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  • il y a 2 jours
Comment continuer à soigner quand on traverse soi-même la perte ? Dans Au cœur de la vie, au creux de la perte, Amira Belattar, médecin gériatre, explore ce point de bascule où l’intime rencontre le professionnel. Entre fragilité et résilience, elle livre un témoignage sensible qui interroge notre rapport au deuil, à l’amour et à la dimension profondément humaine du soin.

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Transcription
00:00Guérir parfois, soulager souvent, mais accompagner toujours.
00:10La gériatrie s'est naturellement imposée à moi pour son aspect holistique et pluridisciplinaire,
00:15permettant une prise en charge globale et individualisée du patient,
00:18en prenant en compte ses pathologies, mais aussi ses fragilités et son contexte individuel.
00:25On est un service de gériatrie aiguë,
00:27donc on prend les patients qui sortent des urgences en général,
00:30ou qui peuvent venir aussi nous être adressés du domicile ou des PAD,
00:33qui ont des infections ou des maladies potentiellement graves,
00:37qu'on stabilise et après on discute du devenir avant,
00:40soit le retour à domicile ou des centres de rééducation.
00:46La gériatrie m'a appris l'humilité,
00:48elle m'a permis d'ancrer cette conviction qu'on attribue souvent à un bras paré,
00:53guérir parfois, soulager souvent, mais accompagner toujours.
00:57Parce qu'en gériatrie, on ne connaît pas forcément l'issue,
01:00mais on peut toujours accompagner et être présent.
01:05Ce titre est né à la suite d'une expérience personnelle.
01:08C'était après le décès de ma mère, où je me sentais au creux de la perte,
01:12suite à quoi j'ai connu une résilience, une force que je ne connaissais pas,
01:15tout en étant au quotidien au cœur de la vie,
01:17accompagnée à soigner mes patients.
01:18J'ai compris une complexité de l'existence qui pouvait être à la fois fragile et belle.
01:23Ce livre est un court récit qui permet une exploration
01:26de ce que parfois nous impose la vie, comme bouleversement,
01:30mais aussi comme force et résilience permettant de poursuivre notre chemin.
01:35Il s'adresse particulièrement aux personnes qui traversent un deuil,
01:38parfois difficile, mais aussi à tous les professionnels qui peuvent accompagner la perte.
01:45L'écriture a toujours fait partie de moi.
01:48Ça a toujours été une sorte de thérapie permettant de mettre des mots sur l'indicible,
01:52d'exprimer mes émotions.
01:53Ça demande du temps qu'on n'a pas forcément,
01:55donc qu'il faut se dégager le soir, très tard.
01:58Moi, j'écris par pulsion et par inspiration.
02:01C'est vraiment exorciser et extérioriser une émotion.
02:07Après la perte de ma mère, j'ai senti que ma manière de soigner avait changé.
02:12Le décès de ma mère m'a rendue plus sensible et plus attentive
02:14à la dimension humaine de la pathologie.
02:17Ça a renforcé mon désir d'accompagner mes patients comme je l'aurais souhaité pour maman.
02:21J'essaie d'être plus proche, d'avoir une dimension plus humaine dans la prise en charge.
02:28Je pense qu'en tant que médecin, il est nécessaire de compartimenter vie professionnelle et personnelle,
02:34mais la cloison n'est jamais étanche.
02:35C'est justement cette porosité qui permet d'enrichir notre pratique au quotidien.
02:39On comprend que le savoir médical ne protège pas du chagrin,
02:42mais il permet justement de créer une proximité pour mieux accompagner nos patients.
02:48J'aimerais qu'ils retiennent qu'ils ont le droit d'avoir du chagrin, de se sentir vulnérables,
02:53que l'humanité n'est pas une faiblesse mais une ressource
02:56et qu'il faut d'abord prendre soin de soi avant de prendre soin des autres.
03:02Parce que je pense que les gens ont une mauvaise image de la gériatrie.
03:05La gériatrie a plusieurs aspects,
03:07donc souvent ce qui fait peur c'est l'aspect cognitif avec troubles du comportement, etc.
03:11Mais la gériatrie ne se résume pas à ça.
03:13Il y a d'autres aspects, d'autres pathologies, d'autres sous-spécialités
03:17qui font de cette spécialité une spécialité très intéressante.
03:23Un patient qui m'aurait dit merci de me voir en tant que personne,
03:26mais pas juste en tant que patient.
03:30Que la nuit peut être longue, mais le jour finit toujours par se lever.
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