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  • il y a 5 semaines
Air&Défense, c’est l’émission qui décrypte les grands enjeux industriels de L'aéronautique, du spatial et de la défense...trois secteurs au coeur des stratégies économiques mondiales. Réarmement, souveraineté, innovation… comment conserver une supériorité technologique et garantir la sécurité de tous dans un monde de plus en plus complexe ?

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Transcription
00:02BFM Business avec la Tribune et R&Cosmos présente
00:08R&Défense, Jean-Baptiste Huet.
00:13Bienvenue dans R&Défense.
00:15Cette semaine, ça fait 4 ans, 4 ans que la guerre fait rage entre l'Ukraine et entre la Russie.
00:22Une guerre où plus qu'aucune autre, les drones ont un rôle majeur sur le champ de bataille.
00:27Et ça, on va en parler avec notre invité qui est Henri Sedoux, le PDG des drones par hôte,
00:33qui vient de signer un très beau contrat d'ailleurs avec la Finlande.
00:37Mais que se passe-t-il chez Pratt et Whitney ?
00:39Le motoriste américain tourne au ralenti, il ne livre plus assez rapidement ses moteurs.
00:43Résultat, des centaines d'avions sont cloués au sol.
00:46Ce sera le décryptage avec Léo Barnier, Derek Cosmos.
00:49Enfin, dans Signeaux faibles, comment l'espace révolutionne les cultures ?
00:53Vous le savez, c'est en ce moment le salon d'agriculture
00:55et on ira faire un tour chez Farmstar en fin d'émission.
01:05Henri Sedoux, bonjour.
01:06Bonjour.
01:07Vous êtes le PDG de Parrot.
01:08Merci beaucoup d'être avec nous dans R&D sur BFM Business.
01:11À mes côtés pour vous interroger, comme chaque semaine,
01:13Michel Cabirol, rédacteur en chef du pôle aérospatial, défense, transport, à la tribune.
01:18Bonjour Michel.
01:19Bonjour Jean-Baptiste.
01:20Bonjour M. Sedoux.
01:21Henri Sedoux, les drones Parrot, finalement, du rayon des jouets il y a quelques années,
01:29aujourd'hui, on les retrouve au cœur du champ de bataille.
01:32Vous avez opéré dans les années 2020, en 2021, je crois, une inflexion absolument stratégique
01:37qui vous a emmené justement du côté du drone de loisirs au monde industriel et militaire
01:42et il semblerait que ça vous réussisse.
01:44Vous tutoyez en tout cas les 80 millions d'euros de chiffre d'affaires
01:46et vous venez là, tout récemment, de signer un nouveau contrat.
01:51On reparlera des autres, mais en tout cas avec la Finlande pour leur vendre un drone.
01:56Anafi, c'est le nom de la plateforme.
01:58UKR, parce que c'est ça qui est intéressant, avec un retour d'expérience du terrain en Ukraine.
02:02Expliquez-nous un petit peu.
02:04Donc Parrot, c'est une boîte de technologie et la techno, c'est extrêmement vivant.
02:11Ça change tout le temps.
02:13Et c'est ça.
02:14Donc nous, on a créé des drones il y a 15 ans, grand public, pour faire quelque chose
02:20entre le jouet et le jeu vidéo.
02:23Et il s'est trouvé que cette technologie, ces algorithmes ont été utilisés
02:30ou ont intéressés les forces de sécurité, les pompiers, les policiers, les armées.
02:38Et donc, tout naturellement, on s'est mis à regarder leur usage, à quoi ils servaient
02:43et à développer des drones plus spécifiquement pour la sécurité.
02:48On a été obligés de le faire parce que le marché du drone de loisirs,
02:54le drone de... il a été pris par les Chinois et on ne peut rien faire contre l'écosystème de
02:59Shenzhen.
03:00Et donc, maintenant, on est 100% à développer des drones professionnels et des drones pour la sécurité.
03:09Comment vous avez séduit, si j'ose dire, les Finlandais avec votre drone ?
03:14Qu'est-ce qui, selon vous, les a intéressés et a pesés dans leurs décisions finales ?
03:18C'est l'histoire de redresser l'entreprise, en fait.
03:20Ça nous a pris cinq ans.
03:21Ça nous a pris cinq ans.
03:22Il y a cinq ans, on a été contactés par les Américains en disant,
03:27« Vos drones, vos caméras volantes, nous, on aimerait bien qu'ils soient plus durcis
03:32pour les utiliser par nos utilisateurs, etc. »
03:40Et donc, on s'est dit, bah oui, on va s'intéresser à ça.
03:43Et en particulier, il y a trois ans, on a commencé à aller en Ukraine pour comprendre
03:49qu'est-ce qui se passait, comment le drone est devenu d'abord important
03:56et puis maintenant essentiel dans le moyen qu'ont les Ukrainiens de se défendre face à la full-scale invasion.
04:06– Alors, avec les contrats que vous avez signés en Finlande et puis, je crois, avant en Suède,
04:10qu'est-ce qui vous différencie des Helsing, des Takeover, des Deleur ?
04:16Qu'est-ce qui fait que vous pouvez gagner encore ces contrats dans ces pays proches de la Russie en
04:22plus ?
04:23Donc, le drone, à la lumière de la situation en Ukraine, la typologie des drones, elle s'est bien spécifiée.
04:36Donc, on a le drone d'observation, un objet qui pèse un kilo et qui permet d'aller voir ce
04:45qui se passe à 10 ou 20 kilomètres.
04:47Et ça, Parrot est le champion de ça. On est technologiquement très avancé sur ce drone-là.
04:54Et puis après, il y a le drone FPV, le drone des Ukrainiens, la munition volante.
04:59Ça, c'est le drone à usage unique.
05:01Et puis, il y a aussi le gros drone de transport pour, par exemple, amener le ravitaillement sur la ligne
05:08de front.
05:09On l'amène beaucoup en drone.
05:10Et puis, il y a l'avion d'observation.
05:14Ça, c'est plutôt les drones de Deleur et de Quantum en Allemagne.
05:20Et puis, il y a le drone militaire, la munition, qui est, disons, un drone plus militarisé.
05:28Donc, nous, dans notre segment, dans notre segment, le drone d'observation,
05:33on a investi énormément, plusieurs centaines de millions.
05:38Et on a vraiment un drone qui nous permet de gagner les appels d'offres.
05:43Et qu'est-ce qui fait que les Ukrainiens ont confiance en Parrot aujourd'hui
05:47par rapport à d'autres acteurs qui entrent sur ce marché ?
05:52On a ce type de drone et on a étudié plusieurs innovations technologiques.
06:00Donc, il y a une innovation technologique où je pense qu'on est très en pointe.
06:05On est vraiment à l'état de l'art.
06:07C'est la navigation optique, c'est-à-dire faire voler le drone quand il n'y a aucun GPS.
06:12Le drone vole quand il n'y a aucun GPS grâce à de l'IA.
06:17Une IA qui est basée sur toute une série d'algorithmes.
06:22Disons que l'algorithme le plus visible, c'est le drone a une carte complète de l'Ukraine
06:28ou du pays dans lequel il opère.
06:30Et il prend des images avec des caméras.
06:33Et il est capable de savoir précisément, à quelques mètres près, où il se trouve.
06:38Donc, faire voler les drones en condition extrêmement contestée de GPS,
06:43de jour comme de nuit, avec des caméras pour le jour et pour la nuit,
06:47on est, je pense, à l'état de l'art et probablement en avance sur nos compétiteurs.
06:53Mais donc, c'est pour ça que les écruniens vous feront confiance ?
06:55Parce que vous êtes à l'état de l'art ?
06:56C'est un des...
06:57De toute façon, la techno, c'est fly to quality.
07:02Il n'y a pas de place pour un numéro 2.
07:06Il faut être à l'état de l'art dans son domaine.
07:09Il y a beaucoup de domaines différents.
07:11Mais donc, nous, on est à l'état de l'art dans ce domaine-là.
07:13Sur le petit drone, on est à l'état de l'art aussi sur la résistance de la radio au
07:18brouillage.
07:19On a des radios très versatiles.
07:25Et aussi sur les fonctions intrinsèques du produit, le temps de vol, ses performances.
07:33Et donc, c'est ça qui nous permet de gagner des appels d'offres.
07:35On a gagné récemment l'appel d'offres avec la Finlande.
07:40On a gagné l'appel d'offres avec la Suède.
07:43On vend des drones en France.
07:44On vend des drones aux Etats-Unis.
07:45On a beaucoup de clients aux Etats-Unis.
07:47Des agences gouvernementales.
07:49Le FBI, l'Ecosgarde.
07:51Enfin, on a de nombreuses agences gouvernementales.
07:54Au Canada, où on vend autant de drones qu'en France.
07:56Enfin, donc, on fait de la techno et on veut être à l'état de l'art pour le produit,
08:05le drone miniature de reconnaissance.
08:08Il y a un élément fondamental que vous mettez en avant, qui est la souveraineté.
08:14Vous, le logiciel, l'ingénierie est française.
08:17La fabrication du drone se fait, si je ne dis pas de bêtises, en Corée du Sud.
08:21Et vous certifiez, en tout cas, le fait que dans ces drones-là, il n'y a pas de composants
08:26critiques chinois ou asiatiques.
08:29Alors, c'est particulièrement délicat, comme effectivement, d'avoir aucun composant.
08:32Mais est-ce que c'est cette idée-là ?
08:34En fait, ça, c'est un prérequis pour vendre des drones aux Etats-Unis.
08:40Donc, aux Etats-Unis, il y a une standardisation, une norme du contenu des drones.
08:53Et ce contenu des drones, il est de plus en plus restrictif.
08:58Qu'est-ce que vous avez le droit de mettre dans les drones ?
09:03Évidemment, la première chose, c'est que votre logiciel soit entièrement auditable.
09:07On ne veut pas que le logiciel ait des backdoors, et ça, c'est la première chose.
09:13Et ça, vous devrez ouvrir en grand le code.
09:17On doit permettre que le code soit audité par une personne de confiance.
09:22Et ça, de toute façon, le drone, c'est principalement un objet logiciel, comme l'iPhone.
09:29L'iPhone, c'est du matériel, mais la R&D, l'effort de conceptualisation du produit,
09:36est fait en grande majorité par les algorithmes et tous les constituants logiciels de votre iPhone.
09:43Le hardware n'a pas d'importance, presque, si j'ose dire.
09:45Le hardware du drone a beaucoup moins d'importance que le software.
09:48Je n'ai pas dit ça, mais si tu veux, l'innovation, ce qui se passe en Ukraine,
09:55ce qu'on voit dans cette transparence de la ligne de front,
10:02cet usage massif de Starlink, cet usage massif des applications sur tablette,
10:08de gestion extrêmement fine de la situation,
10:14tout ça, c'est du logiciel.
10:16Le drone, c'est un des éléments de ce système logiciel
10:21qui, il faut bien le dire, a permis aux Ukrainiens de se défendre.
10:26C'est-à-dire, ce qu'il faut voir, c'est que les Ukrainiens
10:32ont trouvé dans le drone, et ont trouvé dans la manière de déployer le drone,
10:36c'est-à-dire au-delà du drone, en fait, comment ça s'utilise,
10:39comment on s'en sert, ont trouvé un moyen de résister aux Russes,
10:43dans un conflit où ils auraient dû perdre.
10:47Et le fait qu'ils résistent, c'est une victoire, si vous voulez.
10:51Donc, cette modernisation du front, cette transparence du front
10:56auquel le drone participe, c'est une révolution du logiciel,
11:00de la même manière que l'iPhone est une révolution du logiciel pour les télécoms,
11:06et que l'Internet est une révolution du logiciel pour le grand public.
11:11– Alors, je vais regarder vos résultats du quatrième trimestre
11:15que vous avez publié récemment, il y a effectivement une accélération
11:18au quatrième trimestre, mais en même temps, quand on regarde
11:20le chiffre d'affaires annuel, il y a une stabilité, grosso modo,
11:23de votre chiffre annuel.
11:25Alors, comment on peut expliquer ça, alors que le marché du drone explose,
11:29et finalement, des entreprises comme la vôtre, en fait, ont des chiffres d'affaires
11:36assez stables. Est-ce qu'il y a trop d'offres, pas assez de demandes ?
11:40Comment vous analysez ça ?
11:42– Alors, l'année 2025, ça a été une année très secouée, très perturbée
11:51du point de vue de nos clients. Nous, nos clients, notre activité,
11:57elle se fait sur appel d'offres, ce sont des agences gouvernementales.
12:01Au début de l'année 2025, on a eu un nouveau président aux États-Unis,
12:05il y a eu une nouvelle réglementation de droit de douane
12:08qui a incité les donneurs d'ordre à attendre pour savoir quel était
12:19vraiment le coût réel des biens. Donc, l'année avait très bien commencé
12:25et puis elle a été vraiment freinée par un manque de décision.
12:30Et la fin de l'année a été excellente. Donc, moi, je vois ça
12:38par une difficulté, si tu veux, spécifique à l'année dernière
12:42à l'activité. Néanmoins, il me semble que, ça je réponds
12:46pour le chiffre d'affaires de Parod, mais néanmoins, il me semble
12:49que la question du drone et la croissance de l'industrie du drone
12:53et pourquoi on a une croissance somme toute très raisonnable
13:01alors qu'on peut lire dans la presse qu'aujourd'hui, les Ukrainiens
13:12déclarent que 80% des coups au but, 80% des actions militaires
13:16sont faites par des drones. Il y a deux ans, on parlait d'une guerre
13:20qui ressemblait à une guerre, disons, ancienne, où c'était une guerre d'artillerie.
13:25Vous vous rappelez qu'on parlait de production, de munitions
13:29comme étant la question dimensionnante pour la guerre.
13:32Maintenant, cette question s'est décalée vers le drone.
13:35Et pourquoi, alors que le drone représente aujourd'hui
13:41l'essentiel de l'organisation ukrainienne au front,
13:45pourquoi ça n'a pas été encore pris en compte, disons,
13:52dans les pays européens ou aux Etats-Unis ?
13:55Je pense que c'est parce que c'est très récent, c'est nouveau,
13:58mais c'est en train de se passer.
14:00Par exemple, dans le monde d'aujourd'hui, il y a des articles
14:05qui indiquent que l'armée allemande est en train de passer
14:07des commandes de plusieurs milliards d'euros
14:12aux fabricants de drones allemands.
14:14Les Américains sont en train de commander des drones en quantité.
14:18Donc c'est en train de se passer, si vous voulez.
14:20Mais quand on voit, par exemple, on imagine mal la France
14:23commander des millions de drones, alors que justement,
14:26en Ukraine, la vie d'un produit, d'un drone,
14:30ça a, ce qui se dit, en tout cas, 4 mois d'espérance.
14:33Donc on ne va pas stocker des drones par million
14:35pour les utiliser éventuellement un jour,
14:38alors qu'ils seront obsolètes.
14:39Bien sûr.
14:40Donc le drone, le million de drones, déjà,
14:45ce sont des drones munitions.
14:48La France n'est pas en guerre et la France n'a pas de raison
14:51d'acheter des munitions par million.
14:54Après, vous avez les drones d'observation, comme nous les faisons,
14:57qui sont aussi des drones dont la durée de vie ne se compte pas en années.
15:01En tout cas, au front, c'est extrêmement contesté
15:04et les drones sont interceptés par des drones intercepteurs, etc.
15:10Mais il n'empêche que c'est un changement, disons,
15:15à la fois technologique et organisationnel.
15:18L'armée ukrainienne est organisée, entre autres,
15:22avec des unités de drones.
15:24Ces unités, il faut les entraîner.
15:25Ces unités, elles vont passer de la guerre d'artillerie
15:30ou de la guerre à l'ancienne
15:33à la guerre de drones, si vous voulez.
15:35Il faut tirer des drones.
15:37Il faut que l'armée française apprenne à utiliser les drones.
15:42Et donc là, on parle de milliers de drones.
15:45Le drone remplace, c'est comme votre iPhone.
15:48L'iPhone, il remplace l'appareil photo, le player MP3,
15:52le téléphone GSM, l'ordinateur dans beaucoup de cas.
15:57C'est un pôle d'utilisation du logiciel au quotidien.
16:05Le drone, c'est la même chose.
16:06C'est un pôle d'utilisation du logiciel au front.
16:10Il faut apprendre à s'en servir.
16:11Un des grands succès des Ukrainiens,
16:13c'est la formation de dizaines de milliers de pilotes de drones.
16:18Une proportion considérable des soldats ukrainiens
16:22sont des opérateurs de drones
16:24ou des opérateurs de planification de drones.
16:27Et ça, c'est un changement de fond.
16:30C'est une évolution technologique.
16:34De la même manière que le téléphone cellulaire
16:37a remplacé le téléphone filaire,
16:38le drone va remplacer un nombre d'équipements anciens.
16:44Et donc, il faut que les Allemands, les Français, l'OTAN
16:52comprennent cette révolution.
16:53Et c'est dur à comprendre.
16:54C'est normal que quand on a perfectionné l'artillerie, l'aviation,
17:04on est reluctant à perfectionner des objets nouveaux,
17:10encore mal définis.
17:12Mais moi, je vous donne une conviction d'entrepreneurs, si vous voulez.
17:20La high-tech, que ce soit les télécoms, que ce soit l'Internet,
17:24c'est une révolution du logiciel.
17:27Quelle est la différence entre Amazon et la distribution de produits ?
17:31Amazon, c'est la distribution organisée par du logiciel.
17:36La même chose pour le smartphone.
17:39Le smartphone, c'est une révolution du logiciel.
17:42Le drone, c'est une révolution du logiciel pour les conflits.
17:47Et ça, c'est un avenir très important
17:50et auquel il faut, dès maintenant, participer à cette évolution.
17:56Ce sera le mot de la fin.
17:58Merci beaucoup Henri Cédoux.
17:59Merci beaucoup d'être venu nous voir dans Air et Défense,
18:01sur BFM Business, le PDG de ces drones parotte
18:05qui viennent de reporter un beau contrat pour 15 millions d'euros
18:08avec la Finlande.
18:10On va passer tout de suite au décryptage sur BFM Business,
18:13dans Air et Défense.
18:20C'est l'heure du décryptage dans Air et Défense sur BFM Business
18:23avec Léo Barnier, rédacteur en chef chez Air et Cosmos.
18:26Bonjour Léo.
18:26Bonjour Jean-Baptiste.
18:27Merci beaucoup d'être avec nous.
18:29La semaine dernière, Léo, on va parler de cette incroyable crise
18:32des moteurs qui fait rage chez Pratt et Whitney.
18:36La semaine dernière, le patron d'Airbus, Guillaume Faury,
18:38qui était l'invité d'Air et Défense,
18:40pointait du droit le motoriste qui ne respectait pas,
18:43selon lui, ses engagements.
18:45On a des A320 Néo qui attendent leur moteur.
18:48Qu'est-ce qui se passe, concrètement, Léo,
18:50avec cette histoire de moteur ?
18:51Alors, si Pratt et Whitney n'est pas en mesure aujourd'hui
18:54de tenir ses promesses vis-à-vis d'Airbus,
18:56c'est que le motoriste américain a enchaîné les problèmes
18:58avec son moteur GTF.
19:00Donc, ça affecte les livraisons d'Airbus,
19:02comme Guillaume Faury l'a signalé,
19:04allant jusqu'à même mentionner Pratt et Whitney
19:06dans ses résultats financiers,
19:07ce qui est quand même très rare.
19:09Mais ça affecte aussi les opérations des compagnies
19:11avec plusieurs centaines d'avions cloués au sol.
19:13On parle de 600, voire 700 avions selon les estimations.
19:16Parce que c'est beaucoup.
19:17C'est énorme, ça.
19:18Voilà.
19:19Parce qu'outre les A320 Néo et A321 Néo Enderbus,
19:23une partie, ceux qui sont motorisés par Pratt,
19:25ça affecte aussi les A220 et les Embraer E2.
19:29Donc, ça fait quand même une grosse flotte.
19:31Et pour certaines compagnies, c'est très, très dur à gérer.
19:34Et notamment les compagnies qui ont des petites flottes
19:35qui ne peuvent pas jouer sur l'effet de masse.
19:38Très concrètement, Léo,
19:39qu'est-ce qui se passe au cœur de ces moteurs ?
19:42On ne comprend pas forcément
19:44pourquoi Pratt et Whitney
19:45ont autant de temps à livrer les moteurs,
19:47pourquoi il y a des ralentissements dans les chaînes de production.
19:49Qu'est-ce qui se passe au cœur de ces moteurs ?
19:51À quel problème sont-ils confrontés chez Pratt et Whitney ?
19:54Alors, ce n'est pas un problème nouveau.
19:56Alors, quand le moteur a été lancé,
19:57il y a toujours des petits problèmes de jeunesse.
19:59Mais là, en 2023,
20:00ils ont découvert un problème de contamination
20:01sur des poudres métalliques,
20:03ce qui provoque une usure accélérée
20:06sur des certaines parties du moteur.
20:09Donc, ça réduit ce qu'on appelle le time on wing,
20:12la durabilité sous l'aile,
20:13le temps que peut passer un moteur
20:15sous l'aile d'un avion
20:16avant de devoir être démonté
20:18pour être révisé.
20:19Et ça oblige justement
20:20à accélérer tous ces cycles de maintenance.
20:22Ça oblige à faire ces inspections prématurément.
20:25Et comme le nombre de moteurs de rechange manque
20:28et le nombre de pièces manque,
20:31en fait, ça crée un embouteillage
20:32et on se retrouve avec des avions
20:33qui sont bloqués pendant plusieurs mois.
20:35Ce sont des véritables boulets aux ailes,
20:37finalement, que traînent les constructeurs,
20:40les assembleurs,
20:40et en l'occurrence Pratt et Whitney.
20:43Est-ce qu'on peut espérer dans les semaines,
20:46j'en sais rien, dans les mois qui viennent,
20:47dans les années qui viennent,
20:47une réelle amélioration ?
20:49Est-ce que Pratt et Whitney
20:50ont bien pris en compte
20:52le fait que ça commençait à devenir
20:54très chaud pour eux quand même ?
20:55Alors, sur le fait
20:56qu'ils l'aient bien pris en compte,
20:58je pense,
20:58parce qu'on peut en avoir parlé,
21:00alors c'était au dernier salon du Bourget,
21:02ça remonte un petit peu,
21:02mais tout ce que Pratt a promis
21:06comme amélioration,
21:07apparemment,
21:07ils essayent quand même de le tenir.
21:09Ils font des efforts,
21:11ils ont investi beaucoup
21:12dans les capacités de maintenance,
21:13justement,
21:14pour réduire un peu
21:15ces délais de maintenance,
21:16et ils développent
21:17une nouvelle version du moteur,
21:18le GTF Advantage,
21:20qui est censé résoudre
21:21ces problèmes de durabilité.
21:22Mais on voit que,
21:23malgré tous ces efforts,
21:24en fait,
21:25ils ont encore du mal.
21:26Normalement,
21:26la crise devait s'estomper
21:28vers 2026.
21:29On voit que ça risque
21:30de durer encore un petit peu,
21:31parce que,
21:31comme l'a signalé Guillaume Fauré,
21:33en fait,
21:33ils ont du mal à gérer
21:34et la livraison de moteurs neufs,
21:36la livraison de moteurs de rechange,
21:38et toute cette mise en oeuvre
21:40de maintenance
21:41pour arriver à remettre en service
21:44les avions le plus vite possible.
21:45Un tout dernier mot, Léo.
21:46On pensait,
21:47alors benoîtement,
21:48que la crise de la supply chain
21:50était enfin terminée,
21:51ou en tout cas,
21:52était sur le point de s'achever
21:53que tous les sous-traitants
21:55s'étaient tous resynchronisés,
21:56que ça marchait bien.
21:57Et puis,
21:57boum,
21:58un problème de moteur massif.
22:00Est-ce que ça va s'étioler
22:02encore sur plusieurs années ?
22:03Comment vous voyez les choses
22:04d'un mot ?
22:05Alors,
22:06est-ce que la crise de la supply chain
22:07est finie ?
22:08Je pense que c'est un peu tôt
22:09pour le dire.
22:10Clairement,
22:10la situation s'améliore.
22:12Guillaume Fauré l'a dit,
22:13Olivier Andréès,
22:14je sais pas si on l'a dit,
22:15la situation s'améliore.
22:16Mais comme l'a rappelé tout à l'heure
22:18Rolls-Royce qui présentait ses résultats,
22:202026 risque d'être
22:21encore un peu compliqué.
22:22Voilà,
22:23il reste encore
22:23certains goulots d'étranglement,
22:25tout n'est pas encore résolu,
22:27mais globalement,
22:28ça va quand même beaucoup mieux.
22:29On continuera à suivre ça
22:30avec vous,
22:31dans Air Défense,
22:31Léo.
22:32Merci beaucoup
22:32d'avoir été avec nous,
22:33un rédacteur en chef,
22:34Léo Barnier,
22:34chez Air & Cosmos.
22:35Et j'en profite
22:36pour vous montrer
22:37la une de Air & Cosmos
22:38que vous allez présenter.
22:40Vous mettez à l'honneur
22:41la dissuasion nucléaire française
22:42dont on va beaucoup parler
22:44la semaine prochaine
22:44puisque le président de la République
22:45doit faire un discours
22:46sur ce thème de la dissuasion
22:48depuis l'île longue.
22:49Merci beaucoup, Léo.
22:51C'est l'heure maintenant
22:52de Signeaux faibles.
22:52Alors, cette semaine,
22:53on va s'intéresser
22:54à Farmstar.
22:55Alors, Farmstar,
22:57si j'ose dire,
22:57c'est l'étoile
22:58du berger moderne.
22:59C'est une start-up
23:00qui met au service
23:01des agriculteurs
23:02les outils spatiaux
23:03et en particulier
23:04les satellites
23:05de la constellation
23:06Pléiade Néo d'Airbus
23:08pour analyser
23:09les concentrations
23:10d'azote
23:11dans les cultures.
23:11On regarde ça
23:12au salon d'agriculture
23:13avec Paul Valeur.
23:15Dans le hall agritech
23:16du salon de l'agriculture,
23:17l'imagerie satellite
23:18commence à trouver sa place.
23:20Farmstar peut cartographier
23:22et analyser chaque jour
23:23des parcelles agricoles.
23:25Thomas Roux,
23:25responsable service client
23:26chez Airbus.
23:27On va récupérer
23:28les images
23:29à chaque fois
23:29que le satellite
23:30passe au-dessus
23:30de nos antennes
23:31et ensuite,
23:32ils vont entrer
23:32dans nos chaînes
23:34de production.
23:35On va les croiser
23:36avec des données
23:37météorologiques,
23:37avec différents modèles
23:38et en sortie,
23:40on va avoir
23:40des conseils agronomiques.
23:43Ces conseils sont donnés
23:44en fonction de l'évolution
23:45de la biomasse,
23:47de la fertilité des sols,
23:48de la météo
23:48et du climat.
23:49Sur une même culture,
23:51ils peuvent varier
23:51au mètre carré près.
23:53L'agriculteur va pouvoir
23:54mettre notre conseil
23:55sur sa clé USB
23:55et puis le brancher
23:56dans son tracteur.
23:58Il va visualiser
23:59sur son écran
23:59les zones sur lesquelles
24:01il faut mettre
24:01plus ou moins d'azote.
24:02Car la bonne dose
24:03d'azote injectée
24:04va jouer directement
24:05sur le rendement.
24:06Elle est aussi bien utile
24:07pour faire des économies
24:08en engrais
24:08jusqu'à 40 euros
24:09par hectare
24:10et limiter l'impact
24:11sur l'environnement
24:12selon Montaigne-Foche,
24:14responsable solution
24:14agri-environnement
24:15chez Airbus.
24:16L'engrais coûte
24:17de plus en plus cher.
24:18On a quand même
24:18des prix qui sont
24:19assez volatiles,
24:20des molécules
24:21qui polluent les sols
24:22et les napréatiques.
24:23Ils ont tout intérêt
24:24à pouvoir moduler
24:25et mettre la juste dose
24:26d'azote au bon endroit
24:27au bon moment
24:27dans la parcelle.
24:28Un investissement annuel
24:29pour l'exploitant
24:30de 3 à 15 euros
24:31par hectare.
24:32Aujourd'hui,
24:32environ 2%
24:33des 700 000 agriculteurs
24:34français utilisent
24:35Farmstar
24:36pour optimiser
24:37leur culture.
24:38Paul Valleur
24:38pour BFM Business
24:39qui était depuis
24:41le salon de l'agriculture
24:42dans le 15e arrondissement
24:43à Paris.
24:43Air et Défense,
24:44c'est fini pour aujourd'hui.
24:46On se retrouve
24:47la semaine prochaine.
24:48Même lieu, même heure.
24:51Air et Défense
24:52sur BFM Business
24:53Air et Défense
24:54Air et Défense
24:54Air et Défense
24:54Air et Défense
24:55Air et Défense
24:56Air et Défense
24:56C'est parti !
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