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  • il y a 10 heures
Multiplication des crises, débats sur les contraintes environnementales et interrogations sur la rémunération… La vie des agriculteurs n’est pas simple. Smart Job fait le point en marge du Salon International de l’Agriculture 2026.

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00:00...
00:12Le Cercle RH pour débattre et se poser cette question.
00:15Être agriculteur en 2026, cela veut dire quoi ?
00:19Vous voyez des images, même si vous êtes des urbains,
00:21mais vous regardez la télé et vous voyez ce monde agricole en colère, furieux,
00:26certains même vont jusqu'au suicide.
00:28Un monde agricole qui dit tout simplement
00:30nous n'arrivons pas à vivre de notre travail.
00:34On voit des reportages où des agriculteurs vivent avec 200 euros, 300 euros, 500 euros.
00:38Et cette situation est intenable.
00:40Justement, on accueille des invités qui vont peut-être pouvoir nous dresser le portrait robot
00:45et nous donner envie de créer de l'attractivité aussi sur un secteur qui pique du nez.
00:50Avec moi, Simon Martin. Bonjour Simon.
00:52Bonjour.
00:52Merci d'avoir répondu à notre invitation.
00:54Secrétaire Général Adjoint des Jeunes Agriculteurs, vous venez de la Porte de Versailles,
00:59parce que depuis samedi, vous êtes Porte de Versailles pour ce Salon de l'Agriculture.
01:04On va en parler avec vous.
01:06Vous faites de la polyculture en Bretagne, côté Morbihan, avec de la betterave, du brocoli et d'autres légumes.
01:14Et aussi de la grande céréale, non pas de grande céréale ?
01:17Des grandes cultures classiques.
01:18Des grandes cultures classiques.
01:19Oui, tout à fait.
01:20Merci d'être avec nous.
01:21Dominique Boucherelle est là, un habitué de notre émission.
01:23Bonjour Dominique, président de l'ANEFA.
01:26L'ANEFA, c'est quoi ? Promotion, attractivité du métier ?
01:29Oui, bonjour tout d'abord.
01:31Donc l'ANEFA, c'est l'Association Nationale pour l'Emploi et la Formation.
01:34Et disons que notre domaine de compétence, c'est de mettre, on a une bourse de l'emploi
01:39qui permet de mettre en relation employeurs et salariés.
01:42Mais notre compétence première, c'est la promotion des métiers,
01:46l'attractivité des métiers de la production agricole.
01:50Simon Martin, pour essayer de répondre à la question qu'on se pose aujourd'hui,
01:54être agriculteur en 2026, comment vous définiriez votre métier ?
01:58À l'aune de tout ce que vous vivez, complexité économique,
02:03baisse des prix de vente de vos produits,
02:05des intrants et des produits agricoles qui ont augmenté.
02:08C'est quoi être agriculteur en 2026 ?
02:11Déjà, je commencerais par dire que c'est un beau métier.
02:14Et c'est peut-être la première chose à laquelle il faut se rappeler.
02:18C'est qu'aujourd'hui, nous avons un métier qui a du sens,
02:21un métier dont les jeunes peuvent rêver,
02:24un métier dont on est fier de faire ce métier-là.
02:29Et bien sûr, il y a des moments très difficiles,
02:31comme on a pu traverser ces derniers temps,
02:33et il faut pouvoir le porter au quotidien.
02:38Ces difficultés de revenus, ces difficultés aussi de perspectives,
02:41mais ça reste un métier attractif par la qualité de vie,
02:45par ce qu'on peut aussi porter à travers les valeurs qu'on a dans ce métier-là.
02:51Et je tenais aussi quand même à donner un message positif,
02:53parce que ça me semble essentiel qu'on puisse aussi en parler.
02:56Oui, c'est intéressant parce que les médias, évidemment, dont on fait partie,
03:00donnent souvent un reflet comme ça, assez sombre, à très noir.
03:02On voit des images, évidemment.
03:04Mais vous, vous portez quand même le bonheur d'exercer ce métier.
03:08Un mot quand même sur, et je donne la parole à Dominique Boucherelle,
03:11mais la loi du plomb, par exemple, acte 2, puisqu'il y a un acte 2 à cette loi,
03:17où ils rajoutent dans cette loi deux nouveaux pesticides ou produits intrants phytosanitaires.
03:25Qu'est-ce que disent les agriculteurs ?
03:26Vous dites qu'il a raison, il faut déréguler et nous permettre de produire comme on le veut,
03:30ou est-ce qu'il faut garder des normes et des règles ?
03:33Je vais vous dire que de se focaliser uniquement sur une molécule ou sur un élément,
03:38ce n'est pas du tout le sujet.
03:39Le sujet, c'est quel moyen de production, pour quelle souveraineté,
03:42nous, on veut aujourd'hui au niveau de la France et au niveau de l'Europe aussi.
03:46Et quand on entend de la défense de certains textes de loi, en particulier celui-là,
03:52la question, elle est réellement de quel moyen on veut donner aujourd'hui à nos agriculteurs,
03:56quelle équité on veut donner aussi à nos agriculteurs sur notre territoire français vis-à-vis de l'Europe,
04:01mais aussi vis-à-vis de n'importe quel consommateur ou simple citoyen français
04:06qui a ces molécules-là, entre autres, disponibles dans sa pharmacie, chez lui.
04:11Mais vous dites qu'il y a un autre modèle où on n'a pas d'autre issue que de
04:14passer par ces molécules ?
04:15Non, on défend tout type de modèle.
04:18Nous, pour nous, le modèle le plus important, c'est celui qui peut permettre d'avoir un revenu
04:24et être évidemment en équilibre avec notre environnement et durable.
04:28Ça nous semble évident que...
04:29Vous êtes la jeune génération, quand même, en agricole.
04:31Tout à fait. Et pour nous, il n'y a pas un seul modèle qu'on défend.
04:35Peu importe la forme d'agriculture, à partir du moment où les gens achètent
04:40et vont consommer ce type de produit,
04:43s'il y a un acte d'achat aussi derrière, c'est parce qu'il y a une raison.
04:46Donc il faut aussi que le citoyen soit éclairé sur ce qu'il souhaite.
04:49Dominique Boucherelle, vous parlez d'attractivité.
04:51On entend un jeune agriculteur engagé qui a son exploitation,
04:54qui travaille et qui nous dit que c'est un beau métier.
04:56Vous n'allez pas dire le contraire.
04:57Vous avez aussi une bourse de l'emploi, vous le disiez, pour mettre en relation.
05:01Qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui, il y a cette souffrance dans le monde agricole ?
05:04Comment vous la regardez, vous qui avez cette expérience et ce regard ?
05:07C'est un problème de revenu ?
05:08C'est un problème d'augmentation des prix des fournisseurs, des intrants ?
05:12Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui, ils n'arrivent pas à
05:16vivre de leur travail ?
05:17Déjà, nous, on a une vision un petit peu différente,
05:21même si de toute façon, notre but, c'est de promouvoir les métiers
05:24et de mettre en avant les métiers de l'agriculture.
05:26Mais déjà, nous, la NIFA, c'est aussi ce que j'ai oublié de préciser tout à l'heure,
05:29on est un organisme paritaire.
05:31Donc on a des représentants employeurs, on a des représentants salariés.
05:35Moi, je fais partie du collège salarié,
05:37donc représentant du collège salarié au sein de cet organisme.
05:41Mais derrière, c'est justement, on a besoin de main-d'œuvre.
05:46On fait partie des secteurs d'activité qui ont besoin de main-d'œuvre.
05:49Et qui créent de l'emploi.
05:49Comme l'a dit monsieur, on a un beau métier,
05:53c'est pour ça qu'on est là pour le promouvoir.
05:56Moi, je suis plutôt en fin de carrière,
05:58donc ça fait un certain temps que je suis salarié agricole.
06:01Et vous observez ?
06:01Voilà.
06:02Donc si on est resté ou si on a travaillé en agriculture,
06:06c'est qu'on y trouve un certain plaisir
06:08et qu'on arrive aussi à s'épanouir à travers les métiers d'agriculture.
06:13Mais vous êtes choqué, vous, qui êtes un salarié du monde agricole,
06:15salarié agricole, ça dit quelque chose.
06:17Est-ce que ça vous choque de voir qu'un agriculteur
06:19ou un éleveur laitier, producteur laitier,
06:23n'arrive à vivre qu'avec 400 euros ?
06:25Et qu'il est obligé de décaler des fournisseurs
06:27pour payer la réparation de sa voiture ?
06:29Enfin, ce n'est pas admissible.
06:29Non, non, mais nous, ça nous interpelle.
06:31D'ailleurs, si un agriculteur n'a pas de revenus,
06:35il ne va pas pouvoir employer de salarié.
06:37Et de fait, ça, c'est la première des choses.
06:40Donc si on veut que, disons, le monde agricole soit employeur,
06:44pour être employeur, il faut avoir une source de revenus.
06:46Donc automatiquement, nous, ça nous interpelle.
06:48Enfin, il peut aussi payer un salarié sans se rémunérer lui-même.
06:51Oui, ça peut arriver, mais il y a aussi d'autres vecteurs de salarisation
06:59ou de, en tous les cas, pouvoir faire appel à de la main-d'oeuvre.
07:03On a aussi ce qu'on appelle l'ECUMA,
07:05les coopérateurs d'utilisation de matériel agricole.
07:08Mais on a aussi les entreprises du territoire
07:10qui permettent aussi d'avoir de l'emploi.
07:13Mais ce n'est pas de l'emploi direct,
07:15mais ça permet d'avoir de l'emploi et d'avoir une source d'emploi.
07:17D'ailleurs, ces deux secteurs qui sont en croissance,
07:20le secteur, justement, des entreprises agricoles
07:25évolue de près de 2% sur deux ans.
07:28Donc c'est un secteur qui évolue du fait, justement,
07:30que sur une exploitation, on a besoin de travail,
07:35de salariés, et si on ne peut pas les employer directement,
07:40on fait aussi appel aux services
07:43qui peuvent, justement, pallier au manque de main-d'oeuvre.
07:45Donc derrière cela, il faut avoir des sources de revenus.
07:48Vous ne m'avez pas tout à fait répondu,
07:49j'y reviendrai sur les causes profondes.
07:51Vous allez peut-être me répondre.
07:52Quelles sont les causes profondes ?
07:53Vous qui incarnez un mouvement composé de combien,
07:56les jeunes agriculteurs ?
07:57Parce que c'est un très gros mouvement.
07:57Aujourd'hui, c'est 30 000 adhérents sympathisants,
08:00jeunes agriculteurs.
08:02Sur l'ensemble des territoires,
08:05aussi bien métropole qu'outre-mer,
08:07et avec un nombre très important
08:10d'associations cantonales, puis départementales,
08:13et enfin, on est présents sur 95 départements.
08:16Donc oui, on a une influence réelle sur le territoire.
08:20Et pour revenir, justement,
08:21sur les questions des causes profondes...
08:22La cause profonde, oui.
08:23L'une des choses qui nous semblent essentielles,
08:26pour nous, c'est comment est-ce qu'est valorisée,
08:30aujourd'hui, la matière première produite par les agriculteurs ?
08:34Et ça, c'est quelque chose d'essentiel.
08:36Et pour nous, il semble essentiel.
08:39On est en pleine négociation commerciale,
08:40qui vont se terminer, là, normalement.
08:42En général, c'est au 1er mars qu'on souhaite qu'elles soient terminées.
08:45Parfois, ça déborde un peu.
08:46Voilà, tout à fait.
08:47Et c'est vraiment la vraie question,
08:49c'est comment est-ce qu'on peut sécuriser
08:51la vente de nos produits
08:53pour qu'une fois que les coûts soient encadrés
08:57et soient bien intégrés,
08:59on puisse ensuite réfléchir
09:00aux coûts des distributeurs,
09:02transformateurs et compilés.
09:03Et ça, c'est une des causes réelles, franchement,
09:06de notre déboire de plusieurs filières,
09:09et je pense en particulier aux légumes,
09:10en particulier en ce moment,
09:12mais aussi le lait qui est en train de dégringoler.
09:14Ce n'est pas vous qui prenez les marges les plus importantes.
09:17On est d'accord.
09:17C'est su et reçu.
09:18Non, mais c'est important de le dire.
09:20C'est important de le dire.
09:21Et c'est aussi ce que nous, on défend,
09:22c'est qu'il faut de la transparence au niveau de ces marges-là.
09:24Et galine, ça ne marche pas, pas personne.
09:26Non, mais c'était un premier pas.
09:27C'était un premier pas que nous, on a poussé
09:29et on veut que ça aille plus loin.
09:31Mais pour que ça marche, qu'est-ce qu'il faut ?
09:33Il faut déjà que les indicateurs soient basés
09:35sur les coûts réels de production des agriculteurs.
09:37Il faut qu'il y ait une vraie transparence
09:39de la marge de nos distributeurs.
09:41Il faut aussi qu'il y ait un contrôle
09:43de ce qui rentre sur le territoire.
09:45Et de...
09:46Les accords Mercosur et autres ?
09:48Ça en fait partie.
09:49Ça fait partie de ces choses-là.
09:50Mais quand les centrales d'achat sont dégagées
09:54en dehors de la France
09:56pour échapper finalement à la réglementation française,
09:58c'est aussi une vraie problématique.
10:00Mais quand même, l'enjeu des intrants,
10:03l'enjeu de l'augmentation des coûts des intrants
10:05qui pèsent sur le niveau de vie,
10:07sur le niveau de rémunération,
10:09est-ce que vous dites, vous,
10:11au sein de votre conseil d'administration,
10:12est-ce qu'on change de modèle ?
10:13Est-ce qu'on réfléchit à une agriculture,
10:15je dirais, plus vertueuse en matière écologique ?
10:19Alors, déjà, on a l'agriculture
10:22qui est considérée la plus vertueuse au niveau mondial
10:25et en particulier européen.
10:27Donc ça, c'est déjà une première étape.
10:28Ensuite, pour savoir ce qu'on souhaite,
10:32qu'est-ce qu'on consomme en France ?
10:33Est-ce qu'on consomme français ?
10:34Est-ce qu'on consomme étrangers ?
10:36Aujourd'hui...
10:37À quel prix ?
10:38À quel prix ?
10:38Mais si on prend des exemples sur la volaille,
10:41on a plus de la moitié...
10:42On est plus souverains en volaille.
10:56Est-ce qu'on est conscient de ce qu'on achète ?
10:58Est-ce qu'on choisit d'acheter français ?
11:00Donc, cette agriculture plus vertueuse qu'on désire,
11:03est-ce qu'on désire la payer aussi ?
11:05Et ça, c'est une vraie question de la monter en gamme.
11:06Est-ce qu'on a promis aux gens en allant vers le bio
11:08ou d'autres éléments ?
11:09Nous, on est tout à fait d'accord si les gens le payent.
11:11En bio ?
11:11Ah si, tout à fait.
11:13À partir du moment où l'acte de consommation le montre.
11:16Mais aujourd'hui, on a des gens qui se sont orientés
11:18même vers la lentille en bio.
11:20Aujourd'hui, 95% de la consommation,
11:22elle vient de l'étranger et elle est OGM.
11:25Donc, soyons francs et directs...
11:27Pour être francs, j'ai lu que c'était plutôt la grande distribution
11:29qui faisait d'énormes marges sur le bio
11:31et qui venait finalement aussi tuer la filière.
11:33C'est aussi un produit d'appel pour eux.
11:34Exactement.
11:35Mais à partir du moment où on arrive à avoir une marge suffisante pour nous,
11:39aussi bien pour sécuriser notre revenu
11:40que aussi pour s'adapter et investir,
11:43c'est dans ce sens-là qu'on arrivera à être plus vertueux.
11:45Est-ce que vous êtes prisonnier finalement du prix du matériel agricole,
11:48du prix de vos intrants, du prix qui vous étouffe
11:51et qui en bout de chaîne fait que vous pouvez avoir un très beau chiffre d'affaires
11:54et avoir zéro de revenus à la fin du mois ?
11:57Ce qu'on a vu, des agriculteurs qui font des produits niche,
12:00ils font des très gros CA et à la fin du mois, ils ont zéro.
12:03Est-ce qu'il n'y a pas possibilité de se désenclaver de cette dépendance ?
12:08Alors le terme prisonnier me semble extrêmement fort
12:10parce que ça voudrait dire qu'on serait pris des points liés
12:12et esclaves jusqu'à la fin de notre vie
12:14et ça ne me semble pas très positif comme message.
12:15On ne peut y être que six mois.
12:17Oui, mais non, là-dessus...
12:18Il y a des petites peines, il y a des courtes peines.
12:20Oui, des courtes peines, à répétition.
12:22C'est ça.
12:23Non, non, moi je pense réellement qu'on a la possibilité
12:26et c'est aussi pour ça qu'on exprime notre colère
12:30et qu'on exprime la volonté de changement.
12:33Aujourd'hui, le contexte politique ne permet pas d'avancer très très vite
12:37dès qu'il y a des choses qui sont repérées et qu'on veut changer.
12:41On attend réellement des pouvoirs publics qui sont en capacité d'accélérer les choses.
12:44Quand on parle de loi d'urgence et qu'on la repousse à six mois...
12:47Il n'y a plus d'urgence ?
12:48Voilà, ce n'est plus d'urgence finalement.
12:50Donc on aimerait bien réellement qu'il y ait un sujet qui avance à ce niveau-là
12:53et qu'on soit avant l'été à travailler sur nos sujets.
12:56Dominique Boucherelle, la création d'emplois, vous êtes salarié agricole
13:00et vous représentez aujourd'hui la profession côté syndicat des salariés.
13:04C'est un secteur qui continue à recruter.
13:06On nous dit aujourd'hui qu'on a concentré les exploitations,
13:08qu'on a mis plus de technologies, qu'on a mis un peu d'IA de plus en plus,
13:13que globalement, le monde agricole embauche moins.
13:15Vrai ou pas vrai ?
13:16C'est... du moins... déjà, je dirais que...
13:19Vous allez dire que c'est faux, faites-vous plaisir.
13:21Non, non, mais c'est faux, oui et non.
13:23Parce qu'en fait, on a un nombre d'employeurs qui diminue,
13:27on a un nombre d'exploitations qui diminue,
13:30mais le salariat, il augmente.
13:32Déjà, on a plus de cadres aussi, de gens encadrants.
13:37On a aussi des exploitants qui deviennent salariés de leur propre exploitation.
13:41C'est quoi l'intérêt pour la retraite ?
13:43L'intérêt, il est économique, fiscal ou autre, enfin bref.
13:46Protection sociale.
13:47Bref, protection sociale.
13:49Ce qui n'est pas votre cas, vous, Martin.
13:51Non, Simon, oui, je suis indépendant.
13:53Indépendant, chef d'entreprise.
13:54C'est ça.
13:55Voilà, donc il y a ce phénomène-là.
13:57Il y a de la robotisation, c'est un fait.
14:00Mais la robotisation, en fait, quand une entreprise se robotise,
14:05il va y avoir un peu moins d'emplois ou de temps consacré sur l'exploitation.
14:10Mais au final, ça ne joue pas grand-chose par rapport à l'évolution de la robotisation
14:16ou de la digitalisation qu'on peut avoir.
14:20Derrière, il faut toujours quelqu'un.
14:22Quand on met en place un robot de traite, en fait, ça permet d'aménager le temps de travail.
14:26Mais derrière, le temps d'intervention sur la journée, il va rester équivalent.
14:33Sauf que c'est beaucoup plus facile en termes de gestion de temps et puis de gestion d'intervention.
14:38Après, on va avoir une visibilité sur le troupeau qui va être totalement différente
14:43parce que, justement, on a l'aide digitale.
14:47Et c'est ce qui permet de visualiser certaines choses.
14:49Mais de toute façon, il faut toujours l'intervention de l'homme, tout le temps.
14:52Côté salarié, côté création d'emploi, parce qu'on a vu ces colères qui donnent une mauvaise image à la
14:57profession.
14:57Et c'est pour ça que vous avez démarré l'émission en nous disant que c'était un beau métier
15:00et que vous aviez envie d'avoir un peu de soleil dans ce monde gris.
15:06Comment on fait pour attirer des jeunes dans les écoles, dans les formations agricoles ?
15:10Parce qu'on voit aussi que c'est compliqué de les attirer, de les faire venir.
15:14Comment on fait, vous, les jeunes agriculteurs ?
15:16Peut-être que vous paraîtes surprenant, mais aujourd'hui, les lycées agricoles n'ont jamais été aussi pleins.
15:22Je n'aurais plus les chiffres à vous donner en tête, mais les formations agricoles attirent.
15:28La ruralité, l'environnement, l'agriculture attirent de plus en plus de jeunes.
15:34Là où il faut pouvoir faire passer le cap, c'est de devenir chef d'entreprise.
15:38Et là, on voit que l'engagement que nécessite le métier, aussi bien d'un point de vue financier,
15:43d'un point de vue temps, d'un point de vue même social,
15:48là, il y a une étape à franchir et il y a un cap pour se lancer.
15:53Mais on accueille de plus en plus de personnes qui ne sont pas issues du monde agricole.
15:57Et c'est une très bonne nouvelle pour nous.
15:59Et très clairement, on voit que nos métiers, comme je vous le disais, ont du sens,
16:04ont de la valeur aux yeux des Français et attirent par ce biais-là.
16:09Ensuite, il y a un cap.
16:11Et ce cap-là, nous, on souhaite qu'il soit accompagné,
16:14on souhaite que les personnes qui veulent s'investir dans un premier installation ne soient pas seules.
16:18Avant de nous quitter, qu'est-ce que vous avez envie de dire à Annie Gennevar, par exemple,
16:21qui est la ministre de l'Agriculture,
16:23qui est une femme qui a beaucoup répété qu'elle était au chevet du monde agricole,
16:27qu'elle connaissait cet univers, elle vient du Doubs.
16:30C'est une femme qui est quand même proche des éleveurs.
16:33Je vous vois opiner oui, non, pas vrai ?
16:36Oui, mais bon, nous...
16:37Vous avez fait une mouteillitative.
16:39Oui, parce qu'on a une ministre de l'Agriculture,
16:41mais comme la plupart de ses prédécesseurs, malheureusement,
16:45c'est que le monde agricole, c'est les agriculteurs,
16:48mais ce sont aussi les salariés agricoles.
16:50Oui, à les oublier.
16:50Voilà, c'est ça.
16:52C'est qu'aujourd'hui, on a environ entre 350 000 et 400 000 agriculteurs.
16:57Il y en a environ 180 000 qui sont employeurs de main-d'œuvre.
17:02Et derrière ça, il y a 1 300 000 salariés agricoles
17:05qui interviennent tout au long de l'année.
17:08En saisonnier ou en temps plein ?
17:10Oui, après, en CDI, il y en a près de 450 000.
17:14Donc, c'est quand même un secteur...
17:17Du moins, le secteur économique n'est pas neutre en termes de...
17:20Et vraiment montré dans les médias.
17:22Voilà, c'est ça.
17:22Et puis, à travers les médias,
17:23on parle toujours des problématiques agriculteurs,
17:26mais derrière les agriculteurs...
17:27Du salarié.
17:28Il y a des salariés.
17:29Si les agriculteurs se mobilisent,
17:31c'est qu'il y a des salariés sur les exploitations.
17:32C'était le cul de gueule de Dominique Boucherelle
17:34qui, effectivement, donne aussi la parole à travers lui
17:36aux salariés agricoles dont on entend peu parler,
17:39il faut le reconnaître.
17:40Je vous repose ma question.
17:41Qu'est-ce que vous avez envie de dire à la ministre,
17:43là, face caméra et avec nous sur le plateau,
17:45parce qu'on a le sentiment que la colère s'est éteinte,
17:49les enjeux de Dermato sont légèrement derrière nous,
17:52si j'ai bien compris,
17:54mais rien n'est réglé sur le fond.
17:55Vos revenus n'ont pas progressé.
17:57Qu'est-ce que vous avez envie de lui dire ?
17:58Moi, ce que j'ai envie de dire très clairement
18:00aujourd'hui à la ministre,
18:01c'est qu'elle nous a dit au mois de juin l'année dernière
18:04qu'elle était la ministre des jeunes agriculteurs
18:06et quand on fait des promesses pour des lois,
18:11pour nous faire avancer,
18:12la promesse de loi d'urgence,
18:14nous, on pousse très fortement les plans et contrats d'avenir
18:16qui sont pour nous des solutions pour innover,
18:19pour garantir un revenu
18:21et pour permettre aux jeunes de s'investir
18:23et de s'adapter au changement climatique,
18:27parce que c'est un sujet pour nous qui est essentiel.
18:30Et donc, il faut avancer les calendriers,
18:32il faut faire pression pour que ces lois,
18:34elles passent dans le contexte politique.
18:36Si ce n'est pas vu avant l'été,
18:38ça sera la rentrée de septembre,
18:39ça sera les présidentielles,
18:40l'agriculture sera de nouveau sous le tapis.
18:42Et vous irez dans la rue.
18:44Et en septembre, je ne vais pas vous promettre
18:46qu'on ira dans la rue.
18:47Compliqué, oui.
18:48Mais nous, nous resterons toujours là
18:50pour faire pression et faire avancer
18:53les sujets qui nous tiennent à cœur.
18:55Le monde agricole sera sur le terrain
18:56et vous irez peut-être dans la rue
18:57à l'aune de la fin de l'automne.
18:59On saura mettre la pression sur les candidats.
19:02Merci, Simon Martin, des denus nous rendent visite.
19:05Secrétaire général adjoint des jeunes agriculteurs
19:07à Maillage National, partout,
19:10et dans les tomes et les DOM.
19:11Merci de nous avoir rendu visite
19:13et bon retour Porte de Versailles,
19:14parce que je pense que vous allez repartir
19:16Porte de Versailles pour encore quelques jours.
19:18Merci à vous, Dominique Boucherelle,
19:19de nous avoir éclairés aussi sur à la fois la LFA
19:21et les salariés agricoles
19:23qui ne comptent pas pour du beurre,
19:25comme dit la chanson de Lyo.
19:26Merci à vous deux,
19:28merci à vous,
19:29merci à toute l'équipe,
19:29merci à Paul aujourd'hui au son,
19:31merci à Perlou à la réalisation
19:33et merci à Nicolas Juchat évidemment
19:35qui m'accompagne dans cette belle émission
19:37que je prends plaisir à animer.
19:39Merci à vous qui nous regardez,
19:41merci pour vos messages,
19:42à très bientôt.
19:42Bye bye.
19:43Sous-titrage Société Radio-Canada
19:46Sous-titrage Société Radio-Canada
19:54Sous-titrage Société Radio-Canada
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