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NewsTranscription
00:00Philippe David
00:02Bienvenue dans les vraies voix, font parler la France en compagnie de François-Louis Bourneau.
00:07Bonsoir François-Louis.
00:08Bonsoir cher Philippe David. Bonsoir Chevalier.
00:10Oui, de l'ordre du port noir de Bigorre.
00:13Un beau moment vécu ce midi, oui.
00:16Absolument. Beaucoup de sujets ce soir Philippe, notamment on va parler de la fin de vie.
00:20Après plus d'une semaine de débat, l'Assemblée Nationale a approuvé hier en seconde lecture
00:25les deux propositions sur la fin de vie.
00:26Donc vous pourrez réagir, est-ce que ça vous choque ?
00:29Vous avez déjà posé la question avec Philippe.
00:31Dites-le-nous 0826 300 300.
00:34Et puis un autre sujet aussi Philippe David, justement puisqu'on est au salon de l'agriculture,
00:38on y était hier et puis sur le radio il sera encore demain.
00:40Demain pour la matinale.
00:41Absolument.
00:42Justement, est-ce que vous, vous irez au salon de l'agriculture ?
00:45Est-ce que pour vous c'est encore un événement qui a du sens ?
00:48Est-ce que justement aussi on parle de l'artisanat ?
00:51Philippe, on va parler un petit peu de l'artisanat.
00:53Et puis Pierre Palmade aussi qui va retourner sur scène pour un spectacle.
00:56Si ça vous fait réagir, si ça vous choque, est-ce que vous iriez le voir ?
00:59Tiens d'ailleurs, dites-le-nous 0826 300 300 pour réagir avec le hashtag
01:03les vraies voix sur Twitter et Facebook pour prendre la parole et puis pour nous laisser des messages.
01:08Et tous vos témoignages sur la bienvenue.
01:09Je rappelle que demain à 8h15 en direct du salon de l'agriculture,
01:14ce sera Annie Gennevard, la ministre, qui sera l'invité de l'interview politique
01:17de notre ami Maxime Liedot.
01:20Absolument, et on le disait Philippe, la fin de vie, après plus d'une semaine de débat,
01:23l'Assemblée nationale a approuvé hier en seconde lecture les deux propositions sur la fin de vie.
01:28L'une consensuelle sur le développement des soins palliatifs,
01:31l'autre plus discutée instaurant un droit à l'aide à mourir.
01:35Justement, vous voulez réagir, vous chers auditeurs, 0826 300 300,
01:39de toute façon, on est avec Monique de Fijac.
01:42Bonsoir, Monique.
01:43Vous êtes dans le lot, vous nous avez contactés, vous nous dites,
01:48ma mère avait demandé à mourir auprès de son médecin généraliste,
01:51elle souffrait trop, dites-nous tout.
01:53On vous écoute, racontez-nous.
01:55Voilà, c'est en 2011, à l'époque, nous habitions à Royan,
01:59et maman avait 94 ans, mais depuis l'âge de 93 ans à peu près,
02:06elle mangeait presque plus, elle était en foyer,
02:09elle a été admise en EHPAD, à côté de Royan donc,
02:13et finalement, elle refusait de manger parce qu'elle voulait vraiment en finir,
02:19elle l'avait dit au médecin généraliste, en ma présence.
02:22Moi, j'en ai parlé au directeur de l'EHPAD,
02:27qui ne m'a pas écoutée sur le coup,
02:30et finalement, à force, à force, à force d'insister,
02:33elle a vécu un mois ou deux de souffrance morale, surtout morale,
02:39je sais qu'elle s'arrachait les gouttes à gouttes,
02:42parce qu'elle refusait de vivre,
02:44et elle a souffert bien trop longtemps, à mon goût.
02:48Donc, ils ont quand même mis une dose un petit peu plus forte,
02:51à force de réclamer,
02:54et elle est partie avec, à mon avis, trop longtemps à souffrir, voilà, inutilement.
03:00Je vais vous poser une question, comme le sujet fait beaucoup réagir,
03:04ce que je vous dis s'adresse à toutes les auditrices et tous les auditeurs
03:08qui vont réagir ce soir, s'ils ne veulent pas répondre à une question,
03:11c'est évidemment leur droit le plus strict.
03:13Votre maman avait une pathologie particulière, Monique,
03:17ou c'était simplement, à 93-94 ans, la fatigue de vivre ?
03:23C'était la fatigue de vivre,
03:25parce que justement, maman n'avait pas de pathologie particulière,
03:28et c'est pour ça que ça ne s'est passé,
03:30contrairement à papa, qui lui avait que 90 ans,
03:33mais qui avait de l'arthrite,
03:35et lui, il fallait lui couper le pied,
03:37et là, maman et moi, on a dit au docteur,
03:41on ne veut pas d'affarnement,
03:42et là, il n'y a pas eu de problème, voilà.
03:44Et c'était 5 ans avant.
03:46C'est-à-dire que vous avez renoncé,
03:49votre père, pardon, a renoncé à une amputation
03:52pour partir plus rapidement, c'est ça ?
03:54Voilà, et il est parti, ils lui ont fait ce qu'il fallait,
03:57et il est décédé dans les 4-5 jours après l'injection.
04:01Donc, ils l'ont fait sans problème, vous voyez ?
04:03Quand vous voyez cette loi, vous dites,
04:05enfin, elle est passée à l'Assemblée nationale,
04:07après, il y a la navette avec le Sénat, etc.,
04:09puis après, le Conseil constitutionnel,
04:11il y a encore plein d'étapes avant sa promulgation.
04:15Vous pensez que c'est une bonne loi ?
04:17Vous pensez qu'elle va trop loin, pas assez loin ?
04:22Elle est bien, mais je vois,
04:25enfin, j'ai écouté qu'il faut le dire,
04:28bon, ça c'est bien,
04:29mais il faut être absolument très malade,
04:32ou beaucoup souffrir,
04:33avoir une maladie très grave,
04:35et les gens, comme maman,
04:37qui n'avaient pas de maladie très grave,
04:39mais qui, quand ils n'en peuvent plus de vivre,
04:44ben, ceux-là, je pense qu'ils n'auront pas gain de cause,
04:47j'ai bien peur.
04:48Alors, ça, c'est à voir,
04:49parce que la dernière mouture de la loi
04:51n'est pas votée, François Louis.
04:53Si vous voulez faire comme Monique,
04:54restez avec nous d'ailleurs,
04:55réagir sur cette question de la fin de vie,
04:58c'est le 0 826 300 300
05:00qu'il faut composer pour prendre la parole.
05:02cette loi sur l'aide d'un mourir,
05:03vous êtes d'accord, pas d'accord,
05:04elle vous choque,
05:05eh ben, dites-le-nous,
05:05on est là pour prendre vos appels.
05:07Il y a Patrick qui est avec nous,
05:08justement, qui souhaite réagir.
05:09Bonsoir Patrick.
05:10Et Monique, restez avec nous.
05:12Bonsoir Patrick.
05:12Vous êtes de Belestat.
05:14Bonsoir, bonsoir à toute l'équipe,
05:15bonsoir Monique.
05:17Bonsoir Patrick,
05:17vous êtes de Belestat dans l'arrière.
05:18Justement,
05:19si vous voulez réagir à ce que disait Monique,
05:21prenez la parole, allez-y.
05:22Ben, je dirais que,
05:24pour moi, la loi,
05:25elle va trop loin.
05:26Voilà.
05:27Elle va trop loin,
05:28ça va beaucoup trop loin.
05:29Et je crains,
05:30je crains qu'elle obéisse,
05:32plus c'est une logique économique,
05:34je vais être fort,
05:35plus c'est une logique économique,
05:36qu'est une logique humaniste.
05:38Voilà.
05:38Je ne vois pas ce qu'il y a d'humaniste.
05:41Maintenant,
05:42pour en venir au cas de Monique,
05:44on peut difficilement faire une loi
05:46généralisée tous les cas.
05:48Moi, je comprends parfaitement
05:49la volonté de sa mère,
05:51à l'âge qu'elle avait,
05:52à ce qu'elle a vécu,
05:53de partir.
05:54Ça, je le comprends parfaitement.
05:56Mais je ne suis pas du tout certain
05:57que le cas de la maman de Monique
06:01soit le cas,
06:02ça représente les situations de tout le monde.
06:06Alors, c'est clair,
06:07on va faire réagir Monique.
06:08Moi, ce que je veux dire,
06:09ce qui me semble essentiel,
06:12c'est qu'il n'y a pas
06:13deux cas identiques.
06:14C'est que chaque cas est individuel
06:17et que quand on fait une loi
06:18dans un pays,
06:19c'est une loi qui doit s'appliquer
06:20à 68 millions d'habitants
06:22et à ceux qui se rendent
06:23dans ce pays.
06:24Mais c'est une loi,
06:25c'est tellement dans l'intime,
06:27c'est tellement dans
06:29le tabou absolu
06:30qui est la mort
06:31que c'est impossible
06:32de faire une loi
06:33au cas par cas.
06:34On ne va pas faire
06:3468 millions de lois,
06:35c'est impossible.
06:36Monique,
06:37qu'est-ce que vous voulez répondre
06:37à Patrick ?
06:38Vous voulez débattre
06:38tous les deux et en discuter ?
06:41Oui,
06:42je suis d'accord
06:43dans ce qu'il dit
06:44et c'est vrai
06:45ce que vous dites,
06:47chaque cas est très,
06:48très particulier
06:49parce que ça touche
06:50l'intime effectivement
06:51et bien souvent
06:53quand on est plus jeune,
06:55je vais entendre
06:56souvent dire
06:57des médecins,
06:58des gens qui sont
06:59assez bien portants
07:00comme moi,
07:01je ne suis pas jeune,
07:02finalement moi,
07:03si je suis malade,
07:04je veux partir
07:05et il paraît
07:06qu'ils se battent
07:07au dernier moment
07:07pour survivre.
07:09Alors,
07:09c'est compliqué
07:10de faire des papiers
07:11par exemple
07:12de notre vivant,
07:13nous,
07:14avant 80 ans,
07:14de dire
07:15si je suis malade,
07:16je veux mourir.
07:18C'est compliqué,
07:19c'est très compliqué,
07:20je trouve.
07:21Patrick ?
07:22Oui,
07:24ce que je crains aussi,
07:25si vous voulez,
07:26au-delà du problème
07:27de Monique,
07:27c'est que la loi
07:29qui vient de sortir
07:30augmente les disparités
07:31entre les territoires.
07:33Qui est déjà,
07:34excusez-moi,
07:35mais qui est déjà
07:35très grande
07:36quand on voit
07:36le nombre d'unités
07:37de soins palliatifs
07:38qu'on a en France
07:39par rapport à un pays,
07:40alors c'est plus petit,
07:41mais par rapport à un pays
07:42on ne peut plus proche de nous
07:44déjà culturellement
07:45la Belgique,
07:45on est quand même
07:46franchement très très très
07:47en retard.
07:48Le problème,
07:49c'est que donc
07:50on va proposer
07:52surtout le suicide assisté.
07:54Ah,
07:55ça c'est une possibilité.
07:56Et ça,
07:57ça me gêne
07:57et ça va poser un problème
07:58aux médecins,
07:59il y a le serment d'hippo
07:59Hippocrate,
08:00on fait quoi ?
08:01Monique,
08:03oui,
08:03allez-y Patrick.
08:04Le code pénal aussi,
08:06il faudra le changer.
08:09Ah,
08:09ben là,
08:09il sera changé d'office
08:11parce qu'évidemment
08:11c'est pas un homicide
08:12si la personne le demande
08:13ou qu'elle le pratique
08:14en suite d'assister,
08:15ça outrepasse
08:17le code pénal actuel
08:19évidemment,
08:19à mon avis.
08:20Mais au niveau éthique
08:21et le serment d'hippocrate,
08:22on en fait quoi ?
08:24Alors,
08:25il y a des pays
08:26où les médecins
08:27pratiquent
08:28l'euthanasie
08:29et même de manière
08:31on va dire
08:33je fais très attention
08:35aux mots que j'utilise.
08:36Je ne dirai pas de manière,
08:37je vais le dire,
08:38allez,
08:38de manière un peu triviale,
08:39en douce,
08:40quand quelqu'un souffre trop
08:41en augmentant la dose de morphine.
08:43Moi,
08:43je connais quelqu'un de ma famille
08:44qui l'a eu.
08:45Donc,
08:46vous voyez ce que je veux dire.
08:48Oui,
08:48je sais,
08:48mon père est parti comme ça,
08:50il avait un cancer,
08:51des os généralisés,
08:53il est parti à 58 ans
08:55avec des doses de morphine
08:56et comme il s'affaiblissait,
08:57au bout d'un moment,
08:58il est parti,
08:58mais il avait envie de vivre,
08:59lui,
09:00il ne voulait pas partir.
09:02C'est sûr qu'à 50 ans,
09:03c'est terrible.
09:04Il ne voulait pas partir.
09:05Monique,
09:05Patrick,
09:06restez avec nous,
09:07on va continuer ce débat
09:08parce qu'on a encore
09:09plein de choses à dire
09:10par rapport à ce qui s'est passé
09:11à l'Assemblée nationale
09:12et c'était hier soir.
09:13Si vous voulez réagir
09:16à ce que disent nos auditeurs
09:17et puis que cette loi
09:18sur la fin de vie
09:19vous choque,
09:20qu'elle vous indigne,
09:21ou alors vous êtes d'accord,
09:21c'est le 0826 300 300
09:23qu'il faut composer.
09:25On se dit à tout de suite.
09:27Sud Radio.
09:28Sud Radio.
09:28Parlons vrai.
09:29Parlons vrai.
09:30Sud Radio.
09:30Parlons vrai.
09:31Les vraies voix font parler la France.
09:33Philippe David.
09:35Le retour des vraies voix
09:36font parler la France.
09:38François-Louis Bourneau
09:38sur un sujet
09:39qui nous touche tous,
09:40un sujet
09:41qui malheureusement
09:42nous touche
09:43ou nous a touchés
09:44ou nous touchera
09:45un jour dans notre vie.
09:46Tout à fait.
09:47Puisque l'actualité en parle,
09:48Philippe,
09:49l'Assemblée nationale
09:50a approuvé hier
09:50en seconde lecture
09:51les deux propositions
09:52de loi sur la fin de vie.
09:54Un sujet
09:55qui vous fait réagir,
09:56sur lequel vous voulez témoigner.
09:58Et puis c'est très simple,
09:59c'est le 0826 300 300.
10:01Ça vous indigne ?
10:01Vous êtes d'accord ?
10:02Ou ça vous choque ?
10:03Eh bien dites-le nous.
10:04On prend vos appels
10:04et on est là pour ça.
10:05Vous êtes partisans
10:07de la fin de vie,
10:08de le suicide assisté,
10:09de l'euthanasie.
10:10Toutes les opinions
10:11sont les bienvenues
10:12sur Sud Radio.
10:12On était avec Monique de Fijac
10:14et Patrick de Bel-Esta
10:15qui nous livraient
10:15leurs témoignages.
10:16Monique, Patrick,
10:17vous êtes toujours là ?
10:18Oui, oui.
10:19Voilà.
10:19Eh bien on vous donne
10:20la parole.
10:21Monique,
10:21quand vous parliez
10:22du cas de votre maman
10:23qui en avait assez de vivres,
10:25on va dire ça comme ça,
10:26est-ce que vous pensez
10:27qu'un suicide assisté
10:29aurait été envisageable
10:30pour elle ou pas ?
10:32Eh bien,
10:34on me le demande.
10:36Je ne sais pas.
10:37Franchement,
10:38je ne sais pas
10:38parce qu'elle était
10:39en EHPAD.
10:40Alors,
10:41le docteur a eu
10:42beaucoup de peine.
10:43Elle lui a augmenté
10:44la dose
10:46au début.
10:47Oui.
10:47Il l'a laissé
10:48comme ça souffrir.
10:49Elle s'est arrachée.
10:50Je sais,
10:50j'ai appris
10:51qu'elle s'était arrachée
10:52des perfusions.
10:53Oui.
10:54Parce qu'elle ne voulait
10:55vraiment pas survivre,
10:57qu'elle va vivre
10:57tout simplement.
10:59Donc,
10:59je ne sais pas
11:00si ça aurait été
11:01admissible
11:02avec la nouvelle loi.
11:03Je ne sais pas.
11:04Alors ça,
11:04c'est une bonne question
11:05parce que,
11:05comme je le dis,
11:06je le répète,
11:07la nouvelle loi
11:07a ses limites
11:09parce qu'elle est votée
11:11par l'Assemblée nationale
11:12mais ce n'est pas
11:12la mouture définitive.
11:14Il faut bien le rappeler
11:15puisqu'il y a le problème
11:16de la navette
11:16avec le Sénat
11:17puis après
11:18le Conseil constitutionnel,
11:19etc.
11:20Patrick,
11:20vous pensez
11:22que c'est économique
11:23cette loi
11:23plus que humaniste ?
11:28Comment dire ?
11:31Le cas de Monique,
11:32je dirais,
11:32il est parfaitement audible.
11:35Mais je crains fort
11:37que,
11:37comme vous dites,
11:38c'est l'intime,
11:39je crains fort
11:39que le cas de Monique
11:41soit un petit peu exceptionnel
11:42et qu'il y en ait d'autres
11:43qui sont beaucoup moins avouables,
11:45si je puis me permettre.
11:46Oui.
11:47Ce qui me gêne
11:48dans une société
11:49qui généralement,
11:50je ne sais pas,
11:50nos gouvernants sont là
11:51pour notre bien-être,
11:53pour garantir nos libertés,
11:56j'ai du mal
11:58à concevoir
11:59que la liberté,
12:00finalement,
12:01s'exprime
12:03en mettant fin
12:05à son existence.
12:06Voilà,
12:06c'est quelque chose
12:07qu'il nous dira
12:08philosophiquement,
12:09je dirais.
12:10Voilà.
12:11Ça réagit au 0826 300 300.
12:14Absolument,
12:14Patrick,
12:15restez avec nous.
12:15On a Philippe
12:16d'Aix-en-Provence,
12:17donc dans les Bouches-du-Rhône,
12:18qui souhaite réagir.
12:19Bonsoir, Philippe.
12:20Bonsoir, Philippe.
12:21Bonsoir.
12:22Vous semblez être
12:23plutôt partisan,
12:24justement,
12:25de l'envoi
12:26sur l'aide à mourir,
12:27puisque vous nous dites
12:28que lorsque la douleur
12:29et la souffrance
12:30sont insupportables,
12:31il n'y a pas le choix.
12:31On vous écoute.
12:33Tout à fait.
12:34Tout à fait.
12:35Je veux dire que c'est
12:35autant pour soi
12:36autant pour soi
12:37que pour les siens.
12:40quand la fin de vie
12:42est inéluctable,
12:44quand la douleur est là,
12:46quand la souffrance est là,
12:48pourquoi attendre ?
12:50Pourquoi rester ?
12:51Pourquoi ?
12:51Ici,
12:52il n'y a pas de solution
12:56au bout du tunnel.
12:59Ce n'est pas la peine
13:00de faire souffrir.
13:01Ce n'est pas la peine
13:02de regarder les proches souffrir.
13:06Vous savez,
13:07j'ai eu dans ma vie
13:08une expérience
13:11très, très compliquée.
13:14À la naissance de ma fille,
13:15j'avais deux jumelles.
13:18Et sur les deux jumelles,
13:20sur les deux jumelles,
13:21il y en avait une
13:22qui était
13:24qui était
13:27peu viable, peut-être.
13:29Qui était non viable,
13:30c'est ça ?
13:31On ne sait pas.
13:32On ne sait pas.
13:33On ne sait pas.
13:33Et la seule chose
13:35que j'ai dit au docteur,
13:36ce que nous avons dit
13:37aux médecins,
13:39c'est qu'on ne veut pas
13:40d'acharnement.
13:41Et c'était pourtant
13:42deux êtres magnifiques,
13:44adorables,
13:45gentils.
13:46Mais on ne veut pas
13:48d'acharnement.
13:49On a préféré
13:56se tourner vers la foi,
13:59se tourner vers autre chose
14:00que vers la science
14:02et vers l'acharnement.
14:03Alors, pour quelqu'un
14:04qui souffre,
14:05pour quelqu'un qui souffre,
14:06qui souffre dans sa chair,
14:08qui a un membre de sa famille
14:10qui est malade,
14:12ce n'est pas la peine
14:13d'insister.
14:15Ce n'est pas la peine
14:15de pousser plus loin
14:20une fin qui,
14:20de toute façon,
14:22est inéluctable.
14:23Et on va peut-être
14:24pouvoir abréger cette vie,
14:26mais cette vie,
14:27il n'y aura pas de souffrance,
14:28il n'y aura pas de...
14:29La personne va partir
14:30plus tranquille,
14:31plus sereine.
14:32Et ça,
14:33ça n'a pas de prix.
14:34Ça n'a pas de prix.
14:35Alors,
14:36il y a une question
14:36qui se pose,
14:37je vais vous la poser,
14:38Monique, Patrick, Philippe,
14:39vous êtes tous en ligne
14:40en même temps.
14:41Vous avez parlé,
14:41vous, d'un bébé,
14:43c'est une partie
14:44de votre vie
14:45et vous avez eu
14:46beaucoup de courage
14:46d'en parler,
14:47tout comme Patrick
14:48a eu beaucoup de courage
14:49de parler de son papa
14:49de 58 ans
14:50et Monique de sa maman.
14:53Quand il y a,
14:54par exemple,
14:54des maladies incurables
14:55sur des mineurs,
14:57les mineurs...
14:58Alors, il y a mineurs
14:59et mineurs.
14:59Il y a le mineur
15:00qui a 4 ans
15:00et le mineur
15:01qui a 17 ans.
15:02Est-ce que vous seriez
15:03partisan
15:04qu'on laisse le droit
15:05à un mineur
15:06de décider
15:07de mettre fin
15:08à ses jours
15:08si ses souffrances
15:09sont insupportables ?
15:11ou est-ce que, pour vous,
15:12ça relève encore
15:13de la responsabilité
15:14des parents ?
15:15Monique,
15:16une fois que la loi
15:17sera votée.
15:19Je pense qu'on doit
15:20laisser l'accord
15:25à l'enfant.
15:26Mais à partir
15:27de quel âge ?
15:29Ah bah oui,
15:30c'est ça.
15:31Vous voyez à quel point
15:32la loi est individuelle ?
15:34Oui, 8-10 ans,
15:36je dirais.
15:368-10 ans,
15:37peut-être.
15:378-10 ans,
15:38pas avant.
15:39Ça prouve à quel point
15:40ce sujet est compliqué,
15:41non ?
15:42Ah, très, très compliqué.
15:44Pour revenir à ma maman,
15:45elle a tellement souffert
15:47qu'elle était
15:49méconnaissable.
15:49Je la reconnaissais pas.
15:51C'était l'horreur.
15:53Pour moi,
15:53ça a été l'enfer.
15:55Quand j'allais la voir,
15:56c'était l'enfer.
15:57Et une fois décédée,
15:59c'était horrible.
16:01le fait qu'elle ait
16:02trop souffert
16:02pour longtemps.
16:03Voilà.
16:04Je voulais ajouter.
16:05Mais avec beaucoup de courage.
16:07Patrick,
16:07la question de l'âge
16:08pour les mineurs
16:09et de l'accord parental
16:10ou pas selon l'âge,
16:11est-ce que pour vous,
16:12c'est une question
16:12qui se pose ?
16:15Pour moi,
16:16ce sont les parents.
16:16Quand on entend
16:17le témoignage de Philippe,
16:18c'était un nouveau-né,
16:19donc là, évidemment,
16:20il n'y avait pas
16:20de consentement du bébé,
16:22etc.
16:23C'est les parents,
16:23évidemment,
16:24qui gèrent,
16:24mais après,
16:25la majorité,
16:26jusqu'à 18 ans,
16:26c'est quand même
16:27un laps de temps
16:28extrêmement long
16:29avec,
16:31une conscience totale
16:32à 17 ans
16:33ou 16 ans
16:33ou 15 ans,
16:34en général,
16:35les jeunes étant adultes
16:36quand même
16:36de plus en plus tôt,
16:37mais par exemple,
16:39à 4 ans, 5 ans,
16:40évidemment,
16:40là, on n'a pas
16:41un libre-arbitre total.
16:43Mais même après,
16:44moi,
16:44si vous voulez,
16:45de la part,
16:46quand je considère
16:48le métier que j'ai fait
16:50et les stages
16:51que j'ai suivis,
16:52notamment la prévention
16:53de suicides
16:53chez les adolescents,
16:55dont on m'a expliqué
16:56en l'orange
16:57à travers
16:57qu'il fallait tout faire
16:58pour faire sortir
17:00les ados
17:00de ce tunnel
17:02de souffrance,
17:03et au bout,
17:04ils ne voyaient
17:05que la mort,
17:05il fallait absolument
17:06les en sortir,
17:08j'ai du mal
17:09à donner le feu vert.
17:11Voilà.
17:13Et vous,
17:13Philippe,
17:13d'Aix-en-Provence ?
17:15C'est effectivement
17:19un cas-figure
17:20qui est très,
17:23très compliqué.
17:26Comment un enfant
17:28peut réagir
17:30en disant
17:31je préfère la mort ?
17:32Ce n'est pas possible.
17:33Il ne peut pas réagir
17:34à ça.
17:35Il ne peut pas...
17:35Enfin, je pense.
17:37Je pense qu'il ne peut pas
17:38savoir ce qu'est la mort
17:40et savoir ce qu'est la vie.
17:42C'est trop jeune.
17:44Mais après,
17:45à 16, 17, 18 ans,
17:47il y a des cas
17:47de maladies très graves
17:48à 16, 17, 18 ans.
17:49Est-ce que pour vous,
17:51de quelle manière
17:52la question se pose ?
17:53C'est autre chose.
17:55C'est autre chose.
17:56Lorsque l'adolescent
17:58est plus grand
17:59et capable
18:00de porter un jugement
18:02sur sa vie,
18:03sur ses souffrances,
18:05sur sa façon de vivre
18:07et sa façon d'être,
18:09à ce moment-là,
18:09bon, effectivement,
18:11là, il n'y a pas
18:11de discours.
18:12C'est son livre
18:14arbitralis.
18:15Mais sur un jeune enfant,
18:20il n'y a que le praticien,
18:22que le médecin,
18:23que la science
18:24qui peut nous dire,
18:26qui peut nous guider
18:27et nous dire
18:27si notre enfant va vivre
18:31ou ne va pas vivre.
18:33Il n'y a que la science
18:34qui pourra nous dire ça.
18:36c'est même pas à nous
18:39de...
18:40Nous, ce que l'on veut,
18:41ce que l'on veut,
18:42c'est que les enfants vivent,
18:43c'est que nos parents vivent,
18:44c'est que nos femmes
18:45et nos enfants vivent.
18:46Vivent, bien sûr.
18:47Mais malheureusement,
18:47nous ne sommes pas éternels
18:48comme donner la vie,
18:50c'est condamner à mort.
18:51Absolument, absolument.
18:53Bien sûr que tout le monde
18:54veut vivre,
18:54bien sûr que tout le monde
18:55veut vivre dans le meilleur
18:56des mondes.
18:56Et en bonne santé ?
18:57Et en bonne santé,
18:58c'est évident.
18:59Mais je veux dire que,
19:01quel que soit le lage
19:03ou quel que soit
19:06les symptômes,
19:07quelle que soit la maladie,
19:08quand celle-ci
19:10n'est pas curable,
19:14il n'y a pas de...
19:15Oui, il n'y a pas d'alternative.
19:17Il n'y a pas d'alternative,
19:18c'est ça ou c'est la souffrance.
19:21S'il n'y a pas de souffrance,
19:22s'il n'y a pas de mal-être,
19:24bon, c'est encore un autre capillure,
19:28mais s'il y a une souffrance,
19:30s'il y a un mal-être,
19:31c'est pas la peine
19:34de prolonger la vie, pourquoi ?
19:36C'est pas prolonger la vie,
19:37c'est prolonger la souffrance.
19:39C'est pas prolonger la vie.
19:40Restez avec nous, François-Louis.
19:42Philippe, merci à vous tous
19:44d'ailleurs pour vos témoignages
19:45que vous nous livrez,
19:46c'est très touchant
19:46et puis c'est parfois libérateur,
19:49mais c'est aussi important
19:49d'en parler entre vous.
19:50Donc si vous voulez réagir,
19:51c'est le 0 826 300 300.
19:53On prend vos appels
19:54et puis on va continuer
19:55avec Muriel qui nous appelle
19:56de Gironde
19:56qui voudra aussi nous laisser
19:57un témoignage.
19:59A tout de suite.
20:00Sud Radio.
20:01Sud Radio.
20:01Parlons vrai.
20:02Parlons vrai.
20:02Sud Radio.
20:03Parlons vrai.
20:04Retour des vrais voix
20:05font parler la France
20:06en compagnie de François-Louis Bourneau
20:08avec ce sujet lourd.
20:10l'Assemblée Nationale
20:11d'un projet de loi
20:13sur l'euthanasie
20:16qui n'est pas encore définitive
20:17bien évidemment.
20:18Absolument.
20:18Un sujet qui nous concerne tous
20:20et qui vous fait beaucoup réagir.
20:22Deux volets ont été adoptés.
20:23Un premier à l'élimité
20:24avec 491 voix
20:25et un deuxième approuvé
20:27avec 299 voix pour,
20:29contre 226.
20:30Et ce sujet vous fait réagir.
20:320 826 300 300.
20:33Vous l'avez témoigné.
20:34On a Muriel qui est avec nous.
20:36Bonsoir Muriel.
20:36Bonsoir Muriel de Gironde.
20:38Oui, bonsoir.
20:40Vous avez voulu prendre la parole
20:41justement sur le thème
20:42de la fin de vie.
20:43On vous écoute Muriel.
20:46Moi je suis
20:48travaillé en EHPAD.
20:49J'ai été confronté
20:50plusieurs fois
20:51pour des fins de vie.
20:53Mon compagnon
20:54est décédé
20:55sous 40 jours
20:57de souffrance.
21:00il n'y avait que 51 ans.
21:02Oui.
21:04Et il est décédé
21:05le 1er septembre.
21:07Le vendredi,
21:08on nous a proposé
21:09une injection
21:11pour le faire partir.
21:13C'est malheureux,
21:14c'est un mot
21:14que je n'aime pas du tout.
21:16Et ils l'ont injecté
21:18au bout de 5 minutes.
21:19Il s'est endormi.
21:21qui, voilà.
21:22Et en ce qui concerne
21:24pour les personnes âgées
21:25qui sont en fin de vie,
21:27à part leur mettre
21:27une perfusion
21:28pour qu'ils s'hydratent,
21:29mais rien pour manger.
21:31Donc en fait,
21:31ils meurent lentement.
21:33De faim.
21:34De faim, voilà.
21:36Et c'est plus affreux,
21:38en fait.
21:38Donc je suis pour
21:39à 100% le tadi,
21:40ça c'est sûr.
21:42Qui existe quand même,
21:43déjà.
21:44Même s'ils n'en parlent pas,
21:45mais moi,
21:47mon compagnon,
21:48ils l'ont carrément.
21:49Alors moi,
21:50on n'était pas mariés,
21:51donc ils ont posé
21:51la question à son fils
21:52qui a dit oui
21:53et ils lui ont injecté
21:56le produit.
21:57Une sur d'autres.
21:59Vous ne répondez pas,
22:00évidemment,
22:01je dis ce que j'ai dit
22:01en début d'émission.
22:03C'est parce que...
22:05C'est parce que
22:05je débauchais,
22:07je...
22:07Oui,
22:08parce que je dis
22:09que vous n'êtes pas obligés
22:10de répondre aux questions
22:11que je vous pose.
22:12On est tellement dans l'intime
22:13que c'est vraiment
22:14au cas par cas.
22:16C'est en France,
22:17donc,
22:17qu'on a fait une injection létale
22:19à votre compagnon,
22:20c'est ça ?
22:21À Bordeaux.
22:22Oui.
22:24Et sans indiscrétion aussi,
22:26vous n'êtes pas obligés
22:26de répondre,
22:27c'était quel type de pathologie
22:28qu'il avait ?
22:30Alors,
22:31on n'a jamais vraiment
22:32trop su,
22:32en fait.
22:33Alors,
22:33il a eu une rupture
22:34de la horte
22:35qui se guérit.
22:37Moi,
22:37j'ai vu des patients
22:38quand j'allais boire
22:39mon café en bas,
22:42voilà,
22:43qui a été opéré
22:44de la horte et tout.
22:45Après,
22:46il y a eu
22:46le premier cas Covid
22:47qui est sorti
22:48en octobre.
22:49lui,
22:51il a interdit
22:52de rentrer dans sa chambre
22:53alors qu'on avait droit
22:54que l'après-midi
22:54d'aller le voir
22:56et encore,
22:56dans le cas-là,
22:57il fallait vite
22:58aller le voir
22:58avec un masque.
23:00Et moi,
23:01je pense personnellement
23:02qu'il a été
23:03l'un des premiers.
23:06C'était le Covid
23:07parce qu'il avait
23:09une bactérie
23:10mais ils n'arrivaient
23:11pas à savoir
23:11ce que c'était
23:12et après,
23:13bon,
23:14il n'était plus conscient,
23:15il n'était plus avec nous.
23:17En plus,
23:17à l'opération,
23:18il attrapait
23:19le staphylococque.
23:20Staphylococque doré,
23:22infection nosocomiale,
23:23oui,
23:23là,
23:23c'est vraiment
23:24la mauvaise série,
23:25là,
23:25oui.
23:26Oui,
23:26voilà.
23:26Donc,
23:27il est resté
23:28un mois
23:29dans un hôpital
23:30de Bordeaux.
23:31Il a été transféré
23:33à un autre
23:33à Pessac
23:34pendant une semaine.
23:36En fait,
23:36ils l'ont transféré
23:37à Pessac
23:38parce qu'il n'y avait
23:38plus rien à faire
23:39et que...
23:40D'accord.
23:41Et que ça a
23:42ses souffrances
23:43et que donc,
23:43vous dites que c'est mieux
23:44d'avoir abrégé
23:45ses souffrances ?
23:47Alors,
23:47je vais être égoïste,
23:48j'aurais préféré
23:49me garder quand même
23:50un peu plus,
23:50même pour moi.
23:52Bien sûr.
23:53Mais c'est sûr
23:54que...
23:56abrégé ses souffrances,
23:57il n'était plus du tout
23:58avec nous.
23:59Il n'était plus présent,
24:00quoi.
24:02Même quand le peu
24:03où il a été présent
24:04avant qu'il soit transféré
24:05sur l'autre hôpital,
24:08il ne se rappelait même plus
24:09pourquoi,
24:10d'où on habitait,
24:11pourquoi on avait acheté là,
24:12pourquoi il ne se rappelait pas.
24:15Effectivement.
24:15Restez avec nous,
24:16Muriel,
24:16parce que le sujet
24:17fait beaucoup réagir.
24:18Absolument.
24:180826 300 300,
24:19d'ailleurs,
24:20si vous voulez nous appeler
24:20pour réagir,
24:21pour témoigner surtout
24:23sur cette question
24:23de la fin de vie.
24:24Pierrette,
24:25vous êtes bénévole,
24:26justement,
24:26vous accompagnez des personnes
24:27qui sont sur ce chemin-là.
24:30Dites-nous tout.
24:30Bonsoir,
24:31Pierrette.
24:32Vous êtes dans l'Aude.
24:34Oui,
24:35je suis dans les Corbières.
24:36Absolument.
24:37Pierrette,
24:38pas de haut-parleur.
24:38Pas de haut-parleur,
24:39téléphone contre l'oreille.
24:41Oui,
24:42oui,
24:42le téléphone est contre l'oreille.
24:43Super.
24:44Allez-y,
24:44on vous donne la parole.
24:45Je suis dans les Corbières.
24:46C'est une zone
24:47où les aidants,
24:48on est dans un désert médical.
24:50Oui.
24:51Et j'ai accompagné ma maman
24:53avec mes frères
24:54d'une insuffisance respiratoire
24:56qui est une fibrose.
24:57Les poumons se calcifient,
24:59donc c'est terrible.
25:00Et ensuite,
25:02bon,
25:02on a fait,
25:02on a réussi,
25:03on nous a expliqué
25:04qu'on ne pouvait pas garder
25:06notre mère à la maison
25:07parce que
25:08c'était une malarde très lourde.
25:11J'ai dû me battre
25:12contre mes propres amis élus
25:14politiques.
25:15qui m'expliquaient
25:16que je ne comprenais pas
25:17qu'il allait la mettre
25:18dans un état.
25:19Alors que le médecin
25:20nous expliquait,
25:21le spécialiste,
25:22qu'il fallait la garder
25:23à la maison
25:23à cause des microbes
25:25et tout ce qu'il y avait
25:25dans les milieux établis.
25:28Bien sûr,
25:28les reconozocomiales,
25:29notamment,
25:30dont on parlait avec Muriel
25:32il y a quelques instants.
25:34Nous avons eu la chance
25:35d'avoir un pneumologue
25:36extraordinaire
25:36qui nous a fait
25:37un accompagnement
25:38avec la famille
25:39en nous expliquant
25:40qu'on pouvait la garder
25:41à une condition,
25:43c'était de faire
25:43une hospitalisation
25:45à domicile.
25:46Il y avait des recettes
25:47très lourdes à mettre
25:47en place,
25:48il fallait que la traficie
25:49et tout ça.
25:50Nous l'avons tout préparé.
25:51Notre pneumologue
25:52nous a accompagné
25:53étape par étape
25:55à chaque aggravation
25:56de la maladie.
25:57Nous avons fait,
25:58je vais faire,
25:59peut-être les gens
26:00réagiront bien ou mal,
26:01je ne sais pas.
26:01nous avons donné à notre mère
26:03une fin de vie exceptionnelle.
26:05En l'accompagnant jusqu'au bout,
26:07elle est morte en soins palliatifs
26:09dans une clinique,
26:10dans l'autre,
26:11parce qu'on ne pouvait plus,
26:13c'était trop lourd en soins,
26:16les traitements et tout,
26:17mais on l'a apaisée,
26:20on l'a accompagnée,
26:22on était avec elle jusqu'au bout,
26:24jusque dans sa chambre,
26:25trois jours avant de mourir,
26:26elle avait la musothérapie,
26:28elle dansait avec ses mains,
26:29elle faisait la valse de vienne.
26:31Donc, moi, ce que je dis,
26:33l'accompagnement de fin de vie,
26:34oui,
26:35mais à condition
26:36d'accompagner les familles,
26:37de préparer les familles,
26:40parce que moi,
26:40je vois dans mon accompagnement
26:42de bénévoles en soins palliatifs,
26:44l'hôpital public
26:45est déshumanisé.
26:47Pour les familles,
26:48c'est terrible.
26:50Les malades,
26:51là où il n'y a pas d'unité
26:52de soins palliatifs,
26:53les malades sont dans
26:54des unités de soins,
26:56la priorité,
26:57c'est le soin,
26:59la fin de vie,
27:00c'est un deuxième,
27:01bon,
27:01ce n'est pas la priorité,
27:02il faut soigner le malade,
27:03voilà,
27:04mais le personnel est souffrant,
27:07parce qu'il n'a pas le temps
27:09de donner du temps
27:11comme il faudrait
27:12pour accompagner les familles
27:13qui sont souvent,
27:15quand elles n'ont pas été
27:15bien accompagnées,
27:17elles sont dans le délai
27:17de la maladie,
27:19les familles sont en souffrance,
27:21le malade,
27:22le pauvre,
27:23il ne sait pas trop
27:24ce qui se passe,
27:24et tout le monde
27:28souffre,
27:28donc cette souffrance,
27:30cette euthanasie,
27:31c'est peut-être bien,
27:33mais avant de proposer
27:34l'euthanasie,
27:35il faut préparer les familles,
27:37parce que quand on ne
27:38prépare pas les familles,
27:39les gens ne font pas
27:41un deuil serein.
27:42ça c'est vrai,
27:45restez avec nous Pierrette,
27:46je vous lis une réaction,
27:47vous voulez la lire François-Louis ?
27:49Je ne l'ai pas malheureusement,
27:50je l'ai sur mon écran,
27:52c'est Anne-Marie
27:53qui ne veut pas passer
27:53à l'antenne,
27:54mais qui nous écoute
27:55et qui souhaite laisser
27:56un message.
27:58J'ai travaillé
27:58dans les hôpitaux,
27:59aujourd'hui je suis aidante
28:00auprès de mon mari,
28:01il faut souligner
28:02le manque d'aide
28:03et de moyens
28:03pour les aidants
28:04en France.
28:06Philippe,
28:06Muriel,
28:07vous avez entendu
28:08Pierrette qui est avec nous,
28:09vous pouvez bien évidemment
28:10échanger avec elle,
28:11Philippe,
28:12vous pensez,
28:13comme le dit Pierrette
28:14qui parlait de sa mère
28:15avec des mots très touchants
28:16en disant qu'elle avait eu
28:18une belle fin de vie
28:19en soins palliatifs,
28:20que le soutien aux malades
28:22il est essentiel,
28:23mais le soutien aux familles
28:24il est souvent oublié,
28:25Philippe ?
28:27Alors,
28:29je ne suis pas passé par,
28:30je ne suis jamais passé
28:31par cette étape.
28:33Je ne peux pas dire
28:34si le soutien aux familles
28:37est à la hauteur ou pas.
28:39La seule chose,
28:40c'est qu'effectivement,
28:41il est évident
28:42qu'il est nécessaire,
28:45il est obligatoire,
28:46il est fondamental
28:47de soutenir les familles,
28:50d'aider les familles,
28:51d'aider psychologiquement
28:54les familles
28:55à la disparition.
28:57Mais il faut aussi penser
29:00à l'être qui est malade,
29:03à l'être qui a mal,
29:03à l'être qui souffre.
29:04C'est lui le principal intéressé.
29:06Bien sûr,
29:07la famille,
29:08c'est important.
29:09Bien sûr qu'il faut
29:10aider les familles
29:11et les soutenir
29:12et être là.
29:13Mais tout ça,
29:15on le fait pour quoi ?
29:16On le fait pour le bien-être
29:18du patient,
29:18on le fait pour le bien-être
29:19de la personne
29:20qui est malade.
29:21C'est-à-dire que
29:22le projet de loi,
29:24les projets de loi
29:25et notre sujet,
29:27c'est quoi ?
29:28C'est simplement
29:29la fin de vie.
29:30C'est la fin de vie
29:31d'un être cher.
29:32C'est la fin de vie
29:33de quelqu'un.
29:34C'est la fin de vie
29:34de quelqu'un qui souffre.
29:36C'est ça l'important.
29:37Mais parfois,
29:38c'est même la fin de vie
29:39de nous-mêmes.
29:40Oui, bien sûr,
29:41ça peut être
29:43notre fin de vie à nous.
29:44Bien sûr.
29:45Mais c'est ça
29:45qui est important.
29:46C'est la dignité.
29:47C'est la souffrance.
29:50Si c'est pour finir
29:52que c'était pour finir
29:54dans la souffrance
29:56comme un légume,
29:57comme...
29:58C'est pas la peine.
29:59Je veux dire
29:59qu'il n'y a pas de choix
30:01à faire.
30:02Il n'y a pas de discussion
30:03à avoir.
30:04Alors, effectivement,
30:05bien sûr,
30:06comme le dit notre auditrice,
30:08il est évident
30:09qu'il faut accompagner
30:12la famille.
30:13Il faut accompagner
30:14les proches.
30:16Bien sûr.
30:17Mais surtout,
30:19ce qu'il faut penser,
30:21c'est la personne
30:22qui est malade.
30:24La personne
30:24qui va mourir.
30:26Parce que c'est ça,
30:26en fait.
30:27Alors, Philippe,
30:29restez avec nous
30:29à faire réagir Muriel,
30:31dont le témoignage
30:32était très touchant.
30:33Muriel,
30:33que vous avez entendu
30:34Pierrette.
30:35Qu'est-ce que vous avez
30:35envie de dire ?
30:36Vous avez été soutenu,
30:37vous, psychologiquement ?
30:39Alors,
30:39on a été préparé
30:41pendant une dizaine
30:42de jours.
30:43Bon, c'est moi
30:43qui ai voulu ne pas écouter.
30:45Mais pendant dix jours,
30:47oui,
30:47ils nous ont préparés,
30:49ils nous ont dit
30:50il n'y a plus rien à faire.
30:52Bon, moi,
30:52je n'ai pas voulu écouter,
30:53mais c'est vrai
30:53que pendant dix jours,
30:55tous les jours,
30:55puisque j'y allais
30:56tous les jours,
30:57on était convoqués
30:58au bureau
31:01du médecin.
31:02Il nous a expliqué
31:03tout,
31:03qu'il n'y avait plus rien
31:04à faire,
31:05qu'il fallait,
31:05voilà.
31:05mais on a été préparé
31:07et par contre,
31:08je remercierai,
31:09je n'ai pas pu,
31:10je n'ai pas eu le courage,
31:11je ne l'ai jamais fait,
31:13l'infirmière
31:14qui s'occupait
31:14à le débrancher,
31:15qui lui a parlé
31:16comme s'il était
31:17toujours vivant
31:18en disant
31:19son nom de famille,
31:20je vais vous,
31:21n'ayez pas peur,
31:22je ne vais pas vous faire mal,
31:23elle disait,
31:24je vous débranche
31:25les appareils,
31:26mais vraiment,
31:27d'une chantillesse,
31:29par contre,
31:30ça,
31:31ouais,
31:31c'était très bien.
31:34Pierrette,
31:35vous êtes avec nous encore,
31:36quand vous entendez Muriel,
31:37préparez les gens,
31:38vous êtes bénévole,
31:39accompagnante,
31:41quand vous entendez Muriel,
31:42on peut préparer les gens
31:44en une dizaine de jours
31:45au départ d'un proche,
31:46voire même d'un très proche ?
31:47Je ne sais pas,
31:49non,
31:49je ne sais pas,
31:51je ne pense pas
31:52qu'on ait l'apaisement
31:53serein nécessaire.
31:54Moi,
31:55je pourrais simplement dire
31:56que j'ai fait un accompagnement
31:57de vin de vie
31:58d'une fratrie,
31:59ils étaient tous fâchés,
32:00la maman avait fait
32:02un AVC,
32:03mais elle avait toute sa lucidité.
32:05J'ai vu une famille déchirer
32:07quelque chose
32:08qui était épouvantable à vivre
32:10et bon,
32:11on m'a demandé d'intervenir
32:12en tant que bénévole
32:13pour apaiser un peu
32:14cette famille.
32:15D'intention,
32:16oui.
32:17Apaiser,
32:18d'abord,
32:18il fallait apaiser
32:19les uns,
32:20les autres,
32:20c'est très compliqué
32:22et bon,
32:24vous savez,
32:25nous,
32:25en tant que bénévole,
32:26normalement,
32:26on n'a pas le droit
32:27de parler de religion,
32:28parce qu'on est laïque
32:30et donc,
32:31le fils était tellement ébranlé,
32:33je le prie dans le couloir,
32:34je lui ai dit,
32:34mais écoutez,
32:35qu'est-ce qu'on peut faire,
32:35votre maman,
32:36tout ça.
32:37Alors,
32:37il me dit,
32:38ma maman,
32:38vous savez,
32:39elle est fâche avec tout le monde,
32:40mais elle est une protestante,
32:41elle n'existe.
32:42Je ne savais pas ce que c'était,
32:43je ne savais pas que ça existait,
32:44bon,
32:45mais ça voulait dire
32:45qu'elle était révoltée
32:46contre tout et tout.
32:48avec les infirmières
32:49et la cadre,
32:50on a cherché
32:51à mettre en place,
32:52à trouver
32:52qu'est-ce qu'on pouvait faire.
32:54On a trouvé
32:55le pasteur.
32:57Cette dame,
32:59elle a réuni,
33:00on y a réuni ses enfants,
33:02moi,
33:02c'était le mardi,
33:04le jeudi matin,
33:05elle était morte,
33:05sereine et apaisée,
33:07parce qu'elle avait fait la paix
33:08avec sa famille,
33:09elle avait fait la paix
33:10avec ses enfants
33:10et elle était partie.
33:12Ça,
33:12c'est ma plus belle expérience.
33:14Mais après,
33:14quand vous dites ça,
33:15moi,
33:15aujourd'hui,
33:16quand je vous dis
33:17que je suis bénévole,
33:18après le décès de ma mère,
33:20je n'ai pas eu de bol,
33:20mon mari a été atteint
33:22d'un cancer de la prostate.
33:24Oui.
33:25Très sévère.
33:26On pensait que ça,
33:27je ne le dirais pas.
33:28Donc,
33:29bon,
33:29vu comment ça s'était passé,
33:30c'est un parcours du combattant
33:32et de faire un accompagnement,
33:33même d'un parent,
33:35d'un proche.
33:37C'est un parcours du combattant
33:38de les accompagner
33:39jusqu'au bout du chemin.
33:40J'ai décidé de faire
33:42cette fameuse formation,
33:43un an et demi,
33:44et j'ai fait 18 mois
33:46de bénévole
33:48en hôpital.
33:49Et après,
33:50j'ai un peu levé le pied
33:50parce que ça devenait
33:51un peu compliqué.
33:52Mais mon mari a commencé
33:53par la prostate,
33:54un cancer du rein,
33:55un cancer des carcinomes
33:57au poumon,
33:58des nodules au poumon.
33:59Voilà.
33:59Ça fait 9 ans
34:00que ça dure.
34:01D'accord.
34:029 ans.
34:03Donc,
34:03la première chose
34:04que j'ai demandé
34:04quand on nous a expliqué
34:05ce qu'avait mon mari
34:06et la gravité,
34:08j'ai demandé
34:08qu'un psychologue,
34:09le prenne d'abord
34:10à lui en charge,
34:12mais en faire ensuite
34:13pour que nous semillions
34:15ensemble
34:15avec sa maladie.
34:18Oui.
34:18Nous avons appris
34:19à parler de sa maladie
34:20comme on parle
34:21de grosse grippe.
34:23Oui.
34:23mon mari avait peur
34:24de la mort.
34:25On ne pouvait pas
34:26en parler.
34:26C'était quelque chose
34:28de terrible,
34:28des disputes terribles.
34:30Mais on est arrivé
34:31aujourd'hui,
34:32je ne sais pas
34:33si c'est ça,
34:34mais on est très bien
34:35accompagné
34:36parce qu'il est soigné
34:36sur Montpellier.
34:39Il arrive
34:40à surmonter
34:41tous ses cancers.
34:42Oui.
34:43Aujourd'hui,
34:44les nodules au poumon
34:46ne restent qu'un tout petit.
34:48Bon,
34:48il a toujours
34:50le goût de la vie.
34:51On avance ensemble.
34:52Mais moi,
34:53je crois que la maladie,
34:54avant de parler
34:55de la panasie
34:56comme on est en train
34:56de nous la préparer,
34:58je suis allée au congrès
34:59de la Sfap
35:00à Lille.
35:01C'est quoi la Sfap ?
35:02La Sfap,
35:03c'est l'association
35:07des soins palliatifs
35:08au niveau national.
35:09D'accord,
35:10ok.
35:10On avait une présidente
35:12extraordinaire
35:13qui s'appelle
35:14Claire Fourcade
35:15qui a fait un travail
35:16extraordinaire.
35:18Et donc,
35:18avant de parler
35:19de l'euthanasie
35:20comme on en parle,
35:21moi je pense qu'il faut
35:22d'abord accompagner
35:23les malades,
35:24les familles
35:24avec le côté médical
35:25et spirituel.
35:26On ne peut pas arriver
35:28à dire malade.
35:29Moi j'ai vu une jeune femme
35:30de 40 ans partir.
35:32C'était quelque chose
35:33de bon,
35:33ça vous secoue.
35:34C'est l'âge de mes enfants.
35:36Mais on arrive
35:37à accompagner.
35:38Mais l'acte final,
35:40comme a dit la dame
35:42Muriel,
35:43on vous propose
35:45l'euthanasie
35:46un peu trop facilement.
35:48Et dans les EHPAD
35:49aujourd'hui,
35:50je suis désolée,
35:51je vais mettre le nom.
35:53Victor Castanet
35:53l'a écrit,
35:55le livre des fausse-foyeurs
35:56dans les EHPAD.
35:57On va raccourcir
35:59brutalement
35:59la vie des personnes âgées.
36:00Et les familles
36:01n'auront pas trop
36:02leurs mots à dire.
36:03Et ça c'est un fait,
36:04c'est un constat.
36:05Pierre-Hette,
36:06restez avec nous
36:06parce qu'on doit faire une pause
36:07et ça réagit encore
36:08au 0826-300-300.
36:10Vous avez d'ailleurs
36:10peut-être envie de réagir
36:11à ce que nous dit
36:12Pierre-Hette,
36:13c'est très touchant,
36:13très poignant.
36:14Et on va continuer
36:15de vous donner du temps
36:16à l'antenne.
36:16Donc 0826-300-300,
36:18je le rappelle.
36:19Si vous ne voulez pas
36:20témoigner oralement,
36:21vous pouvez aussi
36:22laisser des messages.
36:23Laissez des messages,
36:23on les lira.
36:247, 20, 18 par SMS.
36:25Vous laissez le mot VV,
36:27tout simplement.
36:27Donc deux fois le mot V
36:28et voilà.
36:29Vous pouvez témoigner aussi
36:30par SMS.
36:31A tout de suite
36:31pour ce sujet
36:32qui est la fin de vie
36:33qui vous fait énormément réagir.
36:40Et c'est un débat
36:42qui vous fait toujours
36:43beaucoup réagir.
36:44François-Luc Bourneau,
36:45le débat sur la fin de vie.
36:46Tout à fait.
36:47Je le rappelle,
36:48petit point actu,
36:48mais l'Assemblée nationale
36:49a approuvé hier
36:50en seconde lecture
36:50les deux propositions
36:51de loi sur la fin de vie.
36:54Nous étions avec Pierrette,
36:55Pierrette qui est bénévole,
36:56qui accompagne justement
36:57les personnes
36:58dans les hôpitaux.
37:00Et on va prendre aussi Audrey.
37:01Audrey,
37:02vous êtes de Foix.
37:02Bonsoir.
37:03Bonsoir Audrey.
37:04Oui, bonsoir.
37:04Vous avez un témoignage
37:06à nous livrer
37:07assez personnel.
37:08On vous écoute,
37:08prenez votre temps.
37:09Et puis si vous voulez
37:10faire comme Audrey,
37:10justement,
37:11c'est le 0 826 300 300
37:13que vous devrez composer.
37:14Allez-y Audrey.
37:15Oui, donc moi je disais,
37:17en fait,
37:17j'ai travaillé avec des enfants
37:18toute ma fille.
37:19On parlait des enfants
37:20tout à l'heure.
37:21Vous parliez des enfants.
37:22Des enfants très handicapés,
37:24physiques et mentaux,
37:25mais aussi physiques.
37:27Et je n'ai jamais vu
37:29un enfant qui demandait
37:30à mourir,
37:31si vous voulez.
37:31parce que l'enfant
37:33n'est pas toujours
37:33vers la vie.
37:34C'est-à-dire que
37:35j'ai connu un enfant,
37:36par exemple,
37:36l'IMC,
37:37un firmateur surébal.
37:38Il était complètement...
37:40Il savait que sa vie
37:41était très courte,
37:43mais il était très joyeux
37:44tout simplement
37:45parce qu'il saisissait
37:48l'instant présent,
37:49si vous voulez.
37:49Donc il souffrait énormément
37:50parce qu'il avait
37:51des douleurs.
37:52Ses muscles ne grandissaient pas
37:53autant que ses os,
37:54si vous voulez.
37:55Donc voilà.
37:55Ça, c'est une première chose.
37:57Une deuxième chose,
37:58j'ai été très touchée
37:59par le témoignage
38:00de l'épièrette.
38:01Et moi,
38:02c'est ce que j'appelle
38:02la spiritualité,
38:03c'est-à-dire moi,
38:04mes parents sont décédés.
38:05Et l'entourage,
38:07effectivement,
38:08et la manière
38:08dont on peut aider
38:10la personne
38:12au-delà
38:13de la souffrance physique,
38:14pour moi,
38:14ça me paraît
38:15très important.
38:16Et dans cette société,
38:17aujourd'hui,
38:18on élimine la vieillesse.
38:21Je donnais un témoignage.
38:22J'ai ma marraine
38:23qui est décédée
38:24entre Noël et le 1er janvier.
38:26Ma famille ne m'a même
38:26pas prévenue.
38:27Donc ça a été terrible.
38:30Il devait y avoir
38:31trois personnes
38:31à son enterrement
38:32et c'est catastrophique.
38:34Enfin, je veux dire,
38:36voilà,
38:37moi, je trouve
38:38qu'on est dans une société
38:39où on inverse
38:40complètement le problème.
38:42Après, je peux comprendre,
38:43on a des gens
38:43qui souffrent énormément,
38:44mais je pense que ça
38:45va devenir
38:45beaucoup trop facile.
38:48Et comme témoigner
38:49une personne,
38:50les personnes,
38:50finalement,
38:51qui luttent
38:52pour continuer à vivre
38:54finissent par être
38:55culpabilisées
38:56de devenir trop lourdes
38:58pour leur entourage
38:59et leur famille.
39:00Et ça,
39:00pour moi,
39:01ça va beaucoup trop loin.
39:02Audrey,
39:03Pierrette est restée avec nous.
39:05Si vous voulez échanger,
39:06je vous laisse en parler.
39:07Pierrette,
39:08votre message
39:08a beaucoup touché Audrey.
39:10Notamment,
39:11vous avez parlé
39:11de ces familles déchirées.
39:13Elle aussi,
39:13ça a été le cas.
39:14Sa marraine est décédée.
39:15On ne l'a même pas prévenue.
39:17Est-ce que,
39:18quelque part,
39:19ce projet de loi,
39:20ça ne nous oblige pas
39:21à nous regarder aussi
39:22en face
39:23à notre lien
39:24à nos proches ?
39:26Pierrette.
39:27Oui,
39:28aujourd'hui,
39:29la mort,
39:30on a un peu évolué.
39:31La mort est encore
39:32un sujet tabou.
39:33Ah,
39:34Voilà.
39:35Alors,
39:35le premier tabou,
39:37moi,
39:37j'habite,
39:38bon,
39:38la zone,
39:38une zone complètement
39:40désertique
39:40au milieu médical,
39:41mais nos élus
39:43ont peur de la mort.
39:44C'est un sujet tabou.
39:45On délègue,
39:46excusez-moi,
39:47je vais être trivial,
39:48on délègue la patate
39:49de boisette.
39:51Voilà.
39:52Donc,
39:52aujourd'hui,
39:53les médecins
39:54sont,
39:55on est,
39:56bon,
39:56on manque
39:57importants
39:58de médecins,
39:58mais nos élus
40:00sont en train
40:01de nous pondre
40:01des médecins,
40:04de nous mettre en place
40:04des médecins
40:06sans salariés.
40:07Ça veut dire
40:08qu'aujourd'hui,
40:09avec un médecin,
40:108h,
40:11midi,
40:112h,
40:1217h,
40:13oui,
40:1417h,
40:15on ne peut plus garder
40:16de grands malades
40:17à la maison.
40:18Donc,
40:18ce que vient de dire Audrey,
40:21du moment qu'on ne peut plus garder
40:22à la maison,
40:23quand ils sont placés,
40:24si on pense qu'il y a une famille
40:26qu'il faut préserver,
40:26on le fait,
40:27mais souvent,
40:28ça se passe,
40:29on les prévient le jour après.
40:33C'est grave.
40:35La mort,
40:36c'est quelque chose,
40:37dans les pays africains
40:39ou même dans le Maghreb,
40:42les anciens
40:42sont les personnes centrales
40:43d'une famille.
40:44Eh bien,
40:45nous,
40:45non,
40:45on a honte de la vieillesse,
40:46on a honte des malades,
40:47on ne parle surtout pas
40:48du mal.
40:49Bon,
40:49moi,
40:50je le vis dans mon entourage,
40:51avoir un cancer.
40:52Nous,
40:52on a complètement cassé le tabou.
40:54On parle de ça
40:54comme on parle d'une rage de dents.
40:57Oui,
40:58parce que ça fait partie de la vie.
40:59C'est la vie.
41:01C'est la vie.
41:01Audrey,
41:02vous voulez répondre
41:02et échanger avec Pierrette ?
41:04Oui,
41:04je suis complètement d'accord
41:05avec vous,
41:06Pierrette.
41:08Je veux dire,
41:09on met les gens en EHPAD
41:10le plus rapidement possible.
41:12Parfois,
41:12il n'y a pas le choix,
41:14mais je veux dire,
41:15mes parents ne sont pas allés en EHPAD.
41:17Il était hors de question.
41:18Je veux dire,
41:20je veux dire,
41:21parfois,
41:21on n'a pas le choix.
41:22Moi,
41:22j'ai vu le cas,
41:23je vais prendre part au débat,
41:25pour ma mère
41:25qui avait Alzheimer
41:27et un cancer,
41:28il n'y avait vraiment plus de choix.
41:29C'était ça,
41:30le problème ?
41:31Oui,
41:31voilà,
41:31ça peut arriver,
41:32surtout avec Alzheimer,
41:33c'est sûr.
41:34Mais c'est vrai aussi
41:37si vous permettez,
41:38il faut déculpabiliser les gens
41:40qui placent les parents
41:42par obligation.
41:43Parce qu'on n'a pas le choix,
41:44comme vous venez de dire.
41:45Mais aujourd'hui,
41:46il y a quand même
41:47beaucoup de gens
41:48et de personnes
41:50qui ne veulent pas
41:51sacrifier leur loisir
41:53ou leur vie,
41:54leur...
41:55moi,
41:55je vais vous dire,
41:55accompagner ma mère,
41:56ce n'est pas compliqué,
41:57j'ai sacrifié
41:5810 ans de ma vie
41:59de loisir
42:00les week-ends
42:00et les matins.
42:01Mais aujourd'hui,
42:02je suis apaisée,
42:03je n'ai ni regret
42:04ni remords.
42:05Mais oui,
42:06c'est ça.
42:06Je crois que c'est ça
42:07le plus important
42:08dans la vie.
42:09Mais est-ce que vous ne croyez pas
42:10qu'il y a quand même
42:11une chose...
42:11Hier,
42:11on oublie de le dire,
42:12mais il y a eu deux lois
42:13qui ont été votées,
42:15dont une qui a été votée
42:16à l'unanimité.
42:17Alors,
42:18pour arriver à mettre
42:19tout le monde d'accord
42:20dans l'Assemblée Nationale
42:21où il y a 50 nuances
42:23de pensée politique,
42:24c'était celui
42:25sur les soins palliatifs.
42:27Est-ce que vous pensez
42:27que là,
42:28on va dans le bon sens,
42:29Audrey et Pierrette ?
42:31Bien sûr.
42:32C'est évident.
42:33Les soins palliatifs,
42:34c'est ce que,
42:36normalement,
42:37tout le monde devrait faire
42:38ou apprendre à faire.
42:39C'est l'accompagnement,
42:41tout simplement.
42:42C'est tellement naturel,
42:44c'est sûr.
42:45Et c'est une bonne chose.
42:46Vous pensez,
42:47vous, Pierrette,
42:47vous qui accompagnez
42:48des personnes en fin de vie,
42:49que le soin palliatif,
42:50mais on avait un auditeur
42:52qui nous appelait tout à l'heure
42:53qui disait que ça allait
42:53augmenter encore
42:54les disparités régionales.
42:56Vous dites,
42:57moi,
42:57je suis dans les Corbières
42:57dans un désert médical.
43:00Alors,
43:02quand on est dans des petits villages,
43:04il y a une solidarité
43:05qui n'existe pas en ville.
43:07Je suis désolée.
43:08Non, mais en fait,
43:09je suis totalement d'accord avec vous
43:10parce qu'au moins,
43:11dans les petits villages,
43:12tout le monde se connaît,
43:13dans les villes,
43:13personne ne se connaît.
43:15Dès qu'il y a quand même
43:16des gens qui sont en difficulté,
43:17quand on est les gens là,
43:18on s'entraide.
43:20Il y a toujours l'entraide.
43:21Aujourd'hui,
43:21bon,
43:22moi,
43:22je suis sur un projet
43:23qui fait débat
43:24et qui ne plaît pas
43:26à nos élus,
43:26mais justement,
43:28de faire de l'accompagnement
43:29de fin de vie
43:30dans des zones
43:30comme les nôtres.
43:31mais il faut arriver
43:34à ce que dit Audrey.
43:36Il faut rester aujourd'hui
43:37au niveau de l'humain.
43:39Et l'humain,
43:39aujourd'hui,
43:40c'est de la merchandisation.
43:43Ce n'est pas possible, ça.
43:45Le soin palliatif,
43:46c'est l'avenir.
43:47Pierre Fourcade
43:48à Narbonneux
43:49qui s'occupe
43:52de l'unité
43:53de soins palliatifs,
43:54je vous promets,
43:55c'est exceptionnel.
43:57C'est malheureux
43:57de dire des choses.
43:58Quand on parle de l'amont,
44:00il y a un accompagnement.
44:00Moi, j'ai envoyé
44:01une de mes clientes
44:02qui est arrivée
44:03du nord de la France
44:04chez nous.
44:05Elle n'avait pas de famille.
44:06Je l'ai envoyée là.
44:08Chaque fois qu'elle me voit,
44:09elle me dit
44:09mais je te remercie.
44:11On m'a pris en charge
44:12dès le départ.
44:14Donc, c'est ça.
44:15Il faut arrêter.
44:16Il ne faut pas dire
44:16qu'il n'y a pas de l'argent.
44:17Il y a de l'argent
44:17pour ce qu'on veut.
44:20Oui.
44:22Vous, vous avez donc
44:24comme vous êtes
44:25dans le milieu
44:26Pierrette,
44:27il y a combien
44:27d'unité de soins palliatifs
44:28dans l'autre ?
44:29Il y a Carcassonne,
44:29Narbonne, c'est ça ?
44:31Carcassonne,
44:31il y a une unité
44:32de soins palliatifs
44:34à la clinique au Montréal
44:36qui est gérée
44:36par un sang.
44:38La clinique à Narbonne.
44:39Il y a une unité
44:40à l'hôpital de Narbonne.
44:43À l'hôpital à Carcassonne,
44:44il y a des lits
44:45qui sont classés
44:46lits soins palliatifs
44:49mais dans des services.
44:50Un lit par-ci,
44:51un lit par-là.
44:52Tandis que Carcassonne,
44:54l'unité,
44:55c'est 12 lits.
44:56Les gens,
44:57c'est le coucouning.
44:58C'est ce que dit Audrey.
44:59Les familles sont plus en charge.
45:01La psychologue est là.
45:02Les médecins sont là
45:03à tout moment.
45:04Le personnel répond
45:05dès que vous avez
45:06un petit souci.
45:07C'est ça.
45:08Voilà.
45:09C'est ça l'accompagnement
45:10de fin de vie.
45:11On fera peut-être
45:12l'euthanasie
45:13même dans les unités
45:14mais tout le monde
45:16a cheminé ensemble.
45:17On ne peut pas faire
45:19moi je suis contre ça.
45:21On ne peut pas faire
45:22l'euthanasie
45:23comme on fait
45:24le vaccin de la grippe.
45:26Ça c'est évident.
45:26Ça va de soi.
45:27Audrey,
45:27qu'est-ce que vous voulez répondre ?
45:28Dans l'Ariège,
45:30c'est un département
45:31encore moins peuplé
45:32que l'autre.
45:32Vous avez des unités
45:33de soins palliatifs ?
45:34Vous le savez ou pas ?
45:35Alors je ne sais pas exactement.
45:36Mes parents n'étaient pas
45:37en Ariège
45:38donc je n'ai pas pu...
45:50D'accord.
45:52Donc c'est un peu différent.
46:07que ce soit sur les soins
46:08palliatifs,
46:09l'euthanasie
46:09dans un cas
46:10ou dans l'autre.
46:11Il était temps
46:12d'avoir enfin
46:13ce débat en France ?
46:14Ce débat sur le tabou absolu ?
46:17Moi je ne sais pas.
46:19Je trouve que...
46:22tous les sujets
46:24qu'on a abordés
46:24dont Pierrette a parlé,
46:26ils ne sont pas
46:27beaucoup abordés.
46:30Moi je trouve
46:32que c'est beaucoup
46:32trop léger.
46:34C'est trop facile.
46:35Et pour vous,
46:36Pierrette,
46:36pour conclure ?
46:39Il faut bien trouver
46:40des solutions
46:41dans les souffrances extrêmes.
46:43On est bien d'accord.
46:44Mais dans les souffrances extrêmes.
46:46Oui.
46:46Après,
46:47quand vous parlez
46:47de bénévoles,
46:48il y a beaucoup de bénévoles
46:50qui sont dans les hôpitaux,
46:51qui tournent.
46:52Il y a beaucoup de bénévoles.
46:53Et heureusement
46:53que les gens sont là
46:55pour écouter les familles,
46:56pour les accompagner.
46:57Il y a beaucoup de bénévoles.
46:58Mais aujourd'hui,
47:00il faut qu'il est inacceptable
47:01que les soignants
47:03soient en souffrance
47:04dans les hôpitaux,
47:05surtout quand on fait
47:06de l'accompagnement
47:07dans les soins palliatifs.
47:08Ça c'est inacceptable
47:09et c'est inhumain.
47:10Merci beaucoup Pierrette.
47:12Merci Audrey.
47:12Merci à vous toutes et tous
47:13qui vous avez appelé
47:14et qui avez vraiment livré
47:16votre cœur
47:16sur vos expériences de vie.
47:18qui étaient toutes
47:19plus touchantes
47:20les unes que les autres.
47:21On sait que ce n'est pas
47:21toujours simple Philippe
47:22de se livrer comme ça
47:23et vous le faites.
47:23Donc merci,
47:24ça vous aide sûrement.
47:25Et nous,
47:26on est là pour prendre
47:26vos témoignages avec Philippe
47:27et puis on se retrouvera lundi.
47:29Puisque demain c'est rugby.
47:30Demain c'est rugby.
47:31Et puis 19h20,
47:32on prend tous les appels
47:340826 300 300.
47:35Vous nous suggérez les sujets.
47:36Et avec Philippe,
47:36on vous donne la parole.
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