00:04Musique
00:14Tous les lundis, Chahinesse retrouve Rémi, son éducateur.
00:22Bonjour Chahinesse !
00:23Bonjour ma grande !
00:26Bon, c'est bien, bonjour !
00:28Tu rentres ?
00:30Tu veux aller mettre ton manteau ?
00:31Allez, c'est bien ma grande !
00:33Âgée de 6 ans, elle est porteuse d'un trouble du spectre autistique.
00:36L'association Azure, basée à Fouquière-les-Lances dans le Pas-de-Calais,
00:40l'accueille ici plusieurs heures par semaine.
00:46Hop !
00:47Comme ça, tu écris ton prénom.
00:55Chahinesse, à toi !
01:00Non, ça commence par quoi, Chahinesse ?
01:02Ça commence par un...
01:05S !
01:05On travaille l'écriture de son prénom, en entier maintenant.
01:10Quand j'ai commencé avec Chahinesse, c'est très compliqué qu'elle puisse avoir une clôture d'élève,
01:16donc de rester assise pendant un certain temps pour faire des activités à table.
01:22et grâce à sa prise en charge ici, ça a quand même beaucoup, beaucoup, beaucoup aidé à l'inclusion en
01:27classe.
01:29Au niveau scolaire, ça a beaucoup, beaucoup avancé justement parce qu'on a beaucoup travaillé sur la posture de l
01:35'élève en fait.
01:37Regarde, c'est quoi ça ?
01:38Cherche le même.
01:39Très bien, tu mets en dessous.
01:41Et là ?
01:43Non, regarde bien.
01:46Vas-y.
01:49Très bien, ma grande.
01:51Ici, tous les intervenants travaillent avec un objectif commun,
01:55faciliter au maximum l'inclusion scolaire de ces enfants.
01:59Créée en 2017, l'association Azure est entièrement dédiée à l'accompagnement des enfants autistes et leurs familles.
02:05Bravo, ma grande, c'est super.
02:07Bravo, très bien.
02:08Elle évolue assez rapidement, je trouve.
02:10C'est super en fait, c'est ça.
02:12Elle fait des choses qu'elle était incapable de faire avant.
02:15Rien, rester assise sur une chaise, c'était pas possible.
02:18Demain, s'il y a plus d'association, je sais pas comment on va faire.
02:24Bonjour, bonjour.
02:28Ça va, Dany ?
02:28Madame la sénatrice.
02:31Katia Poursopoli est sénatrice communiste du Pas-de-Calais.
02:34C'est Cathy, hein ?
02:34Régulièrement, elle rend visite à la présidence de l'association.
02:38Et Cathy est avec nous depuis le début, d'ailleurs, elle a des rentes aussi, Cathy, chez nous.
02:45D'abord, c'est bientôt que je paye la cotisation.
02:50Voilà, et donc une aide précieuse pour les familles,
02:54parce qu'elle est surtout à l'écoute des familles.
02:57Ça, c'est hyper important.
02:58Et puis, moi, ça m'a semblé important d'être à ses côtés,
03:02parce que je sais combien c'est difficile aujourd'hui de faire vivre les associations
03:07quand on n'a pas de fonds d'État.
03:09Parce que Dany est toujours, toujours à la recherche, finalement, d'aide,
03:15d'aide matérielle, d'aide financière,
03:17parce qu'on ne fait pas tourner une association sans une aide financière.
03:21L'association ne vit que grâce aux mécénats et subventions locales.
03:25Malgré les difficultés à trouver des financements,
03:28Dany Jandruche dédie sa vie aux familles qu'elle accompagne.
03:31Au total, Azur prend en charge une quinzaine d'enfants âgés de 5 à 15 ans,
03:35de la constitution des dossiers administratifs aux rendez-vous médicaux.
03:47Issu d'une famille très engagée,
03:49Katia Poursopoli a toujours baigné dans le communisme.
03:52J'ai adhéré au Parti communiste, je l'avais 17 ans.
03:58Élie locale du Pas-de-Calais depuis plus de 20 ans,
04:01elle est devenue sénatrice en 2018.
04:03Je me bats pour plus de justice sociale,
04:06je me bats pour l'égalité, l'égalité des chances,
04:10l'égalité pour tous et toutes.
04:11Au fil de ces différentes rencontres,
04:14Katia Poursopoli a fait de l'accompagnement
04:16des jeunes en situation de handicap l'une de ses priorités.
04:19Quand on a un enfant qui n'est en situation de handicap,
04:22on n'a rien demandé.
04:24Au contraire, on préférerait évidemment
04:28que cet enfant n'ait pas de handicap à la naissance
04:32et c'est après souvent le parcours du combattant
04:35pour les familles.
04:45Bonjour les enfants !
04:46Bonjour ma belle !
04:48Bonjour !
04:50Dans cette famille lançoise,
04:52les deux derniers enfants sont des jumeaux scolarisés en CP.
04:55Ils sont touchés par d'importants retards
04:57par rapport aux autres élèves.
04:58Depuis quelques mois, Karine et Fasciné sont aidés en classe
05:01par une AESH,
05:03accompagnante d'élèves en situation de handicap.
05:05Ça va l'école ?
05:06Oui, ça va.
05:07Vous aimez l'école ?
05:09J'aime bien.
05:09Oui, vous êtes bien ?
05:10Moi, j'aime un petit peu l'école.
05:11Ça les aide beaucoup,
05:13comme ils avaient des problèmes au départ.
05:15Si on vous montre aujourd'hui,
05:17au départ leur écriture,
05:19et au jour d'aujourd'hui,
05:22c'est pas les mêmes enfants.
05:23Mais moi, j'ai été surprise,
05:25j'ai dit, vous êtes sûre que c'est mes enfants ?
05:27Ils m'ont dit, oui, madame,
05:28c'est bien l'écriture de vos enfants.
05:30Et ça fait toujours plaisir.
05:33Derrière, comme je vous ai dit,
05:34il y a beaucoup de paperasses.
05:35On n'est pas arrivés là comme ça,
05:38c'est beaucoup de démarches à faire.
05:40On nous demande vraiment énormément,
05:42donc c'est des rendez-vous de...
05:45C'est beaucoup de documents.
05:47Ce sont les MDPH,
05:49Maisons Départementales des Personnes Handicapées,
05:51qui décident de l'attribution d'une AESH aux élèves.
05:54Pour cela, les familles doivent s'engager
05:56dans un long parcours administratif.
05:59Finalement, on se rend compte que
06:01dès que ces enfants bénéficient d'une AESH,
06:06madame est obligée de refaire le dossier
06:09pour pouvoir réobtenir l'année d'après,
06:12pratiquement, une AESH.
06:14C'est finalement un jeu sans fin.
06:16On a l'impression qu'on ne s'en sort jamais.
06:19Je crois qu'il faut vraiment revoir
06:21le fonctionnement des MDPH.
06:25Merci à vous de le passer.
06:27Je me permets, parce que vraiment,
06:29vous êtes trop gentille.
06:30Merci.
06:30Merci d'être venu.
06:43Dans l'école de Karine est fascinée,
06:45une vingtaine d'enfants sont accompagnés
06:47par 4 AESH qui se relaient
06:49pour assurer à chacun quelques heures
06:51de suivi par semaine.
06:53Seul Obey, en CP, bénéficie d'une aide individualisée.
06:56Il est porteur de troubles du spectre autistique.
07:00Là, ma, là, là.
07:06Là.
07:07Obey.
07:08Obey.
07:09Regarde.
07:11Là.
07:12Oui, c'est ça.
07:13Là, c'est ça.
07:14L'âme.
07:15C'est bien.
07:18L'une.
07:19L'une.
07:20Non.
07:23L'une.
07:27Bien.
07:29Bravo.
07:31Il n'est pas dans l'apprentissage de la lecture.
07:33Donc, on commence avec madame
07:37à lui faire les syllabes
07:39pour rentrer dans la lecture globale.
07:42On est en lecture globale.
07:44Et après, on fait de l'annumération aussi.
07:47Donc là, on est arrivé jusqu'au 12.
07:50En classe, la progression d'Obey repose en grande partie sur le binôme enseignant à ESH.
07:56On fait des points régulièrement pour pouvoir voir où il en est et puis pouvoir le faire progresser dans les
08:03différents domaines.
08:03Elle est mes yeux, mes oreilles.
08:08Elle a une observation fine des besoins de l'enfant qu'elle suit
08:12pour me permettre, moi, d'ajuster les apprentissages qu'Obey doit suivre.
08:18Très bien.
08:18La ESH aide pour les interactions sociales avec les camarades.
08:23On inclut régulièrement Obey dans des groupes de travail.
08:28Ça lui permet d'être en interaction avec ses camarades de classe.
08:32Ça peut aussi se jouer en cours de récréation.
08:35La ESH peut intervenir aussi pour que les autres enfants aillent chercher Obey,
08:39pour jouer avec lui et surveiller aussi si tout cela se passe bien.
08:44Sans elles, il n'y a pas d'interaction.
08:46Il n'y a pas d'interaction sociale, il n'y a pas d'interaction avec les adultes,
08:49il n'y a pas d'interaction avec les enfants.
08:58Bonjour.
08:59Bonjour, bienvenue.
09:00Merci.
09:01Bonjour.
09:02Nous retrouvons Cathy Apoursopoli au siège départemental du principal syndicat de l'école primaire.
09:07Merci aussi pour votre engagement au point des Aves-H.
09:10Oui.
09:11C'est très important.
09:11Les rencontres de terrain sont indispensables.
09:14Vous savez, on ne peut pas être un parlementaire et n'être qu'à Paris, dans l'enceinte du Sénat,
09:24sans écouter ce qui se dit sur le terrain.
09:26Et pour moi, c'est toujours une priorité que d'écouter celles et ceux qui sont confrontés à la vraie
09:31vie,
09:31qui sont confrontés au métier.
09:33Au programme, une table ronde sur les conditions de travail des AESH.
09:37Je vais prendre l'exemple d'une collègue qui accompagnait un élève en situation de handicap lourd,
09:43pour lequel il y avait un risque d'étouffement pendant les repas,
09:47et la collègue n'était même pas formée au PSC1.
09:49D'accord.
09:50Ce qui lui causait beaucoup de stress tous les jours.
09:53Et voilà.
09:54Donc là, il y a vraiment aussi, sur les AESH, un besoin de formation fort,
09:58qui remonte du terrain.
09:59Et pour le moment, en fait, ce besoin de formation n'est pas entendu.
10:05Pour être à AESH, seule une formation initiale de 60 heures est obligatoire,
10:10loin d'être suffisant pour appréhender tous les handicaps auxquels ils sont confrontés.
10:15Autre problème soulevé par le syndicat,
10:17les effectifs dans le Pas-de-Calais auraient besoin d'être doublés pour inclure au mieux les élèves.
10:21Les recrutements ne sont pas à la hauteur non plus,
10:24parce que le métier n'est pas valorisé.
10:27Le métier n'est pas valorisé.
10:29Et en salaire, et en reconnaissance, et en formation à tous les niveaux.
10:34La rémunération moyenne des AESH se situe sous la barre des 1 000 euros,
10:37ce qui correspond à une base de 24 heures passées en classe par semaine.
10:41Aujourd'hui, être AESH, c'est un sacrifice financier.
10:46Tout ce qu'on veut, c'est pouvoir continuer à exercer notre métier
10:48sans pour autant ne plus avoir assez d'argent pour faire ce qu'on aime.
10:54Pour les AESH, l'amélioration des conditions de travail passerait par l'attribution du statut de fonctionnaire.
11:00On a vraiment l'impression, nous, AESH, d'être véritablement du consommable.
11:06Du consommable.
11:07C'est-à-dire que nos dirigeants considèrent que nous avons un presque statut,
11:14alors que nous n'avons pas de statut du tout.
11:15Et là, le fait que les AESH n'aient pas de statut, ça les rend dépendantes du pouvoir politique.
11:22On n'est pas à l'abri qui est dans des futures élections,
11:25qui est un parti politique qui décide que l'inclusion,
11:30que ce ne sera pas une priorité, qu'il ne faudra absolument pas inclure les élèves.
11:32Et dans ce cas-là, on aurait 150 000 AESH qui pourraient être licenciés.
11:36Et donc, c'est pour ça que pour nous, c'est important que les AESH aient un statut
11:39pour pouvoir les déconnecter du pouvoir politique.
11:43En janvier 2026, une proposition de loi socialiste visant à intégrer les AESH
11:48dans la fonction publique a été rejetée au Sénat.
11:51Le texte, soutenu par Katia Poursopoli et l'ensemble de la gauche sénatoriale,
11:56comprenait entre autres une meilleure formation et rémunération.
12:00Si nous n'avons pas un véritable statut,
12:03si nous n'avons pas une revalorisation salariale,
12:06nous n'aurons plus d'AESH.
12:08Si demain, ces enfants ne sont plus accompagnés,
12:12ils sont voués à l'échec.
12:13Et donc, ce n'est pas possible.
12:15Vraiment, il faut faire quelque chose aujourd'hui
12:18qui ait du sens et c'est la reconnaissance de ce métier
12:22qui est un métier qui mérite d'être valorisé.
12:25Et je ne vois pas pourquoi ils sont et elles sont les dernières de la classe,
12:30finalement, et qu'on s'oppose à ce qu'elles aient
12:33et à ce qu'ils aient un statut.
12:36La sénatrice réfléchit déjà à déposer de nouvelles propositions de loi
12:40en ce sens prochainement.
12:41En France, 140 000 AESH accompagnent chaque jour
12:45plus de 350 000 élèves en situation de handicap.
12:48Sous-titrage Société Radio-Canada
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