- il y a 2 jours
Tous les sujets qui font la une de l'actualité décryptée par Elodie Huchard et ses invités, le samedi de 12h30 à 13h et le dimanche de 11h à 13h dans #100%Actu
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00:00Bonjour à tous, ravie de vous retrouver pour 100% Actu.
00:04On va commenter toute l'actualité de ce samedi avec mes invités dans un instant,
00:08mais d'abord le journal avec Sandra Chombo. Bonjour Sandra.
00:14Bonjour Elodie, bonjour à tous.
00:16À la une de l'actualité, l'audition de Marine R. et Marc B.
00:19a repris ce samedi au tribunal de Setúbal au sud de Lisbonne.
00:23Ils sont soupçonnés d'avoir abandonné ce mardi au bord d'une route au Portugal
00:27les deux garçons de la femme âgés de 4 et 5 ans.
00:30À l'issue de leur audition, les deux individus risquent d'être placés en détention provisoire
00:34pour des frais présumés de maltraitance, de mise en danger d'autrui et d'abandon.
00:40Deux animateurs du périscolaire à Paris ont été écroués hier.
00:43Ils ont exercé à l'école Saint-Dominique et sont soupçonnés de violences sexuelles sur des enfants.
00:48Une animatrice a, elle, été placée sous le statut de témoin assisté.
00:52L'information judiciaire ouverte porte sur des faits commis au préjudice d'une vingtaine d'enfants
00:56selon le parquet.
00:57Les deux hommes de 52 et 44 ans sont poursuivis pour des actes à caractère sexuel.
01:02Et puis à peine rénovée et déjà vandalisée, la salle du conseil municipal de Toulouse
01:07a été dégradée ce vendredi.
01:08Du mobilier principalement a été endommagé.
01:11Le maire de la ville, Jean-Luc Moudinck, a partagé son indignation sur le réseau social X
01:15en publiant une vidéo des faits.
01:17Il dénonce un profond manque de respect pour ce lieu emblématique de la démocratie toulousaine
01:21et va porter plainte.
01:25Merci à vous Sandra Thionbo et pour m'accompagner pendant cette demi-heure.
01:29Myriam Djabali-Larac, bonjour.
01:30Bonjour.
01:31Je rappelle que vous êtes professeur d'économie.
01:32On va beaucoup parler des jeunes justement dans cette émission.
01:35Et Mathieu Hoc, bonjour.
01:36Bonjour.
01:37C'est le préfère général du millénaire.
01:38Je voudrais qu'on commence avec ce qui s'est passé à Reims.
01:41C'était hier soir.
01:43Huit personnes ont été blessées, dont au moins deux grièvement lors d'un rassemblement
01:47de tuning totalement, évidemment, illégal.
01:50Et selon les informations, vous le voyez, de nos confrères de la rédaction d'ici,
01:54donc c'est vers 23h40 hier que les faits se sont produits.
01:57Une voiture a accidentellement foncé dans la foule sur un rond-point.
02:02Et les précisions du parquet de Reims sont particulièrement intéressantes.
02:05Non seulement ce rassemblement, vous le voyez, était parfaitement illégal,
02:09mais le mis en cause qui a pu être interpellé et placé en garde à vue
02:12était multi-récidiviste, roulait sans permis de conduire
02:16et avait bu de l'alcool.
02:19Mathieu Hoc, on en parle malheureusement et on pense à ces personnes blessées
02:23parce que malheureusement, tout est réuni.
02:24Un rassemblement illégal avec un chauffeur multi-récidiviste sans permis
02:28qui a pris de l'alcool et qui a foncé dans la foule.
02:30C'est le combo du parfait délinquant et du délinquant parfait
02:35qu'on voit assez régulièrement dans notre pays.
02:38Le véritable enjeu, je trouve, sur ce sujet-là, c'est pourquoi
02:41cette personne-là est en situation de récidive.
02:43S'il est en situation de récidive, c'est qu'il n'a pas été jugé
02:45de manière suffisamment forte et ferme.
02:47Il n'a pas appris en tout cas.
02:48Lors de la première fois.
02:49Et donc, effectivement, il réédite son acte de délinquance
02:55puisque ça lui coûte moins cher de faire son acte de délinquance
02:57plutôt que la sanction.
02:59Et l'enjeu qui est clé, en plus, on est dans le cadre d'un chauffard.
03:03Donc, on est sur le phénomène des refus d'obtempérés qu'on connaît bien.
03:07On le sait, plus 50% de refus d'obtempérés depuis 2017.
03:11C'est cette délinquance routière qui prend plein de formes différentes.
03:15Exactement, qui s'est banalisée aujourd'hui.
03:16Et surtout, et moi, c'est là où je veux alerter,
03:18c'est un chiffre que je donne souvent,
03:19qui met en danger les riverains, qui met en danger les policiers.
03:23Savez-vous que dans le cadre des 24 000 refus d'obtempérés
03:25qu'on a par an, 20% des refus d'obtempérés,
03:28la vie d'un riverain ou la vie d'un policier est directement en jeu.
03:32Or, le problème, c'est qu'on a instauré dans l'esprit des policiers
03:35le fait qu'ils ne pouvaient pas intervenir
03:37parce qu'ils seraient systématiquement le coupable.
03:38Ils doivent subir, mais surtout pas répliquer.
03:40Exactement.
03:40Et donc, dans 20% des cas, la vie du policier ou d'un riverain est en jeu
03:44et les policiers n'utilisent leur arme que dans moins de 1% des cas
03:48parce que, justement, ils s'autocensurent face à cette délinquance débridée.
03:51L'un des enjeux pour pouvoir mettre fin à ce type d'actes,
03:55c'est de, justement, rétablir l'autorité de l'État
03:57et rétablir l'autorité de la police au premier chef.
03:59Vous avez parlé des autorités de l'État.
04:01On va voir la réaction du préfet de la Marne.
04:03Il s'appelle Romain Royer.
04:05Il a réagi à cela.
04:06Il dit ceci.
04:07Ces événements organisés au mépris des règles élémentaires de sécurité et de la réglementation
04:12mettent gravement en danger la vie des participants et des spectateurs.
04:16Ces rassemblements illégaux font l'objet d'une vigilance constante des services de l'État.
04:20Des opérations de contrôle et de sécurisation sont régulièrement conduites
04:24afin de prévenir les troubles à l'ordre public et garantir la sécurité de tous.
04:28Mais là encore, Myriam, on voit la différence entre ce que dit ce préfet,
04:32qui n'a d'ailleurs sans doute pas les moyens de faire grand-chose en réalité.
04:35Est-ce qu'il s'est vraiment passé ?
04:36On nous dit qu'il y a des contrôles, on nous dit que c'est illégal, on nous dit que
04:39c'est scandaleux.
04:40C'est très bien, mais ça n'a pas empêché que ce rassemblement se tienne à Reims.
04:44Il y en a malheureusement un peu partout en France.
04:46Et ça n'a pas empêché cet accident.
04:47Oui, alors l'arsenal législatif existe, il a commencé en 2018.
04:52Il y a eu un confortement et même un durcissement répressif sur ces rassemblements sauvages
04:57parce qu'ils sont dangereux.
04:59Hélas, comme vous le dites justement, ça n'empêche pas les rassemblements sauvages de se multiplier.
05:04Ces rôdés aux sauvages d'avoir lieu.
05:06Alors je rappelle que le tuning n'est pas illégal, il est juste encadré.
05:09Mais là, a priori, ce n'est pas du tuning cette affaire.
05:12C'est vraiment un rassemblement de jeunes au mépris de la sécurité.
05:15Oui, chacun prend sa voiture et fait des petits tours de rond-point.
05:17Voilà, et a priori, vous disiez qu'il était alcoolisé.
05:21Alcoolisé, sans permis et multirécidiviste.
05:23Donc deux choses.
05:25Effectivement, la question de comment se fait-il qu'un multirécidiviste ne soit pas encadré.
05:29En même temps, on ne peut pas mettre un animateur derrière chaque délinquant
05:36à qui on offre la chance de se réinsérer.
05:39Et puis deuxièmement, comment se fait-il que ces activités qui sont nocives, dangereuses pour nos concitoyens
05:45continuent d'exister alors que l'arsenal législatif existe ?
05:49Donc oui, on a une impuissance sur ce type d'activités et d'actions.
05:53On est face à une... comme une désidéolisation...
05:57Alors, idéolisation, désidéolisation...
06:00Beaucoup trop de syllabes, on se voit bien.
06:02Je veux dire que la violence n'est plus idéologisée, en fait.
06:06Elle n'a plus de sens, elle n'exprime plus rien.
06:09Et là, en l'occurrence, c'est complètement gratuit, c'est inconscient.
06:12Ni pourquoi, ni comment.
06:14Alors, les réseaux sont passés par là parce qu'il m'en semble que je lisais également
06:16que c'était un rassemblement qui avait été demandé sur Snapchat.
06:22Oui, c'est le problème, c'est qu'ils s'organisent sur les réseaux sociaux
06:24et derrière, ils mettent aussi les vidéos, ce qui permet malheureusement un engrenage.
06:27Et puis, surtout, de rassembler encore plus de monde.
06:31La question, c'est comment est-ce qu'on s'y prend ?
06:33Parce qu'aujourd'hui, effectivement, c'est un multirécitiviste qui est l'auteur des faits,
06:36mais demain, ça peut être un primo, enfin, quelqu'un de lambda qui s'est laissé dessus.
06:40Donc, oui, de la prévention, puisqu'on a vu que le côté curatif et punitif ne fonctionne pas.
06:46Mais je crois que, véritablement, ces jeunes n'ont pas conscience du danger qu'ils prennent.
06:50Je vous racontais tout à l'heure l'histoire de ce jeune que j'avais en cours
06:53et d'autres avec qui on discutait, qui n'ont vraiment pas conscience
06:55et qui accusent l'État de ne pas leur donner d'espace pour exercer ce type d'activité.
07:01Sauf, comme vous le dites, même quand on leur donne, c'est moins amusant, c'est sûr.
07:06C'est plus dangereux.
07:07Mais effectivement, je pense que dès le collège ou le lycée, on a besoin de cours.
07:11Alors, je ne dis pas que l'éducation doit tout faire,
07:15mais en tout cas, elle doit répondre aux nouveaux mots de notre société.
07:17Et de prévenir.
07:18Et prévenir.
07:19Alors là, aujourd'hui, on n'a plus d'autres choix, puisqu'on voit bien que déjà,
07:21on va y revenir, mais nos prisons sont pleines.
07:24Oui, qu'est-ce qu'on fait ?
07:25Justement, je suis moyennement d'accord avec ce que vous venez de dire,
07:28parce qu'effectivement, vous parlez de la répression.
07:33Versus curatif.
07:34Exactement, et que le curatif n'a pas fonctionné.
07:36Mais avons-nous réellement essayé une politique de répression ?
07:39Il y a aujourd'hui dans notre pays, plus de près de 100 000 peines de prison
07:42qui sont inexécutées, faute effectivement de places de prison.
07:46Ne parlez pas trop vite des places de prison, parce qu'on y arrive après.
07:48Ne dites pas tout maintenant.
07:49En tout cas, ça me paraît être un vrai sujet.
07:51Aujourd'hui, par rapport à ce qu'ont fait les pays anglo-saxons,
07:53on avait travaillé sur la réponse régalienne qu'avaient apportées
07:57Ronald Reagan et Margaret Thatcher dans les années 80 dans leurs pays,
08:00et par rapport à celles que nous, nous avons faites,
08:02on peut, en termes de construction de places de prison,
08:05de vitesse dans les tribunaux,
08:06de moyens alloués sur l'aspect régalien,
08:09c'est-à-dire intérieur et justice,
08:12on est en retard.
08:13On n'a jamais réellement essayé une véritable politique dite répressive,
08:17alors même que, dans le débat public, on a l'impression qu'on fait du répressif,
08:20alors que ce n'est pas tout à fait vrai.
08:21Et on va parler dans un instant, justement, de la surpopulation carcérale.
08:24Avec les derniers chiffres, on est à 139% de surpopulation carcérale.
08:28Mais d'abord, on va redire un mot de ces fameuses zones à faible émission,
08:31puisque, vous le savez, jeudi,
08:33le Conseil constitutionnel est revenu, justement, sur leur suppression.
08:37Il estime, le Conseil constitutionnel,
08:39que cette disposition ne devait pas être dans la loi de simplification.
08:43Évidemment, la classe politique a réagi.
08:46On regarde les détails avec Florian Doré et Chloé Tarka.
08:50Leur disparition n'aura été que de courte durée.
08:53Les ZFE, zone à faible émission,
08:55avaient été supprimées par les parlementaires il y a plus d'un mois.
08:58Mais ce jeudi, le Conseil constitutionnel a finalement tranché
09:02et a décidé de censurer ce vote.
09:04Une décision déjà contestée.
09:06Je pense que le Conseil constitutionnel a tort
09:09et affaiblit beaucoup son autorité en se comportant ainsi.
09:12Il contraigne la volonté exprimée par le peuple.
09:15C'est quand même très problématique.
09:16Si le Rassemblement national demande sa suppression,
09:19les socialistes et les écologistes souhaitent le maintien du dispositif,
09:23tandis que la France insoumise appelle à mettre en place des alternatives
09:26plus adaptées aux besoins des automobilistes.
09:29Je pense que c'est reculé pour mieux sauter,
09:31parce que ces ZFE, elles ne sont pas bien pensées.
09:35Elles sanctionnent bien davantage les ménages les plus pauvres
09:39qui n'ont pas les moyens de changer leur voiture.
09:42Et donc, je pense que c'est faire de l'écologie punitive,
09:46là où on devrait repenser notamment l'accès aux services publics
09:50et aux services publics de transport,
09:51en fournissant des alternatives qui sont accessibles financièrement,
09:56c'est-à-dire gratuites pour les plus précaires,
09:58gratuites pour les jeunes,
09:59avant de dire de tout de suite sanctionner
10:02ceux qui ont une vieille voiture et qui n'ont pas les moyens de la changer.
10:05Avec cette réhabilitation,
10:06ce sont près de 3 millions de véhicules polluants
10:08qui ne pourront plus circuler dans les 25 ZFE déjà en vigueur,
10:13comme à Paris ou à Lyon.
10:15Myriam, ce qui est intéressant,
10:16c'est qu'on voit d'ailleurs que la France insoumise
10:18et le Rassemblement national sont plutôt d'accord sur cette question.
10:21Et je vais reprendre ce que disait Manon Aubry.
10:22Aujourd'hui, le Conseil constitutionnel a dit
10:25à un certain nombre de Français les plus pauvres,
10:27soit vous changez votre voiture, soit tant pis,
10:29vous n'irez plus dans les centres-villes.
10:30Le message qui est envoyé par le Conseil constitutionnel,
10:33il est extrêmement discriminant en réalité.
10:36Alors, il y a un vrai souci, effectivement.
10:38Il y a un problème d'équité sociale,
10:40de tension entre l'écologie et la justice sociale.
10:44Le vrai problème de ces ZFE, c'est le critiquaire 3.
10:49Parce que le critiquaire 3, c'est 20% des autres.
10:51La petite vignette qu'on met sur la voiture pour savoir...
10:53Alors, il y a plusieurs critiquaires, 1, 2, 3.
10:56Et alors, aujourd'hui, on pouvait rentrer dans les grandes métropoles
11:00avec le 1 et le 2.
11:02Le 3 n'était pas concerné.
11:03Pourquoi ? Parce que le 3 concernait uniquement les voitures
11:06d'avant 2011 pour le diesel
11:08et d'avant 2006 pour l'essence.
11:10Or, là, c'est critiquaire 3, c'est 20% des véhicules,
11:14donc presque 7 à 8 millions de voitures.
11:17Et donc, ça concerne les ménages modestes
11:20qui ne peuvent pas en changer.
11:21Parce qu'il faudrait passer à des véhicules
11:24après 2010 ou après 2011 pour le diesel
11:26et après 2006 pour l'essence.
11:29Donc, oui, effectivement, on va opposer
11:32les ménages modestes avec ceux qui ont de l'argent.
11:34Et je rappelle qu'une voiture, ce n'est pas juste
11:36un moyen de transport de confort pour beaucoup de gens.
11:38C'est aller au travail.
11:40C'est vraiment nécessaire, évidemment.
11:41Il y a une disparité entre la ville et le périurbain
11:45ou la ruralité parce que les transports
11:49ne sont pas équitables et ne sont pas égalitaires.
11:52Partout, ça, c'est la deuxième chose.
11:54Et enfin, il faut rappeler qu'on accuse souvent
11:57les particuliers et les automobiles.
11:59Alors, oui, je veux bien les émissions
12:00et les particules concernent les transports.
12:03Mais pourquoi on ne taperait pas également,
12:05je rappelle que l'aviation ou l'industrie,
12:07même si ce n'est pas les plus polluants,
12:09vous allez me dire 18% pour l'industrie
12:11et 5% pour l'aviation.
12:12Oui, mais il faut que tout le monde s'y mette.
12:13Exactement.
12:13Et là, aujourd'hui, on va...
12:15Alors, pour le coup, LFI tape le doigt dessus,
12:17mais de manière très stigmatisante aussi.
12:21Je ne dis pas que tout est à jeter.
12:22C'est 25 zones en France qui concernent les...
12:24Oui, on voit la carte.
12:25Il faudrait soit...
12:27Alors, toutes les métropoles ne l'ont pas souscrit
12:29à la Critique R3.
12:30Par exemple, Reims a reculé jusqu'en 2029,
12:33Paris à 2025.
12:34Mais ce qui me questionne, moi,
12:35c'est comment le Conseil constitutionnel,
12:37grâce à un outil législatif,
12:41qu'on appelle le cavalier...
12:42Législatif.
12:43Voilà, législatif,
12:44a permis de retoquer
12:45ce que le Sénat avait validé du Parlement.
12:48Et là, pour l'un coup,
12:48je suis bien satisfaite
12:50que le Parlement ait pris conscience
12:52de la réalité du terrain.
12:53C'est-à-dire que ces ZFE Critique R3
12:55ne sont pas acceptables en l'État.
12:57Et effectivement, c'est ça la question, Mathieu,
12:59sur ce cavalier législatif.
13:00On sait même que certains macronistes
13:02avaient voté en faveur
13:03de la suppression des ZFE
13:05en comptant, en fait,
13:06sur le Conseil constitutionnel derrière
13:08pour censurer cet article.
13:10C'est-à-dire qu'on voit bien que maintenant,
13:11si le Conseil constitutionnel veut s'arranger,
13:13il y aura toujours un argument
13:15pour dire que c'est un cavalier législatif,
13:17que cet article ne doit pas être
13:18dans telle loi ou telle loi.
13:19En fait, on ne va pas s'en sortir.
13:20C'est pour moi le véritable sujet
13:22sur la décision du Conseil constitutionnel.
13:24C'est qu'aujourd'hui,
13:25le Conseil constitutionnel,
13:27les juges, ont dépossédé les politiques
13:29des pouvoirs qui leur sont attribués
13:31par le vote des citoyens
13:34et par les Français.
13:35Et c'est un véritable même scandale,
13:37il faut oser le terme,
13:38parce qu'aujourd'hui,
13:39on savait déjà que le Conseil constitutionnel
13:42pouvait censurer a priori
13:43des lois et des projets.
13:45Ça a été le cas pour la loi immigration
13:48de Bruno Retailleau lorsqu'il était président
13:49du groupe LR au Sénat
13:51avant qu'il soit ministre de l'Intérieur,
13:53censuré exactement sur le même modèle,
13:54c'est-à-dire un cavalier législatif.
13:56C'était le cas pour Gabriel Attal.
13:58Il y avait une censure de fond
13:59et aussi un peu de forme
14:00sur certains articles.
14:02Ça a été le cas pour des articles
14:03de la loi de narcotrafic.
14:04Donc on savait que dès qu'on voulait
14:05faire une loi un peu plus répressive,
14:06le Conseil constitutionnel censurait.
14:08Mais là, ce qui est dramatique
14:09sur cette décision du Conseil constitutionnel,
14:11c'est que non seulement
14:12on ne peut plus faire la loi,
14:13mais on ne peut même plus les défaire.
14:14puisque les ZFE,
14:15on parle là d'une suppression
14:17d'une loi déjà existante
14:18et le Conseil constitutionnel
14:21a utilisé le principe
14:22effectivement du cavalier législatif
14:23pour annuler une décision
14:25qui faisait supprimer une loi
14:27que vous avez très bien rappelé
14:28qui est injuste pour beaucoup de Français.
14:30C'est aujourd'hui,
14:30on ne peut même plus faire la loi
14:32et on ne peut plus la défaire.
14:32On ne peut pas la défaire non plus.
14:33C'est un vrai problème.
14:34Et effectivement,
14:34on reviendra aussi
14:35dans les prochaines éditions
14:36sur la composition du Conseil constitutionnel,
14:38comment neuf personnes
14:39peuvent décider de la vie
14:41ou de la mort d'une loi.
14:43On va parler maintenant
14:44des mineurs
14:45puisque le service statistique ministériel
14:47de la sécurité intérieure
14:48a publié son dernier rapport
14:50sur les victimes et les mineurs
14:52qui sont mis en cause
14:53dans des affaires
14:54au cours des dix dernières années.
14:56Alors ce qu'on voit,
14:57c'est qu'il y a d'abord
14:57beaucoup de plus en plus
14:58de mineurs qui sont victimes
15:01et surtout une violence
15:02qui est véritablement
15:04aujourd'hui exponentielle
15:05avec notamment
15:05de plus en plus de mineurs
15:06impliqués dans des tentatives
15:08d'homicide
15:08ou des infractions
15:09à caractère sexuel.
15:11On fait le point
15:11avec Célia Barotte.
15:13En 2025,
15:14les services de police
15:15et de gendarmerie nationale
15:16ont enregistré
15:17près de 300 000 victimes mineures,
15:19soit une augmentation
15:20de 77% en dix ans.
15:23En revanche,
15:23la part des mises en cause mineures
15:25a diminué de 15%
15:26sur cette même période,
15:27mais elle reste tout de même importante.
15:30L'an dernier,
15:30les autorités ont enregistré
15:32232 300 mineurs
15:33mis en cause.
15:34Les infractions
15:35qui les concernent
15:36sont de différentes natures.
15:37par exemple,
15:3831% d'entre eux
15:39ont été mis en cause
15:40pour des actes
15:41portant atteinte
15:42ou visant à porter atteinte
15:43à la personne,
15:4416% pour des infractions
15:45liées aux stupéfiants
15:46ou à d'autres substances
15:48psychoactives,
15:49ou encore 9%
15:50pour des infractions
15:51à caractère sexuel.
15:52Dans le détail,
15:53par rapport à 2016,
15:55le nombre de mineurs
15:56mis en cause
15:56pour infractions
15:57à caractère sexuel
15:58a augmenté
15:58de plus de 132%,
16:00majoritairement
16:01pour des actes
16:02visant d'autres mineurs.
16:03Augmentation également
16:04de plus de 6%
16:05pour les violences physiques
16:06commises par des mineurs.
16:08Sur cette même période,
16:09les services de sécurité intérieure
16:11ont enregistré
16:1297 mineurs
16:13mis en cause
16:13en moyenne par an
16:14pour homicide
16:15et le nombre
16:16de tentatives d'homicide
16:17a presque doublé.
16:18Enfin,
16:19même si le nombre
16:20des mineurs
16:20mis en cause
16:20pour atteinte aux biens
16:21et usage de stupéfiants
16:22ont diminué,
16:23respectivement
16:24de 41%
16:25et 58%,
16:26celui des mises en cause
16:28pour trafic
16:28a augmenté
16:29de 55%.
16:30Mathieu,
16:31on voit bien la tendance,
16:32c'est-à-dire qu'on estime
16:33qu'il y a un peu moins
16:33de mineurs mis en cause
16:34même si le chiffre
16:35reste trop élevé
16:36mais les affaires
16:38dans lesquelles
16:38ils sont mis en cause
16:39sont de plus en plus violentes.
16:40Je rappelle ce chiffre,
16:41plus 132%
16:42dans les affractions
16:43à caractère sexuel,
16:446% dans les violences physiques
16:45et plus de 200 mineurs
16:47en plus
16:48qui sont impliqués
16:49dans des tentatives
16:49d'homicide.
16:50Même dans le trafic de drogue,
16:51on voit qu'ils ne sont plus
16:51dans l'usage,
16:52maintenant ils sont passés
16:53dans le trafic.
16:54Donc moins de mineurs
16:55mais qui sont impliqués
16:56dans des affaires
16:57beaucoup plus violentes.
16:57En fait,
16:58ce que l'on voit
16:58sur la question
16:59des violences
17:00commises par des mineurs,
17:01c'est qu'on a
17:02une accentuation
17:03des dynamiques nationales
17:05dans toute la population
17:06en général.
17:06C'est-à-dire qu'en fait,
17:07quand vous regardez
17:07les chiffres du ministère
17:08de l'Intérieur
17:09sur les questions de sécurité
17:10depuis 2017,
17:11on constate qu'il y a
17:12en règle générale
17:13plutôt une baisse
17:14sur les atteintes aux biens
17:15et une explosion
17:16sur les atteintes aux personnes.
17:18Et cette explosion
17:19sur les atteintes aux personnes,
17:20on a une explosion
17:21encore plus importante
17:22des mineurs
17:23de la même façon
17:24que les mineurs
17:24sont beaucoup moins représentés
17:25dans les atteintes aux biens.
17:27Et en fait,
17:27ce que l'on voit,
17:27c'est que surtout
17:28ce qui marque
17:30les sociétés occidentales,
17:32c'est l'ultra-violence
17:33et la barbarisation.
17:34L'ultra-violence,
17:34c'est des actes
17:35de plus en plus importants
17:37en termes d'intensité.
17:37Oui, il y a une gradation,
17:38on le voit bien.
17:39Et la barbarisation,
17:39c'est des actes
17:39qui échappent complètement
17:40au sens commun.
17:41Et on voit que les mineurs
17:42sont dans ces deux catégories-là
17:44et ensuite après
17:44qu'ils sont déclinés
17:45à travers le narcotrafic,
17:47à travers les tentatives
17:48d'homicide, etc.,
17:49sont surreprésentés.
17:51Ce qui pose un enjeu
17:52pour l'élection présidentielle
17:53de 2027,
17:54c'est l'avenir
17:55de la justice des mineurs.
17:57Et quand une société évolue,
18:00c'est-à-dire ce que disent
18:00beaucoup les progressistes,
18:01la société évolue,
18:02elle devient de plus en plus
18:03progressiste,
18:04il faut faire évoluer le droit
18:05sur les questions LGBT, etc.
18:07Pourquoi lorsque la société
18:08devient de plus en plus
18:10marquée par une violence
18:11importante,
18:12il ne faudrait pas faire
18:14évoluer le droit,
18:14c'est incohérent.
18:15Donc il faudra faire
18:16évoluer le droit
18:17et évoluer la réponse judiciaire
18:19sur la question
18:20de la justice des mineurs.
18:21Vous avez justement parlé
18:21de la justice des mineurs,
18:23Myriam, là aussi,
18:23on se rappelle
18:24que le Conseil constitutionnel
18:25avait censuré
18:27la loi menée
18:28portée par Gabriel Attal
18:29et on dit beaucoup
18:30sur ces plateaux
18:30que pour ces mineurs-là,
18:32on leur offre finalement
18:33simplement un parcours
18:34de récidive
18:34parce qu'ils ne sont
18:35jamais confrontés
18:36à la sanction
18:37et on le voit
18:37parce que ce sont sans doute
18:38les mêmes jeunes
18:39qui sont passés
18:40d'usage de stupéfiants
18:41à trafic de stupéfiants.
18:42C'est-à-dire que
18:43cette jeunesse aussi,
18:44quand elle ne trouve pas
18:45de stop à un parcours
18:46de délinquance,
18:47elle continue ?
18:48Oui, effectivement,
18:49je pense qu'on pourrait
18:50en rattraper un certain nombre
18:52et pas mal
18:52si dès le départ,
18:53effectivement,
18:53on avait été plus ferme
18:55et que la justice
18:56avait pu s'exercer immédiatement
19:00et non pas avec du sursis
19:01et non pas en jugeant.
19:03Alors, on a fait des progrès
19:04sur la justice,
19:05il me semble,
19:06puisque maintenant,
19:06les comparutions immédiates,
19:07vous me direz,
19:08sont plus rapides.
19:10Il y en a plus souvent.
19:11Ce que je note quand même
19:12sur ces chiffres,
19:13c'est qu'il y a,
19:14votre reportage le dit,
19:15il y a moins 15%
19:16de vie en justice.
19:17Je ne peux pas ne pas le dire
19:18en tant que professeur.
19:18Vous avez raison.
19:19Néanmoins,
19:21l'ultra-violence
19:22et la violence,
19:23les actes sont plus sauvages,
19:26sont plus féroces,
19:27sont plus violents
19:27et puis la violence
19:28entre les jeunes également,
19:29elle, pour le coup,
19:30a vraiment augmenté.
19:31Paradoxalement,
19:32on est dans une société
19:33où on psychologise beaucoup
19:34les enfants,
19:35on excuse,
19:36on individualise
19:37et en même temps,
19:38alors est-ce que c'est aussi ça
19:39la source du problème
19:40et en même temps,
19:42on a cette violence
19:43qui augmente,
19:45etc.
19:45Alors, je reviens
19:46sur cette notion
19:47d'une violence
19:48qui est beaucoup moins
19:49idéologisée qu'avant
19:50parce que, véritablement,
19:51on en a,
19:52il y a une dernière étude sociale
19:54qui est sortie,
19:55pour le coup,
19:55un peu étatique,
19:56un peu privée,
19:57mais qui explique effectivement
19:58que cette violence,
19:58en fait,
19:59elle n'est plus politique,
20:01comme elle aurait pu l'être
20:03il y a 6 ans.
20:04Elle est vraiment gratuite.
20:05Elle est, voilà,
20:05par réputation,
20:06par effet de groupe,
20:08par effet également
20:08des réseaux sociaux
20:10et donc,
20:10elle est moins structurée.
20:11Et puis,
20:12en même temps,
20:13on a cet ensemble
20:15qui est,
20:15j'allais dire,
20:16européen
20:16parce qu'on n'est pas isolé
20:18dans cette explosion
20:21de violences juvéniles.
20:22Est-ce qu'il faut
20:23attaquer que la société ?
20:24Est-ce qu'il faut avoir
20:25un angle sécuritaire
20:26uniquement,
20:27comme beaucoup le préconisent,
20:28et au dépend
20:29de l'angle social
20:30comme d'autres le proposent ?
20:31Je pense qu'il faut agir
20:32sur les deux.
20:33Évidemment,
20:33je ne crois pas
20:34que ce soit un manque
20:34de moyens.
20:35Je pense que c'est un manque
20:36de répartition des moyens
20:37et de choix,
20:38de priorisation
20:39d'où on met nos moyens.
20:40Je voudrais,
20:40pour les quelques minutes
20:41qui nous restent,
20:42juste dire un mot
20:43parce qu'on l'a évoqué
20:43tout à l'heure
20:44de la surpopulation carcérale.
20:45On sait maintenant,
20:46selon les derniers chiffres
20:48de l'administration pénitentiaire,
20:49Mathieu,
20:49139% de surpopulation carcérale.
20:52Ça rejoint tout ce qu'on vient
20:53de dire depuis le début aussi.
20:54Pourquoi il y a tous ces actes ?
20:55Alors, sur les mineurs,
20:56c'est une autre question.
20:57Sans doute parce qu'aujourd'hui,
20:58on ne peut plus mettre en prison
20:58puisqu'on n'a pas de place.
20:59Oui, en effet.
21:00D'ailleurs,
21:01nous, on va proposer
21:02un rapport la semaine prochaine
21:03sur ce sujet-là.
21:04Nous, on ne parle pas
21:05de surpopulation carcérale,
21:07on parle de sous-dotation carcérale.
21:09Parce qu'il y a une évolution
21:10qu'il faut prendre sur le temps long,
21:12c'est que les agressions
21:13à l'égard des personnes,
21:15donc c'est les agressions
21:15les plus hautes
21:16dans notre échelle des valeurs,
21:18il y en avait à peu près
21:1955 000 par an
21:21au début des années 90.
21:23En 1990, 55 000.
21:25À l'époque,
21:25il y avait à peu près
21:26autant de places de prison,
21:2755 000.
21:28Le problème étant
21:29qu'aujourd'hui,
21:30nous avons 400 000
21:32agressions contre les personnes,
21:34donc c'est-à-dire 8 fois plus.
21:35Et pour autant,
21:36les places de prison
21:36sont passées de 55 000
21:38à 66 000.
21:39Et 63 000 même, pardon.
21:41Et donc,
21:42vous avez un problème,
21:42c'est qu'on n'a pas fait évoluer
21:44notre arsenal carcéral
21:46par manque de moyens budgétaires,
21:47mais aussi parce qu'on a
21:49des délais de procédure
21:50qui sont très importants
21:51et aussi parce que
21:52des élus ne veulent pas
21:52en construire chez eux,
21:53en tout cas,
21:55permettre effectivement
21:56d'avoir des prisons
21:57dans leur ville.
21:58Et donc,
21:59il faut agir sur l'ensemble
22:00de ces leviers-là.
22:01Et l'enjeu qui me marque beaucoup,
22:03c'est qu'il faut augmenter
22:04le nombre de places de prison.
22:05Ça coûte très cher.
22:06Nous,
22:06quand on calcule
22:06un doublement de l'offre carcérale,
22:08ce qui serait le minimum
22:09pour pouvoir répondre
22:11au niveau de violence
22:12dans notre société,
22:13on est sur au moins
22:134 milliards d'euros par an.
22:16Un des principes
22:17qu'il faudrait mettre en place,
22:18me semble-t-il,
22:18c'est qu'aujourd'hui,
22:19vous avez beaucoup d'étrangers
22:20qui sont dans nos prisons.
22:22Et bien,
22:22si les pays...
22:23Qui participent à cette surpopulation.
22:24Exactement,
22:24qui participent 19 000.
22:26Si les pays ne veulent pas reprendre
22:27leurs criminels étrangers,
22:28ce qu'on peut comprendre,
22:29et bien,
22:29ils devraient payer
22:29les frais d'incarcération
22:31à la France
22:32parce que ce ne sont pas aux Français
22:33de payer le prix de l'insécurité
22:34et le prix des places de prison.
22:38prochaines éditions de CNews.
22:39Merci Mathieu,
22:40merci Myriam
22:41d'avoir été mes invités.
22:43Tout de suite,
22:43vous retrouvez
22:44Laurence Ferrari
22:44et Michel Onfray
22:45pour Face à Onfray.
22:47Moi, je vous dis
22:47rendez-vous tout à l'heure
22:48à 15h.
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