00:01Et Joachim Herrmann qui nous accompagne ce matin, Annalise chez Kepler Unigestion.
00:05Bonjour Joachim, merci de nous accompagner ce matin pour nous ouvrir un petit peu les portes,
00:09les convictions de Kepler Unigestion avec notamment des valeurs défensives européennes
00:14au vu du contexte assez chahuté, des investisseurs qui sont bien sûr dans le brouillard,
00:18on le voit notamment sur les dernières séances.
00:21Vous regardez notamment le secteur de la distribution qui est bien sûr un secteur très défensif
00:26avec Aold Elez qui est du côté des Pays-Bas.
00:30Alors c'est un acteur qui affiche notamment des marges, contrairement à la France,
00:35qui sont largement au-delà des concurrents européens.
00:40Oui, bonjour Etienne.
00:42Oui, effectivement Aold bénéficie d'un profil assez différent de ce qu'on peut voir en Europe
00:47dans le secteur de la grande distribution.
00:48C'est une des dernières grandes entreprises qui peut tenir si on pense par rapport à un carrefour par exemple.
00:58La résilience de ces marges en fait tient du fait que c'est un groupe qui est très implanté aux
01:02Etats-Unis.
01:03Ça représente environ 60% du chiffre d'affaires et plus des deux tiers du résultat.
01:08Et donc cette implantation aux Etats-Unis bénéficie clairement au groupe
01:13qui n'est pas menacée par les barrières commerciales imposées par M. Trump
01:17car la plupart des choses sont sourcées sur place aux Etats-Unis.
01:23Et donc oui, Aold bénéficie également de la digitalisation.
01:28Ils sont très forts pour les ventes en ligne
01:29et ce qui leur permet de maintenir une croissance assez impressionnante
01:33que ce soit aux Etats-Unis mais également en Europe
01:36où ils sont un pilier du Benelux avec une super assise aux Pays-Bas
01:42et en Belgique également.
01:44Ils sont au numéro 2 là-bas.
01:47Un titre qui a bien performé depuis le début de l'année.
01:50Aold a gagné 18%.
01:51On est au-delà des 41 euros ce matin.
01:54Quand vous regardez les niveaux de valorisation,
01:56là aussi on est au-dessus du panier par rapport à d'autres concurrents.
02:00Est-ce que vous pensez que toutes les bonnes nouvelles ne sont pas déjà intégrées ?
02:06Alors je suis d'accord avec vous qu'en termes de valorisation,
02:09on est sur un titre de la grande distribution qui est assez cher
02:12mais ça renvoie aussi à ce que je venais de dire,
02:15c'est que son implantation aux Etats-Unis le différencie clairement
02:17si on regarde les niveaux de valorisation des entreprises européennes.
02:20Oui, Aold se traite aujourd'hui un léger premium
02:23par rapport aux compétiteurs européens.
02:27Un PI de 13,6, un IVI-Ebida presque de 7.
02:31mais si on regarde les valeurs avec lesquelles se traident les valeurs américaines,
02:38Walmart, Target, Costco,
02:40on est sur des valorisations qui n'ont plus rien à voir avec ça.
02:43Donc je pense que déjà d'un point de vue de la valorisation,
02:45Aold peut encore bénéficier de sa présence aux Etats-Unis.
02:49Ensuite, en termes des bonnes nouvelles,
02:50il ne faut pas oublier que l'exposition dollar
02:53est quelque chose de positif pour Aold.
02:55Alors, en 2025, ça n'a clairement pas été le cas
02:57et ça a même joué en défaveur du titre
03:00qui n'a pas très bien performé pour une bonne partie de l'année.
03:03Maintenant, on arrive presque à la date anniversaire
03:05où ces mouvements de FX, de monnaie,
03:09ont pesé sur les résultats d'Aold.
03:11Potentiellement, on va avoir déjà une amélioration à ce niveau-là.
03:15Et deuxièmement, dans ce contexte chahuté
03:18où les investisseurs internationaux vont rechercher plutôt le dollar,
03:21on pourrait même voir un renforcement du dollar
03:23par rapport à l'euro et qui pourrait encore plus bénéficier à Aold.
03:26Anotex, c'est également une valeur de rendement
03:28avec un coupon de plus de 3% au cours actuel.
03:3141,24 euros ce matin pour ce titre Aold-Eles
03:33qui est sur des plus hauts de 2001.
03:36Autre conviction, là aussi une valeur défensive.
03:39Dans le secteur des télécoms, il s'agit de KPN.
03:42Alors, c'est un acteur qui n'est pas connu en France
03:44et pour cause principale activité,
03:46aujourd'hui, c'est sur le segment néerlandais aux Pays-Bas.
03:52Oui, alors KPN a eu une histoire plus internationale que ça
03:56pendant les années 2000,
03:57mais ils en sont revenus et ils ont décidé de se concentrer vraiment
04:01sur leur pays domestique,
04:03qui est un marché rationnel avec trois opérateurs,
04:06donc on peut dire une sorte d'oligopole rationnel.
04:09C'est une histoire peu spectaculaire,
04:12c'est un dossier peu spectaculaire,
04:13mais qui offre un profil très lisible.
04:15Alors, le management a présenté un plan stratégique pluriannuel,
04:172024-2027, ils s'y tiennent.
04:20L'exécution est plutôt disciplinée,
04:24tout n'est pas parfait,
04:25notamment sur le déploiement de la fibre,
04:26mais on est à la moitié de ce plan.
04:28Pour l'instant, il n'y a pas d'ombre au tableau
04:31et ça permet au groupe de réaliser
04:34la génération de trésorerie régulière
04:36qu'ils avaient promise
04:37et qui devrait même encore s'améliorer en 2027
04:39avec justement des projets d'investissement,
04:41donc des CAPEX un peu moins importants dans la fibre,
04:44ce qui fait qu'au final,
04:46CAPEX permet un retour aux actionnaires lisibles.
04:49Ils ont annoncé déjà leurs dividendes pour l'année 2027,
04:51donc ils paieront sans doute en 2028.
04:53Ils font en parallèle de ça
04:55un programme de buyback,
04:56de rachat d'actions qui est robuste.
04:58Donc voilà, une histoire simple
05:01qui fait ce qu'on attend d'une telco.
05:03Elle génère du cash,
05:04elle augmente son dividende.
05:05C'est un profil très défensif
05:07qui fait du bien dans cette période
05:09de chahuter sur les marchés.
05:10Plus 19% là aussi depuis le début de l'année,
05:124,74 euros pour ce titre KPN.
05:15Enfin, un dernier mot sur Netflix.
05:17Alors là, on est bien sûr aux Etats-Unis,
05:20on est sur une autre dimension,
05:21c'est plus de 400 milliards de capitalisation boursière.
05:24Le titre avait été chahuté ces derniers mois
05:26avec notamment la bataille autour de Warner Bros.
05:29La semaine dernière,
05:30le groupe a annoncé que finalement,
05:32non, il n'allait pas faire une OPA sur Warner Bros.
05:35Et alors ça, ça a plu aux actionnaires
05:36au point même que là, sur une semaine,
05:38le titre a repris près de 20%.
05:42Oui, comme vous le soulignez,
05:43Netflix a été chahuté.
05:45Ils ont connu 8 mois vraiment très difficiles.
05:47À partir du moment où ils ont annoncé leur intention
05:48de rentrer dans ce deal faramineux
05:50de l'ordre de 100 milliards de dollars
05:52pour récupérer les actifs de Warner Bros.
05:56Depuis, la direction a changé d'avis.
05:57La bataille boursière s'était engagée
05:59avec Paramount Skydance,
06:00qui est un autre acteur du marché aux Etats-Unis,
06:02qui était soutenu par la famille Ellison,
06:05le clan Ellison,
06:05puisque le fils et le CEO avaient obtenu
06:09un financement par son père
06:10en cas de rachat.
06:12Donc Netflix a décidé de ne pas y aller
06:14et c'était plutôt une bonne nouvelle.
06:17J'avais calculé qu'en pro-format,
06:19on aurait pu aller sur un endettement
06:20d'Ebidda au-dessus de 4 fois,
06:22voire plus,
06:23ce qui commençait à poser problème.
06:24D'ailleurs, les agences de notation
06:26sont tombées sur Paramount
06:28dans les quelques jours
06:29qui ont suivi l'annonce.
06:30Paramount s'est pu dégrader, lui,
06:32en catégorie spéculative.
06:33Donc Netflix a évité ce scénario-là.
06:35Ça va permettre au groupe
06:37de se recentrer vraiment
06:38sur son cœur de métier,
06:39le streaming.
06:40On sait que Netflix a disposé
06:41d'un réel pouvoir
06:42de fixation des prix.
06:43Ils vont sans doute retester
06:44ce pouvoir-là
06:46dans les prochains mois.
06:47Et ils ont aussi
06:48des endroits
06:49où ils peuvent se développer
06:50pour continuer la croissance.
06:51La publicité,
06:52ça fait seulement depuis 2022
06:54qu'ils ont mis de la publicité
06:55sur leur chaîne,
06:57sur leur réseau.
06:57Et ils sont encore loin
06:59d'avoir maximisé
07:01ce qu'ils pouvaient faire
07:01de ce côté-là.
07:02Netflix évoque également
07:03le fait de se lancer
07:04dans des activités plus live
07:06autour du sport, par exemple.
07:07Alors, ils n'ont rien
07:08de majeur encore
07:09en termes de droits
07:10à diffuser.
07:11Mais on sait que c'est un endroit
07:13où ils vont pouvoir aller.
07:17Au-delà de ces considérations
07:18opérationnelles,
07:19l'autre bonne nouvelle,
07:20ça va être le retour
07:20du buy-back,
07:22donc du rachat d'actions.
07:23Ils ont promis déjà
07:24aux actionnaires
07:24qu'ils allaient reverser
07:25l'indemnité compensatoire
07:27qu'ils vont toucher
07:28puisque le deal
07:29ne se fait pas
07:29avec Warner Bros.
07:30On parle de presque
07:313 milliards de dollars.
07:33Et puis, rien n'empêche
07:34qu'ils continuent ensuite
07:35le déploiement
07:36du buy-back plus traditionnel,
07:37plus standard,
07:38environ 2% par an,
07:39ce qui représenterait
07:40quand même
07:40dans les 15 milliards
07:41par an
07:41de retour aux actionnaires.
07:43Et donc, en dernier point,
07:44comme vous mentionniez,
07:45Étienne,
07:45effectivement,
07:46Netflix présente
07:46un beau profil
07:47de croissance,
07:49que ce soit le revenu,
07:50que ce soit les BPA,
07:51mais ne fait plus partie
07:53du groupe
07:53des Magnificent Seven
07:54alors qu'il faisait partie
07:56des FANG,
07:56si on s'en souvient,
07:57à la fin des années 2010,
07:59qu'on voit le profil
08:01de croissance
08:02de ce groupe.
08:03On a tout raison
08:03de croire
08:04que c'est encore
08:04le moment
08:05de rentrer dedans.
08:06Le modèle aime bien
08:07Netflix
08:08car, effectivement,
08:09on est encore
08:09sur une décote
08:10suite à ce qui s'est passé
08:11à la bataille boursière
08:13avec la bataille boursière
08:13autour de Warner.
08:15Au point même
08:15que malgré la hausse
08:16de 18%
08:17en l'espace d'une semaine,
08:17le titre ne revient
08:19que sur ses niveaux
08:20de décembre
08:20et perd toujours
08:21plus de 30%
08:22par rapport
08:23à ses plus hauts
08:23de l'été dernier.
08:24Merci beaucoup
08:25Joachim Herrmann
08:25de nous raccompagner ce matin.
08:26Je rappelle que vous êtes
08:27Annalise chez Kepler
08:28Unigestion.
08:29Merci de nous avoir partagé
08:30trois dossiers,
08:31trois convictions.
08:32Netflix
08:33à Wall Street,
08:34KPN
08:34aux Pays-Bas,
08:35à Oldélez également
08:36du côté d'Amsterdam.
08:38Trois sociétés
08:39qui ont des revenus
08:40visibles,
08:41des bilans robustes,
08:42des dossiers
08:42qui sont bien sûr
08:43recherchés
08:44dans ces temps
08:45très instables
08:46sur les marchés financiers.
08:48très cliqués.
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