Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 16 heures
En France, 140 000 Accompagnants d'Élèves en Situation de Handicap, les AESH, accompagnent chaque jour plus de 350 000 enfants à l'école. Un soutien essentiel pour l'inclusion. Pour les familles, l'obtention de cette aide relève bien souvent du parcours du combattant, entre les démarches médicales, les délais importants et de lourds dossiers administratifs. Sur le terrain, les AESH travaillent dans des conditions précaires : des salaires nets rarement au-dessus de 1 000 euros, peu voire pas de formation, et un manque criant de reconnaissance. En janvier 2026, le rejet au Sénat d'une proposition de loi visant à leur accorder un statut de fonctionnaire a ravivé la colère de la profession. Dans le Pas-de-Calais, nous avons suivi Cathy Apourceau-Poly, sénatrice communiste engagée depuis des années sur la question de l'accompagnement des enfants en situation de handicap et de ceux qui le rendent possible au quotidien. Année de Production :

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:04Musique
00:14Tous les lundis, Chahinesse retrouve Rémi, son éducateur.
00:22Bonjour Chahinesse !
00:23Bonjour ma grande !
00:26Bon, c'est bien, bonjour !
00:28Tu rentres ?
00:30Tu veux aller mettre ton manteau ?
00:31Allez, c'est bien ma grande !
00:33Âgée de 6 ans, elle est porteuse d'un trouble du spectre autistique.
00:36L'association Azure, basée à Fouquière-les-Lances dans le Pas-de-Calais,
00:40l'accueille ici plusieurs heures par semaine.
00:46Hop !
00:47Comme ça, tu écris ton prénom.
00:55Chahinesse, à toi !
01:00Non, ça commence par quoi, Chahinesse ?
01:02Ça commence par un...
01:05S !
01:05On travaille l'écriture de son prénom, en entier maintenant.
01:10Quand j'ai commencé avec Chahinesse, c'est très compliqué qu'elle puisse avoir une clôture d'élève,
01:16donc de rester assise pendant un certain temps pour faire des activités à table.
01:22et grâce à sa prise en charge ici, ça a quand même beaucoup, beaucoup, beaucoup aidé à l'inclusion en
01:27classe.
01:29Au niveau scolaire, ça a beaucoup, beaucoup avancé justement parce qu'on a beaucoup travaillé sur la posture de l
01:35'élève en fait.
01:37Regarde, c'est quoi ça ?
01:38Cherche le même.
01:39Très bien, tu mets en dessous.
01:41Et là ?
01:43Non, regarde bien.
01:46Vas-y.
01:49Très bien, ma grande.
01:51Ici, tous les intervenants travaillent avec un objectif commun,
01:55faciliter au maximum l'inclusion scolaire de ces enfants.
01:59Créée en 2017, l'association Azure est entièrement dédiée à l'accompagnement des enfants autistes et leurs familles.
02:05Bravo, ma grande, c'est super.
02:07Bravo, très bien.
02:08Elle évolue assez rapidement, je trouve.
02:10C'est super en fait, c'est ça.
02:12Elle fait des choses qu'elle était incapable de faire avant.
02:15Rien, rester assise sur une chaise, c'était pas possible.
02:18Demain, s'il y a plus d'association, je sais pas comment on va faire.
02:24Bonjour, bonjour.
02:28Ça va, Dany ?
02:28Madame la sénatrice.
02:31Katia Poursopoli est sénatrice communiste du Pas-de-Calais.
02:34C'est Cathy, hein ?
02:34Régulièrement, elle rend visite à la présidence de l'association.
02:38Et Cathy est avec nous depuis le début, d'ailleurs, elle a des rentes aussi, Cathy, chez nous.
02:45D'abord, c'est bientôt que je paye la cotisation.
02:50Voilà, et donc une aide précieuse pour les familles,
02:54parce qu'elle est surtout à l'écoute des familles.
02:57Ça, c'est hyper important.
02:58Et puis, moi, ça m'a semblé important d'être à ses côtés,
03:02parce que je sais combien c'est difficile aujourd'hui de faire vivre les associations
03:07quand on n'a pas de fonds d'État.
03:09Parce que Dany est toujours, toujours à la recherche, finalement, d'aide,
03:15d'aide matérielle, d'aide financière,
03:17parce qu'on ne fait pas tourner une association sans une aide financière.
03:21L'association ne vit que grâce aux mécénats et subventions locales.
03:25Malgré les difficultés à trouver des financements,
03:28Dany Jandruche dédie sa vie aux familles qu'elle accompagne.
03:31Au total, Azur prend en charge une quinzaine d'enfants âgés de 5 à 15 ans,
03:35de la constitution des dossiers administratifs aux rendez-vous médicaux.
03:47Issu d'une famille très engagée,
03:49Katia Poursopoli a toujours baigné dans le communisme.
03:52J'ai adhéré au Parti communiste, je l'avais 17 ans.
03:58Élie locale du Pas-de-Calais depuis plus de 20 ans,
04:01elle est devenue sénatrice en 2018.
04:03Je me bats pour plus de justice sociale,
04:06je me bats pour l'égalité, l'égalité des chances,
04:10l'égalité pour tous et toutes.
04:11Au fil de ces différentes rencontres,
04:14Katia Poursopoli a fait de l'accompagnement
04:16des jeunes en situation de handicap l'une de ses priorités.
04:19Quand on a un enfant qui n'est en situation de handicap,
04:22on n'a rien demandé.
04:24Au contraire, on préférerait évidemment
04:28que cet enfant n'ait pas de handicap à la naissance
04:32et c'est après souvent le parcours du combattant
04:35pour les familles.
04:45Bonjour les enfants !
04:46Bonjour ma belle !
04:48Bonjour !
04:50Dans cette famille lançoise,
04:52les deux derniers enfants sont des jumeaux scolarisés en CP.
04:55Ils sont touchés par d'importants retards
04:57par rapport aux autres élèves.
04:58Depuis quelques mois, Karine et Fasciné sont aidés en classe
05:01par une AESH,
05:03accompagnante d'élèves en situation de handicap.
05:05Ça va l'école ?
05:06Oui, ça va.
05:07Vous aimez l'école ?
05:09J'aime bien.
05:09Oui, vous êtes bien ?
05:10Moi, j'aime un petit peu l'école.
05:11Ça les aide beaucoup,
05:13comme ils avaient des problèmes au départ.
05:15Si on vous montre aujourd'hui,
05:17au départ leur écriture,
05:19et au jour d'aujourd'hui,
05:22c'est pas les mêmes enfants.
05:23Mais moi, j'ai été surprise,
05:25j'ai dit, vous êtes sûre que c'est mes enfants ?
05:27Ils m'ont dit, oui, madame,
05:28c'est bien l'écriture de vos enfants.
05:30Et ça fait toujours plaisir.
05:33Derrière, comme je vous ai dit,
05:34il y a beaucoup de paperasses.
05:35On n'est pas arrivés là comme ça,
05:38c'est beaucoup de démarches à faire.
05:40On nous demande vraiment énormément,
05:42donc c'est des rendez-vous de...
05:45C'est beaucoup de documents.
05:47Ce sont les MDPH,
05:49Maisons Départementales des Personnes Handicapées,
05:51qui décident de l'attribution d'une AESH aux élèves.
05:54Pour cela, les familles doivent s'engager
05:56dans un long parcours administratif.
05:59Finalement, on se rend compte que
06:01dès que ces enfants bénéficient d'une AESH,
06:06madame est obligée de refaire le dossier
06:09pour pouvoir réobtenir l'année d'après,
06:12pratiquement, une AESH.
06:14C'est finalement un jeu sans fin.
06:16On a l'impression qu'on ne s'en sort jamais.
06:19Je crois qu'il faut vraiment revoir
06:21le fonctionnement des MDPH.
06:25Merci à vous de le passer.
06:27Je me permets, parce que vraiment,
06:29vous êtes trop gentille.
06:30Merci.
06:30Merci d'être venu.
06:43Dans l'école de Karine est fascinée,
06:45une vingtaine d'enfants sont accompagnés
06:47par 4 AESH qui se relaient
06:49pour assurer à chacun quelques heures
06:51de suivi par semaine.
06:53Seul Obey, en CP, bénéficie d'une aide individualisée.
06:56Il est porteur de troubles du spectre autistique.
07:00Là, ma, là, là.
07:06Là.
07:07Obey.
07:08Obey.
07:09Regarde.
07:11Là.
07:12Oui, c'est ça.
07:13Là, c'est ça.
07:14L'âme.
07:15C'est bien.
07:18L'une.
07:19L'une.
07:20Non.
07:23L'une.
07:27Bien.
07:29Bravo.
07:31Il n'est pas dans l'apprentissage de la lecture.
07:33Donc, on commence avec madame
07:37à lui faire les syllabes
07:39pour rentrer dans la lecture globale.
07:42On est en lecture globale.
07:44Et après, on fait de l'annumération aussi.
07:47Donc là, on est arrivé jusqu'au 12.
07:50En classe, la progression d'Obey repose en grande partie sur le binôme enseignant à ESH.
07:56On fait des points régulièrement pour pouvoir voir où il en est et puis pouvoir le faire progresser dans les
08:03différents domaines.
08:03Elle est mes yeux, mes oreilles.
08:08Elle a une observation fine des besoins de l'enfant qu'elle suit
08:12pour me permettre, moi, d'ajuster les apprentissages qu'Obey doit suivre.
08:18Très bien.
08:18La ESH aide pour les interactions sociales avec les camarades.
08:23On inclut régulièrement Obey dans des groupes de travail.
08:28Ça lui permet d'être en interaction avec ses camarades de classe.
08:32Ça peut aussi se jouer en cours de récréation.
08:35La ESH peut intervenir aussi pour que les autres enfants aillent chercher Obey,
08:39pour jouer avec lui et surveiller aussi si tout cela se passe bien.
08:44Sans elles, il n'y a pas d'interaction.
08:46Il n'y a pas d'interaction sociale, il n'y a pas d'interaction avec les adultes,
08:49il n'y a pas d'interaction avec les enfants.
08:58Bonjour.
08:59Bonjour, bienvenue.
09:00Merci.
09:01Bonjour.
09:02Nous retrouvons Cathy Apoursopoli au siège départemental du principal syndicat de l'école primaire.
09:07Merci aussi pour votre engagement au point des Aves-H.
09:10Oui.
09:11C'est très important.
09:11Les rencontres de terrain sont indispensables.
09:14Vous savez, on ne peut pas être un parlementaire et n'être qu'à Paris, dans l'enceinte du Sénat,
09:24sans écouter ce qui se dit sur le terrain.
09:26Et pour moi, c'est toujours une priorité que d'écouter celles et ceux qui sont confrontés à la vraie
09:31vie,
09:31qui sont confrontés au métier.
09:33Au programme, une table ronde sur les conditions de travail des AESH.
09:37Je vais prendre l'exemple d'une collègue qui accompagnait un élève en situation de handicap lourd,
09:43pour lequel il y avait un risque d'étouffement pendant les repas,
09:47et la collègue n'était même pas formée au PSC1.
09:49D'accord.
09:50Ce qui lui causait beaucoup de stress tous les jours.
09:53Et voilà.
09:54Donc là, il y a vraiment aussi, sur les AESH, un besoin de formation fort,
09:58qui remonte du terrain.
09:59Et pour le moment, en fait, ce besoin de formation n'est pas entendu.
10:05Pour être à AESH, seule une formation initiale de 60 heures est obligatoire,
10:10loin d'être suffisant pour appréhender tous les handicaps auxquels ils sont confrontés.
10:15Autre problème soulevé par le syndicat,
10:17les effectifs dans le Pas-de-Calais auraient besoin d'être doublés pour inclure au mieux les élèves.
10:21Les recrutements ne sont pas à la hauteur non plus,
10:24parce que le métier n'est pas valorisé.
10:27Le métier n'est pas valorisé.
10:29Et en salaire, et en reconnaissance, et en formation à tous les niveaux.
10:34La rémunération moyenne des AESH se situe sous la barre des 1 000 euros,
10:37ce qui correspond à une base de 24 heures passées en classe par semaine.
10:41Aujourd'hui, être AESH, c'est un sacrifice financier.
10:46Tout ce qu'on veut, c'est pouvoir continuer à exercer notre métier
10:48sans pour autant ne plus avoir assez d'argent pour faire ce qu'on aime.
10:54Pour les AESH, l'amélioration des conditions de travail passerait par l'attribution du statut de fonctionnaire.
11:00On a vraiment l'impression, nous, AESH, d'être véritablement du consommable.
11:06Du consommable.
11:07C'est-à-dire que nos dirigeants considèrent que nous avons un presque statut,
11:14alors que nous n'avons pas de statut du tout.
11:15Et là, le fait que les AESH n'aient pas de statut, ça les rend dépendantes du pouvoir politique.
11:22On n'est pas à l'abri qui est dans des futures élections,
11:25qui est un parti politique qui décide que l'inclusion,
11:30que ce ne sera pas une priorité, qu'il ne faudra absolument pas inclure les élèves.
11:32Et dans ce cas-là, on aurait 150 000 AESH qui pourraient être licenciés.
11:36Et donc, c'est pour ça que pour nous, c'est important que les AESH aient un statut
11:39pour pouvoir les déconnecter du pouvoir politique.
11:43En janvier 2026, une proposition de loi socialiste visant à intégrer les AESH
11:48dans la fonction publique a été rejetée au Sénat.
11:51Le texte, soutenu par Katia Poursopoli et l'ensemble de la gauche sénatoriale,
11:56comprenait entre autres une meilleure formation et rémunération.
12:00Si nous n'avons pas un véritable statut,
12:03si nous n'avons pas une revalorisation salariale,
12:06nous n'aurons plus d'AESH.
12:08Si demain, ces enfants ne sont plus accompagnés,
12:12ils sont voués à l'échec.
12:13Et donc, ce n'est pas possible.
12:15Vraiment, il faut faire quelque chose aujourd'hui
12:18qui ait du sens et c'est la reconnaissance de ce métier
12:22qui est un métier qui mérite d'être valorisé.
12:25Et je ne vois pas pourquoi ils sont et elles sont les dernières de la classe,
12:30finalement, et qu'on s'oppose à ce qu'elles aient
12:33et à ce qu'ils aient un statut.
12:36La sénatrice réfléchit déjà à déposer de nouvelles propositions de loi
12:40en ce sens prochainement.
12:41En France, 140 000 AESH accompagnent chaque jour
12:45plus de 350 000 élèves en situation de handicap.
12:48Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations