00:00Drôle d'époque avec vous, Éric Revelle.
00:02Bonjour Patrick.
00:03Bonjour.
00:04Drôle d'époque parce que, vous savez, on a supprimé la taxe d'habitation.
00:09Il y a un débat actuellement, on pourrait la réintroduire.
00:12Et ce qui est assez cocasse, c'est qu'on va avoir au budget
00:16le « papa » de la suppression de la taxe d'habitation.
00:19Racontez-nous tout ça.
00:20Oui, alors, le papa, comme vous l'appelez, il s'appelle David Amiel.
00:25Il va être ministre du budget, il va donc remplacer Amélie de Montchalin,
00:28vous savez, la dame qui est partie à la Cour des Comptes.
00:32Alors, ce David Amiel, il n'est pas connu vraiment du grand public,
00:35il était ministre délégué jusqu'à présent, il a 33 ans, c'est jeune,
00:39il est diplômé de Normalsup, école prestigieuse, il a été député à 29 ans.
00:44Bon, c'est une création politique d'Emmanuel Macron qu'il avait repéré
00:48lorsque Emmanuel Macron était ministre des Finances.
00:51Alors, sur le fond, ce nouveau ministre du budget, c'est un vrai libéral,
00:54mais on lui doit l'idée, l'idée de supprimer, en 2017,
00:59il a fini par convaincre le ministre des Finances et le président de la République,
01:03donc, de supprimer cette taxe d'habitation.
01:06Alors, le ministre, le nouveau ministre, David Amiel, du budget, des comptes publics,
01:11dit que c'est quand il avait 24 ans qu'il a eu cette idée,
01:15et il l'aurait eu en lisant un bouquin de Dominique Strauss-Kahn,
01:19économiste avant tout, qui s'appelait « La flamme et la cendre ».
01:22Alors, je rappelle que la suppression de la taxe d'habitation,
01:25bon, ça a redonné un peu de pouvoir d'achat, ce qu'il a payé.
01:28Bon, on estime que c'est un gain entre 600 et 1000 euros par an et par ménage,
01:33cette suppression, mais de l'autre côté,
01:35de l'autre côté du verre, de l'autre côté de la montagne,
01:38ça a coûté au budget de l'État entre 18 et 20 milliards d'euros par an,
01:42un trou dans la caisse de plus.
01:44Oui, c'est ça.
01:45Et il y a 24 ans, il avait l'idée de supprimer la taxe d'habitation.
01:48Il avait beaucoup de recul pour savoir à quoi ça servait, évidemment.
01:50Je ne sais pas s'il l'a payé déjà, lui.
01:51Oui, alors que l'État cherche de l'argent partout aujourd'hui,
01:56est-ce qu'il est envisageable,
01:58alors ça va autant faire plaisir à certains,
02:00mais de réintroduire cette taxe d'habitation ?
02:02Alors, on n'en est pas là du tout,
02:04mais je note quand même que des voix et non des moindres
02:08s'élèvent autour de ce débat, à droite comme à gauche.
02:11Alors, à droite, par exemple, Jean-François Copé,
02:13maire de Meaux, qui a été ministre du budget aussi,
02:16a toujours estimé que la suppression de la taxe d'habitation,
02:19c'était une erreur monumentale.
02:21Donc, lui, il dit qu'il faut recréer un impôt.
02:24Si on doit recréer un impôt, c'est un impôt comme celui-ci,
02:26pour redonner de l'autonomie fiscale aux communes.
02:30Alors, à gauche, vous avez aussi,
02:31eh oui, vous avez aussi François Rebsamen,
02:34qui est l'ancien maire socialiste de Lyon,
02:36qui a été aussi ministre,
02:37qui a relancé, alors lui, carrément l'idée en 2025,
02:40d'une contribution modeste locale.
02:43Alors, ce n'est pas un retour pur et simple à la taxe d'habitation,
02:46mais une contribution modeste locale,
02:50vous voyez que ça pave le chemin d'une idée
02:52qui progresserait d'un rétablissement,
02:54d'une petite taxe pour commencer d'habitation,
02:57et peut-être plus après s'y affiniter.
02:59Oui, Rebsamen à Dijon.
03:01Oui, mais c'est ce que j'ai, maire de Dijon.
03:02Alors, le nouveau ministre du budget,
03:04qui avait milité...
03:05Le fameux David Amiel, donc.
03:06Oui, c'est ça.
03:06Et qui a milité pour la suppression de la taxe d'habitation,
03:10ou même Emmanuel Macron,
03:11est-ce qu'ils sont prêts aujourd'hui à revoir
03:15leur position sur cet impôt qu'ils avaient supprimé,
03:18alors qu'on cherche de l'argent partout,
03:19comme vous l'avez dit ?
03:20Bon, alors déjà, je ne voudrais pas être à la place de David Amiel,
03:22qui va devoir construire le budget 2027.
03:25Quand on voit celui de 2026,
03:27les déficits affichés,
03:29la difficulté de le faire voter, etc.
03:31Bon, cadeau.
03:32Mais en fait, Emmanuel Macron et son entourage,
03:35et donc y compris David Amiel,
03:37excluent,
03:38excluent officiellement,
03:39un tout retour de quelque façon,
03:42que ce soit la taxe d'habitation sur la résidence principale.
03:44Bon, évidemment, c'est une mesure symbolique du macronisme,
03:48donc revenir sur une mesure symbolique,
03:50en plus, il n'y en a pas beaucoup,
03:51de mesures symboliques sur le macronisme.
03:53Non, mais c'est vrai, parce que si vous faites le compte
03:55des mesures prises par Emmanuel Macron,
03:58qu'est-ce qu'on va retenir ?
03:59Eh bien, pas grand-chose.
04:01Donc celle-ci s'y accroche.
04:02La suppression de la taxe d'habitation.
04:03Oui, le gouvernement rappelle aussi
04:05que la suppression de la taxe d'habitation est acquise,
04:10qu'elle est compensée,
04:11enfin c'est ce que dit le gouvernement,
04:13qui répond aux élus locaux,
04:14par de la TVA et des donations aux collectivités.
04:18Mais, évidemment, j'ai la cruauté de rappeler,
04:20si vous voulez, mon cher Patrick,
04:22que les prévisions de rentrée de TVA
04:24sont tellement irrégulièrement erronées
04:27que quand vous bâtissez un budget,
04:29vous voyez, c'est comme si vous bâtissiez
04:30votre budget, vous, personnel,
04:32en ne sachant pas quel est votre niveau de recette,
04:34quel est votre niveau de salaire.
04:36Comment calculer des dépenses ?
04:37Bon, on en est là en France.
04:38Donc la TVA, on se gourre tout le temps.
04:41On a eu un truc de 40 milliards,
04:42cette année on parle de 10 milliards.
04:43Bon, j'avoue que voir le nouveau ministre du budget,
04:46donc David Amiel,
04:47je répète son nom,
04:48parce qu'il faudra s'y habituer.
04:50David Amiel se posait seulement
04:52la question pour le budget de 2027
04:54de réintroduire une forme de taxe d'habitation,
04:56ça ne manquerait pas de sel quand même.
04:58Mais, en Macronie, vous le savez,
05:01rien n'est jamais impossible.
05:02Bah, évidemment.
05:03En même temps, on peut supprimer,
05:05en même temps, on peut rétablir.
05:07Jean-François Ackéli, bonjour.
05:09Bonjour Patrick.
05:10Votre invité politique, tout à l'heure, à 8h15.
05:12Oui, c'est Marc Fénaud,
05:13le député Modem du Loir-et-Cher,
05:15qui préside le groupe Modem à l'Assemblée nationale,
05:18qui était l'ancien ministre de l'Agriculture.
05:20C'est vrai.
05:20On parlera avec lui de la crise agricole.
05:22Deux ans après,
05:24il y en a toujours au même point.
05:25Rien ne bouge.
05:26Je me souviens,
05:27il suivait Emmanuel Macron
05:29au Salon d'Agriculture,
05:30qui discutait pendant des heures et des heures,
05:33vous vous souvenez ?
05:33Et il accompagnait aussi, vous savez,
05:35le Gabriel Attal,
05:36qui était Premier ministre,
05:38avec le ballot de paille,
05:39vous vous rappelez ?
05:40Ah oui, avec Jean-Marie,
05:42qui sera l'invité de Sud Radio tout à l'heure,
05:44d'ailleurs à Milly Écartes.
05:45Voilà, on parlera de crise agricole.
05:46Voilà, crise agricole,
05:48notamment à 8h15.
05:50Tout à l'heure,
05:51Jean-François qui dit,
05:51dans un instant,
05:53eh ben oui,
05:54Éric Revelle.
05:54Oui, oui.
05:55Eh oui.
05:56Je vous plamais,
05:57je vous plamais jamais ce rendez-vous.
05:59Ah, le Maillot Revelle.
06:02Ah ben tiens, oui.
06:03Non ?
06:03Ça me dure ?
06:04Ouais, un petit peu.
06:05Je sens ça,
06:07je sens ça,
06:07je sens ça,
06:08dans un instant.
06:09Faites bien ça.
06:09Dans un instant.
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