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  • il y a 12 minutes
Le 28 février 1946 naissait en France le journal L’Équipe. 80 ans plus tard, Sport, etc. retrace l’histoire de ce quotidien qui depuis des décennies accompagne et renseigne les amateurs de sport. Caroline Delage et ses invités reviennent sur les Unes qui ont le plus marqué les esprits, ils se demandent comment le quotidien sportif a évolué au fil des années et en quoi son histoire reflète l’évolution de la place du sport dans la société. Année de Production :

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Transcription
00:07Bonjour à tous et bienvenue dans ce 53e numéro de Sport etc, votre rendez-vous consacré à la place du
00:13sport dans notre société.
00:15Au programme de cette émission, les 80 ans du journal L'Équipe, comment le quotidien sportif a-t-il évolué
00:21au fil des années ?
00:22En quoi son histoire reflète-t-elle l'évolution de la place du sport dans la société ?
00:26Quelles sont les unes qui ont le plus marqué ?
00:28Nous parlerons aussi des Jeux paralympiques de Milan-Cortina qui commencent dans quelques jours, on verra les espoirs de médailles
00:33françaises
00:34et surtout on fera le point sur la place du parasport, l'élan post-Paris 2024 est-il durable ?
00:40Et puis dans l'échappée de Matteo Rollet, on montrera que le sport est un allié précieux face à la
00:45vieillesse.
00:45Nous rencontrerons Papy Perche, un fringant cannois de 86 ans dont le record en soi à la perche est de
00:512,20 m.
00:56Et nos invités aujourd'hui pour parler de tous ces sujets.
01:00David Ross, bonjour, vous êtes sénateur socialiste de l'Essonne.
01:04J'ose plus m'asseoir du coup, on m'a dit qu'il fallait rester debout donc je vais rester
01:07entre les deux.
01:08Bienvenue à vous.
01:09Georges Vigarello, bonjour.
01:11Bonjour.
01:11Vous êtes historien, spécialiste de l'hygiène, de la santé, des pratiques corporelles.
01:14Votre dernier livre s'appelle « Sport, une histoire en images » de 1860 à nos jours.
01:20Frédérique Gallamé, vous êtes la directrice de la rédaction déléguée du journal L'Équipe, notre partenaire.
01:25Et puis nous jouerons les prolongations aujourd'hui avec notre grand témoin Marie-Amélie Le Fur.
01:29Bienvenue à vous, présidente du comité paralympique et sportif français.
01:33Avant de développer les thématiques que je vous ai annoncées dans le sommaire, que se passe-t-il donc au
01:38COJOP ?
01:39Depuis la nomination d'Edgar Gropiron à la tête du comité d'organisation des Jeux olympiques et paralympiques il y
01:44a un an,
01:45on ne compte plus les démissions en série.
01:48Dernière en date et pas des moindres, Cyril Linette, le directeur du comité d'organisation, c'était il y a
01:52quelques jours à peine.
01:54Quatrième départ en deux mois.
01:56Est-ce que vous êtes inquiète Marie-Amélie Le Fur ?
01:58Disons, et je pense que le sujet est bien préemblé, on voit qu'il y avait une difficulté dans la
02:03mise en place
02:03et dans l'opérationnalité de cette gouvernance.
02:06Les choses sont en train d'avancer, on le voit, il y a eu effectivement ce départ de Cyril Linette
02:11qui a été acté.
02:12Il y a eu les prémices du retour de la mission Taubois qui doit vraiment nous aider en tenant compte
02:18de son expertise sur Paris 2024,
02:19mais aussi de la singularité des Jeux d'hiver dont on a pu aller s'inspirer à Milan,
02:24de pouvoir repenser cette organisation et cette gouvernance.
02:28Et aussi un travail en cours actuellement avec une mission d'appui de la part de l'État
02:33pour pouvoir vraiment avoir des process qui sont clairs et qui nous permettent de faire avancer ce projet.
02:39Et de rattraper le retard.
02:40Alors le drapeau olympique, il est quand même arrivé, juste après la cérémonie de clôture à Milan-Cortina,
02:46enfin c'était à Véronne le plus précisément, lundi 23 février.
02:49Et l'occasion aussi, notamment pour le Premier ministre, de sonner un peu la remobilisation.
02:54Est-ce que vous pensez, David Ross, que les Alpes 2030 sont menacées ?
02:59Les Alpes en tant que telles, non.
03:01L'événement.
03:02On a eu hier une commission, dans la commission à laquelle j'appartiens,
03:05qui traite notamment des questions de sport avec Pierre-Antoine Molina, délégué interministériel,
03:09Edgar Gros-Piron.
03:11On a posé un certain nombre de questions et sur les réponses des questions,
03:14on n'a pas forcément été complètement rassuré.
03:16Alors on va l'entendre justement, Edgar Gros-Piron, qui répondait à vos questions dans cette commission.
03:20Écoutez.
03:21On a pris effectivement un mois et demi à deux mois de retard sur la partie organisation.
03:29Notre organisation liée au fait, justement, des turbulences que l'on a eues récemment.
03:36Pour ce qui concerne la carte des sites, on a effectivement là aussi un peu de retard,
03:43puisque la finalisation de la carte des sites interviendra, sera complètement validée,
03:48parce qu'il y a des processus de validation qui sont en cours,
03:51mais complètement validée par le CIO à la session qui aura lieu fin juin 2026.
03:58Ce qui veut dire qu'on a pris à peu près quatre mois de retard sur la finalisation de la
04:05carte des sites.
04:06Bon, quelques mois de retard, des logos qui ne sont pas encore dévoilés, ça ne vous a pas vraiment rassuré.
04:10C'est quoi le problème, en fait ? C'est les deux régions ? C'est le président qui a
04:14été mal choisi ? C'est la gouvernance ?
04:16Alors d'abord, sur l'audition elle-même, on l'a déjà senti plus à l'aise sur le passage
04:20de certaines bosses que sur la réponse des questions d'hier.
04:23C'est son métier en même temps.
04:24C'est pour ça, il aurait dû le passer à l'aigrément.
04:27Donc, je ne sais pas, on n'a pas rentré nous dans le détail de l'organisation.
04:30Là, il a fait valoir hier que le problème de personnes est soi-disant réglé.
04:34On a un retard au temps de passage, pour reprendre un terme sportif,
04:37donc il ne faudra pas attendre la ligne d'arrivée pour constater le retard irréversible.
04:41Est-ce que vous pensez, Frédéric Gallamé, qu'il peut rester, Edgar Grandpiron, ou est-ce qu'il est sur
04:45la sellette ?
04:46Sur la sellette, il l'est. Après, les décisions, parfois, elles sont d'ordre politique, elles nous dépassent un peu.
04:51Donc, ce qu'on constate juste, nous, c'est que les gens, nos lecteurs, on l'a vu,
04:55quand on a évoqué les débuts de la crise, sont soucieux de ce qui se passe,
04:58parce que tout le monde était resté sur l'élan de 24,
05:01qui voulait dire beaucoup de choses au-delà de l'élan des Paralympiques.
05:03Il s'était passé quelque chose, c'était très vite retombé.
05:06Et là, on voulait recréer quelque chose.
05:08C'est d'ailleurs pour ça que la France avait candidaté et qu'il n'y avait pas beaucoup de
05:11candidats.
05:12Je crois même qu'il y en avait qu'une.
05:13Donc, forcément, on n'allait pas.
05:14Et on voulait vivre là-dessus, sur une autre période qui est l'hiver.
05:18Et là, on sent qu'on a vu, nos lecteurs s'intéressent à ça.
05:22Maintenant, quelque part, on a l'impression que sur ce dossier,
05:25c'est plus le politique qui prend la main que le sport.
05:27Donc, on verra bien ce que ça donne.
05:29En revanche, on sait aussi qu'il y a beaucoup...
05:33Au début, des preuves comme ça d'organisation, il y a toujours des attermoiements.
05:37Il y en avait eu pour Paris 2024, mais qui étaient d'une moindre importance
05:41et qui étaient... On avait encore un peu plus de temps derrière.
05:43Là, il reste 4 ans.
05:45Il ne faut pas partir défaitiste.
05:46Il faut essayer de se montrer non pas optimiste, mais réaliste
05:49et se dire qu'en 4 ans, si on se retrousse les manches,
05:51on peut faire des grandes choses et on verra bien ce qui va se passer.
05:54Mais justement, Georges Ligarello, vous avez une vision historique des événements sportifs.
05:58Est-ce qu'il y a déjà eu un tel retard à l'allumage ?
06:00Est-ce que finalement, c'est quelque chose d'assez commun ?
06:01Ou là, il y a quand même un cas particulier ?
06:03Non, je pense qu'aujourd'hui, il y a une difficulté de plus en plus grande
06:08concernant l'organisation.
06:10C'est une chose considérable.
06:13Et effectivement, Paris 2024, ça l'est bien sorti,
06:16mais c'est vrai que c'est difficile.
06:17Je crois que ça devient de plus en plus difficile.
06:19Et puis, il y a deux autres difficultés.
06:21De plus en plus difficile de l'organiser, si vous voulez.
06:22À cause des contraintes environnementales ?
06:24Disperser, les pratiques sont de plus en plus multiples.
06:29En même temps, les lieux sont de plus en plus éloignés.
06:32Et donc, l'organisation me paraît un problème vraiment de plus en plus fort, si vous voulez.
06:38Mais il y a deux autres questions que je trouve très intéressantes et importantes
06:41concernant les Jeux d'hiver.
06:42La première, c'est la dispersion des sites.
06:44On l'a très bien vu à Cortina.
06:46Il y a parfois 400 kilomètres d'un site à l'autre,
06:49ce qui ne facilite pas, évidemment, l'organisation.
06:52Et deuxièmement, il y a le problème de la neige, quand même,
06:54qu'on ne le veuille pas, si vous voulez.
06:56Donc, les Jeux d'hiver deviennent des Jeux, à mon avis,
06:59qui commencent à intégrer des points de suspension.
07:02C'est pour ça, d'ailleurs, qu'il n'y a pas beaucoup de candidats pour l'organisation.
07:04Allez, on passe à notre premier thème.
07:06Les 80 ans du journal L'Équipe, notre partenaire.
07:09C'est aujourd'hui.
07:10Joyeux anniversaire, c'est la belle histoire de sport, etc.
07:18L'Équipe est née le 28 février 1946.
07:21Il y a 80 ans, jour pour jour, créé par Jacques Godet,
07:24avec l'idée d'être un journal Omnisport national.
07:26L'Équipe est un héritage du journal Loto, créé en 1903,
07:30et créateur du Tour de France, qui avait été interdit de publication
07:33après la libération pour cause de collaboration.
07:36Premier numéro, donc, avec une explication dans l'édito,
07:40sur notamment le choix du nom de ce journal.
07:43Et cette phrase,
07:44nous traversons une période cruelle dans la vie d'une société
07:46où, si on ne s'y oppose,
07:48la passion dominante sera d'égoïste désir.
07:51Voilà pourquoi ça s'appelle L'Équipe
07:52et ce sens du collectif.
07:54C'était ça, l'idée, Frédéric ?
07:56C'est toujours l'idée.
07:57C'est toujours l'idée.
07:58D'ailleurs, le logo n'a pas changé depuis 80 ans.
08:00Le logo n'a pas changé, la couleur n'a pas changé.
08:03Et de temps en temps, on joue un peu avec,
08:05mais je pense qu'il doit y avoir en 80 ans 10 ou 15 fois, pas plus.
08:09Donc, on est installé dans l'esprit des gens.
08:12On est là depuis 80 ans.
08:13En revanche, on ne veut surtout pas être confiné dans un passé.
08:16Et on veut regarder droit devant.
08:18Vers les 100 ans ?
08:20Voilà, 100 ans et plus.
08:21Moi, je ne serais plus là pour le voir.
08:23C'est immortel.
08:24Mais en quoi l'histoire du journal,
08:25elle reflète l'évolution de la place du sport dans notre société ?
08:29Elle a quand même beaucoup changé, la place du sport.
08:31Après guerre, je pense qu'il fallait absolument
08:33que les gens aient une forme de divertissement.
08:35Et le sport était rebalbutié.
08:38Le tour a été recommencé en 47.
08:41À l'époque, le football n'était pas le sport le plus important.
08:44Mais c'était plutôt la boxe, le vélo, etc.
08:47Donc, tout ça, ça s'est développé.
08:49L'équipe, seul journal,
08:51puisqu'elle a très vite éliminé ses deux autres concurrents,
08:53est rentrée dans la vie des gens.
08:55On a coutume de dire, là où il y a un Français,
08:58il y a l'équipe, en fait.
08:58Alors, à la plage, au bureau, au resto, au café,
09:00dans la rue, dans le métro.
09:02Et on a accompagné tout ça
09:04en faisant beaucoup le sport pour le sport,
09:07c'est-à-dire ce qui se passait sur les terrains,
09:08dans les stades, dans les piscines,
09:10sur le terrain de jeu.
09:11Et puis, il y a quelques années,
09:13on peut dater peut-être après 98,
09:15où là, le sport a changé de dimension,
09:17puisque le football, ils sont champions du monde.
09:19Le sport, pardon, est devenu un peu business aussi.
09:22Donc là, il y a un terrain qui est arrivé différent.
09:25Puis, le sport, et surtout grâce aux sportifs eux-mêmes,
09:28tous ces champions qu'on voit là,
09:29qui se sont beaucoup plus engagés dans la société.
09:32On va y revenir.
09:33Et là, l'enjeu pour l'équipe, c'est de...
09:35Là où va le sport, pas seulement les champions,
09:38là où va le sport, l'équipe doit aller.
09:40Et donc, c'est la mission des 20 prochaines années de l'équipe.
09:45Et pour revenir sur la place de l'équipe en France,
09:47Georges Bigarello, c'est une place particulière ce quotidien ?
09:50Il n'y a pas vraiment d'équivalent en Europe ?
09:52En Europe, j'aurais du mal à dire, pour tout vous dire.
09:55Non, mais c'est un journal tout à fait étonnant et exceptionnel,
09:58parce qu'effectivement, il donne l'ensemble des résultats.
10:01Et ça a été très bien dit.
10:02Il suit l'évolution d'un certain nombre de pratiques,
10:05parce qu'elles ont considérablement changé.
10:08Si vous regardez les années 50,
10:09c'est quand même le football, la boxe,
10:11qui sont dominantes aujourd'hui.
10:13Je veux dire, le cyclisme est la boxe.
10:16Et en fait, c'est le football qui est dominant aujourd'hui.
10:19Et ça, l'équipe le choisit de très près.
10:21Moi, ce qui me paraît intéressant, en deux mots, si vous voulez,
10:23c'est que tous les résultats sont là,
10:25et ça fonctionne, à mon sens,
10:27ça fonctionne un peu comme un feuilleton.
10:29C'est-à-dire que vous avez toujours quelque chose de nouveau,
10:30vous avez toujours quelque chose à apprendre.
10:33Et en même temps, ce que vous apprenez a un côté fascinant,
10:36parce que le chiffre est extrêmement présent.
10:39Et je dirais, les gens qui sont séduits par la statistique
10:43ont vraiment de quoi se satisfaire.
10:45Mais je ne peux pas finir sans revenir à l'auto, quand même.
10:50Parce que l'auto, évidemment, on sait très bien,
10:53il y a eu la coloration pendant la guerre, c'est un problème.
10:55Si vous voulez, noir, je n'en discute pas.
10:57Mais l'auto, ça a été un immense journal
11:00qui a inventé un style de journalisme.
11:04Desgrange, qui a inventé l'auto, avait une façon d'écrire
11:07qui rendait présent ce que l'on ne voyait pas.
11:10Par exemple, une étape sportive,
11:13les gens qui sont en bord de la route,
11:14ils voient des coureurs passer, comme dit Colette,
11:16avec des yeux plâtrés,
11:19ils sont le dos arqués, on ne les reconnaît pas.
11:21Et Desgrange vous raconte ça.
11:23Et l'auto a su créer ce genre de choses, voyez.
11:25Donc, il y a un passé qu'il ne faut pas du tout ignorer.
11:28Et je pense que l'équipe, de ce point de vue-là,
11:30l'a suivi.
11:31Et l'a suivi d'une façon absolument pertinente.
11:33– A éviter de cette invention.
11:34Vous lisez l'équipe tous les jours ?
11:35– Je ne lis absolument pas l'équipe tous les jours.
11:37– Non ? Et vous, David Reus ?
11:38– Non seulement je lis l'équipe tous les jours,
11:39et puis je me retrouve tout à fait dans ce qui est dit,
11:41parce que je me rappelle la phrase de Jacques Delors,
11:44qui, quand il était président de la Commission européenne,
11:46lisait l'équipe tous les matins pour démarrer.
11:47– Jacques Delors était un grand sportier, oui, absolument.
11:49– Et il disait qu'il se souvient du regard consterné,
11:52voire atterré, de ses collaborateurs et de ses collègues.
11:55En disant, mais qu'est-ce que tu peux bien trouver
11:57dans ce journal tous les jours ?
11:58Eh bien, moi, c'est les chiffres.
12:00C'est-à-dire que moi, je suis scientifique de formation.
12:01– Au-delà de l'événement sportif lui-même, j'aime bien.
12:03D'ailleurs, souvent, ce n'est pas le lendemain,
12:04c'est le surlendemain de l'événement.
12:05– Faites vos statistiques.
12:07– Et puis, c'est l'évolution.
12:08– C'est les chiffres, on travaille la mémoire.
12:10– Et vous voyez le changement.
12:11– Non, mais je vous dirai encore un mot.
12:12Le livre sur le sport que vous aviez,
12:14la gentillesse a évoqué tout à l'heure,
12:16il a été écrit avec Pastoureau.
12:18Pastoureau est un historien de la couleur.
12:19Je l'aime beaucoup pour mille raisons.
12:21Et c'est quelqu'un qui est fasciné par les résultats
12:23et qui suit l'équipe tous les jours,
12:24ce qui n'est pas mon cas, pour des raisons diverses.
12:26Moi, c'est plutôt si vous voulez l'esprit du sport
12:28qui m'intéresse et pas forcément le résultat,
12:30même si je ne le néglige pas.
12:32– Alors, on est en duplex, en direct,
12:34avec un autre très grand lecteur de l'équipe
12:36qu'on n'attendait pas forcément,
12:37un peu comme ce que vous nous disiez à l'instant, David Ross.
12:39Bonjour, Jean-Luc Marion.
12:41Vous êtes académicien,
12:43vous êtes auteur de La raison du sport,
12:45publié chez Grasset.
12:47Et je crois que vous lisez l'équipe tous les jours.
12:49En tout cas, vous entretenez un rapport particulier
12:51avec ce quotidien sportif.
12:53– Oui, oui, je lis l'équipe tous les jours
12:56depuis une éternité, depuis les années 60.
13:00Presque tous les jours.
13:03Et il y a une raison à ça.
13:04La première, c'est que, comme le disait M. Villarello,
13:07c'est que l'équipe, c'est un monde autour du monde.
13:13Je veux dire que la temporalité de l'équipe,
13:17la géographie dont parle l'équipe,
13:20elle recouvre, elle double la géographie
13:23du supposé vrai monde,
13:25je veux dire du monde politique, économique, etc.
13:28Mais prenons un exemple.
13:31En 1958, c'est la victoire de De Gaulle.
13:35De deux Gaulles.
13:37Il y a le retour général au pouvoir,
13:42et puis la victoire de Charlie Gaulle.
13:45Autour de France.
13:46Pour la première fois, depuis longtemps,
13:49on l'attendait, c'est arrivé.
13:50Et je me souviens de la juxtaposition de ces deux actualités
13:55qui m'avaient frappé quand j'étais gamin
13:57et qui m'inspiraient des sentiments mêlés.
14:01Car il y avait un De Gaulle que je préférais à l'autre,
14:05mais enfin, c'était typique de ce qui se passe
14:08avec l'actualité de l'équipe.
14:10C'est-à-dire, vous êtes dans un rituel,
14:14je dirais presque liturgique,
14:17où il y a des dates, des moments de l'année,
14:20où il y a tel sport,
14:22c'est-à-dire la période de Pâques,
14:24ce sont les grandes classiques,
14:25l'été, c'est le tour,
14:27l'hiver, c'est le tour des destinations,
14:32et puis il y a les grands messes olympiques.
14:34Et à chaque fois, vous êtes dans une autre actualité
14:37qui, en un sens, dans la vie courante,
14:41est parfois la vraie actualité,
14:43celle qui vous permet d'oublier la vraie actualité
14:47au profit d'une actualité
14:49qui est finalement, psychologiquement,
14:51aussi vraie que la vraie actualité.
14:53Et donc, le philosophe que vous êtes
14:56trouve dans l'équipe, dans ce journal populaire,
14:59de quoi nourrir sa compréhension du monde
15:01et sa réflexion ?
15:03Non, de quoi découvrir ce que c'est qu'un monde.
15:06C'est-à-dire, l'équipe fait du sport
15:10un double du monde supposé réel.
15:13Mais quand on progresse plus tard,
15:15on s'aperçoit que le monde de l'économie
15:17est réel, mais qui n'est pas la totalité du monde.
15:20Que le monde politique et ses jeux
15:21est réel, mais n'est pas la totalité du monde.
15:24Et le monde sportif,
15:27qui n'est pas la totalité du monde,
15:29qui recouvre le monde,
15:30les autres mondes,
15:31est néanmoins un monde réel.
15:33Et c'est pour ça qu'on peut se vider l'esprit
15:39en lisant l'équipe Le Matin.
15:40Merci beaucoup, en tout cas.
15:41Merci, Jean-Luc Marion.
15:42Merci d'avoir été avec nous
15:43et de nous transmettre votre lecture quotidienne de l'équipe.
15:46Vous en avez beaucoup, des philosophes,
15:47parmi vos lecteurs ?
15:48Oui.
15:49Oui, on a beaucoup de gens,
15:50parce qu'on a, depuis plusieurs années maintenant,
15:52on a vraiment ouvert nos portes.
15:54Par exemple, M. Vigarello et M. Pastoureau
15:56ont eu une double page dans l'équipe.
15:59Nous avons beaucoup apprécié.
16:00Voilà, avec des gens qui étaient soucieux
16:03d'aller les voir,
16:04de leur poser des questions.
16:05Donc, en fait, je trouve que l'équipe
16:08ne vit plus dans un monde étriqué
16:10qui est le monde du sport.
16:11Elle vit à l'échelle du monde réel,
16:14de sa réalité.
16:15On est en ce moment en train de réfléchir
16:16à renvoyer quelqu'un en Ukraine,
16:18parce qu'il y aura bientôt les 40 ans de Tchernobyl,
16:20et que l'équipe, par exemple, fasse ça.
16:23Moi, je suis très fière de ça.
16:24Je suis là depuis 32 ans.
16:26Et de voir cette ouverture de l'équipe
16:28qui va traiter...
16:29On avait une délégation de 15 personnes au jeu.
16:31On a traité les résultats secs.
16:33On a élargi.
16:34On va rencontrer le lugeur ukrainien
16:37qui portait le casque.
16:38On est en discussion avec lui pour le voir, par exemple.
16:41Tout ça, c'est l'équipe.
16:42Et moi, je trouve formidable
16:44qu'on ait les résultats, la culture,
16:46un peu de politique, mais pas politicienne,
16:49qu'on ait tout ça dans l'équipe.
16:50Moi, je trouve que, pour moi,
16:52c'est le meilleur journal du monde.
16:54Il n'y a pas d'autre mot.
16:55Forcément.
16:56Vous y êtes rentré en quelle année ?
16:58En 1994.
17:00Oui, on comprend que ce soit
17:01le meilleur journal du monde pour vous.
17:03Alors, c'est aussi un journal
17:04qui crée des événements.
17:06On a parlé du Tour de France créé par Loto,
17:08mais les journalistes de l'équipe
17:09ont imaginé, à la fin des années 50,
17:11la Ligue des champions,
17:12le Ballon d'or.
17:13Ils ont eu aussi une grande influence
17:14dans la création de l'euro.
17:16Donc, c'est, on peut dire,
17:18je ne sais pas, Marie-Amélie,
17:19peut-être, évidemment,
17:20un journal qui relate l'évolution du sport,
17:21mais qui change l'histoire du sport aussi,
17:23peut-être, non ?
17:24Oui, je pense effectivement
17:25que c'est un quotidien
17:26qui donne des impulsions
17:27au sein du sport français.
17:29Après, nous,
17:29ce que l'on voit sur le prisme
17:31du parasport,
17:32c'est qu'il y a une place plus grande
17:34du parasport dans la société,
17:35et l'équipe est aux côtés
17:37de cette transition-là,
17:38avec un vrai décryptage,
17:40avec un vrai angle
17:41sur la performance,
17:43et pas sur le côté uniquement
17:46parcours sociétal
17:46de la personne en situation
17:47de handicap
17:48qui fait du sport.
17:49Le vrai angle,
17:50c'est l'acteur du sport de haut niveau
17:52qui fait du sport
17:53avec des particularités,
17:54avec des singularités,
17:55et en ce sens,
17:56l'équipe nous a vraiment aussi
17:57accompagnés dans l'essor
17:59des Jeux paralympiques
18:00et du parasport en France.
18:01Alors, justement,
18:01la première une sur le parasport,
18:04je crois que c'est 2021,
18:05si je ne me trompe pas.
18:06Oui, août 2021,
18:07et ce jour-là,
18:07il y avait une énorme information
18:08en football,
18:09il y avait eu une embrouille
18:10entre le club de Nice
18:11et Marseille,
18:12mais à haut niveau,
18:13et on a fait le choix
18:15de faire une une
18:15parce que c'était l'ouverture
18:16des Jeux paras,
18:18et on voulait aussi manifester
18:20l'intérêt qu'on avait
18:21pour ces nouveaux sports
18:23qu'on découvrait
18:25dans la perspective de 24,
18:27mais on ne l'a pas arrêté
18:28au soir des Jeux de 24,
18:30on continue.
18:31Vous avez déjà fait
18:31la une de l'équipe ?
18:33Alors, pas la une,
18:34je ne crois pas,
18:35en tout cas sur les titres,
18:36mais peut-être en redondant
18:37de ce que vous dites,
18:38et moi, je me souviens
18:39parce qu'il y a eu
18:39tout un supplément
18:41dans l'équipe
18:42au moment de l'ouverture
18:43effectivement des Jeux de Tokyo,
18:44et moi,
18:45ce qui m'a particulièrement
18:46frappée,
18:46au-delà de faire la une,
18:48c'est que vous avez fait
18:49le choix de faire des portraits
18:50sur différents sportifs
18:51paralympiques,
18:52j'ai eu la chance
18:53d'en faire partie,
18:54et dans ces petites biographies,
18:55notre handicap
18:56n'était pas mentionné,
18:58parce qu'on était sur
19:00le fait de relayer
19:01notre parcours de sportif
19:02de haut niveau,
19:02notre ambition sportive
19:04sur ces Jeux,
19:05nos disciplines,
19:05notre sport,
19:06le handicap n'étant
19:07qu'une singularité
19:08de tout ça,
19:09là où bien souvent,
19:10et malheureusement,
19:11avant les Jeux de Paris 2024,
19:13on traitait à 90%
19:15de ce handicap
19:16et de cette singularité,
19:17et ça,
19:17on a vraiment eu
19:18un changement de paradigme,
19:19et je trouve que
19:20cette une de Tokyo
19:21et tout le dossier
19:22que vous avez fait derrière,
19:23en est un des premiers éléments
19:25d'impulsion.
19:26Alors c'est une justement,
19:27à partir des années 90,
19:28elles sont en couleur
19:29et elles marquent
19:30avec des titres très frappants,
19:32on fera d'ailleurs
19:32un petit quiz
19:32dans un instant là-dessus,
19:34elles sont iconiques
19:35pour certaines,
19:36la plus célèbre,
19:36la plus vendue,
19:38est-ce que vous savez
19:39laquelle c'est ?
19:40Alors évidemment,
19:40Frédéric,
19:41vous ne répondez pas.
19:41L'éternité.
19:42L'éternité, absolument.
19:43Je l'ai acheté deux fois.
19:451,6 million d'exemplaires,
19:48la victoire de la France
19:49à la Coupe du Monde 98,
19:51évidemment,
19:52elle a marqué.
19:52Il y a eu plein de champions
19:54en une de l'équipe.
19:56Vous sanctionnez,
19:56vous participez
19:57au récit des héros nationaux.
20:01On se souvient
20:01de l'or olympique,
20:03on se souvient
20:03d'Yannick Noah,
20:03évidemment,
20:04qui a remporté Roland-Garros.
20:06Il y a aussi
20:07le parasport,
20:08on en a parlé.
20:09Le sport féminin,
20:10c'est important.
20:10La première une
20:11sur une sportive,
20:13vous sauriez la dater ?
20:14Oui,
20:14je sais qu'il y avait
20:15Jeannie Longo en 89,
20:17mais il y a eu aussi
20:17en son temps
20:17Auster-Meyer.
20:19À l'époque,
20:20les unes n'étaient pas
20:21statutaires
20:21comme elles sont maintenant
20:22avec une seule photo,
20:23mais le sport féminin
20:25avait toujours sa place,
20:26évidemment,
20:27à hauteur de ce que
20:27le sport féminin
20:28était dans la société.
20:30Donc,
20:30plus il monte,
20:31plus on monte.
20:32Je sais qu'on est,
20:32souvent,
20:33on nous fait le reproche,
20:34on est très vite jugé.
20:34Pourquoi vous ne l'avez pas mis ?
20:35Parce qu'avoir sa place
20:37en une,
20:38la manchette pleine
20:39ou les bandeaux en haut,
20:40c'est le graal.
20:42Même ceux qui disent
20:43je ne vous lis pas,
20:44s'ils sont en une,
20:45pour eux,
20:45c'est un bâton maréchal acquis.
20:47Donc,
20:47parfois,
20:48il y a une hiérarchie
20:49des événements
20:50qu'on doit respecter.
20:51On a une hiérarchie
20:52des événements,
20:53on les gradue.
20:54Et si on mettait
20:55des filles
20:56pour mettre des filles,
20:57je trouve que ça dénaturerait
20:58la valeur
20:59de ce qu'ils font en sport.
21:02Donc,
21:02c'est vraiment,
21:04établir une une
21:04est compliqué
21:05et on l'a fait
21:06en fonction
21:06d'une hiérarchie
21:07d'événements.
21:07Et il se trouve
21:08que parfois,
21:09les filles,
21:10par le résultat,
21:11prennent le pas,
21:12parfois,
21:12elles ne le prennent pas,
21:13parfois,
21:14il nous arrive
21:14de faire des erreurs
21:15et on le sait très vite
21:16parce qu'on est très vite
21:17alerté sur le fait
21:18que maintenant,
21:19avec les réseaux sociaux,
21:19ça va encore plus vite
21:20et on assume les erreurs,
21:22on a le droit
21:22d'en commettre.
21:23Mais le sport féminin,
21:26nous,
21:26on fait du sport
21:27et c'est la valeur
21:28du sport qui prime.
21:29Après,
21:29on a de très,
21:30très belles championnes.
21:31On a vu Marie-Jo Perrec,
21:32évidemment,
21:33passer la UD.
21:33Et c'est aussi le symbole,
21:35vous êtes le symbole
21:35aussi de la féminisation
21:37du journalisme sportif.
21:39Vous êtes la première femme
21:40titulaire de la rédaction
21:41de foot,
21:42première grande reporter,
21:42première rédactrice en chef.
21:44Ça montre l'évolution aussi.
21:45On revient de loin
21:46en termes de journalisme sportif.
21:48Moi, les femmes
21:50dans le journalisme de sport,
21:51elles arrivent en masse
21:52plutôt dans les années 80-90.
21:54Moi, je rentre
21:54à ce moment-là.
21:55Il y avait déjà eu
21:57deux femmes titulaires,
21:58mais pas au football,
21:59au journal Équipe.
22:00C'était Yvonne Jeanne
22:01et Judith Elian.
22:03Puis après,
22:03nous, on arrive.
22:04À l'époque,
22:04moi, quand je rentre,
22:05on est six.
22:06Très vite,
22:07on arrive à dix.
22:07Aujourd'hui,
22:08on est soixante-dix.
22:09Alors, bien sûr,
22:09on va dire,
22:10c'est pas beaucoup
22:10par rapport à une rédaction
22:11complète de 400 journalistes
22:13avec la télévision,
22:13mais c'est une réalité
22:15et on ne prend pas
22:18des femmes
22:18à la rédaction
22:19du journal Équipe
22:20parce qu'elles sont des femmes.
22:21On prend
22:22les meilleurs journalistes
22:23qu'on veut
22:23pour tenir l'exigence
22:25et la qualité
22:25du journal
22:26qu'on produit tous les jours
22:27sur tous les supports
22:28qu'on produit.
22:29Et donc,
22:29tant qu'on aura ce critère-là,
22:31on y arrivera.
22:33Allez,
22:33on va faire un petit quiz.
22:34Bon, vous ne jouez pas,
22:34Frédéric, évidemment.
22:36Je vous donne
22:36les titres de l'une de l'équipe
22:38et puis vous retrouvez
22:39l'événement
22:40ou la personnalité sportive
22:41à qui ça se rapporte.
22:42Ça vous va ?
22:42On joue,
22:43on s'amuse.
22:44Ah oui,
22:44il faut jouer.
22:45Alors,
22:45premier titre,
22:47Dieu est mort.
22:48Maradona.
22:49Vous dites Maradona ?
22:51Pareil.
22:51Pareil,
22:52Maradona,
22:52on a flouté,
22:53c'est un peu plus facile
22:53en plus parce que
22:54vous avez la silhouette.
22:55Maradona,
22:56vous êtes d'accord ?
22:56C'est Maradona,
22:58absolument.
22:58On voit,
22:58vous êtes un fervent lecteur
23:00de l'équipe.
23:01Deuxième titre,
23:02Et la terre s'arrêta.
23:04Est-ce que vous savez
23:05à qui ça fait allusion ?
23:08Vous avez un petit indice
23:09avec la silhouette,
23:11avec la silhouette en une.
23:13Ah oui,
23:13pardon,
23:13j'ai des propositions.
23:14C'est McEnroe,
23:15c'est Federer
23:15ou c'est Nadal ?
23:16Nadal.
23:17Nadal,
23:17oui,
23:18absolument Nadal,
23:19bien vu.
23:19Et troisième titre,
23:21Le roi baisse le rideau.
23:23Je vous fais des propositions
23:24si ça ne vous évoque rien.
23:27Alors,
23:28je vous propose
23:28Usain Bolt,
23:29Carl Lewis,
23:30c'est Carl Lewis.
23:31C'est Carl Lewis.
23:32Carl Lewis.
23:33C'est Carl Lewis.
23:33C'est Carl Lewis.
23:34C'est Carl Lewis avec les bras,
23:34comme ça et non plus.
23:35C'est Carl Lewis.
23:36Pas mal, hein, vous...
23:37Pas mal, vous vous défendez bien.
23:38Les pixels de l'image aussi
23:39nous aident un petit peu.
23:41On sent que vous lisez l'équipe.
23:43Bravo à tous les trois.
23:45On passe à l'échappé tout de suite.
23:52Et tous les mois,
23:53dans la rubrique l'échappé,
23:54nos caméras vous emmènent découvrir
23:56que le sport est une solution
23:58à de nombreux enjeux de société.
23:59Aujourd'hui,
24:00nous parlons de la vieillesse.
24:01On reste finalement
24:02sur notre thématique autogénaire
24:04après l'équipe,
24:04puisque Mathéo Rollet
24:05nous emmène à Cannes,
24:07sur la Côte d'Azur,
24:08à la rencontre de Gilbert Dujardin,
24:09alias Papy Perche,
24:11qui a 86 ans,
24:12continue de sauter.
24:13D'ailleurs,
24:14il n'a commencé qu'à 63 ans.
24:16Reportage.
24:16Est-ce que c'est vous
24:17qu'on appelle Papy Perche ici ?
24:18Oui, c'est moi,
24:19Papy Perche.
24:20Ça correspond, hein,
24:21parce que Papy...
24:24Bon, je commence à avoir l'âge,
24:25courant de Papy.
24:27Il vient comme toutes les semaines,
24:28deux fois par semaine,
24:29très exactement.
24:30Gilbert Dujardin
24:31vient ici au stade
24:32Maurice Chevalier de Cannes
24:33pour y faire quelques sauts.
24:35Et pas n'importe quel saut,
24:36c'est du saut à la perche.
24:37Si pour certains,
24:38c'est un loisir,
24:39pour lui,
24:39c'est toute sa vie.
24:40Ça fait tout de même
24:4023 ans qu'il fait ça.
24:42Champion de France,
24:43champion d'Europe.
24:43On va le rencontrer.
24:51D'abord,
24:52il faut faire un échauffement,
24:53sérieux,
24:54parce que,
24:54comme vous le savez,
24:55c'est un peu dangereux,
24:56quand même, quoi.
24:57Alors,
24:58pour s'échauffer,
24:58il faut d'abord courir.
25:00Courir un petit peu,
25:01mettre ça en branle,
25:02un peu de cardio,
25:04puis les articulations.
25:08Je m'échauffe un peu par là.
25:11Non.
25:19La perche,
25:20vous avez évidemment
25:21différentes tailles,
25:23en fonction de votre poids,
25:26de la vitesse d'exécution,
25:27de tout et tout.
25:28Vous voyez,
25:28là,
25:28vous avez les boutons,
25:29les bouchons,
25:31au fond.
25:32Vous plantez dans le sautoir,
25:35ici,
25:35dans le butoir,
25:36je veux dire,
25:44je suis tombé assez loin,
25:45là,
25:45c'est pas mal.
26:02Moi,
26:03je vais vous dire,
26:03Duplantis,
26:04il a intérêt à se faire du mourant,
26:05parce que,
26:07je vais revenir.
26:09Il faut le dire,
26:09on n'est pas encore
26:10au 6m30
26:11et record du monde
26:12d'Armand Duplantis,
26:13le Suédois,
26:14mais Papy Perche,
26:15du haut de ses 86 ans,
26:16il détient sûrement
26:17le record de la longévité.
26:18Moi,
26:18j'espère aller au moins
26:20jusqu'à 90 ans,
26:21au moins.
26:21J'espère bien.
26:22Minimum ?
26:23Oui,
26:24minimum.
26:25Malgré les petites douleurs
26:26que ça peut engendrer
26:27de faire du sur la perche,
26:29est-ce que le sport,
26:30globalement,
26:31ça remplace finalement
26:32les médicaments ?
26:33Ah oui,
26:35le sport,
26:35c'est tout.
26:37Pour le gars qui,
26:37il aime le sport,
26:38c'est presque un médicament.
26:41On va dire ça comme ça.
26:43Mais bon,
26:44si vous n'aimez pas vraiment
26:45le sport,
26:45là, c'est foutu.
26:47C'est la cata, là.
26:48Vous n'êtes pas obligés
26:49de forcer tous les jours
26:50et tout.
26:51Moi, je vois là,
26:52chez moi,
26:52je fais de l'entretien physique
26:54généralisé,
26:54tous les jours,
26:55tous les jours,
26:55tous les jours.
26:56Vous ne supporteriez pas
26:57de rester chez vous ?
26:58Ah non, non.
26:59Vous vous rendez compte un peu ?
27:01Le bonheur,
27:02un ciel bleu,
27:03pas de vent,
27:04pas de pluie,
27:05c'est génial.
27:06Pourquoi s'en priver ?
27:21C'est un exemple
27:21pour tout le monde.
27:23Moi, le premier,
27:23quand je vois,
27:24je ne suis pas capable
27:24de faire un pourcent
27:25de ce qu'il fait.
27:25t'as quel âge ?
27:26J'ai 18 ans.
27:2718 ans.
27:28Est-ce qu'à 86 ans,
27:28tu te vas faire
27:29une soie à la perche ?
27:30Non, je ne pense pas.
27:31J'aimerais bien,
27:31j'aimerais bien,
27:32mais bien sûr,
27:33on a tous envie à son âge
27:34de pouvoir faire encore
27:36du sport à ce niveau-là
27:37parce que deux mètres,
27:38c'est quand même bien.
27:39j'étire un petit peu
27:41les quadriceps,
27:41comme ça.
27:43Voilà une tenue
27:43plus propice
27:44pour tester le soie à la perche
27:46et puis on n'est pas
27:47avec n'importe qui ?
27:47Papi perche.
27:48Allez, c'est parti,
27:49on va tester le soie à la perche.
27:50Le beau truc,
27:51c'est de planter ici.
27:52Voilà,
27:52et puis vous essayez
27:53de pousser sur la perche,
27:55main droite en supination.
27:57Ok.
27:58Supination,
27:59support,
27:59pas de problème.
28:00D'accord.
28:00Main gauche en pronation
28:02et puis vous allez
28:04courir un petit peu
28:05et il faut y aller
28:06et puis vous lancez
28:07le genou
28:08vers l'avant.
28:09Allez.
28:10Allons-y,
28:10allons-y,
28:11hop !
28:13Voilà !
28:14C'était pas mal,
28:15vous êtes arrivés loin.
28:18Après avoir essayé,
28:19je peux vous dire
28:19quelle soit la perche,
28:20c'est pas si facile que ça.
28:22J'en avais jamais fait,
28:23certes,
28:23mais si on n'arrive pas
28:24à sauter 2 mètres
28:25à 25 ans,
28:26imaginez à 86 ans,
28:27je crois que ça force
28:28le respect quand même.
28:31Gilbert,
28:31on fait la sieste ?
28:32Oui.
28:34Ouais,
28:34c'est bon là.
28:36Comment cette séance ?
28:38C'est normal,
28:40normal.
28:40Ça vous fait du bien quand même ?
28:41Ouais,
28:41ouais,
28:42c'est bien.
28:43Puis vous êtes là
28:44pour m'encourager,
28:45alors je...
28:47J'ai envie de faire
28:48une petite tape dans la main.
28:49Tu peux ?
28:49Oui.
28:50Bienvenue,
28:50c'est du jardin.
28:51C'est le petit club de Cannes.
28:53Puis derrière,
28:54il y a mon nom,
28:55mon prénom
28:56et ce que je m'appelle
28:58du jardin de la cour.
29:01Et voilà,
29:01son record,
29:02c'est 2 mètres 20.
29:03Le record du monde
29:03chez les plus de 85 ans,
29:052 mètres 28.
29:06David Troyes,
29:06c'est votre sujet,
29:07ça,
29:07le sport et la santé ?
29:08Vous êtes auteur
29:08d'un rapport
29:10sur le sujet.
29:11Oui,
29:11au sein de ce qu'on appelle
29:12l'office parlementaire
29:14de l'évaluation
29:15des choix scientifiques
29:15et techniques.
29:16Donc comme je fais
29:16de la politique
29:17et que je suis scientifique
29:18et que j'aime le sport,
29:19j'ai essayé
29:19de coupler les deux.
29:21C'est une belle illustration,
29:22non ?
29:22C'est extraordinaire.
29:23C'est génial.
29:24Et puis il vaut mieux
29:25faire du sport
29:25que prendre des médicaments.
29:26Tout est dit.
29:27C'est ça.
29:27Et face à la vieillesse,
29:31l'ostéoporose,
29:31enfin tout un tas
29:32de difficultés
29:34et de santé
29:34qu'on peut rencontrer,
29:35le sport,
29:35c'est le meilleur remède ?
29:36Il faut avancer
29:37tous les jours.
29:38On est fait pour ça
29:38et donc effectivement,
29:39il faut gérer ses douleurs,
29:41il faut avoir des objectifs
29:42qui correspondent
29:42à sa situation physique.
29:44Mais le côté
29:45de se lever le matin
29:47et d'apprendre quelque chose
29:48ou d'essayer
29:49de dépasser
29:50le niveau auquel on est,
29:51c'est l'essence même
29:52du sportif de haut niveau.
29:53Mais si on peut l'appliquer
29:54au quotidien
29:54à son modeste niveau,
29:55ce sera réussi.
29:57Georges Vigarello,
29:57vous êtes très jeune
29:58par rapport à Papy Perche.
29:59Est-ce que vous faites
30:0010 sports tous les jours ?
30:01Non, moi j'ai abandonné,
30:03je marche, etc.
30:04Non, mais ce qui me retient
30:06dans ce que nous venons de voir,
30:08c'est d'abord l'enthousiasme
30:09de ce Papy Perche.
30:12Ce qui me retient aussi,
30:12on n'y pense pas assez,
30:14c'est la façon
30:15dont les personnes aujourd'hui
30:18ont tendance
30:19à prolonger le présent.
30:20Vous voyez ?
30:21Ce n'est pas tellement
30:23le style classique,
30:25futur, présent, passé,
30:26c'est essayer
30:27de maintenir le présent.
30:28Et évidemment,
30:29dans ce cas,
30:30c'est extrêmement fort.
30:31C'est même assez impressionnant
30:32parce qu'il est attentif
30:34aux positions,
30:35il est attentif aux muscles,
30:36aux articulations, etc.
30:38Je ne parle pas
30:39de la technique,
30:39mais c'est quand même
30:40déjà quelque chose,
30:41sa technique.
30:41Et il est inspirant
30:42pour les jeunes,
30:43et ça, ce n'est pas rien.
30:44Mais c'est bien.
30:44Moi, ce qui me paraît
30:45vraiment très précieux,
30:46c'est cette idée
30:47sur laquelle,
30:48malgré l'âge,
30:48le présent doit se prolonger.
30:50C'est vrai.
30:51Vous avez absolument raison.
30:52C'est une belle leçon
30:53de philosophie.
30:54Allez, on passe
30:55à notre deuxième thème
30:56de cette émission,
30:57les Jeux paralympiques.
30:58C'est la fiche
30:59de sport, etc.
31:04Les Jeux paralympiques
31:05de Milan Cortina
31:06débutent dans quelques jours.
31:07Le 6 mars prochain,
31:09ils marquent
31:09le 50e anniversaire
31:10des Jeux paralympiques
31:11d'hiver
31:12puisqu'ils ont été organisés
31:13pour la première fois
31:14en Suède
31:15en 1976.
31:16Alors, la délégation française
31:18paralympique,
31:19elle est composée
31:19de 17 athlètes
31:20dont 4 guides.
31:22Et donc,
31:23c'est une équipe de France
31:24assez resserrée
31:25mais ambitieuse.
31:26Est-ce qu'on peut faire
31:27un petit point ?
31:28Il n'y a pas beaucoup
31:28de disciplines
31:28aux Jeux d'hiver.
31:30Quelles sont les disciplines
31:31et quelles sont nos chances
31:31de médailles pour vous ?
31:33Alors, effectivement,
31:33une équipe de France,
31:34vous l'avez dit,
31:35resserrée autour de 17 athlètes
31:36dont 4 guides
31:38qui n'est pas une statistique
31:39totalement décorrélée
31:40des précédentes éditions
31:42des Jeux paralympiques
31:43pour la France.
31:44Déjà, il faut savoir
31:45que le modèle
31:46des Jeux paralympiques
31:46d'hiver ne comporte
31:47que 6 disciplines,
31:495 sports.
31:50La France est présente
31:51dans 4 de ces disciplines
31:52sur les Jeux
31:53de Milan Cortina,
31:54le para-snowboard,
31:56le para-ski alpin,
31:57le para-ski de fond
31:58et le para-biathlon.
31:59On a 13 athlètes engagés,
32:014 guides,
32:02100% de chances de médailles.
32:04Donc, en fait,
32:05on a une équipe
32:05resserrée, effectivement.
32:07De médailles d'or, bien sûr.
32:07Mais avec, effectivement,
32:09des potentiels, bien évidemment,
32:10de médailles d'or.
32:11Donc, quand bien même
32:12on n'a que ces 13 athlètes,
32:14on a l'ambition du top 4
32:15pour la nation française
32:16sur ces Jeux paralympiques
32:18de Milan-2026.
32:19OK.
32:20Bon, ça, c'est bien
32:20comme objectif.
32:21En tout cas,
32:22en 2024, évidemment,
32:23c'est notre référence,
32:24Paris 2024,
32:25près de 50 millions de Français
32:27ont suivi les Jeux paralympiques
32:28à la télé.
32:29C'est un record.
32:30Pour la première fois,
32:31d'ailleurs,
32:31France Télévisions a diffusé
32:32l'intégralité des compétitions,
32:34300 heures de retransmission
32:36sur France 2 et France 3.
32:37C'est beaucoup plus
32:38que les éditions précédentes,
32:40bien sûr.
32:41Et pour la première fois encore,
32:42cette fois-ci,
32:43pour les Jeux d'hiver,
32:44l'intégralité des disciplines,
32:46enfin, des épreuves
32:48seront retransmises
32:49à la télévision.
32:50Est-ce que cette exposition inédite,
32:53une billetterie record
32:53qu'on a connue en 2024,
32:55un engagement des marques,
32:57est-ce que ça continue
32:57ou est-ce que c'était
32:58un feu de paille ?
32:59Non, ça continue.
33:00Et vous l'avez dit,
33:01sur ces Jeux de Milan,
33:02on a encore des dispositifs
33:05inédits qui sont déployés
33:07à la fois par France Télévisions
33:08mais par aussi l'entièreté
33:09des détenteurs de droits.
33:11On a eu un saut quantitatif
33:12mais on a eu un saut aussi qualitatif
33:14où maintenant,
33:15on parle de la performance
33:16de ces sportifs
33:18de haut niveau paralympique.
33:19Ce qui est intéressant,
33:20c'est que ce modèle
33:21des Jeux paralympiques,
33:22il vient aussi irriguer
33:24un développement du parasport
33:25dans notre pays
33:26parce que cette équipe de France,
33:28ces sportifs qui réalisent
33:29des performances,
33:30c'est l'ouverture
33:31du champ des possibles
33:31pour les autres personnes
33:32en situation de handicap.
33:34Ça inspire.
33:35On aimerait que ça inspire
33:36un petit peu plus
33:37de femmes et de jeunes filles
33:38et de personnes
33:39en situation de handicap sévère
33:41et on va y travailler.
33:42Mais au-delà de l'inspiration,
33:44c'est aussi la transformation
33:46d'un modèle.
33:47Et ça, on l'a vraiment ressenti
33:48au travers des Jeux de Paris 2024,
33:50c'est que désormais,
33:51vous avez une vraie impulsion politique
33:53de la part de l'État
33:55avec une stratégie nationale
33:56sport handicap,
33:57de la part des collectivités
33:58qui comprennent...
33:59Les fédérations ?
34:01Effectivement,
34:01les fédérations aussi.
34:03Mais on comprend maintenant
34:04ce que c'est de mettre en place
34:05une politique publique
34:06du parasport.
34:07Et vous le disiez,
34:07on a aussi une transformation
34:09du mouvement sportif lui-même
34:11qui, pendant très longtemps,
34:12a été beaucoup dans le giron
34:13de la discipline olympique,
34:15de la compétition,
34:16et de plus en plus
34:17s'offre sur un sport
34:18beaucoup plus sociétal
34:19dont le parasport
34:21fait partie intégrante.
34:22Alors, on va y revenir.
34:23Juste sur la couverture médiatique,
34:25l'équipe, là,
34:25pour ces Jeux paralympiques ?
34:26On envoie deux envoyés spéciales
34:28pendant toute la durée
34:29de la compétition.
34:30Vous dites envoyés spéciales,
34:31donc c'est deux femmes ?
34:32Deux femmes, oui.
34:32Oui, oui.
34:33Et enfin, c'est pas...
34:34Oui, c'est pas...
34:35C'est comme ça.
34:35C'est parce que c'est les meilleurs.
34:37Voilà.
34:38Sur leur discipline,
34:39et donc on va couvrir ça
34:40tout le temps, voilà,
34:41et sur le site,
34:41et sur le print.
34:43Et ça, ça correspond
34:44à plus de couverture
34:46que les fois précédentes ?
34:46En fait, au dernier Jeux d'hiver,
34:48on en avait une,
34:48mais les Jeux d'hiver
34:49étaient à Pékin,
34:50donc on avait une envoyée spéciale.
34:51À Milan, c'est plus facile aussi
34:52d'envoyer des gens.
34:54Et puis, il n'y a pas
34:55de décalage horaire,
34:56donc le relais doit être
34:57plus rapide,
34:58notamment sur notre site,
34:59parce que le site doit
35:01mettre les résultats
35:02à la même vitesse
35:03que pour les Jeux
35:04qui viennent de se terminer.
35:05Et puis, par ailleurs,
35:06nous, par rapport
35:07à l'élan de 2024,
35:08on avait commencé avant
35:09et on continue.
35:10Historiquement,
35:11depuis 1946,
35:12l'équipe sacre
35:13un champion des champions
35:13chaque année.
35:14Un champion des champions français
35:16depuis 75 des étrangers.
35:17Et à partir de 2023,
35:19on a créé un champion
35:20des champions parasport français
35:22et qui ne s'est pas arrêté
35:24avec les Jeux de 2024.
35:25Et donc, on le continue
35:26et on fait un trophée homme,
35:27un trophée femme
35:28de la même manière
35:29qu'on le fait pour les valides.
35:31Et il y a un appétit
35:32des lecteurs ?
35:33Ah oui, oui, oui.
35:34En plus, maintenant,
35:34on voit qu'ils sont certains,
35:37plus pour les Jeux d'été
35:38encore que pour les Jeux d'hiver
35:39à part Arthur Bochet,
35:40mais les parasportifs
35:41qui ont été célébrés en 2024,
35:44ils ont une vraie existence.
35:45Enfin, on nous demande
35:47de leurs nouvelles
35:47dès qu'ils font quelque chose
35:48ou dès qu'ils se blessent,
35:49on a besoin de donner
35:50de leurs nouvelles
35:50et les gens les connaissent
35:51très, très bien.
35:52Ça, c'est vraiment resté.
35:54Et l'hiver, là,
35:55les épreuves vont être en journée,
35:57vues par plein de gens.
35:58Il va y avoir une...
35:59En plus, il y a un peu
36:00de vacances scolaires encore,
36:01donc ça crée aussi de l'audience
36:02dont France Télévisions
36:03va profiter et c'est tant mieux.
36:05Et ça va installer
36:06des nouvelles personnes.
36:07Et au-delà d'Arthur Bochet,
36:08je pense que dans les 13,
36:09il y en a 3 ou 4
36:10qui vont encore plus monter
36:12dans l'esprit des gens.
36:13Et nous, on continuera
36:14de les accompagner
36:15comme on accompagne les autres.
36:18Je cite Alexis Anquincan,
36:19qui était porte-drapeau
36:20de la délégation paralympique
36:22au JO de Paris 2024.
36:24Il dit,
36:24on n'a pas tenu les promesses,
36:26il y a un désengagement total
36:27de la part de l'État,
36:28des institutions,
36:29des partenaires.
36:30Comment vous jugez, vous,
36:31l'engagement de l'État
36:31sur le sujet du parasport ?
36:33D'abord, je voudrais dire un mot
36:33parce qu'il se trouve
36:34que moi, je n'avais jamais voulu...
36:37J'avais un peu fui regarder
36:38le paraolympisme
36:38parce qu'effectivement,
36:39j'avais cette sensation
36:40un peu de gêne
36:40sur le handicap
36:41qui était mis en avant,
36:42comme le disait Amélie
36:43il y a quelques années.
36:44Et j'étais en immersion
36:46avec la commission sport
36:47au mois d'août 2024.
36:50Et donc, j'ai passé une journée
36:53althétisme, basket, natation.
36:55Et ça a été une journée
36:56assez remarquable,
36:57enfin même exceptionnelle.
36:59Et effectivement,
36:59ça a changé,
37:00y compris j'ai vu
37:01que ça avait beaucoup évolué,
37:02qu'on était plus sur la performance,
37:04moins le handicap,
37:05sauf peut-être la natation
37:06ou l'appel avec les notifications
37:08qui font qu'on va chercher
37:09quel est le handicap.
37:10C'est un peu...
37:11J'ai retrouvé le côté un peu gênant
37:12que j'avais fui au départ.
37:14Mais globalement,
37:14une ferveur du public extraordinaire.
37:17Beaucoup d'effets d'annonce aussi.
37:18Et j'ai réintégré ça
37:19dans mon rapport
37:20alors que ce n'était pas prévu au départ.
37:21Et effectivement,
37:22on s'est aperçu que,
37:22en tout cas,
37:23sur ce qui était promis,
37:25ce ne sont pas des sommes énormes
37:26mais on n'est pas
37:26à la hauteur des attentes.
37:28Y compris pas que pour le handicap.
37:29C'est-à-dire qu'on voit
37:30qu'au-delà du handicap
37:31du sportif lui-même,
37:32pour le bienveillir ensemble,
37:34il y a énormément de technologies
37:35qui peuvent avoir
37:35des incidences
37:36pour la vie de tous les jours.
37:37Et il faudrait qu'on ait
37:38cette culture-là
37:39de manière un petit peu
37:40plus diffuse à l'avenir.
37:42Donc une déception
37:42par rapport aux promesses
37:44pas vraiment tenues ?
37:45Comme Alexis Anquincan ?
37:47Peut-être sur les moyens.
37:48Je peux me permettre
37:49de donner quand même
37:50quelques chiffres.
37:51En fait,
37:51dans la perspective
37:52des Jeux de Paris 2024
37:53et ces moyens ont été maintenus,
37:55l'accompagnement
37:56de la performance paralympique
37:57a été quadruplé.
37:59C'est fois 4
37:59sur les moyens
38:01donnés par l'État
38:02pour accompagner
38:02les fédérations,
38:03pour accompagner les athlètes.
38:05Vous avez des dispositifs
38:06qui désormais sécurisent
38:07le projet de vie de l'athlète
38:08à hauteur de 40 000 euros,
38:1030 000, 20 000
38:11selon le cercle
38:12dans lequel vous l'êtes.
38:13Après,
38:13c'est sur la pratique
38:14en amateur peut-être ?
38:15Il y a des structurations
38:16qui sont en cours.
38:17Après,
38:17effectivement,
38:18avec les Jeux de Paris 2024,
38:20on n'est pas venu lisser
38:21l'entièreté des freins
38:22du parcours de vie
38:24d'une personne
38:24en situation de handicap,
38:25bien évidemment.
38:26Mais ces freins,
38:27en fait,
38:27ils sont multiples,
38:28multifactoriels
38:29et c'est pour ça
38:30qu'il faut qu'on aille
38:30encore plus loin,
38:31qu'on fasse encore travailler
38:32beaucoup plus
38:33tous les acteurs,
38:34que ce soit les collectivités,
38:36que ce soit l'État,
38:36que ce soit le mouvement sportif.
38:38Mais si on regarde
38:39ne serait-ce que 5 ans en arrière,
38:41arrêtons de dire
38:41qu'on est sur du statu quo.
38:43Est-ce que vous pensez vraiment
38:44que si on n'avait pas eu
38:45les Jeux de Paris 2024,
38:47Aurélie Aubert
38:48aurait été cité dans l'équipe
38:49pour son titre
38:50de championne d'Europe
38:51de la Boccia ?
38:52Bien évidemment que non.
38:53Ça,
38:54c'est la version optimiste.
38:55Georges Vigarello,
38:55vous avez quelle...
38:56Écoutez,
38:56non,
38:56moi je pense que c'est
38:57un phénomène majeur.
38:58Je crois que c'est un phénomène majeur.
38:59Qu'on va dans le bon sens.
39:00Ah mais bien entendu.
39:01Il y a encore du chemin, quoi.
39:02L'immense déplacement
39:03qu'ont révélé les Jeux de 24,
39:05l'immense déplacement,
39:06c'est qu'on est passé
39:06d'un regard stigmatisant
39:08à un regard qui apprécie
39:10la diversité.
39:11Et j'insiste...
39:12Voir d'admiration.
39:13Non, mais j'y reviens.
39:14J'insiste sur la diversité.
39:15Parce que la diversité,
39:17c'est également le fait
39:18de montrer qu'il y a
39:19une véritable inventivité gestuelle.
39:21Vous voyez ?
39:22Dans des personnes
39:23en situation...
39:23Pour compenser.
39:24Ils inventent de façon gestuelle.
39:26Et donc, c'est une nouveauté.
39:27Et donc, c'est évidemment
39:29que je trouve que c'est
39:30un phénomène majeur.
39:31Malheureusement, effectivement,
39:33dans le quotidien,
39:34c'est vrai, dans le quotidien,
39:35les choses ne suivent pas forcément.
39:37Les entrées de métro
39:37ne sont pas faciles, etc.
39:39Vous voyez ?
39:39Mais en revanche,
39:40c'est une rupture
39:41qui s'est effectuée
39:42et qu'il faut prendre en compte.
39:44Parce que cette rupture,
39:44elle porte aussi
39:45sur la subtilité des gestes,
39:47sur la diversité,
39:49sur le fait que le handicap
39:50revendique une normalité.
39:51C'est un changement majeur.
39:53On ne peut pas l'oublier.
39:53C'est fondamental.
39:55Mais si je peux revenir
39:56juste sur la bossia,
39:57on a fait cet hiver,
39:58puisqu'elle est aussi championne
39:59des championnes cet hiver.
40:00Et on est retourné voir
40:01une compétition de bossia
40:03classique en France.
40:04Et on a appris et découvert
40:06que grâce à Aurélie
40:08et grâce à la bossia montrée,
40:10il y a plein de jeunes gens
40:12handicapés
40:12qui ne pensaient pas
40:14pouvoir faire du sport
40:15puisque vu leur état
40:16d'handicap,
40:18ils ont découvert
40:18qu'on pouvait faire ça.
40:19Et la fédération de la bossia,
40:22ils sont débordés
40:23par les demandes
40:24et il faut trouver
40:25les structures derrière.
40:25Alors bien sûr, là,
40:26on va dire,
40:26OK, il faut leur fournir
40:27les structures.
40:28Mais il y a quand même
40:29cette envie qui a été créée.
40:30Et là, on parle de...
40:31C'était en décembre 2025.
40:33Donc ça continue quand même
40:35à créer quelque chose.
40:36Et peut-être que ça ne suit pas
40:37assez vite,
40:38mais il y a le phénomène perdu.
40:40Et par exemple,
40:41nous, on doit l'accompagner.
40:4220% de hausse de licence
40:44sur la bossia.
40:45Par contre,
40:46et effectivement,
40:46si on veut voir
40:47le verre à moitié plein,
40:48seulement 4%
40:49des structures sportives
40:50en France
40:50qui se disent en capacité
40:51d'accueillir
40:52une personne en suéso handicap.
40:53Donc c'est là où,
40:54en fait,
40:55le gap, il est.
40:56On a incité
40:58à la demande
40:58des personnes en suéso handicap
40:59parce qu'on a ouvert
41:00le champ des possibles.
41:01Maintenant,
41:01il faut vraiment accélérer
41:03sur le dimensionnement
41:04de l'offre.
41:04Mais en quelques années,
41:05voilà,
41:06on a doublé l'offre,
41:07mais on est encore
41:08très loin de quelque chose
41:09qui est diversifié
41:10et présent sur l'entièreté
41:11des territoires.
41:11Oui, parce que le milieu urbain,
41:12pour l'instant,
41:13ne répond pas suffisamment.
41:14Alors qu'une rupture
41:15a eu lieu.
41:16On rappelle les dates
41:17des Jeux paralympiques,
41:18du 6 au 15.
41:20Et bien évidemment,
41:21retour de la délégation,
41:22le 16 mars à Chamrouze.
41:24Alors à Chamrouze,
41:24pardon,
41:25on attend les Françaises
41:26et les Français nombreux
41:27pour célébrer les médailles
41:28et cette équipe...
41:294 médailles d'or,
41:30donc,
41:30dans les 4 disciplines.
41:31Dans toutes les disciplines,
41:33effectivement.
41:34Il va falloir un petit peu plus
41:35de 4 médailles d'or
41:36pour atteindre le top 4.
41:37Ah oui,
41:38plus, au moins 4 médailles.
41:39Beaucoup plus que 4 médailles d'or.
41:40OK.
41:41On passe au chrono, maintenant.
41:48Deux informations sportives,
41:50en bref,
41:50à commenter ou pas.
41:52Suivant,
41:52on va rester d'ailleurs
41:53sur les Jeux olympiques.
41:54L'équipe américaine masculine
41:56de hockey,
41:57auréolé d'une médaille d'or
41:59après sa victoire
41:59contre le Canada à Cortina,
42:01était invitée au Capitole
42:02pour écouter
42:02le très long discours
42:04sur l'état de l'union
42:04de Donald Trump.
42:05L'équipe féminine,
42:06elle n'a pas donné suite
42:07à l'invitation
42:08de la Maison Blanche.
42:09Alors,
42:09officiellement pour calendrier sportif.
42:11Pourquoi,
42:12à votre avis,
42:13David Ross,
42:13ces politiques,
42:13pourquoi Donald Trump
42:15a invité les hockeyeurs
42:16et pas,
42:17il y a eu beaucoup
42:17de médailles d'or américaines ?
42:19Quel est le signal envoyé ?
42:21J'ai arrêté
42:22de commenter
42:23les actes
42:24du président américain
42:26sur sa logique.
42:27Peut-être parce qu'ils avaient
42:29battu le Canada aussi.
42:30Ah,
42:30c'est ça,
42:31il y avait un SPG politique.
42:32Oui,
42:32c'est ça,
42:32mais ça faisait très longtemps
42:34qu'ils couvaient
42:35après la médaille d'or,
42:35mais bon,
42:36c'est ce côté très américain.
42:37En hockey particulièrement,
42:38donc il fallait les récompenser.
42:40Milan Cortina,
42:41toujours le porte-drapeau
42:42de la délégation ukrainienne.
42:43Vous en parlez
42:44il y a un instant
42:45lors de la cérémonie d'ouverture.
42:47Vladislav Eraskevitch,
42:48athlète de skeleton,
42:50a été sanctionné
42:51parce qu'il souhaitait
42:52porter un casque
42:53qui honorait
42:53plusieurs de ses coéquipiers
42:54tués pendant le conflit
42:55avec la Russie.
42:56Est-ce que c'est une injustice
42:57ou est-ce que c'est un non-respect
42:59des règles
43:00qui est justement sanctionné ?
43:01Qu'est-ce que vous en pensez ?
43:01On a vu que la présidente du CIO
43:03était en larmes
43:04pour annoncer la décision
43:05qu'elle avait prise
43:06en disant qu'elle devait
43:07respecter les règles.
43:08Donc le sport,
43:08de toute façon,
43:09il y a toujours des règles
43:10à établir.
43:10Et c'est un fil
43:13à suivre très fin.
43:15Alors peut-être que
43:16si elle l'avait autorisé
43:17tout de suite,
43:18finalement,
43:19un rebours,
43:19on peut se dire.
43:20Elle aurait autorisé,
43:21il n'y aurait pas eu
43:22ce débat autour,
43:23il aurait fait sa compète,
43:24il n'aurait peut-être pas gagné
43:25et puis ça serait passé
43:26une brève dans les journaux
43:27pour alimenter des colonnes.
43:28Là, il y a une histoire
43:29qui se crée autour de lui.
43:31Il a mené son projet
43:32jusqu'au bout
43:33et on a senti
43:34que la présidente du CIO
43:35était coincée aux entournures
43:37mais elle a eu,
43:38moi je trouve,
43:39l'honnêteté,
43:39l'intelligence
43:40de dire,
43:41voilà,
43:41je dois appliquer les règles
43:42mais voilà ce que ça me fait
43:44et de montrer son émotion
43:46devant plein de journalistes
43:47du monde entier
43:48parce que l'image
43:48est relayée dans le monde entier,
43:50ça montrait quelque chose.
43:51Alors peut-être
43:51que la fois prochaine,
43:53les règles,
43:53en tout cas,
43:54sont toujours faites
43:54pour évoluer,
43:56on y arrivera peut-être
43:57mais là,
43:58il n'y a pas de,
43:58pour le moment,
43:59pas de reproche,
44:00on était un peu coincés
44:01aux entournures,
44:02on va dire.
44:02Non, je suis évidemment d'accord
44:04avec ce que je viens d'entendre
44:04mais sur un autre plan,
44:06moi ce qui est bien agréable,
44:07c'est le fait
44:07que l'équipe russe
44:09figure en tant que russe
44:11dans les Jeux Paralympiques.
44:13Oui,
44:13mais la politique,
44:14elle s'est toujours invité
44:15dans le sport forcément.
44:15Ah bien entendu,
44:16bien entendu,
44:17mais à mon sens,
44:18la politique a toujours été là
44:20mais on peut quand même
44:21la discuter
44:21et intervenir
44:23lorsqu'elle outrepasse
44:25ce qu'on pourrait espérer.
44:27Par ailleurs,
44:27si vous permettez,
44:28cette règle sur l'article du CIO
44:29dit que normalement,
44:30il ne faut pas
44:30qu'il y ait une manifestation
44:31politique ou religieuse.
44:33Cet article n'est pas
44:34tout le temps appliqué
44:35sur les deux aspects,
44:36sur des compétitions
44:37internationales du CIO.
44:38Donc les règles
44:39ne sont pas toujours appliquées
44:40de manière aussi
44:40stricte.
44:41On passe aux prolongations.
44:49Et on joue les prolongations
44:50avec vous,
44:50Marie-Amélie Le Fur,
44:51notre grand témoin aujourd'hui.
44:53Trois titres
44:53de championne paralympique,
44:55quatre titres
44:56de championne du monde.
44:57Vous êtes la présidente,
44:57je le rappelle,
44:58du comité paralympique
44:59et sportif français.
45:00D'abord,
45:01on commence par une image
45:02à vous montrer,
45:03un petit souvenir.
45:05Ça va s'afficher normalement.
45:07Une médaille d'or
45:08que vous avez remportée.
45:09La voici.
45:10Est-ce que vous reconnaissez
45:11le moment ?
45:12Oui.
45:13Alors je ne saurais pas dire
45:14si c'est le 400 mètres
45:16ou le 100 longueurs
45:17puisque j'ai eu
45:18l'immense fierté et honneur
45:20d'être double médaillée d'or
45:21aux Jeux de Rio 2016.
45:25Des Jeux absolument magnifiques
45:27pour moi,
45:27des Jeux aboutis sportivement,
45:29mais surtout des Jeux
45:30aboutis humainement.
45:31et pour moi,
45:33c'est un moment de bascule
45:33ces Jeux-là
45:34parce qu'après mon premier
45:36titre paralympique en 2012
45:37où j'avais une pratique
45:39de mon sport très égocentrique,
45:41centrée sur ma propre performance,
45:43je prends le choix
45:43en fait de faire en sorte
45:45que ces titres
45:45impactent plus au-delà
45:47de ma propre personne
45:48et puis changer la vie
45:49d'autres personnes
45:50en situation de handicap.
45:52Et les Jeux de Rio
45:53sont le début
45:53de cette incarnation-là
45:55donc j'en suis particulièrement fière
45:57et ça a conditionné
45:58derrière mes engagements
45:59que vous avez rappelés
46:00en tant que présidente
46:01du comité paralympique.
46:02C'est quoi le titre
46:03dont vous êtes la plus fière ?
46:04C'est celui-là ?
46:05Non, je pense que le plus beau
46:07reste le premier titre paralympique
46:08parce que c'est le premier,
46:10parce qu'il y a eu
46:10l'incertitude de la victoire,
46:12parce qu'il y a eu
46:12la proximité immédiate
46:13avec mes proches
46:14puisque c'était aux Jeux
46:15de Londres 2012
46:15et parce que c'est ce titre
46:17qui a changé ma vie,
46:18ma vie d'athlète,
46:19la reconnaissance
46:20qui m'était donnée
46:21par mes pères
46:22et que ce titre
46:23il m'a conféré
46:24une capacité d'action
46:25et c'est moi,
46:26c'est ce que j'adore
46:27quand on est sportif
46:27de haut niveau,
46:28c'est que derrière
46:29si on sait s'en emparer,
46:30on peut vraiment changer
46:31des choses dans la société
46:32parce que le sport
46:33est un pilier
46:34de transformation sociétale
46:36et je pense que c'est aussi
46:37notre responsabilité
46:38en tant qu'athlète
46:39dans notre devoir
46:40de service public
46:41de s'en emparer,
46:43de sensibiliser,
46:44de développer aussi
46:45la nation sportive.
46:46Pour moi,
46:46c'est la responsabilité
46:47des athlètes de haut niveau.
46:48C'est celle que vous vous êtes fixée
46:50pour vous ?
46:50Votre responsabilité,
46:51c'est d'inspirer
46:52d'autres jeunes
46:53à faire du sport ?
46:54Et d'aider à lever les freins
46:56qu'à titre personnel,
46:57je n'ai pas connu.
46:58J'ai eu un retour
46:58au sport facilité,
47:00mes parents y ont tout de suite cru,
47:01j'ai été identifiée,
47:02je n'ai jamais payé
47:03une prothèse de ma vie
47:04parce que j'ai toujours été
47:05au bon endroit
47:06au bon moment,
47:06mais ça,
47:07ce n'est pas la réalité
47:08et on le disait tout à l'heure
47:09de ce que vivent
47:09les autres personnes
47:10en situation de handicap.
47:11Et finalement,
47:13à la fois animée
47:14par un sentiment
47:16où je devais,
47:17j'étais redevable
47:18de tout ça,
47:20de ne pas comprendre
47:21pourquoi d'autres enfants
47:22en situation de handicap
47:23ne pouvaient pas
47:25s'émanciper par le sport
47:26comme moi,
47:26j'avais pu le vivre,
47:28et bien j'ai décidé
47:28d'embrasser ce combat
47:30et ce qui me surprend
47:31le plus au quotidien,
47:32et je ne sais pas
47:32si je devrais vous le dire,
47:33mais je suis présidente
47:34du comité paralympique
47:35et sportif français.
47:36On a une partie
47:37de notre mission
47:37qui est sur les Jeux,
47:38c'est une partie extraordinaire
47:40de notre mission,
47:41mais celle en fait
47:41qui m'anime le plus
47:42au quotidien,
47:43c'est toute notre partie
47:44de développement du sport.
47:45Pourtant, moi,
47:46je suis un pur produit
47:47de la compétition,
47:47mais là où je mets
47:49le plus d'attention,
47:50le plus d'énergie,
47:52le plus d'ambition,
47:53c'est vraiment
47:54sur tout ce volet
47:54d'accès à la pratique sportive
47:56et puis après,
47:57les jeunes,
47:57ils feront le choix
47:58de la compétition,
47:59ils feront le choix
47:59des Jeux paralympiques,
48:01mais ce que je veux,
48:01c'est qu'ils aient
48:02cet éventail de possibilités
48:03devant eux.
48:04Vous avez été amputée
48:05sous le jaune gauche
48:06à l'âge de 15 ans
48:07après un accident
48:08de scooter.
48:08Le sport, pour vous,
48:10ça a été une thérapie,
48:11une revanche,
48:12une nécessité ?
48:13Comment vous le définiriez ?
48:15J'ai une image
48:16qui me permet de traduire
48:18l'effet qu'a eu le sport
48:19dans ma vie
48:20après ma situation
48:21de handicap,
48:22alors même qu'avant,
48:23j'avais un tapis rouge
48:24qui m'était déroulé
48:25parce que j'étais
48:26une jeune fille dynamique,
48:28très scolaire,
48:28je réussissais bien,
48:29que j'avais l'ambition
48:30de devenir pompier professionnel,
48:32tout ça,
48:33j'avais une voie
48:33qui était tracée.
48:34Du jour au lendemain,
48:35je vis cette situation
48:36de handicap
48:37et là,
48:38parce qu'il me manque
48:38une jambe,
48:39la société me met
48:40des chaînes.
48:41Elle me met des chaînes
48:42parce que je suis
48:42en situation de handicap,
48:43donc je ne peux pas faire
48:44parce que je dis
48:45je ne peux pas faire cela.
48:46Grâce à la pratique du sport,
48:47je me suis affranchie
48:48de cette chaîne-là.
48:50Je n'ai pas été
48:50là où la société
48:51voulait que j'aille,
48:52j'ai été là où moi
48:53j'avais envie d'aller
48:55et j'ai continué
48:56à avoir de l'ambition,
48:56j'ai continué
48:57à avoir des rêves
48:58et grâce au sport,
48:59j'ai compris
48:59que je n'étais pas
49:01moins compétente,
49:02je l'étais simplement
49:03différemment
49:03parce que mon schéma moteur
49:05il est différent,
49:05parce que mon schéma de pensée
49:06il n'est pas le même
49:07grâce à cet accident-là
49:09et je dis bien
49:09grâce à cet accident
49:11parce que ça a été
49:11des apprentissages
49:14sans le sport,
49:15je pense que je n'aurais pas
49:16eu cette détermination
49:17et on ne m'aurait pas
49:18offert les mêmes opportunités.
49:20Et vous aviez un modèle
49:20ou vous vous êtes créé
49:22votre propre modèle ?
49:23Non, j'ai eu effectivement
49:24des modèles
49:25et notamment
49:26au-delà effectivement
49:28de la place fondamentale
49:29qu'ont joué mes parents,
49:31qu'ont joué ma soeur,
49:32mon premier entraîneur aussi
49:33qui m'a remis le pied
49:34à l'étrier,
49:34c'est l'équipe de France
49:37qui à l'époque
49:38et je m'en souviens
49:38on était en 2004
49:39et bien 2004 cette fois-ci
49:43préparait les jeux
49:44d'Athènes
49:44et en fait
49:45ils étaient dans
49:45leur préparation terminale
49:47et moi petite jeune fille
49:48je viens de subir
49:49mon accident,
49:51je viens de vivre
49:51cette situation
49:52d'handicap
49:52et en fait
49:53ils nous ont ouvert
49:54les portes
49:54de l'équipe de France.
49:55Ils m'ont accueillie,
49:57ils m'ont parlé
49:57de leur quotidien,
49:59ils m'ont montré
49:59leurs gestes sportifs
50:00et je me suis dit
50:01et sans la prétention
50:03à l'époque
50:03de devenir championne
50:04paralympique,
50:05si eux le font,
50:06pour moi aussi
50:07ça va être possible.
50:08Et ils ont été disponibles
50:09pour nous
50:09dans toutes les questions,
50:11dans tout le traumatisme
50:13qu'on était en train
50:14de vivre
50:14et ils nous ont finalement
50:15guidés sur cette construction
50:17de notre propre voie.
50:19Par contre derrière
50:19ça n'a pas lissé
50:20la difficulté
50:21de trouver un club,
50:22de trouver un entraîneur,
50:23tout ça.
50:24Ça vous a donné l'élan ?
50:25Ça nous a en tout cas
50:26ouvert le champ des possibles
50:27et après on a tracé
50:28notre propre voie.
50:29D'un mot,
50:30c'est quoi le meilleur conseil
50:30qu'on vous a donné
50:31et que vous répétez
50:32à votre tour ?
50:34Pour moi c'est peut-être
50:36cette phrase
50:36qu'on avait utilisée
50:38dans le cadre
50:39d'une campagne
50:40de t-shirts
50:41pour m'aider
50:41à payer mes prothèses
50:42qui est une citation
50:44de Saint-Exupéry
50:44« Fais de ta vie un rêve
50:46et de ce rêve une réalité ».
50:47Et la fin de la phrase
50:48est essentielle
50:49parce qu'à un moment donné
50:50si dans la vie
50:51on ne se donne pas
50:51les moyens d'y arriver,
50:53on ne fait rien,
50:54on fait du statu quo.
50:55On n'est jamais sûr
50:56dans la vie
50:56de réussir quelque chose
50:57mais à minima
50:58il faut le tenter.
50:59Et je trouve que cette phrase
51:01en tout cas moi
51:01elle me guide au quotidien
51:02et j'ai vraiment envie
51:03qu'elle guide
51:04toute notre jeunesse
51:05et tous les jeunes
51:06au travers du fait sportif.
51:08Merci beaucoup
51:09Marie-Amélie Lefion,
51:10merci pour cette inspiration
51:11que vous incarnez au quotidien.
51:13On va terminer
51:14par un coup de cœur
51:14dans cette émission
51:15et notre coup de cœur
51:16cette fois-ci
51:17c'est l'événement
51:18« Glisse en cœur »
51:19qui aura lieu
51:20les 20, 21 et 22 mars
51:21au Grand Bornand
51:22au profit notamment
51:24de l'association
51:25qui s'appelle
51:25« Ma chance, moi aussi »
51:27dont on accueille
51:28dans un instant
51:29la directrice générale
51:31Fanny Bozonet
51:32qui va nous rejoindre
51:33pour nous parler
51:34de cet événement caritatif.
51:37Bonjour Fanny,
51:38bienvenue.
51:39Bonjour.
51:40« Glisse en cœur »
51:41c'est une course
51:42de ski en relais
51:43pendant 24 heures.
51:44Racontez-nous
51:44comment ça se passe.
51:45Oui, alors « Glisse en cœur »
51:46c'est l'événement sportif
51:48de la montagne.
51:49C'est un relais de ski
51:51de 24 heures
51:51qui a lieu du samedi 14 heures
51:53au dimanche 14 heures
51:54au Grand Bornand.
51:56C'est la 17e édition
51:57cette année
51:57et en quelques mots
51:59c'est 150 équipes
52:00de 10 skieurs
52:01qui se mobilisent
52:03pour à la fois
52:05passer un événement
52:06hyper festif,
52:07sportif
52:07mais aussi solidaire
52:08puisque c'est chaque année
52:09au profit d'une association
52:11et cette année
52:12on a l'honneur
52:13ma chance moi aussi
52:14d'être l'association bénéficiaire.
52:15Alors vous allez nous en parler
52:16dans un instant.
52:17Juste ces skieurs
52:17c'est quel profil ?
52:18Pourquoi ils participent ?
52:19C'est des professionnels ?
52:20C'est des amateurs ?
52:21C'est tout profil.
52:23C'est à partir de 18 ans
52:24mais voilà
52:25ce sont à la fois
52:26des sportifs
52:27un peu moins sportifs
52:29mais tout âge aussi
52:31des gens qui ont envie
52:33de participer à ce challenge.
52:3524 heures ça peut être long
52:36et en même temps
52:38par équipe
52:38ça peut aussi être
52:39très rigolo.
52:40Ça veut dire qu'on se relève
52:41à peu près ?
52:41À peu près
52:42toutes les deux heures
52:43une heure, deux heures
52:44on ski la nuit aussi
52:46donc c'est un beau challenge
52:48mais c'est surtout
52:48que ça se fait
52:49dans une ambiance
52:49très festive
52:51avec des concerts
52:52qui vont avoir lieu
52:53tout au long
52:54de ces 24 heures
52:56et des gens
52:56qui ont surtout
52:57envie de partager
52:58un chouette moment
52:59solidaire
53:00et un chouette moment
53:01convivial
53:01on est à la montagne
53:02et c'est aussi ça
53:03qui caractérise
53:04Glissant.
53:05Donc ils récoltent des dons ?
53:06Tout à fait.
53:07Ils font des appels aux dons ?
53:07En amont de ce relais
53:10il y a une course aux dons
53:11qui a lieu en ce moment
53:12toutes les équipes
53:13vont chercher
53:14dans leur entourage
53:15dans leur réseau
53:15des personnalités
53:17qui vont leur faire des dons
53:18de 10 à 5 000 euros
53:2010 000 euros
53:21on a des équipes tribus
53:22des équipes entreprises
53:24donc tout le monde
53:25peut donner
53:25et le challenge
53:27finalement
53:27c'est pas un challenge
53:28de ski
53:29le challenge
53:30c'est d'aller chercher
53:31le plus d'argent possible
53:32pour l'association bénéficiaire
53:35Alors justement
53:36l'association bénéficiaire
53:37ma chance
53:37moi aussi
53:38dont vous êtes
53:38la directrice générale
53:40elle lutte contre
53:41le déterminisme social
53:42dans les quartiers ?
53:43Oui c'est une association
53:44qui a fêté ses 10 ans
53:45l'année dernière
53:46qui accompagne aujourd'hui
53:47plus de 500 enfants
53:49en grande fragilité
53:51des enfants qui grandissent
53:52dans des familles
53:52en difficulté éducative
53:54c'est un accompagnement global
53:56c'est un programme éducatif
53:57qui comporte aussi bien
53:58du soutien scolaire
53:59que de l'éveil artistique
54:00culturel
54:01sportif
54:02citoyen
54:03l'idée c'est de donner
54:04à ces enfants
54:04qu'on prend en prévention
54:05donc à l'âge de 6 ans
54:07toutes les chances
54:08de réussir dans leur vie
54:10en tout cas
54:10de devenir des citoyens
54:11et de s'intégrer
54:12dans notre société
54:14Rétablir l'égalité des chances
54:15L'objectif de don
54:16que vous avez c'est quoi ?
54:17Eh bien c'est de battre
54:18le record de don
54:19de l'événement
54:20qui est de 864 000 euros
54:21il faut savoir
54:22qu'en 16 éditions
54:24Glissant Coeur
54:25c'est plus de 5 millions
54:26de collectés
54:27au profit d'associations
54:28et donc nous
54:29le challenge
54:30c'est de dépasser
54:31ce record
54:32on espère y arriver
54:33et en tout cas
54:33on va passer
54:34un moment assez extraordinaire
54:36Donc c'est les 20, 21
54:38et 22 mars
54:39au Grand Bordant
54:39merci beaucoup
54:40d'être venu nous en parler
54:41c'est ça aussi le sport
54:42c'est la solidarité
54:44au profit de cause
54:45et pour aider
54:46notamment grâce au sport aussi
54:48ceux qui en ont besoin
54:49merci beaucoup
54:50à tous les 4
54:51vous avez été très sages
54:52et très performants
54:53donc je vais vous offrir
54:54le numéro collecteur
54:56des 80 ans
54:57de l'équipe
54:58je crois que vous en ferez
54:59bon usage
54:59vous êtes un lecteur
55:00assidu David Ross
55:01on souhaite encore une fois
55:03un joyeux anniversaire
55:04à notre partenaire
55:05l'équipe
55:05on rappelle notre soutien
55:07à Christophe Glez
55:08ce journaliste sportif français
55:09qui a été arrêté en Algérie
55:11alors qu'il effectue
55:12un reportage
55:12et qui a été condamné
55:13à 7 ans de prison
55:14pour apologie du terrorisme
55:17évidemment
55:17on pense à lui
55:18on lui envoie
55:19notre soutien
55:19merci à vous tous
55:21merci à la régie
55:22à Pierre
55:23à Sébastien
55:24à Mathéo
55:24à Noah
55:25c'est la fin
55:25de ce 53ème numéro
55:26de sport etc
55:27et on se retrouve
55:28le mois prochain
55:29et on se retrouve
55:41à bientôt
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