00:00Il fait trop chaud pour un mois de mai, vous l'entendez beaucoup dans les infos en ce moment.
00:04On parle aussi déjà du manque d'eau et demain justement se tient un comité sécheresse en préfecture, ressources justement.
00:11Est-ce qu'on va déjà vers des restrictions ?
00:13Eh bien notre invité, l'invité d'ici matin, est là pour y répondre.
00:15Bonjour Eric Lefebvre.
00:16Bonjour.
00:17Vous êtes le directeur départemental des territoires et de la mer, quelles mesures seront prises demain ?
00:23Alors demain, lors du comité ressources en eau, qui est un comité qui réunit à peu près 80 structures,
00:29l'ensemble des acteurs de l'eau du département, états, collectivités, distributeurs, agriculteurs, chambres consulaires
00:38et puis également les associations de protection de l'environnement,
00:42eh bien nous allons proposer de passer au premier stade, qui est le stade de vigilance.
00:47Il y a quatre stades, la vigilance, l'alerte, l'alerte renforcée, la crise.
00:53Ce stade de vigilance, il ne va pas emporter de mesures particulières,
00:56mais il va déclencher une communication plus importante, comme celle que nous faisons aujourd'hui grâce à vous,
01:03et donc une sensibilisation du public et de l'ensemble des professionnels.
01:07C'est le premier pas avant, effectivement, des mesures de restriction qu'on attend dans les prochaines semaines.
01:12Et pour quelles raisons vous prenez cette mesure de vigilance ?
01:16Pourquoi tirer la sonnette d'alarme en fait ?
01:18Alors, il faut regarder un peu sur les dix derniers mois ce qui s'est passé.
01:22Très rapidement, une fin d'année 2025 très sèche.
01:26Un début d'année, on se souvient que les maralpins avaient le moral dans les chaussettes.
01:29Oui, il a fait que pleuvoir.
01:30Si j'ose dire, parce qu'il a plu.
01:32Mais ça n'a pas permis de compenser suffisamment le déficit de la fin d'année 2025.
01:37Et puis un mois d'avril que je qualifierais de catastrophique.
01:40Trois chiffres.
01:41C'est le mois d'avril le plus chaud depuis 1947, avec une moyenne de température pour le département de
01:483,5 de 3,5 degrés au-dessus de la moyenne.
01:51Et le deuxième plus sec.
01:53Donc c'est vraiment avril qui a, j'allais dire, sonné l'alerte et qui a fait qu'on a
01:58eu une dégradation très rapide.
02:00Et qu'aujourd'hui, par rapport à l'année 2025, on a deux mois d'avance sur l'arrivée de
02:05la sécheresse.
02:05Donc ça veut dire que même si on a un hiver pluvieux, si on a un printemps trop chaud et
02:10trop sec, ça ne compense pas en fait ?
02:13Ça ne compense pas parce qu'en fait la période qu'on appelle de recharge, elle court d'octobre à
02:17mars.
02:18Sur cette période, on n'a eu que deux mois à peine où on a eu effectivement de l'eau.
02:24Et ça n'a pas suffi.
02:26Et puis, c'est un élément, j'allais dire, nouveau et vraiment très impactant.
02:30C'est la hausse des températures qui a plusieurs effets.
02:34Et une fonte précoce du manteau neigeux, qui fait qu'on bénéficie moins longtemps de la neige qui est tombée
02:40en abondance.
02:41Mais ces effets durent moins longtemps dans le temps.
02:44Et puis, une évaporation beaucoup plus importante qui fait qu'on est effectivement aujourd'hui dans une situation très délicate.
02:49Donc là, vous voulez déclencher le niveau 1, le niveau de vigilance, de sensibilisation.
02:54Vous êtes sûr que ça sert à quelque chose ?
02:57Écoutez, je crois qu'aujourd'hui, oui, il est nécessaire de passer par ce stade.
03:02Sachant que des fois, on ne respecte même pas les restrictions.
03:05Oui, mais j'allais dire, on travaille sur le long cours.
03:08On sait qu'on est dans une phase où le dérèglement climatique, c'est une réalité.
03:13Et il faut vraiment passer, j'allais dire, dans une posture d'adaptation.
03:17Ça prendra du temps.
03:19Mais nous sommes là justement pour que, au fil des ans, les habitudes de sobriété se prennent.
03:28Il ne s'agit pas d'être punitif.
03:30Il s'agit vraiment de changer nos habitudes en actionnant tous les leviers qui sont possibles.
03:34Justement, est-ce que vous trouvez que ces mesures, ces alertes, elles sont comprises par les azuréens ?
03:40Alors, elles sont, je l'espère, et on y travaille, et là aussi avec votre aide.
03:46J'insiste, parce que dans nos journaux, on a entendu des azuréens dire
03:49« Moi, je ne peux pas arroser mes tomates, je fais comment ? »
03:52Ça, c'est compliqué quand même.
03:53On a, j'allais dire, un équilibre à trouver entre des mesures qui sont à la fois progressives, territorialisées.
04:02On a 13 secteurs dans le département, parce qu'on essaye vraiment d'adapter les mesures à l'état de
04:09la ressource qui alimente chaque secteur.
04:12Oui, mais du coup, vous avez un problème de communication.
04:14Parce qu'il y a une commune où on a le droit, une commune où on n'a pas le
04:16droit, alors que des fois, c'est des communes voisines.
04:18On a effectivement un défi de communication, et là, on fait appel à toutes les bonnes volontés, les médias, et
04:24vous y participez, et merci encore.
04:26On a aussi besoin, et on les a sensibilisés, lorsque le préfet les a reçus fin avril au Palais Sardes,
04:32les maires.
04:33Parce que les maires sont effectivement au plus près des populations pour, à la fois, relayer, éventuellement prendre des mesures
04:39qui peuvent être plus restrictives.
04:42Mais, on a aussi un devoir de crédibilité, prendre des mesures sur l'ensemble du département, ça n'aurait pas
04:48de sens, parce que ça ne répondrait pas à une situation hydrique locale.
04:53Et des mesures justes, quand on voit que les professionnels du BTP, en pleine sécheresse, peuvent arroser des travaux pour
04:59qu'il n'y ait pas de poussière,
05:00ou des golfs qui restent ouverts, alors que les azuréens ne peuvent pas arroser leurs tomates.
05:04Je reprends cet exemple, mais il est parlant.
05:05Alors, oui, sauf qu'il n'est pas tout à fait juste, si je peux me permettre, et je vous
05:10invite, et j'invite chacun de vos auditeurs à ce titre,
05:13à prendre connaissance de l'arrêté cadre sécheresse, qui va être révisé dans les prochains jours.
05:18Alors, c'est un document assez important, mais chaque secteur, aujourd'hui, fait des efforts.
05:24Et le BTP en est un. Il y a des mesures de restriction qui sont imposées.
05:29Là aussi, il faut trouver un équilibre, parce qu'un chantier qui n'est pas arrosé en pleine canicule,
05:34ça dégage de la poussière, et donc les riverains vont légitimement se plaindre,
05:40et ça peut provoquer un risque sanitaire.
05:42Donc on doit vraiment, là aussi, trouver un équilibre.
05:44Mais chacun, je peux vous le dire, les golfs également, il y a eu un gros effort de la part
05:49de...
05:49Il y a 18 golfs sur le département, il y a eu des gros efforts de fait de leur part,
05:53et ça continue.
05:53Je voudrais terminer sur les douches de plage.
05:55La présidente de l'association Terre Bleue, Hélène Granouillac, demande déjà la fermeture des douches de plage à Nice.
06:00Est-ce que ça va être fait ?
06:02Alors, les douches de plage dans le département, elles ferment lorsqu'on passe au stade de l'alerte renforcée.
06:08Il y a à peu près 400 douches de plage sur le département.
06:12On estime que ça représente la consommation annuelle d'à peu près 1500 foyers.
06:17Donc c'est pas négligeable.
06:18Et effectivement, lorsque ce sera nécessaire, les douches de plage seront fermées par arrêté.
06:23Et j'invite les maires à suivre cet arrêté lorsque le préfet le signera.
06:29Merci Eric Lefebvre, directeur départemental des territoires et de la mer dans les Alpes-Maritimes.
06:34Bonne journée.
06:34Merci à vous, très bonne journée.
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