle a, à l'évidence, et je réponds en rien soucié,
10:35à votre question, été abattue.
10:39On l'a tuée.
10:40Alors, est-ce que c'est lui qui l'a tuée ?
10:42Les fameux complices qui fleurissent dès le départ
10:45et puis qui seront présents jusqu'à la fin
10:47et qu'on ne trouvera jamais.
10:49En tout cas, elle a effectivement,
10:51elle a été, je ne pense pas qu'il y ait une notion
10:52de pré-magicitation, donc elle a été tuée volontairement.
10:55Oui, je comprends.
10:56En raison des circonstances sur lesquelles je peux revenir.
11:00Oui, on va en parler de toute façon.
11:01Mais effectivement, elle a été tuée froidement, cette femme.
11:04Bonjour, Maître Philippe Decaune.
11:06Bonjour.
11:07Merci beaucoup d'être avec nous également
11:08dans cette heure du crime, avocat au barreau de Bordeaux.
11:11Vous êtes un des avocats qui a défendu la famille Aran.
11:15Il y a quelque chose d'étonnant, c'est qu'à l'époque,
11:18cet homme, Lionel Cardon, il va téléphoner au cabinet
11:23qui, à l'époque, est géré par votre père, Paul Decaune.
11:26Pour dire qu'effectivement, il n'a rien fait.
11:29Ça, c'est très étonnant.
11:30Il va téléphoner tout de suite.
11:32Il va y avoir cinq ou six appels, me semble-t-il, de mémoire,
11:36avec plus ou moins de temps, ensemble pour essayer d'identifier
11:40d'où il appelait.
11:41Nous, notre but était surtout de savoir ce qu'il était advenu
11:45d'Ali Naran et de savoir ce qui avait pu se passer
11:49pour la mort de François-Xavier.
11:52Et il ne cessait de dire que François-Xavier,
11:54c'était un accident, que ce n'était pas lui
11:57qui avait opéré, que c'était des comparses, des complices,
12:01qu'ils étaient d'ailleurs plusieurs véhicules,
12:03mais on n'a jamais trouvé trace d'autres véhicules
12:05que celui qui a été utilisé, qui était en fait la BMW,
12:09et qui était la BMW d'Ali Naran, bien sûr.
12:11On ne va pas en savoir beaucoup plus pendant pas mal de temps.
12:15Un mois après le double meurtre de Pessac, un policier a battu.
12:19Lionel Cardon, l'énigme de l'écharpe blanche.
12:23Nous sommes tombés d'accord à l'unanimité sur l'élimination du témoin.
12:27L'enquête de l'heure du crime.
12:28On se retrouve dans un instant sur RTL.
12:30L'heure du crime consacrée aujourd'hui à l'affaire Lionel Cardon.
12:46À la mi-octobre 1983, ce jeune cambrioleur est soupçonné
12:50d'avoir tué un couple de médecins près de Bordeaux.
12:53Recherché par toutes les polices, on va le retrouver à Paris,
12:56derrière cette fois la mort d'un policier.
13:00Lundi 21 novembre 1983, 23h50,
13:04deux motards de la police parisienne,
13:06les gardiens de la paix Claude Auchard et Patrick Steinmetz,
13:09stoppent un jeune motocycliste, place de la Concorde à Paris.
13:13Le feu arrière de son deux roues est cassé.
13:16L'individu dit avoir oublié ses papiers.
13:18Il doit suivre les motards jusqu'à la préfourrière Ballard,
13:22dans le 15e arrondissement.
13:23Mais juste avant d'arriver à destination,
13:26il leur faute compagnie.
13:27Le gardien Auchard prend en chasse le fuyard.
13:30Course poursuite qui mène jusqu'au bois de boulogne,
13:32où le policier et le fuyard chutent.
13:35Le gardien porte la main sur son arme.
13:37L'individu tire à trois reprises.
13:40Claude Auchard, 30 ans, père de deux enfants,
13:42est tué de deux balles de 7,65 dans la poitrine.
13:46Les empreintes parlent.
13:48En quelques heures, le rapprochement est fait avec Lionel Cardon,
13:51l'homme recherché pour le meurtre des époux à Rans.
13:54Dimanche 22 novembre, lendemain du drame,
13:5710h20, l'agence France Presse reçoit un coup de fil
14:00de Lionel Cardon en personne.
14:03Il explique qu'il ne voulait pas tuer le policier du bois de Boulogne.
14:05Il parle de légitime défense.
14:07Cardon assure aussi qu'il n'a rien à voir avec l'affaire de Pessac.
14:11Il n'a pas tué le couple de médecins.
14:13La capitale est sous surveillance,
14:16mais aucune trace du fugitif.
14:17Jeudi 24 novembre,
14:19trois jours après la fusillade du bois de Boulogne,
14:22un homme armé est signalé dans un immeuble
14:24du 16e arrondissement de Paris,
14:26au numéro 59 de la rue Nicolo.
14:29L'individu a fait irruption
14:31dans l'appartement du 4e étage,
14:33celui de l'avocate Nicole Dreyfus.
14:35Il attient un otage avec trois autres personnes,
14:38la secrétaire du cabinet,
14:39Annette Kahn, une journaliste du quotidien de Paris,
14:42et une femme de ménage.
14:43Les policiers apprennent vite que le preneur d'otage est Lionel Cardon.
14:47L'avocate Nicole Dreyfus avait plaidé contre lui
14:50dans une affaire ancienne.
14:52Quant à la journaliste Annette Kahn,
14:54elle a été invitée à se rendre au cabinet en toute urgence.
14:57Elle est tombée dans un piège.
14:59Cardon est en fait mécontent d'un article
15:02qu'elle a rédigé sur l'affaire Aran.
15:05L'immeuble est cerné dans l'appartement.
15:08Cardon enregistre une confession sur magnétophone.
15:11« Je n'ai rien à avoir avec le déroulement dramatique de cette affaire »,
15:15déclare-t-il en évoquant l'affaire Aran.
15:18« Il n'a pas tué Aline, il était seulement complice.
15:21Nous nous sommes concertés pour savoir ce qu'il fallait faire.
15:24Nous sommes tombés d'accord à l'unanimité
15:26sur l'élimination du témoin »,
15:29déclare-t-il sur l'enregistrement.
15:32Autour de 14h,
15:33trois policiers tentent d'entrer.
15:35Bref, échange de coups de feu.
15:36Un brigadier est légèrement blessé.
15:38Après sept heures de négociation,
15:40Lionel Cardon, veste de costume,
15:43longue écharpe blanche, se rend.
15:46Lionel Cardon est écroué à la prison de Gradignan,
15:49près de Bordeaux.
15:50Il nie le double crime des époux Aran.
15:52On ne reconnaît que la mort du motard de la police.
15:54« Je ne voulais pas, mais c'était lui ou moi », dit-il.
15:57Cardon affirme que l'arme qui a servi à tuer Aline Aran a disparu.
16:01La balistique constate pourtant que c'est ce même pistolet
16:04qui a tué la médecin et le gardien de la paix.
16:09Difficile de savoir à ce stade où se situe Lionel Cardon,
16:12entre cambrioleur et puis meurtrier déterminé.
16:17Les doutes restent.
16:18Trois personnes sont mortes.
16:20Deux procès attendent Lionel Cardon.
16:22On va en parler dans un instant.
16:24David Senna, vous êtes avec nous dans cette heure du crime.
16:27avocat général lors d'un procès de Cardon qui viendra plus tard.
16:30On va en parler.
16:32Et vous connaissez bien la trajectoire de ce personnage.
16:34C'est quand même très très frappant.
16:36Même fou et étonnant.
16:38Et c'est rarissime en matière criminelle.
16:40En quelques semaines,
16:43il a scellé son destin Lionel Cardon.
16:45On a l'impression que là,
16:46il brille parmi les assassins connus finalement.
16:50Les meurtriers connus.
16:51Les meurtriers connus.
16:53Absolument.
16:54Il a voulu occuper une place centrale
16:56dans le milieu du crime.
16:57Il devient l'ennemi public numéro un.
16:59Il faut se souvenir que Messrine est mort en 79.
17:03Et que de fait,
17:03la place est libre.
17:04Il occupe la place médiatique
17:06d'ennemi public numéro un
17:07qu'on lui reconnaît
17:08et qui le valorise.
17:10Et en quelques semaines,
17:11en effet,
17:11il bascule dans une succession de crimes.
17:14C'est rarissime, vous l'avez dit.
17:17La récidive en matière criminelle,
17:18c'est peut-être 2% des hypothèses.
17:20Il n'y a que 2% des meurtriers,
17:22des criminels qui recommencent.
17:24Et lui, illustre cette exception.
17:26Avec cette allure,
17:28il faut bien le dire,
17:28parce que ça va faire sa marque de fabrique,
17:30ça griffe cette écharpe blanche.
17:32On va la voir sur toutes les photos.
17:33Lorsqu'il y a la prise d'otage,
17:35il sort devant l'immeuble,
17:37il est photographié,
17:38il y a des caméras.
17:39Et là, tout de suite,
17:40il se dégage une espèce d'aura.
17:43Voilà.
17:43Il se met un peu en scène.
17:45Il aime bien ça.
17:46Il est totalement narcissique
17:47et il a son panache blanc.
17:50Et de fait,
17:50la société va entretenir cette image
17:53en soulignant à l'envie
17:55qu'il a cette marque vestimentaire d'élégance.
17:59Et ça ne va faire que renforcer chez lui
18:02cette identité qu'il s'est donnée
18:04de chevalier du crime.
18:06Jean-Claude Payère,
18:07vous êtes également avec nous,
18:08policier.
18:09Vous étiez à la PJ de Bordeaux.
18:11Je recite votre livre,
18:1230 ans au cœur des affaires de Bordeaux,
18:15paru aux éditions Sud-Ouest,
18:16il faut le lire.
18:16C'est passionnant tout à fait
18:17ce que vous racontez.
18:18Jean-Claude Payère,
18:20on a l'impression qu'avec Cardon,
18:23ce n'est jamais lui.
18:24C'est-à-dire que ce n'est jamais lui
18:25pour les époirants,
18:26ce n'est presque jamais lui non plus
18:29pour le policier dans le bois de Boulogne.
18:31Il va dire,
18:32c'était lui ou moi,
18:33Jean-Claude Payère.
18:35C'était lui ou moi.
18:37Il est quand même simplement contrôlé
18:39parce qu'il a un feu rouge
18:40qui est défaillant à sa moto.
18:42Les policiers,
18:45donc les deux policiers l'interpellent.
18:48L'un s'éloigne un peu.
18:50Il reste en présence du brigadier au char
18:51qui va avoir ce funeste destin.
18:54Il ne lui laisse pas le temps
18:55de dire quoi que ce soit.
18:56C'est-à-dire que Cardon prend son arme,
18:59le pointe,
19:00l'autre met sa main sur son étui
19:02et il est de suite tué.
19:04Donc, je ne pense pas qu'il y ait eu
19:07de circonstances
19:09qui puissent permettre de dire
19:12que c'était lui ou moi.
19:13Oui, c'est ça.
19:13Il a très rapidement
19:15tué cet homme
19:16qui ne s'attendait là-dessus
19:19mais peut-être pas
19:19à trouver immédiatement,
19:22certes,
19:23Cardon a été recherché,
19:24mais à être mis en présence
19:25place de la Concorde
19:26sur une moto à 10 balles,
19:28retrouver le...
19:28immédiatement,
19:31Cardon tue cet homme.
19:34Je comprends.
19:35Ce que vous dites,
19:35c'est qu'il n'y a pas
19:36de légitime défense
19:37en quelque sorte.
19:38C'est que...
19:38Voilà, c'est allé...
19:40Il n'y a pas de légitime défense
19:40entre un policier
19:44et un contrevenant.
19:45Il faut qu'il se rende
19:47en force de police,
19:48c'est le point final.
19:49Mais là même,
19:50il n'y a pas de danger
19:51pour Cardon, si vous voulez.
19:52Donc, effectivement,
19:53la notion de légitime défense
19:55que vous soulevez,
19:55elle n'est absolument pas applicable
19:56à cette situation.
19:58Je comprends tout à fait
19:58David Sénat, un mot.
20:00Il téléphone beaucoup,
20:01Cardon, quand il est en cavale.
20:02Il a téléphoné à l'avocat
20:04de la famille Aran.
20:05Il téléphone à l'agence France Presse
20:07pour dire,
20:07pour expliquer les circonstances
20:09de la mort du policier.
20:10Chaque fois,
20:11ce n'est pas vraiment lui, quoi.
20:12Il est au milieu.
20:14Lui, il n'a pas fait grand-chose,
20:15finalement.
20:16Il est là un peu presque
20:17par hasard.
20:18Ça n'est jamais lui.
20:19Il est présent physiquement.
20:21Il reconnaît une participation matérielle.
20:24Mais il n'est en rien responsable.
20:26C'est toujours
20:28soit les autres,
20:28soit la société
20:29qui l'a conduit
20:30à commettre
20:31ce qu'il a commis,
20:33la justice,
20:34les condamnations,
20:35la prison,
20:35la critique des maisons centrales.
20:36Il se revendique
20:37comme centralien,
20:39c'est-à-dire
20:39comme ancien
20:40des maisons centrales
20:41en jouant sur
20:42l'appellation centralienne
20:43qui est très prestigieuse.
20:44et c'est quelqu'un
20:45qui revendique
20:46auprès des médias
20:48notamment
20:48cette qualité
20:50qu'il se forge,
20:51cette identité
20:52qu'il se forge.
20:53Il joue parfaitement bien
20:54avec une société
20:55du spectacle
20:56qui est,
20:57dans ses années 80
20:58et 90,
20:59déjà à l'œuvre.
21:00Voilà.
21:01Donc, il a compris
21:01peut-être comment le système
21:02pouvait fonctionner.
21:04On peut le voir comme ça.
21:05Maître Philippe de Cône,
21:08vous étiez
21:09l'un des avocats
21:10du couple Aran,
21:13de la famille Aran.
21:15Finalement,
21:16un petit retour
21:16sur la maison
21:17de Pessac,
21:18on ne sait pas vraiment
21:19ce qui s'est passé
21:20parce que Cardon,
21:21il n'explique rien
21:22ou il est très très vague,
21:24il parle de complices.
21:25On ne sait pas vraiment
21:26ce qui s'est passé
21:26dans cette maison.
21:28Il ne vient pas
21:29dans la maison de Pessac
21:30pour tuer François-Glavie
21:31et Garan.
21:32C'est évident.
21:33Il ne vient pas pour ça.
21:34Il vient pour
21:34cambrioler
21:35mais que ceci
21:37devient tout à fait
21:38accessoire
21:38après la découverte
21:39de l'assassinat
21:40et que François-Glavie Aran
21:43a dû,
21:43pour une raison
21:44ou pour une autre,
21:45résister,
21:46n'a pas voulu
21:47se laisser faire,
21:49a peut-être essayé
21:49de s'opposer
21:50à cet homme seul
21:51et non pas
21:52au plusieurs
21:52qu'ils étaient
21:53et il a été attaché,
21:55il a été ficelé.
21:57Deux procès
21:58pour le cambrioleur meurtrier.
22:01Lionel Cardon,
22:02l'énigme
22:02de l'écharpe blanche.
22:03Je vais retourner
22:04en prison,
22:05je préfère
22:06m'auto-détruire.
22:07L'enquête
22:07de l'heure du crime.
22:08À quoi joue
22:09ce jeune accusé
22:10à l'ère encore
22:11adolescent ?
22:12À suivre
22:13dans un court instant
22:14sur RTL.
22:15Jean-Alphonse Richard
22:17sur RTL.
22:18C'est l'heure du crime
22:19jusqu'à 15h.
22:21L'heure du crime
22:22présentée par
22:23Jean-Alphonse Richard
22:23sur RTL.
22:25Avec Lionel Cardon,
22:26ce n'est pas accuser
22:27levez-vous
22:28mais salut l'artiste.
22:29Costume blanc
22:30de scène
22:31et accent chantant
22:32du Lot-et-Garonne
22:33qui lui donne
22:33un faux air
22:34de Francis Cabrel.
22:35Cardon semble être
22:36venu à son procès
22:37non pour rendre
22:38des comptes
22:39mais pour régler
22:40ses comptes.
22:41Retour aujourd'hui
22:43dans l'heure du crime
22:43sur la trajectoire
22:44de Lionel Cardon
22:45en novembre 83.
22:46Ce jeune cambrioleur
22:48se retrouve accusé
22:49de la mort
22:49de trois personnes.
22:50Un couple de médecins
22:51à Bordeaux,
22:52un policier à Paris.
22:53Trois ans plus tard,
22:54il va comparaître
22:55dans deux procès différents.
22:58Mardi 8 avril 1986,
23:01Lionel Cardon,
23:0228 ans,
23:03tout de blanc vêtu,
23:04cheveux blonds ondulés,
23:05regard bleu limpide,
23:06s'installe dans le box
23:07des accusés
23:08de la cour d'assises
23:09de Paris.
23:10Entrée remarquée,
23:11Cardon est irrité
23:12par la présence
23:13d'appareils photos,
23:14de caméras,
23:15puis il se fait timide
23:16quand on lui demande
23:17de parler de lui.
23:18Je suis gêné,
23:19ce n'est pas aisé
23:20devant des inconnus
23:21d'évoquer mon enfance,
23:22dit-il.
23:23Un père qui s'est suicidé
23:24en se jetant d'une falaise,
23:26la délinquance
23:27comme seule façon
23:28d'exister.
23:29Je n'ai jamais supporté
23:30l'esclavage
23:31de la pointeuse,
23:33affirme-t-il.
23:33Jugé pour la mort
23:34du motard de la police,
23:36Claude Auchard,
23:37il n'a pas grand-chose
23:37à raconter.
23:38S'il a tiré,
23:39c'est par réflexe.
23:40Cardon,
23:41portait bien ce soir-là
23:42un gilet pare-balles,
23:44mais il ne sillonnait pas
23:45Paris à moto
23:46pour tuer,
23:47affirment ses avocats.
23:48Ils évoquent
23:48un tragique concours
23:49de circonstances.
23:51Les psychiatres
23:51parlent d'un individu
23:52immature,
23:54lancé dans une course folle.
23:56À maître Nicole Dreyfus,
23:58l'avocate prise
23:59d'un otage,
24:00Cardon a dit
24:00« Si je survis,
24:02je vais retourner
24:02en prison,
24:03je préfère
24:04m'auto-détruire. »
24:05Les états d'âme
24:06de l'accusé
24:06laissent les jurés
24:07de marbre.
24:08Cardon est condamné,
24:09perpétuité.
24:11Mercredi 10 décembre 1986,
24:14huit mois après
24:15la condamnation
24:16à perpétuité,
24:17Lionel Cardon
24:17est jugé à Bordeaux
24:18pour les meurtres
24:19et les séquestrations
24:20des médecins
24:20François-Xavier
24:21et Ali Naran.
24:23Cette fois,
24:24Cardon n'est plus
24:25l'homme en blanc,
24:26blouson noir,
24:27pantalon noir,
24:27sweatshirt noir.
24:28La salle est comble.
24:30Les familles
24:30des deux victimes
24:31sont au complet.
24:32Aucun proche
24:33de Cardon n'est présent.
24:34L'accusé garde
24:35la tête entre ses genoux.
24:37« On m'accuse
24:38de tous les maux
24:38de la terre, »
24:39dit-il,
24:39entre deux soupirs
24:40exaspérés.
24:42Cardon reconnaît
24:43qu'il était dans
24:43la maison du couple
24:44Aran,
24:44mais il n'était pas seul.
24:46Ici,
24:46deux mystérieux complices,
24:48Patrick et Isabelle.
24:49Ce sont eux
24:50qui ont tué,
24:51pas lui.
24:52Ses avocats démontrent
24:53qu'il fallait
24:53au moins deux personnes
24:55pour tenir en joue
24:56la femme médecin
24:57et ligoter le mari.
24:58Mais les complices
24:59ne sont jamais
25:01été retrouvés.
25:02La partie civile
25:03fait remarquer
25:04que seules
25:05les empreintes
25:05de l'accusé
25:06sont dans la maison.
25:07Il a agi seul
25:08comme il l'a toujours fait,
25:09conclut l'avocat général.
25:11Cardon s'insurge,
25:12on l'expulse,
25:13condamné
25:14à la perpétuité.
25:15Il sera libéré
25:1626 ans plus tard.
25:19Et 26 ans plus tard,
25:20on croira
25:20que Lionel Cardon
25:21ait rangé des voitures,
25:23comme on dit
25:24dans le langage
25:25du banditisme.
25:26Rangé des voitures,
25:27ce n'est pas si sûr.
25:28On va en parler
25:29dans le prochain chapitre.
25:31Un petit mot,
25:31David Senna,
25:32sur ces deux procès
25:33évidemment qui n'ont
25:34en quelque sorte
25:34rien à voir,
25:35même si l'auteur
25:36présumé
25:38puis l'auteur
25:38condamné
25:39est toujours le même.
25:40Lionel Cardon,
25:42procès,
25:42il est tout de blanc
25:43vêtus au procès
25:45de la mort
25:47du motard
25:47au char,
25:47tout de noir
25:48vêtus
25:48au procès
25:50des époux
25:51à Rang.
25:51Si on prend
25:52le premier procès,
25:53le motard au char,
25:54ce n'est pas qu'il revendique
25:56son crime,
25:57mais il dit,
25:58il est toujours
25:59dans la légitime défense.
26:00Il est prudent quand même,
26:02Cardon.
26:02Légitime défense
26:03c'est une certaine
26:05forme de fierté.
26:06Il a abattu un flic,
26:07il a abattu un policier,
26:08c'est un geste politique
26:10qui le grandit
26:12à ses yeux
26:13et qui l'amène
26:14dans la cour des grands.
26:15On est dans une période
26:16politique
26:16qu'il a parfaitement
26:18décryptée
26:19et où il s'inscrit
26:20encore une fois
26:20dans une forme
26:21de revendication.
26:22Au procès
26:23qui concerne
26:24le meurtre,
26:25enfin en tout cas
26:25la mort des époux à Rang,
26:26c'est beaucoup moins
26:29beaucoup moins confortable
26:30tant qu'il est en noir,
26:32il ne revendique pas
26:33la lumière,
26:33il essaie de se faire
26:34beaucoup plus furtif,
26:35beaucoup plus sombre,
26:37il essaie de se fondre
26:38dans l'obscurité
26:39et il le fait
26:40par ses propres vêtements
26:42également,
26:42c'est tout à fait...
26:43Et il se présente
26:44un petit peu,
26:45non pas comme une victime,
26:46il ne faut pas exagérer,
26:47mais il se présente
26:47en disant
26:48on m'en veut.
26:48Il va répéter ça
26:49très souvent
26:50lors du procès.
26:51On m'en veut,
26:52la société m'en veut,
26:52on m'accuse
26:53de tous les mots
26:54alors qu'on l'accuse
26:55de fait extrêmement précis
26:56et extrêmement établi.
26:58Il est établi
26:59qu'il est l'auteur,
27:00le seul auteur
27:01de ses faits,
27:03mais il a l'art
27:03encore une fois
27:05de mettre en cause
27:06les institutions
27:07et en cela
27:08il a aussi
27:09bien pris
27:11le pouls
27:11de l'époque
27:12de ces années 80.
27:14Jean-Claude Paillère,
27:14vous étiez
27:15à la PJ de Bordeaux
27:17à l'époque
27:18de l'affaire Aran,
27:19alors un mot là-dessus
27:20avec vous,
27:21parce que
27:21pour les époux Aran,
27:24il ne va pas arrêter
27:25de dire
27:25que ce sont deux complices
27:27qui l'ont entraîné là-dedans,
27:28deux complices
27:28qui l'ont tiré,
27:29deux complices
27:30qui ont tué
27:31les époux.
27:32Ces complices,
27:33Jean-Claude Paillère,
27:34vous ne les avez jamais
27:34retrouvés ?
27:36Nous ne les avons pas
27:39retrouvés,
27:40probablement parce
27:42qu'ils n'ont pas
27:42forcément existé.
27:44Néanmoins,
27:45on ne peut pas
27:47contester l'argument
27:48puisqu'il a été
27:49même reconnu
27:49par la Cour d'Assise
27:50de Bordeaux
27:50puisqu'il a été
27:51condamné pour complicité
27:52d'homicide volontaire
27:53pour François-Xavier
27:54Arance
27:55et donc ça a intégré
27:56le couple,
27:57l'hypothèse
27:58éventuelle du couple
27:59et par contre
28:03l'homicide volontaire
28:03a été retenu
28:04pour Aline Aran
28:06donc c'est une hypothèse
28:08qui n'a jamais été démontrée
28:09que seul lui
28:11pourrait éventuellement
28:12s'il ne devine.
28:14Bien sûr,
28:15s'il a accepté
28:17effectivement
28:18de le dire.
28:19Cet homme,
28:20Jean-Claude Paillère
28:21encore une question,
28:21cet homme,
28:22vous l'avez vu,
28:22vous le connaissez,
28:23vous avez suivi son trajet
28:24vous lui avez parlé,
28:27est-ce que vous avez senti
28:28quelqu'un qui était animé
28:29par une violence,
28:31comme ça,
28:31une violence mortifère,
28:33quelqu'un qui pouvait tuer ?
28:35Vous voyez,
28:36ce que l'on a vu,
28:36nous,
28:37c'est un garçon
28:38qui était délinquant
28:38quand il était jeune
28:39et qui n'a fait
28:39qu'un seul braquage
28:41très très
28:41hauteuse
28:42et puis il s'agissait
28:43de braquer
28:45une station service
28:46qui était un complice
28:47qui blesse le complice.
28:49Bref,
28:49il prend 10 ans.
28:50Le premier passage important
28:52peut-être qu'il convient
28:53de souligner,
28:53et se retrouve en prison
28:54pendant plusieurs mois,
28:55voire plusieurs années
28:55à Anne-Sea-Chagne.
28:57C'est une prison
28:58qui a abrité
28:59Fourniré,
29:01qui a abrité
29:02Guy-Georges,
29:05Francis Holm,
29:06enfin Pierre Broudin,
29:07c'est la pire des,
29:08enfin c'est la prison
29:08la plus,
29:10la plus,
29:12les parcours
29:13les plus lourds
29:13sont réunis.
29:15Donc il a passé
29:16un certain nombre
29:16d'années seul
29:16il y a probablement donné
29:17malheureusement
29:19accentué
29:19peut-être
29:20ce parcours
29:22d'un avis
29:22qu'il avait amorcé
29:23C'est une possibilité
29:24C'est une possibilité
29:28effectivement
29:29Jean-Claude Paillère
29:30effectivement
29:30on peut se poser
29:31la question
29:32si effectivement
29:32il n'a pas appris
29:34une espèce
29:34pas d'école du crime
29:36en tout cas
29:36il est sorti
29:36un peu plus remonté
29:37de cette détention.
29:39Maître Philippe Decaune
29:40avocat
29:41de la famille
29:43Aran
29:43il y a ce procès
29:45effectivement
29:46les Aran
29:47cette famille
29:48elle attendait des réponses
29:49mais il dit rien
29:50cet homme ?
29:52Jamais
29:52jamais
29:53jamais
29:53nous n'obtiendrons
29:54jamais de réponse
29:55j'ai encore en tête
29:58le jour
29:59où j'avais reçu
30:01pour la première fois
30:02la famille Aran
30:03dans le bureau
30:04et Madame Aran
30:05mère
30:06vivait toujours
30:07elle avait cette
30:08cette phrase
30:09que je n'ai jamais
30:10jamais jamais oubliée
30:11elle avait dit
30:12oui maître
30:13je n'attends rien
30:14de la justice
30:14la peine de mort
30:16c'est pour les victimes
30:17perpétuité
30:18c'est pour les familles
30:19encore une question
30:21maître Decaune
30:22cette famille
30:23elle est résignée
30:24en quelque sorte
30:24c'est ce que vous nous dites
30:25on est obligé
30:27de se rendre
30:27à une évidence
30:28François-Xavier
30:30a été assassiné
30:31et Aline a été assassinée
30:33et puis
30:33par un homme
30:34car donc
30:34il n'a pas voulu
30:35qu'il n'a pas voulu
30:36mais qu'est-ce que ça
30:37aurait apporté de plus
30:38qu'il apporte
30:40des explications
30:40après 26 ans
30:43de détention
30:43il va refaire
30:45parler de lui
30:46Lionel Cardon
30:47l'énigme
30:48de l'écharpe blanche
30:49je suis retombé
30:50car j'avais besoin
30:51d'argent
30:51je voulais monter
30:52une salle de boxe
30:53c'est la boxe
30:53qui m'a sauvé la vie
30:54l'enquête de l'heure du crime
30:55on se retrouve dans un instant
30:56sur RTL
30:57L'heure du crime
30:59c'est avec Jean-Alphonse Richard
31:00sur RTL
31:01L'heure du crime
31:04présentée par Jean-Alphonse Richard
31:06sur RTL
31:07Au programme
31:09de l'heure du crime
31:09la trajectoire déroutante
31:11de Lionel Cardon
31:12ce cambrioleur
31:13devenu meurtrier
31:14a été condamné
31:14deux fois
31:15à la perpétuité
31:16en 1986
31:17pour trois meurtres
31:19un couple de médecins
31:20et un policier
31:2126 ans plus tard
31:22il sort
31:23libération conditionnelle
31:24on le croit alors
31:26réhabilité
31:27dimanche 2 août 2015
31:30deux hommes armés
31:31font irruption
31:32en pleine nuit
31:32chez un couple de bijoutiers
31:34à Labarthe
31:34sur l'Aise
31:35Haute-Garonne
31:36la femme est tenue
31:37en respect
31:38le mari conduit
31:39en voiture
31:39jusqu'à sa bijouterie
31:41à Muray
31:41le voleur
31:42qui l'accompagne
31:43lunettes noires
31:44gants
31:44casquettes à carreaux
31:45emportent pour
31:4620 000 euros de bijoux
31:48les malfaiteurs
31:48laissent le couple
31:49ligoté chez eux
31:51trois semaines plus tard
31:5321 août
31:53un homme masqué
31:54casquette à carreaux
31:55armé d'un pistolet
31:57pénètre vers 2h30 du matin
31:59au domicile de la receveuse
32:01du bureau de poste
32:02de Seyss
32:03Haute-Garonne
32:04la femme
32:05est conduite
32:06Manu Militari
32:07à la poste
32:08forcée d'ouvrir le coffre
32:09le malfaiteur
32:10rafle un peu plus
32:11de 6 000 euros
32:12deux attaques
32:14et deux hommes
32:14identifiés
32:15un dénommé
32:17Mohamed Boubaka
32:18et Lionel Gardon
32:20ce dernier
32:20ne respectait plus
32:21son contrôle judiciaire
32:23introuvable à Toulouse
32:24où il réside
32:25après deux mois de traque
32:26Lionel Gardon
32:2757 ans
32:28est interpellé
32:29sur la côte d'Azur
32:30il vivait incognito
32:32à Antibes
32:33il reconnaît
32:34les deux braquages
32:35les bijoutiers
32:36et la postière
32:37il explique
32:37être retombé
32:38dans la délinquance
32:39car il avait besoin
32:40d'argent
32:41il avait le rêve
32:42de monter une salle de boxe
32:44un sport
32:44qui lui aurait évité
32:45la folie
32:46en détention
32:47lundi 11 juin 2018
32:51Lionel Cardon
32:5160 ans
32:52est attendu
32:53devant la cour d'assises
32:54de la Haute-Garonne
32:55à Toulouse
32:55absent
32:56car il mène
32:57une grève de la faim
32:58selon son avocat
32:59il aurait perdu 40 kilos
33:00l'accusé
33:01est toutefois condamné
33:02à 20 ans de prison
33:03malgré les protestations
33:04des avocats
33:05qui estiment
33:06que Cardon
33:06n'a pas pu se défendre
33:08peine réduite
33:09à 18 ans
33:10lors du procès
33:11en appel
33:11Lionel Cardon
33:12pourra demander
33:13sa libération conditionnelle
33:15à partir du mois d'octobre
33:172024
33:19David Sénat
33:22vous êtes avec nous
33:23dans ce retour du crime
33:24avocat général
33:25vous étiez l'avocat général
33:26pour ses braquages
33:28avocat général
33:28en 2018
33:30vous avez donc vu
33:31évoluer Lionel Cardon
33:32vous connaissiez bien
33:33son dossier déjà
33:34le pédigré
33:35de cet homme
33:36comment est-ce qu'il se présente
33:38ou plutôt ne se présente pas
33:40à ce procès
33:42parce qu'il juge
33:42que sa présence
33:43n'est pas utile presque
33:44alors il ne se présente pas
33:46effectivement
33:47en 2018
33:48parce qu'il est victime
33:49il est victime
33:50de la justice
33:51qui le conduit
33:52à faire une grève
33:53de la faim
33:53et il n'est pas en état
33:55de se présenter
33:55donc il se présente
33:56de façon tout à fait paradoxale
33:58mais ça c'est lui
33:59c'est à dire
34:00qu'il est la victime
34:01il se dérobe
34:02il cherche à échapper
34:03à ses responsabilités
34:05comment on mène ce procès ?
34:06vous le menez
34:07sur les antécédents
34:08de Cardon finalement ?
34:09on le mène sur
34:10d'abord la certitude
34:11de sa culpabilité
34:12parce que sa culpabilité
34:13elle est établie
34:14par l'enquête
34:14et puis on le mène
34:16sur la base
34:17d'une trajectoire
34:18ininterrompue
34:19il était quand même
34:20en libération conditionnelle
34:21au moment des faits
34:23il était donc
34:23sous la protection
34:24de la justice
34:25on lui avait fait
34:25une mesure bienveillante
34:27qui était encore une fois
34:28assez exceptionnelle
34:29puisque condamné
34:31à de reprise
34:31à la réclusion criminelle
34:32à perpétuité
34:33et on le fait
34:35sur la base aussi
34:35de ce projet
34:36qui était le sien
34:37son projet c'est
34:38d'avoir une salle de boxe
34:39non pas d'être un employé
34:40d'une salle de boxe
34:41mais il lui fallait
34:41une salle de boxe
34:43donc un projet
34:44tout à fait démesuré
34:46on peut douter
34:47par ailleurs
34:48de l'intérêt
34:48en termes de réinsertion
34:49de salle de boxe
34:51les liens entre la boxe
34:53et le milieu
34:53sont quand même
34:54suffisamment connus
34:54pour qu'on ait
34:55des doutes sur ce point
34:57et puis il voulait
34:58ouvrir cette salle
34:59à la Rennes
35:00c'est-à-dire
35:01un des quartiers
35:02du Grand Mirail
35:03à Toulouse
35:03qui est un des quartiers
35:04bien connus
35:05pour être assez largement
35:08influencé
35:09par le monde
35:11du crime
35:11organisé
35:12donc on a
35:13un homme
35:14qui finalement
35:15défie
35:16une fois de plus
35:17les institutions
35:18qui lui ont fait confiance
35:18alors le fait est
35:19c'est qu'effectivement
35:20il a été remis en liberté
35:21cet homme
35:22dans des conditions
35:24d'ailleurs tout à fait légales
35:25il n'y a rien à dire là-dessus
35:26il y a quelque chose
35:27d'étonnant
35:28vous allez peut-être
35:28pouvoir me répondre
35:29David Senna
35:29c'est que
35:30sur tous les lieux
35:31où il a été impliqué
35:33que ce soit
35:34dans la maison
35:34à Rennes
35:35que ce soit
35:36lors de ses cambriolages
35:38il n'est pas du tout
35:39prudent
35:40ou soucieux
35:41de faire attention
35:42parce qu'on retrouve
35:43ses empreintes partout
35:44c'est étonnant
35:46parce que
35:46pour quelqu'un de la guérie
35:47quand même
35:48on a le sentiment
35:49qu'il s'en fout
35:50je crois que
35:52c'est un acte manqué
35:53ce sont des actes manqués
35:54c'est une manière
35:55pour lui
35:56de revendiquer
35:57ce statut
35:58de criminel
36:00de haut rang
36:01il veut justifier
36:03son statut
36:03d'ennemi public
36:04numéro 1
36:05qui lui procure
36:06une image
36:07encore une fois
36:09savamment entretenue
36:10dans des milieux
36:11intellectuels
36:12et médiatiques
36:12et ça
36:13lui donne
36:14ce statut
36:15encore une fois
36:17qui est pour lui
36:18une forme de reconnaissance
36:19donc je crois
36:20que c'est
36:21c'est cela
36:22qu'il cherche
36:23à montrer
36:24il cherche selon vous
36:25le spectacle
36:25c'est ce que vous nous dites
36:26c'est un pur produit
36:27de la société
36:28du spectacle
36:28de ces années 80
36:30illustré par
36:32encore une fois
36:32de très nombreux
36:33intellectuels
36:34et politiques
36:35c'est un homme
36:36qui fait de la dénonciation
36:37politique
36:38il dénonce quand même
36:39les quartiers
36:40de haute sécurité
36:41ceux-là même
36:41que le garde des Sceaux
36:42a récemment rétabli
36:43supprimi en 1981
36:44il fait partie
36:45de ceux
36:46qui dénoncent cela
36:47il dénonce
36:48la maison centrale
36:49mais il n'y était pas
36:51par hasard
36:52et dans le fond
36:53il se dit
36:54qu'à chaque fois
36:55qu'il sera interpellé
36:55il sera condamné
36:56il aura une tribune
36:57et cette tribune
36:58de fait
36:59elle lui est donnée
37:00vous avez rappelé
37:01bien sûr
37:03elle lui est donnée
37:04cette tribune
37:04ce que vous dites
37:05à l'époque
37:05en tout cas
37:05par le biais
37:07de ses avocats
37:08notamment
37:08et puis les journaux
37:09les télés
37:10etc
37:10Jean-Claude Paillère
37:12vous étiez à l'époque
37:12à la PJ de Bordeaux
37:14lorsque vous voyez
37:16ressurgir
37:17cet homme
37:18que vous avez
37:18suivi
37:19que vous connaissez
37:20la trajectoire
37:21Lionel Cardon
37:22quand il ressurgit
37:23en 2015
37:24est-ce que vous êtes surpris
37:25par cette récidive ?
37:28c'est pas possible
37:29d'être surpris
37:29cet homme a passé
37:30quasiment
37:31toute sa vie
37:32d'adulte
37:32en prison
37:33y compris
37:36dans son parcours
37:37enfin en prison
37:38il s'est comporté
37:39constamment
37:40de façon dangereuse
37:41prise d'otages
37:42tentative
37:44d'évasion
37:45etc
37:45il n'a été que
37:46violence
37:48si vous voulez
37:48donc
37:49quand on a constaté
37:51ça pendant
37:5230 ans
37:53on ne peut pas être étonné
37:54que ça se poursuit
37:55de la même manière
37:56jusqu'au bout
37:56peut-être que
37:58le fait d'arriver
37:59à 70 ans
38:00va lui permettre
38:00maintenant de s'assagir
38:01en tout cas
38:02ça n'a jamais été le cas
38:03il a endossé
38:04le costume
38:05de l'ennemi public
38:06numéro 1
38:07qui était peut-être
38:07un peu large
38:08pour lui
38:08il en a appris
38:10les codes
38:10mais il n'en avait
38:11absolument pas
38:11venu de dire
38:12les qualités
38:13c'est-à-dire
38:13il n'y avait
38:14aucune prudence
38:14c'était une forme
38:15d'amateurisme
38:16constamment
38:16quand il braque
38:18juste avant de monter
38:19à Paris
38:19je m'en tiendrai
38:20
38:21une banque
38:22à côté de Pessac
38:27il demande
38:28un sac
38:29pour emporter
38:30les billets
38:30et il part
38:31avec l'auto
38:31de l'employé
38:33point final
38:33c'est pas
38:36conforme
38:37à notre
38:38clientèle
38:39de Gandhi
38:39bien sûr
38:41je vous repose
38:44la même question
38:44qu'à David Sénat
38:45comment ça se fait
38:46que cet homme
38:46il laisse partout
38:47ses empreintes
38:48il téléphone
38:49etc
38:49on a l'impression
38:50que
38:51c'est pas qu'il nargue
38:51la police
38:52mais en tout cas
38:52il prend quand même
38:54peu de précautions
38:55je vous dis
38:57c'est une forme
38:58d'amateurisme
38:58par rapport
38:59à ce qu'on connait
39:01habituellement
39:02des gens du milieu
39:03il a le costume
39:04élégant
39:05c'est un type
39:07qui n'a pas
39:09le costume
39:09de son milieu
39:10naturel
39:11je dirais
39:11surtout pas
39:12de celui
39:12du milieu
39:13du banditisme
39:14il est complètement
39:16à part
39:17même s'il a eu
39:18cette trajectoire
39:19extrêmement
39:19lourde
39:21en termes
39:21de crime
39:23un détenu
39:24qui ne va cesser
39:26d'attirer l'attention
39:27Lionel Cardon
39:28l'énigme
39:29de l'écharpe blanche
39:30moi je n'ai plus
39:31de ressentiment
39:32car le ressentiment
39:33c'est destructeur
39:34l'enquête
39:35de l'heure du crime
39:35je vous retrouve
39:36tout de suite
39:36sur RTL
39:37dans l'heure du crime
39:48aujourd'hui
39:48l'affaire Lionel Cardon
39:49une longue trajectoire
39:50criminelle et carcérale
39:52condamné pour des vols
39:53puis à la perpétuité
39:54pour trois meurtres
39:55perpétrés en 1983
39:56il a récidivé
39:58en 2015
39:59toujours en prison
40:00il serait très malade
40:01lundi 8 juillet 2024
40:04Lionel Cardon
40:0566 ans
40:06se voit refuser
40:07sa demande
40:07de suspension
40:08de peine
40:09par la chambre
40:10de l'application
40:10des peines de peau
40:11le détenu
40:13souffre d'une bronchopneumopathie
40:15il demande
40:16à pouvoir mourir
40:17en liberté
40:18son dernier avocat
40:19Joseph Meza
40:20est le seul
40:21à lui rendre visite
40:22régulièrement en prison
40:23il est gravement en danger
40:25si ça continue
40:26c'est en prison
40:27qu'il va mourir
40:28affirme maître Meza
40:29sur RTL
40:30en décembre 2012
40:32alors qu'il avait été remis
40:33en liberté
40:34après 26 ans de prison
40:35Lionel Cardon
40:37sauvé selon lui
40:38par la boxe
40:39confié au journal
40:39Le Monde
40:40j'ai vu tellement de gars
40:42qui ont été étouffés
40:43par la haine
40:44moi je n'ai plus
40:45de ressentiment
40:46c'est destructeur
40:47le ressentiment
40:48j'ai eu la chance
40:49de ne pas mourir
40:51de haine
40:52trois ans plus tard
40:53il récidivait
40:54et retournait
40:55en prison
40:55Il me fait l'impression
40:57d'un homme
40:58physiquement dangereux
41:00c'est le seul
41:01sur toute ma carrière
41:02de président d'assises
41:03c'est le seul homme
41:04pour lequel je me suis senti
41:05physiquement en danger
41:06avec lui
41:07si je devais le comparer
41:08à un animal
41:09je le comparerais
41:10à un fauve
41:11Les propos sans concession
41:13et la voix de
41:14Jean-Pierre Boucharin
41:16ancien président
41:16de la cour d'assises
41:17de la Gironde
41:18c'était dans l'émission
41:19Faites entrer l'accusé
41:21Jean-Claude Payère
41:22vous êtes avec nous
41:23dans l'heure du crime
41:23policier à l'époque
41:25de l'affaire Aran
41:26à l'APJ de Bordeaux
41:28on vient d'entendre
41:30ce président d'assises
41:31qui dit
41:32il me fait peur
41:33pour moi
41:34c'est un homme dangereux
41:35est-ce qu'un jour
41:36ou l'autre
41:36vous avez perçu ça
41:37chez Lionel Cardon
41:38une dangerosité
41:40dans sa phase bordelaise
41:43on l'a connu
41:44bien plus jeune
41:44mais cet homme
41:45n'a cessé
41:46de monter en puissance
41:47dans ce comportement
41:49effectivement
41:49agressif
41:53comment dirais-je
41:56effectivement
41:57une allure de fauve
41:59alors que
42:00quand on a eu
42:01à le croiser
42:03initialement
42:03puisqu'on était derrière lui
42:05quand il a téléphoné
42:06notamment à Maître De Cône
42:07pour la prise d'hôte
42:09pour la rançon éventuelle
42:11d'Aline
42:12bon
42:13c'était un garçon
42:13qui était
42:14plutôt
42:15enfin
42:15décalé là aussi
42:17par rapport au bandit
42:18qu'on a l'habitude de voir
42:19bien sûr
42:19donc je pense
42:21qu'il s'est forgé
42:21un personnage
42:22mais par contre
42:23il est rentré
42:24complètement dans la peau
42:25du personnage
42:25il est devenu
42:26véritablement dangereux
42:27oui c'est ça
42:28et encore un petit mot
42:30Jean-Claude Payère
42:31selon vous
42:31cet homme
42:32c'est un solitaire
42:34totalement
42:36totalement
42:38il n'a pas de
42:39à part
42:40ses deux complices
42:43qui s'est probablement
42:44peut-être
42:45ou peut-être pas
42:46inventé
42:46pour le
42:47les besoins de la cause
42:48dans la mort
42:49de
42:50de
42:51de
42:52de
42:52de
42:53de
42:53de
42:53de
42:54de
42:54de
42:55de
42:55de
42:55de
42:55de
42:55de
42:56de
42:56de
42:56de
42:56de
42:56de
42:56on n'a jamais vu
42:59coopérer seul
43:00quoi
43:00y compris
43:01enfin à part là aussi
43:02le petit braquage
43:03qu'il a pu faire
43:03avec
43:04avec son complice
43:05au départ
43:06et
43:06complice
43:07de circonstances
43:09à l'arrivée
43:09pour la dernière affaire
43:11que vous avez évoquée
43:11bien sûr
43:12c'est
43:12de notre point de vue
43:14de ce qu'on a pu constater
43:16et de ceci
43:17et du travail
43:18de fait sur cet homme
43:18rien ne
43:20ne liait
43:21à une quelconque équipe
43:21voilà
43:22c'est très compliqué
43:24David Senard
43:24vous êtes avec nous
43:25dans cette heure du crime
43:26avocat général
43:26lors du procès
43:27pour braquage
43:28de Cardon
43:28c'était en 2018
43:29mais vous connaissez
43:30parfaitement ce dossier
43:31évidemment
43:31pour
43:32pour travailler
43:33sur cet accusé
43:34vous avez beaucoup
43:35travaillé
43:35sur sa trajectoire
43:37c'est très très compliqué
43:38avec Cardon
43:39parce que
43:40alors on dit toujours
43:41c'est un peu banal
43:42de dire ça
43:42il y a deux visages
43:43mais effectivement
43:43il a
43:44il a ce côté
43:45qui n'est pas sûr de lui
43:46il ne revendique pas ses crimes
43:48il s'excuse presque
43:49lorsqu'il est au téléphone
43:51et puis après
43:51il y a ces meurtres
43:52qui sont effectués
43:53de sang froid
43:54et dont il est
43:55pour lesquels
43:56il a été condamné
43:57qui est vraiment Cardon ?
43:59Est-ce qu'on le sait ?
44:01Pour moi c'est un homme
44:01dangereux
44:03qui a montré
44:04sa dangerosité
44:05en se rendant coupable
44:07de la mort
44:08de trois personnes
44:09donc moi
44:11le seul Cardon
44:11que je retiens
44:13aujourd'hui
44:13et encore aujourd'hui
44:14même malade
44:16à la maison centrale
44:17de l'Anne-Meusant
44:18c'est cet homme-là
44:18qui a tué
44:20qui a tué
44:20et qui est capable
44:21de tuer
44:21en toutes circonstances
44:23sans aucune espèce
44:25de restriction
44:26alors qu'après
44:27il soit seul
44:28fragile
44:30issu
44:31d'un milieu défavorisé
44:32je n'en sais rien
44:33tout ce que je sais
44:34c'est que cet homme
44:35il est
44:36il reste
44:36et il restera
44:37jusqu'au bout
44:38un homme dangereux
44:39et c'est la raison
44:40pour laquelle
44:40même aujourd'hui
44:41la Chambre des Appels
44:43en matière d'application
44:44des peines
44:45de la Cour d'appel de Pau
44:46ne fait pas droit
44:47à cette bande de suspension
44:48oui c'est ça
44:48alors qu'il est très malade
44:49il est très malade
44:50mais il conserve
44:52une part de dangerosité
44:53et à deux reprises
44:55au moins
44:55la justice
44:56s'est déjà trompée
44:57le concernant
44:57et je pense qu'elle ne veut pas
44:58se tromper
44:59une troisième fois
45:00son avocat dit
45:01qu'il y a un acharnement
45:02contre lui
45:02parce que c'est Cardon
45:04justement
45:05parce qu'il est l'homme
45:05à l'écharpe blanche
45:06parce qu'il a tout se passé
45:07il y a une lucidité
45:09un peu tardive
45:11mais une lucidité
45:11tout de même
45:13de la justice
45:13à ne pas vouloir
45:14l'élargir
45:16parce que cet homme
45:17est encore capable
45:18de tuer
45:18Maître Philippe Deconne
45:20une petite question
45:21pour vous
45:21on entend
45:22évidemment
45:22cette affaire
45:24Cardon
45:24elle est obsédante
45:27encore aujourd'hui
45:27on le voit
45:28malgré les années
45:28vous étiez à l'époque
45:31et vous êtes toujours
45:32avocat de la famille Aran
45:33c'est une affaire marquante
45:35pour vous
45:36oui
45:37oui
45:38parce qu'elle est
45:39elle est intensément
45:40dramatique
45:41de toute façon
45:42quand on s'investit
45:43beaucoup dans une affaire pénale
45:45et c'est le propre
45:45de notre profession
45:48notre exercice professionnel
45:49une affaire de ce type
45:51on ne l'oublie pas
45:51mais elle fait partie
45:53de ces dossiers
45:54que je n'oublierai pas
45:55ces affaires
45:55que je n'oublie pas
45:56bien sûr
45:57Jean-Claude Paillère
45:58la même question pour vous
45:59elle vous a
46:00vraiment marqué
46:01cette affaire
46:02parce qu'elle est très particulière
46:03l'affaire Cardon
46:04c'est-à-dire
46:06un parcours
46:06aussi lourd
46:07en aussi peu de temps
46:09je veux dire
46:10c'est quelque chose
46:11d'extrêmement rare
46:12en tout cas dans la région
46:13où nous opérions
46:14le SRPJ
46:15de Bordeaux
46:16on n'a pas eu
46:17d'équivalent
46:18c'est ça
46:19dans la période
46:21donc c'est
46:22c'est un parcours
46:23hors norme
46:25quoi
46:25enfin
46:25qui est sans doute
46:29difficile à expliquer
46:30effectivement
46:31on ne peut que constater
46:32une dangerosité constante
46:34et jamais
46:35jamais
46:35jamais
46:36un quelconque recul
46:37sauf
46:37quand il a reconnu
46:38avoir tué le policier
46:40encore
46:42encore
46:42qu'il a reconnu
46:43en des conditions
46:43qui n'étaient pas les bonnes
46:44puisqu'il a assassiné
46:46pour le coup
46:47il a été sanctionné
46:48pour cette raison
46:49effectivement
46:50mais là
46:50effectivement
46:52les faits
46:53ils étaient
46:53tellement évidents
46:54qu'il ne pouvait pas
46:55non plus
46:55essayer de les esquiver
46:57David Senna
46:59on n'a jamais su
47:01la vérité sur lui
47:02finalement
47:02il a
47:04cette écharpe
47:05blanche
47:06autour du cou
47:06une espèce de dandy
47:07du crime
47:08c'est peut-être comme ça
47:08qu'il a voulu apparaître
47:09à plusieurs reprises
47:10on ne sait pas grand chose
47:12finalement
47:13ce qu'il a dans la tête
47:14on sait peu de choses
47:15parce qu'il n'a pas
47:16dit grand chose
47:17il n'a pas livré grand chose
47:18je ne suis pas certain
47:19qu'il ait beaucoup de choses
47:20à raconter d'ailleurs
47:21je pense qu'en effet
47:22c'est quelqu'un de solitaire
47:24et de
47:24de finalement
47:26assez enfermé
47:27à l'intérieur de lui-même
47:27il a préféré
47:29parler de tout autre chose
47:31c'est-à-dire
47:31de la société
47:33qui lui en voulait
47:34de la prison
47:34qui avait fait
47:35il a déporté le débat
47:37dans une dimension extérieure
47:39et il a une intelligence
47:41incontestable
47:42parce qu'il a su
47:43encore une fois
47:43sentir
47:45ce que finalement
47:46la société
47:47pouvait lui offrir
47:48c'est-à-dire
47:48un débat public
47:49sur une justice
47:50aveugle
47:52cruelle
47:52une prison
47:53injuste
47:54une réinsertion
47:55impossible
47:56et de cela
47:57il a parfaitement joué
47:58merci beaucoup
48:00David Sénat
48:01Jean-Claude Paillère
48:03et Maître Philippe de Cône
48:05d'avoir été tous les trois
48:06les invités de l'heure du crime
48:07merci à l'équipe de l'émission
48:08rédactrice en chef
48:09Justine Vigneault
48:10préparation
48:10Lisa Canales
48:11Pauline Descillons
48:12réalisation en direct
48:13Jonathan Griveaux
48:14et puis
48:16bienvenue
48:17à la petite Gabrielle
48:19elle est née cette nuit
48:19on l'embrasse beaucoup
48:20la maman
48:21Marie Bossard
48:21Marie Bossard
48:22elle travaille
48:22à l'heure du crime
48:23effectivement
48:24on les embrasse
48:25ses parents
48:26qui doivent être
48:27follement heureux
48:28la petite Gabrielle
48:29n'oubliez pas ce prénom
48:29merci à vous
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