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  • il y a 2 jours
Patrick Constantien, 52 ans, jardinier municipal dans une petite ville de Lorraine. Il a été massacré chez lui à coups de marteau et de couteau. Un homme inoffensif qui n'avait pas d'ennemi, même s'il était harcelé depuis quelque temps par un étrange corbeau. Son épouse va se retrouver au centre de l'enquête.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

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Transcription
00:00C'est donc l'heure du crime avec Jean-Alphonse Richard.
00:06Combien de fois qu'ils m'ont dit, avoue, avoue, mais je ne vais pas leur avouer une chose que je n'ai pas faite.
00:13Je suis innocente, je ne vais pas leur dire que j'ai assassiné mon mari pour telle ou telle raison comme eux ils le disent, non ?
00:19Bonjour, Patrick Constantien, 52 ans, jardinier municipal dans une petite ville de Lorraine,
00:27massacré chez lui à coups de marteau et de couteau.
00:30Il n'avait pas d'ennemi, mais il était harcelé depuis quelque temps par un étrange corbeau.
00:35Son épouse, au comportement déroutant, serait-elle l'auteur de ce bain de sang ?
00:39Patrick Constantien, l'épouse et le corbeau, l'enquête de l'heure du crime, la seule émission radio 100% fait d'hiver, c'est tout de suite sur RTL.
00:48Mardi 18 novembre 2008, peu après 16h, le commissariat d'Agondange est appelé pour un homme découvert sans vie chez lui dans la ville voisine d'Amnéville.
01:34Son épouse, au crâne porté avec un objet lourd, sans doute un marteau.
01:38Le meurtrier a ensuite tranché la gorge avec un couteau.
01:42L'entaille de la carotide aux larynx est profonde.
01:45Le mort du canapé est Patrick Constantien, 52 ans, jardinier municipal, de santé fragile, porté sur l'alcool.
01:54Il était un arrêt maladie depuis plus d'un mois.
01:57Son épouse, Christine, était partie chercher deux de ses trois filles, Sandra, 21 ans, puis Audrey, 19 ans, pour les ramener au domicile.
02:05Quand elle est rentrée, elle s'est étonnée que Patrick dorme toujours.
02:09Elle l'a secouée, il ne bougeait plus, elle a vu le sang.
02:13La police ne croit pas une seconde à un cambriolage crapuleux, aucun objet de valeur n'est présent dans la maison.
02:19Les Constantiens sont loin d'être riches.
02:22Patrick avait un salaire mensuel de 1100 euros et son épouse fait des ménages.
02:29Mardi 25 novembre 2008, une semaine après la mort de Patrick Constantien,
02:34une information judiciaire pour homicide volontaire est ouverte à messe.
02:39Les policiers se demandent qui a pu s'en prendre à cet homme paisible, pêcheur à la ligne et passionné de mots fléchés.
02:46Sa femme, Christine Constantien, n'a pas montré beaucoup d'émotion après le drame.
02:52Aucune larmes versées devant les voisins et les journalistes.
02:56Elle a prononcé spontanément cette phrase énigmatique.
02:59Quelqu'un lui en voulait.
03:01Elle a désigné un paquet de huit enveloppes non cachetées, des lettres de menaces déposées dans la boîte aux lettres depuis plusieurs semaines.
03:09L'œuvre d'un corbeau qui écrit « Tes jours sont comptés, tu vas payer ou encore tu vas crever » aux enquêteurs.
03:17L'épouse explique que la première lettre est arrivée après un incident survenu cinq mois plus tôt.
03:22Au soir de la fête de la musique, son mari était parti pêcher avec son beau-frère aux étangs d'Argentie.
03:29Il était rentré le lendemain matin les bras couverts de bandages.
03:33Quelqu'un avait mis le feu à sa tante en pleine nuit.
03:36Il avait échappé de justesse aux flammes.
03:38Il se serait disputé dans la soirée avec des jeunes qui faisaient la fête autour de l'étang.
03:43Ces derniers sont interrogés mais tous rapidement mis hors de cause.
03:48Il n'y a jamais eu véritablement de dispute.
03:50Pour les enquêteurs, le meurtrier de Patrick Constantien le connaissait bien et lui vouait une haine profonde.
03:57Les emplois du temps d'un voisin qui avait eu des maux avec le jardinier,
04:01du petit ami, d'une des filles et d'un habitant connu pour violence ont vérifié.
04:06Sans résultat, dans le voisinage, les rumeurs vont en bon train sur l'épouse.
04:10Totalement détachée, presque légère malgré le drame.
04:14Selon le beau-frère de Patrick, le couple ne s'entendait plus.
04:18Christine aurait même frappé un jour son époux.
04:22Un coup de casserole sur la tête.
04:24Christine Constantien dédramatise.
04:26C'était rien de grave.
04:27Patrick lui-même en rigolait.
04:33Et la question est si Christine Constantien au fond se sentait tout simplement libérée après la mort de son mari.
04:39C'est une idée qui va germer dans la tête des enquêteurs et une idée qui ne va jamais les lâcher.
04:44Ils vont alors s'interroger de plus en plus sur cette femme qui garde un visage lisse, sans émotion.
04:51On va s'apercevoir qu'elle cache en fait, oui effectivement, bien des secrets et ne dit surtout pas toute la vérité.
04:57Alors là ça va devenir compliqué pour elle.
04:59Mais tout ça, on va en parler dans la suite de l'heure du crime.
05:02Tout de suite, on va revenir justement sur la scène de crime.
05:07Encore une fois, on le fait souvent dans l'heure du crime parce que là, effectivement, tout commence.
05:11Et que finalement, on arrive à saisir ce qui a pu se passer.
05:14Ce qui m'a frappé, moi, en lisant évidemment la procédure, en lisant les documents d'enquête,
05:20c'est l'extrême violence de cette scène de crime.
05:23Il faut beaucoup de force pour frapper à la fois au marteau et au couteau quelqu'un.
05:26Ce n'est pas un crime tout à fait anodin.
05:29Bonjour Kevin Gretten.
05:31Bonjour.
05:31Merci beaucoup d'être avec nous dans l'heure du crime aujourd'hui.
05:35Kevin Gretten, je vous présente, journaliste, police, justice, au journal Le Républicain, Lorrain.
05:41C'est un des grands journaux de l'Est de la France.
05:44Kevin Gretten, justement, question très simple, à quoi ressemble cette scène de crime ?
05:49Quand moi j'arrive sur place assez rapidement, j'apprends ce que les secours et les forces de l'ordre ont découvert
05:55dans cette petite maison de la rue Desjardins à Amnéville.
05:59En fait, il y a deux choses.
06:00Il y a un côté un peu paisible de la victime qui faisait sa sieste sur le canapé.
06:04Et à côté de ça, on décrit du sang globalement du sol au plafond.
06:09Et on apprend au fur et à mesure que Patrick Constancien était égorgé.
06:13Oui, on l'apprend parce qu'effectivement, le légiste, tout de suite, il ne détecte pas.
06:17On détecte les coups sur la tête, mais on ne détecte pas l'égorgement qui est caché d'ailleurs par cette espèce de flaque de sang.
06:23Kevin Gretten, c'est frappant parce que vous êtes sur place.
06:26Vous arrivez sur place, là, pour Le Républicain, Lorrain.
06:29Vous découvrez cette maison.
06:31Et surtout, vous découvrez cette femme.
06:32Elle est sur le seuil de la maison.
06:34Ça vient presque de se passer il y a seulement quelques heures.
06:37Et cette épouse, vous la regardez dans les yeux, c'est étonnant.
06:40Elle ne montre quasiment aucune émotion.
06:43Alors ça, c'est vraiment quelque chose qui m'a marqué immédiatement en 2008.
06:47Quand je suis arrivé sur place, vraiment, c'est le peu de tristesse que j'ai ressenti sur place.
06:52Tant de l'épouse que des proches, parce qu'il y avait quand même du monde devant la maison.
06:56Vraiment, vraiment peu de tristesse.
06:59J'étais un peu troublé par ce manque d'émotion, je dois dire.
07:04Bonjour, Maître Marlène Schott.
07:06Bonjour, Jean-Alphonse Richard.
07:08Merci beaucoup d'être avec nous en direct dans le studio de l'heure du crime.
07:11Vous êtes avocat au barreau de Metz.
07:13Vous êtes venu nous voir et on vous remercie encore d'être venu de Metz pour nous voir.
07:16Vous êtes avocate de la fille cadette du couple Constantien.
07:21Elle s'appelle Audrey.
07:22Et vous l'avez défendue.
07:23On va venir vers Audrey et puis vers ses sœurs, évidemment, au fil de cette heure du crime.
07:27Je voudrais que vous nous présentiez un petit peu ce couple Patrick Constantien, Christine Constantien.
07:33extrêmement modeste dans cette petite maison.
07:37C'est une famille modeste qui vit effectivement dans une petite ville de Moselle.
07:43Lui est ouvrier à la commune.
07:45Il est en arrêt maladie depuis un an.
07:48Il est alcoolique, il boit beaucoup, elle fait des ménages depuis peu.
07:53Elle est à dix ans de moins que lui et ils ont trois enfants et ils vivent un peu en autarcie.
08:00C'est-à-dire qu'ils n'ont pas d'amis, ils ne fréquentent personne, ils vivent ensemble dans leur maison.
08:07Alors, ce n'est pas le bonheur absolu, évidemment.
08:10Mais comme Mme Constantien le dit, elle a pu le dire, elle dit ça fait vingt ans que j'étais avec ce bonhomme.
08:17C'est comme ça qu'elle parle.
08:18Ça allait quand même.
08:19C'est un couple d'habitude.
08:21Et effectivement, un couple discret qui ne se fait pas remarquer.
08:24Il y a quelque chose d'étonnant, Maître Marlène Schott, et vous allez nous le répondre.
08:28C'est que tout de suite, elle dit, il était menacé.
08:31Et elle montre ce paquet de lettres qu'elle a gardées dans son tiroir.
08:35Elle les sort, ces lettres.
08:36Effectivement, c'est des lettres d'un corbeau.
08:38Voilà. Dès que la police judiciaire arrive sur place, en fait, les lettres sont même sur la table de la salle à manger.
08:44Elles ont été sorties par Christine Constantien, qui va s'empresser de le dire aux enquêteurs,
08:50et aussi d'en parler aux journalistes sur place, en disant, il était menacé, la preuve, voici des lettres qu'il a reçues.
08:58Il en rigolait, mais voilà des lettres de menace qu'il a reçues.
09:02C'est étonnant quand même, dans l'attitude.
09:04C'est très étonnant. C'est-à-dire qu'elle y pense tout de suite, spontanément, elle va chercher ses enveloppes.
09:11Et elle attire l'attention sur elle ?
09:12Elle attire l'attention sur elle.
09:14Alors, avec l'aide, je dirais quand même de son frère, qui est à côté d'elle à ce moment-là,
09:19et qui...
09:20Daniel.
09:21Daniel, qui va dire, notamment vis-à-vis du journaliste,
09:25dit, n'oublie pas de parler des lettres de menace.
09:28Donc, effectivement, c'est vrai que c'est surprenant.
09:30Elle vient d'apprendre le décès tragique de son mari,
09:33et immédiatement, c'est le premier réflexe qu'elle a, c'est de dire,
09:36il était menacé, regardez, j'ai la preuve, il y a des lettres.
09:38On a l'impression que c'est du mauvais théâtre,
09:40et que ça a été préparé, finalement, et qu'on a du mal.
09:43Alors, effectivement, je me mets à la place des policiers.
09:45Là, ils peuvent s'interroger.
09:46Kevin Gréten, encore une question pour vous.
09:48Pourquoi est-ce qu'on en veut à ce jardinier municipal, c'est un homme tranquille ?
09:53Alors, pourquoi le viser ?
09:55On ne voit pas trop, il n'y a pas vraiment d'élément,
09:59si ce n'est que, sur place, ses proches,
10:01et notamment sa femme, nous guident vers quelques pistes.
10:06Patrick Constantien avait vécu une drôle de scène peu de temps auparavant,
10:10en pleine nuit, il avait failli être brûlé lorsque sa tante avait pris feu,
10:16mais ça a été assez rapidement écarté.
10:18Et puis, bizarrement, son épouse, Christine, avait avec elle,
10:24tout de suite, des lettres de menace qu'elle nous a mises à disposition.
10:28Il y en avait une qui était écrite à la main,
10:29les autres, c'était plutôt des coupures de presse.
10:32Voilà, étrange.
10:35Étrange.
10:36Dépensière.
10:37Surendettée.
10:39Dissimulatrice.
10:39L'épouse attire la foudre.
10:42Patrick Constantien, l'épouse et le corbeau.
10:44Vous me demandez à qui profite le crime.
10:46Je réponds oui à moi, mais ce n'est pas moi.
10:49L'enquête de l'heure du crime.
10:50On se retrouve dans un instant sur RTL.
10:52L'heure du crime.
10:54Échipateur mobile.
10:55Merci.
10:56Avec RTL.
10:5814h15h, Jean-Alphonse Richard sur RTL.
11:02L'heure du crime.
11:03L'heure du crime consacrée aujourd'hui à l'affaire Patrick Constantien.
11:07Ce jardinier municipal a été tué à coups de marteau et de couteau chez lui en Lorraine en novembre 2008.
11:12Il recevait des lettres de menace.
11:14L'enquête privilégie le geste d'un familier et se rapproche de l'épouse.
11:19Les enquêteurs de la PJ de Metz placent sous surveillance Christine Constantien.
11:24Depuis le début, elle ne semble pas concernée par le drame.
11:27Sa téléphonie révèle une surprise de taille.
11:30Depuis huit mois, elle a échangé plus de 39 000 SMS avec un dénommé Sépharin sur un site de rencontre en ligne.
11:39Une cadence moyenne de 150 messages quotidiens.
11:43Sépharin a ainsi été le premier averti par texto de la découverte du corps de Patrick Constantien.
11:49Le message dit « Mon ex vient de se faire tuer ».
11:52Christine semble folle amoureuse de ce Sépharin chauffeur de bus à Lyon.
11:56Pourtant, Sépharin n'existe pas.
11:59C'est un simple employé du site de rencontre.
12:02Christine a ainsi dépensé plus de 18 000 euros en SMS surtaxé.
12:06Elle est totalement surendettée.
12:08Elle continue à multiplier les crédits.
12:10Elle vient d'acheter une nouvelle voiture au nom de son mari, une Renault Modus.
12:14En cas de décès, il est prévu qu'elle récupère l'auto sans verser un centime.
12:19Et elle doit toucher aussi une assurance décès.
12:2150 000 euros.
12:23La police étudie minute par minute l'emploi du temps de Christine Constantien le jour du drame.
12:28On la suit facilement grâce notamment au SMS échangé sans arrêt avec ses farins.
12:34Elle a quitté la maison à 13h10 pour emmener sa fille cadette au collège tout proche.
12:39À 13h23, elle est repassée en coup de vent à la maison pour prendre son sac à main, dit-elle.
12:44À 13h39, elle achète des bières au Lidl.
12:47Le ticket de caisse confirme l'horaire.
12:50Elle dit ensuite s'être rendue au Cora à 5 minutes de voiture.
12:54Pourtant, elle est entrée dans ce magasin qu'une heure plus tard.
12:58Qu'a-t-elle fait pendant cette heure où son portable borne à une dizaine de kilomètres d'Amneville ?
13:04Pour les enquêteurs, le scénario est le suivant.
13:06L'épouse a tué le mari en repassant chez elle.
13:09Puis entre le Lidl et le Cora, elle est partie jeter les armes du crime et ses vêtements ensanglantés.
13:15Les policiers remarquent que quand le mari a failli mourir brûlé vif sous sa tente,
13:19Eh bien, le téléphone de Christine avait borné dans le secteur.
13:23Elle avait pourtant juré n'avoir pas bougé de chez elle.
13:26Aurait-elle, cette nuit-là, déjà tenté d'assassiner son époux ?
13:30Mardi 10 mars 2009, 4 mois après la mort de Patrick Constantien,
13:36Son épouse, 43 ans, est placée en garde à vue.
13:38Christine dit n'avoir rien à voir avec ce crime.
13:41Elle reconnaît toutefois avoir menti sur un point.
13:44La nuit où la tante de son mari a pris feu,
13:46oui, elle s'est rendue aux étangs d'Argancy pour se joindre à une partie de carte.
13:51Mais quand elle y est arrivée, il n'y avait pas de lumière, elle est donc rentrée.
13:55« L'incendiaire, ce n'est pas elle. Le corbeau, ce n'est pas elle non plus. »
13:59Quand on lui demande à qui profite le crime, elle s'écrit
14:01« Oui, à moi, mais ce n'est pas moi. »
14:04Après 48 heures de garde à vue, l'épouse est mise en examen, écrouée.
14:09Dans les mois qui suivent, la graphologie la désigne comme l'auteur de la seule lettre manuscrite de menace du corbeau.
14:1515 mois après la mise en examen, elle explique le trou d'une heure le jour du crime entre deux visites au supermarché.
14:22« Elle avait en fait rendez-vous ce jour-là avec un amant dans un hôtel.
14:27Elle n'a rien dit parce qu'elle avait honte.
14:30Pourtant, elle ne peut pas décrire l'amant.
14:32Elle ne peut même pas donner son nom.
14:34Sa famille doute de sa sincérité.
14:36Elle a pu le faire, déclare sa propre sœur Florence à propos de l'assassinat de Patrick. »
14:44Une affaire donc qui serait bouclée.
14:45Évidemment, l'épouse est mise en examen pour assassinat, c'est pas rien.
14:48Et puis, elle est écrouée tout à câble, Christine Constantien.
14:52Son comportement, ses mensonges, son emploi du temps, son attitude générale.
14:56Évidemment, elle sera renvoyée aux assises, ça ne fait pas l'ombre d'un doute.
14:59Et évidemment, la condamnation à ce moment-là ne fait pas l'ombre d'un doute.
15:04Tout est contre elle.
15:05Alors, ça sera à suivre évidemment ce procès dans la suite de l'heure du crime.
15:10Vous verrez qu'il y a beaucoup de surprises qui vont survenir.
15:14Alors, l'étude de la téléphonie, déjà ça compte beaucoup.
15:18Et puis, l'attitude de cette femme.
15:19Maître Marlène Schott, vous êtes avec nous dans cette heure du crime, dans le studio l'heure du crime.
15:23Avocate à Metz, avocate de la fille cadette du couple Constantien.
15:28La téléphonie, elle est facile à suivre évidemment avec tous les messages qu'elle envoie et qu'elle reçoit.
15:33Ça la câble beaucoup parce qu'il y a ce trou d'une heure.
15:36C'est sûr que Christine Constantien, on l'a su à la trace parce qu'elle a effectivement rencontré un amant virtuel.
15:44En réalité, elle s'est fait arnaquer.
15:48C'est une sorte de chat où des employés de la société se relaient pour avoir des conversations avec elle.
15:54Et tout au long de la journée, elle est en train d'envoyer des SMS à cet amant virtuel, ce séfarin.
16:00Et donc, on l'a su à la trace.
16:02Et effectivement, le fait de pouvoir la suivre démontre qu'elle ne nous dit pas la vérité.
16:08Elle ne dit pas la vérité aux enquêteurs.
16:10On sait par exemple qu'elle est sur le lieu de l'incendie de la tante de son mari.
16:15J'avais envie de vous dire, elle dit la vérité sur rien finalement.
16:19Parce que, écoutez, la tante qui brûle, elle était là, elle n'était pas loin.
16:25Bon, elle dit que ce n'est pas elle, certes.
16:27Le supermarché, elle y va, mais elle n'y va pas, etc.
16:30Ça fait beaucoup ?
16:31Oui, il y a beaucoup de mensonges, évidemment.
16:34Alors, ça n'en fait pas d'elle un coupable.
16:37On est d'accord, bien sûr.
16:38Évidemment, il y a beaucoup de mensonges autour d'elle.
16:41Alors, elle a souvent une explication, c'est-à-dire, elle se raccroche souvent à ses filles.
16:45C'est-à-dire, elle va nous dire ce trou d'une heure.
16:47Moi, entre les bières au Lidl et le Cora, en fait, j'étais voir un amant,
16:53mais je ne voulais pas le dire parce que je n'avais pas envie que mes filles l'apprennent.
16:57Elle va toujours avoir quand même une explication à ce mensonge.
17:00C'est vrai, elle a une explication à cela près, excusez-moi, Maître Schott,
17:04mais c'est que, par exemple, pour l'amant, on ne connaît pas son nom,
17:08elle est incapable de dire à quoi cet homme ressemble.
17:10Alors, peut-être qu'elle veut le couvrir, c'est possible, mais enfin, voilà.
17:13Évidemment, on n'a ni le nom, ni le prénom, on ne le retrouve pas, voilà.
17:17Donc, ça s'accumule, c'est ça ?
17:19Ah ben, c'est sûr.
17:20Ça s'accumule, donc, elle est en mauvaise posture ?
17:23Elle est en mauvaise posture.
17:24C'est la raison pour laquelle, d'ailleurs, elle est mise en examen pour l'assassinat de son mari.
17:29Et elle est écrouée.
17:31Cette femme, d'ailleurs, elle est impassible, elle ne dit pas grand-chose, elle part en prison.
17:34On a l'impression qu'elle est totalement résignée, vous êtes d'accord avec ça ?
17:36Oui, c'est quelque chose qui est toujours flagrant dans le comportement de Christine Constantien.
17:43Je reviens, le journaliste nous disait, elle arrive, elle n'a pas d'émotion,
17:46alors que son mari vient de décéder, mais elle n'a jamais d'émotion, même pour elle.
17:49C'est-à-dire que même quand c'est elle qui est incarcérée, elle ne pleure pas sur son sort.
17:53Elle subit, elle n'a aucune émotion, rien.
17:56Elle va en prison, on lui dit, il faut aller en prison.
17:58La seule question qu'elle pose, c'est, mais où vont aller mes filles ?
18:01Parce qu'à cette époque-là, elle a encore une fille qui est mineure.
18:04C'est ça.
18:05Et voilà.
18:05Alors qu'elle est difficile à déchiffrer et à décrypter cette femme.
18:10Kevin Gréten, journaliste police-justice au Républicain Lorrain, vous avez suivi toute cette affaire.
18:15Alors évidemment, il faut un mobile dans un crime.
18:16Et là, le mobile, en question, ça serait peut-être banalement l'argent.
18:20Elle a plein de dettes, elle est grevée de dettes, cette femme.
18:23Et donc, il fallait éponger toute cette dette, grâce notamment à l'assurance décès du mari, c'est ça ?
18:29Oui, oui. Je crois qu'ils avaient des difficultés financières,
18:33quelque chose de l'ordre de 26 000 euros de trou à la banque.
18:36Et il s'avère aussi qu'il y avait une assurance vie dont elle aurait bénéficié en cas de décès de son mari.
18:44Donc, ça aurait réglé pas mal de difficultés.
18:47Donc, mis bout à bout, pour les policiers, c'était un mobile tout trouvé.
18:52Tout trouvé un mobile idéal.
18:53On en parlait avec Maître Schott à l'instant.
18:56Les enquêteurs, ils disent que, même si elle est repassée très brièvement à la maison,
19:00elle le reconnaît d'ailleurs, pour prendre son sac à main,
19:03elle a eu le temps de tuer le mari.
19:08Oui, en fait, ce qui se passe par rapport à Christine, au départ,
19:12Christine Constantien ne se défend pas très bien.
19:15Quand on creuse son emploi du temps ce jour-là,
19:18elle ne dit pas toute la vérité.
19:19Pendant une heure, on ne sait pas trop où elle est.
19:22Finalement, elle le dira plus tard qu'elle était avec un amant.
19:26Pour les policiers, il y avait un timing assez serré
19:30qui aurait pu permettre de faire ça.
19:32Mais ça sous-entendait quand même qu'il aurait fallu porter une blouse blanche,
19:37se changer.
19:38Pour les policiers de la PJ, c'était de l'ordre irréalisable.
19:41De l'extérieur, c'était quand même assez serré.
19:43Marlène Chotambeau là-dessus, parce que c'est très important.
19:46Elle passe quelques minutes, c'est ça, dans la maison ?
19:48Elle va passer quelques minutes dans la maison
19:50et sur la scène de crime, il y a énormément de projections de sang.
19:54Ça veut dire que celui qui a commis ce crime,
19:57il a forcément eu du sang sur lui,
19:59ou alors il avait une combinaison.
20:01Donc, il faut qu'il y ait eu le temps de mettre cette combinaison,
20:05de commettre le crime avec deux armes,
20:08un crime d'une violence inouïe,
20:09quand même, ces huit coups de marteau,
20:11plus un égorgement derrière.
20:15Donc, ça met quand même quelques temps.
20:18Alors, les enquêteurs, pour eux, c'est effectivement possible.
20:21Moi, j'en suis moins sûre.
20:22Vous parlez de la combinaison.
20:24On sait qu'elle adore les séries policières.
20:26Elle a regardé les experts.
20:27Donc là, les policiers, ils vont dire,
20:28ah ben voilà, elle s'est inspirée de tout ça pour se protéger.
20:30Oui, ils vont même la qualifier,
20:32je me souviens, d'experte en crime.
20:34Bon, c'est pas parce qu'on regarde les experts à Miami
20:37et qu'on écoute l'heure du crime tous les jours
20:39qu'on est un spécialiste en crime
20:42et qu'on peut commettre un crime
20:43et qu'on sait comment il faut faire.
20:45Là, je crois qu'il faut rester sérieux.
20:48La suspecte numéro 1 va comparaître aux assises.
20:52Patrick Constantien, l'épouse et le corbeau.
20:55Quoi que je dise, on ne me croira jamais
20:57l'enquête de l'heure du crime.
20:58Cette femme timide, empêtrée dans ses silences,
21:01ses réponses déroutantes,
21:02est-elle à l'origine d'un assassinat,
21:04d'une violence inouïe ?
21:06À suivre, dans un court instant sur RTL.
21:08Jean-Alphonse Richard, sur RTL.
21:11Tu viens quand tu veux.
21:12Tu sais, le 9 janvier est dans la limite des stocks.
21:1514h, 15h.
21:17C'est l'heure du crime sur RTL.
21:19Jean-Alphonse Richard.
21:20On n'a pas l'impression d'avoir une personne en face de soi.
21:23On a l'impression d'avoir une ombre.
21:25L'ombre d'une personne qui arrive dans ce box,
21:27elle est un peu voûtée.
21:30On est face
21:31à un fantôme.
21:33Au programme, de l'heure du crime,
21:35l'assassinat au marteau et au couteau
21:37de Patrick Constantien en Lorraine,
21:39novembre 2008.
21:40Tranquille jardinier municipal
21:42qui était persécuté par un corbeau.
21:44Son épouse a été mise en examen.
21:46Trois ans plus tard,
21:47elle est jugée.
21:47Mercredi 21 septembre 2011,
21:51Christine Constantien, 46 ans,
21:53teint blême,
21:54pull informe,
21:55cheveux ternes,
21:56émerge du haut de son mètre 47
21:58dans le box des accusés
22:00de la cour d'assises de la Moselle,
22:01à Metz.
22:02Elle est en larmes.
22:03Elle n'a pas vu ses filles depuis deux ans et demi.
22:05Sandra, 24 ans.
22:06Audrey, 22 ans.
22:08Myriam, 17 ans.
22:09Ne lui parle plus.
22:11Elle ricanent d'ailleurs nerveusement
22:12à la lecture de l'acte d'accusation.
22:15Le mobile financier est retenu
22:17pour expliquer le passage à l'acte.
22:18La cour énumère un endettement massif,
22:21la multiplication de crédits revolving
22:23qu'il fallait rembourser.
22:25L'accusé répond que les dettes
22:26n'étaient pas un problème pour son couple.
22:28Son frère Daniel n'est pas d'accord.
22:31Patrick dérangeait à la maison sa femme
22:33comme ses filles.
22:34Il ajoute,
22:34si je ne suis pas allé voir ma sœur en prison,
22:36c'est que je soupçonne que c'est elle.
22:40Christine Constantien demeure le plus souvent silencieuse
22:43ou résignée.
22:43Quand on lui demande pourquoi
22:45elle n'a jamais versé une larme sur son mari,
22:47elle réplique,
22:48je ne voulais pas en rajouter.
22:50À propos du crime,
22:51elle dit,
22:52il y a quelqu'un qui a fait ça,
22:53mais ce n'est pas moi,
22:54je dis la vérité.
22:56Pour l'accusation,
22:57l'épouse a tué son mari
22:58en une poignée de minutes,
23:00à coups de marteau.
23:01Elle l'a égorgée
23:02pour s'assurer qu'il ne survivrait pas à l'attaque.
23:05Christine aurait un double visage,
23:07femme effacée,
23:08mais épouse violente.
23:09L'avocate générale réclame 30 ans de prison.
23:12Christine Constantien est condamnée
23:15à 25 ans de réclusion criminelle.
23:19Et dans cette heure du crime,
23:21on retrouve l'un de nos invités.
23:22C'est Kevin Grétain,
23:23journaliste police-justice au Républicain Lorrain.
23:26Vous avez suivi toute cette affaire
23:27et vous êtes d'ailleurs à ce procès
23:29pour le Républicain Lorrain.
23:30Kevin,
23:31à quoi ressemble l'accusé,
23:33Christine Constantien ?
23:34Très absente,
23:37peu causante,
23:38je vais presque dire
23:39peu présentable.
23:40Elle avait vraiment,
23:40voilà,
23:41son apparence,
23:42elle ne lui prétait pas du tout attention
23:43et ça donnait un aspect quand même
23:47très victime de ce procès.
23:49En fait,
23:49vraiment pas actrice.
23:51Elle a subi,
23:52elle n'a rien dit
23:53et ça a été un moment compliqué.
23:55C'est sûrement un moment compliqué
23:57évidemment pour elle
23:58et elle est là.
24:00Elle n'a jamais évidemment
24:01comparu en cours d'assises
24:02et c'est très complexe.
24:04Kevin Grétain,
24:05cette condamnée,
24:05elle est résignée,
24:06c'est ça ?
24:07Il n'y a pas d'autre thème ?
24:07Résignée ?
24:09Ouais,
24:10résignée,
24:11résignée
24:12et en fait,
24:13on sent qu'elle a des choses à dire
24:14mais qu'elle n'ose pas les dire.
24:16De là à se demander
24:17si elle protège quelqu'un
24:18ou qu'elle a des doutes elle-même
24:20et en tout cas,
24:22elle se défend mal
24:22mais c'est vrai qu'elle est
24:23assez détachée.
24:27Ce qui apparaît aussi
24:28tout le long,
24:29c'est qu'elle et son mari
24:32n'étaient plus dans une relation
24:33d'amour
24:34qui avait beaucoup de distance
24:35entre eux
24:36mais bout à bout,
24:38elle était très détachée
24:41de tout ça
24:42et elle a subi
24:42tous ces événements.
24:44Très détachée,
24:46elle est toujours comme ça
24:46évidemment,
24:47cette femme,
24:48Christine Constantien,
24:49c'est ça qui est étonnant
24:49depuis le début de cette enquête.
24:51Maître Marlène Schott,
24:52vous êtes avocate
24:53au barreau de Metz,
24:54vous défendez la fille cadette
24:55du couple,
24:55Audrey Constantien.
24:58Il le dit,
24:59Kevin Grétain,
25:00notre invité,
25:01il le dit,
25:02tout le monde doute
25:03quand on l'écoute.
25:04Tout le monde doute,
25:05y compris les filles.
25:06Tout le monde doute,
25:07y compris ma cliente.
25:08Audrey Constantien,
25:09c'est la cadette.
25:10Elle,
25:10elle est persuadée
25:11parce qu'il y a eu une enquête,
25:14parce que sa maman
25:14est en prison,
25:15parce qu'elle est mise
25:16en accusation
25:17devant la cour d'assises,
25:18que c'est elle la coupable.
25:19C'est elle qui a tué son père.
25:21Donc, elle,
25:22ce qu'elle attend de ce procès,
25:23c'est des explications
25:25de sa maman.
25:26C'est de savoir pourquoi.
25:28C'est dans cette optique-là
25:29qu'elle va à ce procès.
25:30L'accusation,
25:31c'est un rouleau compresseur
25:32à ce procès.
25:34Évidemment,
25:35voilà,
25:35ils sont en marche
25:36parce qu'elle est
25:38dans les capacités
25:39d'expliquer quoi ce soit.
25:41À toutes les questions,
25:42c'est pas qu'elle se défile,
25:43mais elle n'a plus de réponse.
25:44Elle n'a pas de réponse.
25:45Elle n'explique rien.
25:46Elle est très souvent silencieuse
25:48et à partir du moment
25:49où elle voit,
25:50où elle se rend compte aussi
25:51que la relation avec ses filles,
25:53il n'y en a plus.
25:55Elle est mise face à ça
25:56parce qu'au procès,
25:57elle ne la regarde pas.
25:58Elle ne s'en occupe pas.
26:00Donc, à partir de là,
26:01elle va être dans un mutisme
26:04et ça va être un mur.
26:05Et c'est ses avocates
26:07qui vont se défendre
26:08presque toutes seules
26:09et l'accusé
26:10ne viendra pas à leur secours.
26:12L'expertise graphologique,
26:14le fameux corbeau,
26:15parce que là,
26:15ça préfigure un acte criminel.
26:18Évidemment, le corbeau,
26:18on ne peut pas l'ignorer.
26:19Il y a une expertise psychologique
26:20qui la désigne.
26:22Alors là,
26:23c'est un peu implacable,
26:24pardon,
26:25être...
26:26Oui, effectivement.
26:27L'expert graphologue dit
26:30que c'est Christine Constantien
26:32qui a écrit
26:32la seule lettre
26:33qui est manuscrite
26:34puisque les autres
26:35ne sont pas écrites à la main.
26:38Les autres sont faites
26:38avec une règle.
26:39Une règle
26:39ou des bouts de journaux,
26:41mais en tout cas,
26:41il n'y en a qu'une
26:42qu'on a fait recopier
26:44à Christine Constantien
26:45comme à tous les gens
26:46qui ont été placés
26:46en garde à vue
26:47dans cette affaire.
26:49Et à ce moment-là,
26:50l'expert graphologue dit
26:51que c'est elle
26:51qui a écrit
26:52cette lettre de menace.
26:53Donc si elle a écrit,
26:55elle est sans doute
26:56passée à l'acte,
26:56on est d'accord ?
26:57C'est le corbeau.
26:59On peut dire
27:00que c'est le corbeau,
27:00mais est-ce qu'elle est passée
27:02à l'acte ?
27:03Ça ne veut pas dire
27:04qu'elle est passée à l'acte.
27:05Quelque chose de troublant aussi
27:06parce que ça va être évoqué
27:07au procès.
27:08On a l'impression
27:08que la machine est en place,
27:10l'accusation est parfaite,
27:12elle est millimétrée.
27:13D'ailleurs,
27:14les policiers
27:14ont beaucoup travaillé
27:15sur cette enquête.
27:16Ils ont établi
27:16un timing qui est très précis
27:18et grâce à la téléphonie,
27:19on l'a dit.
27:20Est-ce que l'heure du crime,
27:21on la connaît vraiment ?
27:22Alors,
27:23le médecin légiste,
27:25lui,
27:25dit
27:25entre 14h et 15h
27:28avec une marge
27:29d'erreur de 5 minutes.
27:30Donc 13h55,
27:3215h05.
27:34Voilà,
27:35ça c'est l'heure du décès.
27:36mais il y a une agonie
27:38puisqu'il y a
27:38une expertise complémentaire
27:40qui est faite
27:41dans cette affaire.
27:42Il y a une agonie
27:42qui remonte
27:43au plus à 30 minutes.
27:45Voilà,
27:45qui est située
27:46à environ 30 minutes
27:48avant l'heure du décès.
27:50Donc oui,
27:51effectivement,
27:52on n'a pas
27:52très exactement le timing.
27:53On a une fenêtre,
27:55mais voilà.
27:56Et ensuite,
27:57alors encore une question,
27:58je l'ai posée
27:58à Kevin Gretten,
27:59il m'a répondu,
28:00mais je vous la repose.
28:01Le mobile,
28:02l'argent ?
28:03Oui.
28:03Là,
28:03il y a un mobile.
28:04C'est se dépêtrer
28:07de ces ennuis financiers ?
28:08Oui,
28:09alors ça a été évoqué
28:10notamment par les enquêteurs,
28:12mais ça n'a pas été
28:13non plus vraiment creusé.
28:15C'est-à-dire que
28:16l'histoire
28:17de l'assurance décès
28:19par l'employeur,
28:20j'en suis pas tellement sûre.
28:22Bon,
28:22il y a cette voiture,
28:24mais c'est des gens
28:25qui fonctionnent comme ça.
28:26Ça fait longtemps
28:26qu'ils fonctionnent
28:27sur un espèce
28:28de surendettement.
28:28Ils font crédit
28:29sur crédit.
28:30alors ils mentent un peu
28:32aux organismes de crédit,
28:36mais il rend flou
28:37en fait à chaque fois
28:38avec un crédit.
28:39donc je ne suis pas sûre
28:40qu'elle n'en aurait pas
28:41obtenu un autre.
28:43Ce mobile-là,
28:44il a été évoqué,
28:45mais pour moi,
28:46il n'a pas été démontré.
28:46Il est fragile selon vous.
28:47Oui.
28:48Il est fragile.
28:49L'accusé fait appel,
28:50deuxième procès en vue.
28:52Patrick Constantien,
28:53l'épouse et le corbeau,
28:54qui a tué ?
28:55Je pense à mon frère.
28:57À la fin,
28:58mon mari ne voulait plus
28:59le voir.
29:00L'enquête de l'heure du crime.
29:01On se retrouve
29:02dans un instant
29:02sur RTL.
29:04L'heure du crime
29:05présentée...
29:06Et voilà !
29:07Uniquement des canapés de qualité.
29:08Vérifiez conditions en magasin.
29:1014h15h
29:11C'est l'heure du crime
29:12sur RTL.
29:14Retour dans l'heure du crime
29:15sur l'assassinat
29:16de Patrick Constantien
29:17en Lorraine,
29:18novembre 2008.
29:19Son épouse Christine
29:20a été condamnée
29:21à 25 ans de prison
29:22pour assassinat.
29:23Trois ans après le verdict,
29:25elle est rejugée
29:26en appel.
29:27Lundi 19 mai 2014,
29:31Christine Constantien,
29:3248 ans,
29:33est devant la cour d'assises
29:34de la Meurthe-et-Moselle
29:35à Nancy.
29:36Elle comparaît libre
29:37sous contrôle judiciaire
29:38après 4 ans
29:39et 9 mois
29:40de détention.
29:42Métamorphosé !
29:43Cheveux coupés courts,
29:44légèrement maquillés,
29:45bien habillés,
29:46visage avenant.
29:47Depuis sa condamnation,
29:49ses filles
29:49sont revenues vers elle.
29:50L'une d'elles,
29:51Audrey,
29:51et son avocate,
29:52Marlène Schott,
29:53ont repris tout le dossier.
29:55Selon elle,
29:56le temps imparti
29:56à l'épouse
29:57pour commettre le crime
29:58est bien trop court.
29:59Elle n'a pas pu tuer,
30:00se changer,
30:01faire des courses,
30:02jeter les armes du crime
30:03et aller chercher ses filles.
30:05Pas besoin de deux heures
30:06pour mettre
30:07trois coups de marteau.
30:09Elle avait ce projet
30:10en tête depuis le mois de juin,
30:11assure un policier.
30:12Dans le box,
30:13Christine Constantien
30:14explique,
30:15heure après heure,
30:17le déroulé
30:17de la journée fatale.
30:18Quand le président
30:19lui demande pourquoi
30:20elle a caché ce trou
30:21d'une heure
30:22entre les visites
30:23aux deux supermarchés,
30:24elle explique
30:25qu'elle ne voulait pas
30:26évoquer l'épisode
30:27de l'amant
30:28« Je suis maman »
30:30et j'avais honte
30:30de tout ça.
30:31L'avocat de la partie civile
30:32fait remarquer
30:34que cet amant
30:35est bel et bien
30:36imaginaire.
30:38À la question
30:38« Qui a tué votre mari ? »
30:40Christine Constantien répond
30:41« Avant,
30:42je disais
30:43personne.
30:43Maintenant,
30:44avec tout ce que j'ai entendu,
30:46je pense à mon frère Daniel.
30:48À la fin,
30:49mon mari ne voulait
30:50plus le voir.
30:51Je ne sais pas
30:51ce qui s'est passé
30:52entre Daniel. »
30:54Il était interrogé
30:54longuement.
30:56« J'étais chez moi
30:57à l'heure du crime.
30:58Patrick,
30:58oui,
30:59je ne l'aimais pas.
31:00Je pense que ma sœur
31:01n'était pas heureuse.
31:02J'en voulais à Patrick,
31:04mais pas au point
31:04de le tuer »
31:05déclare le témoin.
31:06L'avocat général
31:07réclame 25 ans
31:08de prison,
31:09mais tout en confiant
31:10que lui aussi
31:11a des doutes.
31:13Un avocat général
31:15qui a des doutes.
31:16On va voir ce que va
31:17évidemment donner
31:18la décision des jurés,
31:19le verdict.
31:20Kevin Gréten,
31:21vous êtes avec nous
31:21depuis le début
31:22de cette émission
31:23dans l'heure du crime.
31:24Journaliste police-justice
31:26au Républicain Lorrain.
31:28Vous êtes évidemment,
31:29vous avez suivi
31:29toute cette affaire
31:30et vous étiez
31:31au premier procès,
31:32vous êtes au deuxième procès.
31:35Deuxième procès
31:36où l'accusée,
31:37Christine Constantien,
31:39ce n'est plus
31:39la même femme.
31:40Les avocates
31:43de la Défense
31:44m'avaient annoncé
31:45que ça pourrait
31:46être totalement
31:47une autre ambiance
31:48et déjà physiquement,
31:49c'était une autre femme.
31:51Je fais court,
31:52bien apprêté,
31:53décidait à combattre
31:55pied à pied
31:55une accusation
31:56qui n'était pas
31:56toujours bien ficelée.
31:58Ce procès-là
31:59a plus qu'interrogé
32:00sur la culpabilité
32:01de Christine Constantien
32:03et a interrogé
32:04vraiment l'enquête.
32:05Et on a refait l'enquête
32:06et on a vu
32:07qu'il y avait quand même
32:08des absences,
32:09des trous,
32:09et des doutes
32:10assez importants.
32:12C'est très important
32:13ce que vous dites,
32:13Kevin Gréten.
32:14On a refait l'enquête.
32:15C'est-à-dire qu'on a
32:17redéfait
32:18toute cette enquête
32:19précédente
32:20et finalement,
32:20on a remis les fils
32:21en place.
32:22Maître Marlène Schott,
32:24vous êtes avec nous
32:24dans cette heure du crime
32:25et c'est important
32:26que vous soyez avec nous
32:27aujourd'hui,
32:27avocate à Metz,
32:28avocate de la fille
32:29cadette du couple,
32:30Audrey Constantien,
32:31parce que c'est vous
32:32qui avez bossé
32:33avec Audrey d'ailleurs
32:35sur le timing.
32:37Oui.
32:37Audrey Constantien,
32:39elle assiste
32:39au premier procès
32:40de sa mère
32:41où elle est condamnée
32:42à 25 ans
32:42de réclusion criminelle
32:44et elle a un doute
32:45alors qu'elle est arrivée
32:47à ce procès
32:47en pensant que sa mère
32:48était coupable.
32:49Mais à l'issue
32:50de ce premier procès,
32:51elle a un doute
32:51et elle va vouloir savoir
32:53ce qu'il y a dans le dossier
32:54parce que jusque-là,
32:55elle n'est pas accompagnée
32:56d'un avocat,
32:57elle va venir à mon cabinet
32:58et elle va lire
32:59des bouts du dossier,
33:01on va travailler ensemble
33:02ce dossier
33:02et elle va avoir
33:04la conviction,
33:05elle va avoir
33:06plus qu'un doute,
33:07elle va se dire
33:07ma mère n'est pas coupable
33:09et elle va soutenir
33:11sa maman
33:12à partir de là
33:13et l'inciter
33:14à se battre.
33:15Et vous,
33:15quand vous détricotez
33:16ce dossier,
33:17c'est votre boulot,
33:18vous êtes avocate,
33:19vous allez vous plonger
33:20dans la procédure,
33:21qu'est-ce qui vous choque ?
33:22Pour moi,
33:23ça ne colle pas.
33:24Ce qui ne colle pas,
33:25c'est le timing
33:25entre la téléphonie,
33:27ce qu'on sait
33:27de la téléphonie
33:28et la médecine légale.
33:30Et pour moi,
33:31ce n'est pas possible
33:32dans le timing
33:33que Christine Constantien
33:34ait commis ce crime.
33:36Ce n'est plus la même femme.
33:37Non.
33:37Elle a beaucoup d'assurance,
33:39elle était quasiment muette
33:40au premier procès,
33:41on a l'impression
33:41que c'est une soeur jumelle
33:42qui est sortie d'une boîte
33:43et qui n'est plus du tout
33:45dans la même expression.
33:46C'est tellement plus
33:47la même femme
33:48que même ma cliente,
33:49sa propre fille,
33:50ne la reconnaît pas
33:51quand elle arrive
33:51dans la cour d'assises.
33:52Parce que Christine Constantien
33:54a été remise en liberté
33:55à un moment dans la procédure
33:56avec interdiction
33:57d'entrer en contact
33:58avec ses filles
33:58puisqu'elles sont partie civile.
34:01Et donc,
34:01elle ne l'a pas vue
34:02depuis quelques mois
34:02et quand elle la revoit
34:04à ce procès
34:04devant la cour d'assises
34:05de la Meurthe-et-Moselle,
34:06elle ne la reconnaît pas.
34:08Et là,
34:09ses filles la soutiennent ?
34:10Oui.
34:10Et ça,
34:10c'est important pour elle.
34:11On sent qu'elle est portée
34:12par son amour maternel,
34:14évidemment.
34:15À l'issue du premier procès
34:16et tant qu'elle était
34:17encore détenue,
34:18ma cliente Audrey
34:19est allée voir sa mère
34:20au parloir.
34:21Elle ne l'avait jamais vue avant.
34:23Et elle lui dit
34:24maintenant,
34:25je te soutiens
34:26et il faut se battre.
34:28je ne veux plus
34:28que tu te comportes
34:29comme au premier procès.
34:30C'est-à-dire que
34:30tu es restée silencieuse,
34:33tu ne t'es pas battue.
34:34On te soutient.
34:35donc fais quelque chose aussi.
34:37Sois actrice
34:38de ton destin.
34:40Kevin Gréten,
34:41les enquêteurs,
34:41ils sont là.
34:42Ils viennent témoigner
34:43les policiers.
34:44Eux,
34:44ils restent vraiment assis
34:45sur leur position.
34:46Elle est coupable.
34:48Pour eux,
34:49ils avaient fait le job.
34:51Ça se tenait.
34:52Je pense que c'était
34:53une histoire aussi
34:54d'appréciation
34:55de certains éléments.
34:56Vraiment,
34:56ce timing-là
34:57était important.
34:58Et puis,
34:59il y a eu des événements
35:00en cours du procès,
35:01du deuxième procès.
35:02Les filles
35:03de Christine
35:04et Patrick Constantien
35:05et leurs avocates
35:06ont posé des questions
35:07très justes
35:08qui ont remis
35:09en cause
35:09certains éléments.
35:11Certains témoins
35:12sont apparus
35:13qui avaient sans doute
35:14des choses
35:15à dire.
35:17Je pense à tout.
35:18Vous voyez,
35:18ça a bien servi
35:19à Christine Constantien.
35:20M. Marlenchot,
35:21encore une question.
35:22elle accuse son frère
35:24quand on lui dit
35:26« qui a tué ? »
35:26Elle dit
35:27« ça pourrait être
35:27mon frère,
35:28Daniel. »
35:28Oui,
35:29elle l'a dit
35:29tout comme son frère
35:31l'a accusé.
35:31Elle,
35:31en fait,
35:32c'est effectivement,
35:33elle a évoqué
35:34le nom de son frère.
35:36Mais son frère
35:37est interrogé.
35:38Son frère avait même
35:39été placé en garde à vue.
35:41Il a été placé
35:41sur écoute.
35:44Voilà,
35:44les enquêteurs
35:46n'ont pas suivi
35:46cette piste
35:47à l'issue
35:48de cette garde à vue.
35:49Mais il a effectivement
35:51fait partie
35:52à un moment
35:52des suspects.
35:54L'heure
35:55d'un verdict
35:56très attendu.
35:57Patrick Constantien,
35:59l'épouse et le corbeau,
36:00c'était la première fois
36:01que je la voyais pleurer.
36:02Pour moi,
36:03c'était clairement
36:03du théâtre.
36:04L'enquête de l'heure du crime.
36:05Je vous retrouve
36:06tout de suite
36:06sur RTL.
36:0814h, 15h,
36:10c'est l'heure du crime.
36:11Uniquement des canapés
36:12de qualité.
36:12Vérifiez conditions
36:13en magasin.
36:14Jusqu'à 15h,
36:16c'est l'heure du crime
36:17sur RTL.
36:18Avec Jean-Alphonse Richard.
36:20Dans l'heure du crime,
36:21aujourd'hui,
36:21l'assassinat en 2008
36:22de Patrick Constantien,
36:24paisible jardinier municipal
36:25à Amnéville,
36:26en Lorraine.
36:27Son épouse a écopé
36:28de 25 ans de prison
36:29en 2011,
36:30rejugée en appel.
36:32Après trois jours
36:33de procès,
36:33le verdict va tomber.
36:36Mercredi 21 mai 2014,
36:39Christine Constantien,
36:40ses avocates,
36:41ses trois filles,
36:42guettent le retour
36:43des jurés
36:43dans la salle d'assises
36:44de Nancy.
36:46Les enquêteurs
36:46affirment qu'elle est
36:47l'assassin.
36:49Un policier dit
36:50avoir été surpris
36:52par les larmes
36:53de l'accusé.
36:54C'était la première fois
36:55que je la voyais pleurer.
36:56Pour moi,
36:57c'était clairement
36:58du théâtre.
36:59Après trois heures
37:00de délibéré,
37:01Christine Constantien
37:02est acquittée.
37:03Elle n'a pas tué
37:04son époux.
37:05Elle est libre.
37:07Plus de dix ans
37:08après l'acquittement
37:08de Christine Constantien,
37:10l'auteur des coups
37:11de marteau et de couteau
37:12sur Patrick Constantien,
37:14n'a jamais été identifié
37:16ni retrouvé.
37:17L'enquête n'a jamais
37:18redémarré.
37:20Je me mets debout
37:21et je n'ai regardé
37:23aucun membre du jury.
37:25Là, je me suis dit
37:25non, on ne les regarde pas.
37:27J'ai fermé les yeux
37:27quand ils disent non.
37:29Là, vous avez déjà
37:30un point moins.
37:31Puis c'est là
37:31que j'ai commencé à pleurer.
37:32Toujours mes yeux fermés
37:33parce que je n'y croyais pas.
37:35Et là, le président,
37:36il dit,
37:37vous êtes acquitté,
37:38mais je n'y crois toujours pas.
37:40La voix, bien sûr,
37:41de Christine Constantien,
37:43c'était dans l'émission
37:44Faites entrer l'accusé.
37:46Maître Marlène Schott,
37:47vous êtes avec nous
37:48depuis le début
37:48de cette heure du crime
37:49et je vous remercie
37:50de nous accompagner
37:51dans cette émission.
37:52Vous êtes avocate
37:53de la fille cadette du couple,
37:54Audrey Constantien.
37:55C'est vous qui avez,
37:56entre guillemets,
37:57levé le lièvre
37:58sur le timing
37:59qui était un petit peu bizarre
38:01du crime
38:02et vous réussissez donc
38:04à faire acquitter
38:05avec vos consoeurs,
38:06à faire acquitter
38:07Christine Constantien.
38:09Quelle est votre réaction ?
38:11Est-ce que vous l'avez senti
38:12venir finalement
38:13cet acquittement ?
38:14Il y avait un climat
38:14qui était,
38:15le vent était porteur.
38:16Alors,
38:17j'y croyais moi
38:18à l'acquittement
38:19parce que depuis
38:20que je prends en main
38:21ce dossier,
38:22je me dis
38:22c'est matériellement
38:23pas possible
38:23qu'elle ait commis ce crime
38:25et puis il y a toujours
38:26une ambiance
38:27quand la cour d'assises,
38:28la cour revient
38:29et quand les jurés
38:31regardent l'accusé
38:33et là,
38:34ils l'ont regardé
38:34et là,
38:35je me suis dit
38:36c'est probablement
38:37un acquittement.
38:38Elle revient de loin,
38:40votre cliente,
38:40il faut bien le dire
38:41parce que quand on regarde
38:43l'enquête
38:44de la police judiciaire,
38:46ils ont très bien travaillé.
38:47Oui.
38:47Il y a beaucoup d'efforts
38:48qui ont été déployés.
38:49Alors,
38:49je comprends qu'ils soient
38:50un petit peu frustrés,
38:52un petit peu vexés
38:52de cet acquittement.
38:54C'est vrai
38:55qu'il y a de nombreuses
38:55investigations
38:56qui ont été effectuées
38:58dans ce dossier
38:58et tellement que même
39:00ma cliente Audrey Constancielle
39:02a été convaincue
39:02pendant longtemps
39:03que sa mère était coupable.
39:05C'est-à-dire,
39:05on ne peut pas reprocher
39:07aux policiers
39:08de ne pas avoir travaillé.
39:09Maintenant,
39:10il y a peut-être
39:10certaines pistes
39:11qui auraient pu
39:12être creusées
39:14en plus
39:15et peut-être
39:17donner autre chose.
39:18Vous avez le sentiment
39:19que les enquêteurs
39:20se sont peut-être
39:20focalisés un peu trop
39:22sur une seule personne ?
39:23Oui.
39:23En tout cas,
39:24sur une seule personne
39:25de la famille,
39:26sur l'épouse
39:26et avec les éléments
39:29qu'ils avaient,
39:30effectivement,
39:30ils sont partis
39:31sur elles
39:32et ils n'ont pas
39:33recherché ailleurs
39:33ni même à proximité,
39:35je dirais.
39:35Oui,
39:36les autres pistes,
39:37familiales ou pas,
39:38elles n'ont pas été
39:39tellement creusées,
39:40c'est ça ?
39:40Bizarrement,
39:41les pistes
39:41qui ne sont pas familiales
39:42des voisins,
39:43celles-ci ont été creusées
39:45et les portes
39:46ont été fermées
39:47mais alors,
39:47il y a des pistes
39:48au niveau familial
39:49des gens qui ont été
39:49placés en garde à vue,
39:51des écoutes
39:51qui sont un peu étonnantes
39:53et pour autant,
39:54on n'en a rien tiré.
39:55Alors,
39:55on n'en a rien tiré.
39:56Ce qui est étonnant aussi,
39:57c'est qu'effectivement,
39:58il n'y ait pas eu de rebond
39:59de l'enquête
40:00après cet acquittement
40:01parce qu'on pouvait estimer
40:02que finalement,
40:03si ce n'est pas elle,
40:04quelqu'un d'autre
40:05aurait pu faire le coup
40:05et puis peut-être
40:06remettre un petit peu
40:07la pression
40:07sur certaines personnes.
40:09Kevin Gréten,
40:10elle était,
40:11Christine Constantien,
40:12la seule suspecte,
40:13on vient de le dire,
40:14avec Maître Schott.
40:15L'enquête,
40:16vous confirmez,
40:17elle n'a jamais redémarré ?
40:18Ça,
40:20c'est assez dingue
40:20parce que moi,
40:21peu de temps après,
40:22j'avais refait
40:23un interview avec elle
40:24et elle me confiait
40:26son envie,
40:27évidemment,
40:27de relancer l'affaire
40:28pour elle
40:30mais surtout pour ses filles
40:31qui avaient besoin,
40:32évidemment,
40:33de savoir
40:33qui avait tué
40:34leur père.
40:36On attendait
40:36à ce que l'enquête
40:37soit relancée.
40:38C'était un peu tôt pour elle.
40:39Elle me disait
40:40on va le faire
40:41mais pour l'instant,
40:42je n'en ai pas l'énergie
40:43et ça n'a jamais été relancé.
40:45Ça n'a jamais été relancé,
40:47Maître Marlène Schott
40:47Audrey et puis ses sœurs,
40:50elles ont laissé tomber
40:51le dossier ?
40:52C'est vrai qu'à l'issue
40:53du second procès,
40:54acquittement de Christine Constantien,
40:55immédiatement,
40:56moi, ma cliente,
40:56elle dit
40:56il faut qu'on relance l'enquête
40:59pour que je sache
41:00qui a tué mon père
41:01et le temps passant,
41:03je pense que c'est une famille
41:04qui a quand même été éprouvée.
41:05On peut se mettre
41:06à la place d'Audrey Constantien,
41:08elle perd son père
41:08dans des conditions tragiques.
41:10Elle ne voit pas sa mère
41:12pendant plusieurs années
41:13qui est incarcérée,
41:14qui est accusée de ce crime.
41:16Je crois qu'en fait,
41:16elle n'avait plus l'énergie.
41:18Immédiatement,
41:19à l'issue du procès,
41:20elle aurait eu l'énergie
41:20et le temps passant,
41:22elle n'a plus eu l'énergie.
41:23Je crois que c'est une famille
41:24qui a envie d'être maintenant paisible.
41:26Oui, c'est ça,
41:26de tenir ça un petit peu à distance.
41:28On comprend évidemment,
41:29même si c'est regrettable,
41:30parce qu'il y a sans doute
41:31des éléments
41:33qui permettent peut-être
41:34de relancer
41:34en tout cas
41:35certaines vérifications.
41:36Kevin Gréten,
41:38vous l'avez suivi,
41:39cette femme,
41:40depuis le début d'ailleurs,
41:41Christine Constantien,
41:42vous étiez devant sa porte
41:43lorsque le crime s'est commis
41:44et elle vous a parlé
41:45dès ce jour-là
41:46et vous l'avez revu
41:47lors des procès.
41:48Une femme machiavélique,
41:50selon vous, ou pas ?
41:51Déjà, il faut revenir
41:53sur la scène de crime
41:54et la mort.
41:55Elle est quand même
41:56d'une violence.
41:57Ce n'est pas très féminin
41:58comme façon de faire.
42:00Il faut imaginer
42:01que Christine Constantien,
42:02c'est une toute petite dame,
42:03commettre un meurtre
42:05de cette façon,
42:06ça m'a toujours paru
42:07assez étonnant.
42:09Pour le côté machiavélique,
42:10non, non,
42:11je pense qu'elle n'a jamais
42:12dit toute la vérité.
42:14Le fait qu'il ne s'est pas
42:14été relancé derrière
42:16me laisse perplexe également
42:18et conforte un peu
42:19dans cette idée
42:20qu'elle en sait un peu plus
42:21mais peut-être qu'elle veut
42:21aussi préserver
42:22et protéger quelqu'un.
42:23Mais non, non,
42:23machiavélique, non.
42:25Elle n'est pas machiavélique,
42:26selon vous,
42:27Maître Marlène Schott.
42:28Juste un souvenir
42:29de cette histoire
42:30qui vous a marquée profondément,
42:31c'est l'acquittement,
42:32on arrive au bout ?
42:34Oui, c'est l'acquittement
42:35et puis aussi
42:36ce courage de ma cliente
42:39qui, je vous dis,
42:40dit,
42:40je pense que sa mère
42:41est coupable
42:42et puis change d'avis
42:43et puis veut se battre
42:44et puis c'est cette position
42:45d'avocat dans laquelle
42:46je me suis retrouvée.
42:47J'étais avocat
42:47d'une partie civile
42:48au soutien de la défense.
42:50Ce n'est pas banal.
42:51Voilà, c'est peut-être ça
42:52que je retiens de ce procès.
42:54Merci beaucoup,
42:55Maître Marlène Schott
42:57et Kevin Gretten
42:57d'avoir été aujourd'hui
42:58les invités de l'ordre du crime.
42:59Merci à l'équipe de l'émission,
43:00rédactrice en chef,
43:01Justine Vigneault,
43:02préparation,
43:03Lisa Canale.
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