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  • il y a 10 heures
Fin 2022. Pour la première fois depuis quarante ans, la France est contrainte d'importer de l'électricité. Les Français voient soudain leur facture flamber. Victime des défaillances d'un parc nucléaire vieillissant, d'un développement trop timoré des énergies renouvelables, d'un marché européen mal conçu et de multiples cafouillages politiques, EDF, fleuron industriel symbole de la reconstruction d'après-guerre et des Trente Glorieuses, est déstabilisé. Se retrouvent simultanément questionnées : la souveraineté et l'indépendance du pays, l'équilibre économique des entreprises hexagonales et le pouvoir d'achat des Français. De cet électrochoc naît une prise de conscience collective : comment à l'avenir relever les grands défis d'une électricité décarbonée, abondante et bon marché ? Année de Production :

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Transcription
00:00:23Il n'y a plus de vie telle qu'on la connaît sans électricité.
00:00:27Il n'y a plus non plus de télécommunications.
00:00:30Il n'y a plus de service de sécurité, il n'y a plus de service d'urgence.
00:00:33Notre société est dépendante de l'électricité.
00:00:39L'électricité, c'est un produit de première nécessité.
00:00:43D'ailleurs, c'est considéré comme un service public.
00:00:46Il n'y a pas de vraie souveraineté s'il n'y a pas des choix que la nation peut
00:00:51porter et tenir en matière d'énergie.
00:00:54L'énergie, c'est stratégique.
00:00:56C'est stratégique.
00:00:58Qui pourrait se passer d'électricité aujourd'hui ?
00:01:02À la maison, au travail ou dans les lieux publics, on s'en sert pour s'éclairer, se chauffer, s
00:01:09'alimenter, communiquer, se déplacer.
00:01:12Bref, le courant électrique, c'est l'énergie essentielle de la vie quotidienne.
00:01:18Un produit miracle, mais qui coûte de plus en plus cher, sans que l'on sache très bien pourquoi.
00:01:27C'est un système extrêmement complexe.
00:01:30Nous sommes moins d'une cinquantaine en France à comprendre comment il fonctionne.
00:01:34Même moi, j'en apprends encore tous les jours.
00:01:37Car en quelques décennies, tout a changé.
00:01:41La fée électricité, qui avait permis après-guerre de renouer avec la prospérité et l'âge d'or de l
00:01:47'abondance énergétique,
00:01:48tout cela est bel et bien terminé.
00:01:51Et la facture, elle, n'en finit pas de s'alourdir.
00:01:55Le marché unique européen de l'électricité ne marche pas.
00:02:00Il est aberrant.
00:02:01D'abord, c'est coûteux pour les ménages, c'est coûteux pour le consommateur français.
00:02:07Est-ce que demain, on va rester sur ces tarifs-là ?
00:02:11Ou est-ce que ça ne va pas exploser encore ?
00:02:16L'enjeu dépasse la seule question du portefeuille.
00:02:20Car l'électricité est le carburant du monde tel que nous le connaissons.
00:02:24Une énergie vitale dont nous sommes tous aujourd'hui totalement dépendants.
00:02:50On a ouvert en novembre 2022.
00:02:52C'est notre première affaire.
00:02:57En tant que particulier, on était client chez Total Energy.
00:03:00Donc, ça se passait bien depuis deux ans.
00:03:05Donc, on s'est dit, pourquoi pas travailler avec eux pour la boulangerie ?
00:03:10Au début, ça se passe bien.
00:03:11Au niveau facture, c'est plus ou moins cohérent avec ce que payait l'ancien propriétaire.
00:03:20Après, on savait que ça allait être plus cher, tout ce qu'on entendait, tout ça.
00:03:24C'est vrai qu'on s'est dit, on va payer plus cher.
00:03:27Vous voulez les briochettes au sucre, Anne-Sophie ?
00:03:31Pour le coup, j'ai eu ce téléphone avec ma maman.
00:03:33Je lui dis, attends, j'ai reçu ma facture d'énergie.
00:03:35Et puis, je lui dis, 12 000 euros.
00:03:37Elle me répond, non, tu t'es trompée, c'est 1 200.
00:03:40On s'est dit qu'il y avait eu une erreur.
00:03:42Bon, à zéro en plus, c'est peut-être une erreur.
00:03:45Mais non, il n'y avait pas d'erreur.
00:03:47Mais quand on appelle, non, il n'y avait pas d'erreur.
00:03:49Et non, ce n'était pas 1 200, c'était bien 12 000 euros de facture.
00:03:54C'est quatre fois plus cher que le mois précédent.
00:03:57Mais en cette fin 2022, les prix de l'électricité se sont mis à flamber partout en Europe.
00:04:04Du coup, vraiment douche froide, grosse remise en question.
00:04:08On vient d'ouvrir, on se dit, le ciel nous tombe sur la tête, on va fermer dans trois mois.
00:04:12Parce qu'au final, quand on vient d'ouvrir, la trésorerie, elle est minime.
00:04:15On se l'a fait au fur et à mesure.
00:04:19Alors, on a un appel total.
00:04:20Ils ne peuvent rien faire.
00:04:21La consommation, elle est là.
00:04:22Et puis le tarif, c'est le tarif.
00:04:27Tu me les sors dans combien de temps, eux, les traditions ?
00:04:29C'est l'état d'urgence à la boulangerie.
00:04:32Pour éviter la faillite qui se profile,
00:04:34le couple de boulangers doit tout revoir.
00:04:37A commencer par son organisation.
00:04:39Pour profiter au maximum des heures creuses, les moins chères.
00:04:43J'ai travaillé pendant une semaine à l'envers complètement.
00:04:46Donc je commençais à 22h jusqu'à 6, 7h du matin pour vraiment travailler entièrement de nuit.
00:04:54C'est invivable.
00:04:56C'est ça, c'est qu'on travaillait complètement décalé.
00:04:58Du coup, on ne se voyait plus.
00:05:01Moi, je travaillais la nuit, elle dormait.
00:05:03Après, quand elle commençait, un peu de temps après, j'allais dormir.
00:05:07Et puis inversement, c'était...
00:05:09On a pris le choix de travailler ensemble, c'est quand même aussi pour se voir.
00:05:13Et là, du coup, c'était plus trop le cas.
00:05:17Les vies changent quand l'électricité flambe.
00:05:20Et les boulangers ne sont pas les seuls démunis devant leur facture.
00:05:24Le commun des mortels est lui aussi souvent bien en peine pour comprendre ce qu'elle recouvre réellement.
00:05:30Il y a trois composantes.
00:05:31Il y a ce qu'on appelle le coût de fourniture, qui correspond au coût de production de l'électricité.
00:05:38C'est la production qui émane des centrales électriques, soit nucléaires, soit thermiques, soit renouvelables.
00:05:46Et ensuite, le coût des réseaux.
00:05:48Ce sont des péages d'accès au réseau.
00:05:50Et la troisième composante, ce sont les taxes.
00:05:55Traditionnellement, je dirais avant la crise de 2022,
00:05:59chacune des trois composantes représentait à peu près un tiers.
00:06:04Et l'ensemble coûte de plus en plus cher.
00:06:07En moins de 20 ans, le prix du kilowattheure est passé de 10 à 25 centimes.
00:06:14Un kilowattheure, c'est par exemple deux heures de fonctionnement d'une lampe halogène,
00:06:18ou un cycle de machine à laver.
00:06:20Ou encore, une journée de fonctionnement d'un réfrigérateur combiné.
00:06:25Avec 44% d'augmentation rien que ces trois dernières années,
00:06:29le prix de l'électron a littéralement explosé,
00:06:32devenant un sujet de polémique majeur dans le pays.
00:06:34Un débat qui ne pouvait pas laisser le Parlement indifférent.
00:06:38Je vous rappelle que la commission d'enquête chargée d'établir les raisons de la perte de souveraineté et d
00:06:42'indépendance énergétique
00:06:45procède désormais à un cycle d'auditions consacré notamment à la question de l'électricité.
00:06:49On savait bien que l'hiver 2022-2023 serait particulièrement difficile.
00:06:55C'est comme ça que j'ai proposé de créer une commission d'enquête pour qu'on puisse expliquer aux
00:07:00Français
00:07:00comment on en est arrivé là, entendre les responsables,
00:07:04et que pendant la crise, je crois que personne ne peut se défausser devant l'invitation de la représentation nationale
00:07:10de venir s'expliquer.
00:07:11Quel est l'objet réel de la commission d'enquête ?
00:07:14L'exercice qui nous réunit aujourd'hui est particulier.
00:07:19Je rajouterai aussi que je fise un patriote.
00:07:23Les choix énergétiques sont essentiels pour l'avenir de notre pays.
00:07:28C'est émouvant pour moi de revenir dans cette salle que j'ai bien connue, beaucoup plus jeune.
00:07:34Ce qui a marqué tout le monde, c'est qu'on a auditionné pour la première fois
00:07:37à l'Assemblée nationale des présidents de la République.
00:07:38C'est la première fois que des présidents de la République venaient s'expliquer devant l'Assemblée nationale après leur
00:07:44mandat.
00:07:47C'est que l'affaire est grave.
00:07:49L'idée que la France puisse manquer de courant est aussi angoissante qu'inédite.
00:07:54Dans un pays habitué depuis des années, à bénéficier d'une électricité abondante et bon marché,
00:08:00grâce à une entreprise unique au monde.
00:08:03Une vieille dame de 80 ans.
00:08:06Électricité de France.
00:08:07E.D.F.
00:08:11Alors au sortir de la Seconde Guerre mondiale, 1944-45, la France est un pays épuisé.
00:08:19Et il faut imaginer qu'au moment de la libération de Paris, c'est une à deux heures d'électricité
00:08:24par jour.
00:08:25Donc c'est vraiment une situation extrêmement pénible.
00:08:30Pour reconstruire, pour moderniser, il va falloir beaucoup d'électricité.
00:08:35Mais qui va s'en charger ?
00:08:37Alors au moment de la libération, la France a un gouvernement provisoire qui est dirigé par le général de Gaulle.
00:08:43Il y a un texte essentiel qui est la charte du Conseil National de la Résistance, le CNR,
00:08:49et qui essaye d'imaginer une France nouvelle, une France moderne dans l'après-guerre.
00:08:56Et parmi les recommandations, il y a la nationalisation de l'électricité et du gaz.
00:09:05Car avant-guerre, l'électricité en France, c'était toute une série d'entreprises privées, plus ou moins importantes.
00:09:13Elles vendaient leurs électrons à des prix très différents d'un territoire à l'autre,
00:09:17mais jamais à des tarifs vraiment bon marché.
00:09:20Un homme va imposer la nationalisation.
00:09:23Il s'appelle Marcel Paul.
00:09:28Marcel Paul, ministre communiste, qui est le syndicaliste, secrétaire général des éclairages en 1937,
00:09:36militant, résistant, déporté à Buchenwald.
00:09:40Il fait partie donc des gouvernements d'après-guerre.
00:09:43Et il décide de dire, pour reconstruire la France,
00:09:47il faut nationaliser les 1300 entreprises gazières et électriques.
00:09:53Pourquoi ? Parce qu'il y avait un besoin électrique pour reconstruire la France,
00:09:57pour la réindustrialiser.
00:09:59Et puis, il y avait l'idée, le CNR, que l'énergie était un bien fondamental
00:10:04et que chacun devait y avoir accès à un prix raisonnable.
00:10:10Le gouvernement vous propose de prononcer la nationalisation du gaz et de l'électricité.
00:10:17Donc on crée, le 8 avril 46, EDF pour l'électricité, GDF pour le gaz.
00:10:24Et on crée, à ce moment-là, les tarifs réglementés de l'électricité et du gaz.
00:10:29C'est quoi le tarif réglementé ?
00:10:31Où que vous habitiez sur le territoire.
00:10:33Vous aurez accès à l'énergie au même prix.
00:10:36Et tout le monde aura accès à un prix qui sera fixé par l'État,
00:10:40avec une commission indépendante,
00:10:42et qui sera du coup régulé, réglementé.
00:10:46Près de 80 ans plus tard,
00:10:48ce que l'on appelle le tarif bleu, le tarif réglementé de vente, le TRV,
00:10:52existe toujours.
00:10:556 ménages français sur 10 y sont aujourd'hui abonnés.
00:11:02EDF devient le moteur essentiel de la reconstruction du pays.
00:11:06Un atout maître pour son entrée dans les 30 Glorieuses.
00:11:10Les 30 Glorieuses, c'est une période de très grande expansion,
00:11:14le taux de croissance de la France, c'est presque le plus fort au monde.
00:11:19Il n'y a que le Japon qui fait mieux.
00:11:22Et là-dedans, il y a évidemment au cœur de cette croissance,
00:11:26au cœur de cette résurrection, il y a l'électricité.
00:11:32Symbole de cette époque, dans laquelle EDF construit sa légende,
00:11:36la modernisation du réseau ferroviaire français.
00:11:41Ces immenses progrès ont été rendus possibles grâce à la politique d'électrification
00:11:46qui a permis d'atteindre des moyennes sans concurrence,
00:11:48comme sur la ligne Paris-Lyon, où le trajet est couvert en 4 heures 15 minutes.
00:11:53L'électrification du chemin de fer, c'est un des éléments du progrès
00:11:57pour l'ensemble de la France.
00:11:59Et c'est un moyen aussi d'aménager le territoire.
00:12:02Plus on va vite, plus on peut réduire les distances,
00:12:06et donc avoir un pays unifié.
00:12:15Petit à petit, les Français comprennent que pour vivre d'une façon moderne
00:12:20et avec un certain confort, il faut posséder un certain niveau de consommation d'électricité.
00:12:29C'est le miracle de la fée électricité.
00:12:32Le totem d'une époque pas si lointaine,
00:12:35où l'on célébrait l'électron comme une divinité des temps modernes.
00:12:39On palpe le fond des océans par l'électricité.
00:12:42On interpelle le ciel.
00:12:45On envoie un message à la Lune et on reçoit son écho.
00:12:51Mais une telle envolée lyrique passe sous silence la difficulté majeure de l'électricité.
00:12:57Elle ne se stocke quasiment pas.
00:12:59Et dès qu'elle est produite, elle doit être consommée.
00:13:03Sinon, le réseau disjoncte.
00:13:07Transporter l'électricité, cela nécessite donc un vrai travail d'équilibriste.
00:13:19Il est accompli quelque part en région parisienne,
00:13:21dans un endroit tenu secret, l'un des sites les plus sensibles du pays.
00:13:27Ici est installé le Dispatching National.
00:13:30C'est la tour de contrôle de l'électricité.
00:13:33Le centre nerveux du réseau français.
00:13:37On m'a demandé de te faire préciser le mode dégradé
00:13:41par rapport à la temporisation de l'ouverture.
00:13:45L'approvisionnement en courant électrique dans toute la France
00:13:48dépend de ces agents dont il est interdit de dévoiler l'identité.
00:13:53Leur mission ?
00:13:55Piloter les lignes à haute et à très haute tension.
00:13:59Ces autoroutes de l'électricité.
00:14:03Veiller à ce qu'elles ne soient pas surchargées
00:14:06pour éviter qu'elles ne fassent sauter tout le réseau.
00:14:11À l'image du réseau autoroutier
00:14:13où à un moment donné on va faire une déviation,
00:14:15eh bien ici on va trouver d'autres chemins
00:14:17pour transporter l'électricité.
00:14:19Donc c'est ce travail-là qui est fait en permanence dans cette salle-là.
00:14:30Les dispatchers sont condamnés à réaliser chaque jour,
00:14:33à chaque instant, la même prouesse.
00:14:36Fluidifier le trafic de l'électricité sur le réseau.
00:14:39Au moindre dérapage,
00:14:43la France risque de se retrouver plongée dans le noir.
00:14:46La dernière fois, c'était il y a presque 50 ans,
00:14:49en raison d'une ligne à haute tension surchargée
00:14:52dans l'est de la France.
00:14:58Bonsoir à tous.
00:14:598h27 ce matin, la majeure partie de la France
00:15:01connaissait la plus importante panne d'électricité de son histoire.
00:15:04Dans les grandes villes, les rames de métro s'arrêtent.
00:15:07Les passagers évacuent les stations.
00:15:09À Paris, on ferme les grilles de la RATP.
00:15:11Les feux tricolores ne fonctionnent plus
00:15:13et d'importants embouteillages bloquent le centre des villes.
00:15:17Les chauffages ne fonctionnent plus.
00:15:20À Husserl, un chirurgien
00:15:22termine une opération avec une lampe de poche.
00:15:25Cette panne géante est la plus longue
00:15:27qu'ait jamais connue la France.
00:15:28Déjà, on était dans un contexte fondamentalement différent
00:15:31de celui d'aujourd'hui.
00:15:32On n'avait pas du tout le même réseau,
00:15:34on n'avait pas du tout les mêmes niveaux d'interconnexion,
00:15:37on n'avait pas du tout les mêmes moyens de production.
00:15:42Depuis 1978, on n'a jamais plus connu de défaillance de ce type,
00:15:47alors même que le réseau français est particulièrement sensible.
00:15:54La particularité de la consommation française d'électricité,
00:15:57c'est qu'elle est fortement influencée effectivement par le chauffage électrique.
00:16:01Donc, chaque fois qu'il fait plus froid d'un degré que la température normale,
00:16:05il faut engager l'équivalent de deux réacteurs nucléaires
00:16:08sur le système électrique français pour couvrir cette consommation.
00:16:13Et en France, la production est essentiellement nucléaire.
00:16:19Viennent ensuite les énergies renouvelables, solaires et éoliennes.
00:16:24Les barrages,
00:16:27le gaz
00:16:29et d'autres sources annexes comme le charbon et le fioul, par exemple.
00:16:35Une préférence très nette pour le nucléaire, donc,
00:16:39qui fait de la France le deuxième pays de l'Union européenne
00:16:42où l'électricité est la plus décarbonée,
00:16:45derrière la Suède.
00:16:48Ça, c'est la consommation française d'électricité
00:16:49qu'on voit sur cette courbe-là.
00:16:525h du matin, elle monte,
00:16:54elle atteint un niveau maximum dans la matinée,
00:16:57ensuite, elle descend un petit peu,
00:16:59et là, il est 16h45.
00:17:01Ce qui va se passer, c'est qu'à partir du matin,
00:17:03la consommation d'électricité va augmenter
00:17:05pour atteindre son pic vers 19h.
00:17:07En hiver, à 19h, il fait nuit.
00:17:10Donc, on a de l'éclairage,
00:17:12on a de l'activité domestique
00:17:15avec les gens qui sont rentrés chez eux.
00:17:18On a encore des commerces qui sont ouverts
00:17:20et qui fonctionnent.
00:17:21Donc, on a un tas de superpositions d'usages
00:17:23qui créent ce pic vers 19h.
00:17:26Donc, il faut vraiment accompagner cette montée
00:17:29à travers les moyens de production.
00:17:35Pour faire face aux pics quotidiens,
00:17:37ce sont surtout les barrages qui sont sollicités.
00:17:57Ici, on est vraiment sur des centrales d'altitude.
00:18:00Donc, ce sont des centrales qui vont être sollicitées
00:18:01essentiellement en période hivernale
00:18:03et essentiellement sur des périodes de pointe.
00:18:07Les particularités des ouvrages de production d'altitude,
00:18:10c'est qu'ils sont mobilisables en quelques minutes
00:18:12et on va pouvoir mettre une énergie
00:18:15relativement conséquente sur le réseau.
00:18:17Essentiellement, en fin de journée,
00:18:19quand tout le monde va rentrer à la maison,
00:18:21effectivement, on va mettre le chauffage
00:18:22ou la lumière en route à 18h ou 19h.
00:18:25Donc, c'est vraiment des moments clés
00:18:27pour le pôle réseau énergétique
00:18:29où il va falloir assurer l'équilibre
00:18:31de la production et de la consommation.
00:18:34Les barrages sont cruciaux pour le réseau électrique
00:18:37parce qu'ils sont facilement pilotables.
00:18:40Ce sont des réserves qui produisent du courant à la demande,
00:18:43comme des batteries géantes.
00:18:46Du moins, tant qu'il y a de l'eau.
00:18:50La question de la sécheresse,
00:18:51elle est centrale dans la production d'hydroélectricité.
00:18:55La particularité de l'hydroélectricité,
00:18:57c'est que d'une année sur l'autre,
00:18:59on n'est pas en capacité de connaître
00:19:00les réserves qu'on aura à disposition.
00:19:03Et je pense que ça va être un des enjeux
00:19:05des années à venir,
00:19:06c'est effectivement la gestion de la ressource de l'eau.
00:19:12La France possède la deuxième plus importante
00:19:14infrastructure de barrage d'Europe,
00:19:16derrière la Norvège.
00:19:18Parce que sa géographie s'y prête
00:19:21et que dès la fin de la guerre,
00:19:23la France trop pauvre en charbon
00:19:24avait tout misé sur ses lacs
00:19:26et ses rivières de montagne.
00:19:33Ces barrages, très souvent,
00:19:34ils avaient été commencés dans les années 30.
00:19:37Mais il y a eu la crise,
00:19:39puis il y a eu l'occupation.
00:19:41Donc ils n'étaient pas terminés
00:19:42ou ils étaient parfois à peine commencés.
00:19:47L'heure est aux grands travaux
00:19:49pour transformer au plus vite
00:19:51l'eau des montagnes
00:19:52en énergie miraculeuse.
00:19:54L'eau remplace le charbon.
00:19:57On l'appelle la houille blanche.
00:20:00En 1960,
00:20:02les barrages produisent plus de la moitié
00:20:04de toute l'électricité fournie par EDF.
00:20:06Mais parfois,
00:20:08les histoires d'eau sont des histoires qui finissent mal.
00:20:12Malheureusement,
00:20:12un certain nombre de barrages
00:20:14sont obligés d'ennoyer une vallée.
00:20:17Et dans cette vallée,
00:20:18il peut arriver qu'il y ait des habitants.
00:20:21Alors ça a été le cas de Tignes,
00:20:23dans les Alpes.
00:20:27Au pied de son barrage,
00:20:29Tignes a commencé sa lente agonie.
00:20:31Il a fallu mettre à l'abri les récoltes,
00:20:34déménager le mobilier des maisons les plus proches.
00:20:36Mais pour précipiter l'évacuation,
00:20:38une véritable occupation du pays par les CRS,
00:20:41devait être organisée.
00:20:47Pendant ce temps,
00:20:48un bulldozer dégageait la route du cimetière,
00:20:51précédant les équipes de faussoyeurs
00:20:53chargées du transfert des morts.
00:20:57Et au pied même
00:20:58de l'imposant ouvrage de béton
00:21:00qui barre la vallée de l'Isère,
00:21:02les eaux ont commencé à monter,
00:21:03formant un petit lac
00:21:04qui n'arrêtera pas de s'étendre
00:21:06jusqu'à ce que le village soit englouti
00:21:08par 160 mètres de fond.
00:21:12Désormais,
00:21:12Tignes est rayées de la carte de France.
00:21:18C'était quand même triste,
00:21:20dans une France,
00:21:20encore une France assez largement rurale,
00:21:23de voir un village noyé.
00:21:25C'est le discours du président de la République,
00:21:27Vincent Toriol,
00:21:28à l'époque.
00:21:29s'il dit,
00:21:30ça nous crève le cœur,
00:21:32mais l'intérêt général,
00:21:34et puis la beauté de ces barrages,
00:21:37ça doit prévaloir.
00:21:40Les barrages,
00:21:41on avait appelé ça
00:21:41les cathédrales des temps modernes.
00:21:46Il y a aussi la fierté
00:21:48de dire,
00:21:48maintenant,
00:21:49on va reconstruire une France
00:21:50plus forte,
00:21:51plus moderne,
00:21:52plus belle.
00:21:54Des constructions monumentales,
00:21:56des prouesses d'ingénieurs
00:21:58et un cadre naturel grandiose.
00:22:01Les barrages refaçonnent le territoire.
00:22:05À l'époque, bien sûr,
00:22:06personne ne s'attarde
00:22:07sur le bouleversement
00:22:08des écosystèmes aquatiques
00:22:09et sur les impacts néfastes
00:22:11sur la faune et la flore.
00:22:13Ces barrages,
00:22:14c'est une image extrêmement puissante
00:22:16de domination de la nature,
00:22:18d'énergie pour tous
00:22:20et cette transformation de l'eau
00:22:22en électricité
00:22:24qui est quand même
00:22:24quelque chose
00:22:25d'assez étonnant.
00:22:32Aujourd'hui en France,
00:22:34l'électricité se fabrique
00:22:35dans des ouvrages
00:22:36moins bucoliques,
00:22:37dans un univers
00:22:38beaucoup plus atomique.
00:22:43À deux heures de route
00:22:44de la capitale,
00:22:45cette centrale nucléaire
00:22:46est le cœur énergétique
00:22:48de Paris
00:22:48et de sa petite couronne.
00:22:50Une pile géante
00:22:51composée de deux gros réacteurs
00:22:54de 1300 mégawatts
00:22:55susceptibles d'alimenter
00:22:563 millions de foyers
00:22:57en électricité.
00:23:00Du moins,
00:23:01quand elle fonctionne
00:23:02à plein régime.
00:23:03Mais aujourd'hui,
00:23:05l'un des deux réacteurs
00:23:05est en maintenance
00:23:06et c'est la course
00:23:07contre la montre
00:23:08pour le réparer.
00:23:12L'opération est supervisée
00:23:14par une directrice de centrale
00:23:15qui n'est pas du genre
00:23:16qui n'est pas du genre
00:23:17à plaisanter
00:23:17avec le règlement.
00:23:20Bonjour.
00:23:21Ne lisez pas votre téléphone
00:23:23en circulant s'il vous plaît.
00:23:26Un de nos enjeux,
00:23:27c'est notamment
00:23:28de maîtriser la durée
00:23:30des arrêts
00:23:30des réacteurs
00:23:32pour réaliser la maintenance
00:23:33et remplacer
00:23:34une partie du combustible.
00:23:35Benjamin Roux
00:23:36de chez Nuvia
00:23:37au 34-069.
00:23:41Pour ça,
00:23:42on optimise
00:23:43chacune des étapes
00:23:44allant de la logistique
00:23:46jusqu'à l'intervention
00:23:47elle-même
00:23:48pour gagner en temps
00:23:50et être sûr
00:23:51de maîtriser
00:23:51des opérations
00:23:52d'envergure.
00:23:55L'opération en cours
00:23:57a une fonction principale.
00:23:59Permettre de prolonger
00:24:00le fonctionnement
00:24:01de cette centrale
00:24:01au-delà
00:24:02de ses 40 ans d'existence.
00:24:04Une durée de vie standard
00:24:05dans le nucléaire.
00:24:07Les centrales nucléaires
00:24:09elles n'ont pas
00:24:09de durée au départ.
00:24:11L'idée reçue
00:24:12dès 40 ans
00:24:12elle vient souvent
00:24:13du fait que
00:24:14à la conception
00:24:15on embarque
00:24:16beaucoup de matériel
00:24:17électronique ou autre
00:24:18dont la durée de vie
00:24:20ou obsolescence
00:24:21si vous voulez
00:24:22a été évaluée
00:24:24à 40 ans.
00:24:25Mais ça ne veut pas dire
00:24:25que ça dysfonctionne
00:24:27à 40 ans.
00:24:30Tous les 10 ans
00:24:31on procède
00:24:31à un réexamen de sûreté
00:24:33et c'est l'autorité
00:24:34de sûreté nucléaire
00:24:35qui autorise
00:24:36pour 10 années supplémentaires
00:24:37la poursuite
00:24:38en exploitation.
00:24:39D'où cette visite
00:24:41des 10 ans
00:24:4120 ans
00:24:4230 ans
00:24:4240 ans.
00:24:43Pour certains
00:24:44on les teste
00:24:44on apporte la démonstration
00:24:46que jusqu'à 50
00:24:47ou 60 ans
00:24:48ils vont pouvoir rester
00:24:49et puis on procédera
00:24:50à leur emplacement
00:24:51en temps voulu.
00:24:51C'est un enjeu crucial
00:25:06pour EDF.
00:25:09C'est un enjeu crucial
00:25:19pour EDF.
00:25:20Dans les décennies
00:25:22qui viennent
00:25:23viendra un temps
00:25:24où il faudra
00:25:26absorber
00:25:27la fermeture
00:25:28sur un temps court
00:25:29de l'essentiel
00:25:31du parc nucléaire.
00:25:33À ce moment-là
00:25:33EDF perdra
00:25:34des recettes
00:25:34puisque
00:25:36les réacteurs
00:25:38ne généreront plus
00:25:39d'électricité
00:25:39et donc
00:25:40la perspective
00:25:42d'EDF
00:25:42c'est
00:25:42de repousser
00:25:44à tout prix
00:25:45cette échéance.
00:25:49La France
00:25:50est le pays
00:25:51au monde
00:25:51qui dépend
00:25:52le plus
00:25:52du nucléaire
00:25:53pour son approvisionnement
00:25:54en électricité
00:25:55ce qui fait
00:25:56que son énergie électrique
00:25:57est l'une
00:25:58des plus décarbonées
00:25:59de la planète.
00:26:01Cette passion
00:26:02pour l'atome
00:26:02avait pourtant
00:26:03démarré timidement
00:26:04en 1963
00:26:06à Chinon
00:26:07avec une première centrale
00:26:09conçue alors
00:26:10comme une simple
00:26:10usine pilote.
00:26:14Dans les années 60
00:26:17la position d'EDF
00:26:18c'était
00:26:18il faut avoir
00:26:19un pied dans le nucléaire
00:26:20parce que le nucléaire
00:26:21a de l'avenir
00:26:21mais à l'époque
00:26:22le prix du pétrole
00:26:23était très bas
00:26:24et donc il faut se rappeler
00:26:25qu'à l'époque
00:26:26les centrales électriques
00:26:29c'était des centrales
00:26:29au fuel.
00:26:31Alors ce qui a été
00:26:32le déclic
00:26:33de l'accélération
00:26:33du programme électronucléaire
00:26:35c'est bien sûr
00:26:36la crise du pétrole
00:26:37le choc pétrolier
00:26:38le premier choc
00:26:38de 1973-74.
00:26:40Hier
00:26:41les pays arabes
00:26:42du Golfe
00:26:42avaient décidé
00:26:43une augmentation
00:26:44du brut de 17%
00:26:45mais plus que l'augmentation
00:26:46du prix
00:26:47c'est la manière
00:26:47qui est significative
00:26:48désormais
00:26:49on ne discute plus
00:26:50les pays arabes
00:26:51entendent imposer
00:26:52leurs lois
00:26:53et faire le marché
00:26:54la décision d'hier
00:26:55à cet égard
00:26:55marque la fin
00:26:56d'une époque.
00:26:57La France
00:26:58est touchée
00:26:59par l'augmentation
00:27:00du baril de pétrole
00:27:01qui quadruple
00:27:02en très peu de temps.
00:27:06Qu'est-ce que peut faire
00:27:07la France ?
00:27:09Les mines de charbon
00:27:10on les ferme.
00:27:11A l'hydroélectricité
00:27:13on a utilisé
00:27:13les principaux sites
00:27:15qui étaient possibles.
00:27:16Qu'est-ce qui reste ?
00:27:17À ce moment-là
00:27:18il reste
00:27:19le nucléaire.
00:27:21Nous venons de prendre
00:27:21aujourd'hui
00:27:22une décision
00:27:22extrêmement importante.
00:27:24C'est
00:27:25de lancer
00:27:26en 1974
00:27:27et 1975
00:27:2913 centrales nucléaires
00:27:31nouvelles.
00:27:33À l'époque
00:27:34on construisait
00:27:35entre 4 et 6 réacteurs
00:27:36par an.
00:27:37Aujourd'hui
00:27:37on rêve
00:27:38parce que
00:27:40si on arrive
00:27:41à en construire
00:27:42par paire de deux
00:27:43en quelques années
00:27:44on est content
00:27:45mais à l'époque
00:27:45on avait
00:27:47la capacité
00:27:48industrielle
00:27:49de le faire.
00:27:51Le kilowattheure
00:27:52coûte alors
00:27:52la modique somme
00:27:53de 2 centimes
00:27:54d'euros d'aujourd'hui.
00:27:56Mais les Français
00:27:57sont mitigés
00:27:58à l'idée
00:27:58de voir le pays
00:27:59se couvrir
00:28:00de nouvelles centrales.
00:28:04Une centrale nucléaire
00:28:05c'est de l'embauche
00:28:06des emplois
00:28:06et des retombées
00:28:08pour les communes
00:28:09qui sont des retombées
00:28:10financières
00:28:10très importantes.
00:28:12Les gens
00:28:13qui sont proches
00:28:14d'une centrale
00:28:14sont plutôt pour
00:28:15quand on s'éloigne
00:28:16et ce serait
00:28:17plutôt contre.
00:28:20Le nucléaire
00:28:21c'était crainte
00:28:22parce qu'on ne sait
00:28:23pas très bien
00:28:24comment ça fonctionne
00:28:25parce que le nucléaire
00:28:26la première fois
00:28:27qu'on a entendu parler
00:28:28c'était du côté
00:28:29d'Hiroshima
00:28:30de Nagasaki.
00:28:33Donc l'image
00:28:34est dangereuse.
00:28:35Pour EDF
00:28:36il est donc
00:28:37impératif
00:28:38de travailler
00:28:38l'opinion.
00:28:39L'objectif
00:28:41dédramatiser
00:28:41l'atome
00:28:42à tout prix.
00:28:43Je ne vais pas
00:28:43bientôt finir
00:28:44avec votre fichu perceuse.
00:28:45Ma fichu perceuse
00:28:46électrique.
00:28:47Électrique
00:28:48oui monsieur.
00:28:48Électrique ou pas
00:28:49on casse les oreilles.
00:28:50On pourrait même dire
00:28:51nucléaire.
00:28:52Ma fichu perceuse
00:28:53nucléaire.
00:28:55Alors il a fini
00:28:56l'autre crétin
00:28:56avec sa perceuse électrique ?
00:28:58Nucléaire
00:28:58pas électrique.
00:28:59Aujourd'hui 75%
00:29:00de l'électricité
00:29:01est nucléaire.
00:29:04Pour amortir
00:29:05son nouveau parc
00:29:05nucléaire
00:29:06au début
00:29:06des années 80
00:29:07et dans le difficile
00:29:08contexte
00:29:09du deuxième choc
00:29:10pétrolier
00:29:11EDF vend maintenant
00:29:12le kilowattheure
00:29:13plus cher
00:29:15entre 10
00:29:15et 12 centimes.
00:29:18C'est le prix
00:29:19à payer
00:29:19pour disposer
00:29:20de l'électricité
00:29:21en quantité
00:29:22plus qu'il n'en faut
00:29:23même.
00:29:26On a été
00:29:26tellement performant
00:29:28à l'époque
00:29:29du plan Mesmer
00:29:30qu'on a construit
00:29:32énormément
00:29:32de centrales nucléaires
00:29:33très vite
00:29:35et qu'on s'est retrouvé
00:29:36dans une situation
00:29:36où on avait
00:29:37trop d'électricité.
00:29:39Et comme on avait
00:29:39trop d'électricité
00:29:40on a arrêté
00:29:41de construire
00:29:41des centrales nucléaires.
00:29:43Ensuite
00:29:43on s'est enfermé
00:29:45dans ce débat
00:29:45nucléaire
00:29:46pas nucléaire
00:29:47en oubliant
00:29:47un petit peu
00:29:47à quoi sert
00:29:48l'électricité.
00:29:51Il n'est plus question
00:29:52de commander
00:29:52de nouvelles centrales
00:29:53à la EDF.
00:29:55Plutôt d'enfermer.
00:29:57La France
00:29:58entre dans
00:29:59une sorte
00:29:59d'hiver nucléaire.
00:30:09Et l'explosion
00:30:10de la centrale
00:30:11de Fukushima
00:30:12au Japon
00:30:12laisse même
00:30:13entrevoir
00:30:14un arrêt définitif
00:30:16comme vient
00:30:17de le décider
00:30:17le voisin allemand.
00:30:20La commission
00:30:22a révélé
00:30:29avec la décision
00:30:31de Berlin
00:30:31de tourner
00:30:31la page
00:30:32de l'atome
00:30:33Paris
00:30:34se retrouve
00:30:34bien seul.
00:30:44L'activisme
00:30:45du président
00:30:45de la République
00:30:46d'alors
00:30:47pour peser
00:30:47dans le débat
00:30:48n'y change
00:30:49pas grand chose
00:30:50comme il le raconte
00:30:51lui-même
00:30:52devant les députés.
00:30:53Le 7 juin 2011
00:30:54la décision
00:30:55des allemands
00:30:55de fermer
00:30:56leur centrale.
00:30:59Mais je lui dis
00:31:00Manguela
00:31:00qu'est-ce qui se passe ?
00:31:02Ça va pas ?
00:31:03Elle me dit
00:31:04enfin Nicolas
00:31:05tu as pas vu Fukushima ?
00:31:07Mais je dis
00:31:08d'où vient
00:31:08le tsunami
00:31:09en Bavière ?
00:31:10Bon, si les allemands
00:31:13arrêtent leur centrale
00:31:14ils auront besoin
00:31:15d'électricité
00:31:16on va leur vendre
00:31:16parce que nous
00:31:18on fermera pas.
00:31:22La France
00:31:23fanfaronne
00:31:24mais elle doit
00:31:25pourtant en rabattre.
00:31:27Dès son arrivée
00:31:28à l'Elysée
00:31:28François Hollande
00:31:30décidera de fermer
00:31:31une centrale
00:31:31proche de la frontière
00:31:32allemande
00:31:32celle de Fessenheim.
00:31:36L'heure
00:31:37est aux nouvelles énergies
00:31:38aux renouvelables
00:31:39une électricité
00:31:41propre
00:31:41mais difficilement
00:31:42pilotable.
00:32:09On a trois bateaux
00:32:11en opération
00:32:13et là
00:32:16on est en train
00:32:16de suivre
00:32:17le Plymouth
00:32:17donc c'est ce qu'on entend
00:32:18c'est qu'il y a
00:32:19quelqu'un
00:32:20sur la turbine
00:32:21qui est en train
00:32:21de faire
00:32:22le check radio
00:32:24actuellement
00:32:24on a
00:32:25quatre personnes
00:32:26sur
00:32:27Dette A2
00:32:27on a trois
00:32:29sur Golf 8
00:32:30trois sur
00:32:31Charlie 6
00:32:32et le transfert
00:32:33en course
00:32:34pour avoir
00:32:37hier il y a eu
00:32:37beaucoup de vent
00:32:38aujourd'hui
00:32:39c'est un peu
00:32:40le calme
00:32:40après la tempête
00:32:41on produit
00:32:42à peu près
00:32:42à 10%
00:32:42de la capacité
00:32:43maximale
00:32:43donc c'est une bonne
00:32:44journée
00:32:44pour faire de la maintenance
00:32:47donc on est en train
00:32:48de finir le travail
00:32:49qu'il y a sur
00:32:49certaines éoliennes
00:32:50pour pouvoir avoir
00:32:52le parc entièrement
00:32:53en fonctionnement
00:32:54en hiver
00:32:55parce que le plus gros
00:32:56de notre production
00:32:56est en hiver
00:32:59le parc EDF
00:33:00de Saint-Nazaire
00:33:01est le premier
00:33:02du genre en France
00:33:03il a été inauguré
00:33:05en 2022
00:33:08il va produire
00:33:09de l'électricité
00:33:10pour 700 000 personnes
00:33:11donc on a 80 éoliennes
00:33:13cette électricité
00:33:14elle va passer
00:33:15par des câbles
00:33:16sous-marins
00:33:16pour rejoindre
00:33:17une sous-station
00:33:18en mer
00:33:18ensuite on a
00:33:19deux câbles
00:33:19qui vont partir
00:33:20et emmener
00:33:21cette électricité
00:33:22à terre
00:33:23la France
00:33:24cherche à combler
00:33:25son retard
00:33:26dans la course
00:33:26aux renouvelables
00:33:27par rapport
00:33:27à ses voisins
00:33:29notamment ceux
00:33:29de l'Europe du Nord
00:33:30partis plus tôt
00:33:32et alimer les moyens
00:33:34grâce à une nouvelle
00:33:35taxe sur l'électricité
00:33:36créée au début
00:33:37des années 2000
00:33:39un prélèvement de plus
00:33:40sur les factures
00:33:41qui explique en grande partie
00:33:42l'augmentation du tarif
00:33:44dans ces années-là
00:33:49à cette époque
00:33:50EDF n'est déjà plus
00:33:52la même entreprise
00:33:53l'ancien monopole public
00:33:55est devenu une société
00:33:56presque comme les autres
00:33:57depuis la libéralisation
00:33:59du marché européen
00:34:00de l'électricité
00:34:02un virage
00:34:03qu'elle a négocié
00:34:04douloureusement
00:34:05au début des années 2000
00:34:06On est à une période
00:34:08où ce qu'on a appelé
00:34:09le néolibéralisme
00:34:10est en croissance
00:34:12dans l'opinion
00:34:13et chez les décideurs
00:34:15et tout particulièrement
00:34:16à Bruxelles
00:34:21La Grande-Bretagne
00:34:23mais aussi l'Allemagne
00:34:24poussent fort
00:34:26à ce que dans tous les secteurs
00:34:27notamment dans l'énergie
00:34:29on libéralise
00:34:30c'est-à-dire qu'on établisse
00:34:34la concurrence
00:34:36en gros
00:34:37EDF était vécue
00:34:38comme une entreprise
00:34:39trop puissante
00:34:41par nos partenaires européens
00:34:43et notamment
00:34:44par nos partenaires
00:34:45d'outre-Rhin
00:34:46pour qui
00:34:47dans toutes les réunions
00:34:48que nous avions
00:34:49franco-allemandes
00:34:51EDF était toujours
00:34:52amenée par le partenaire allemand
00:34:54comme étant
00:34:55alors EDF
00:34:56quand est-ce qu'on démolit
00:34:57cette bastille
00:34:59en quelque sorte
00:34:59oui alors c'est vrai
00:35:00que l'Allemagne
00:35:01a toujours
00:35:02je dirais
00:35:03critiqué
00:35:04la France
00:35:05de ce point de vue
00:35:06parce que l'avantage français
00:35:07l'avantage comparatif
00:35:08c'est un coût
00:35:10qui était plus faible
00:35:11grâce au prix de revient
00:35:13du nucléaire
00:35:15les français
00:35:16qui bénéficient
00:35:17depuis la fin
00:35:18de la guerre
00:35:18d'une énergie
00:35:19performante
00:35:20et bon marché
00:35:21estampillée EDF
00:35:22sont plus que réticents
00:35:24à se soumettre
00:35:28au départ
00:35:29on dit
00:35:30mais pourquoi
00:35:30ouvrir la concurrence
00:35:31on est très content
00:35:32avec EDF
00:35:33de la fourniture
00:35:34qu'est-ce qu'on va gagner
00:35:38la France a beaucoup
00:35:39résisté
00:35:39contre ce marché
00:35:40au début
00:35:41principalement
00:35:41parce que EDF
00:35:42n'y avait pas spécialement
00:35:43intérêt
00:35:43et du coup
00:35:44l'état
00:35:45n'y avait pas spécialement
00:35:46intérêt non plus
00:35:47et voyait surtout
00:35:48l'intérêt du monopole
00:35:50dont elle était
00:35:51actionnaire
00:35:54Paris va pourtant
00:35:55finir par baisser
00:35:56pavillon
00:35:57en 2002
00:35:58au sommet européen
00:35:59de Barcelone
00:36:00le gouvernement
00:36:01de cohabitation
00:36:02enterrine l'ouverture
00:36:04du marché français
00:36:04de l'électricité
00:36:05à la concurrence
00:36:08donc là
00:36:08on a pêché
00:36:09un petit peu
00:36:10par naïveté
00:36:11je suis élu
00:36:12d'une circonscription
00:36:13frontalière
00:36:14je suis voisin
00:36:15avec les allemands
00:36:15et je vois bien
00:36:16qu'on a une vision
00:36:17peut-être plus romantique
00:36:19de l'Europe
00:36:19que nos voisins
00:36:21qui n'ont jamais
00:36:21oublié
00:36:22que l'Europe
00:36:23n'est rien d'autre
00:36:23qu'un espace
00:36:24de règlement
00:36:26des conflits politiques
00:36:27et trop souvent
00:36:27la France
00:36:28elle a cédé
00:36:29la défense
00:36:30de ses intérêts
00:36:30au niveau européen
00:36:31au bénéfice
00:36:32d'un discours
00:36:33sur la construction
00:36:34politique
00:36:37pour EDF
00:36:38c'est une révolution
00:36:40d'abord
00:36:41parce qu'elle voit
00:36:42pour la première fois
00:36:43ses usagers
00:36:43devenir des clients
00:36:44libres d'aller
00:36:46se fournir ailleurs
00:36:47ensuite
00:36:48parce que
00:36:49si l'entreprise publique
00:36:50produit toujours
00:36:51son électricité
00:36:52avec ses centrales
00:36:52et ses barrages
00:36:53elle n'a plus le droit
00:36:55de l'acheminer
00:36:55elle-même
00:36:56cette mission
00:36:57est confiée
00:36:58à deux autres entités
00:36:59indépendantes
00:37:01la société RTE
00:37:02qui s'occupe
00:37:03des lignes à haute tension
00:37:05et Enedis
00:37:06qui fait les branchements
00:37:07chez les particuliers
00:37:08et les entreprises
00:37:10EDF n'a plus
00:37:11aucun monopole
00:37:12donc on dit
00:37:13maintenant
00:37:15la production
00:37:16mais surtout
00:37:17la facturation
00:37:18elle est ouverte
00:37:19à la concurrence
00:37:20donc il y a des gens
00:37:20qui arrivent
00:37:21le problème
00:37:22c'est que vous avez
00:37:22EDF historique
00:37:23depuis 1946
00:37:24qui produit
00:37:25qui transportait
00:37:26et distribuait
00:37:27puis les autres
00:37:28ils ne produisent rien
00:37:30dès 2007
00:37:31de nouveaux concurrents
00:37:32viennent titiller
00:37:33le mastodonte EDF
00:37:34on les appelle
00:37:36des fournisseurs
00:37:36alternatifs
00:37:37certains sont
00:37:39des grands noms
00:37:39du secteur
00:37:40comme Total Energy
00:37:41ou Engie
00:37:43d'autres
00:37:43comme ILEC
00:37:44Octopus
00:37:46Equator
00:37:47ou Mint Energy
00:37:47sont beaucoup
00:37:48moins connus
00:37:49beaucoup plus petits
00:37:50mais ont tout de même
00:37:51l'intention de faire mieux
00:37:52et moins cher
00:37:53que l'opérateur historique
00:37:54chez EDF
00:37:56on est un peu fébrile
00:37:59Mais comment ils vont
00:38:00faire moins cher que nous ?
00:38:01On est les moins chers
00:38:02d'Europe en vérité
00:38:02en prix hors taxe
00:38:03Comment ils vont faire
00:38:03moins cher que nous ?
00:38:04Pareil qu'ils ont 32
00:38:05dans la société
00:38:0732 ?
00:38:07A 32 ?
00:38:08Mais c'est ce qu'ils font ?
00:38:09Ils achètent des jus
00:38:10par ordinateur
00:38:11et ils le revendent
00:38:12A 32 ?
00:38:13Ils vont chérer
00:38:14une boîte
00:38:14comme le DF ?
00:38:15Chez Direct Energy
00:38:17ils sont même moins
00:38:18une petite équipe
00:38:19de 28 personnes
00:38:20Direct Energy
00:38:21fait partie
00:38:22des nouveaux marchands
00:38:23d'électricité
00:38:24Je distingue
00:38:25Total Energy
00:38:26et Engie
00:38:26de tous les autres
00:38:28Pourquoi ?
00:38:28Parce qu'au moins
00:38:29eux produisent
00:38:30Ce qui n'est pas le cas
00:38:31de toute la palanquée
00:38:32que vous avez
00:38:32qui ne sont en réalité
00:38:34que des facturateurs
00:38:35sans jamais investir
00:38:37un seul euro
00:38:38dans la production
00:38:39C'est de facto
00:38:44la porte ouverte
00:38:45à la spéculation
00:38:47D'autant que
00:38:47les règles européennes
00:38:48établies pour fixer
00:38:50le prix de l'électricité
00:38:51répondent à une logique
00:38:52très particulière
00:38:54Pour la comprendre
00:38:55il faut connaître
00:38:56le prix de revient
00:38:57des différents moyens
00:38:58de produire du courant
00:39:01L'électricité
00:39:02la moins chère
00:39:03est celle produite
00:39:04par les renouvelables
00:39:05car le soleil
00:39:07le vent
00:39:08et l'eau
00:39:08sont des ressources
00:39:10gratuites
00:39:11Puis viennent ensuite
00:39:13par ordre de prix
00:39:13les centrales nucléaires
00:39:15et enfin
00:39:16les centrales thermiques
00:39:18qui fonctionnent
00:39:19essentiellement au gaz
00:39:23Ce sont les plus coûteuses
00:39:24parce que le gaz
00:39:26est un combustible
00:39:27qui coûte cher
00:39:27et qu'il faut environ
00:39:29deux unités de gaz
00:39:30pour produire
00:39:31une unité d'électricité
00:39:35Pour approvisionner
00:39:36le réseau
00:39:37en courant électrique
00:39:38on sollicite
00:39:39les centrales
00:39:40dans un ordre évident
00:39:41de la moins chère
00:39:42à la plus chère
00:39:44Le prix de l'électricité
00:39:46est celui
00:39:47de la dernière centrale appelée
00:39:48C'est souvent une centrale thermique
00:39:50la plus chère donc
00:39:52Et c'est logique
00:39:54Leurs propriétaires
00:39:54n'accepteraient pas
00:39:55de la faire fonctionner
00:39:56s'ils n'étaient pas sûrs
00:39:57de rentrer dans leurs frais
00:39:58Et s'ils refusent
00:39:59de la mettre en route
00:40:01C'est le blackout
00:40:03La France dans le noir
00:40:09Donc les centrales thermiques
00:40:12elles jouent un rôle
00:40:13par exemple très modeste
00:40:14en France
00:40:15dans la production d'électricité
00:40:16mais elles jouent un rôle
00:40:17très important
00:40:19dans la fixation
00:40:20du prix de l'électricité
00:40:21Et c'est ça
00:40:24que les gens ne comprennent pas
00:40:25en disant
00:40:25mais le gaz
00:40:26ne représente que 6%
00:40:28de la production
00:40:28d'électricité en France
00:40:30et comment se fait-il
00:40:31que le prix de l'électricité
00:40:32suive le prix du gaz
00:40:34C'est vrai parce que
00:40:35tant qu'on aura besoin
00:40:37des centrales à gaz
00:40:38et bien les centrales à gaz
00:40:40feront le prix
00:40:41En 2007
00:40:42au coût d'envoi
00:40:43de la libéralisation
00:40:44du marché
00:40:44le kilowattheure
00:40:46au tarif bleu
00:40:47ne coûte que 11 centimes
00:40:51Mais Bruxelles
00:40:52est agacée
00:40:52La concurrence en France
00:40:54attire encore
00:40:55trop peu de clients
00:41:15Ce truc a été conçu
00:41:18en 2010
00:41:19par une commission
00:41:20spécialement nommée
00:41:21par le gouvernement français
00:41:22pour calmer
00:41:23ses partenaires européens
00:41:25L'aéropage de Sages
00:41:27composé non pas seulement
00:41:28des narques
00:41:29mais également de politiques
00:41:30et d'économistes
00:41:31a une mission
00:41:33Trouver un moyen
00:41:34de renforcer
00:41:35la concurrence en France
00:41:37En clair
00:41:38avantager
00:41:39les fournisseurs alternatifs
00:41:40au détriment
00:41:41de l'ancien monopole EDF
00:41:43qui résiste encore trop bien
00:41:44Moi j'étais un des
00:41:46membres de cette commission
00:41:47Les concurrents d'EDF
00:41:49ont dit
00:41:49mais nous
00:41:51on peut pas construire
00:41:52du nucléaire
00:41:52de toute façon
00:41:53c'est pas réaliste
00:41:53donc on peut pas
00:41:54concurrencer EDF
00:41:57Donc les concurrents d'EDF
00:41:58ont fait pression
00:42:00pour qu'en mettent en place
00:42:01le principe suivant
00:42:04EDF va autoriser
00:42:06les concurrents
00:42:08à acheter
00:42:09du nucléaire historique
00:42:11sur la base
00:42:12du prix de revient
00:42:13de ce nucléaire historique
00:42:14pas sur la base
00:42:15du prix du marché
00:42:15C'est ce qu'on appelle
00:42:16l'accès régulé
00:42:17à l'énergie nucléaire historique
00:42:20Une invention
00:42:21100% française donc
00:42:23plus connue
00:42:24sous son acronyme
00:42:25de AREN
00:42:25Derrière ce sigle
00:42:27un mécanisme inédit
00:42:30Il oblige EDF
00:42:32qui produit du nucléaire
00:42:33bon marché
00:42:34à en vendre
00:42:35une partie
00:42:35à prix coûtant
00:42:36à ses propres concurrents
00:42:38lesquels la revendront
00:42:39ensuite plus cher
00:42:40à leurs clients
00:42:41pour réaliser un bénéfice
00:42:44Cet arrangement
00:42:45écrit sous la dictée
00:42:46des nouveaux concurrents
00:42:47d'EDF
00:42:47et validé par le gouvernement
00:42:49défie toutes les règles
00:42:51connues de l'économie
00:42:52de marché
00:42:52Vous voyez bien
00:42:53la dinguerie
00:42:54C'est comme si on
00:42:55obligeait Renault
00:42:55à vendre
00:42:57à ses concurrents
00:42:58un quart de sa production
00:42:59de Twingo
00:43:00pour qu'eux-mêmes
00:43:01vendent des Twingo
00:43:02moins chers
00:43:02que Renault
00:43:03Tout le monde dirait
00:43:04mais c'est pas possible
00:43:06pourquoi ?
00:43:07Comment ?
00:43:09Dès le départ
00:43:10le sénateur est préoccupé
00:43:12mais à l'époque
00:43:13il prêche dans le désert
00:43:16Bon tout le monde me dit
00:43:17mais qu'est-ce que tu racontes
00:43:18ce système fonctionne très bien
00:43:21bon ben ça permet
00:43:22à la concurrence de vivre
00:43:23Bon à cette époque là
00:43:24ça avait fait beaucoup rire
00:43:25à madame Elisabeth Borne
00:43:27qui était à l'époque
00:43:28ministre de la transition
00:43:30écologique
00:43:30où j'ai demandé
00:43:31la suppression de l'arène
00:43:32Je vais vous raconter
00:43:33une histoire
00:43:34pour détendre l'atmosphère
00:43:35et ça sera
00:43:36ma dernière prise de parole
00:43:38Alors vous savez quoi ?
00:43:39Ben sympathissier
00:43:40il vend les meilleurs
00:43:41gâteaux au chocolat
00:43:43il en vend 400 par jour
00:43:44il vend plein d'autres choses
00:43:46mais les gâteaux au chocolat
00:43:46ça lui coûte 8,50 euros
00:43:48et il le vend
00:43:49au tarif de 10 euros
00:43:51et il appelle ça
00:43:52le tarif réglementé
00:43:52du gâteau au chocolat
00:43:53et puis un jour
00:43:54il y a 5 requins qui arrivent
00:43:56et ils lui disent
00:43:57ben nous on va vendre
00:43:58aussi des gâteaux
00:43:58mais on va prendre
00:44:00un fonds de commerce
00:44:00mais on va pas acheter
00:44:01le four
00:44:02ni le chocolat
00:44:03ni la levure
00:44:04ni les oeufs
00:44:05tu vas nous vendre les gâteaux
00:44:06tu vas nous en donner
00:44:07100 sur tes 400
00:44:08au prix de 8,50 euros
00:44:10voilà
00:44:11ce que ça te coûte
00:44:11et nous on les vendra
00:44:12entre 10 et 11 euros
00:44:13voilà
00:44:14mais comme tout le monde
00:44:15a besoin des gâteaux au chocolat
00:44:16quoi qu'il arrive
00:44:17quand on aura vendu
00:44:18tes 300 gâteaux au chocolat
00:44:19à 10 euros
00:44:21peut-être qu'ils viendront
00:44:21chercher
00:44:22les 100 autres
00:44:23entre 10,50 euros
00:44:24et 11
00:44:25et ben voilà
00:44:26et ben c'est
00:44:26aujourd'hui c'est ça
00:44:27c'est ça la reine
00:44:28vous remplacez le pâtissier
00:44:30par EDF
00:44:31les consommateurs
00:44:32par les usages
00:44:33d'électricité
00:44:34et les requins
00:44:34ça reste les requins
00:44:36c'est les acteurs
00:44:37de l'alternatif
00:44:39comme les requins
00:44:40de l'histoire
00:44:41la plupart des concurrents
00:44:43d'EDF
00:44:43ne possèdent pratiquement
00:44:44aucune installation
00:44:45aucun champ éolien
00:44:48aucune centrale
00:44:49photovoltaïque
00:44:51la commission
00:44:52qui a inventé la reine
00:44:54n'a pas jugé bon
00:44:55de les forcer
00:44:55à investir
00:44:56pour devenir
00:44:56de vrais producteurs
00:44:57d'électricité
00:44:58la question est apparue
00:45:00dans le débat
00:45:01est-ce qu'il faut
00:45:01conditionner
00:45:02l'obtention d'arène
00:45:05à la preuve
00:45:06qu'on investit
00:45:07bon la réponse
00:45:09assez rapidement
00:45:10était non
00:45:10c'était difficile
00:45:11de conditionner
00:45:13parce que
00:45:14il suffisait
00:45:15de montrer
00:45:16l'intention d'investir
00:45:17enfin je dirais
00:45:17le système aurait pu
00:45:19être détourné
00:45:19c'était un peu complexe
00:45:22c'était plutôt
00:45:23une erreur
00:45:24en réalité
00:45:24de celles
00:45:26qui vont bientôt
00:45:27se payer cash
00:45:28en attendant
00:45:30concurrencée
00:45:31par des entreprises
00:45:31rivales
00:45:32qu'elles subventionnent
00:45:33elles-mêmes
00:45:34EDF connaît
00:45:35des jours sombres
00:45:36le principe même
00:45:37de l'arène
00:45:38est une hérésie
00:45:39il a permis
00:45:42d'enrichir
00:45:42certains investisseurs
00:45:45qui ne se sont pas
00:45:45donné le mal
00:45:46d'entreprendre
00:45:47il a pénalisé EDF
00:45:49dans son développement
00:45:50or EDF
00:45:50c'est l'entreprise
00:45:51de tous les français
00:45:52donc c'est tous les français
00:45:52qui ont été pénalisés
00:45:54par l'arène
00:45:58les règles de la concurrence
00:45:59pénalisent aussi
00:46:00les fidèles abonnés
00:46:01au fameux tarif bleu
00:46:03d'EDF
00:46:04l'électricité bon marché
00:46:06issue du nucléaire
00:46:07représente 65%
00:46:09de l'électricité
00:46:10produite en France
00:46:11mais les clients d'EDF
00:46:12n'ont le droit
00:46:13d'en bénéficier
00:46:14qu'à hauteur de 50%
00:46:15pas plus que ce que
00:46:17les fournisseurs alternatifs
00:46:18peuvent intégrer
00:46:19dans leurs propres tarifs
00:46:22ça choque certains
00:46:23en disant
00:46:23ben alors
00:46:23à quoi ça sert
00:46:24puisqu'on a le nucléaire
00:46:26mais on peut pas
00:46:27en profiter autant
00:46:28qu'on voudrait
00:46:30c'est le nouveau
00:46:30paysage électrique
00:46:32après l'ouverture
00:46:33à la concurrence
00:46:33et tout va bien
00:46:35au moins jusqu'au début
00:46:36de l'année 2022
00:46:39mais tout d'un coup
00:46:41tout se dérègle
00:46:42il est 6h20
00:46:43l'Europe se réunit
00:46:44en sommet
00:46:45pour répondre à la flambée
00:46:46des prix de l'énergie
00:46:47les prix qui ont explosé
00:46:48ces derniers mois
00:46:49et les français
00:46:49combien va coûter
00:46:50l'électricité
00:46:51dans un contexte
00:46:52inflationniste et politique
00:46:53ou la question
00:46:54du pouvoir d'achat
00:46:55les entreprises
00:46:56font face à la hausse
00:46:57des coûts de l'énergie
00:46:57bref
00:46:58la crise énergétique
00:47:00vient d'éclater
00:47:02c'est la conjonction
00:47:03de trois facteurs
00:47:05le premier facteur
00:47:06c'est l'envolée
00:47:07du prix du gaz
00:47:08qui avait commencé
00:47:09à monter
00:47:10fin 2021
00:47:12parce qu'il y a
00:47:13une forte demande
00:47:13en Chine
00:47:14de gaz
00:47:15donc le prix du gaz
00:47:16commençait à monter
00:47:18la sortie post-Covid
00:47:20a créé une tension
00:47:21sur tous les marchés
00:47:22de matières premières
00:47:22donc l'électricité, gaz
00:47:24mais l'essence
00:47:25les matières premières
00:47:26alimentaires
00:47:27une sorte de congestion
00:47:28un peu sur les marchés
00:47:29qui ont commencé
00:47:29à faire croître les prix
00:47:32en plus certains acteurs
00:47:35étrangers
00:47:36par exemple la Russie
00:47:37ont quelque peu
00:47:38manipulé le marché du gaz
00:47:41histoire de
00:47:42à ce moment-là
00:47:42bien installer
00:47:43la crise du secteur
00:47:44de l'énergie
00:47:44et au mois de septembre 2021
00:47:46le prix a triplé
00:47:54alors ça s'est accéléré
00:47:56début 2022
00:47:57et au moment
00:47:57de la guerre
00:47:58en Ukraine
00:47:58alors ce moment-là
00:47:59les prix du gaz
00:48:00se sont avoués
00:48:00parce que tout le monde
00:48:01a pensé
00:48:01qu'on allait manquer
00:48:02de gaz
00:48:04au lieu d'avoir
00:48:05un prix du gaz
00:48:05aux alentours
00:48:06de 40 euros
00:48:07le mégawatt-heure
00:48:07ce qui est le prix
00:48:08aujourd'hui
00:48:09on est monté
00:48:10à 340 euros
00:48:12le mégawatt-heure
00:48:13à certains moments
00:48:14donc comme il faut
00:48:152 mégawatt-heure
00:48:16de gaz
00:48:16pour fabriquer et produire
00:48:18un mégawatt-heure
00:48:18d'électricité
00:48:19le prix de l'électricité
00:48:21est monté
00:48:21à plus de 600 euros
00:48:22le mégawatt-heure
00:48:25plus de 12 fois
00:48:26le prix habituel
00:48:28et la crise
00:48:29n'en finit pas
00:48:29de s'aggraver
00:48:34la deuxième raison
00:48:35c'est un manque
00:48:35d'hydrolicité
00:48:36on manquait d'eau
00:48:37et donc le parc
00:48:38hydraulique en Europe
00:48:39n'était pas suffisamment
00:48:41approvisionné
00:48:41parce que les pluies
00:48:42n'ont pas été suffisantes
00:48:44et l'autre raison
00:48:46c'est que pas de chance
00:48:47la production nucléaire
00:48:48avait chuté
00:48:50c'est là qu'on a
00:48:51la pire crise
00:48:52que le nucléaire français
00:48:53n'ait jamais affronté
00:48:54et une baisse drastique
00:48:55de la production
00:48:56de nos centrales nucléaires
00:48:57qui ont dû être arrêtées
00:48:57pour des questions
00:48:58de sûreté
00:49:03en octobre 2021
00:49:05on est en visite
00:49:07décennale numéro 2
00:49:08la visite des 20 ans
00:49:09sur le site de Sivaud
00:49:13et en fait
00:49:14sur le réacteur
00:49:15où se déroule la visite
00:49:16les personnels
00:49:18qui y participent
00:49:20ou qui réalisent
00:49:20des contrôles
00:49:21identifient
00:49:22un signal
00:49:23anormal
00:49:24atypique
00:49:28on se dit
00:49:29ben c'est bizarre
00:49:29que se passe-t-il
00:49:30alors
00:49:31normalement
00:49:31il ne devrait pas y avoir ça
00:49:33et on commence
00:49:34à interroger
00:49:34des experts
00:49:35qui disent
00:49:35non normalement
00:49:36il ne devrait pas y avoir ça
00:49:37mais il y a quand même
00:49:39on est sur la partie nucléaire
00:49:40de l'installation
00:49:42donc potentiellement rayonnant
00:49:43donc on met en évidence
00:49:45de la corrosion
00:49:46sous contrainte
00:49:48phénomène qu'on connaît
00:49:49mais pas sur ces tuyauteries là
00:49:51comme nos réacteurs
00:49:52sont de même technologie
00:49:53même s'ils ont des formes différentes
00:49:55et bien
00:49:56de la même façon
00:49:57on se dit
00:49:58qu'on va les contrôler
00:50:00on va voir le réacteur à côté
00:50:01pas de chance
00:50:02on le trouve aussi
00:50:03et puis petit à petit
00:50:04on s'aperçoit
00:50:05qu'un grand nombre
00:50:06de réacteurs
00:50:06est atteint
00:50:07par ce phénomène
00:50:08de corrosion
00:50:09sous contrainte
00:50:09qui est lié
00:50:10à une mauvaise connaissance
00:50:12de la métallurgie
00:50:14on a considéré
00:50:15qu'on pouvait continuer
00:50:15à produire
00:50:16mais qu'il fallait quand même
00:50:17corriger le problème
00:50:18le plus vite possible
00:50:19d'où des accouts
00:50:20dans la production
00:50:20à un moment
00:50:21qui était difficile
00:50:23il faut arrêter
00:50:24la moitié du parc nucléaire français
00:50:26du jamais vu
00:50:28le problème de corrosion
00:50:29provient du talon d'Achille
00:50:30des centrales françaises
00:50:32des soudures défectueuses
00:50:34il faut les reprendre
00:50:39on avait au départ
00:50:40la possibilité
00:50:41d'utiliser
00:50:42quelques experts
00:50:43en matière de soudure
00:50:44donc on ne s'inquiétait pas trop
00:50:45mais quand le phénomène
00:50:46a pris de l'ampleur
00:50:47on s'est aperçu
00:50:48qu'on manquait de soudeur
00:50:49on a dû faire appel
00:50:49à des étrangers
00:50:51qui sont venus en France
00:50:51pour nous aider
00:50:52à réparer le sujet
00:50:53et honnêtement
00:50:55on aurait eu
00:50:56plus de soudeurs en France
00:50:57on aurait été un petit peu plus vite
00:50:58il n'y a aucun doute
00:51:03depuis des leçons ont commencé
00:51:05à être tirées
00:51:07EDF est ainsi devenu partenaire
00:51:08de cette école de haut niveau
00:51:10unique en France
00:51:11pour y former
00:51:12ses futurs soudeurs
00:51:13de précision
00:51:15la filière nucléaire
00:51:16estime ses besoins
00:51:18à 1500 nouveaux profils
00:51:19de ce genre
00:51:20lors des 10 prochaines années
00:51:30dans les faillis
00:51:31il y a des soudeurs
00:51:32de la filière nucléaire
00:51:33qui derrière
00:51:34demain
00:51:35vont devenir
00:51:36les top guns du nucléaire
00:51:38il faut avoir
00:51:39ce qu'on appelle
00:51:39dans le jargon
00:51:40le coup de patte
00:51:41elle a une excellente
00:51:42dextérité
00:51:43pour être capable
00:51:44de souder
00:51:45dans toutes les positions
00:51:46la tête en haut
00:51:47les pieds en bas
00:51:48les pieds en bas
00:51:49la tête en haut
00:51:49couché dans une nappe
00:51:51de tuyauterie
00:51:51soudé de la main droite
00:51:53soudé de la main gauche
00:51:54soudé au miroir
00:51:55donc quand on ne voit pas
00:51:56directement ce qu'on fait
00:52:00ici
00:52:01les stagiaires
00:52:02s'entraînent dans des modules
00:52:04qui reproduisent à l'identique
00:52:05des éléments
00:52:06de centrale nucléaire
00:52:10pense à brosser
00:52:11un petit peu plus ici
00:52:12il faut vraiment
00:52:13que ta sauvure
00:52:14soit bien brossée
00:52:15nous c'est vraiment
00:52:16une reconstruction
00:52:17quasi à l'identique
00:52:20mais plus tard
00:52:21ça ne sera pas validé
00:52:22quand tu seras vraiment
00:52:23en centrale nucléaire
00:52:24ok ça marche
00:52:36là on va vraiment
00:52:37se focaliser sur le geste métier
00:52:39et après derrière
00:52:40il va venir tout de la suite
00:52:42pour après
00:52:43que tu ne sois pas surpris
00:52:43une fois arrivé
00:52:44en centrale nucléaire
00:52:45c'est un métier
00:52:46qui est très regardé
00:52:47qui est très contrôlé
00:52:50donc c'est pas
00:52:51la petite soudure
00:52:52sans importance
00:52:59il y a deux ans
00:53:00avec les pannes en série
00:53:01dans les centrales
00:53:02et le manque d'ouvriers
00:53:03spécialisés
00:53:04pour y faire face
00:53:05la France a frôlé
00:53:06la pénurie
00:53:07ce qui a contribué
00:53:09à alourdir
00:53:09la facture d'électricité
00:53:12une hausse des prix
00:53:13qui incite les clients
00:53:14à se pencher sérieusement
00:53:15sur leur contrat
00:53:16et même
00:53:17à en changer
00:53:17voilà monsieur
00:53:19s'il vous plaît
00:53:19bonne journée
00:53:21bon week-end
00:53:22à bientôt
00:53:22au revoir
00:53:23là c'est la
00:53:27première facture
00:53:28qu'on a eue
00:53:29oui fin novembre
00:53:30c'est un peu
00:53:32des formules
00:53:34scientifiques
00:53:34pour le coup
00:53:36non c'est
00:53:37lisible
00:53:39lisible
00:53:40alors ça
00:53:41c'est le nouveau contrat
00:53:42qu'on a signé
00:53:43avec un prix fixe
00:53:44sur 24 mois
00:53:46ça reste quand même
00:53:47aujourd'hui un petit peu cher
00:53:48quand on fait la comparaison
00:53:50avec les anciens propriétaires
00:53:51on est sur du x2
00:53:53ou en moyenne
00:53:54ouais
00:53:59à ce moment là
00:54:00le kilowattheure
00:54:01au tarif bleu
00:54:02est à 22 centimes
00:54:04deux fois plus cher
00:54:05qu'à l'ouverture
00:54:05du marché de l'électricité
00:54:06à la concurrence
00:54:0716 ans plus tôt
00:54:12mais la crise
00:54:13n'a pas viré au cauchemar
00:54:14pour tout le monde
00:54:15pour certains concurrents
00:54:16d'EDF
00:54:17ceux qui revendent
00:54:18de l'énergie nucléaire
00:54:19bon marché
00:54:20elle a au contraire
00:54:21été une affaire
00:54:22très juteuse
00:54:24avec le mécanisme
00:54:25de l'arène
00:54:27EDF
00:54:27leur livre
00:54:28de l'électricité
00:54:28à un prix fixe
00:54:29et très modique
00:54:30de 42 euros
00:54:31le mégawatt heure
00:54:35à ce tarif là
00:54:36la crise peut devenir
00:54:37une vraie opportunité
00:54:38pour certains
00:54:42pour l'année 2022
00:54:44et il y avait déjà
00:54:45beaucoup de fournisseurs
00:54:46alternatifs
00:54:47qui par exemple
00:54:47n'acceptaient plus
00:54:48de nouveaux clients
00:54:49ce qui n'est pas illogique
00:54:51crise, explosion des prix
00:54:52je prends plus
00:54:53de nouveaux clients
00:54:54mais en même temps
00:54:55ils demandent
00:54:55bien plus d'arène
00:54:57que les autres années
00:54:58donc c'était vraiment
00:54:59incohérent
00:55:02demandez plus
00:55:03d'électricité
00:55:03alors que l'on a
00:55:05moins de clients
00:55:05à servir
00:55:07incohérent
00:55:08ou au contraire
00:55:09très malin
00:55:10car sur le marché libre
00:55:11toutes les acrobaties
00:55:13sont possibles
00:55:13vous achetez
00:55:15de l'énergie
00:55:16à 42 euros
00:55:17et plutôt que de fournir
00:55:19vos clients
00:55:19vous dites
00:55:19ben non
00:55:20je vais la revendre
00:55:21sur le marché
00:55:22puisque je peux acheter
00:55:24à 40 euros
00:55:24un quart de la production
00:55:25nucléaire à EDF
00:55:26et puis après
00:55:27je peux aller la revendre
00:55:28300, 500, 1000 euros
00:55:30le mégawatt-heure
00:55:31sur les marchés
00:55:31ben c'est ce qui s'est passé
00:55:33le sénateur Fabien Guay
00:55:34a été le premier
00:55:35à s'intéresser
00:55:36aux pratiques controversées
00:55:37de certains concurrents
00:55:38d'EDF
00:55:38il a bénéficié
00:55:40de confidences
00:55:40d'informateurs
00:55:41très bien renseignés
00:55:42il y a des traders
00:55:43qui m'ont dit
00:55:44écoutez monsieur Guay
00:55:45sous couvert d'anonymat
00:55:46en plein été
00:55:48voilà ce qui est en train
00:55:49de se passer
00:55:50sur le marché
00:55:51même moi
00:55:52je ne suis plus là
00:55:52d'accord avec ça
00:55:53on est en train
00:55:53de faire de l'argent
00:55:54avec la misère humaine
00:55:55par exemple
00:55:56ce concurrent
00:55:56donc a acheté
00:55:58de l'arène
00:55:59au prix de 42 euros
00:56:00et l'a revendu
00:56:02sur le marché
00:56:02à 365 euros
00:56:04le lendemain
00:56:04vous voyez bien
00:56:05la culbute
00:56:06entre 365 euros
00:56:07et 42 euros
00:56:08acquis
00:56:09à EDF
00:56:10qui lui
00:56:11n'avait plus
00:56:12assez d'énergie
00:56:12bon
00:56:13l'affaire
00:56:14il a fait 8 millions
00:56:14d'euros
00:56:15en 24 heures
00:56:16c'est un système
00:56:17complètement aberrant
00:56:20c'est ce type
00:56:21de tour de passe-passe
00:56:22qui est reproché
00:56:23à la société
00:56:24Home Energy
00:56:25un exemple
00:56:26parmi la quarantaine
00:56:28de fournisseurs
00:56:28alternatifs
00:56:29d'électricité
00:56:30opérant en France
00:56:33si vous prenez
00:56:34le cas de Home
00:56:35ils ont déclaré
00:56:36un bénéfice
00:56:37de plus de 50 millions
00:56:38je crois 57 millions
00:56:39d'euros
00:56:40ce qui évidemment
00:56:41est totalement
00:56:42exceptionnel
00:56:43pour un fournisseur
00:56:44comme ça
00:56:44et j'ai envie de dire
00:56:45un fournisseur alternatif
00:56:46quand ils gagnent 1 à 3 millions
00:56:48c'est une très très belle année
00:56:49pour un fournisseur
00:56:50de cette taille
00:56:51donc là 57 millions
00:56:53qu'est-ce qui se passe ?
00:56:57pour tirer l'affaire au clair
00:56:59l'association nationale
00:57:01de défense des consommateurs
00:57:02s'est constituée
00:57:03en lanceuse d'alerte
00:57:04auprès du gendarme
00:57:05de l'énergie
00:57:08c'est la première fois
00:57:09qu'un fournisseur alternatif
00:57:10est accusé
00:57:11d'avoir profité
00:57:12de la crise
00:57:13même si l'autorité
00:57:14de contrôle du secteur
00:57:15travaille sur
00:57:16d'autres cas similaires
00:57:18la séance qui se tient
00:57:19aujourd'hui
00:57:20est sensible
00:57:30mais l'association
00:57:31et son avocat
00:57:32doivent rebrousser chemin
00:57:34le fournisseur alternatif
00:57:35a demandé
00:57:36à être jugé
00:57:37hors présence
00:57:38du public
00:57:38à huis clos
00:57:39ce que la commission
00:57:41de régulation
00:57:41de l'énergie
00:57:42a accepté
00:57:43la partie
00:57:46intéressée
00:57:46à savoir
00:57:47homme énergie
00:57:47a demandé
00:57:48le huis clos
00:57:49et c'est vrai
00:57:50que c'est assez
00:57:50inhabituel
00:57:51d'avoir des
00:57:53des huis clos
00:57:54sur ce type
00:57:55de séance
00:57:55oui en France
00:57:56ça n'arrive quasiment
00:57:57jamais
00:57:57une fois qu'il y a
00:57:58audience
00:57:58il y a audience
00:57:58donc les choses
00:57:59sont sur la table
00:58:00c'est le principe
00:58:01de la justice
00:58:02bon maintenant
00:58:03on va voir
00:58:03comment ça se passe
00:58:07les débats en séance
00:58:08resteront confidentiels
00:58:10mais quelques semaines
00:58:11plus tard
00:58:12homme énergie
00:58:13sera condamné
00:58:14à verser
00:58:156 millions d'euros
00:58:17la société
00:58:18a fait appel
00:58:19de sa condamnation
00:58:20conteste
00:58:21les faits reprochés
00:58:22et notamment
00:58:23d'avoir revendu
00:58:24de la reine
00:58:25sur le marché
00:58:28appelée
00:58:29à donner sa position
00:58:30homme énergie
00:58:31se refuse à commenter
00:58:32estimant qu'elle ne voit
00:58:33pas en quoi son chiffre
00:58:35d'affaires
00:58:35et son bénéfice
00:58:36sur une année précise
00:58:37seraient des éléments
00:58:38pertinents
00:58:39sur une activité
00:58:40aussi complexe
00:58:41l'entreprise
00:58:42explique aussi
00:58:42sa mise en cause
00:58:43par le souhait
00:58:44d'EDF
00:58:44de faire disparaître
00:58:45le mécanisme
00:58:46de la reine
00:58:46et les offres
00:58:47d'électricité
00:58:48à prix variable
00:58:49quelles qu'en soient
00:58:50les conséquences
00:58:51sur les consommateurs
00:58:52et qu'à défaut
00:58:53d'une annulation
00:58:54de sa condamnation
00:58:55homme énergie
00:58:56n'hésitera pas
00:58:57à saisir
00:58:58les institutions
00:58:58européennes
00:58:59afin de faire
00:59:00condamner la France
00:59:01pour violation
00:59:02du droit
00:59:02de l'Union
00:59:03européenne
00:59:06Moi je le dis
00:59:07il y a des gens
00:59:08sur le marché
00:59:09de l'énergie
00:59:10c'est des voyous
00:59:11ils ont pompé
00:59:12de l'argent
00:59:13de l'argent public
00:59:14sur le dos
00:59:16des usagers
00:59:17qui sont devenus
00:59:17des clients
00:59:18et des vaches à lait
00:59:18et les gens
00:59:20ils sont
00:59:21pardon mais
00:59:22il y en a
00:59:23ils ont basculé
00:59:23dans la misère
00:59:25énergétique
00:59:25et ça moi
00:59:26je m'y refuse
00:59:27parce que c'est
00:59:28de l'argent public
00:59:28parce que c'est
00:59:29EDF
00:59:29et parce que
00:59:31on parle
00:59:32de la vie
00:59:32des gens
00:59:36en réalité
00:59:37la libéralisation
00:59:38du marché
00:59:39européen
00:59:39de l'électricité
00:59:40paraît très mal
00:59:41adaptée
00:59:42au cas
00:59:42de la France
00:59:44il y avait
00:59:45plein d'autres
00:59:45pays
00:59:46qui n'avaient pas
00:59:47un grand système
00:59:48nucléaire centralisé
00:59:49comme chez nous
00:59:50et donc
00:59:51pour pas mal
00:59:52de pays européens
00:59:53cette ouverture
00:59:53du marché
00:59:54pouvait s'entendre
00:59:55il y a débat
00:59:55mais ça pouvait
00:59:56s'entendre
00:59:56la difficulté
00:59:57c'est qu'en France
00:59:58on avait un système
00:59:59qui était mal adapté
01:00:00à ça
01:00:02et la vraie
01:00:03fausse concurrence
01:00:04mise en place
01:00:05pour s'aligner
01:00:06sur les règles
01:00:06de Bruxelles
01:00:07n'a jusqu'ici
01:00:08jamais bien fonctionné
01:00:10un marché
01:00:11qui est sain
01:00:11c'est quand vous avez
01:00:13des fournisseurs
01:00:14qui sont différents
01:00:14un qui va dire
01:00:16par exemple
01:00:16moi je suis
01:00:17low cost
01:00:17pas cher
01:00:19moi je suis
01:00:20qualitatif
01:00:21j'ai un service
01:00:22client
01:00:23quelque chose
01:00:24de qualitatif
01:00:25qui fait que je vais
01:00:25être plus cher
01:00:26mais c'est plus
01:00:27qualitatif
01:00:27moi j'ai rajoute
01:00:28des innovations
01:00:29un peu technologiques
01:00:31pour ceux
01:00:31qui aiment bien
01:00:32les innovations
01:00:32technologiques
01:00:33bon
01:00:33ça c'est un marché
01:00:34segmenté
01:00:35qui a du sens
01:00:36qu'on voit
01:00:36dans d'autres marchés
01:00:38celui-là non
01:00:38ils sont finalement
01:00:39un peu tous pareils
01:00:40ils ont un peu
01:00:41tous le même modèle
01:00:42finalement
01:00:47est-ce que ce marché
01:00:48est parfait
01:00:48la réponse
01:00:49est vraiment non
01:00:50mais attention
01:00:51à ne pas jeter
01:00:51le bébé
01:00:51avec l'eau du bain
01:00:53ce que permet
01:00:54ce marché
01:00:54de l'électricité
01:00:55c'est d'optimiser
01:00:56tout le réseau électrique
01:00:58européen
01:00:58comme un seul réseau
01:00:59électrique
01:01:02donc un état
01:01:03ne peut pas décider
01:01:03à un moment
01:01:04de couper
01:01:05une interconnexion
01:01:05parce que ça
01:01:06lui profiterait
01:01:06ou non
01:01:07donc ça permet
01:01:07de fluidifier
01:01:08et d'optimiser
01:01:09les interconnexions
01:01:13si on a pu traverser
01:01:15l'hiver 2022
01:01:16en pleine crise
01:01:16quand notre système
01:01:17de production
01:01:18s'est effondré
01:01:19c'est grâce
01:01:21à la solidarité européenne
01:01:23sans la solidarité européenne
01:01:25on n'avait plus
01:01:26d'électricité
01:01:27pour tenir
01:01:28notre système productif
01:01:29et pour tenir
01:01:30le confort
01:01:31quotidien
01:01:32des français
01:01:35la France
01:01:36est interconnectée
01:01:37aujourd'hui
01:01:37à six pays
01:01:38donc l'Espagne
01:01:39le Royaume-Uni
01:01:42la Belgique
01:01:43l'Allemagne
01:01:43la Suisse
01:01:44et l'Italie
01:01:47la France
01:01:47exporte de l'électricité
01:01:49de manière importante
01:01:50nous exportons
01:01:51actuellement
01:01:52en flux commercial
01:01:547674 mégawatts
01:01:55c'est de l'ordre
01:01:55de 7 à 8 réacteurs nucléaires
01:01:56que nous exportons
01:01:59en 2024
01:02:01les ventes d'électricité
01:02:02à l'étranger
01:02:03ont ainsi rapporté
01:02:045 milliards d'euros
01:02:05au pays
01:02:05un record historique
01:02:08cette manne
01:02:09est l'une des raisons
01:02:10pour laquelle
01:02:11la France
01:02:11n'est pas pressée
01:02:12de sortir du marché
01:02:13européen
01:02:14certains disent
01:02:14ceux qui veulent sortir
01:02:15du marché
01:02:16disent
01:02:16ça n'exclut pas
01:02:17qu'on puisse maintenir
01:02:18des interconnexions
01:02:19et un marché aux frontières
01:02:21mais si vous
01:02:22vous sortez
01:02:23les pays limitrophes
01:02:24n'ont aucune raison
01:02:24de vous acheter massivement
01:02:26ou de vous vendre massivement
01:02:28les règles européennes
01:02:30ont aussi des contraintes
01:02:32comme celles qui pèsent
01:02:34sur ce qui avait fait
01:02:35l'excellence française
01:02:36au sortir de la guerre
01:02:37ces barrages hydroélectriques
01:02:40ils sont dans le collimateur
01:02:41de Bruxelles
01:02:42depuis 10 ans déjà
01:02:49quand j'arrive à la tête
01:02:50de cette maison
01:02:50on ne parle que d'une chose
01:02:52traumatisme absolu
01:02:53la mise en concurrence
01:02:54des barrages
01:02:57formidable idée
01:03:03La commission dit à EDF
01:03:05et à l'État
01:03:06depuis quelques années
01:03:06comment se fait-il
01:03:08que vous n'avez pas
01:03:09organisé d'appel d'offres
01:03:11et donc il y a
01:03:12une situation de blocage
01:03:13et ce point est aujourd'hui
01:03:14un point qui n'a pas
01:03:15trouvé de solution
01:03:26La vallée de la Morienne
01:03:27c'est la quatrième
01:03:28vallée hydraulique de France
01:03:30et c'est une puissance installée
01:03:32qui fait l'équivalent
01:03:33de quasiment
01:03:35deux réacteurs nucléaires
01:03:36pour assurer
01:03:37les ajustements
01:03:38au moment des pointes
01:03:39de consommation
01:03:44Un mégawatt de pointe
01:03:45sur les moments
01:03:46où le réseau
01:03:47est très tendu
01:03:48de consommation
01:03:49on peut atteindre
01:03:50des prix
01:03:50qui aiguissent les appétits
01:03:54Pour vendre plus cher
01:03:55et engranger
01:03:56le maximum de profit
01:03:58les candidats
01:03:59à la reprise
01:03:59des barrages EDF
01:04:00ne manquent pas
01:04:01à commencer
01:04:02par le géant français
01:04:03Total Energy
01:04:05On sait qu'effectivement
01:04:07Total
01:04:07ils aimeraient accéder
01:04:08aux moyens de production
01:04:09de pointe
01:04:10En tout cas
01:04:11il y a une oreille attentive
01:04:12au niveau de l'État
01:04:12parce qu'effectivement
01:04:13tout le monde sait
01:04:14que Total
01:04:15a largement
01:04:16les moyens d'investir
01:04:17bien plus
01:04:17que malheureusement
01:04:18le groupe EDF
01:04:19qui aujourd'hui
01:04:19est endetté
01:04:25Tout le monde pense
01:04:26qu'on est un concurrent
01:04:27d'EDF
01:04:27Alors sur la partie
01:04:28fournisseur d'électricité
01:04:29on est effectivement
01:04:30clairement concurrent
01:04:31On a à peu près
01:04:32ce qu'il faut
01:04:33pour fournir
01:04:34de l'électricité
01:04:35à quasiment
01:04:362 millions de personnes
01:04:37en France
01:04:38Notre ambition
01:04:39à Horizon 2030
01:04:40c'est de passer
01:04:41à peu près
01:04:41de 2 à 4
01:04:42donc on va doubler
01:04:44On a décidé
01:04:45Total Energy
01:04:45de ne pas investir
01:04:47dans le nucléaire
01:04:48puisque c'est pas
01:04:49notre cœur de métier
01:04:50Nous on est un producteur
01:04:51de pétrole et de gaz
01:04:51et on est un producteur
01:04:52d'énergie renouvelable
01:04:55En revanche
01:04:55est-ce que l'hydroélectricité
01:04:57intéresse Total Energy ?
01:04:58La réponse est oui
01:04:58On a déjà fait part
01:05:00aux autorités
01:05:01de notre appétit
01:05:03si un jour ça s'ouvrait
01:05:04ça nous intéresse
01:05:05parce que
01:05:05ça nous donne accès
01:05:06à de la flexibilité
01:05:08renouvelable
01:05:09et ça c'est extrêmement intéressant
01:05:15On connaît Total
01:05:16et on connaît
01:05:17son mode de fonctionnement
01:05:18aujourd'hui
01:05:19si Total investit 10
01:05:20c'est pour récupérer
01:05:22non pas 100
01:05:22mais 1000
01:05:23donc il y a des craintes
01:05:25à avoir
01:05:25sur ce qu'attendrait Total
01:05:27ou un autre partenaire
01:05:28en devenant co-investisseur
01:05:29des ouvrages hydroélectriques
01:05:35Et puis les barrages
01:05:37ne sont pas
01:05:37de simples usines
01:05:38à produire de l'électricité
01:05:40ils constituent également
01:05:42une pièce maîtresse
01:05:43dans les multiples usages
01:05:44de l'eau
01:05:46Depuis l'après-guerre
01:05:47EDF est concessionnaire
01:05:49des barrages
01:05:50il y a des accords
01:05:51qui se sont mis en place
01:05:52des accords aussi
01:05:53avec les municipalités
01:05:55pour lesquelles
01:05:55il n'y a pas forcément
01:05:56de contrepartie
01:05:57Je vais vous citer un exemple
01:05:58ici on a par exemple
01:05:59des parkings
01:06:00du tourisme
01:06:00des parkings
01:06:01qui sont accessibles
01:06:03gratuitement
01:06:04On a eu beaucoup
01:06:05de fréquentation cet été
01:06:06avec des randonneurs
01:06:08Aujourd'hui
01:06:09ils peuvent stationner
01:06:09gratuitement
01:06:11EDF participe
01:06:12à l'aménagement
01:06:12du territoire
01:06:13On pourrait imaginer
01:06:14qu'un opérateur privé
01:06:15demain
01:06:15les parkings deviennent payants
01:06:18Et puis l'arrivée éventuelle
01:06:20de nouveaux acteurs
01:06:21paralyse EDF
01:06:22L'hydroélectricité
01:06:24l'énergie verte
01:06:25par excellence
01:06:26ne progresse plus
01:06:27en France
01:06:28Qu'est-ce qui se passe ?
01:06:29On a tout un tas
01:06:30de projets d'investissement
01:06:31qui sont coincés
01:06:32dans les cartons
01:06:32Comme EDF
01:06:33c'est pas si demain
01:06:34ça sera lui ou pas
01:06:35qui va exploiter
01:06:36On a arrêté
01:06:37tous les investissements
01:06:39Les patrons
01:06:39aujourd'hui
01:06:40ils regardent aussi
01:06:41la rentabilité
01:06:41EDF est devenu
01:06:42une boîte privée
01:06:43c'est une société
01:06:44anonyme
01:06:44depuis les années 2000
01:06:45Donc aujourd'hui
01:06:46EDF dit
01:06:46attendez
01:06:47je ne vais pas investir
01:06:48dans des automatismes
01:06:50où on pourrait aussi
01:06:51faire de l'augmentation
01:06:52de puissance
01:06:52on pourrait retailler
01:06:53On a aujourd'hui
01:06:54les technologies
01:06:55qui nous permettent
01:06:55de gagner de la puissance
01:06:56sans toucher forcément
01:06:57beaucoup aux installations
01:06:58sans refaire des barrages
01:06:59Ils disent
01:07:00on va ramener
01:07:01l'industrie en France
01:07:02C'est pas vrai ?
01:07:03Eh ben
01:07:06Aujourd'hui
01:07:07tout est
01:07:09réindustrialisé
01:07:09on a vendu
01:07:10les turbines à Ravel
01:07:11Aujourd'hui
01:07:12on a sacrifié
01:07:12Nerpic
01:07:13Nerpic
01:07:13qui était le berceau
01:07:14tous les barrages
01:07:15ça tout était fait
01:07:15par Nerpic
01:07:16Pour le moment
01:07:18le dialogue
01:07:18entre Paris et Bruxelles
01:07:20est au point mort
01:07:21Tout le monde
01:07:22commence à perdre patience
01:07:26Bon à un moment donné
01:07:27il va falloir taper
01:07:28sur la table
01:07:28il faut qu'on soit capable
01:07:30de dire
01:07:30écoutez
01:07:30on est d'accord
01:07:31sur beaucoup de choses
01:07:32mais les concessions
01:07:33hydroélectriques
01:07:33c'est de l'ordre
01:07:34de la souveraineté
01:07:35c'est de l'ordre
01:07:36du sensible
01:07:36c'est exercé
01:07:37par l'entreprise
01:07:38détenue par l'état
01:07:39qui s'appelle EDF
01:07:40on maintient le statu quo
01:07:42ça marche
01:07:43c'est performant
01:07:44c'est pas cher
01:07:45voilà
01:07:46il est hors de question
01:07:47que la France
01:07:48se prive de ses barrages
01:07:50la France doit dire
01:07:52à l'Europe
01:07:52niaite
01:07:59en attendant
01:08:00à la suite
01:08:01de la récente crise énergétique
01:08:02c'est le choix
01:08:03de la relance du nucléaire
01:08:05qui s'est imposé en France
01:08:06au nom de la souveraineté nationale
01:08:08et de la protection du climat
01:08:10mais en laissant de côté
01:08:12l'épineuse question
01:08:13du traitement des déchets
01:08:14générée par cette énergie
01:08:15pas aussi propre que cela
01:08:18ce que nous avons
01:08:20à bâtir aujourd'hui
01:08:22c'est la renaissance
01:08:23du nucléaire français
01:08:28au programme
01:08:29la construction prévue
01:08:31d'au moins 6 nouveaux
01:08:31réacteurs nucléaires
01:08:34des centrales
01:08:35de nouvelle génération
01:08:36sur le modèle de Flamanville
01:08:38qui a difficilement vu le jour
01:08:39fin 2024
01:08:40avec 12 ans de retard
01:08:42et un coût multiplié par 6
01:08:44par rapport aux prévisions
01:08:46ces nouveaux travaux d'Hercule
01:08:48sont toujours présentés
01:08:49comme incontournables
01:08:51Si ce n'est pas le nucléaire
01:08:52qu'est-ce qu'on a ?
01:08:53Le pétrole
01:08:54on est ultra dépendant
01:08:56on n'a pas de pétrole en France
01:08:57le gaz
01:08:59on est ultra dépendant
01:09:00on n'a pas de gaz en France
01:09:01les énergies renouvelables
01:09:02on est ultra dépendant
01:09:04on n'a pas les matières premières
01:09:06qui permettent de construire
01:09:07les panneaux solaires
01:09:08ou les turbines éoliennes
01:09:10en France
01:09:11on est toujours dépendant
01:09:12donc on choisit
01:09:13l'élément le moins risqué
01:09:18On pense qu'il va y avoir
01:09:19une croissance
01:09:20de la consommation
01:09:21d'électricité
01:09:22avec beaucoup
01:09:22de véhicules électriques
01:09:24puisque les lois européennes
01:09:27imposent
01:09:28qu'on ne vende plus
01:09:29de véhicules thermiques
01:09:30en 2035
01:09:32Il y a un autre phénomène
01:09:34dont on pourrait parler
01:09:34c'est celui
01:09:35de l'intelligence artificielle
01:09:36l'intelligence artificielle
01:09:38amène à la création
01:09:39de très grosses fermes
01:09:41de serveurs
01:09:43Ces centres de gestion
01:09:45des données
01:09:45sont de très gros
01:09:46consommateurs d'électricité
01:09:49Tout cela fait que
01:09:50la consommation d'électricité
01:09:51en France
01:09:52devrait augmenter
01:09:53de façon assez significative
01:09:542 ou 3% chaque année
01:09:56mais pendant 15 ou 20 ans
01:10:03Cette doctrine
01:10:04du toujours plus d'électricité
01:10:06chère à EDF
01:10:07ne s'est pourtant pas vérifiée
01:10:08ces dernières années
01:10:09comme ne manque pas
01:10:10de le souligner
01:10:11les opposants au nucléaire
01:10:15Globalement
01:10:16on a toujours eu
01:10:16en France
01:10:17des narratifs politiques
01:10:19et des narratifs
01:10:20de la part d'EDF
01:10:21sur une forte augmentation
01:10:22de la consommation
01:10:24d'électricité
01:10:26Il y a aujourd'hui
01:10:28de bonnes raisons
01:10:29pour qu'il y ait
01:10:30d'un côté
01:10:31une tendance
01:10:31à l'augmentation
01:10:32de la demande électrique
01:10:33mais de l'autre côté
01:10:34il y a des potentiels
01:10:36pour être plus sobre
01:10:38aussi dans certains usages
01:10:40de l'électricité
01:10:41donc il n'est pas du tout
01:10:42garanti mécaniquement
01:10:43que la consommation
01:10:44d'électricité augmente
01:10:50Elle a même baissé
01:10:51de 2%
01:10:52depuis 2020
01:10:54Serait-il alors possible
01:10:56de tourner le dos
01:10:57au tout nucléaire ?
01:10:59Aller vers une électricité
01:11:00100% renouvelable ?
01:11:02L'hypothèse se heurte
01:11:04jusqu'ici
01:11:04à un océan
01:11:05de scepticisme
01:11:11Le 100% renouvelable
01:11:12c'est possible
01:11:12parce que
01:11:12ce n'est pas impossible
01:11:14mais simplement
01:11:15c'est à des coûts
01:11:16tellement élevés
01:11:17que toute l'électricité
01:11:18qu'on sait générer
01:11:19quand il y a du vent
01:11:20ou du soleil
01:11:21il faut en stocker
01:11:22des montagnes
01:11:24extraordinairement
01:11:25coûteuses
01:11:25peut-être à la limite
01:11:27de ce qui est faisable
01:11:28si on veut
01:11:29vivre entièrement là-dessus
01:11:39Et puis pour aller plus loin
01:11:41dans la transition
01:11:41vers l'éolien
01:11:42et le solaire
01:11:43encore faut-il
01:11:44que ces nouveaux éléments
01:11:45dans le paysage
01:11:46soient acceptés
01:11:47par les riverains
01:11:50Au parc éolien
01:11:51de Saint-Nazaire
01:11:52c'est la mission
01:11:53de Charlotte Sugliani
01:11:54la très officielle
01:11:56responsable
01:11:57du consentement
01:11:58d'EDF
01:11:58dans la région
01:11:59C'est pas beau vous dites ?
01:12:01Oui
01:12:01Bon bah après
01:12:02tous les goûts
01:12:02sont dans la nature
01:12:04Exactement
01:12:05Maintenant
01:12:05est-ce que vous savez
01:12:06pourquoi sont là
01:12:06les éoliennes ?
01:12:09Mon métier consiste
01:12:11à échanger
01:12:12avec les habitants
01:12:14les élus
01:12:15les pêcheurs
01:12:17les plaisanciers
01:12:18les associations
01:12:19environnementales locales
01:12:20pour les informer
01:12:21sur le projet
01:12:22et également
01:12:23adapter le projet
01:12:25pour qu'il se déroule
01:12:26en bonne intelligence
01:12:28Merci
01:12:29Les gens du coin
01:12:30irraient pas pour autant
01:12:32à la construction
01:12:33de ces éoliennes
01:12:34parce que ça gâche
01:12:35le paysage
01:12:35et tout ça
01:12:36Alors il y a effectivement
01:12:37Vous avez des réticences
01:12:38un peu quand même
01:12:38dans le domaine ?
01:12:39Oui
01:12:40On a des questions
01:12:41des inquiétudes
01:12:42qui sont soulevées
01:12:43sur l'impact environnemental
01:12:45du parc
01:12:45mais les personnes
01:12:46terminent leur phrase
01:12:47en disant
01:12:48oui mais la souveraineté
01:12:50dans la production
01:12:50d'électricité
01:12:51on dit oui aussi
01:12:53Si ça ne dégrade pas
01:12:54la faune marine
01:12:55si et si et si
01:12:57donc voilà c'est bien
01:12:58Voilà on voit
01:12:59le réchauffement climatique
01:13:00c'est concret
01:13:01dans nos vies
01:13:02les canicules
01:13:03les incendies
01:13:04on a vu
01:13:05les prix de l'énergie
01:13:06exploser
01:13:06avec la guerre en Ukraine
01:13:10donc effectivement
01:13:10on préférerait qu'elles
01:13:11soient pas là
01:13:12les éoliennes
01:13:12mais il faut savoir
01:13:13ce qu'on veut
01:13:14voilà ça c'est ce qu'on
01:13:14entend de plus en plus
01:13:20Mais au-delà
01:13:21des choix énergétiques
01:13:22qui seront faits
01:13:23une certitude se dégage
01:13:25le prix de l'électricité
01:13:27va être de plus en plus
01:13:28imprévisible
01:13:30parce qu'il est prévu
01:13:31que la reine
01:13:31l'énergie nucléaire
01:13:33bon marché
01:13:33la grande spécificité française
01:13:37disparaissent bientôt
01:13:41Le système
01:13:41qu'on a aujourd'hui
01:13:43de nucléaire régulé
01:13:44sur les factures
01:13:45de consommateurs
01:13:46s'arrête
01:13:46fin 2025
01:13:48Qu'est-ce qui va
01:13:49succéder à ça ?
01:13:50On s'oriente
01:13:50vers une solution
01:13:51complètement au marché
01:13:52c'est-à-dire que
01:13:53il n'y aura plus
01:13:54de nucléaire régulé
01:13:54pour personne
01:13:55le prix qui sera payé
01:13:56ce sera le prix de marché
01:13:58et pour avoir
01:13:58un prix de marché
01:13:59de l'électricité bas
01:14:00il faut produire
01:14:01plus d'électricité
01:14:02bas carbone
01:14:04et ça
01:14:04avant 2035
01:14:05ça ne pourra venir
01:14:06que des énergies renouvelables
01:14:07puisqu'on n'aura pas
01:14:08de nouveaux nucléaires
01:14:09avant 2035
01:14:102037
01:14:13Ensuite
01:14:13il faudra aussi
01:14:14payer la note
01:14:15des nouvelles centrales nucléaires
01:14:16à construire
01:14:18une centaine
01:14:18de milliards d'euros
01:14:19sur 20 ans
01:14:25Il y a aussi
01:14:25le coût des réseaux
01:14:27parce qu'il faut
01:14:27développer
01:14:28des interconnexions
01:14:29avec le reste de l'Europe
01:14:30moderniser le réseau
01:14:31donc vous avez
01:14:32250 milliards
01:14:34d'ici 2040
01:14:35c'est le consommateur
01:14:36qui va payer
01:14:39En France
01:14:40le montant
01:14:42de la facture
01:14:42d'électricité
01:14:43était jusqu'ici
01:14:44en dessous
01:14:44de la moyenne européenne
01:14:46Elle va fatalement
01:14:47s'en rapprocher
01:14:48lors des 10 prochaines années
01:14:51Jamais le mot sobriété
01:14:53n'a aussi bien résonné
01:14:54avec celui d'électricité
01:14:59Quand vous êtes
01:15:00un particulier
01:15:01aujourd'hui
01:15:01si vous voulez
01:15:02payer moins cher
01:15:03votre électricité
01:15:04la première chose
01:15:05c'est de toute façon
01:15:06d'arriver à faire
01:15:06des économies
01:15:07c'est-à-dire
01:15:08être raisonnable
01:15:09sur le chauffage
01:15:09couvrir pour la cuisson
01:15:11l'efficacité
01:15:12de l'électroménager
01:15:13votre frigo
01:15:14qui consomme moins
01:15:14les bâtiments
01:15:15qu'on va isoler
01:15:16Ne pas chercher
01:15:18à exploiter
01:15:19ces potentiels
01:15:19de réduction
01:15:20de consommation
01:15:20en fait
01:15:21c'est se tirer
01:15:22une balle dans le pied
01:15:23par rapport
01:15:24à nos objectifs
01:15:25d'indépendance énergétique
01:15:26par rapport
01:15:27à nos objectifs
01:15:28climatiques
01:15:29et par rapport
01:15:30aux objectifs
01:15:31de maîtrise
01:15:32des prix
01:15:32et des factures
01:15:34d'électricité
01:15:34en France
01:15:35et par extension
01:15:37en Europe
01:15:39Car il ne faut pas
01:15:40se méprendre
01:15:40sur la récente baisse
01:15:41de la facture en France
01:15:43la première
01:15:44depuis 2018
01:15:46Ce recul des prix
01:15:48est sans doute
01:15:49temporaire
01:15:51Mais à l'heure
01:15:52où la transition
01:15:53climatique
01:15:53devient une urgence
01:15:54vitale
01:15:56au moment
01:15:56où toute l'énergie
01:15:57se doit d'être
01:15:58la plus décarbonée
01:15:59possible
01:16:01Notre très chère
01:16:02électricité
01:16:03n'a jamais été
01:16:04une énergie
01:16:05aussi précieuse
01:16:07quoi qu'elle nous coûte
01:16:37Sous-titrage
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