00:00Guérir parfois, soulager souvent, mais accompagner toujours.
00:10La gériatrie s'est naturellement imposée à moi pour son aspect holistique et pluridisciplinaire,
00:15permettant une prise en charge globale et individualisée du patient,
00:18en prenant en compte ses pathologies, mais aussi ses fragilités et son contexte individuel.
00:25On est un service de gériatrie aiguë,
00:27donc on prend les patients qui sortent des urgences en général,
00:30ou qui peuvent venir aussi nous être adressés du domicile ou des PAD,
00:33qui ont des infections ou des maladies potentiellement graves,
00:37qu'on stabilise et après on discute du devenir avant,
00:40soit le retour à domicile ou des centres de rééducation.
00:46La gériatrie m'a appris l'humilité,
00:48elle m'a permis d'ancrer cette conviction qu'on attribue souvent à un bras paré,
00:53guérir parfois, soulager souvent, mais accompagner toujours.
00:57Parce qu'en gériatrie, on ne connaît pas forcément l'issue,
01:00mais on peut toujours accompagner et être présent.
01:05Ce titre est né à la suite d'une expérience personnelle.
01:08C'était après le décès de ma mère, où je me sentais au creux de la perte,
01:12suite à quoi j'ai connu une résilience, une force que je ne connaissais pas,
01:15tout en étant au quotidien au cœur de la vie,
01:17accompagnée à soigner mes patients.
01:18J'ai compris une complexité de l'existence qui pouvait être à la fois fragile et belle.
01:23Ce livre est un court récit qui permet une exploration
01:26de ce que parfois nous impose la vie, comme bouleversement,
01:30mais aussi comme force et résilience permettant de poursuivre notre chemin.
01:35Il s'adresse particulièrement aux personnes qui traversent un deuil,
01:38parfois difficile, mais aussi à tous les professionnels qui peuvent accompagner la perte.
01:45L'écriture a toujours fait partie de moi.
01:48Ça a toujours été une sorte de thérapie permettant de mettre des mots sur l'indicible,
01:52d'exprimer mes émotions.
01:53Ça demande du temps qu'on n'a pas forcément,
01:55donc qu'il faut se dégager le soir, très tard.
01:58Moi, j'écris par pulsion et par inspiration.
02:01C'est vraiment exorciser et extérioriser une émotion.
02:07Après la perte de ma mère, j'ai senti que ma manière de soigner avait changé.
02:12Le décès de ma mère m'a rendue plus sensible et plus attentive
02:14à la dimension humaine de la pathologie.
02:17Ça a renforcé mon désir d'accompagner mes patients comme je l'aurais souhaité pour maman.
02:21J'essaie d'être plus proche, d'avoir une dimension plus humaine dans la prise en charge.
02:28Je pense qu'en tant que médecin, il est nécessaire de compartimenter vie professionnelle et personnelle,
02:34mais la cloison n'est jamais étanche.
02:35C'est justement cette porosité qui permet d'enrichir notre pratique au quotidien.
02:39On comprend que le savoir médical ne protège pas du chagrin,
02:42mais il permet justement de créer une proximité pour mieux accompagner nos patients.
02:48J'aimerais qu'ils retiennent qu'ils ont le droit d'avoir du chagrin, de se sentir vulnérables,
02:53que l'humanité n'est pas une faiblesse mais une ressource
02:56et qu'il faut d'abord prendre soin de soi avant de prendre soin des autres.
03:02Parce que je pense que les gens ont une mauvaise image de la gériatrie.
03:05La gériatrie a plusieurs aspects,
03:07donc souvent ce qui fait peur c'est l'aspect cognitif avec troubles du comportement, etc.
03:11Mais la gériatrie ne se résume pas à ça.
03:13Il y a d'autres aspects, d'autres pathologies, d'autres sous-spécialités
03:17qui font de cette spécialité une spécialité très intéressante.
03:23Un patient qui m'aurait dit merci de me voir en tant que personne,
03:26mais pas juste en tant que patient.
03:30Que la nuit peut être longue, mais le jour finit toujours par se lever.
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