- il y a 8 minutes
Isabelle Gabens, 36 ans, maman de six filles. Discrète, joyeuse, le cœur sur la main. Une nuit de l'hiver 2023, on la découvre mutilée, frappée 57 fois à coups de couteau sur tout le corps. On s'est acharné sur les parties intimes...Le meurtrier n'est pas loin. C'est le mari. Un des pires féminicides qui soit. Il affirme qu'il n'était pas conscient de ses gestes.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.
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00:06Et puis que s'est-il passé cette nuit à la mode Capdeville, près de Montauban ?
00:11Un mari a tué sa femme à coups de couteau.
00:13Il prétend ne plus se souvenir de ce qu'il s'est passé cette nuit-là.
00:17Aurait-il été sous l'effet d'une rarissime insomnie criminelle ?
00:22Bonjour, Isabelle Gabins, 36 ans, maman de 5 filles, discrète, joyeuse.
00:30Le cœur sur la main, une nuit de l'hiver 2023, on la retrouve mutilée dans son lit, 57 coups
00:36de couteau sur tout le corps.
00:38On s'est acharné sur les parties intimes.
00:41Le meurtrier n'est pas loin, c'est le mari.
00:43Il affirme qu'il n'était pas conscient de ses gestes, mais dit-il la vérité ?
00:48Isabelle Gabins est le somnambule aux mains sanglantes.
00:51L'heure du crime, la seule émission Radio 100% fait diverser tout de suite sur RTL.
01:02Lundi 13 mars 2023, 8h15, les gendarmes de Montauban sont appelés par les pompiers
01:09pour une femme qui a reçu des coups de couteau à la Motte-Cap-de-Ville, une commune limitrophe.
01:14Quand les gendarmes arrivent, côte de Violette, le médecin urgentiste a déjà constaté le décès.
01:21La victime repose dans une chambre en désordre, sur un lit défait.
01:26Une couette tachée de sang recouvre en partie ses jambes et son torse.
01:30La femme porte un haut de pyjama relevé jusqu'au cou.
01:33Une multitude de plaies sont visibles.
01:36Les deux premières au sein gauche, d'autres sont notées au ventre et sur l'avant-bras gauche.
01:41La malheureuse s'est défendue.
01:43Les résultats de l'autopsie sont effarants.
01:45La victime a été frappée à 57 reprises à l'arme blanche.
01:50On s'est particulièrement acharné sur les parties intimes, comme s'il avait fallu les détruire.
01:56La femme a également été étranglée.
01:58Selon les médecins, la mise à mort et l'agonie auraient duré de très longues minutes.
02:0410 minutes, va préciser une experte.
02:07La victime est identifiée comme étant Isabelle Gabins, épouse Bétancourt, 36 ans.
02:12Elle est la mère de 5 petites filles, âgées de 4 à 14 ans, saines et sauves.
02:17Elles ont attendu les secours ensemble dans une pièce.
02:21Leur père, Sébastien Bétancourt, a disparu et sa voiture n'est plus là.
02:27La fille aînée du couple, 14 ans, est aussitôt entendue par les gendarmes.
02:32Elle a été réveillée vers 4h du matin par les éclats d'une dispute entre ses parents.
02:37C'était comme si sa mère avait mal, dit-elle.
02:39Elle est restée blottie au fond de son lit, apeurée.
02:43Elle a ensuite entendu son père marcher dans le couloir.
02:45Il était 4h27.
02:47Il est passé pour la rassurer.
02:49Il lui a dit que tout allait bien.
02:51L'aîné explique que son père a ensuite quitté la maison.
02:54Sa sœur de 12 ans a entendu ses parents discuter à propos d'un certain Romuald.
03:00Un collègue de son père avec qui sa mère échangerait des messages.
03:03Selon la petite fille, son père était jaloux.
03:06Elle aussi a entendu sa mère crier vers 4h20.
03:10Son père a ensuite fermé les portes des enfants.
03:12Les filles, en se levant, vers 7h, 7h30, ont aperçu des taches de sang dans le couloir.
03:19Elles ont ensuite découvert le corps martyrisé de leur mère sous la couette.
03:23Elles ont paniqué.
03:25Une autre sœur, 9 ans, dit avoir aperçu dans la nuit son père avec un couteau dans la main.
03:30Selon elle, sa mère criait de douleur.
03:33Elle répétait « Non, non, non ! »
03:35Puis le silence est retombé.
03:37Elle a entendu son père prononcer cette phrase « Repose en paix ! »
03:42Les amis d'Isabelle Gabins, rapidement interrogés par les enquêteurs,
03:46décrivent une femme qui était en souffrance.
03:48Le soir du drame, Marie lui avait parlé au téléphone.
03:51Isabelle décrivait son époux comme étant de très mauvaise humeur.
03:54Il n'arrêtait pas de crier.
03:55Marie raconte qu'Isabelle était un peu perdue.
03:58Elle était tombée amoureuse de Romuald,
04:01lequel n'éprouvait pas vraiment de sentiments pour elle.
04:03Et puis son couple était en train d'éclater.
04:06Une autre amie de la victime, Claire, avait noté qu'à 2h30 Isabelle était toujours sur WhatsApp.
04:13Elle s'était étonnée qu'elle ne dorme pas.
04:15La nuit précédente, Isabelle lui avait écrit en parlant de son mari.
04:20« Cette nuit-là, il a été très lourd.
04:22Il a commencé à me toucher, à me forcer un peu, je lui ai dit non.
04:25Quelques heures après la découverte du corps, Sébastien Bettencourt, 38 ans, plombier chauffagiste,
04:32est retrouvé route de cosse à Lamotte-Cap-de-Ville.
04:35Il est recroquevillé dans le coffre de sa voiture.
04:38Il a du sang sur les avant-bras et sur les vêtements.
04:41Les tests d'alcoolémie, de prise de stupéfiants ou de médicaments sont négatifs. »
04:48Isabelle Gavins, il faut retenir ce nom, c'est dans cette affaire la seule victime avec les petites filles.
04:54Il ne faut pas les oublier aussi, les cinq petites filles.
04:56Et c'est une martyr cette femme parce que ce qu'elle a subi est totalement innommable.
05:01On va voir ce que va raconter son mari qui, à ce stade, est évidemment le suspect numéro un.
05:05Il est couvert de sang et il se cachait dans ce coffre de voiture.
05:09Et ce qu'il va raconter est tout simplement déroutant et stupéfiant.
05:12Mais ça, ce sera à suivre dans la suite évidemment de cette émission L'Heure du Crime.
05:17Il faut revenir à cette scène de crime.
05:19Bonjour Max Lagarigue.
05:21Oui, bonjour.
05:22Merci beaucoup d'être avec nous en direct dans L'Heure du Crime.
05:25Vous êtes journaliste police-justice au journal La Dépêche.
05:27Cette affaire, vous l'avez suivie, vous la connaissez très bien.
05:30Max, une première question pour vous.
05:32Même les gendarmes qui arrivent sur place dans cette maison, dans ce village tout près de Montauban,
05:38ils sont choqués par ce qu'ils découvrent.
05:40En effet, c'est une vision d'horreur.
05:43Il se trouve que j'ai suivi cette affaire de bout en bout,
05:45puisqu'il était à peu près 1h30 après les faits.
05:48Et à voir leur visage, on comprenait l'étendue du drame.
05:52Les pompiers, c'est les premiers à pénétrer dans les lieux après l'appel des cinq fillettes.
05:57Ils savent qu'une femme a été victime d'un coup de couteau de son conjoint.
06:01Mais ils ne s'attendent pas à ce qu'ils vont découvrir.
06:05Lors de l'audience, le pompier qui est rentré le premier dans les lieux de la chambre conjugale
06:12dit qu'il a été particulièrement choqué par ce qu'il a découvert sous la couette.
06:19Effectivement, c'est un carnage, il n'y a pas d'autre mot.
06:22Encore une question pour vous, Max Lagarig.
06:24L'autopsie, elle dénote...
06:27On ne va pas rentrer dans les détails graphiques, évidemment.
06:29Max Lagarig, ce n'est pas le but de cette émission.
06:31On ne fait pas de voyeurisme dans l'ordre du crime.
06:32Mais il faut bien dire que l'autopsie, elle dénote un acharnement sexuel.
06:37Parce que ce sont les parties intimes qui ont été attaquées.
06:40Tout à fait.
06:41En fait, c'est un double crime, comme le dira l'avocat général et maître Raquelian.
06:47Parce qu'en fait, il y a le meurtre par cette strangulation et ces coups de couteau.
06:53Mais il y a ces pénétrations sexuelles d'une extrême violence qui sont commises par l'accusé.
06:59Et qui ont véritablement détruit la dignité et l'humanité de la victime.
07:04C'est ça qui a particulièrement troublé, j'allais dire, toute l'assistance lors du procès.
07:10Et ça, c'est frappant en matière criminelle.
07:12C'est effectivement parce qu'on a voulu anéantir, il n'y a pas d'autre mot, cette femme.
07:15Il ne fallait plus qu'elle existe.
07:17Et elle avait eu des enfants, il ne fallait plus qu'elle ait des enfants, etc.
07:20C'était fini.
07:21Ce corps était détruit.
07:23Bonjour maître Fabien Araquelian.
07:24Merci beaucoup d'être avec nous aujourd'hui en direct dans le studio L'heure du crime.
07:27Vous êtes avocat d'une partie de la famille, des parties civiles en tout cas dans ce dossier.
07:32Des dossiers que vous connaissez bien.
07:33Parce que vous êtes aussi le conseil de l'UNFF.
07:36Alors c'est l'Union Nationale des Familles de Feminicide.
07:39Effectivement, ça commence à se développer.
07:41C'est une notion qui prend de l'ampleur.
07:43Hélas, j'ai envie de dire, parce que des féminicides, il y en a de plus en plus chaque année.
07:47Maître Fabien Araquelian.
07:50Détail épouvantable dans ce dossier.
07:51En tout cas, moi qui m'a beaucoup frappé et beaucoup choqué.
07:54Ce sont les petites filles du couple.
07:554 à 14 ans.
07:56On est tout petit, 4 à 14 ans.
07:58Elles ont entendu, elles ont vu beaucoup de choses.
08:00C'est exactement ça.
08:01C'est-à-dire qu'à 4h20 du matin,
08:03elles entendent une dispute qui vient de la chambre parentale.
08:08Elles entendent le prénom Romuald.
08:11Ce qui permet d'avoir une petite idée sur la nature de la dispute.
08:15Elles voient le père, puisqu'elles entrebâillent la porte,
08:19qui se promène avec un couteau ensanglanté.
08:22Et elles entendent une phrase qui, j'espère un jour,
08:26elles pourront l'oublier, repose en paix.
08:28On ne peut pas l'oublier.
08:31On ne peut pas l'oublier.
08:39le corps de leur mère,
08:41en levant la couverture qui était sur elle.
08:46Il faut le dire, parce qu'effectivement, la scène est épouvantable.
08:49Cet homme qui, à l'époque, à ce moment-là,
08:51est soupçonné, évidemment, d'avoir tué sa femme,
08:54il a laissé la maison ouverte comme ça.
08:56Il a laissé ce corps.
08:57Il savait sans doute que ses filles allaient tomber sur ce corps.
09:01Qui est ce couple, Isabelle Gabins et Sébastien Bettencourt,
09:06maître Araguélien ?
09:07Isabelle Gabins, c'est une jeune femme de 36 ans,
09:11dont tout le monde s'accorde à dire qu'elle est rayonnante,
09:14pleine de vie.
09:15Une femme libre.
09:17Pour libre.
09:18Sans doute, c'est exactement ça.
09:20Et qui, en réalité, a toujours rêvé d'être psychologue
09:23et puis est devenue énergéticienne.
09:25Et ça marchait très bien.
09:26Non seulement elle s'occupait des filles,
09:28mais en plus, elle faisait bouillir la marmite
09:30financièrement parlant.
09:32Elle s'occupe de ses enfants,
09:35elle veille à leur nourriture bio,
09:37elle les scolarise dans une école dite démocratique,
09:40un peu, avec une éducation alternative.
09:43Ses enfants, c'est sa vie.
09:45Lui, c'est un ouvrier, vous l'avez évoqué, chauffagiste.
09:49Plombier chauffagiste.
09:50Plombier chauffagiste.
09:51Mais qui, disons-le, s'occupe pas trop de la famille.
09:56D'accord.
09:56Donc c'est elle qui a la main sur la famille.
09:58Effectivement, ses filles l'adorent.
10:00Et là, il fallait aller à l'école ce matin-là.
10:02Elles ont découvert leur mère parce qu'elle ne s'était pas réveillée.
10:04Mais elle ne se réveillera jamais puisqu'elle était morte.
10:07Max Lagarig, question encore pour vous.
10:09Il y a cette scène aussi qui est tout de suite hallucinante.
10:12Le mari, évidemment, on le retrouve très vite.
10:13La voiture, elle est localisée.
10:15Il est dans le coffre de la voiture, comme recroquevillé.
10:18Qu'est-ce qu'il y a dans ce coffre ?
10:20Comment est-il ?
10:22Alors, c'est un peu par hasard que les gendarmes découvrent l'accusé, en fait,
10:27qui est environ à 3-4 kilomètres de la scène de crime, dans la même commune.
10:32Et donc, ils voient à côté du stade un véhicule qui correspond,
10:36donc une Logan bleue qui correspond à celle de la famille.
10:39Il s'approche et c'est là qu'il découvre dans le coffre,
10:44couché, recroquevillé, vraisemblablement depuis plusieurs heures,
10:48Sébastien Bettencourt.
10:49Il a les mains maculées de sang et il trouve surtout près de lui
10:53ce fameux couteau qui a servi à tuer Isabelle.
10:58Et manifestement, il attendait sans doute la police ou les gendarmes, cet homme.
11:02Un mari qui va être très longuement questionné.
11:05Isabelle Gabins est le somnambule aux mains sanglantes.
11:08« J'étais à la troisième personne, j'ai vu ce qu'il se déroulait,
11:11mais à aucun moment j'ai pu dire stop. »
11:13L'enquête de l'heure du crime.
11:14On se retrouve dans un instant sur RTL.
11:19Merci d'écouter RTL.
11:27RTL, votre radio.
11:29Jean-Alphonse Richard sur RTL.
11:32L'heure du crime.
11:34Au programme de l'heure du crime, la mort épouvantable d'Isabelle Gabins.
11:38Cette maman, 36 ans, a été retrouvée massacrée chez elle près de Montauban en mars 2023.
11:43Elle a subi les pires sévices.
11:45Son mari est questionné.
11:52Lundi 13 mars 2023.
11:54Sébastien Bettencourt, 38 ans, inconnu de la justice,
11:58est placé en garde à vue à la gendarmerie de Montauban.
12:01Il évoque quelques disputes dans son couple.
12:03Depuis un mois, lui et Isabelle n'avaient plus de relation sexuelle.
12:08Il soupçonnait sa femme d'avoir une aventure avec son associé Romuald.
12:12Elle a démenti.
12:14Il a donc laissé tomber.
12:15De la nuit du drame, Sébastien Bettencourt se souvient seulement
12:18qu'il s'est réveillé alors qu'il était à Califourchon sur sa femme,
12:23en train de l'étrangler avec ses deux mains,
12:25alors qu'elle dormait.
12:26« Je l'ai juste entendu s'étouffer.
12:28Je me suis levé.
12:29Je me suis retrouvé avec un couteau dans les mains.
12:32J'ai pris ma voiture », témoigne-t-il.
12:34Le mari ne se rappelle pas avoir poignardé sa femme,
12:37pas plus que d'avoir visité les chambres des filles.
12:40Il affirme qu'Isabelle était fatiguée.
12:42À bout de force, elle parlait de se suicider.
12:45Il se demande si inconsciemment,
12:48il n'aurait pas voulu en fait l'aider à passer ce cap.
12:51Lors du crime, il raconte avoir ressenti un sentiment de surplus de force.
12:56Pas moyen de desserrer le cou et d'arrêter.
12:59La mémoire lui fait défaut,
13:00même s'il admet avoir finalement étranglé,
13:03poignardé et violé son épouse.
13:06Sébastien Bettencourt est mis un examen pour meurtre.
13:08Accompagné d'actes de torture et de barbarie,
13:11il est écroué.
13:12Les proches d'Isabelle Gabin sont entendus.
13:15À son père, elle avait confié son intention de quitter son mari,
13:19Michel, la mère de la victime,
13:20affirme que sous ses airs de gendre idéal,
13:23Sébastien Bettencourt pouvait se montrer désagréable et même dur.
13:28Notamment avec ses enfants, il les rabaissait sans cesse.
13:31Sa fille lui avait encore dit qu'il piquait de grosses colères.
13:35Romuald, l'homme dont Isabelle était tombée amoureuse,
13:39décrit Sébastien Bettencourt comme un mari jaloux,
13:42un homme méprisant et blessant avec sa femme et ses enfants.
13:50Mardi 18 juillet 2023,
13:52quatre mois après le meurtre, Sébastien Bettencourt est devant le juge d'instruction de Montauban.
13:57Il déclare se rappeler des actes qu'il a commis,
13:59mais il lui est impossible d'en donner la chronologie.
14:02Son père et son demi-frère ont confié qu'il avait fait des crises de somnambulisme à l'adolescence.
14:08Ils y voient peut-être une explication à son geste fou.
14:11L'ancienne belle-mère de Sébastien Bettencourt raconte
14:15qu'elle s'était une fois brusquement réveillée en pleine nuit.
14:18Sébastien se trouvait au-dessus d'elle.
14:20Il tenait ses mains posées sur ses parties intimes.
14:23Il la caressait.
14:25Ce phénomène s'est reproduit à plusieurs reprises, dit-elle.
14:28Elle ne lui en avait jamais parlé.
14:31A propos de ces crises de somnambulisme,
14:33Sébastien Bettencourt répond n'en gardait aucun souvenir.
14:36Adulte, il n'en a plus refait.
14:38Six mois plus tard, il confie au juge que ses souvenirs sont constitués de flash.
14:43Il ne se rappelle pas que son épouse ait résisté à l'agression
14:46malgré les marques de défense sur les avant-bras.
14:48Il déclare.
14:49J'étais à la troisième personne.
14:51J'ai vu ce qu'il se déroulait,
14:53mais à aucun moment j'ai pu dire stop.
14:55J'étais comme tétanisé.
14:57J'ai rien pu arrêter.
15:00Sébastien Bettencourt,
15:01qui n'aurait plus été lui-même un autre homme,
15:03en quelque sorte, une autre créature,
15:05et qui ne se serait pas parvenu à se maîtriser.
15:08Évidemment, il va falloir expertiser le mari.
15:11Tout d'abord, savoir s'il a vraiment toute sa raison, cet homme,
15:13et puis ensuite, étudier cette fameuse histoire de somnambulisme.
15:17Je vous dis tout de suite que le somnambulisme en matière criminelle,
15:20il n'y a pas beaucoup, beaucoup de références.
15:21On a beaucoup cherché, mais personnellement, je n'en ai pas trouvé.
15:24Je vais poser la question à nos invités.
15:26Il n'y a pas grand-chose.
15:27On va en parler tout de suite dans la suite de l'émission.
15:29Revenons à ce que déclare tout d'abord Sébastien Bettencourt,
15:33en garde à vue, Maître Fabien Raquelian.
15:34Vous êtes avec nous, avocat des partis civils.
15:37Vous avez suivi tout ce dossier des bribes de souvenirs.
15:40Voilà ce qu'il dit.
15:41Et il le dit tout de suite.
15:42Il dit, moi, je ne me souviens plus.
15:44C'était sur elle avec un couteau.
15:45Voilà tout ce que je sais.
15:46C'est exactement ça.
15:47C'est-à-dire que, selon lui,
15:49son seul souvenir, c'est d'être à Califourchon,
15:52pour reprendre ses termes,
15:54sur son épouse en train de l'étrangler.
15:57Mais le problème, c'est que lorsqu'on met à gauche
16:00ses déclarations et à droite
16:02le comportement qui a été le sien
16:04dans un temps proche des faits,
16:05il y a quand même une petite dissonance.
16:08Parce que ce monsieur, tout de suite après les faits,
16:11il s'habille, il ferme la porte de la chambre de ses filles,
16:14il fait plus de 20 kilomètres en voiture,
16:16on le sait puisqu'il est verbalisé,
16:18il prend le couteau.
16:20Bon voilà, tout ça est très contradictoire.
16:22Et l'amnésie, elle peut être utilitaire
16:24d'un point de vue judiciaire,
16:25mais elle ne résulte pas du dossier.
16:26Oui, somnambulisme criminel, comme on dit,
16:29mais puis je rajoute ça à Maître Raquelian,
16:31il y a 57 coups de couteau,
16:34un somnambule lorsqu'il est en action,
16:37finalement, quelqu'un le pousse ou quoi,
16:38on se réveille,
16:39parfois on se réveille au bord d'une fenêtre, etc.
16:41Là, ce n'est pas le cas.
16:42Il ne s'est jamais réveillé, d'après lui.
16:44Ce n'est pas le cas.
16:45Et tous les experts qui sont les sachants,
16:47la moitié, il y a eu un collège d'experts,
16:49c'est-à-dire que là, le contribuable,
16:50il a payé des experts, je vous le dis.
16:52Collège d'experts,
16:53tout le monde a dit que cette histoire de somnambulisme,
16:56c'est peut-être intéressant,
16:57mais ça n'a aucune conséquence
16:59le concernant sur une altération,
17:01une abolition de son discernement.
17:03Max Lagarig, vous êtes avec nous
17:04dans cette heure du crime,
17:06journaliste, police, justice,
17:08dans cet excellent journal
17:08qui est La Dépêche du Midi,
17:10La Dépêche,
17:11évidemment qu'on lit ici dans L'Heure du Crime.
17:13Max Lagarig,
17:14le déclencheur,
17:15c'est la colère,
17:16c'est la jalousie
17:17avec ce rival désigné.
17:18En tout cas, c'est le déclic
17:19qui fait agir ce mari,
17:22même s'il est somnambule ou pas,
17:23c'est autre chose.
17:25Alors ça, c'est un point un peu crucial
17:28dans l'instruction
17:29et qui, pour l'instant,
17:30n'a pas trouvé d'issue.
17:33Enfin, peut-être que Maitre Raquelian
17:34a la réponse,
17:35mais le cas de cette jalousie
17:38avec Romuald
17:38apparaît dans les échanges
17:40qu'il y a entre la victime
17:42et donc cet associé
17:45de Sébastien Betancourt,
17:47où il se montre très insistant
17:49sur cette relation
17:50qui est platonique,
17:51mais il ne la supporte pas.
17:53Il faut rappeler quand même
17:54que Sébastien et Isabelle
17:56se sont rencontrés
17:57dans les mêmes circonstances.
17:58C'est-à-dire qu'ils vivaient à Nice
18:00et en fait,
18:03Sébastien et Isabelle
18:04étaient avec l'un de ses collègues
18:07et ils ont rompu l'un et l'autre
18:08pour se mettre ensemble.
18:09D'accord.
18:10Est-ce qu'il a revécu
18:11cette rupture ?
18:12On ne sait pas.
18:12C'est un point
18:13qui peut être intéressant
18:15et qui a été évoqué
18:17durant par les experts.
18:18Alors effectivement,
18:19c'est un point important
18:20et vous avez raison
18:20de le souligner,
18:21Max Lagarig,
18:22mais encore une question pour vous.
18:24Alors,
18:24il va dire
18:25qu'il n'en voulait pas Isabelle.
18:27Finalement,
18:27il avait passé l'éponge
18:29là-dessus,
18:29sur cette histoire,
18:30sur cette amourette.
18:31Le fait est que cette femme,
18:32et là,
18:32il y a des preuves,
18:33elle vivait vraiment
18:33dans la crainte.
18:34Il y avait beaucoup de malaise.
18:37Elle se disait presque
18:38agressée par son mari.
18:41D'ailleurs,
18:41sur l'agression,
18:42c'est confirmé
18:43par un message
18:44tel avec une amie
18:45sur ses échanges WhatsApp,
18:47puisque là,
18:47c'est une particularité
18:48de ce dossier
18:49où on a la victime
18:50qui parle au procès.
18:51C'est extrêmement rare.
18:54Elle évoque
18:54qu'effectivement,
18:56la veille des faits,
18:57Sébastien a voulu avoir
18:58une relation intime
19:00avec elle
19:00et qu'elle a refusé
19:02et que ça a été
19:03très compliqué pour elle
19:03de refuser
19:04et qu'il l'a très mal pris.
19:06Sachant qu'on est vraiment
19:07à un moment clé
19:08du drame
19:09puisque normalement,
19:10le 13,
19:10c'est à la fois
19:12la date d'anniversaire
19:12de la deuxième
19:14de la cadette
19:15de la famille
19:16et surtout,
19:17c'est la date
19:17à laquelle
19:19Isabelle a lancé
19:20un ultimatum
19:21à Sébastien
19:22pour quitter
19:23le domicile
19:23quoi j'écale.
19:24C'est ça.
19:24Elle lui a dit
19:25c'est fini,
19:25on arrête là
19:26et c'est évidemment
19:27le jour même
19:27où elle est tuée.
19:29Donc là,
19:30effectivement,
19:30on peut quand même
19:31aussi se poser
19:31beaucoup de questions.
19:34Maître Arakelian,
19:34il va dire un truc
19:36qui n'est pas inintéressant,
19:37il va dire
19:38j'étais à la troisième personne.
19:40C'est-à-dire qu'il agissait
19:41à la troisième personne,
19:42il était...
19:43ce n'était pas lui.
19:44Ça, c'est de la dissociation.
19:46Ça peut arriver.
19:48Chez les schizophrènes,
19:49ça arrive.
19:50Oui, on peut voir
19:52ces phénomènes de dissociation
19:53dans des dossiers
19:54de nature criminelle.
19:55En l'espèce,
19:56ce n'est pas du tout
19:57le cas dans ce dossier.
19:59Il y a ce qu'il raconte lui,
20:01encore une fois,
20:01et il y a ce dossier.
20:03Je me suis posé aussi
20:04la question,
20:05mais vous allez peut-être
20:05y répondre,
20:06c'est est-ce qu'il n'y a pas
20:06eu préméditation
20:08de ce crime ?
20:09Ou est-ce que d'après vous,
20:10c'est une boule de colère
20:12qui explose ?
20:13Là-dessus,
20:13moi je suis juriste,
20:14il est renvoyé
20:16pour des faits
20:17sur meurtre,
20:18sur meurtre sur conjoint
20:19précédé d'acte de
20:20Torturé de Barbarie.
20:20L'après-méditation
20:21n'a jamais été retenue.
20:24Non, ce qui est assez intéressant,
20:26c'est que,
20:26alors qu'il a commis les faits,
20:27il prend le couteau.
20:29Pourquoi ?
20:29Et c'est une hypothèse
20:31que j'ai évoquée
20:33du bout des lèvres
20:33à l'audience,
20:34c'est-à-dire que
20:34le chemin qu'il fait
20:37en voiture,
20:38puisqu'il parcourt
20:38une quinzaine
20:39ou une vingtaine de kilomètres,
20:40c'est le chemin
20:41pour aller vers le domicile
20:42de Romuald,
20:42puis ensuite il fait demi-tour.
20:44C'est une hypothèse
20:45que j'ai faite
20:45et qui n'a pas été
20:48rejetée par le dénommé Romuald.
20:49Pourquoi prendre ce couteau
20:50s'il a commis les faits ?
20:51Peut-être pour le cacher,
20:52mais voilà.
20:53Et aussi peut-être
20:54pour tuer le rival,
20:55en quelque sorte.
20:55C'est une question
20:56qui pouvait se poser.
20:57C'est une possibilité.
20:58Des experts
20:59qui s'interrogent
21:00sur un phénomène rare,
21:02la sexsomnie.
21:04Isabelle Gabin,
21:05c'est le somnambule
21:06aux mains sanglantes.
21:07Il a peut-être été victime
21:08d'un épisode
21:09de sexsomnie.
21:10L'enquête de l'art du crime,
21:12le mari était-il vraiment
21:13dans un état second
21:13quand il a massacré l'épouse ?
21:15A suivre dans un court instant
21:17sur RTL.
21:19Merci d'écouter RTL.
21:24RTL, votre radio.
21:26Carrefour.
21:27L'heure du crime,
21:28présentée par Jean-Alphonse Richard
21:30sur RTL.
21:31Il a reconnu
21:33avoir donné la mort
21:34à son épouse.
21:35Les étrétisent
21:36qui nous disent
21:36que ce n'est pas un âme dangereux,
21:38qu'il n'y a pas de risque
21:39de récidive.
21:40Et tout ça,
21:40bien sûr que ça rentre en compte.
21:42Il y a la qualité de l'acte,
21:43il y a l'horreur de fait.
21:45Et puis après,
21:46il y a l'homme qui est derrière
21:47et le risque qu'il représente
21:49pour la société.
21:51Heure du crime,
21:52consacrée aujourd'hui
21:52à la mort barbare
21:53d'une mère de famille,
21:54Isabelle Gabins,
21:5536 ans,
21:56tuée au terme
21:56de longs sévices.
21:58Chez elle,
21:58près de Montauban,
21:59son mari arrêté
22:00en mars 2023,
22:02il dit
22:02ne pas se souvenir
22:03de ses actes,
22:04les experts se penchent
22:05sur son cas.
22:09Jeudi 6 mars 2025,
22:11deux ans après la mort
22:13d'Isabelle Gabins,
22:14le juge de Montauban
22:15prolonge pour la troisième fois
22:17la détention provisoire
22:18de Sébastien Bettencourt.
22:20Ses proches l'ont souvent dépeint
22:21comme un homme faible
22:22et sous l'emprise de sa femme.
22:24Tout le monde s'étonne
22:25donc que ce mari passif
22:27ait pu commettre
22:28un tel massacre.
22:29L'expert psychiatre
22:30exclut tout trouble psychique.
22:32Trois autres experts,
22:34deux psychiatres,
22:35un neurologue,
22:35sont tout aussi
22:37évasifs
22:38et prudents.
22:39Ils s'attardent
22:40sur l'ultra-violence
22:41de l'agression,
22:41notamment son caractère sexuel,
22:44la destruction volontaire
22:45des zones intimes
22:46de la victime.
22:47Référence peut-être,
22:48disent-ils,
22:49à la détestation
22:50de Bettencourt
22:50pour sa propre mère.
22:52Les experts
22:53s'accordent à dire
22:54que le mari
22:54ne souffre d'aucune maladie mentale.
22:56Ils écartent
22:57une crise d'épilepsie
22:58et ne font pas
22:59le rapport
23:00avec un éventuel
23:01somnambulisme.
23:03L'avocate
23:04de Sébastien Bettencourt,
23:05maître Morgane Morin,
23:07va pourtant creuser
23:08cette piste
23:09du somnambulisme,
23:10phénomène qui intervient
23:11lors du sommeil profond
23:12avec un cerveau
23:14très actif.
23:15Elle va évoquer
23:16la possibilité
23:16d'un épisode
23:17de sexsomnie,
23:19trouble du sommeil
23:20rare
23:21qui peut s'apparenter
23:22à un comportement
23:23de somnambule.
23:24Le mari aurait
23:25accompli des actes
23:26à caractère sexuel
23:27qui s'apparentent
23:28ici à la barbarie
23:29sans pour autant
23:30s'en souvenir.
23:31Pour maître Morin,
23:32le discernement
23:33de son client
23:34était donc altéré.
23:36Sébastien Bettencourt
23:37aurait agi
23:37de façon robotique,
23:39comme s'il était
23:40en quelque sorte
23:40désincarné.
23:41il serait un somnambule
23:44criminel.
23:46On va dire en gros
23:47ce somnambulisme criminel.
23:49Tout de suite avec vous
23:50maître Fabien Raquelien,
23:52avocat des partis civils
23:53et puis aussi
23:53vous êtes le conseil
23:54de l'Union Nationale
23:55des Familles
23:55de Féminicide.
23:57Déjà, première question,
23:59on va parler un petit peu
23:59du somnambulisme juste après
24:00mais les experts
24:01ont bien du mal
24:02l'impression
24:03avec le cas
24:03Sébastien Bettencourt,
24:05les psychologues,
24:05les psychiatres.
24:06Je trouve que les rapports
24:09ils n'arrivent pas
24:10à l'attraper cet homme.
24:11Je suis désolé
24:11mais je n'ai pas très bien
24:12compris ce qu'ils voulaient
24:14en dire.
24:14Alors, moi ce que je retiens
24:17surtout de ces expertises
24:18parce que c'est ce qu'on
24:19leur demande aux expertises.
24:20Parce qu'encore une fois
24:21elles sont très importantes
24:22ces expertises.
24:23Elles sont déterminantes
24:24parce que ce qu'on demande
24:25à l'expert psychiatre
24:26c'est d'une part
24:26de savoir si la personne
24:28est responsable pénalement
24:29est-ce qu'il y a
24:30une altération
24:30ou une abolition
24:31et puis ensuite
24:31est-ce qu'il y a
24:32une dangerosité criminologique.
24:33Alors, il peut y avoir
24:34ici ou là
24:35des questions
24:36sur ce somnambulisme
24:37mais il n'en demeure pas moins
24:38que tous les experts
24:41viennent conclure
24:41à la responsabilité pénale
24:43de cette personne.
24:44Et même lorsqu'à l'audience
24:46est évoquée
24:47et sortie du chapeau
24:48j'ai envie de dire
24:50cette sexomnie
24:51je reprends les termes.
24:51Alors un mot là-dessus
24:52parce que moi je l'ignorais
24:53cette notion.
24:54Je vous le dis tout de suite
24:55je l'ignorais
24:56et même lorsqu'on nous sort
24:57du chapeau la sexomnie
24:59l'expert neurologue
25:00même s'il a été
25:01gêné aux encablures
25:03vient dire
25:04je le cite
25:04tout cela ne change pas
25:06le diagnostic
25:06que j'ai fait.
25:08C'est-à-dire que cet homme
25:09n'est pas fou ?
25:09Il n'est pas fou
25:10il n'est pas responsable
25:11il est responsable pénalement
25:12bien sûr
25:13il doit répondre
25:14de ses actes
25:15et sur la dangerosité
25:16criminologique
25:17permettez-moi quand même
25:18de dire
25:19que si une personne
25:20qui inflige
25:2257 plaies
25:23à son épouse
25:24dont 13 plaies
25:25génito-anales
25:26n'est pas dangereux
25:27criminologiquement parlant
25:28qui est dangereux
25:29criminologiquement parlant ?
25:30C'est vrai qu'on peut
25:31tout à fait se poser
25:32cette question
25:33elle est tout à fait légitime
25:35Max Lagary
25:35vous êtes également
25:36avec nous
25:36dans cette heure du crime
25:37je vous remercie encore
25:38journaliste police-justice
25:39à La Dépêche
25:40vous avez suivi
25:41toute cette affaire
25:42et depuis le début
25:44ce qui joue
25:45contre le mari
25:46et contre cette notion
25:47de souvenir diffus
25:49de souvenir
25:50qui ne remonte pas
25:51à la surface
25:52c'est aussi
25:52le temps
25:53qu'il a passé
25:54à martyriser
25:55et à nantir
25:55son épouse
25:56je crois que
25:56une experte
25:57va dire 10 minutes
25:58pour donner
25:59ses coups de couteau
26:00oui c'est
26:01c'est la médecin légiste
26:02qui a eu
26:04à pratiquer
26:05l'autopsie
26:06d'Isabelle
26:07donc on lui pose
26:08la question
26:08puisqu'en fait
26:09la chronologie
26:11qui a été retenue
26:11par les experts
26:12c'est d'abord
26:13ces actes
26:14de barbarie
26:15génitomanale
26:17où des hémorragies
26:20massives
26:20sont provoquées
26:21par ces pénétrations
26:23elle dit que
26:24donc
26:24l'Aveco Général
26:26lui pose la question
26:27combien de temps
26:28elle a survécu
26:29à cela
26:30elle lui a dit
26:30au moins 10 minutes
26:32et donc
26:34si on disait
26:34à vos auditeurs
26:35de rester 10 minutes
26:36dans le sud
26:37c'est une éternité
26:39effectivement
26:39et donc ça
26:41effectivement
26:41ça pèse beaucoup
26:42contre lui
26:44ça pèse beaucoup
26:45et puis
26:45il y a cette partie là
26:47qui est déjà atroce
26:49et en plus
26:50on rajoute
26:50puisque c'est pas
26:5157 coups de couteau
26:52mais c'est 57
26:53lésions traumatiques
26:54tout à fait
26:55c'est ensuite
26:56donc des coups de couteau
26:59les taux
26:59et une strangulation
27:01donc on n'arrive pas
27:03à comprendre
27:04pourquoi il y a
27:05un tel acharnement
27:06dans un laps de temps
27:07quand même
27:07qui est relativement court
27:08c'est vraiment
27:09la question
27:10qui se pose aussi
27:11maître Fabien Arraquelian
27:13la famille de la victime
27:14la famille d'Isabelle Gabins
27:16est-ce qu'elle avait vu
27:18chez cet homme
27:19chez l'époux
27:19Sébastien Bettencourt
27:20qu'est-ce qu'elle raconte
27:22sur cet homme
27:23est-ce qu'elle avait vu
27:24des signes avant-coureurs
27:25de grande violence
27:26ou d'ultra-violence
27:27non
27:28il faut être
27:28de ce point de vue
27:29être objectif
27:30c'est-à-dire qu'il n'y avait
27:31pas de violence antérieure
27:32mais j'ai envie de vous dire
27:33comme dans 50%
27:35des cas de féminicide
27:36c'est-à-dire qu'il faut
27:37déconstruire l'image
27:37que l'on a
27:38un féminicide
27:39ne s'accompagne pas
27:40toujours antérieurement
27:42de violence
27:42par contre
27:43ce que
27:44la mère d'Isabelle
27:46a constaté
27:48en reprenant
27:48les dires d'Isabelle
27:49c'est qu'il avait
27:50quand même
27:50une petite double personnalité
27:52c'est-à-dire que
27:53lorsque sa mère venait
27:54il devenait
27:55le mari idéal
27:57et puis lorsque
27:58sa mère partait
28:00il avait
28:01une autre personnalité
28:02il y a beaucoup
28:03de témoignages
28:04qui ont été recueillis
28:05énormément
28:06qu'est-ce qu'il raconte
28:07ces témoignages ?
28:07Romuald justement
28:08l'amant
28:09entre guillemets
28:10qu'est-ce qu'il raconte
28:11lui sur cet homme
28:12qui est son collègue
28:13et son associé même
28:14je crois dans l'entreprise
28:15de chauffage
28:16Romuald nous dit
28:18qu'il est particulièrement
28:20taiseux
28:21qu'il ne parle pas
28:22que c'est quelqu'un
28:22qui a du mal
28:23à exprimer ses émotions
28:26et on voit
28:27dans ce dossier
28:27parce que
28:28comme le rappelait
28:29monsieur Laguering
28:30la particularité
28:31de ce dossier
28:32c'est que la victime
28:32a parlé
28:33on a les SMS
28:34c'est pas dans tous les dossiers
28:36on a les SMS
28:37qu'elle échange
28:38avec ses amis
28:38on a les SMS
28:39qu'elle échange
28:40avec Romuald
28:41et on voit
28:41la personnalité
28:42qui était la sienne
28:43on voit
28:43qu'il devient
28:44acariatre
28:44on voit
28:45qu'il commence
28:45à exercer
28:46une vraie pression
28:47sur elle
28:48qui commence même
28:49à mettre en place
28:50un petit contrôle coercitif
28:51et encore une notion
28:52qu'on voit
28:53dans les féminicides
28:54en regardant
28:54le téléphone
28:56ici ou là
28:56en regardant
28:57est-ce qu'elle est connectée
28:57pas connectée
28:58voilà
28:58on est là-dedans
28:59il est en réalité
29:00jaloux
29:01maladivement
29:02et ce crime
29:03c'est un crime de possession
29:03c'est comme ça
29:04que je l'ai appelé
29:04elle se sentait piégée
29:06cette femme
29:07Isabelle
29:08elle l'a dit
29:09dans un SMS
29:09elle dit
29:10il essaye de me piéger
29:11il souffle le chaud
29:13et le froid
29:13il essaye de savoir
29:14est-ce que j'entretiens
29:16une relation téléphonique
29:17avec Romuald
29:18et puis il va demander
29:19à Romuald
29:20et il va demander
29:20à Isabelle
29:223 ans
29:23après le meurtre
29:24le procès
29:25Isabelle Gabin
29:26c'est le somnambule
29:27aux mains sanglantes
29:28c'est maman
29:29qui nous levait
29:30pour aller à l'école
29:30on avait peur
29:31comme un pressentiment
29:32il y avait du sang
29:33sur la porte de la chambre
29:35l'enquête de l'heure du crime
29:36on se retrouve
29:37dans un instant
29:37sur RTL
29:38bonne journée
29:39sur RTL
29:48RTL
29:49votre radio
29:50Carrefour
29:51Crimes
29:51présenté par
29:52Jean-Alphonse Richard
29:53sur RTL
29:55Retour
29:56dans l'heure du crime
29:57sur la mort
29:57d'Isabelle Gabin
29:58c'est une mère de famille
29:5936 ans
29:59victime de terrifiants sévices
30:01en mars 2023
30:02à Montauban
30:03son mari meurtrier
30:04a des souvenirs confus
30:05de ses actes
30:063 ans plus tard
30:07il est jugé
30:08mercredi 8 avril 2026
30:10Sébastien Bettencourt
30:1141 ans
30:12pull marron
30:13cheveux clairsemés
30:14visage fermé
30:15prend place
30:15dans la salle
30:16Olympe de Gouges
30:17cour d'assises
30:18du Tarn-et-Garonne
30:19Montauban
30:19d'une voix fluette
30:21il déclare
30:22je reconnais les faits
30:23oui
30:23tous les faits
30:24au deuxième rang
30:25les deux filles aînées
30:26observent ce père
30:28qu'elles n'ont pas revu
30:29depuis 3 ans
30:30la fille aînée
30:30désormais âgée
30:31de 17 ans
30:32sert contre elle
30:33un portrait de sa mère
30:34ses 3 soeurs
30:35encore trop jeunes
30:36trop vulnérables
30:37sont absentes
30:38Michel
30:3967 ans
30:40la grand-mère maternelle
30:41avait accueilli
30:42ses petites filles
30:42après le drame
30:43elle raconte
30:44que sa fille Isabelle
30:45avait lancé
30:46un ultimatum
30:47au 13 mars
30:48pour que Sébastien Bettencourt
30:49quitte la maison
30:50et c'est ce jour-là
30:52qu'il l'a tué
30:52la voix de la grand-mère
30:54tremble
30:54d'émotion
30:55quand elle évoque
30:56ses petites filles
30:57elles ont toutes hurlé
30:58dans la nuit
30:59les cauchemars
31:00le pipi au lit
31:01les angoisses
31:02si je tiens debout
31:03c'est pour elles
31:04le légiste
31:05le docteur Bascou
31:06décrit des lésions
31:07peu courantes
31:08surtout celles
31:09infligées dans les parties
31:10intimes
31:11à au moins
31:1110 cm de profondeur
31:13la propre mère
31:14de l'accusé
31:15quitte alors
31:16la salle d'assise
31:19la fille aînée
31:19d'Isabelle Gavins
31:20vient témoigner
31:21stressée
31:22un peu perdue
31:23même si mes petites soeurs
31:24ne sont pas là
31:25c'était important
31:26de parler d'elle
31:26la plus petite m'a dit
31:28il aurait pu nous tuer
31:29cela aurait été plus facile
31:30et même mieux
31:31je partage cet avis
31:32cela aurait été
31:33moins difficile
31:34elle se souvient
31:36que ce matin là
31:36ses petites soeurs
31:37étaient inquiètes
31:38de ne pas voir leur maman
31:39c'est elle
31:40qui nous lève
31:41pour aller à l'école
31:41on avait peur
31:42comme un pressentiment
31:43il y avait du sang
31:45sur la porte de la chambre
31:47l'avocate de l'accusé
31:48s'applique à présenter
31:49Bettencourt
31:50comme un homme
31:50qui n'était pas maître
31:51de ses gestes
31:52l'avocat général Ballet
31:53la piste de la sex-somnie
31:55ce n'était pas
31:56comme dans un jeu vidéo
31:57mais comme
31:58monsieur Bettencourt
31:59le dit
32:00aux experts
32:00mais c'était plutôt
32:01dans un film d'horreur
32:03affirme-t-il
32:03il réclame la perpétuité
32:05au cours des débats
32:06Bettencourt n'aura
32:07jamais
32:08regardé ses filles
32:09n'aura jamais
32:10versé une larme
32:12il choque même
32:13la partie civile
32:13en déclarant
32:14si un jour
32:15je devais sortir
32:16j'essaierais
32:16de prévenir mes filles
32:18et leur dire
32:19que je suis
32:20leur papa
32:24étonnante réaction
32:25on va en parler
32:25évidemment
32:26Max Lagarig
32:26vous êtes avec nous
32:27dans cette heure du crime
32:28journaliste police-justice
32:29au journal La Dépêche
32:30à quoi est-ce qu'il ressemble
32:31cet accusé
32:32quel climat règne
32:33sur cette salle d'assises
32:36alors quand
32:38Sébastien Bettencourt
32:39pénètre dans
32:40le box des accusés
32:42on est un peu surpris
32:43moi je l'avais déjà vu
32:44sur une autre audience
32:45parce qu'il est aussi
32:46poursuivi pour des
32:47pour des violences
32:48sur ses enfants
32:49qui se vont juger en mai
32:51et là je l'ai trouvé
32:53en fait c'est monsieur
32:54tout le monde
32:54il est comme vous l'avez
32:56dit dans son pull marron
32:57une petite calvitie
33:00vous le croiseriez
33:01dans la rue
33:01vous n'imagineriez pas
33:02qu'il ait pu commettre
33:03une telle atrocité
33:04et il pénètre dans la salle
33:06il ne regarde pas
33:07une seule fois
33:08c'est les deux
33:10des cinq filles
33:10qui sont présentes
33:11les deux aînés
33:12la particularité
33:13c'est que l'une d'elles
33:14a le portrait
33:14de sa mère
33:15scotché
33:17contre son torse
33:19et elle le regarde
33:19fixement
33:20pendant plus de 45 minutes
33:21et à aucun moment
33:23il ne va la regarder
33:26c'est vraiment un moment
33:28terrible et poignant
33:29il n'y a pas d'échange
33:31du tout
33:31c'est à dire que lui
33:32il est dans son coin
33:34il est bloqué
33:35il regarde ses pieds
33:37quasiment
33:37il est un peu
33:38il est un peu comme
33:39tous les accusés
33:40dans les procès d'assises
33:41c'est à dire que
33:43il regarde vers le bas
33:44il est recroquevillé
33:45sur lui-même
33:46et il n'y a que
33:47quelques moments précis
33:50durant lesquels
33:50il va lever les yeux
33:52c'est quand il va voir
33:52projeter sa maison
33:55sur les grands écrans
33:56de la Salon de Gouges
33:57et l'arme
34:00qui a tué Isabelle
34:02après les autres fois
34:03on ne le voit jamais
34:05interagir
34:05et chaque fois
34:06que la présidente
34:08lui pose des questions
34:09pour interagir
34:10et intervenir
34:12il a cette phrase
34:13qui va mettre
34:13un peu tout le monde
34:14en boule
34:14c'est pas de commentaire
34:16ah oui
34:16pas de commentaire
34:17à circuler
34:18il n'y a rien à voir
34:18bon il se protège
34:20comme il peut
34:20cet homme
34:21même si effectivement
34:21c'est assez compliqué
34:23pour lui
34:24maître Fabien
34:24Araquelian
34:25avocat des partis civils
34:27évidemment on va voir
34:28par la suite
34:29le verdict
34:29ce que va donner
34:30ce procès
34:30mais tout de suite
34:32il y a le récit
34:32du légiste
34:33qui est épouvantable
34:34on ne va pas rentrer
34:35encore une fois
34:35dans les détails
34:36ça a choqué tout le monde
34:37dans cette cour d'assises
34:38on n'en revient pas
34:39de cette violence
34:41déferlante de violences
34:42et notamment violences sexuelles
34:43il faut bien le rappeler
34:44mais c'est l'apparition
34:46des filles
34:46d'Isabelle Gabens
34:47qui crée le silence
34:48parce que quand
34:49l'aîné vient témoigner
34:51je pense qu'il n'y a pas
34:52on n'entend rien du tout
34:53c'est un silence
34:54de cathédrale
34:55qui règne
34:56et tout le monde
34:58à ce moment précis
35:00est suspendu
35:03aux paroles
35:04de la fille aînée
35:07du couple
35:08et qui aura
35:09cette phrase
35:10que vient rappeler
35:11Max Lagaring
35:14je voudrais lui demander
35:16pourquoi
35:16est-ce qu'il ne nous a pas
35:18tués également
35:19tout cela aurait été
35:20plus simple
35:21et cette phrase-là
35:22vous voyez
35:23même quand on est
35:24avocat pénaliste
35:25habitué au cours d'assises
35:26elle est dans notre sac à dos
35:27celle-là
35:27parce que ce moment
35:28d'audience
35:29il était
35:31juste
35:32d'une dramaturgie
35:34hallucinante
35:35que disent les experts
35:36ils viennent à ce procès
35:38c'est important aussi
35:39qu'ils parlent
35:39mais est-ce qu'on apprend
35:41beaucoup de choses
35:41ou pas ?
35:42non
35:42ils viennent juste
35:43nous dire
35:44qu'il est pénalement
35:46responsable
35:46c'est l'essentiel
35:49on essaye
35:50bien évidemment
35:50du côté de la défense
35:51d'amener le débat
35:52vers ce qu'on a évoqué
35:55tout à l'heure
35:55c'est que c'est que
35:55c'est que somnie
35:57mais il est pénalement
35:59responsable
35:59de ses actes
36:00ça crée le doute
36:01un petit peu
36:01c'est l'histoire
36:02du somnambulisme
36:03etc
36:03est-ce qu'on se pose
36:04des questions ?
36:05moi je pense
36:06qu'on ne peut pas dire
36:06que c'est anodin
36:07puisque le neurologue
36:10t'en touche
36:11à plusieurs reprises
36:12de ce point de vue
36:13très clairement
36:14ah oui d'accord
36:15donc effectivement
36:15il ne sait pas trop
36:16il ne s'est pas expliqué
36:18il maintient son diagnostic
36:19en disant
36:20il est responsable
36:22pénalement
36:22et je ne change pas
36:23mon diagnostic
36:24mais il vient
36:26malgré tout
36:26par un certain nombre
36:28de ses silences
36:30peut-être semer
36:31un petit doute
36:32mais qui n'est pas
36:33dans le dossier
36:33à mon sens
36:36Max Lagarig
36:37évidemment
36:37vous êtes à ce procès
36:38et vous êtes avec nous
36:39dans l'heure du crime
36:41la famille
36:43la grand-mère aussi
36:44pardon
36:45des petites filles
36:46est là
36:46et là aussi
36:47c'est un moment
36:47important d'audience
36:50en effet
36:50Michel Gabin-Startarin
36:53c'est une personne
36:54moi je l'appelais
36:54la grand-mère Courage
36:55c'est quelqu'un d'exceptionnel
36:57elle était
36:58c'était
36:59donc la mère d'Isabelle
37:00elle avait une relation
37:01fusionnelle
37:02à tel point que
37:03quand elle a décidé
37:04de partir
37:05prendre sa retraite
37:06après s'être séparée
37:07de son époux
37:08dans la Creuse
37:10Isabelle a fait
37:11une dépression
37:13et donc
37:14elle n'a pas réfléchi
37:16c'est-à-dire que
37:16dès qu'elle a appris
37:18ce qui s'était produit
37:20elle m'a expliqué
37:21ça comme ça
37:22j'ai tout quitté
37:23et j'ai juste eu
37:24deux jours pour vider
37:24ma maison
37:25j'ai abandonné
37:26mes chiens
37:26et depuis
37:28elle est tutrice
37:28des cinq fillettes
37:29et tous les jours
37:31elle se lève
37:31à 6h du matin
37:32pour la préparer
37:32leur petit déjeuner
37:33elle s'occupe d'elle
37:34jusqu'à leur coucher
37:35et c'est vraiment
37:36une personne exceptionnelle
37:37c'est ça
37:38elle est bien présente
37:39effectivement
37:39à ce procès
37:40elle vient témoigner
37:41vous disiez tout à l'heure
37:42Max Lagary
37:43que cet homme
37:43il disait pas grand chose
37:45voire même
37:46il botait en touche
37:47en disant
37:47je ne sais pas
37:48que je ne sais pas
37:49mais il circulait
37:49j'ai pas de réponse à ça
37:51est-ce qu'il s'explique
37:52un petit peu
37:53à un moment donné
37:53est-ce qu'il y a un moment
37:54où il se raconte
37:55un petit peu
37:57alors c'est très compliqué
37:59parce que
37:59les seuls moments
38:00où il va s'expliquer
38:01il va redire
38:02ce qu'il a dit
38:03durant sa garde à vue
38:04cette histoire
38:05où il se réveille
38:06à Califourchon
38:07sur son épouse
38:08en train de l'étrangler
38:09et qu'il est comme
38:11une troisième personne
38:12qu'il est incapable
38:13de desserrer ses mains
38:14autour du cou
38:16et bon
38:17il reconnaît
38:17l'intégralité des faits
38:18mais il dit
38:19qu'il ne s'en souvient pas
38:20que par flac
38:21une amnésie
38:22mais on n'a pas
38:23d'explication
38:24et ce qui est vraiment
38:24troublant
38:25et qui va rapidement
38:26mettre tout le monde
38:27dans le malaise
38:28et qu'on va comprendre
38:29qu'on n'aura rien
38:30dans cette audience
38:30c'est lorsque
38:32l'administratrice
38:34ad hoc des enfants
38:35demande
38:36donc
38:36à l'accusé
38:39pourquoi
38:40la réponse
38:41et il nous dit
38:42tout simplement
38:43que
38:43même au bout
38:44de trois ans
38:45de psychothérapie
38:46de recherche
38:48il est incapable
38:49de donner la réponse
38:50il n'y a pas de réponse
38:51maître Fabien Raquelian
38:52cet homme
38:53il va dire aussi
38:54si un jour
38:54je devais sortir
38:55j'essaierai de prévenir
38:55mes filles
38:56et de leur dire
38:57que je suis leur père
38:58c'est quasiment surréaliste
38:59je pense que les partis civils
39:00vous avez fait un bond
39:01sur votre fauteuil
39:03en réalité
39:03c'est même pas surréaliste
39:04c'est violent
39:05c'est violent
39:07on est
39:08sur ce que j'ai appelé
39:09un surmeurtre
39:10et voilà
39:11un accusé
39:13qui en plus
39:14ose
39:15avoir ce type
39:16de déclaration
39:17à l'audience
39:17comment vous imaginez
39:19que tout cela
39:20a été reçu
39:20vis-à-vis des partis civils
39:22comme une violence
39:23supplémentaire
39:25après quatre jours
39:26d'audience
39:26le verdict
39:28Isabelle Gabins
39:29et le somnambule
39:30aux mains sanglantes
39:31que fallait-il de plus
39:32qu'il découpe Isabelle
39:33en morceaux
39:34et jette le corps
39:35dans le tarn
39:35l'enquête de l'ordre du crime
39:37je vous retourne
39:37tout de suite sur RTL
39:39cette émission
39:40vous intéresse
39:41vous en voulez plus
39:42retrouvez toutes les archives
39:43en podcast
39:44sur l'appli RTL
39:47présenté par
39:48Jean-Alphonse Richard
39:48sur RTL
39:50dans l'heure du crime
39:51la mort d'Isabelle Gabins
39:52c'est une mère de famille
39:53de Montauban
39:54âgée de 36 ans
39:55tuée en 2023
39:56son mari a reconnu
39:58des sévices épouvantables
39:59notamment sexuels
40:00sans se souvenir
40:01ce qui s'est passé
40:02jugé aux assises
40:03trois ans plus tard
40:04voici le verdict
40:08lundi 13 avril
40:102026 au soir
40:11Sébastien Bettencourt
40:1341 ans
40:14est condamné
40:15à 25 ans
40:16de prison
40:17avec retrait
40:18de l'autorité parentale
40:19sur ses cinq filles
40:20la famille d'Isabelle Gabins
40:22est consternée
40:23par ce verdict
40:24bien trop léger
40:25à leurs yeux
40:26cette peine
40:27ne correspond nullement
40:28à l'atrocité du crime
40:29que fallait-il de plus
40:31qu'il découpe
40:32Isabelle en morceaux
40:34et jette le corps
40:34dans le tarn
40:35s'interroge
40:36maître Fabien Araquellian
40:38avocat de la partie civile
40:39dans le journal
40:40La Dépêche
40:44jeudi 16 avril
40:45le procureur
40:46de la république
40:46de Montauban
40:47fait appel
40:48de la condamnation
40:49de Sébastien Bettencourt
40:50il y aura donc
40:51un deuxième procès
40:52maître Valérie Durand
40:53autre avocate
40:54de la partie civile
40:55déclare
40:55les filles d'Isabelle Gabin
40:57se tendaient
40:58à une peine plus lourde
40:59elles étaient en larmes
41:00je suis soulagé
41:01qu'il y ait
41:02un nouveau procès
41:03elles le seront
41:04aussi
41:06Isabelle
41:07comme je dis toujours
41:08c'est mon cadeau du ciel
41:10Isabelle
41:10c'était une femme
41:12merveilleuse
41:13qui a très bien
41:14commencé à élever
41:15ses enfants
41:15qui ont beaucoup
41:16de valeur
41:17et elle était
41:18rayonnante
41:19épanouie
41:19après avoir pris
41:20un temps fou
41:21à se considérer
41:23vraiment comme femme
41:24et là
41:25elle reprenait
41:25un petit peu
41:26sa vie en main
41:28la voix de Michel
41:29la maman
41:30d'Isabelle Gabin
41:31c'était durant
41:31le procès
41:32aux assises
41:32du Tarn-et-Garonne
41:34c'est un document
41:35du journal
41:36La Dépêche
41:37Max Lagarigue
41:38vous êtes journaliste
41:38police-justice
41:39justement à La Dépêche
41:40vous avez suivi
41:41évidemment toute cette affaire
41:42depuis le début
41:43depuis les premières heures
41:43jusqu'au procès
41:44donc vraiment
41:45vous la connaissez
41:46très bien
41:47quelle est la réaction
41:48là des uns
41:49et des autres
41:49lorsque le verdict
41:51tombe
41:5125 ans
41:52évidemment
41:53comme ça
41:54vu les faits constatés
41:55vu la brutalité
41:57de ce crime
41:57la sauvagerie
41:58la barbarie
41:59de ce crime
41:59ça paraît extrêmement
42:01léger
42:02bon il faut déjà
42:03se mettre dans le contexte
42:04en 4 heures de délibéré
42:06il est presque 18h
42:08dans la salle
42:10de Gouges
42:11elle est bondée
42:12surchauffée
42:13l'atmosphère
42:14est très lourde
42:15donc personne n'imagine
42:16à cet instant
42:17qu'on va avoir
42:18un verdict
42:19de cette nature
42:1925 ans de réclusion
42:21alors que le procureur
42:22général sauvage
42:23a requis
42:25la perpétuité
42:26personne n'imagine
42:27qu'on puisse
42:28avoir un tel verdict
42:29et quand ça tombe
42:30effectivement
42:31il y a un silence
42:32de plomb
42:32c'est ce que je me souviens
42:33comme si l'assistance
42:35venait d'être sonnée
42:36par un coup de massue
42:38j'entends surtout
42:38cette phrase
42:39qui résonne en moi
42:40de l'une des filles
42:41qui est juste derrière moi
42:42d'une des filles d'Isabelle
42:43qui est très en colère
42:44et qui dit cette phrase
42:45terrible
42:46dire
42:47quand il sort
42:48je le tue
42:49ou je me tue
42:52c'est absolument
42:53terrifiant
42:54Max Lagaric
42:55ce que vous racontez
42:56et on sent bien
42:57ça donne des frissons
42:58d'ailleurs
42:58on sent bien
42:58l'attention
42:59qui devait régner
43:00dans cette salle
43:01est-ce que vous vous souvenez
43:02Max Lagaric
43:02de la réaction
43:03de l'accusé ?
43:06je n'ai pas vu
43:07de réaction
43:07quelconque
43:08je ne l'ai pas vue
43:09oui tout à fait
43:10je n'ai pas eu le sentiment
43:11je pense que son avocate
43:13était plus satisfaite
43:14effectivement
43:16de la décision
43:17surtout que c'était
43:18sa première
43:19sa première plaidoirie
43:21dans une affaire d'homicide
43:23c'est une jeune avocate
43:24et donc
43:24on peut dire
43:25qu'elle a eu
43:25un très bon résultat
43:26lui
43:26il n'y a pas eu de réaction
43:28moi je ne l'ai pas vue
43:29je ne sais pas
43:29si Maître Arreckelian l'a vue
43:30mais moi je ne l'ai pas vue
43:31il a disparu sans doute
43:32entre les gendarmes
43:32qui l'ont emmené en prison
43:34Maître Fabien Arreckelian
43:36vous êtes avec nous
43:36avocat des partis civils
43:37alors votre sentiment
43:39là-dessus
43:4025 ans
43:41déjà comment vous expliquez
43:43ce verdict ?
43:4425 ans
43:44l'avocat général
43:45Max Lagaric
43:46vient de le souligner
43:46il avait demandé
43:47la perpétuité
43:48on pensait qu'au minimum
43:50ça allait être 30 ans
43:51il faut être clair
43:51vu la nature des faits
43:53je ne vais pas revenir là-dessus
43:54mais pourquoi 25 ans ?
43:56Sincèrement
43:56aujourd'hui
43:57avec quelques jours de recul
44:00je ne l'explique toujours pas
44:01et vous avez repris
44:03la déclaration
44:04qui était la mienne
44:05dans la dépêche
44:05il dit
44:06que fallait-il de plus
44:08qu'il découpe Isabelle
44:09et qu'il jette son corps
44:10dans le tarn
44:12qu'est-ce qu'il y a
44:12de plus grave
44:13en fait
44:13que ce qui s'est passé
44:14c'est un crime de possession
44:15c'est un surmeurtre
44:17et en commettant
44:19ce meurtre
44:20et ses actes
44:20de torture
44:21et de barbarie
44:23il ajoute
44:23à l'horreur
44:24encore de l'horreur
44:25et il vient
44:26dénier à Isabelle
44:28sa féminité
44:29et le message
44:30de ce dossier
44:30on peut parler
44:31de sexomie
44:32de tout ce que l'on veut
44:33cet acte de torture
44:34et de barbarie
44:35veut dire la chose suivante
44:37tu me quittes
44:38tu n'es plus avec moi
44:39et donc tu ne seras plus
44:40avec personne
44:41c'est ça que ça veut dire
44:42mais les jurés
44:45à votre avis
44:46ils ont été
44:47un petit peu
44:49brouillés
44:49pour cette histoire
44:50de somnambulisme
44:51de sexomnie
44:52parce que là
44:53effectivement
44:53la peine
44:54elle est très modérée
44:56par définition
44:57on ne sait pas
44:58ce qui se passe
44:58dans la salle
44:59des délibérés
44:59mais moi
44:59je n'ai pas d'autre
45:00explication
45:00que cela
45:02c'est à dire
45:02qu'ils ont
45:04sans doute
45:04été un peu
45:05embrumés
45:06par tout cela
45:07et puis
45:07il s'est passé
45:08je dois le dire
45:10des choses
45:11moi qui m'ont
45:12quand même
45:12malgré mon expérience
45:13de la cour d'assises
45:14des choses
45:14qui m'ont un peu surpris
45:15je ne veux pas
45:16jeter l'opprobre
45:17mais lorsque
45:18l'avocate de la défense
45:19finit sa plaidoirie
45:20et qu'en public
45:22avant de partir délibérée
45:23la présidente
45:24vient la féliciter
45:25pour sa première plaidoirie
45:26avant de partir délibérée
45:28c'est un usage
45:28mais on le fait
45:29entre nous
45:29en catimini
45:30ça envoie une image
45:31particulière
45:32lorsqu'une experte
45:34psychologue
45:34vient parler
45:36à la barre
45:36de crimes passionnels
45:37une expression
45:39qu'on ne peut plus
45:39entendre
45:40en 2026
45:4119ème siècle
45:42dans la salle
45:43Olympe de Gouges
45:44vous l'avez rappelé
45:45symbolique
45:46et lorsqu'une enquêtriste
45:47de personnalité
45:48de l'accusé
45:48est souvent
45:50proche
45:51de la famille
45:52de l'accusé
45:52bon je ne jette
45:53l'opprobre sur personne
45:54je dis que
45:55j'attends avec impatience
45:56la cour d'assises
45:58de Toulouse
45:58il y a selon vous
46:00dans cette affaire
46:01c'est un crime épouvantable
46:02mais est-ce qu'il y a
46:03tous les éléments
46:04qui constituent
46:05un féminicide
46:06totalement
46:07on est dans un contexte
46:09de séparation
46:11Isabelle
46:11lui signifie
46:13c'est terminé
46:14et ça ressort du dossier
46:15des SMS
46:16elle lui fixe
46:17un ultimatum
46:18tu t'en vas
46:19et donc ce jour-là
46:21puisqu'on est dans
46:22un crime de possession
46:24Isabelle
46:25déroge à la loi
46:26du propriétaire
46:27et elle a dérogé
46:28à la loi du propriétaire
46:30elle s'est donc exposée
46:31à sa sanction
46:32voilà ce qui s'est passé
46:34Max Lagarig
46:34alors il va y avoir
46:35un procès
46:36en appel
46:37ça va se passer
46:38à Toulouse
46:39autant dire que ce procès
46:40il va être vraiment
46:41je pense très suivi
46:42et très attendu
46:43Max Lagarig
46:45oui alors la difficulté
46:46c'est de savoir
46:47quand aura lieu l'appel
46:48puisque les délais d'appel
46:49sur la cour d'appel
46:51de Toulouse
46:52sont entre 4 et 5 ans
46:53d'accord
46:54c'est si long
46:55si long
46:55incroyable
46:56oui c'est long
46:57et j'ose espérer
46:58qu'il y aura
46:59une demande d'urgence
47:00comme ça peut arriver
47:01dans certains
47:03procès
47:05et bon
47:06il est évident
47:07que ce qu'on attend
47:08aujourd'hui
47:09c'est que
47:10Sébastien Bettencourt
47:11finisse par parler
47:12et qu'il dise enfin
47:14s'il en est capable
47:15la vérité
47:16ou du moins
47:17sa vérité des faits
47:18parce que là
47:18effectivement
47:19le fait de ne pas parler
47:20finalement ça lui a servi
47:21c'est un peu aussi
47:22la leçon
47:23de ce procès
47:24aussi Max Lagarig
47:26j'ai pas compris
47:28le fait qu'il ne parle pas
47:29ça lui a servi
47:30finalement
47:30son intérêt
47:31c'est peut-être
47:31d'en dire au minimum
47:33oui oui
47:35oui oui
47:36tout à fait
47:36vu l'aura
47:37vu l'aura des crimes
47:38bien sûr
47:40on voit pas comment
47:41la description
47:42des crimes
47:43qu'il aurait commis
47:43peut lui servir
47:45c'est évident
47:45Maître Fabien Araquelian
47:47le dernier mot
47:47avec vous
47:49vous connaissez bien
47:49les féminicides
47:50vous en avez traité
47:51beaucoup
47:51et vous en traitez
47:52encore beaucoup
47:52hélas
47:53c'est l'un des pires
47:54que vous connaissiez
47:55oui incontestablement
47:57incontestablement
47:57on a tous les marqueurs
47:58et on a ces actes
47:59de torturer de barbarie
48:00qui sont une atteinte
48:01même à la féminité
48:02d'Isabelle
48:04merci beaucoup
48:04Maître Fabien Araquelian
48:06et Max Lagarig
48:07d'avoir été aujourd'hui
48:08les invités
48:08de l'heure du crime
48:09merci à l'équipe
48:10de l'émission
48:10rédactrice en chef
48:11Justine Vignot
48:12préparation
48:12Romain Diverès
48:14Valentin Bardet
48:15réalisation en direct
48:16Jonathan Griveaux
48:17Merci d'avoir regardé cette vidéo !
48:17Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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