- il y a 2 heures
L'appel de la nature est parfois vibrant. Les hommes et les femmes cultivent leur passion pour le grand air. Au coeur de la montagne, l'aventure peut se trouver au détour d'un sentier. Avec les chaos rocheux et les pentes escarpées, le massif de Fontainebleau se mérite à pied. Ici, la forêt est une sorte de montagne miniature. La région accueille les premiers sentiers balisés au monde, devenant le berceau de la randonnée pédestre. Plus au sud, l'escapade fait aussi office de dépaysement face à l'oppression urbaine. Dans les Alpes, les regards sont tournés vers le Mont Blanc. Le gravir est l'expérience d'une vie. Un rêve tout autant qu'une prouesse physique. Petit,
tout petit au sein de cette montagne, l'homme a dû se construire des refuges, pour lui permettre d'arriver au sommet. Année de Production :
tout petit au sein de cette montagne, l'homme a dû se construire des refuges, pour lui permettre d'arriver au sommet. Année de Production :
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00Générique
00:42Le massif de Fontainebleau se mérite à pied.
00:46Hérissé de chaos rocheux, de pentes escarpées et de chênes centenaires,
00:51cette forêt est une sorte de montagne miniature,
00:54la promesse d'un dépaysement aux portes de Paris.
01:00La région accueille les premiers sentiers balisés au monde,
01:04devenant le berceau de la randonnée pédestre.
01:07Elle prouve ainsi que l'aventure se trouve parfois au détour d'un sentier.
01:15La randonnée s'est constituée contre l'alpinisme,
01:20contre l'exploit majuscule de la conquête.
01:24La randonnée, c'est tout le contraire.
01:26C'est un exercice qui permet de traverser la nature de façon très modeste.
01:46La randonnée n'aurait pas vu le jour en France
01:49sans les déboires d'un personnage haut en couleur.
01:54Ancien grognard de l'armée napoléonienne,
01:57Claude-François Denecourt est affecté à la caserne de Fontainebleau,
02:01où il milite ardemment pour la cause républicaine.
02:05En 1832, en pleine monarchie de juillet,
02:08cela lui vaut une révocation.
02:13Les républicains échouent et ils tombent dans une grave dépression.
02:17Il est à la fois sans travail et déçu politiquement.
02:23Il habite Fontainebleau, il ne connaît pas la forêt,
02:26et là, il se met à partir tous les jours en forêt,
02:30il fait des marches.
02:33Il en tire un bienfait énorme.
02:36Il le dit dans son autobiographie,
02:38« La forêt m'a sauvé ».
02:44Denecourt veut partager son amour de la forêt.
02:48Il commence par éditer des cartes et des guides de voyage
02:51destinés à la sillonner en calèche,
02:53mode de transport traditionnel dans cette forêt royale.
02:58Mais très vite, il incite les promeneurs à mettre pied à terre
03:02et à rejoindre les sentiers pédestres qu'il trace dès 1842.
03:09Les sentiers bleus rendent hommage aux uniformes des soldats
03:13de la Première République.
03:15Ils sont considérés comme les premiers sentiers balisés au monde.
03:21Les sentiers d'Enecourt sont une révolution
03:25parce qu'ils donnent la possibilité aux citadins
03:30de déambuler dans une forêt naturelle
03:34et d'y s'immerger, dit-il, en pleine nature.
03:38Ils donnent à voir la nature en sécurité
03:41car il a tracé ces flèches qu'il appelle son fil d'Ariane
03:45pour ne pas s'y perdre.
03:49L'inventeur du sentier prend soin d'indiquer les points d'intérêt
03:53par des étoiles ou des lettres majuscules.
03:57Il ne se contente pas de faire connaître la forêt,
04:00il l'améliore.
04:03Grâce à l'argent qu'il a amassé en vendant du vin dans les casernes,
04:06il aménage des fontaines et une grotte artificielle
04:10qu'il déblaie puis haitait de plusieurs milliers de pavés.
04:14La grotte du serment est censée être sa dernière construction monumentale.
04:20Il dit, j'arrête effectivement et j'en fais le serment
04:24et pour bien prouver ses dires,
04:27je fais graver sur la grotte les lettres d'EFD,
04:32dernière folie de Necourt et la date de mon serment, 1853.
04:42Et là, il construit une grotte qui va vraiment surprendre le touriste
04:48qui doit se pencher, il doit entrer dans la caverne ténébreuse.
04:53Il lui vend ce mystère d'entrer dans un lieu secret et opaque.
05:00Ces attractions en pleine nature lui valent de nombreux détracteurs,
05:05à commencer par certains peintres paysagistes de Barbizon,
05:08un village tout proche.
05:12Ils dénaturent ainsi la forêt, la forêt qu'ils aimaient,
05:16la forêt vierge toute installation,
05:19et ce n'est plus la forêt qu'ils recherchaient.
05:31Ce précurseur du tourisme de nature
05:33obtient pourtant la consécration
05:35quand l'empereur Napoléon III
05:37vient inaugurer la tour de l'empereur,
05:39ensuite rebaptisée tour de Necourt.
05:48En 1849, l'arrivée du chemin de fer à Fontainebleau
05:52conduit une foule de Parisiens à arpenter ses sentiers bleus.
06:03La randonnée n'est pas qu'un loisir bourgeois.
06:06Au début du XXe siècle,
06:08elle devient un instrument de formation de la jeunesse,
06:11un chemin vers une société nouvelle
06:13après les ravages de la Grande Guerre.
06:16En France, le journaliste et politique démocrate chrétien
06:20Marc Sannier croient en une éducation populaire par la nature,
06:24antidote à l'égoïsme urbain.
06:26Quand il devient maire de Boissy-la-Rivière,
06:29un village de l'Essonne,
06:31ce germanophile fonde la première auberge de jeunesse de France
06:34en 1930.
06:38Marc Sannier avait vu qu'il existait depuis 1911
06:44des auberges de jeunesse en Allemagne
06:46qui permettait d'un melting-bonne en fait
06:49entre des tas de jeunes Allemands venant de partout
06:51et très dynamique et très proche de la nature,
06:55comme l'étaient les Allemands à cette époque-là.
06:59Les Français étaient un peu coincés,
07:01un peu sur leur camp à soi,
07:03avec une grande différence avec les Allemands
07:05qui, eux, marchaient, arrivaient,
07:07avec leur gros sac à dos, leurs chaussures,
07:10et puis vraiment vivants.
07:11Voilà, c'était la vie.
07:17Pour reposer l'âme et le corps fourbu des jeunes marcheurs,
07:20ce polytechnicien construit l'auberge du bas
07:23et l'auberge du haut,
07:25aujourd'hui en ruine,
07:26surmontée d'une tour.
07:29Avec l'épidore,
07:30la randonnée se structure et s'organise.
07:33C'est un lieu d'entraide
07:34qui doit façonner une nouvelle génération d'Européens.
07:44Il a eu l'idée,
07:45il faut que les jeunes se mélangent,
07:48tout peuple confondu,
07:49toute classe sociale confondue,
07:51et fassent des choses ensemble.
07:53Marche, danse,
07:54se joue, au ballon,
07:56enfin, etc.
07:57Parce que quand on fait quelque chose ensemble,
07:59plus tard,
07:59ils sauront se parler
08:00et pas se taper sur la figure
08:03à coup de canons et de fusils.
08:07C'était l'idée de Marc Sornier
08:09qui croyait au pacifisme
08:10et qu'il appelait le pacifisme d'action.
08:12Et les auberges,
08:14je pense,
08:14les rencontres de jeunes
08:15font partie du pacifisme d'action.
08:18Tout le monde venait
08:19avec ses convictions,
08:21mais Marc Sornier
08:22ne cachait pas, lui,
08:23ce qu'il animait,
08:24ce qu'il appelait la cause.
08:25La cause, pour lui,
08:27c'était étroitement lié
08:29à l'Évangile
08:31et au Christ.
08:35Grand promoteur
08:37du catholicisme social,
08:39Marc Sornier
08:40ancre ses valeurs
08:41de paix et de fraternité
08:42dans la religion.
08:47Au même moment,
08:49un autre mouvement
08:50de randonneurs
08:51connaît un essor important.
08:57Fondé en Angleterre
08:59par Lord Baden-Powell,
09:00le scoutisme lit étroitement
09:03religion et marche à pied,
09:04mais dans une approche
09:05plus militaire.
09:08Son succès est phénoménal.
09:10Il rassemble plus de 70 000 jeunes
09:12avant la Seconde Guerre mondiale.
09:20C'est en libérant la pratique
09:22de cette charge religieuse
09:23et politique
09:24qu'un Parisien donne naissance
09:26à la randonnée moderne.
09:30Depuis l'enfance,
09:32Jean Loiseau,
09:33modeste employé
09:34de la Banque de France,
09:35parcoura assidûment
09:36le massif de Fontainebleau.
09:38En plus d'œuvrer
09:39à l'allègement idéologique
09:41de la randonnée,
09:42il l'allège matériellement.
09:50Jean Loiseau était
09:52un passionné de matériel.
09:53Il a beaucoup travaillé
09:55à réduire le matériel,
09:56à l'alléger.
09:57Il a presque édicté
09:59une règle
09:59que le sac à dos
10:00ne devait pas dépasser
10:02les 12-13 kilos.
10:03L'allègement est essentiel
10:05parce qu'on est devant
10:06la naissance de la randonnée
10:08autour de l'autonomie
10:11des marcheurs
10:12qui partent généralement
10:14soit un week-end,
10:15soit une semaine.
10:17C'est quelque chose
10:17qui est très important
10:19dans la philosophie
10:21de ce qu'on appelle
10:21les campeurs-randonneurs.
10:23c'est de partir
10:25marcher
10:25avec sa maison
10:28sur le dos.
10:29Jean Loiseau
10:30fonde son propre mouvement
10:32de randonneur,
10:33les compagnons voyageurs,
10:35qu'il guide
10:35sur les chemins
10:36de Fontainebleau.
10:38Bonjour !
10:41Bienvenue !
10:42Les compagnons voyageurs !
10:45Le temps n'est pas génial,
10:47mais on va quand même
10:48aller se balader.
10:52Scoot de Paris
10:53dans sa jeunesse,
10:54il garde du scoutisme,
10:56le travail manuel
10:57et l'itinérance,
10:59mais il rejette
11:00la discipline militaire
11:01qui lui rappelle
11:02les tranchées
11:03de la Première Guerre mondiale.
11:10Jean Loiseau
11:11est au front,
11:14il va en sortir
11:14avec l'idée
11:15qu'il faut continuer
11:16à randonner,
11:18qu'il faut continuer
11:18à marcher,
11:19que c'est important,
11:20mais qu'il faut
11:20le faire différemment
11:21parce qu'il s'oppose
11:23à cet enrégimentement,
11:25à cette militarisation
11:26du mouvement scout.
11:28Et donc,
11:28c'est ce mouvement
11:29de fond
11:30auquel préside
11:31Jean Loiseau,
11:33se détacher la marche
11:34des anciennes façons
11:36de marcher
11:37pour inventer
11:37la randonnée.
11:38Donc,
11:38on se détache
11:39des militaires,
11:40on se détache
11:40des religieux,
11:42on se détache
11:43des métiers
11:44du compagnonnage
11:45pour aller vers
11:46une marche
11:47qui est beaucoup plus
11:47celle du tourisme,
11:49du loisir.
11:52Ce loisir
11:53n'est pas de tout repos
11:54pour les compagnons
11:55voyageurs,
11:56surnommé
11:57le bataillon
11:58des gros mollets.
12:00Jean Loiseau
12:00formalise la pratique
12:02autour de deux principes,
12:03le contact
12:04de la nature,
12:05mais aussi
12:06le goût
12:07de l'effort.
12:10Jean Loiseau
12:11est un grand pédagogue
12:12et donc,
12:13il va transmettre
12:13à ses compagnons
12:14voyageurs
12:15un art de marcher
12:16qui est d'abord
12:17très rythmé
12:18avec un tempo
12:19assez rapide
12:20de 170 pas
12:22à la minute
12:23qui est un rythme
12:25un peu plus
12:25de 4 km heure,
12:27ce qui permet aussi
12:28une marche
12:29relativement longue,
12:30endurante.
12:31Ce sont des marches
12:32de près de 30 km
12:34par jour.
12:37Plutôt que de brutaliser
12:38la nature,
12:40Jean Loiseau
12:40propose de s'y infiltrer
12:42humblement.
12:43Il conçoit
12:44un réseau de sentiers
12:45dans toute la France
12:46qui deviendront
12:47les chemins
12:48de grande randonnée,
12:49les GR,
12:50après la Seconde Guerre mondiale.
12:53Le GR1,
12:54qui fait le tour
12:55de l'île de France,
12:56est inauguré
12:57en 1948
12:58et traverse naturellement
13:00le massif
13:01de Fontainebleau.
13:03Rouge et blanc,
13:03c'est les couleurs
13:04de base indiennes
13:05qu'on retrouve
13:06dans les peintures
13:06des Sioux
13:07qui sont vraiment
13:09la grande inspiration
13:10de Jean Loiseau.
13:12Il y a le côté
13:13jeu de pistes aussi.
13:14Il y a la croix
13:15qui indique
13:15qu'on se trompe
13:16de chemin.
13:18Il y a
13:18aller à gauche,
13:19aller à droite.
13:21Ce sont toute
13:22une série de chemins,
13:23disons,
13:23une sorte de langage
13:24très simple.
13:27Depuis la France
13:28des Trente Glorieuses,
13:30ces escapades en nature
13:31sont des refuges
13:32à l'oppression urbaine
13:33et à la compétition
13:34économique.
13:36Certes,
13:37la pratique d'aujourd'hui
13:38est moins intense
13:39et plus familiale
13:41et le bivouac
13:42est désormais interdit
13:43à Fontainebleau.
13:44Mais les mots
13:45de Jean Loiseau
13:46résonnent encore
13:47aux oreilles
13:47des près de
13:4830 millions de Français
13:49qui randonnent
13:51chaque année.
13:53Ma forêt est là.
13:55Elle m'entoure
13:56et j'entends
13:57la marche furtive
13:58d'animaux inconnus
13:59venus me dire
14:00bonsoir sans doute.
14:02La vie me donne
14:03en un moment
14:04ce qui nous semble
14:05éternel.
14:06Appuyé contre une roche
14:08à l'étrange silhouette,
14:09je contemple
14:10les grands bois.
14:11J'aimerais toujours
14:13vivre cette minute.
14:31C'est l'expérience
14:32d'une vie.
14:34Gravir le Mont Blanc.
14:43Un rêve
14:44tout autant
14:45qu'une prouesse physique.
14:48Le Mont Blanc
14:49est un phare
14:50qui implique
14:51que des alpinistes
14:52de l'Europe entière
14:53voire du monde entier
14:53ont envie
14:54de faire le Mont Blanc.
14:59Petit,
15:00tout petit
15:01au sein
15:01de cette montagne,
15:05l'homme
15:06a dû se construire
15:07des refuges
15:08pour lui permettre
15:09d'arriver
15:09en haut
15:10de ces 4807 mètres.
15:25Mais avant
15:26d'en poser
15:26les premières pierres,
15:28il a fallu
15:29d'abord
15:29trouver en chemin
15:30une voie
15:32dans ce chaos glacial.
15:39C'était
15:40pas si facile
15:41parce que
15:42ça a mis
15:4226 ans.
15:4426 ans
15:45de nombreuses tentatives.
15:47La première
15:48de ces tentatives
15:49a lieu
15:50en 1760
15:51quand un riche
15:52naturaliste
15:53suisse
15:54propose
15:55une forte récompense
15:56à celui
15:57qui arrivera
15:57au sommet.
15:59Ils avaient
16:00un matériel
16:00très rudimentaire.
16:03Ils avaient
16:03un autre frein
16:04qui était culturel.
16:06C'est qu'on imaginait
16:08que les glaciers
16:09étaient la demeure
16:11des mauvais esprits,
16:12du diable.
16:14Donc,
16:15les paysans montagnards
16:17de l'époque
16:17auraient aimé
16:18arriver
16:19au Mont Blanc
16:19en une journée
16:20sans y passer
16:21la nuit.
16:23L'ascension
16:24nécessite
16:25pourtant
16:25qu'on y passe
16:26la nuit.
16:30Et c'est
16:31un paysan
16:32chamognard
16:32qui va réussir
16:34ce qu'on croyait
16:34alors
16:35impossible.
16:38Ses compagnons
16:39sont descendus
16:40et puis
16:41lui,
16:42c'était une forte tête,
16:43il a dit
16:44je vais
16:44continuer
16:45un peu plus haut,
16:46je vais aller regarder
16:47un peu plus haut.
16:49Et
16:50ma foi,
16:51il s'est perdu.
16:52Donc,
16:53il a été obligé,
16:54lui,
16:54de passer
16:55une nuit
16:55sur le glacier,
16:56persuadé
16:57qu'il n'en reviendrait
16:58pas vivant.
17:02Il est redescendu,
17:03bien frigorifié,
17:04mais riche
17:05d'une grande connaissance,
17:06c'est que même
17:07mal équipé,
17:07on pouvait survivre
17:08à une nuit
17:09en altitude.
17:12Quelques jours plus tard,
17:14il remonte
17:15avec un compagnon
17:16de cordée.
17:17Il y passe
17:18à nouveau la nuit
17:18et le 8 août 1786,
17:21ils parviennent
17:22au sommet
17:23du Mont Blanc.
17:27Aujourd'hui,
17:28à Chamonix,
17:29une statue
17:30lui rend hommage.
17:38Cette première ascension
17:39du Mont Blanc
17:40marque la naissance
17:42de l'alpinisme
17:43et d'autres prétendants
17:45au sommet
17:46vont très rapidement
17:47leur emboîter le pas.
17:50Entre 1786
17:52et 1853,
17:54le toit des Alpes
17:55est gravi
17:56une cinquantaine
17:56de fois.
18:04Les paysans montagnards,
18:06sollicités
18:07pour guider
18:07les ascensions,
18:08s'organisent
18:09pour construire
18:10des abris
18:10en pierre sèche
18:11d'abord,
18:12puis une vraie cabane
18:13en bois.
18:19Chaque guide
18:20est tenu
18:21d'en monter
18:21un morceau
18:22à dos d'homme.
18:25En 1853,
18:26le premier refuge
18:28du massif
18:28est inauguré
18:29sur le rocher
18:30des Grands Mulets
18:31sur l'itinéraire
18:32historique du Mont Blanc.
18:37La voie d'accès
18:38au Mont Blanc
18:38était ouverte
18:39et donc forcément
18:41derrière,
18:42des gens
18:42souhaitaient y aller.
18:44Donc il fallait
18:45un abri
18:45pour coucher,
18:47dormir.
18:53Il y a eu
18:54une première cabane
18:55pas très grande
18:55et ensuite,
18:56jusqu'à celle-ci,
18:57il y en a eu six.
18:58Et celui-ci
18:59date de 1960,
19:02la construction.
19:03Alors autant la première
19:04était petite,
19:04autant après,
19:05ça a été vite
19:06des cabanes
19:06d'un plus gros volume
19:08parce qu'il fallait
19:09accueillir
19:09tous ces gens
19:10qui venaient fréquenter
19:11le Mont Blanc.
19:12Le Mont Blanc
19:12et la cabane.
19:13Il y avait aussi
19:13des gens qui venaient
19:14juste pour la cabane.
19:17gravir le Mont Blanc
19:18par les grands mulets,
19:19première voie
19:20qui permet
19:20d'accéder au sommet,
19:22c'est marcher
19:23dans les pas
19:23de l'histoire
19:24de l'alpinisme
19:25sur un terrain
19:26glaciaire tourmenté,
19:28instable
19:28et balafré
19:29de crevasses.
19:33Le refuge,
19:34plusieurs fois rénové
19:35et agrandi
19:36depuis la première cabane,
19:37est bâti
19:38sur un promontoire
19:39rocheux,
19:40seul au milieu
19:41d'une mer pétrifiée,
19:42à 3150 mètres
19:44d'altitude.
19:48Il n'y a pas
19:49beaucoup d'endroits,
19:49je pense,
19:50voire pas
19:51dans le monde
19:51où tu as une cabane
19:54au cœur du glacier
19:55comme on est là
19:55à quoi ?
20:03Quelle que soit
20:03la fenêtre
20:04où tu regardes,
20:04tu es dans le glacier
20:05et du coup,
20:06tu vis dans le glacier
20:07donc tu bouges avec,
20:09tu le vois vivre.
20:11Bon, ça,
20:12c'est...
20:12c'est clairement
20:14unique.
20:19Ilot d'humanité,
20:22halte bienvenu
20:23pour reprendre ses forces
20:24avant l'ultime ascension,
20:25ce premier refuge
20:27ne va pas rester longtemps
20:28le seul de la montagne.
20:36Au XXe siècle,
20:38de nombreux progrès techniques
20:39vont simplifier la montée
20:40qui, jusque-là,
20:42étaient réservée
20:42aux alpinistes chevronnés.
20:49Il commence en 1909
20:51avec celui qu'on appelle
20:52le TMB,
20:54tramway du Mont-Blanc.
21:02Ici, nous sommes au Nidegle,
21:05c'est le terminus
21:06du train du Mont-Blanc,
21:08qui est la plus haute
21:09voie ferrée de France
21:10et qui est sur le chemin,
21:12la voie normale
21:13du Mont-Blanc.
21:18Le TMB était prévu
21:20au départ
21:21pour aller bien plus haut
21:22jusqu'au sommet du Mont-Blanc.
21:24les vicissitudes économiques,
21:26la guerre de 1914-18
21:28qui a freiné un petit peu
21:29tous ces projets,
21:31fait qu'il s'est arrêté
21:32ici au Nidegle
21:33à 2400 mètres d'altitude.
21:40Après le tramway,
21:41le téléphérique
21:42de l'Aiguille du Midi,
21:44inauguré en 1955,
21:47facilite à son tour
21:48l'accès au toit de l'Europe.
21:54Et petit à petit,
21:56les guides se sont rendus compte
21:57qu'il fallait construire
21:58des cabanes
21:58un petit peu partout
22:00dans la montagne,
22:01à tel point qu'aujourd'hui,
22:03on a compté 82
22:06refuges, abris, cabanes
22:08sur l'ensemble
22:10du massif du Mont-Blanc
22:11versant français,
22:13italien et suisse.
22:18Cerné par les glaciers
22:19à 3600 mètres d'altitude,
22:22le refuge des Cosmiques
22:23est le plus grand refuge
22:24de France.
22:29Situé à moins de deux heures
22:30de marche du téléphérique
22:32de l'Aiguille du Midi,
22:33il accueille aussi bien
22:34les alpinistes
22:35en route vers le Mont-Blanc
22:36que les skieurs.
22:46On est loin maintenant
22:47des refuges
22:48où on arrivait
22:49avec sa nourriture,
22:51on avait un réchaud,
22:53confort minimum,
22:55une couverture
22:55et la couverture
22:57qui servait
22:57à tous les alpinistes
22:58tout l'été.
23:00On dormait mal,
23:01on avait un bas-flant
23:03pour deux,
23:03on dormait sur le côté.
23:05Non, maintenant,
23:05on essaye d'améliorer
23:07et tout ça.
23:11Témoin de cette évolution,
23:13le refus du goûter.
23:18Bijoux technologiques
23:19à 3800 mètres d'altitude.
23:24Situé sur l'itinéraire
23:26aujourd'hui le plus emprunté
23:27pour monter au Mont-Blanc.
23:33Plus de 75%
23:35des prétendants au sommet
23:36passent par là.
23:44Le goûter a ouvert
23:45le goûter a ouvert
23:45en 2014,
23:47après trois ans
23:48de chantier titanesque.
23:58Il est le refuge
23:59le plus haut du massif
24:01et le plus innovant,
24:03rond comme un œuf
24:04posé sur la montagne.
24:13Bâtiment d'avant-garde
24:15de quatre étages
24:16sur près de 700 mètres carrés,
24:18intégrant des technologies
24:19de pointe
24:20qu'on retrouve
24:21notamment dans les sous-marins.
24:23Il a été conçu
24:24pour assurer
24:24une quasi-autonomie
24:25d'énergie.
24:26Une nouvelle génération
24:28de refuges
24:29qui prête à confusion.
24:32On nous demande
24:33où est-ce que sont les douches,
24:35on nous demande
24:35comment on accède au rooftop,
24:37donc là,
24:37c'est des choses
24:37qui nous font assez rire.
24:39On a ce paradoxe
24:40entre des personnes
24:41qui s'attendent
24:41à trouver un hôtel
24:42trois étoiles à 3008
24:43et la réalité
24:44qui est en fait
24:45qu'on est quand même
24:46bien un refuge.
24:50On a un super bar,
24:51une super sale
24:52et c'est joli
24:53et c'est un cadre de travail
24:54qui est très agréable
24:56pour travailler,
24:57mais ce n'est pas nécessaire
24:58dans un refuge.
25:03Un confort tout relatif
25:05qui attire
25:05de plus en plus de monde.
25:08Entre 15 et 20 000 personnes
25:10tentent chaque année
25:11l'aventure Mont-Blanc.
25:23Je pense que le Mont-Blanc
25:25ça a été trop vendu
25:26comme je vous vends
25:26le sommet à la clé
25:27et c'est une voie
25:28qui est accessible
25:29parce que oui,
25:29ce n'est pas une course
25:30qui est difficile en soi
25:32et on a les personnes
25:33qui veulent cocher
25:35j'ai fait le Mont-Blanc
25:36donc je suis montée
25:37et quoi qu'il en coûte
25:38même si je n'ai pas
25:39la capacité pour redescendre.
25:45On ne peut pas dire
25:45que c'est une course
25:46qui est facile
25:46c'est exigeant
25:48c'est changeant
25:49en fonction des années
25:49on le voit cette année
25:50avec les conditions
25:51qu'on a eues en haut
25:51qui demandaient quand même
25:53d'avoir un pied
25:53bien plus montagnère
25:54que ce qu'on pouvait avoir
25:55avant un peu plus tracé.
26:00Le réchauffement climatique
26:02rebat les cartes
26:03d'une montagne
26:03en pleine évolution
26:05rendant certains itinéraires
26:06plus difficiles
26:08voire réservés uniquement
26:09aux alpinistes chevronnés.
26:14Des éboulements dangereux
26:15condamnent régulièrement
26:17certaines voies d'accès
26:18aux refuges
26:19qui doivent fermer
26:20leurs portes
26:21le temps que la situation
26:22se calme.
26:27Il va falloir
26:28qu'on s'adapte
26:28avec les changements climatiques
26:30donc on ne peut pas
26:30continuer à garder
26:32les yeux fermés
26:32en se disant
26:32que toutes les saisons
26:33vont bien se passer.
26:36les glaciers fondent
26:38perdent de l'épaisseur
26:40la montagne se dégrade
26:44certains refuges
26:45posés sur des arêtes
26:46fragilisées
26:47sont désormais
26:48sous surveillance
26:56alors que depuis deux siècles
26:58l'homme fait tout
26:59pour domestiquer
27:00la montagne
27:01l'une des conséquences
27:03inattendues
27:04de ce réchauffement
27:05sera peut-être
27:06de lui redonner
27:07son naturel sauvage
27:18Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires