- il y a 4 heures
Laurent Bary, 35 ans, éleveur de poulets, Valérie Bary, 38 ans, aide-soignante. Un jeune couple tranquille dans un hameau tranquille de Bourgogne, jusqu'à ce que le mari découvre son épouse baignant dans une mare de sang. Treize coups de couteau. Le mari ne pouvait pas être dans la maison au moment du meurtre.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.
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00:0214h15 c'est l'heure du crime sur RTL
00:05Quand je rentre dans le salon, le corps de Madame Barry est allongé d'eau sur le sol.
00:09Son buste est recouvert d'une parka et je vois de suite qu'il y a une tâche de sang
00:14à hauteur de ses cheveux.
00:15Ils sont tout emmêlés, tout imbibés de ce sang.
00:17A proximité de son bras gauche, il y a un couteau tout ensanglanté.
00:21Et là je vois au niveau du cou, sous le menton, une entaille de 2-3 cm.
00:26Bonjour, Laurent Barry, 35 ans, éleveur de poulet.
00:31Valérie Barry, 38 ans, aide-soignante.
00:33Un couple tranquille, dans un hameau tranquille en Bourgogne.
00:37Jusqu'à ce que le mari découvre son épouse qui baigne dans une mare de sang.
00:4213 coups de couteau.
00:43Il ne pouvait pas être dans la maison au moment du meurtre.
00:46Alors pourquoi va-t-il attirer les soupçons ?
00:50Laurent Barry, le poulailler au mensonge.
00:53L'heure du crime, la seule émission radio 100% fait divers.
00:56C'est tout de suite sur RTL.
01:04Vendredi 26 mars 2004, 11h45, un homme en panique appelle les pompiers.
01:10L'opérateur du codice de la Côte d'Or a du mal à comprendre
01:14ses propos entrecoupés de sanglots et de respirations.
01:18On l'entend demander où sont ses chiens et répéter en boucle au sujet de sa femme
01:23« Elle est morte ! Elle est morte ! »
01:26Il dit s'appeler Laurent Barry.
01:28Il habite l'anneau sur la commune d'Arconcé, une demi-heure plus tard.
01:32Les gendarmes de Pouilly en Oxois sont à l'anneau,
01:36à mots qui ne comptent que quatre familles.
01:38Les pompiers et un médecin les ont précédés dans la fermette du couple Barry.
01:43Le mari est prostré, il est assis sur un banc, il déclare « Ma femme est là-bas ! »
01:48Je ne sais pas ce qui s'est passé.
01:50En état de choc, il est hospitalisé.
01:52L'épouse, Valérie, gille sur le dos dans une grande pièce en chantier.
01:57Elle est vêtue d'un polo à manches longues, d'un pantalon de survêtement.
02:02Elle porte des chaussettes aux pieds.
02:04Elle a reçu un coup violent sur le crâne.
02:07Ses cheveux blonds sont imbibés de sang,
02:09également frappés à l'arme blanche, à la gorge, au thorax.
02:13À l'abdomen, un couteau ensanglanté, une lame de plus de 20 cm est sur le carrelage.
02:19Pour les gendarmes, Valérie Barry a d'abord été attaquée dans la cuisine.
02:23Son sac à main est renversé dans le hall, dans la chambre du couple.
02:28Le contenu d'un coffret à bijoux est dispersé sur le lit.
02:32Des tiroirs ont été ouverts.
02:34On pense à un cambriolage.
02:36Les chiens, un rote-veler et un border collie ont été volontairement enfermés dans la remise.
02:45Vendredi 26 mars, 17h30, les gendarmes entendent Laurent Barry à l'hôpital de Dijon.
02:51Bouleversé, il dit être éleveur de poulets.
02:55Son épouse est aide-soignante.
02:57Ce matin-là, il s'est levé tôt.
03:00Il a préparé des poulets pour une livraison à Dijon.
03:04Son épouse a conduit leur petite fille de 4 ans jusqu'au bus de ramassage scolaire.
03:09Valérie avait pris sa journée pour poncer les poutres du salon qui est en pleine réfection.
03:14À 9h, il est parti pour Dijon.
03:17Il a pris la Ford Escort de sa femme.
03:20Laurent Barry dit être arrivé une heure et quart environ plus tard au restaurant gastronomique Debord
03:26pour y livrer ses poulets.
03:28Il est ensuite allé saluer un très bon ami qui tient une concession Ford en ville.
03:33Il était de retour chez lui vers 11h30.
03:36Il se souvient avoir vu des objets par terre.
03:38Puis il a trouvé sa femme.
03:40J'ai vu qu'elle était couverte de sang.
03:42Je l'ai prise par la tête et je lui ai dit
03:44« Qu'est-ce que tu as ? »
03:45Elle n'a pas répondu.
03:47J'ai mis mon manteau sur elle.
03:49Je ne voulais pas la voir.
03:50Elle avait une tête bizarre.
03:52« Je ne voulais pas qu'elle ait froid », raconte Barry.
03:55Selon les premières constatations du médecin,
03:57l'épouse serait morte autour de 10h15.
04:00À cette heure-là, le mari a un alibi.
04:03Il livrait ses poulets à Dijon.
04:06Le restaurateur et le concessionnaire confirment.
04:08Laurent Barry ne peut donc pas être le meurtrier.
04:13Les premiers témoignages présentent le couple Barry comme unis.
04:16Des divorcés qui ont réussi à recomposer une famille,
04:19trois enfants issus de précédents mariages
04:21et une petite fille qu'ils ont eue ensemble.
04:24Valérie est décrite comme une femme joyeuse, gentille,
04:28Laurent, ancien brancardier
04:29et présentée comme un gros travailleur,
04:33un couple qui ne roule pas sur l'or
04:34mais n'est pas forcément endetté.
04:37Aucun ennemi connu, aucune menace.
04:40Les gendarmes se demandent pourquoi
04:42un cambrioleur se serait intéressé à cette modeste fermette
04:46au fin fond d'un hameau
04:48où le moindre visiteur est aussitôt remarqué.
04:53Et c'est vrai qu'on peut se poser cette question.
04:56Pourquoi venir dans ce village très isolé
04:59pour commettre un cambriolage
05:00dans une maison des plus modestes ?
05:03Pourquoi se perdre ici ?
05:04Et puis pourquoi tuer cette femme sans défense
05:06pour quelques bijoux fantaisie et un peu de monnaie ?
05:09C'est vrai que ça pose quand même beaucoup de questions
05:10car le cambrioleur en question,
05:12il aurait vraiment recherché la difficulté.
05:14Mais pourquoi pas ?
05:15On va voir pourtant que ce scénario
05:17va peu à peu s'effriter.
05:19Malgré son alibi en béton,
05:21le mari va attirer le doute.
05:23Mais tout ça, on va en parler
05:24dans la suite de l'heure du crime.
05:27Bonjour, Maître Régine de la Morinerie.
05:29Bonjour.
05:29Merci beaucoup d'être avec nous aujourd'hui
05:31dans le studio de l'heure du crime.
05:33Vous êtes avocate à Paris
05:35et vous êtes l'ancienne avocate de Laurent Barry.
05:38Ce dossier, vous le connaissez très bien.
05:41Alors, un mot là-dessus,
05:42et on va en parler quand même beaucoup.
05:43C'est un meurtre, ça ne fait aucun doute,
05:45mais c'est un meurtre particulièrement violent.
05:48Effectivement, c'est un meurtre particulièrement violent
05:50parce que 13 coups de couteau
05:51plus des contusions cérébrales
05:53qui ont généré la mort,
05:56c'est effectivement une scène de crime
05:58tout à fait atroce.
06:00Et c'est ce que va découvrir M. Barry
06:02lorsqu'il va rentrer chez lui.
06:03et la raison d'ailleurs pour laquelle
06:05il va être particulièrement traumatisé
06:07lorsqu'il va appeler les secours.
06:09C'est ça, il est en panique cet homme.
06:11Il est en panique totale.
06:12Après, c'est facile à imaginer.
06:15En rentrant chez soi de découvrir sa femme
06:17ensanglantée sur le sol,
06:18c'est effectivement pour le moins angoissant.
06:21Des coups de couteau, un coup à la tête.
06:24C'est-à-dire qu'on a vraiment voulu la tuer cette femme.
06:27Elle a essayé de se défendre.
06:29Effectivement, il a été constaté
06:31qu'elle avait eu beaucoup de gestes de défense
06:35et qu'elle avait résisté.
06:39Ça apparaît.
06:40Ce qui apparaît très clairement
06:41dans le cadre de l'autopsie qui avait été effectuée.
06:44Les légistes, ils arrivent à le déterminer.
06:46Alors, encore une question,
06:47M. Régine Delamorinerie,
06:48puis il y en aura bien d'autres,
06:50évidemment au fil de cette heure du crime.
06:51Qu'est-ce qu'on sait de ce couple,
06:53les Barry ?
06:54Je dis bien qu'est-ce qu'on sait au début,
06:56parce qu'après les choses vont évoluer,
06:57évidemment les témoignages vont évoluer.
06:59Au début, on dit,
07:00mais il y a eu un coup de foudre,
07:02ils étaient vraiment unis.
07:04Ah oui, c'était un coup de foudre,
07:05puisqu'en fait,
07:06ils travaillaient au même endroit.
07:09Elle, elle était aide-soignante à l'hôpital,
07:11il était brancardier,
07:12il est tombé très amoureux d'elle,
07:14il lui déposait des roses
07:15sur son pare-brise de V voiture tous les jours.
07:18Donc, c'est pour le moins une histoire
07:19qui démarre de façon très romantique.
07:21Ils ont une petite fille, je crois.
07:25et lui a deux enfants d'une première union
07:30et elle a un fils également d'une première union
07:33avec lequel il y a quand même quelques tensions
07:37avec M. Barry.
07:39Mais pas des tensions extrêmes ?
07:41Il n'y a pas de menaces ?
07:42On n'en vient pas à...
07:43Non, non, on tente vraisemblablement
07:44comme certains beaux-parents avec leurs enfants.
07:48Classique.
07:49Oui, classique.
07:50Une espèce de dissension, pardon,
07:52assez classique.
07:53Mais qui peuvent créer des tensions
07:54parfois dans un couple.
07:56Évidemment.
07:56Et ça, les enquêteurs sont là pour le vérifier.
07:58C'est leur job.
08:00Le moindre détail peut compter
08:01dans une affaire criminelle
08:02et bien évidemment, on comprend
08:04à ce moment-là la démarche des gendarmes.
08:06Bonjour Elisabeth Philipponnet.
08:09Bonjour.
08:10Merci beaucoup d'être avec nous aujourd'hui
08:12en direct dans l'heure du crime.
08:14Alors, vous étiez l'avocate générale,
08:17lors du procès.
08:19Oui, tout cela.
08:19Un appel de Laurent Vary, magistrate.
08:22Oui, à Besançon.
08:22Voilà, magistrate.
08:23Il avait été initialement jugé à Dijon.
08:24Voilà.
08:25Exactement.
08:25Donc, voilà.
08:26Voilà pour situer un petit peu
08:27votre connaissance du dossier
08:28que vous connaissez d'ailleurs par cœur.
08:30Évidemment, vous l'avez lu et relu
08:32ce dossier, notamment à l'époque.
08:35Le mari, au début,
08:37Madame Elisabeth Philipponnet,
08:38au début, il a un alibi des plus solides.
08:41Finalement, il ne pouvait pas être là.
08:42Il livrait ses poulets à Dijon.
08:45C'est ce qu'il dit.
08:47C'est ce qu'il dit.
08:48Et il a effectivement livré des poulets
08:50à Dijon.
08:51Tout à fait.
08:51Au restaurant d'Urbord,
08:52très connu,
08:53où il a été vu.
08:55En fait,
08:57ce qui va poser peut-être
08:59question par la suite,
09:01ce n'est pas le fait
09:01qu'il a été effectivement livré
09:03des poulets.
09:04Ça va être à quelle heure
09:05il a finalement livré ses poulets
09:07et à quelle heure
09:08le meurtre a-t-il été commis.
09:11Et quand on va essayer
09:13de corréler tout ça,
09:14on va s'apercevoir que l'alibi
09:15n'est pas aussi solide
09:18qu'on le pense.
09:19C'est-à-dire qu'il va y avoir
09:20des écarts dans les horaires.
09:22On va y venir.
09:23Voilà, tout à fait.
09:24Mais au départ,
09:26il est vrai qu'au départ,
09:28c'est un homme effondré,
09:29c'est un homme en état de choc.
09:30Donc, ce n'est pas forcément
09:33la personne qu'on va soupçonner.
09:36Et puis, il dénonce.
09:37Il est là immédiatement.
09:38Mais le premier alibi,
09:40ça va être ça.
09:40Et puis, ça va être aussi
09:43l'audition de son ami,
09:45son ami garage.
09:46On va y venir.
09:47Voilà, par la suite.
09:49On va y venir.
09:50Et puis, on le verra.
09:50Et d'ailleurs, je le dis,
09:51mais je ne veux pas anticiper
09:52sur la suite,
09:54n'aura pas tout à fait
09:55la même position,
09:56notamment à l'audience
09:57où je vais être
09:58et où nous n'étions pas
09:59maîtres de la morinerie
10:00puisqu'il avait changé
10:01l'avocat entre-temps,
10:02M. Barry.
10:03Lors du procès en appel,
10:06le témoignage va s'affaiblir
10:07encore davantage.
10:08Bon, mais ça,
10:09évidemment,
10:09on va le découvrir
10:10au fil de cette émission.
10:12Maître Régine de la morinerie,
10:13je le disais,
10:14c'est un constat
10:14que font les gendarmes
10:15d'entrée.
10:16Ils disent,
10:16oui, un cambriolage,
10:18pourquoi pas ?
10:18Mais qu'est-ce qu'on est venu faire
10:21dans ce bled,
10:22il n'y a pas d'autre mot,
10:23dans ce hameau
10:23au fin fond de la campagne ?
10:25Vous savez bien,
10:26maître de la morinerie,
10:27même quand on n'est pas citadin,
10:28on sait que lorsqu'on traverse
10:30tous ces tout petits villages,
10:31il y a toujours quelqu'un
10:32derrière un volet,
10:33quelqu'un qui voit quelque chose,
10:34quelqu'un qui voit une animation.
10:35C'est un peu improbable
10:37de venir là, non ?
10:37Il y a eu beaucoup d'animations,
10:39en fait,
10:39quand les gendarmes
10:41ont finalement un peu cherché
10:45qui avait rodé dans le coin,
10:47on s'est quand même aperçu
10:48qu'il y avait différentes pistes
10:49avec des gens
10:50qui n'avaient rien à faire là,
10:53qui traînaient dans le coin.
10:55Et après,
10:56on peut aussi imaginer
10:57que peut-être quelqu'un pensait
10:59qu'il y aurait de l'argent
11:00puisque c'était un élevage de poulet,
11:01qu'il y aurait une caisse à voler.
11:03Pas forcément effectivement
11:05un gros butin,
11:06mais ça pouvait justifier
11:08une intervention à ce niveau-là.
11:10Ça ne vous paraît pas improbable ?
11:12Non, ça ne me paraît pas improbable.
11:15Elisabeth Philippon,
11:16juste un petit mot là-dessus,
11:17très court.
11:18C'est improbable ou probable,
11:19après tout,
11:20quelqu'un d'autre
11:21qui vient de cambrioler cette maison ?
11:23C'est probable.
11:24Encore faut-il savoir qui est venu.
11:26Et autre paramètre,
11:27on est dans un village.
11:28Un village,
11:29enfin c'est un hameau,
11:30perdu au fond de nulle part
11:31où tout le monde est en permanence
11:32derrière ses volets,
11:34derrière sa fenêtre.
11:35Donc ce jour-là,
11:37ce jour-là,
11:38on n'a vu personne,
11:40malheureusement.
11:40On n'a rien vu autour de la maison.
11:42Parmi les témoins intéressants,
11:44un associé du mari,
11:46Laurent Barry,
11:47le poulailler au mensonge.
11:48Une épouse
11:49qui ne supportait plus
11:50sa vie actuelle,
11:51un mari qui pouvait
11:52se montrer obstiné
11:53et méchant.
11:54L'enquête de l'heure du crime.
11:55On se retrouve dans un instant
11:57sur RTL.
11:58L'heure du crime.
12:00Jusqu'à 15h sur RTL.
12:0414h, 15h.
12:05C'est l'heure du crime sur RTL.
12:07Heure du crime consacrée aujourd'hui
12:09à l'affaire Laurent Barry.
12:10En mars 2004,
12:11cet éleveur de poulet
12:12a découvert sa femme
12:14tuée à coups de couteau
12:14dans leur maison,
12:16dédouanée grâce à son solide
12:18alibi.
12:18Et pourtant,
12:19les enquêteurs ont des doutes.
12:21Ils ne vont cesser
12:22de se rapprocher de lui.
12:24Jeudi 15 avril 2004,
12:26trois semaines après le meurtre
12:28de Valérie Barry,
12:29le rapport d'autopsie indique
12:30qu'elle n'a pas été agressée
12:32sexuellement.
12:33Elle a reçu 13 coups de couteau,
12:35elle s'est défendue.
12:36Le coup à la tête a été
12:38d'une extrême violence
12:39selon les légistes.
12:41C'est ce traumatisme crânien grave
12:43qui a entraîné la mort.
12:45Une dizaine de gendarmes
12:46de la section de recherche de Dijon
12:48travaillent sur le dossier.
12:49Le procureur privilégie la piste
12:52de l'environnement du couple.
12:54Quelqu'un qui connaît les barils
12:55et serait un habitué de la fermette.
12:58L'enquête ne détecte aucun amant
13:00dans la vie de Valérie,
13:01même si l'image idéale
13:03d'un couple amoureux s'estompe.
13:06Des soucis d'argent
13:07auraient assombri les relations.
13:09Un témoin qui la connaissait bien
13:11se souvient que l'épouse
13:14était un petit peu triste
13:15en proie à des problèmes financiers,
13:18des problèmes familiaux.
13:19Six mois avant le drame,
13:22une gendarme s'était rendue
13:23chez les barils.
13:24Le mari souhaitait déposer
13:25une plainte contre son beau-fils.
13:27La gendarme avait parlé
13:29alors à l'épouse
13:30et trouvait une femme
13:31qui ne s'y portait plus
13:32sa vie actuelle
13:33auprès d'un mari
13:34qui pouvait se montrer
13:36obstiné, dit-elle,
13:37et méchant.
13:40Vendredi 23 avril 2004,
13:43Laurent Barry est à nouveau entendu.
13:45Il ignore qui a pu tuer Valérie,
13:47mais il émet spontanément
13:48des soupçons sur Ludovic M,
13:51un homme avec qui il devait s'associer,
13:53selon le mari.
13:55Cet homme avait des vues sur sa femme.
13:57Il ajoute que si Valérie
13:59n'avait aucune autorité
14:01sur les deux chiens de la maison,
14:03eh bien Ludovic, lui,
14:04savait les maîtriser.
14:05Il aurait donc pu les enfermer
14:07pour ne pas être dérangé.
14:08Ludovic M dément ces accusations.
14:11Il explique que Laurent Barry
14:12se serait dévalorisé par sa femme,
14:15se aurait été dévalorisé par sa femme
14:17et l'échec de son élevage de poulet.
14:20Les légistes élargissent
14:22le créneau horaire du décès
14:24de Valérie Barry.
14:25Il va finir par se situer
14:27entre 9h et 11h30 du matin.
14:29Les gendarmes refontent
14:30donc chronomètre en main
14:31la route entre le hameau
14:34de l'anneau et Dijon.
14:35Selon eux, le mari a mis
14:38moins d'une heure trente
14:39pour faire ce trajet.
14:41Il aurait en fait quitté la maison
14:42vers 9h20, 9h30
14:44et non 9h comme il l'affirmait.
14:47Il aurait donc eu le temps
14:48de tuer sa femme.
14:49Des enquêteurs qui font
14:51une autre découverte troublante
14:53sur la bande audio
14:54de l'appel aux pompiers.
14:56On entend clairement les chiens
14:57aboyés derrière le mari.
15:00Laurent Barry disait pourtant
15:02en pleurs qu'il ne savait pas
15:03où ils étaient.
15:04C'est lui qui les aurait
15:06donc enfermés, ces chiens,
15:07avant l'arrivée des gendarmes
15:08et non pas un mystérieux visiteur
15:10pour les enquêteurs.
15:11Le mari serait le meurtrier.
15:13Il a tué Valérie.
15:15Il s'est lavé.
15:16Il s'est changé.
15:17Et il a pris la route
15:18pour Dijon
15:19pour livrer ses poulets.
15:21Mardi 17 janvier 2006,
15:24presque deux ans après la mort
15:25de Valérie Barry,
15:26Laurent Barry est en garde à vue.
15:29Ancien parachutiste,
15:30il semble rattrapé
15:31par la discipline militaire
15:33lors de son interrogatoire.
15:35Il répond aux questions
15:36par un sonore
15:38« Oui, mon adjudant ! »
15:39Ni pleure, ni aveu.
15:40Il dément avoir fait du mal
15:42à Valérie.
15:43On l'emmène alors
15:44pour perquisitionner
15:46la chambre qu'il occupe
15:47chez ses parents
15:47depuis le drame.
15:48On y retrouve
15:49la montre Festina
15:51qu'il avait déclarée
15:52volée le jour du meurtre.
15:54Je l'ai retrouvée
15:54il y a 15 jours.
15:55J'avais oublié
15:56de vous le dire.
15:57Jure le mari.
16:00Les premiers mensonges.
16:01Les mensonges
16:02qui mettent le doute
16:03dans la tête des enquêteurs.
16:04La garde à vue
16:05ne peut pas en rester là
16:06quoi qu'il en soit.
16:07Elle est d'ailleurs
16:07loin d'être terminée.
16:09Et on va voir
16:09ce que Laurent Barry
16:10va déclarer aux enquêteurs.
16:12Alors, est-il le meurtrier ?
16:14C'est évidemment la question
16:15qui se pose
16:15à ce stade de l'enquête.
16:17On va voir ça
16:17dans le prochain chapitre
16:19de l'heure du crime.
16:22Premier constat.
16:23On est là presque
16:24deux ans
16:24après deux ans
16:26d'enquête.
16:26Ça fait déjà beaucoup.
16:28Elisabeth Philipponnet,
16:29vous êtes avec nous
16:29dans cette heure du crime.
16:30Vous étiez l'avocate générale
16:32lors du procès
16:32à un appel
16:32de Laurent Barry.
16:34Les gendarmes de Dijon,
16:36là,
16:36pendant presque deux ans,
16:38ils ont vraiment
16:39tout repris
16:39point par point.
16:41Ils ont repris
16:41tout le dossier.
16:43Oui.
16:44Oui, il y a une continuité
16:46d'enquête
16:46parce que les enquêteurs
16:47ont changé.
16:49Et en fait,
16:50l'œil neuf,
16:51c'est toujours positif
16:54dans une enquête
16:55parce que ça permet
16:56de tout reprendre.
16:58Et initialement,
17:00il y a des choses,
17:01comme vous l'avez dit,
17:02qui vont poser question.
17:05On va s'apercevoir
17:06au fil du temps
17:08que le cambriolage
17:09n'en est pas vraiment un.
17:12Et puis,
17:12c'est Laurent Barry
17:13qui va expliquer plus tard
17:14que c'est lui
17:15qui, dans la panique,
17:16a simulé ce cambriolage.
17:18Mais ce qui va interpeller,
17:20c'est la séquence initiale
17:23du chien.
17:24Des chiens qui sont enfermés
17:26et on ne comprend pas
17:27pourquoi Barry,
17:28alors qu'il est en état de panique,
17:31va dire,
17:32lorsqu'il est
17:34en communication
17:35avec les pompiers,
17:36que ces chiens
17:36sont enfermés.
17:37Alors que ça,
17:39c'est un élément
17:40qui est important
17:41dans le dossier.
17:42Il n'y a pas 50 personnes
17:43qui peuvent enfermer
17:44ces chiens.
17:44Pourquoi ?
17:45Parce qu'il y a parmi
17:46ces deux chiens,
17:47un chien qui est assez dangereux
17:49qui est un reviler
17:50que Valérie Barry
17:52ne pouvait elle-même
17:53pas maîtriser.
17:55Donc,
17:56ça,
17:57c'est quelque chose
17:58qui est compliqué
17:58et on peut s'imaginer
17:59quand les gendarmes
18:00reprennent le dossier,
18:01il est parfaitement logique
18:02si Laurent Barry
18:04est le meurtrier
18:06de son épouse
18:07qui ne laisse pas
18:07les chiens
18:08après avoir pu
18:09agresser sa femme
18:10en début de matinée,
18:12vaquer,
18:13enfin,
18:14vagabonder n'importe où.
18:16Et puis,
18:16il est vrai aussi
18:17que le couple idéal
18:19n'en est plus un.
18:20On le sait,
18:22on a creusé.
18:23Valérie Barry
18:24était une femme
18:24qui était épuisée
18:26par les travaux,
18:28les dettes,
18:28le couple est endetté
18:29et qui s'était confié
18:31à son entourage.
18:32en disant que
18:34c'était une femme
18:35assez gai,
18:36elle est décrite
18:36comme une femme coquette,
18:37etc.
18:38Bon,
18:39elle n'était plus
18:40du tout
18:40aussi apprêtée,
18:42aussi jolie qu'avant.
18:44Elle souffrait
18:44de ce déficit d'image
18:46et il y avait
18:46une vraie difficulté
18:48avec Laurent Barry
18:49dans sa relation conjugale.
18:50c'était évident,
18:51c'était un couple
18:52qui était en train
18:52de se déchirer.
18:53Voilà,
18:54donc effectivement,
18:54là,
18:55les choses ont évolué
18:56et les gendarmes,
18:57ils sont à la recherche,
18:58on le disait tout à l'heure
18:59et c'est très important,
19:00à la recherche de détails.
19:01On va reprendre
19:02quelques détails
19:03avec vous,
19:04maître Régine de la Morinerie.
19:05Vous avez défendu
19:07Laurent Barry
19:07lors de son premier procès.
19:09Maître Régine de la Morinerie,
19:12un point sur les chiens.
19:13Effectivement,
19:14il y a quelque chose
19:14de très troublant,
19:15c'est que
19:16lors de son appel au secours,
19:17il dit
19:18mais où sont mes chiens,
19:19où sont mes chiens
19:19et puis ma femme est morte,
19:23enfin etc.
19:23Il dit tout ça,
19:24tout est dans la panique.
19:25On l'entend vraiment,
19:27on a cette bande audio
19:28qui est très poignante
19:29mais les chiens,
19:30on les entend aboyer
19:31sur cette bande audio.
19:32C'est improbable
19:33qu'ils n'aient pas entendu aboyer
19:34et ils aboient fort,
19:35on les entend vraiment.
19:37Alors en fait,
19:38lui,
19:38il a expliqué par la suite
19:40effectivement
19:40comme étant tellement
19:44désorienté,
19:44tellement en état de choc
19:46que du coup,
19:49il n'a même pas pris conscience
19:50qu'on entendait les chiens.
19:51En réalité,
19:52les chiens,
19:52il le reconnaîtra après,
19:53il les avait enfermés
19:57parce que sa femme
19:58voulait bricoler
19:59et qu'elle ne voulait pas
20:00être embêtée par les chiens.
20:01Donc en fait,
20:02par la suite,
20:02il le reconnaîtra.
20:04C'est curieux de dire spontanément
20:05où sont mes chiens,
20:06même si on est très désorienté,
20:08alors qu'on les a enfermés
20:09et après tout,
20:10on les entend aboyer.
20:11Non mais c'est une question
20:12que ce que se pose...
20:13Oui, mais apparemment,
20:13il était vraiment
20:14dans un état d'affolement
20:16total à ce moment-là.
20:17Que se posent les gendarmes.
20:18Alors il y a une autre...
20:19C'est établi comme un mensonge
20:21finalement,
20:22cette histoire de choc.
20:22Oui, de toute façon,
20:23après,
20:23il va reconnaître
20:24qu'effectivement,
20:24c'est bien lui
20:25qui les a formés.
20:26Il y a autre chose
20:27qui est étonnant,
20:27c'est la montre Festina,
20:30sa montre à lui.
20:31Après le cambriolage,
20:32il a dit,
20:33cette montre m'a été volée
20:34avec une poignée d'euros,
20:36des sommes pas très importantes.
20:38Et cette montre,
20:38on la retrouve dans sa chambre,
20:39la chambre où il vit,
20:41puisqu'il vit depuis,
20:42après le drame,
20:42il s'est installé
20:43chez ses parents.
20:44On la retrouve dans sa chambre.
20:45Ça aussi,
20:46c'est quand même très étonnant.
20:47Il va dire,
20:47j'avais oublié
20:48de vous le signaler.
20:49Il est un peu moins
20:50sous le choc, là.
20:51Oui, mais en réalité,
20:53c'est d'ailleurs la montre
20:54qui va faire s'orienter
20:56différemment l'enquête
20:57au bout de deux ans.
20:58Parce que Mme Barry,
21:01mère,
21:02sa mère,
21:02apprend qu'il a retrouvé
21:04cette montre.
21:05Et donc, en fait,
21:06elle va, elle,
21:07signaler à la gendarmerie
21:08que la montre,
21:09en réalité,
21:10a été retrouvée.
21:11Et donc là,
21:12il va y avoir
21:12une perquisition
21:13qui va être faite
21:14au domicile
21:15où, effectivement,
21:16on va bien retrouver
21:17cette montre.
21:17Et là, M. Barry,
21:19dans le cadre
21:20de ses interrogatoires,
21:22puisqu'il va être placé
21:22en garde à vue,
21:23va reconnaître
21:24qu'il a organisé
21:26un faux cambriolage
21:27parce qu'il était convaincu
21:29que sinon,
21:30il risquait
21:31d'être accusé
21:33d'avoir tué son épouse.
21:35Et puis,
21:35encore une question pour vous,
21:36maître Régine de la Morinerie,
21:39parce qu'elle n'est pas innocente
21:41cette question.
21:41Il va désigner tout de suite
21:43Ludovic.
21:44Ludovic, c'est un homme
21:44qui devait être associé
21:46avec lui dans ses affaires.
21:47Ça n'a pas marché.
21:49Pourquoi est-ce qu'il fait porter
21:50le soupçon sur Ludovic ?
21:52Parce qu'on a l'impression
21:53qu'il attire la foudre
21:53sur lui aussi,
21:54en disant ça.
21:54Oui, mais parce que lui,
21:57ça a toujours été le sentiment
21:58qu'il avait,
21:59c'est de penser
22:00que cette personne
22:01était peut-être impliquée
22:02dans la mort de son épouse.
22:04Elisabeth Philipponnet,
22:05un mot encore avec vous.
22:07Il y a un point crucial,
22:08c'est évidemment
22:09l'heure du crime,
22:10pas l'émission,
22:10la véritable heure du crime
22:11dans ce forfait.
22:14Les experts,
22:14ils vont élargir
22:16la plage horaire.
22:17Ça, c'est un peu curieux
22:18parce que les experts,
22:18finalement,
22:19ils jouent beaucoup
22:20avec ce timing-là
22:21qui est crucial.
22:22Ce n'est pas curieux du tout.
22:23Au départ,
22:23vous avez un médecin
22:24qui se déplace sur les lieux,
22:25mais il faut savoir
22:26qu'il n'y a que dans
22:28les feuilletons télévisés,
22:31américains ou autres policiers,
22:32qu'on vous dit
22:33que c'est du Colombo,
22:35la victime est morte
22:36à une demi-heure près
22:37entre telle heure et telle heure,
22:38sauf si sa montre
22:39a été cassée dans le choc.
22:40C'est un grand classique.
22:41Ce n'est pas vrai du tout.
22:42Les lividités cadavériques,
22:44la rigidité cadavérique
22:45qui permet,
22:46parce qu'à partir
22:47dans les 2 à 4 heures
22:48de la mort,
22:51le corps commence
22:52à se rigidifier.
22:53C'est ça,
22:53si vous voulez,
22:54qui permet de situer
22:55quand on est sur un crime
22:55qui a été commis récemment.
22:57Sinon,
22:57il y a d'autres critères.
22:58Et donc,
22:59vous avez un laps de temps
23:02qui est de 2 à 4 heures.
23:03Ce n'est pas du tout...
23:05Il y a binitio,
23:06quand un magistrat
23:07ou un policier
23:08lit le compte-rendu,
23:10même s'il n'est pas médecin,
23:11et qu'on voit
23:12que la date du...
23:14Enfin,
23:14l'heure est située
23:15à 10h15,
23:1610h30,
23:16c'est juste pas possible
23:19médicalement parlant,
23:20scientifiquement parlant.
23:21Voilà.
23:22On va à grands traits.
23:23On va à grands traits
23:24peut-être parce que
23:25on pense
23:28que Laurent Barry,
23:30finalement,
23:30a un alibi en béton,
23:31donc on ne va pas
23:32se poser trop de questions,
23:33si vous voulez.
23:34Mais on va voir
23:35qu'effectivement...
23:35On va corréler tout ça.
23:36On va se demander,
23:37quand l'alibi
23:38de Laurent Barry
23:39se fragilise,
23:40excusez-moi de nous interrompre,
23:41et que justement,
23:42on trouve des incohérences
23:43dans sa version
23:44de la découverte du cadavre,
23:45s'il était possible.
23:47Donc,
23:47vous voyez,
23:47on ne s'est pas acharné
23:48au départ à démontrer
23:49la culpabilité
23:50de Laurent Barry.
23:52Face aux enquêteurs,
23:53pas vraiment des aveux,
23:55mais plutôt des demi-aveux.
23:57Laurent Barry,
23:58le poulailler au mensonge.
23:59J'ai eu peur,
24:00j'ai tout de suite pensé
24:01qu'on allait m'accuser.
24:02L'enquête de l'heure du crime,
24:03pourquoi le mari
24:04en serait-il venu
24:05à tuer son épouse ?
24:07Quel est le mobile ?
24:08Et où sont les preuves ?
24:09À suivre,
24:10dans un court instant
24:11sur RTL.
24:1314h, 15h,
24:14c'est l'heure du crime
24:15sur RTL.
24:16Jean-Alphonse Richard.
24:19L'heure du crime,
24:21la seule émission radio
24:22100% fait d'hiver
24:23avec Jean-Alphonse Richard.
24:25Il va mettre 29h
24:26avant de finalement reconnaître
24:28qu'il a commis
24:29le simulac de Cambriage.
24:30Il a été
24:32franchement déstabilisé.
24:34Le lendemain,
24:35en fin d'après-midi,
24:37c'est lui qui nous dit
24:38« bon,
24:39on arrête tout,
24:40je vais vous expliquer ».
24:42Au programme
24:42de l'heure du crime,
24:44l'affaire Laurent Barry,
24:45en mars 2004,
24:46cet éleveur de poulet
24:48a retrouvé
24:48sa femme poignardée
24:50dans la maison familiale
24:51en Bourgogne.
24:52Il avait un alibi solide,
24:54mais l'enquête
24:54a établi
24:54qu'il avait
24:55beaucoup menti.
24:57Deux ans plus tard,
24:58il est en garde à vue.
25:00Mercredi 18 janvier 2006,
25:02Laurent Barry aborde
25:03sa 30e heure
25:05de garde à vue.
25:06Il n'a jusque-là
25:07fait aucun aveu.
25:08Il ne peut pas expliquer
25:09les aboiements
25:10de ses chiens
25:11sur la bande audio
25:11des pompiers,
25:12alors qu'il disait justement
25:14ne pas savoir
25:16où se trouvaient
25:16les animaux.
25:17Il affirme
25:18n'avoir pas vu
25:19le couteau
25:20près du corps.
25:20Il n'a rien à déclarer
25:21sur son chausson
25:22taché de sang
25:23retrouvé dans la voiture
25:24de Valérie.
25:25À la dernière audition,
25:26Laurent Barry pourtant
25:28baisse la garde,
25:29il finit par reconnaître
25:31qu'il s'est engueulé
25:32avec son épouse.
25:34Une dispute banale
25:35à propos du ponçage
25:36des poutres du salon.
25:38Elle répétait aussi
25:39ne plus supporter
25:40les aboiements
25:41de ses chiens.
25:42Il les a donc enfermés,
25:43il le reconnaît
25:44dans la remise
25:45puis il est parti à Dijon.
25:46Quand il est revenu,
25:47il a découvert le drame.
25:49J'ai eu peur,
25:49j'ai tout de suite pensé
25:50qu'on allait m'accuser.
25:52Alors j'ai pensé
25:52à faire croire
25:53à un cambriolage,
25:54dit-il.
25:55Il assure
25:56qu'il n'est pas le meurtrier,
25:57il est mis à l'examen
25:58pour homicide volontaire,
26:00il était croué.
26:01Cinq mois plus tard,
26:02réentendu par le juge
26:03d'instruction de Dijon,
26:05Barry reconnaît
26:06que son couple
26:07n'était pas au mieux.
26:08Il avait même songé
26:10à divorcer.
26:11La mère de Laurent Barry
26:13ne croit pas une seconde
26:14à la culpabilité
26:14de son fils.
26:15À propos du chausson
26:17taché de sang,
26:18elle l'aurait enfilé
26:19elle-même
26:19quand elle a été autorisée
26:21à faire le ménage
26:22dans la maison,
26:23ce qui expliquerait
26:24la tâche de sang.
26:25De son côté,
26:26l'ex-épouse de Laurent
26:27se dit convaincue
26:28à 200%
26:29de l'innocence
26:30de son ancien mari.
26:31Je le connais,
26:33il peut être bourru,
26:34mais il ne frappe pas,
26:35assure-t-elle.
26:36Ni preuve,
26:37ni témoin,
26:37ni mobile,
26:38et une heure de crime
26:39fluctuante,
26:40répètent les avocats
26:41du suspect.
26:42Le psychiatre écrit
26:44qu'un tel passage
26:45à l'acte
26:45pourrait correspondre
26:47à un état
26:47de rage narcissique.
26:49Le psychologue
26:50parle de tendance
26:51paranoïde.
26:5228 décembre 2008,
26:54après presque
26:55deux ans de détention,
26:56Laurent Barry
26:57est remis en liberté,
26:58mais il reste
26:59mis à l'examen.
27:02Barry,
27:03qui va être jugé
27:04pour un procès
27:05à suspense,
27:06parce que finalement,
27:07on ne sait pas trop
27:07ce qui s'est passé
27:08dans cette maison.
27:10On va voir ce que va donner
27:10ce procès
27:12dans la suite
27:13de l'heure du crime.
27:15Maître Régine
27:15de la Morinerie,
27:16vous défendez
27:17Laurent Barry,
27:19à l'époque.
27:21Alors,
27:21il y a la garde à vue
27:23tardive,
27:24etc.,
27:24qui va s'éterniser.
27:27Des demi-aveux,
27:28j'ai envie de dire,
27:29à la 30ème heure,
27:30parce qu'on attendait
27:31à ce qu'il avoue
27:31vraiment carrément
27:33le meurtre.
27:33Là,
27:34on est à moitié,
27:35à mi-chemin.
27:36On dit,
27:36j'ai beaucoup menti,
27:38mais je n'ai pas menti
27:39sur l'essentiel,
27:40c'est-à-dire
27:40la mort de ma femme.
27:41Tout à fait,
27:42on n'est pas à mi-chemin
27:43de l'aveu d'un crime,
27:43on est à mi-chemin
27:45juste de reconnaître
27:46qu'effectivement,
27:47lui...
27:47à mi-chemin des mensonges,
27:48en tout cas.
27:48Voilà,
27:49à mi-chemin des mensonges.
27:50Et d'ailleurs,
27:52on peut comprendre sa thèse
27:53puisqu'effectivement,
27:54lorsque le père
27:55de son épouse
27:56va être informé
27:57du décès
27:58de celle-ci,
28:00la première chose
28:01qu'il va dire,
28:01il va dire,
28:02c'est mon gendre.
28:02Donc,
28:03on voit qu'effectivement,
28:05il y avait une grande animosité
28:06entre sa belle-famille,
28:08lui,
28:08et même d'ailleurs
28:09son épouse,
28:10parce qu'il ne se fréquentait
28:11plus du tout,
28:12et il va tout de suite
28:13faire l'objet
28:14d'accusations
28:15de la part
28:16de son beau-père.
28:18Donc,
28:18effectivement,
28:19en tout cas,
28:19alors,
28:20il dit,
28:21j'ai eu peur
28:22d'être suspecté.
28:23Mais pourquoi avoir peur
28:24d'être suspecté
28:25si on n'a rien fait,
28:26après tout,
28:27il rentre de Dijon
28:28avec ses poulets,
28:30quel est le souci ?
28:31Je pense qu'il avait
28:33quand même la crainte
28:33étant l'époux,
28:34et d'ailleurs,
28:34c'est ce qui s'est passé
28:35puisqu'il a bien été suspecté
28:37et condamné.
28:37Ça va loin quand même,
28:39parce qu'il se sent suspecté,
28:41mais alors,
28:41il essaie de trafiquer
28:42un petit cambriolage
28:43à la maison,
28:44etc.,
28:44il y a beaucoup de choses.
28:45Bon,
28:46c'est très bien aussi
28:46quand même qu'il existe
28:49beaucoup de féminicides
28:50et que pour un homme
28:52qui arrive
28:52et qui trouve son épouse
28:55assassinée
28:55de cette façon-là,
28:57effectivement,
28:58il peut penser
28:58qu'on va le soupçonner.
29:00Elisabeth Philipponnet,
29:01vous étiez avocate générale
29:03lors du procès
29:03à un appel
29:04de cet homme,
29:05de Laurent Barry.
29:07Il y a beaucoup de mensonges
29:08qui se succèdent,
29:10mais est-ce que ça suffit
29:11à faire finalement
29:12un coupable,
29:13Elisabeth Philipponnet ?
29:14Non,
29:15ça permet
29:17de semer le doute.
29:18La construction
29:19intellectuelle
29:20des gendarmes,
29:20elle n'est pas
29:21que sur les mensonges
29:22de Laurent Barry
29:23qui sont un début
29:25de réflexion.
29:26Après,
29:26comme vous l'avez dit,
29:27on va vérifier,
29:28on va vérifier la Libye,
29:29on va vérifier des tas
29:30de choses
29:30et petit à petit,
29:31on va s'apercevoir
29:32que la Libye
29:33n'est pas aussi solide.
29:34On va procéder
29:35par élimination.
29:36Voilà.
29:37Et c'est vrai
29:38que je rejoins
29:40un peu
29:41les critiques
29:42des gendarmes.
29:43Voilà.
29:43pourquoi tant de mensonges
29:44et surtout,
29:45pourquoi un mensonge
29:46aussi long ?
29:47Si à un moment donné,
29:48rien n'empêchait
29:49Laurent Barry
29:49de dire,
29:50voilà,
29:51j'ai menti,
29:52mais ce n'est pas moi.
29:53Mais la peur
29:54d'être suspectée,
29:55vous le comprenez,
29:56Elisabeth Philipponnet ?
29:57Ça tient ou pas ?
29:58Non ?
29:59Selon vous ?
30:00Je veux dire,
30:01moi j'ai des années
30:02de carrière,
30:02je ne suis pas du tout
30:04pour me vanter
30:05que je dise ça,
30:06c'est un constat.
30:07C'est très rare,
30:09enfin,
30:09je veux dire,
30:09la peur d'être suspectée,
30:11c'est dans des contextes
30:11bien particuliers,
30:13où tout accuse,
30:14où on est sur des
30:16contentieux longs cours,
30:17peut-être,
30:18oui,
30:18mais là,
30:19pas du tout.
30:20J'ai les difficultés du couple,
30:21elles sont pas,
30:22elles sont ce qu'elles sont,
30:23mais c'est des difficultés
30:25comme beaucoup d'autres couples.
30:27Une famille,
30:28une belle famille
30:29qui,
30:29oui,
30:30qui peut l'accuser,
30:30mais encore une fois,
30:31s'il n'y a pas de preuve,
30:33vous l'avez dit,
30:34on est suspecté,
30:35et alors ?
30:37Effectivement,
30:38donc là,
30:38ça pose une question,
30:39et vous exprimez bien
30:41ce point de vue,
30:42Elisabeth Philipponnet,
30:43maître régime de la Morinerie.
30:45Encore une question,
30:47est-ce qu'il y a d'autres pistes
30:49qui ont été suggérées,
30:51vérifiées ?
30:52Alors,
30:52il y a la piste
30:52du fameux fourgon
30:54de Laurent Barry.
30:55Oui,
30:55parce que c'est quand même
30:57une question
30:59extrêmement importante,
31:00qui,
31:00d'ailleurs,
31:01n'a pas été
31:03résolue,
31:04dans la mesure où,
31:05précisément,
31:06comme vous le disiez tout à l'heure,
31:07il y a beaucoup de voisins
31:08qui regardent ce qui se passe.
31:09Donc,
31:10on sait très bien
31:11l'heure à laquelle
31:11Laurent Barry est parti,
31:13parce qu'il y a eu
31:14la factrice,
31:15enfin,
31:15il y a eu plusieurs personnes
31:16qui sont passées.
31:17Donc,
31:17on sait que lui,
31:17il part entre 9h et 9h10
31:19avec le véhicule.
31:21Par contre,
31:21ce qui est quand même intéressant,
31:23c'est que sa fourgonnette,
31:24sa camionnette,
31:25est garée
31:26devant sa maison,
31:28donc l'avant,
31:28vers la rue,
31:29parce qu'en fait,
31:30il a l'habitude de la garer
31:31en marche arrière
31:32pour décharger,
31:33et qu'on va s'apercevoir
31:34que dans la matinée,
31:35il y a un témoin
31:36qui nous dit
31:36que la camionnette
31:37n'est plus là,
31:38et lorsque les gendarmes
31:40vont venir,
31:40la camionnette est garée
31:41en sens inverse
31:43avec le capot tiède
31:44alors qu'il y a un degré dehors.
31:45Donc,
31:45on s'interroge quand même
31:47sur ce qui s'est passé.
31:48Cinq ans après le drame,
31:50le mari va être jugé.
31:52Laurent Barry,
31:53le poulailler au mensonge,
31:55je pense qu'elle a pas mal souffert,
31:57elle a trouvé plus fort qu'elle.
31:58L'enquête de l'heure du crime.
32:00On se retrouve dans un instant
32:01sur RTL.
32:02Jean-Alphonse Richard sur RTL.
32:04C'est l'heure du crime
32:05jusqu'à 15h.
32:07Carrefour.
32:0814h15.
32:10C'est l'heure du crime
32:11sur RTL.
32:12Avec Jean-Alphonse Richard.
32:14Retour dans l'heure du crime
32:16sur l'affaire Laurent Barry,
32:17un éleveur de volailles
32:18en Bourgogne,
32:19accusé du meurtre de sa femme
32:20en mars 2004,
32:21frappé et poignardé.
32:23Il a découvert le corps,
32:24mais il nie avoir tué l'épouse.
32:26Un peu plus de 5 ans
32:28après les faits,
32:29il est jugé.
32:30Lundi 19 octobre 2009,
32:32Laurent Barry,
32:3239 ans,
32:33comparaît libre
32:34devant la cour d'assises
32:35de la Côte d'Or
32:36à Dijon.
32:37Visage plein,
32:38petites lunettes,
32:39front dégarnis.
32:39Il est calme
32:40et concentré.
32:42Quand le président de la cour
32:43lui demande
32:43s'il a commis
32:44les faits dont on l'accuse,
32:46il répond sobrement
32:47« Je suis innocent, monsieur ».
32:49Il répète avoir trouvé
32:51Valérie morte
32:52en rentrant de Dijon.
32:53Ses avocats sont bien décidés
32:54à démontrer que
32:55Barry dit la vérité.
32:57Des témoins le décrivent
32:59comme un garçon
33:00qui n'a rien d'une grande gueule
33:01et qui a le cœur sur la main.
33:02Il parle de son épouse
33:04avec émotion,
33:05atteste un ami.
33:06Témoignage favorable,
33:07mais contrebalancé
33:09en permanence
33:10par ceux de la famille
33:11de la victime.
33:12La mère de Valérie
33:13est effondrée.
33:14Je pense que ma fille
33:15a pas mal souffert.
33:17Elle a trouvé
33:17plus fort qu'elle.
33:20Mardi 20 octobre,
33:21les avocats de Laurent Barry
33:23s'en prennent à Cédric M.,
33:25éphémère associé
33:26de l'éleveur de poulet.
33:27Ils estiment que
33:28le témoin n'est pas clair.
33:30Selon eux,
33:30cet homme aurait très bien
33:32pu entrer dans la maison.
33:33Les avocats déplorent ainsi
33:35qu'on se soit focalisé
33:37sur Laurent Barry
33:38en négligeant d'autres pistes.
33:40L'avocat général
33:40s'en tient au mensonge
33:42de l'accusé.
33:43Tout, dans cette affaire,
33:44a parlé.
33:45Cela fait beaucoup de choses
33:46pour une personne
33:47qui se dit innocente,
33:48affirme le magistrat.
33:49Au fil des audiences,
33:51l'accusé reste froid,
33:53impassible,
33:53les yeux secs.
33:54Je n'ai pas réussi
33:55à pleurer,
33:56va-t-il confier à sa fille
33:57qui le soutient.
33:59Il ne craque
34:00qu'une seule fois
34:00quand les photos
34:01de la scène de crime
34:02sont montrées au juré.
34:04Barry déclare
34:05« Retrouver sa femme
34:07dans une mare de sang,
34:07c'est une horreur.
34:08Vous ne savez pas
34:09quoi faire,
34:10quoi dire.
34:11Vous ne savez plus
34:12qui vous êtes. »
34:13Après cinq jours de procès,
34:15quatre heures de délibéré,
34:16Laurent Barry est condamné
34:17à 20 ans de prison.
34:2120 ans de prison,
34:23c'est, je crois,
34:24ce que demandait d'ailleurs
34:24l'avocat général.
34:25Il a été suivi par les jurés
34:27qui ne croit pas
34:28à la version de Laurent Barry
34:30avec le fait
34:31qu'il ait simplement
34:32retrouvé le corps,
34:33qu'il ait menti, certes,
34:34mais il n'a jamais touché
34:36un seul cheveu de sa femme.
34:37On ne le croit pas.
34:39Maître Régine Delamorinerie,
34:41vous êtes avocate
34:42au barreau de Paris,
34:42vous êtes l'une des avocates
34:44de Laurent Barry.
34:45Il y a quelque chose
34:46qui marque aussi,
34:47en tout cas dans ce que je lis
34:48dans les contrats d'audience
34:50de l'époque,
34:51c'est que Laurent Barry,
34:52il n'a pas beaucoup d'émotions.
34:54Il ne pleure pas,
34:55il est plutôt impassible,
34:57il essaie de rester
34:57un peu droit dans ses bottes
34:59comme ça
34:59et dans son raisonnement,
35:00mais il n'y a pas
35:01beaucoup d'empathie,
35:02on a l'impression.
35:03Alors effectivement,
35:04c'est l'attitude
35:05qu'il a eue
35:07devant la cour d'assises.
35:08Je pense que ça,
35:09c'est son côté
35:11ancien militaire,
35:13parachutiste, etc.,
35:13qui s'est fait
35:15une espèce de...
35:18Carapace.
35:19Carapace, oui.
35:20Parce qu'en fait,
35:21moi, le garçon
35:22que j'ai vu
35:23très régulièrement
35:24en maison d'arrêt
35:25parce qu'on a des entretiens
35:27pour le coup privilégiés
35:28parce qu'on n'est pas dérangé
35:29quand on va voir
35:29un client en maison d'arrêt.
35:32J'avais quelqu'un
35:33de totalement effondré,
35:34qui pleurait beaucoup,
35:35qui n'avait pas du tout
35:36l'attitude
35:37qu'il a pu adopter
35:38devant la cour d'assises.
35:39Oui, mais l'attitude
35:40aux assises,
35:41vous le savez bien mieux
35:41que moi,
35:42c'est très important.
35:43L'image qu'on renvoie,
35:45elle est presque capitale
35:47avec les jurés.
35:48Alors vous,
35:49la Défense,
35:49vous allez essayer de...
35:50Lorsqu'il y a l'audition
35:52de Cédric M.,
35:53ça c'est l'éphémère
35:54associée de Laurent Barry,
35:56vous allez essayer de dire
35:58pourquoi pas,
35:58après vous,
35:59ça serait peut-être vous,
35:59vous êtes peut-être rentré
36:00dans cette maison,
36:01après tout,
36:02vous connaissiez bien
36:03les lieux,
36:03vous saviez maîtriser
36:04les chiens,
36:06après tout,
36:07ça peut être vous,
36:07mais ça ne marche pas non plus.
36:09En fait,
36:11c'est pareil,
36:11ça ne va pas être une piste
36:12qui va être beaucoup recherchée
36:13parce qu'en fait,
36:14on va se rendre compte
36:14qu'en réalité,
36:15son alibi ne tient pas
36:16parce qu'il est très très flou
36:17sur ses horaires.
36:18Cet homme,
36:18l'alibi de cet homme-là.
36:21Il est très flou
36:22sur ses horaires.
36:23On verra qu'il confiera
36:25d'ailleurs à sa compagne
36:26par la suite
36:26qu'il a peur d'être suspecté.
36:29Donc là aussi,
36:29pourquoi avoir peur
36:30d'être suspecté
36:31si on n'a rien fait ?
36:33Et ce qui va être étrange,
36:34c'est que la première fois
36:35où il va être entendu,
36:36il va être très lisse
36:38finalement de Barry
36:39en disant
36:40que c'est quelqu'un de bien,
36:41que c'est quelqu'un
36:41de courageux, etc.
36:43Et lorsqu'il va être entendu
36:45par la suite,
36:46il va être réentendu.
36:47Alors là,
36:48il va nous dire
36:48que c'est quelqu'un
36:49qui n'a pas peur d'égorger.
36:51Enfin voilà.
36:51Oui, il va parler
36:52de ses années d'armée.
36:53Paris se serait vanté
36:54de dégorger des gens.
36:55Il va nous le décrire
36:56comme un être
36:58absolument abominable.
36:59Ce qui n'était pas du tout
37:00le cas dans la première audition.
37:03Elisabeth Philipponnet,
37:03vous êtes avec nous
37:04en direct dans l'ordre du crime
37:05et je vous remercie encore
37:06avocate générale
37:07lors du procès à l'appel.
37:08Pas lors de ce procès.
37:10Elisabeth Philipponnet,
37:11alors évidemment,
37:11des mensonges,
37:13mais pas de preuves,
37:13j'ai envie de vous dire.
37:16Alors,
37:18sur les preuves,
37:19je voulais quand même dire
37:20parce qu'on ne va pas
37:21tout reprendre,
37:22mais à l'époque,
37:23l'ADN était déjà là.
37:24Oui.
37:25L'ADN était déjà là.
37:26Et quand on nous dit
37:28qu'il fallait chercher ailleurs,
37:30parce que c'est ce qu'on a fait,
37:31parce que c'est vrai
37:31que c'est un procès
37:32où la preuve est en creux,
37:35outre l'ADN de Valérie Barry,
37:37l'ADN d'un étranger,
37:39on ne l'a trouvé nulle part.
37:40Alors qu'on suppose quand même
37:42que c'est quelqu'un
37:42qui a tout manipulé dans la maison,
37:44y compris le couteau.
37:46Et c'est vrai que c'est en creux
37:48qu'on va finalement déduire
37:50des mensonges
37:51et puis de la version de Laurent Barry
37:52qui va être contredite
37:54par d'autres éléments,
37:55qu'il a menti
37:56et que ça peut être lui.
37:58Il n'y a pas d'empreinte
38:00sur le couteau, je crois,
38:01Elisabeth Philippe.
38:02On ne trouve pas de marque.
38:03On va retrouver l'ADN.
38:04Non, non, on ne va pas trouver de marque.
38:05On va trouver des empreintes papillaires
38:07sur un objet
38:09que Laurent Barry
38:11dit avoir manipulé
38:13puisqu'il dit qu'on a volé
38:14de l'argent dans un monnayeur.
38:15Donc là, on va trouver
38:16ces empreintes à lui.
38:17Et il y a aussi autre chose,
38:21Elisabeth Philipponnet,
38:22c'est le fait qu'on ne trouve pas
38:23l'objet qui aurait frappé
38:25la victime à la tête.
38:27Alors, il n'est pas forcément
38:30obligatoire
38:31qu'il ait utilisé un objet.
38:33D'accord.
38:33Le fracas de quelqu'un
38:34qui saisit la victime
38:36et qui lui frappe la tête
38:37contre le sol,
38:38ça peut être ça.
38:39Il ne faut pas oublier
38:40qu'il y a eu une lutte
38:40et il suffit d'un trauma
38:42de quelqu'un qui chute
38:44et qui heurte le sol
38:45avec le crâne pour...
38:46Il ne faut pas oublier
38:47que c'est à l'origine
38:49de la mort.
38:50Tout à fait.
38:50ça suppose qu'après,
38:52il y a un acharnement ensuite.
38:54D'où, on parle du contexte,
38:56mais je ne veux pas ralentir.
38:59Il y a une scène classique.
39:00C'est envisageable.
39:01C'est cohérent dans le scénario
39:03si c'est une dispute.
39:05Projection au sol,
39:06puis acharnement au couteau.
39:08Parce que justement,
39:09on est dans quelque chose
39:10qui peut être passionnel.
39:11Alors ça, c'est un scénario
39:12de légiste,
39:13mais effectivement,
39:13qui tient la route.
39:14C'est le scénario classique
39:16de cette agression délibérée
39:20contre cette femme.
39:22Maître Régine de la Morinerie,
39:24effectivement,
39:25il n'y a pas de preuve
39:25contre lui,
39:26je viens de le dire.
39:27On ne trouve pas de preuve
39:29matérielle contre cet homme,
39:30contre votre client,
39:32Laurent Barry.
39:33Mais il n'y a pas de preuve
39:34non plus que quelqu'un
39:35soit entré dans la maison.
39:36C'est compliqué quand même.
39:38Certes,
39:38mais on vous explique.
39:40Effectivement,
39:41on a constaté
39:41qu'il y avait eu
39:42des gestes de défense
39:43de la part de l'épouse.
39:44Et lorsque M. Barry
39:46qui était choqué
39:47a été emmené à l'hôpital,
39:49on l'a examiné de partout.
39:50Il n'a aucune trace
39:51de griffure,
39:52il n'a aucune trace
39:53de violence.
39:55Donc,
39:55il faut aussi prendre
39:56cet aspect-là
39:57et pas que prendre
39:58l'aspect
40:00sur lequel
40:01les gendarmes,
40:01effectivement,
40:02se sont engouffrés
40:03que contre lui
40:04à partir du moment
40:05où ils ont découvert
40:06le faux cambriolage.
40:07Parce qu'en fait,
40:07ça a été ça.
40:08C'est qu'une fois
40:09le faux cambriolage découvert
40:10et avoué,
40:13Barry était la seule personne
40:15qui devenait
40:17le coupable.
40:18Qui devenait en tout cas
40:19le suspect numéro 1.
40:20et d'ailleurs,
40:21en première instance,
40:23donc moi,
40:24je n'étais pas
40:24à la procédure d'appel,
40:26mais en première instance,
40:27j'ai été frappée
40:28par le responsable
40:29des enquêteurs
40:30qui s'est présenté
40:31devant le président
40:32de la cour d'assises
40:33en disant
40:33il est coupable,
40:35j'en suis convaincue
40:36en mon âme et conscience.
40:37C'est quand même
40:38très grave
40:39de la part d'un enquêteur
40:40de dire des choses
40:41comme ça.
40:43Un accusé
40:43qui va faire appel.
40:45Laurent Barry,
40:46le poulailler au mensonge.
40:48Je suis passé
40:48pour un salaud,
40:49mais je n'ai pas tué
40:50ma femme.
40:51L'enquête de l'heure du crime.
40:52Je vous retrouve
40:52tout de suite sur RTL.
40:54L'heure du crime,
40:55c'est avec
40:56Jean-Alphonse Richard
40:57sur RTL.
41:0014h-15h,
41:01Jean-Alphonse Richard
41:02sur RTL.
41:04L'heure du crime.
41:06Dans l'heure du crime,
41:07aujourd'hui,
41:07l'affaire Laurent Barry,
41:08cet éleveur de poulet
41:09en Bourgogne,
41:10a été condamné
41:10à 20 ans de prison
41:11en 2009
41:12pour avoir tué
41:13sa femme,
41:135 ans plus tôt.
41:15Il a toujours nié
41:16être le meurtrier.
41:17Procès en appel
41:18l'année suivante.
41:21Mardi 23 novembre 2010,
41:23Laurent Barry,
41:2440 ans,
41:25est devant la cour d'assises
41:26d'appel du Doubs
41:27à Besançon.
41:28La cour évoque
41:29un couple
41:29qui ne s'entendait plus.
41:31Problème d'argent
41:32et relationnel.
41:33Barry déclare
41:34« On se disputait
41:35comme dans chaque couple,
41:37mais on s'était
41:38réconciliés.
41:39Il est buté.
41:40Il n'avouera jamais,
41:42déclare l'avocat
41:42de la partie civile,
41:43maître Emmanuel Touraille.
41:45Je suis passé
41:46pour un salaud,
41:47mais je n'ai pas tué
41:48ma femme,
41:48répond Laurent Barry
41:50après 3h30
41:51de délibérer.
41:52L'éleveur de poulet
41:53est à nouveau condamné
41:54à 20 ans de prison.
41:56En détention,
41:58Laurent Barry
41:59ne va cesser
42:00de clamer
42:00son innocence.
42:01Son pourvoi
42:02en cassation,
42:03rejeté.
42:04Un comité de soutien
42:05va voir le jour.
42:06En 2013,
42:07une enquêtrice privée
42:09sera chargée
42:10de découvrir
42:10des éléments
42:11qui pourraient
42:12faire rebondir
42:13l'enquête.
42:14Sabrina Amoudi
42:15se demandera
42:16pourquoi
42:17le portable de Barry
42:19n'a jamais été
42:20géolocalisé
42:21lors des recherches.
42:22La détective
42:23va dénoncer
42:24la construction
42:27intellectuelle
42:27d'un coupable.
42:29Quand on l'a mis
42:29en prison,
42:30on m'a dit
42:3290% du temps
42:33c'est le conjoint
42:34qui fait ça,
42:35mais les 10%
42:35qui restent,
42:36on en fait quoi ?
42:38Il est innocent
42:40à 200%.
42:41Innocent à 200%,
42:43c'est la voix
42:43de Chantal Barry,
42:44la maman de Laurent.
42:46C'était
42:47sur TF1.
42:49Elisabeth Philipponnet,
42:50vous êtes avec nous
42:50dans cette heure du crime
42:51avocate générale
42:52lors de ce procès
42:54en appel
42:54et évidemment
42:55votre témoignage
42:56nous est précieux
42:57aujourd'hui
42:57dans cette heure du crime.
42:59Est-ce que c'est
42:59le même homme ?
43:01Vous n'étiez pas là
43:01au premier procès,
43:02je le précise.
43:03Est-ce que c'est
43:04le même homme
43:05selon vous
43:06qui est face
43:07à la cour d'assises
43:08au procès en appel
43:09ou bien
43:10est-ce qu'il a changé ?
43:12Est-ce que le discours
43:12n'est pas tout à fait
43:13le même ?
43:15Son discours
43:16est le même.
43:17C'est quelqu'un
43:18qui est...
43:18Alors moi
43:18que je ne qualifie
43:19pas de
43:20de froid
43:21et de...
43:21C'est quelqu'un
43:22qui à mon avis
43:23est prudent.
43:25Qu'il soit froid
43:26si c'est lui
43:27le coupable
43:27qu'il ne soit pas
43:28désespéré
43:28ce n'est pas vrai
43:29mais c'est quelqu'un
43:30qui est prudent
43:31économe de ses paroles
43:32parce qu'il n'a pas
43:33envie de s'incriminer.
43:34A mon avis
43:35c'est plutôt
43:35une stratégie
43:36de défense
43:37et de la prudence.
43:40Voilà.
43:40Ce qu'il donne à voir.
43:43Qu'est-ce qu'il raconte
43:44finalement
43:45sur ses mensonges
43:47etc.
43:47est-ce que
43:47à un moment donné
43:48vous le sentez
43:48plus fragile
43:49qu'à d'autres ?
43:52Non.
43:53Non.
43:53Il est toujours aussi
43:55déterminé
43:55constant
43:56dans ce qu'il dit
43:56mais ce qui va basculer
43:59ce qui va faire basculer
44:00les choses
44:00quand même
44:01au second procès
44:02c'est le témoignage
44:03du garagiste
44:04chez qui
44:04il est allé
44:05boire un café
44:08à Dijon
44:09qui quand on va lui demander
44:11la réalité des horaires
44:13va être un petit peu
44:13plus imprécis
44:14à tel point
44:15qu'on va finir
44:15par se demander
44:17du côté
44:17de l'accusation
44:18et même
44:18de la présidence
44:19s'il dit bien
44:20la vérité
44:20je crois même
44:21qu'on va lui demander
44:23s'il est sûr
44:24de l'innocence
44:25de son ami
44:25il ne va rien répondre
44:27je ne parle pas
44:28du suspect
44:29accusé par Barry
44:30je parle du garagiste
44:32chez lequel
44:34qui est son grand ami
44:35d'ailleurs
44:36puisque chaque fois
44:36qu'il va à Dijon
44:37il va prendre un café
44:38avec lui
44:38qui est son grand ami
44:39qui est son grand ami
44:40qui est son grand ami
44:41et qui ne viendra pas
44:43à son secours
44:44curieusement
44:44et là vous
44:46qui êtes
44:47avocate générale
44:47du côté de l'accusation
44:49vous tiquez un petit peu
44:50là
44:51il y a un déclic
44:52il n'y a pas un déclic
44:54moi j'ai déjà construit
44:55si vous voulez
44:57ma conviction
44:58sur dossier
44:58bien sûr
44:59sur le dossier
45:00mais sur ce qui s'est passé aussi
45:02sur d'autres choses
45:03qui sont objectives
45:06mais ça vient
45:08fragiliser encore
45:09le système de défense
45:11de Laurent Barry
45:12qui a su
45:13je le sens
45:15j'en suis persuadé
45:16fédérer autour de lui
45:18des amis
45:19une famille
45:19mais c'est légitime
45:21une famille
45:21elle vous soutient
45:22sauf si elle vous déteste
45:24comment est-ce qu'il réagit
45:26au moment du verdict
45:29il réagit pas
45:32il n'est pas
45:32il n'est pas
45:33fâché
45:34il n'est pas
45:34véhément
45:35il n'est pas
45:37résigné
45:38c'est ça
45:39non non
45:40il n'est pas résigné
45:40non plus
45:41puisqu'il vient de clamer
45:41son innocence
45:42il l'a dit à chaque fois
45:43qu'il en avait l'occasion
45:44il encaisse
45:46il encaisse
45:47courageusement
45:47et on sent que le combat
45:48pour lui n'est pas fini
45:50maître régime de la maurinerie
45:51c'est très intéressant
45:52ce que raconte
45:54Elisabeth Philipponnet
45:54parce qu'elle a une vision
45:55un peu spectrale
45:56elle est à l'accusation
45:57certes
45:57mais en tout cas
45:57elle a vu beaucoup de choses
45:59à ce procès
46:00il y a presque deux clans
46:01qui se dessinent
46:03à l'issue de ces deux procès
46:05la famille de Valérie
46:06elle n'a jamais douté
46:06de la culpabilité
46:08du mari
46:09et puis la famille
46:10de Laurent Barry
46:11qui est effondrée
46:13à nouveau
46:14oui tout à fait
46:15qui a toujours été
46:16très solidaire
46:19mais bon
46:19c'est vrai que
46:21je suis étonnée
46:22quand j'entends
46:23madame l'avocat général
46:24c'est toujours intéressant
46:25de voir les évolutions
46:26parce qu'à l'époque
46:27moi
46:28lorsque j'étais dans le dossier
46:30le fameux ami
46:31dont on parle
46:32chez lequel
46:33il s'était rendu à Dijon
46:34le concessionnaire auto
46:35voilà
46:35le concessionnaire auto
46:36lui déposait plainte
46:38contre les gendarmes
46:39parce qu'il disait
46:41qu'il le harcelait
46:42pour qu'il change sa version
46:43donc vous voyez
46:44on est loin
46:44de la version
46:45qui a pu y avoir
46:46lors des seconds débats
46:48donc c'est toujours
46:49intéressant
46:49d'avoir un regard
46:51après coup
46:51voilà
46:53Elisabeth Philippon
46:54et juste un petit mot
46:55il n'y a aucun élément
46:56qui est venu
46:58depuis la condamnation
46:59définitive
46:59de Laurent Barry
47:01à semer le doute
47:01vous n'avez pas entendu
47:03de rien là-dessus
47:04non
47:04non non
47:05je pense qu'il
47:06avait même envisagé
47:08un recours en révision
47:09qui a échoué
47:10de mémoire
47:11il y a eu
47:11un pourvoi en cassation
47:13aussi
47:13mais là c'est plus
47:14sur la forme
47:14que sur le fond
47:16mais c'est une affaire
47:17qui n'a pas rebondi
47:18depuis
47:19c'est ça
47:20Maître Régine de la Maurinerie
47:22le dernier mot pour vous
47:23est-ce que finalement
47:24peut-être il ne peut pas avouer
47:26tout simplement
47:26le meurtre de sa femme
47:27parce que c'est trop horrible
47:28après tout
47:30moi je ne suis pas dans la thèse
47:32de considérer
47:34qu'il est coupable
47:34à tel point
47:35qu'alors que
47:37depuis quelques années
47:38il était conditionnable
47:39il a toujours refusé
47:41de sortir
47:42contre un aveu
47:44ce que lui demandait
47:45le juge d'application
47:46des peines
47:46donc il n'a pas bougé
47:48donc il n'a pas
47:49non non
47:50il n'a pas bougé
47:50de position
47:51merci beaucoup
47:52Maître Régine de la Maurinerie
47:54et Elisabeth Philipponnet
47:56d'avoir été
47:57les invités de l'heure du crime
47:58merci à l'équipe de l'émission
47:59rédactrice en chef
47:59Justine Vignon
48:00préparation Lisa Canalès
48:02Valentine Bardet
48:03réalisation en direct
48:04Nicolas Godet
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