- il y a 7 semaines
Le père Jean-Claude Gueguen, 65 ans, curé de Pont-Sainte-Maxence, dans l'Oise. A l'été 1997, on le retrouve tabassé dans le presbytère. Il est mort étouffé. La scène de crime a tout d'un cambriolage mais impossible d'en être certain. Et si c'était dans la vie intime du religieux qu'il fallait chercher ? Plus de dix ans d'enquête pour qu'une vérité se dessine.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.
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00:0214h15
00:02C'est l'heure du crime sur RTL
00:06Si Jean-Claude Quéquin aurait bien été surpris, puis étranglé dans son sommeil.
00:10Sa chambre ne présenterait pas de traces de lutte,
00:12mais le curé de la paroisse de Pont-Saint-Maxence aurait également reçu des coups.
00:16Et puis, le premier attache du presbytère était sans dessus-dessous
00:19quand les gendarmes ont découvert le corps, comme si on avait fouillé, cherché.
00:23Ces premiers éléments accréditeraient bien la thèse du crime crapuleux.
00:28Bonjour, le père Jean-Claude Guéguin, 65 ans, curé de Pont-Saint-Maxence, dans l'Oise.
00:35A l'été 97, on le retrouve tabassé, étouffé dans son presbytère.
00:40La scène ressemble à celle d'un cambriolage, mais impossible d'en être certain.
00:45Vengeance, visiteur secret, rendez-vous intime,
00:48il va falloir plus de 10 ans pour qu'une vérité apparaisse,
00:52l'affaire l'abbé Guéguin, mystère au presbytère, l'heure du crime.
00:57La seule émission Radio 100% fait divers, c'est tout de suite sur RTL.
01:05Mercredi 9 juillet 97, 8h30 du matin,
01:09deux frères maristes de l'institution catholique Saint-Joseph du Montsel
01:13sont surpris de trouver les portes de l'église de la paroisse Sainte-Maxence,
01:18fermée à double tour.
01:20Le père Jean-Claude Guéguin devrait pourtant être là.
01:24Les frères maristes se sont encore entretenus avec lui,
01:27la veille, pour la tenue d'une messe, dans la journée.
01:30Les religieux essaient d'appeler le curé, mais il ne répond pas.
01:33Le téléphone sonne dans le vide.
01:35Les frères se rendent donc au presbytère,
01:38attenant à l'église, au numéro 2 de la rue du Moustier.
01:42Depuis le portail, ils notent que les volets n'ont pas été ouverts,
01:45mais ils aperçoivent au rez-de-chaussée une fenêtre qui a été forcée.
01:50Un carreau est cassé.
01:51Les gendarmes sont immédiatement alertés.
01:55Quelques minutes plus tard, ces derniers pénètrent dans le presbytère,
01:58plongés dans la pénombre.
02:00Rien ne semble en désordre, même ambiance au premier étage,
02:04jusqu'à une chambre, au fond du couloir.
02:07Jean-Claude Guéguin, 65 ans, curé de Pontset-Maxence,
02:11gît sur son lit, vêtu d'une simple chemisette.
02:15Il est décédé.
02:16Depuis quelques heures, le corps s'est refroidi.
02:19Son visage est couvert de sang et d'hématomes.
02:22Il a reçu des coups violents, donnés sans doute avec un objet très lourd,
02:25peut-être un marteau ou un manche de pioche.
02:28La victime s'est défendue comme elle le pouvait.
02:31Les gendarmes remarquent qu'une armoire a été fouillée.
02:35Très probablement, le curé a été réveillé par des cambrioleurs.
02:38Il a voulu intervenir, il a été bousculé, roué de coups.
02:41Le ou les agresseurs ne se sont pas éternisés.
02:44Rien ne semble avoir été volé.
02:47Jeudi 10 juillet, lendemain du meurtre du père Guéguin,
02:50le médecin légiste examine le corps.
02:52Il dénombre au total neuf coups portés sur la victime.
02:55Coups qui ont écrasé le visage et provoqué des fractures.
03:00Le docteur estime que le prêtre a très bien pu être frappé à main nue
03:04des coups de poing administrés avec une grande force
03:07par un individu du genre boxeur, athlétique, puissant.
03:11Le curé de Pont-Sainte-Maxence, à moitié assommé et mort asphyxié,
03:17étouffé probablement avec un oreiller maintenu sur son visage.
03:21La scène dénote de toute évidence un acharnement.
03:24Pour les enquêteurs, la volonté de tuer ne fait pas doute.
03:28Les gendarmes poursuivent leur enquête de voisinage.
03:30L'attaque a eu lieu au petit matin.
03:33Dans ce quartier tranquille, personne n'a rien vu, rien entendu.
03:37A propos du curé, ses proches le décrivent comme un homme discret.
03:40Il ne recevait jamais personne au presbytère,
03:43sauf des membres de sa famille et puis aussi des collègues prêtres de passage.
03:49Mon fils considérait que les curés, tout comme les maires des communes,
03:54se devaient de donner l'asile qu'on fit sa mère, Chantal Guéguin.
03:59Le père Michel Cardo, qui connaissait bien la victime, explique
04:02« On ne pouvait pas le cataloguer.
04:04Il aimait la liturgie, la beauté.
04:06Il restait proche de tous les jeunes.
04:08Il venait d'un milieu modeste.
04:10Il était affable, toujours disponible. »
04:14Les enquêteurs examinent l'entourage du père Guéguin.
04:16Rien ne laisse penser qu'il était menacé ou en conflit avec quelqu'un.
04:20On ne lui connaissait pas d'ennemis.
04:22Des individus connus pour violences sont interrogés mais tous relâchés.
04:25Pour seuls indices, les gendarmes disposent à ce stade de deux mégots retrouvés dans le jardin du presbytère.
04:32Mais les empreintes relevées ne donnent rien.
04:34Il y a encore la découverte de sous-vêtements féminins.
04:37Au moins une petite culotte rouge de type string dans une armoire.
04:42Des informations parvenues aux enquêteurs laissent penser que l'homme d'église aurait pu avoir des relations homosexuelles avec de
04:49jeunes gens.
04:50Une hypothèse qui va perdurer.
04:53Et on va voir si cette piste, la piste intime ou à connotation sexuelle, va prospérer dans ce dossier.
04:59Les enquêteurs vont vérifier beaucoup d'autres informations.
05:03Et on va voir s'il y a d'autres possibilités qui apparaissent.
05:07Est-ce qu'on est encore sur un cambriolage ou bien tout à fait autre chose ?
05:10La visite d'un homme qui en voulait à se curer, c'est une possibilité.
05:14On va le suivre dans le prochain chapitre de l'heure du crime.
05:17Bonjour Tony Poulin.
05:19Bonjour.
05:19Merci beaucoup d'être avec nous en direct dans l'heure du crime depuis le studio RTL de l'heure
05:24du crime.
05:25Vous êtes journaliste, chroniqueur judiciaire au courrier Picard à Amiens et à Picardie.
05:29Courrier Picard qui était en pointe évidemment sur cette affaire.
05:32C'est votre région, vous connaissez très très bien ce dossier.
05:36On trouve le père Jean-Claude Guéguin mort sur son lit.
05:40Il a été massacré.
05:42On a le sentiment qu'on ne lui a laissé vraiment aucune chance.
05:44C'est une scène d'une grande violence.
05:46D'ailleurs dans un premier temps, les gendarmes pensent que ce sont les coups qui l'ont tué.
05:49Tellement ils notent de traces de coups.
05:52Et puis très vite l'enquête va quand même démontrer,
05:54et les analyses des légistes vont démontrer que non, en fait il est mort étouffé.
05:58Roué de coups certes, mais il est mort étouffé.
06:00D'abord roué de coups, après étouffé.
06:02Certainement oui.
06:03Avec un oreiller on pense.
06:05On ne lui a laissé aucune chance ?
06:07Non, certainement.
06:10Ce qu'il peut faire dire aussi, peut-être qu'il connaissait ses agresseurs,
06:13parce qu'à ce stade on ne sait pas.
06:15Au début de l'enquête, non on ne sait pas.
06:16C'est vraiment une enquête totalement ouverte.
06:18La preuve c'est qu'elle va mettre des années et des années à être résolue.
06:23Oui on peut imaginer, évidemment on imagine un crime de rôdeur,
06:26ou un crime dans le cercle intime du prêtre.
06:32Oui, c'est les premiers indices qui apparaissent.
06:34On est un peu perdu il faut dire.
06:36C'est très compliqué, ce début d'enquête, il n'est pas facile, contrairement à ce qu'on peut croire.
06:42Tony Poulin, présentez-nous un petit peu la victime, le père Guéguin, dans cette ville.
06:48C'est une ville moyenne, Ponce ?
06:49C'est une ville moyenne, oui.
06:50On est dans le sud de l'Oise, donc plus très loin de l'île de France.
06:54Avec néanmoins une certaine qualité de vie.
06:59C'est un homme de 65 ans qui est encore très actif.
07:02Un prêtre qui est décrit à la fois comme très rigoureux, du point de vue de sa doctrine,
07:10mais aussi comme très accueillant, qui considère que l'église, le presbytère, doivent être des asiles,
07:15un peu au sens où il l'était au Moyen-Âge.
07:18Oui, parce que quand on relit, et notamment le courrier Picard,
07:21quand on relit les articles de l'époque, quand on l'écoute, les reportages qui ont été faits,
07:26effectivement cet homme, il est consensuel, j'ai envie de dire.
07:29Il fait l'unanimité dans cette petite ville.
07:30Oui, je dirais que c'est le curé à l'ancienne, en fait, qui est au niveau...
07:36On a connu ça dans les villages, il y avait le curé, le maire et l'instituteur.
07:42C'est une autorité morale dans cette petite ville,
07:45qui est confrontée évidemment aux problèmes de toutes les villes,
07:48qui en plus sont proches de l'ère d'influence de l'île de France.
07:51Mais c'est une autorité morale, je pense que ça le décrit bien.
07:54Juste un petit mot encore, il y a eu des cambriolages déjà dans cette église ?
07:57Il y avait eu beaucoup de cambriolages dans la région.
08:00En tout cas, il était méfiant.
08:03Le soir de sa mort, il a dîné chez des paroissiens,
08:06et il leur a dit, moi, dès que je rentre, je me cale-feutre,
08:09parce que vous savez, en ce moment, avec les cambriolages qu'il y a dans le coin...
08:11Il faut être prudent.
08:12Voilà.
08:13C'est ça ce qu'il dit ce curé.
08:15Bonjour, Général François Daoust.
08:17Bonjour, Jean-Alphonse.
08:18Merci beaucoup d'être avec nous également aujourd'hui dans le studio de l'heure du crime.
08:21Vous êtes ancien patron de l'Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale,
08:25l'IRCGN, qu'on connaît bien ici dans l'heure du crime,
08:27parce que l'IRCGN, il travaille sur beaucoup, beaucoup de dossiers,
08:31puis vous êtes directeur du Centre de Recherche de l'École des Officiers de la Gendarmerie Nationale.
08:35Général François Daoust, j'ai besoin de votre expertise.
08:39Parmi les indices qui sont retrouvés sur cette scène de crime,
08:42il y a deux mégots qui sont retrouvés dans le jardin.
08:46Donc voilà, le père Guéguin, il ne fume pas,
08:48et le jardin, il est clôturé,
08:50il n'y a pas beaucoup de monde qui peut y accéder.
08:53On ne trouve rien.
08:54Pourtant, il y a des empreintes sur ces mégots.
08:55Pourquoi on ne trouve rien à l'époque ?
08:56On est en...
09:001997.
09:011997.
09:02Et on ne trouve rien.
09:05C'est-à-dire que, déjà, la scène de crime a été parfaitement traitée.
09:09Elle n'a pas été polluée.
09:11Les techniciens d'identification criminelle qui sont venus sur place
09:14pour faire tous ces prélèvements et qui vont trouver les mégots
09:17ont vraiment balisé, protégé, et fait en sorte que les conditionnements
09:21n'altèrent pas tout ce qui a été pris.
09:24Y compris, d'ailleurs, le coussin, qui montrera, après analyse,
09:28qu'effectivement, on a trouvé de la salive, mais en forte quantité,
09:33et de l'écume de salive.
09:34C'est le père qui a tout fait, enfin, le touffuré qui a tout fait.
09:37Sous le coussin.
09:38Donc, ce qui permet de voir un enchaînement dans les actes.
09:42Et en 1997, nous sommes encore dans des analyses ADN.
09:48Je ne dirais pas qu'elles sont rudimentaires.
09:50Elles ont bien progressé.
09:51Mais la sensibilité n'était pas ce qu'elle va être dix ans plus tard.
09:56La sensibilité, ça correspond à quoi ?
09:58C'est-à-dire que pour qu'on arrive à sortir un profil ADN,
10:04il faut que la trace soit particulièrement chargée.
10:07C'est-à-dire qu'il y ait beaucoup d'ADN déposé.
10:10Et là, des prélèvements faits sur les mégots,
10:13il n'y en a pas assez pour développer un profil ADN.
10:17Mais là où c'est intéressant, c'est qu'il existe à l'IRCGN
10:21le service central de préservation des prélèvements biologiques.
10:24C'est-à-dire que les scellés n'ont pas été mis à poubelle.
10:26Ils ne sont pas baladés.
10:27En disant, il n'y a rien.
10:29Non, ils ont été conservés en se disant,
10:32dans l'avenir, peut-être qu'on pourra faire autre chose.
10:34Alors ça, c'est remarquable.
10:35J'ignorais ce détail, mais effectivement, ça a bravo à l'IRCGN.
10:38Parce qu'on conserve comme ça ces éléments.
10:40Il ne risque pas de se balader dans des greffes, etc.
10:42On sait le nombre de scellés qui ont été perdus.
10:44C'est monstrueux.
10:45Tony Poulin encore.
10:46Juste un petit mot.
10:47On trouve une petite culotte rouge.
10:48Il y en a peut-être sans doute d'autres dans une armoire du curé.
10:51Là, tout de suite, on se dit,
10:52oh là là, il y a quelque chose de pas clair derrière, de sexuel.
10:56Il y a très clairement un contraste entre ce string rouge qui va beaucoup faire parler,
11:01les autres sous-vêtements féminins qu'il y avait dans une armoire.
11:04Je rappelle tout de suite que ce n'est pas un crime.
11:08Et l'image de rigueur morale que présentait le prêtre.
11:11C'est le contraste, en fait, qui choque.
11:14Évidemment, ça va guider les débuts de l'enquête,
11:16ainsi que des relations homosexuelles,
11:19dont une au moins va être démontrée par l'enquête.
11:22C'est évidemment à des axes de travail.
11:25Qui est obligatoire, d'ailleurs.
11:27Qu'est-ce qu'on aurait dit si les gendarmes n'avaient pas creusé cette piste-là ?
11:31Évidemment qu'il fallait le faire.
11:32On était au début des révélations des abus sexuels.
11:36On n'était hélas pas au début des abus sexuels,
11:38mais on était au début des révélations et de la place que ça prenait dans le débat.
11:42Dix ans plus tard, des mégots qui enfin vont se mettre à parler.
11:47L'affaire L'abbé Guéguin, mystère au presbytère.
11:50Au bout de tant d'années, c'est un soulagement.
11:52Un coin de voile vient de se lever.
11:55L'enquête de l'heure du crime, on se retrouve dans un instant sur RTL.
12:01Merci d'écouter RTL.
12:03Ce n'est pas la vraie vie qu'on apprend dans ces soirées londaines.
12:13Au programme de l'heure du crime, la mort du père Jean-Claude Guéguin,
12:16le curé de Pont-Saint-Maxence, dans l'Oise, a été retrouvé bastonné,
12:20étouffé en juillet 1997 dans son presbytère.
12:24Cambriolage sauvage ou affaire privée ?
12:26Des années pour que l'enquête finisse par rebondir.
12:30Jeudi 9 juillet 1998, un an pile après la mort du père Jean-Claude Guéguin,
12:35les enquêteurs font un constat négatif.
12:38Aucun indice ni témoignage ne leur ont permis d'approcher la vérité.
12:42Une certitude toutefois, le curé était prudent et sur ses gardes.
12:45La veille de sa mort, il avait dîné à Pont-Saint-Maxence,
12:49chez un couple de paroissiens.
12:51Il était resté chez eux jusqu'à 23 heures.
12:53Il leur avait dit qu'il s'enfermait désormais dans son presbytère
12:57après une série de tentatives de cambriolage.
13:00Après la découverte de sous-vêtements féminins,
13:03les gendarmes se sont demandé si le curé ne visitait pas certaines boutiques spécialisées
13:08ou ne fréquentait pas certains lieux de dragues homosexuelles.
13:12Recherche qui n'ont apporté aucun résultat.
13:14Les relevés d'empreintes sur la scène de crime se révèlent négatifs.
13:18Impossible enfin de savoir s'il s'agit d'un vrai cambriolage ou d'une mise en scène.
13:22Après 5 ans d'enquête, le juge d'instruction de Sanlis délivre un non-lieu.
13:28Sursaut, 10 ans plus tard, août 2008, à 500 km de Pont-Saint-Maxence,
13:33les gendarmes qui retracent le parcours de deux routards
13:36accusés de la mort du petit Valentin, 11 ans, dans l'Ain,
13:40s'intéressent eux aussi au curé de l'Oise.
13:43Le meurtrier présumé du petit garçon, Stéphane Moitoiré, 39 ans,
13:48et sa compagne, Noëlla Ego, 49 ans, avait en effet l'habitude d'être hébergée,
13:54à droite, à gauche, parfois dans des églises.
13:56Les enquêteurs de la cellule Valentin veulent savoir si cet étrange couple
14:00serait impliqué dans la mort du prêtre, piste finalement abandonnée.
14:05Mercredi 25 mars 2009, 10 ans et demi après le meurtre de l'abbé Guéguin,
14:10les gendarmes de la section de recherche d'Amiens interpellent un homme à Alès, dans le Gard.
14:15Il s'agit du dénommé Pascal Houssard, 46 ans, marginal, sans domicile fixe.
14:20Il traîne dans la région.
14:21Son ADN a matché sur un mégot retrouvé dans le jardin du curé Guéguin.
14:26Pascal Houssard, issu d'une famille de gens du voyage sédentarisé,
14:30est connu de la justice pour des petits délits et des vols.
14:34L'un de ses frères, par contre, a été condamné à 20 ans de prison
14:37pour sa participation à un cambriolage tragique chez des pépiniéristes du Gard.
14:43Dans cette affaire, le fils de la maison, 23 ans, avait été tué d'un coup de fusil.
14:48Et Pascal Houssard, qui n'est pas impliqué dans cette affaire,
14:51est placé en garde à vue pour l'affaire du prêtre.
14:54Il ne dit pas grand-chose.
14:56Il ne connaît pas le curé Guéguin.
14:59Il n'aurait jamais mis les pieds à Pont-Sainte-Maxence.
15:01Il ne sait pas pourquoi on a retrouvé son ADN.
15:04Lors de la messe, à l'église de la ville,
15:06l'arrestation du meurtrier présumé est évoquée lors du sermon.
15:10Au bout de tant d'années, c'est un soulagement.
15:13Un coin de voile s'est levé.
15:14Gardons à l'esprit que les rumeurs sont les ennemis de la vérité.
15:18Allusion aux informations qui avaient circulé sur la prétendue vie sexuelle agitée du prêtre.
15:26Vendredi 27 mars 2009, Pascal Houssard est mis un examen écroué après 48 heures de garde à vue.
15:32Il n'a pas dit en mots.
15:34Enquête qui n'est pas terminée.
15:36Un an plus tard, son complice présumé, Achille Lombard, 74 ans,
15:40est à son tour interpellé dans la région marseillaise, toujours grâce à l'ADN.
15:44Achille Lombard, c'est un vieux cheval de retour du cambriolage.
15:48Il est gravement malade, en très mauvaise condition physique.
15:51Il reconnaît sa participation au cambriolage, lui, chez le curé.
15:55Mais il assure que dans cette affaire, il n'était que le guetteur dans le jardin du presbytère.
16:03Achille Lombard, dont la santé des plus fragiles va faire des confidences,
16:07y compris posthume, avec une lettre qui va cacher une nouvelle surprise
16:11et qui va, dans tous les cas, permettre sans doute de clore cette fois les investigations.
16:16Que raconte le retraité Achille Lombard ?
16:19Je vous dis tout dans la suite de l'heure du crime.
16:21Alors, avant de revenir sur les rebondissements de l'ADN,
16:25il y a plus de 10 ans d'enquête.
16:28C'est énorme.
16:29Tony Poulain, vous êtes avec nous dans cette heure du crime.
16:31Vous connaissez parfaitement ce dossier.
16:33Journaliste, chroniqueur judiciaire au courrier Picard à Amiens.
16:37Ils ont déroulé toutes les pistes, les gendarmes.
16:40Ils n'en ont raté aucune.
16:41Ils ont vraiment ratissé le terrain.
16:44Oui, il y a quelque chose de la précision de l'entomologiste
16:47quand on enquête comme ça sur la vie de quelqu'un.
16:50On démonte le moteur, pièce par pièce,
16:52et on découvre ce qu'on peut appeler une double vie.
16:55Et ce n'est pas du tout répréhensible,
16:56mais c'est vrai que ce prêtre avait manifestement une sexualité.
16:59On découvre aussi que cet homme, très rigoureux en apparence,
17:02aimait fréquenter des bons restaurants,
17:04avait fait un voyage à l'île Maurice.
17:06On s'interroge beaucoup sur les 7800 francs
17:09qui ont été retrouvés dans la poche de son pantalon
17:11posé sur le fauteuil de la chambre où il est mort.
17:157800 francs, il faut savoir que c'est davantage
17:17que ce que gagne un semi-car mensuellement à l'époque.
17:20Donc on peut imaginer que c'est l'équivalent
17:22de 1500 euros en liquide qui serait dans votre poche actuellement,
17:26ce qui ne doit pas être le cas, ce qui n'est pas mon cas.
17:27Je vous l'accorde.
17:28Il y a moins de cartes bancaires à l'époque,
17:30mais quand même, ça interroge.
17:31Et vous voyez, on tire tous ces fils.
17:34Et puis, il y a l'hypothèse Moitoiret.
17:36Là, on y croit parce que Moitoiret, c'est un natif de Creil.
17:38C'est un psychopathe.
17:40Ah oui, c'est...
17:41Un schizophrène, vous vous le rappelez.
17:42Oui, investi avec sa compagne Noëlla d'une mission divine,
17:45mais qui les a amenés à tuer un petit garçon
17:48de je ne sais plus combien de coups de couteau.
17:50Et alors, il est natif de Creil.
17:53Noëlla, il l'a connu dans un bar de Pont-Sainte-Maxence.
17:56On pense même qu'il a fréquenté le presbytère de l'abbé Guéguen.
18:01Et on se dit, voilà, là...
18:03Là, on y est.
18:05On y est.
18:05Ça colle.
18:05Sauf qu'il est prouvé très rapidement
18:07qu'il ne pouvait pas être dans l'Oise au moment du crime.
18:10Alors ça, c'est important, ce que vous nous rapportez.
18:12Parce qu'effectivement, on s'aperçoit que les gendarmes,
18:14ils ne sont pas restés les bras croisés.
18:16Et c'est vraiment...
18:17Ils sont morts fondus, d'ailleurs, quand il y a eu ce non-lieu.
18:19Parce qu'ils n'avaient pas trouvé.
18:21Ils s'étaient jurés qu'il fallait aboutir.
18:23Ça a été un moment difficile pour eux.
18:26Général François Daouz, vous êtes avec nous,
18:28également dans l'heure du crime, ancien patron de l'IRCGN.
18:31Alors cette fois, il y a un instant, vous nous disiez que
18:34dix ans auparavant, l'ADN, ça fonctionnait.
18:37On n'avait pas assez.
18:39Et là, d'un seul coup, dix ans après, ça marche.
18:41Qu'est-ce qui s'est passé ?
18:42Alors, il y a deux choses qui se sont passées.
18:44La première, c'est cette relance de l'enquête avec ce couple
18:48qui est passé par...
18:50Moitoiret et Go, c'est ça.
18:51Voilà, exactement.
18:51Et cette relance, elle part du service central
18:56de renseignement criminel de la gendarmerie
18:58qui, avec l'IRCGN, sont les deux entités
19:01de l'unité nationale polyjudiciaire à Pontoise.
19:05Et pourquoi ? Parce que c'est eux qui rassemblent
19:07tous les procès-verbaux, y compris des affaires
19:09et des non-lieux ou autres,
19:10et qui s'aperçoivent que ce couple est passé
19:13et provient de la région où le prêtre a été tué.
19:17Donc c'est une alerte qui, immédiate,
19:20qui relance l'enquête.
19:22Et relance l'enquête, c'est l'autorisation qu'il y a
19:25de reprocéder aux analyses des scellés
19:29avec les nouvelles techniques.
19:31Et là...
19:31Et là, ça match.
19:32Ça match parce que les nouvelles techniques,
19:34beaucoup plus sensibles,
19:36arrivent à sortir les profils ADN.
19:38Alors, pour l'instant, il y a deux personnes.
19:41Pascal Houssard et puis le vieux Achille Lombard.
19:43Alors lui, il est un pédigré un petit peu particulier.
19:48Pascal Houssard, cambrioleur, barraqué,
19:50il n'est pas très bavard.
19:50Qu'est-ce qu'on sait de lui ?
19:52C'est quelqu'un qui vit un petit peu à la petite semaine,
19:54couche à droite à gauche ?
19:55Oui, c'est ça.
19:56Ce n'est pas un marginal.
19:58C'est quelqu'un qui est dans sa communauté
20:03et qui reste dans sa communauté
20:05et qui vit d'expédients.
20:07Oui, c'est ça.
20:07Voilà, tout simplement.
20:08Son avocate va déclarer comme un voleur de poules
20:10et je crois que ça correspond très bien
20:12à ce qu'était sa vie.
20:13Tout à fait.
20:14Il a survécu très jeune
20:15en jouant de l'accordéon
20:16sur le Vieux-Port à Marseille.
20:18Il décrit ça d'ailleurs
20:19comme les seuls moments de bonheur de sa vie,
20:21c'est quand il jouait de l'accordéon.
20:23C'est un voleur.
20:25Je ne veux pas avoir de tendresse pour un criminel,
20:27mais j'avoue que des deux,
20:28c'est le plus touchant,
20:29des deux que j'ai croisés au tribunal.
20:31Est-ce qu'il n'a pas vraiment la carrure d'un tueur ?
20:34En tout cas, il n'a pas la carrure
20:35d'un organisateur de cambriolage.
20:38D'un organisateur de rien d'ailleurs, je pense.
20:41Alors, il y a un deuxième homme à ce moment-là
20:42qui est interrogé et qui est interpellé.
20:46Il y en aura un troisième,
20:47et ça, on va en parler dans le prochain chapitre.
20:50C'est Achille Lombard.
20:51Alors, je lui dis,
20:52c'est quelqu'un qui a plus de 70 ans.
20:53Lui, il a tout fait, il a tout vu.
20:57Oui, il a eu une vie bien remplie,
20:59y compris du point de vue du casier judiciaire.
21:02Je suis persuadé, ça n'engage que moi,
21:04mais je suis persuadé que si Achille Lombard,
21:06dans ce milieu où on n'avoue jamais rien,
21:08parle, c'est parce qu'il a...
21:10Il a rendez-vous avec le ciel,
21:12et il le sait, il est gravement malade.
21:14Il va d'ailleurs mourir très vite derrière.
21:16Et les gens du voyage sont croyants.
21:19Et je pense...
21:20Il faut qu'il vide sa conscience, c'est ça ?
21:21Oui, parce que c'est un prêtre qui est mort,
21:24ce n'est pas n'importe qui.
21:25Et je suis sûr que s'il lâche des noms,
21:28s'il passe à veu,
21:31c'est qu'il sait qu'il va mourir,
21:32et que c'est une confession,
21:34au sens strict du terme.
21:36Une lettre, confession,
21:38qui raconte le cambriolage meurtrier.
21:41L'affaire l'abbé Guéguin,
21:43mystère au presbytère.
21:44Mon neveu Bernard était avec nous.
21:47L'enquête de l'heure du crime 3,
21:48cambrioleurs,
21:49sont en fait entrés dans le presbytère.
21:51Une équipe qui écumait la région de l'Oise.
21:54Mais lequel de ces hommes
21:56a tué le curé ?
21:58A suivre dans un court instant sur RTL.
22:02Toute la journée, RTL vous accompagne.
22:10L'heure du crime,
22:11présentée par Jean-Alphonse Richard sur RTL.
22:14Nous sommes d'autant plus bouleversés
22:15que nous avons eu l'abbé Guéguin
22:17à dîner hier soir chez nous.
22:18Nous avons passé une soirée vraiment agréable,
22:20sereine.
22:21Il était heureux.
22:22Et vers 11h, il est parti
22:25en disant,
22:26il faut que je rentre assez tôt
22:27parce que j'ai une autre réunion demain soir.
22:31Heure du crime consacré à la mort
22:33du père Jean-Claude Guéguin.
22:35Ce curé de l'Oise a été tabassé
22:37puis étouffé dans son presbytère
22:38en juillet 97.
22:40Plus de 10 ans pour que deux suspects
22:42soient confondus grâce à l'ADN.
22:44L'un d'eux, affaibli par la maladie,
22:46va livrer un troisième nom.
22:502010, Achille Lombard, 74 ans,
22:53mis en examen dans l'affaire du meurtre
22:55du curé Guéguin.
22:56décède dans un hôpital de la région parisienne.
22:59Il ne sera jamais jugé.
23:01Mais avant de rendre son dernier souffle,
23:04il a adressé une longue lettre
23:06au juge d'instruction de Sanlis.
23:08Il explique que son neveu,
23:10Bernard Lombard, 47 ans,
23:13était lui aussi du cambriolage
23:15au presbytère de Pont-Sainte-Maxence.
23:17Achille réaffirme qu'il est resté dans le jardin
23:20pour faire le guet.
23:21Mais son neveu et Pascal Houssard
23:25sont bel et bien entrés chez le prêtre.
23:27Il apparaît que le neveu dénoncé,
23:30Bernard Lombard,
23:32est très connu de la justice.
23:3417 condamnations depuis l'âge de 14 ans.
23:36La dernière fois qu'il s'est retrouvé
23:38derrière les barreaux,
23:39c'était en octobre 97,
23:41soit trois mois seulement
23:43après la mort du père Guéguin.
23:45Il venait d'être interpellé
23:46dans l'affaire des hôteliers de Dax.
23:48Trois restaurateurs tabassés chez eux
23:50et menacés d'avoir les yeux crevés
23:53s'ils ne disaient pas
23:54où ils cachaient leur argent.
23:55Bernard Lombard avait écopé
23:57de 30 ans de détention.
24:01Face au juge d'instruction de Sanlis,
24:03les deux suspects,
24:04Pascal Houssard et Bernard Lombard,
24:05gardent le silence.
24:07Lombard, excédé,
24:08va même renverser le bureau du juge
24:10lors d'une audition.
24:11Fin novembre 2011,
24:13Houssard et Lombard sont renvoyés
24:15devant la cour d'assises de l'Oise,
24:17non pas pour meurtre,
24:19mais pour coup mortel,
24:20malgré les circonstances
24:22et les violences subies par le curé.
24:25La volonté de tuer n'est pas retenue.
24:30Ça, il faut en dire un mot,
24:32évidemment, de coup mortel ou meurtre.
24:34Alors, personnellement,
24:35je pensais que le meurtre
24:36ne faisait pas de discussion.
24:38Justement,
24:39Anthony Poulin,
24:39vous êtes avec nous,
24:40dans cette heure du crime,
24:42journaliste,
24:42chroniqueur judiciaire
24:43au courrier Picard.
24:44C'est un peu étonnant.
24:45Comme qualification,
24:46coup mortel.
24:47Ça veut dire qu'on est arrivé,
24:48on a trouvé cet homme et puis...
24:50Je comprends que ça vous surprenne.
24:52Mais il faut savoir
24:53que de toute façon,
24:53il risquait la perpétuité
24:55pour les coups mortels.
24:57Oui.
24:58Donc, il risquait le maximum.
24:59Certes.
24:59Et c'est un réflexe
25:00que je vois assez souvent
25:02à la fois chez les procureurs
25:03et chez les juges d'instruction
25:04de dire
25:05de toute façon,
25:06ils vont risquer la perpétuité.
25:07Est-ce qu'on va s'embêter
25:08pendant cinq jours
25:09à batailler
25:10pour prouver l'intention homicide
25:12alors qu'on va pouvoir
25:13requérir la perpétuité ?
25:14C'est d'ailleurs
25:14ce qui a été le cas
25:15à Beauvais.
25:16La perpétuité a été requise.
25:18Donc,
25:18on se simplifie la vie
25:20en quelque sorte
25:20en disant
25:21voilà,
25:22on ne va pas.
25:22Parce que,
25:23en gros,
25:23on ne donne pas
25:24cette hausse-là
25:24à ronger aux avocats
25:25de la défense.
25:26C'est un petit artifice
25:27en quelque sorte.
25:28Oui.
25:28Je comprends mieux
25:29ce raccourci judiciaire
25:30effectivement
25:31lorsque vous l'expliquez
25:32Tony Poulin,
25:33général.
25:33François Daouche,
25:34ancien patron du IRCGN,
25:35un mot là-dessus aussi.
25:36Oui.
25:37Alors,
25:37il y a
25:38ce qui leur permettait
25:39d'aller jusqu'à la perpétuité,
25:40ce n'est pas tellement
25:41le coup
25:42ayant entraîné la mort
25:43que le fait
25:44qu'il y avait
25:45des circonstances aggravantes.
25:47C'était en réunion,
25:49deux nuits,
25:50ce qui fait que
25:50c'est ça
25:51plus la mort bien sûr
25:52qui amène
25:53à ce que la perpétuité
25:54soit la peine maximale.
25:56Il n'y aurait eu
25:57que les coups en réunion,
25:58un,
25:59n'avait pas du tout
26:01la même peine.
26:01Donc,
26:02voilà pourquoi
26:03on en arrive à ça.
26:04Général Daouche,
26:05les gendarmes,
26:06on le sait,
26:07pendant dix ans,
26:07ils ont trimé
26:08pour essayer de trouver
26:09une piste, etc.
26:10C'était très compliqué,
26:11ils n'ont pas eu
26:11beaucoup de chance.
26:12Puis là,
26:13d'un seul coup,
26:13la chance,
26:14elle sourit absolument
26:15parce que
26:16comme quoi dans les enquêtes,
26:18rien n'est irréversible,
26:20j'ai envie de dire,
26:21tout peut arriver.
26:21Dans un dernier souffle,
26:22il y a ce coup de théâtre,
26:23cette lettre accusatrice
26:25qui donne
26:25le troisième homme.
26:27Oui,
26:27alors,
26:28comme vous le disiez
26:29tout à l'heure,
26:31on est dans un milieu
26:32très particulier
26:32qui est le milieu
26:33des gens du voyage,
26:34très croyants
26:36et très respectueux
26:37de tout ce qui est
26:39prêtres,
26:39églises,
26:40etc.
26:41Même si ça ne les empêche pas
26:42de dérober
26:43des objets de culte
26:44qui se vendent très bien
26:45sur les marchés parallèles.
26:47Ça,
26:47c'est une chose.
26:48Mais l'homme
26:49qui est le prêtre
26:50doit être respecté.
26:52Voir la figure sacrée,
26:53c'est ça ?
26:53Voir la figure sacrée
26:54et pour s'en convaincre,
26:56il suffit d'aller
26:57chaque année
26:57au Sainte-Marie de la Mer
26:58voir ce pèlerinage
27:00pour Sarah Labrune
27:02qui est vraiment
27:03une dévotion extraordinaire
27:05et le culte catholique
27:10poussé jusqu'à son extrême
27:12de la croyance,
27:13ça fait partie
27:13de leur ADN,
27:14si je puis dire.
27:16Donc,
27:17il est aux portes
27:18de la mort
27:19et avant de mourir,
27:21il libère sa conscience.
27:22C'est la catharsis,
27:23je libère ma conscience
27:24et peut-être d'un péché
27:25qu'on ait participé
27:27au meurtre
27:28d'un prêtre.
27:29Tony Poulin,
27:30le fait est,
27:31c'est qu'il y a ce
27:31Bernard Lombard
27:32qui apparaît
27:33dans le dossier,
27:34c'est le neveu,
27:35il était bien caché,
27:36on ne l'avait pas remarqué.
27:38Alors lui,
27:39écoutez,
27:39vous parliez tout à l'heure
27:40de son autre complice
27:43qui avait un pédigré
27:45un peu plus limité,
27:48Pascal Houssard,
27:49voleur de poules,
27:49vous l'avez dit,
27:50Bernard Lombard,
27:51ce n'est pas vraiment le cas.
27:52Non,
27:53je vais alourdir l'addition.
27:55En 2013,
27:55j'en étais à 27 mentions
27:56au casier,
27:57dont deux pour meurtre.
28:00Là,
28:00c'est un dur,
28:01un vrai.
28:02J'en ai rarement croisé
28:03comme ça.
28:04Alors,
28:04il n'y a qu'à voir
28:04le service d'ordre
28:05qui l'entourait
28:05quand il est venu
28:06au procès en appel
28:07où il n'était pas à plan
28:08mais il était venu
28:10comme témoin
28:10et c'était impressionnant.
28:13C'est un titre très costaud
28:14déjà physiquement.
28:15Oui,
28:17sec,
28:18tout en muscles,
28:21un regard très dur,
28:24il s'il part.
28:26Il a été capable,
28:27comme vous le disiez,
28:28de renverser le bureau
28:28du juge d'instruction,
28:31de nier,
28:32de nier contre toute évidence
28:34puisque,
28:34on en reparlera,
28:35mais il y avait cette photo
28:36qui nous prouvait
28:36qu'il était au moins
28:38au nord de la Loire
28:39à l'été 97.
28:40Il va avoir des mots
28:41très durs
28:42pour William,
28:44pour, pardon,
28:45pour Oussard,
28:47pour Oussard,
28:47pour Oussard
28:48au procès en appel.
28:49On va sentir
28:50à quel point Oussard
28:51se liquéfie
28:52en sa présence
28:53parce qu'il crève de peur
28:54tout simplement,
28:55parce qu'il,
28:55il a osé parler
28:56à ce moment-là.
28:58Un dur,
28:58un vrai.
28:59C'est ça,
29:00Général Daouz,
29:00c'est un homme violent.
29:01C'est un homme violent
29:02et qui n'a pas de limite.
29:05Et c'est vrai
29:06que vous le signaler,
29:08ce qui interpelle
29:10tout le monde,
29:11c'est ce regard
29:12à la fois dur,
29:13glacial,
29:14et on a l'impression
29:16qu'il n'y a
29:16aucune pitié
29:18ni une once
29:18d'humanité
29:19dans son regard.
29:20Donc,
29:21ça pèse
29:22et on le voit
29:23sur son complice
29:26qui n'ose plus rien faire,
29:28plus rien dire
29:28et se dit
29:29mais qu'est-ce qui va m'arriver
29:30en prison ?
29:30De toute façon,
29:32j'en ai trop dit
29:32et donc,
29:34il a un pédigré,
29:36hélas,
29:36qui parle pour lui
29:37ou qui est fait
29:39de violence,
29:40qui est fait
29:40de menaces de mort,
29:42qui est fait
29:42d'agressions ultra-violentes,
29:44etc., etc.
29:45Ce n'est que ça
29:46et c'est la violence
29:47qui guide ses pas.
29:48Et il est même craint
29:49au sein même
29:50de sa famille.
29:51Ils ont tous raconté
29:53à peu de mots,
29:55certainement,
29:55mais qu'effectivement,
29:57cet homme était
29:57ultra-violent.
30:00De Malabar
30:01aux Assises,
30:03l'affaire
30:03l'abbé Guéguin,
30:05mystère au presbytère,
30:06ils sont devant moi
30:07ceux qui ont étouffé
30:08le curé,
30:09l'enquête de l'heure du crime.
30:10On se retrouve
30:10dans un instant
30:11sur RTL.
30:16Merci pour votre fidélité.
30:24RTL,
30:25votre radio.
30:27L'heure du crime,
30:28présenté par Jean-Alphonse
30:29Richard sur RTL.
30:31Retour dans l'heure du crime
30:33sur l'affaire
30:33Jean-Claude Guéguin.
30:34Ce curé de l'oise,
30:3565 ans,
30:36a été tabassé à mort,
30:38étouffé dans son presbytère
30:39à l'été 97,
30:40une douzaine d'années
30:41pour identifier
30:42une équipe
30:42de cambrioleurs violents.
30:44Deux sont jugés
30:4514 ans après les faits.
30:48Mercredi 8 février 2012,
30:51Pascal Houssard,
30:5149 ans,
30:52Bernard Lombard,
30:5350 ans,
30:54sont dans le boxe
30:55des accusés
30:56de la cour d'assises
30:56de l'oise.
30:57À Beauvais,
30:58deux armoires à glace
30:59au regard absent
31:00et vide.
31:01Les deux hommes
31:02sont cousins
31:03dans la vie,
31:04mais ils assurent
31:05qu'ils ne se fréquentent pas.
31:06Ils affirment
31:07n'avaient rien à voir
31:08avec la mort
31:09de Jean-Claude Guéguin,
31:10le curé de Sainte-Maxence.
31:12Le duo répond
31:14par des phrases courtes,
31:15souvent inaudibles.
31:16L'ADN sur un mégot
31:17désigne Pascal Houssard,
31:19mais il n'est pas troublé
31:20pour autant.
31:21Il reste sur ses dénégations.
31:23Quand on l'interroge
31:24sur sa vie,
31:25il répond qu'il n'a rien à dire.
31:27Ma passion,
31:27c'est la musique.
31:28Je joue de l'accordéon.
31:30Quand je suis saoul,
31:31je prends mon accordéon
31:32et je pleure.
31:33Lors de l'instruction,
31:35sa compagne,
31:35Marie,
31:36avait déclaré
31:37Dans sa folie,
31:38il était capable de tuer.
31:39Lui ne faisait jamais le guet.
31:41En revanche,
31:42il montait au casse
31:44devant la cour.
31:45L'épouse garde désormais
31:46le silence.
31:47Le deuxième accusé,
31:49Bernard Lombard,
31:49est muet.
31:50Il a refusé
31:51les enquêtes de personnalité
31:52et celles des psys.
31:53Il se présente
31:54comme ferrailleur,
31:55marchand de matelas
31:56et voleur.
31:57C'est la vie
31:58et la misère
31:59qu'on a connue,
32:00déclare-t-il.
32:01L'avocat général
32:03évoque longuement
32:03la victime,
32:04le curé Guéguin.
32:05Il regrette
32:06que le prêtre
32:07ait fait l'objet
32:07de rumeurs
32:08avec cette histoire
32:08de petites culottes
32:09retrouvées dans sa chambre.
32:11Un préjugé,
32:12dit-il.
32:12La vérité,
32:13c'est que ce sont bien
32:14ces deux-là
32:15qui ont probablement
32:16étouffé la victime
32:17sous un oreiller.
32:18En fin de procès,
32:20Oussard et Lombard
32:21admettent enfin
32:23être entrés
32:24dans le presbytère
32:25pour dévaliser
32:25le curé.
32:26Mais selon eux,
32:27le prêtre était
32:28déjà mort
32:30quand ils ont pénétré
32:31dans sa chambre.
32:32Les deux cousins
32:33sont condamnés
32:34à 30 ans de prison,
32:3520 ans de sûreté
32:36pour Bernard Lombard.
32:40Tony Poulin
32:40est avec nous
32:41dans cette heure du crime,
32:42journaliste au courrier
32:43Picard.
32:44Vous avez suivi
32:44toute cette affaire.
32:45C'est un peu
32:46le procès du silence
32:48à Beauvais
32:49devant les assises
32:50de l'Oise.
32:51Mais c'est vrai
32:51qu'on ne s'attendait pas
32:52à des confessions
32:53fleuves
32:53de la part
32:53de ces deux bonhommes.
32:54Non, il ne fallait pas
32:55attendre de miracle.
32:56Finalement, c'est Oussard
32:57qui au tout dernier moment
32:59va dire
32:59oui,
33:01on est allé cambrioler
33:02et quand on est arrivé,
33:03il était mort.
33:04Et donc Lombard va dire
33:05je dis pareil.
33:08Je pense qu'Oussard
33:09est demi-aveu quand même.
33:11Oui.
33:11Un petit aveu.
33:12Un tiers d'aveu.
33:14Je pense qu'il a été convaincu
33:15par ses avocats.
33:16D'ailleurs, j'ai une pensée
33:17pour Maître Macarévy
33:18de ses maîtres Robins
33:19qui ne sont plus là aujourd'hui.
33:20Ils sont décédés.
33:21Ses avocats
33:21sont partis beaucoup trop tôt.
33:23Je pense qu'ils ont dit
33:25à Oussard,
33:25ils ont dit
33:26mais là, nous,
33:26on ne va rien pouvoir faire.
33:27Vous niez depuis le début.
33:28Qu'est-ce que vous voulez plaider
33:29quand quelqu'un dit
33:30j'y étais pas ?
33:31Vous êtes quand même tenu
33:32par la parole de votre client
33:33et je pense que c'est pour ça
33:35qu'il a fait ses...
33:37On ne peut pas appeler ça
33:37des aveux
33:38puisqu'on sait maintenant
33:39que ce n'est pas la vérité
33:39mais enfin qu'il a lâché
33:40un peu de l'est.
33:41Il a senti qu'effectivement
33:42peut-être il fallait bouger
33:43un petit peu.
33:44À quoi est-ce qu'ils ressemblent
33:45ces deux accusés ?
33:47Ils sont différents
33:49au physique
33:50comme au...
33:52comme au mental
33:55clairement
33:55le dominant
33:56c'est Lombard
33:57qui fait peur à Oussard
33:59malgré la présence
34:00des escortes de sécurité.
34:03Oussard c'est le pauvre type
34:06prêt à saisir
34:07toute opportunité.
34:08Je pense que c'est
34:08un opportuniste
34:09de la délinquance
34:11davantage que du crime
34:12par essence.
34:13Lombard,
34:14vous l'avez très bien dit
34:14tout à l'heure,
34:15je pense qu'il n'a
34:16aucune limite
34:16et on ne va surtout pas
34:19le résumer
34:20à son appartenance
34:21à la communauté
34:22des gens du voyage.
34:23C'est à la communauté
34:24des criminels
34:25que je le fais appartenir
34:26et pas à celle
34:26des gens du voyage.
34:27Il faut bien le préciser
34:28parce que les gens du voyage
34:29en stigmatisent aussi
34:32une population
34:33et pas du tout.
34:34C'est avant tout
34:35un criminel.
34:38Et d'ailleurs
34:38les gens des voyages
34:39n'aiment pas
34:39ce genre de personne.
34:40Il faut bien le dire aussi.
34:41Il appartient,
34:42vous avez très bien dit,
34:43à la communauté
34:44des criminels.
34:45Et c'est un organisateur
34:46et je pense que c'est lui
34:47qui a organisé
34:48non seulement le cambriolage
34:49de Pont-Sainte-Maxence
34:50mais le périple meurtrier
34:51en fait
34:52de l'été 97.
34:53Ça vous le pensez
34:54on ne sait pas trop
34:55mais effectivement
34:56oui clairement
34:58et je pense que
34:59Oussard
35:00il a été un supplétif
35:01en fait
35:02c'est un peu
35:02la boîte d'intérim
35:03de la délinquance
35:05ou du crime.
35:05Il était à Rohan
35:06dans la Loire
35:07si je ne dis pas de bêtises
35:09ils sont montés du sud
35:10a priori
35:11la bande
35:11c'était plutôt
35:12Achille
35:14William Oussard
35:15et Bernard Lombard
35:16et puis William
35:17certainement
35:17n'a pas pu être
35:18dans l'Oise
35:19ils ont récupéré
35:21le cousin
35:21ils ont récupéré
35:23Oussard
35:24qui a participé
35:25à Pont-Sainte-Maxence
35:26et à mon avis
35:26qui est parti ensuite
35:27et puis
35:28alors Lombard
35:28a toujours nié
35:29qu'il avait passé
35:29le nord de la Loire
35:30sauf qu'on a une photo
35:31qu'on a pu identifier
35:33dans une cafétéria
35:34près du Havre
35:35à Montevilliers
35:36où on voit écrit
35:37Montevilliers derrière
35:38c'est comme ça
35:39qu'on sait
35:39où ça se passe
35:39et on voit bien
35:41Lombard à table
35:41avec Achille
35:42avec sa propre femme
35:43et ses enfants
35:45et puis après
35:45on va voir l'affaire
35:46de Guingamp
35:46une buraliste
35:48qui est tuée
35:48dans sa chambre
35:49alors pour lequel
35:50des non-lieux
35:51ont été prononcés
35:52et puis ils vont
35:53redescendre
35:53ils vont finir par Dax
35:54c'est pour ça
35:55que je parle
35:55de fer à cheval
35:56parce que je pense
35:56qu'au part du sud-est
35:57on finit dans le sud-ouest
35:59et à Dax
35:59ça va être terrible aussi
36:01puisque ça va
36:02un cambriolage
36:03qui se conclut lui aussi
36:04par la mort d'une personne
36:05un cambriolage ultra violent
36:07à chaque fois
36:07il y a cette violence
36:08qui est un peu terrifiante
36:10Général François Daousse
36:11vous êtes avec nous
36:11ancien patron de l'IRCGN
36:13alors on dit parfois
36:14que l'ADN
36:15c'est la reine des preuves
36:16c'est un peu usurpé
36:17parfois
36:17il faut bien le dire
36:18mais là en l'occurrence
36:19c'est l'ADN
36:20qui amène ces deux hommes
36:22au final
36:22en procès
36:23oui là
36:24c'est l'ADN
36:25qui va les confondre
36:26et
36:28ils auront beau nier
36:31c'est leur ADN
36:33sur des mégots
36:34du type de cigarette
36:35qu'ils ont l'habitude
36:36de fumer
36:37etc
36:38etc
36:38et il n'y a pas
36:39de coup monté derrière
36:40ça n'a pas été pris
36:41chez eux
36:42pour être jeté
36:44sur cette scène de crime
36:45etc
36:45etc
36:46donc l'ADN
36:47là
36:48il n'y a pas
36:49de discussion
36:50ni d'interprétation
36:52hasardeuse
36:53en disant
36:54il peut y avoir autre chose
36:55non
36:55là c'est sûr
36:56je sais qu'il n'y a pas d'aveu
36:57mais impossible de savoir
36:58qui a tué
36:59le prêtre
37:01alors
37:01Oussar il dit
37:02moi j'étais en train
37:03de fouiller les armoires
37:04et c'était lui
37:05qui devait le tenir
37:06c'est ce qu'il dit
37:06alors si on regarde
37:08les passés
37:08les personnalités
37:09de chacun
37:11j'aurais tendance
37:12à croire Oussar
37:13qui était effectivement
37:14le supplétif
37:15de cette
37:17de cette
37:18la pièce rapportée
37:19oui oui oui
37:20c'était la pièce rapportée
37:22de circonstances
37:23etc
37:23en revanche
37:25quand on regarde
37:26la personnalité
37:27de Lombard
37:27une violence permanente
37:29qui
37:31ça correspond plus
37:33à sa personnalité
37:34à sa façon d'agir
37:35à son mode opératoire
37:37soyons clairs
37:38c'est pas celui
37:40de Oussar
37:40donc
37:41et cette
37:42cette angoisse permanente
37:44de Oussar
37:45face à Lombard
37:46est aussi révélatrice
37:49ça en dit beaucoup
37:50effectivement sur ce personnage
37:52encore un mot
37:53Tony Poulin
37:54l'avocat général
37:55vous allez me dire
37:55il n'a pas le choix
37:56mais parce qu'on ne sait pas
37:57qui a tué
37:58lui il ne fait pas la différence
37:59entre les deux
38:00tous les deux ont volé
38:02tous les deux ont tué
38:04c'est ce qu'il dit
38:04l'avocat général
38:05oui oui
38:06et l'avocat général
38:07en appel
38:07va dire une chose
38:09très juste
38:09puisque seul Oussar
38:10va faire appel
38:11il faut le savoir
38:11donc il prend
38:1230 ans à Beauvais
38:13seul Oussar
38:14va faire appel
38:14et l'avocat général
38:15va dire à Oussar
38:16en gros
38:17il va sous-entendre
38:18qu'il ne pense pas
38:19que c'est lui
38:20qui a tué
38:20mais il va dire
38:21quand on va
38:21de nuit
38:24dans la maison
38:25où habite un particulier
38:27pour lui prendre
38:28des objets
38:28alors qu'il est susceptible
38:29de ne pas vouloir
38:30vous laisser les prendre
38:31et bien en fait
38:32on réunit
38:32toutes les conditions
38:33il n'y aura pas forcément
38:34mort d'homme
38:35mais on réunit
38:35toutes les conditions
38:36pour qu'il puisse
38:36y avoir mort d'homme
38:37et pour qu'il puisse
38:38y avoir un drame
38:38évidemment
38:39un seul des deux accusés
38:41en appelle
38:42l'affaire
38:43l'abbé Guéguin
38:43mystère au presbytère
38:45il m'a dit
38:46que le curé
38:46avait perdu connaissance
38:48on s'est sauvé
38:49l'enquête
38:50de l'heure du crime
38:50je vous retrouve
38:51tout de suite
38:51sur RTL
38:53cette émission
38:54vous intéresse
38:55vous en voulez plus
38:56retrouvez
38:57toutes les archives
38:57en podcast
38:58sur l'appli RTL
39:01l'heure du crime
39:02présentée par
39:03Jean-Alphonse Richard
39:32Lombard sur RTL
39:34il a cassé un volet
39:35pendant que je fumais
39:36je l'ai suivi
39:37il est monté
39:38dans la chambre
39:39il devait tenir
39:40le curé
39:41moi je devais fouiller
39:42à aucun moment
39:44à un autre moment
39:45il m'a dit
39:45il a perdu
39:47connaissance
39:48et puis là
39:49on s'est sauvé
39:51Pascal Houssard
39:52est finalement condamné
39:53à 25 ans de prison
39:545 ans de moins
39:55qu'au premier procès
39:56son avocate
39:57maître Sandrine
39:58Makarevix
39:59se félicite
40:00que son client
40:01ait refusé
40:02la loi du silence
40:04et que la justice
40:05ait fait la différence
40:06entre Lombard
40:07membre selon elle
40:08du grand banditisme
40:09et son client
40:11Houssard
40:12le simple voleur
40:13de poules
40:14j'avais beaucoup
40:15d'estime pour lui
40:16c'était vraiment
40:17le prêtre
40:17qu'il fallait
40:19vraiment dévouer
40:20tout
40:20il me fait de la peine
40:21quand même
40:22nous avons tous
40:24énormément de chagrin
40:25de l'avoir perdu
40:26de cette façon
40:28aussi tragique
40:29les réactions
40:30des habitants
40:31de Pont-Sainte-Maxence
40:33à propos de la mort
40:35du curé
40:36du père Guéguin
40:37c'était sur RTL
40:39réactions qui sont
40:40poursuivies
40:41d'ailleurs
40:41après le procès
40:42ces procès ont été
40:43très suivis
40:44Tony Poulin
40:46journaliste au courrier
40:46Picard
40:47vous êtes à ce procès
40:48en appel
40:49alors très intéressant
40:50finalement ce procès
40:51en appel
40:52on aurait dit
40:52on va n'attendre rien
40:53ça va être recommencé
40:54à dire on n'était pas là
40:55on était là
40:56à moitié etc
40:56là c'est pas du tout
40:58pas du tout
40:58Pascal Houssard
40:59qui est encore une fois
41:01le faire valoir
41:02dans cette histoire
41:02même si on ne peut pas
41:03excuser sa participation
41:04évidemment
41:05il était bien là
41:06quand le curé est mort
41:08Pascal Houssard
41:09il dit
41:09voilà comment ça s'est passé
41:11enfin on a une vérité
41:13premier enseignement
41:14d'abord c'est que Lombard
41:15ne fait pas appel
41:16lui des 30 ans
41:17prononcés
41:17il va plutôt chercher
41:20à avoir une confusion
41:21de peine
41:21avec le crime
41:23de Dax
41:23et il va l'obtenir
41:24d'ailleurs
41:26Houssard lui
41:26il fait appel
41:27et d'emblée
41:28quasiment
41:29oui vraiment d'emblée
41:30parce que d'ailleurs
41:30le président s'apprête
41:31à l'interroger
41:32sur son état civil
41:33sur sa personnalité
41:34il dit non
41:35j'ai quelque chose à dire
41:35et il dit
41:36voilà moi j'ai suivi
41:38il devait juste
41:38l'immobiliser
41:40et puis à un moment
41:41il m'a dit
41:41il a perdu connaissance
41:42et on est parti
41:43ce qui explique d'ailleurs
41:44que certainement
41:46il n'était pas venu
41:47pour tuer
41:48et je veux bien croire
41:49qu'il y a eu un moment
41:49de panique
41:50après avoir tué
41:51puisqu'il y a ces fameux
41:527800 francs
41:53dans la poche du pantalon
41:54qui est posé juste à côté
41:56il n'y a même pas
41:57ce réflexe
41:58donc c'est vraiment
42:00un cambriolage
42:00qui a mal tourné
42:01et Houssard parle
42:05et puis Lombard vient
42:07comme témoin
42:07lui il ne lâche pas
42:08il pourrait pourtant avouer
42:09à ce moment là
42:10il ne risque plus rien
42:10ses 30 ans sont définitifs
42:12tout comme il pourrait même
42:13avouer le meurtre
42:14de la buraliste de Guingamp
42:15puisqu'il y a eu
42:16un autre lieu
42:17qui ne risque rien
42:17mais il ne lâche rien
42:18et il reste sur sa première version
42:22on est monté pour cambrioler
42:23on l'a trouvé mort
42:24c'est un aller-retour
42:25en fait de Lombard
42:26dans cette cour d'assises
42:26oui mais un aller-retour
42:28qui a dû coûter cher
42:29incontribable
42:29parce que vu le nombre
42:31de membres de l'ERIS
42:33cagoulé et masqué
42:35et armé surtout
42:36qui était là
42:37je pense que ça a été
42:38un déplacement
42:39qui a coûté bonbon
42:40mais non il n'a rien lâché
42:41il a traité
42:42il a dit
42:43parce qu'on lui dit
42:44mais Houssard
42:45vient d'avouer lui
42:48en disant que c'est vous
42:50il dit oui
42:50mais lui il a un problème psychiatrique
42:52ah oui
42:53bon ben voilà
42:53donc on referme tout de suite
42:55le cahier
42:56et puis comme ça
42:57c'est terminé
42:58général François Daoust
42:59ancien patron de l'IRCGN
43:01c'est vrai que
43:01voilà
43:03finalement les procès
43:04à un appel
43:04on en attend
43:06parfois pas grand chose
43:07mais celui-ci
43:08il est instructif
43:09parce qu'effectivement
43:10cet homme
43:10il a parlé
43:11la parole était un peu plus libérée
43:12oui oui
43:13et là
43:14il arrive tout seul
43:16au procès à un appel
43:17alors que
43:18dans le premier procès
43:19il y avait Lombard
43:20à côté de lui
43:21donc il avait une peur
43:22vraiment une peur viscérale
43:24donc
43:25seul
43:26et bien
43:27ça a libéré la parole
43:29il donne
43:30une vérité
43:31on se doute bien
43:32qu'entre
43:35ce que lui a dit
43:36ce qu'il dit
43:36il a fait un malaise
43:38il faut qu'on parte
43:39et il y a quand même eu
43:40un certain nombre de coups
43:41qu'il n'a pas pu ignorer
43:43qu'il a entendu
43:44qu'il passe sous silence
43:46il n'empêche que
43:47il donne une version des faits
43:49qui colle à peu près
43:51avec le déroulement
43:53de ce crime
43:55donc
43:55parole libérée
43:57une parole
43:58plus aisée
43:59pas totalement
44:00la vérité
44:01il y a encore
44:02des morceaux sous silence
44:03mais pas
44:04sous l'emprise
44:05de Lombard
44:06c'est ça
44:07qui était très intéressant
44:08dans ce procès
44:09ah oui
44:09je suis tout à fait
44:10d'accord avec vous
44:11Tony Poulin
44:13on est un peu au-delà
44:14du simple fait divers
44:15parce qu'on pourrait se dire
44:15c'est un cabriolage tragique
44:17qui a mal tourné
44:18une espèce de tabassage
44:19avec des brutes
44:20voilà
44:20donc ça
44:21ça fait quelques lignes
44:22j'ai envie de dire
44:22parfois dans les journaux
44:23hélas
44:24même si derrière
44:24il y a un drame humain
44:26il y a une victime
44:26il ne faut pas l'oublier
44:27la victime
44:27c'est effectivement
44:28le curé
44:29Jean-Claude Guéguin
44:31Tony Poulin
44:32ça va au-delà de ça
44:33oui
44:34on a amené plein de leçons
44:36cette histoire
44:36si on s'intéresse tous
44:38et avec vos auditeurs
44:39aux faits divers
44:40c'est parce qu'ils ne se résument pas
44:42à cinq lignes
44:42justement
44:42les faits divers
44:43disent beaucoup de notre société
44:46le fait qu'elle soit civilisée
44:47le fait qu'elle le soit
44:48de moins en moins
44:49et devienne violente
44:49là ça nous parle de quoi
44:51ça nous parle du
44:52du début du débat
44:53sur les abus sexuels
44:54dans l'église
44:55même si c'est
44:56c'est une piste
44:57qui a fait long feu
44:57mais ça nous prouve
44:59qu'il y a une sensibilité
45:00et des gendarmes
45:01et de l'opinion publique
45:02à ça
45:04et puis
45:04et puis ça nous parle
45:05de l'ADN
45:06qui est décrié
45:08par certains
45:08en disant
45:09dans ce cas là
45:10on va ficher tout le monde
45:11et on pourra pas
45:12sortir de notre voiture
45:13sans que
45:14sans que
45:15je sais pas
45:15un big brother
45:16soit au courant
45:17en même temps
45:18ça aide à résoudre
45:19des crimes
45:20mais voilà
45:21c'est les débuts
45:22il y a une anecdote
45:23à ce sujet
45:23parce que vous savez
45:24que dans un procès d'assises
45:25même si l'affaire est tragique
45:26on sourit quelquefois
45:27et Oussard à un moment
45:29dit oui mais non
45:29mon mégot
45:30ils l'ont mis là
45:31parce qu'ils voulaient se venger
45:31parce que j'avais couché
45:32avec la femme à Achille
45:33et le président
45:34c'était le président
45:35d'Amulo à Beauvais
45:36qui lui dit
45:37bah écoutez
45:37ceux qui vous ont tendu
45:39un piège
45:39ils étaient forts
45:40parce que le fichier
45:41de l'ADN
45:42il a été créé
45:43qu'un an plus tard
45:44par madame Elisabeth Guigou
45:46donc ça veut dire
45:47qu'un an à l'avance
45:48ils savaient qu'en laissant
45:48votre mégot
45:49ça allait
45:50accuser
45:51ça allait matcher un jour
45:53mais ça nous parle
45:54des débuts de l'ADN
45:55et le général
45:56c'est bien mieux que moi
45:57mais là voilà
45:57l'ADN ne vient pas
46:00d'être inventé
46:00il n'y a pas besoin
46:01de l'inventer
46:02mais son utilisation
46:03elle est balbutiante
46:04et elle va être
46:05de plus en plus utile
46:06à la résolution des affaires
46:07il faut savoir aussi
46:08les gens qui décrivent
46:09les fichiers ADN
46:10et je peux tout entendre
46:11il faut savoir aussi
46:12que quand on résout une affaire
46:13on permet à des innocents
46:15de ne pas être impliqués
46:15bien sûr
46:16ça fonctionne dans les deux sens
46:17parce que l'ADN incrimine
46:19mais l'ADN disculpe également
46:23général Daouz
46:24un mot
46:25aujourd'hui
46:25les scènes de cambriolage
46:26elles sont systématiquement
46:28alors les scènes de cambriolage
46:29oui
46:30sont systématiquement examinées
46:32sous l'angle de l'ADN
46:33et des emprunts digitales
46:34voilà
46:35et pour aller dans
46:36dans le sens de ce qui est dit
46:3798 c'est
46:39l'année de création du fichier
46:40mais il n'y a pas
46:41toutes les infractions
46:42ce qui fait que
46:43une grosse partie
46:45des infractions
46:46pour lesquelles
46:47les deux protagonistes
46:49avaient été condamnés
46:50ou autres
46:50mais n'étaient pas intégrées
46:52dans le nouveau fichier
46:53il faudra attendre
46:542003
46:54et l'ouverture
46:56de la majorité
46:58des infractions
46:59pour qu'on aille
47:00recueillir
47:00leur ADN
47:01à ce moment là
47:02et quand on fait
47:03les analyses en 2008
47:04ce n'est qu'à ce moment là
47:06qu'il y a un match
47:06mais grâce
47:07à la loi de 2003
47:08pas celle de 1998
47:10et l'ADN
47:11dont la recherche
47:11continue d'avancer
47:12et de progresser
47:14faisant des pas
47:15d'ailleurs spectaculaires
47:16merci beaucoup
47:17François Daoust
47:18et Tony Poulin
47:19d'avoir été aujourd'hui
47:20les invités
47:21de l'heure du crime
47:21merci à l'équipe de l'émission
47:22rédactrice en chef
47:23Justine Vigneault
47:25préparation
47:25Valentin Bardet
47:26Lisa Canales
47:27réalisation en direct
47:28Jonathan Griveaux
47:29Merci à tous
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