00:00Drôle d'époque avec vous, Eric Revelle. Bonjour Eric. Patrick, bonjour.
00:03Drôle d'époque, évidemment, on en parlait tout à l'heure avec les municipales et l'abstention qui est très
00:11forte, encore plus de 40%.
00:14On se demande derrière si les gilets jaunes qui s'étaient signalés il y a quelques années ne sont pas
00:20là, en fait, derrière aussi, en se disant finalement à quoi bon voter.
00:23Et il y a une autre question autour du mouvement des gilets jaunes. En 2018, le litre d'essence était
00:29à 1,60€. Aujourd'hui, on n'est pas loin de 2€ le litre et on ne voit pas ce
00:35mouvement renaître.
00:36Oui, ça m'intéresse beaucoup, Patrick, parce que je regardais ce matin le prix du baril est repassé au-dessus
00:42des 100$, donc ça veut dire que malheureusement le prix de l'essence et du gazole va continuer d
00:46'augmenter.
00:46Donc le déclencheur du mouvement des gilets jaunes en 2018, c'était pas seulement le prix absolu. Vous vous souvenez,
00:54vous l'avez rappelé, on était à 1,60€ à l'époque, mais c'était surtout la fameuse taxe carbone
01:01qui avait été annoncée par le gouvernement d'Edouard Philippe.
01:04Alors la goutte d'eau qui avait fait déborder le vase des gilets jaunes, si j'ose dire, c'était
01:08la mise en place de cette taxe supplémentaire, 6,5€ sur le gazole à l'époque et 4 centimes de
01:15plus sur l'essence.
01:15On était en 2019, et cela après plusieurs hausses déjà sur le prix de nos carburants. Alors les gens, les
01:23gilets jaunes, d'où le mouvement déclenché, avaient le sentiment que l'État choisissait délibérément de les taxer davantage pour
01:30des raisons écologiques,
01:32alors qu'à l'époque, le pouvoir d'achat stagnait ou baissait. Alors ce qui est incroyable, c'est qu
01:38'on parle de l'augmentation du prix de l'essence et du gazole en ce moment,
01:42mais vous savez qu'à partir du 1er janvier, depuis le 1er janvier dernier, sans que ça fasse de vagues
01:48en France, le gouvernement Lecornu a imposé des certificats écologiques
01:55qui ont augmenté déjà mécaniquement, avant même le déclenchement de la guerre en Iran, le prix de l'essence de
02:014 à 6 centimes.
02:01Oui, voilà, c'est une taxe qui doit servir à financer la transition écologique.
02:09Oui, mais tout comme la taxe carbone à l'époque devait financer cette transition.
02:13C'est vrai, c'est vrai. Quelle différence alors avec cette brutale augmentation du prix des carburants ?
02:17Le pouvoir d'achat ne suit pas et pourtant pas de mouvement populaire autour des ronds-points avec des gilets
02:23jaunes.
02:24Désabusé ?
02:25Alors désabusé, sans doute, mais surtout je pense que c'est la grande différence avec ce qu'on avait vécu
02:30en 2018 et l'émergence du mouvement des gilets jaunes,
02:33c'est qu'aujourd'hui, en 2026, la hausse très brutale du prix de l'essence, elle est due quasi
02:39exclusivement à quoi ?
02:41Eh bien, au cours du pétrole, qui sont liés à la guerre en Iran.
02:45Donc ce n'est pas une nouvelle taxe gouvernementale française, psychologiquement évidemment ça change tout.
02:51On ne peut pas accuser directement Emmanuel Macron ou le gouvernement d'être responsable de l'augmentation du prix de
02:57notre gazole
02:58ou du prix de notre essence, même si encore une fois, je le redis, parce que ce n'est pas
03:02ces crèmes, comme disent les jeunes.
03:04La mise en place au début de l'année de ces certificats écologiques décidés par l'État, vous avez raison,
03:09c'est une taxe supplémentaire,
03:11sans qu'il y ait eu de réaction de la rue, comme si le peuple était, vous avez dit, désabusé,
03:16moi je dirais, anesthésié.
03:17Est-ce que la colère des anciens gilets jaunes s'est retrouvée tout de même dans le vote de dimanche,
03:23pour le premier tour des élections municipales, et en faveur de qui ?
03:26Alors, j'ai essayé de fouiller un peu, c'est difficile de dire s'ils ont voté RN et LFI
03:29ou pour des partis de gouvernement,
03:30mais en revanche, dans ce qu'on a pu regarder de près, les anciens gilets jaunes,
03:36ceux qui n'ont pas réintégré les partis classiques,
03:40ils se sont plus abstenus au municipal que la moyenne nationale,
03:45tant en 2020 que lors de ce premier tour, dimanche dernier, en 2026.
03:50Alors, à mon sens, ça vient de plusieurs choses.
03:52Un, les gilets jaunes, ils ont historiquement, j'allais dire, une défiance profonde envers les institutions et les partis politiques.
03:59C'est pour ça qu'ils étaient hors partis politiques, officiellement, ce mouvement des gilets jaunes en 2018.
04:04Il y a un rejet du système électoral classique, ils l'ont souvent dit.
04:08Il y a une fatigue, ils sont désabusés, vous l'avez dit.
04:11Et puis, il y a autre chose, c'est que les élections municipales, pour les gilets jaunes, j'allais dire
04:15les purs et durs,
04:16ceux qui étaient en solidarité sur les ronds-points, les municipales,
04:20ça n'aborde pas les thèmes nationaux qui les animaient en 2018,
04:23qui sont le pouvoir d'achat, ou par exemple, le référendum d'initiative citoyenne.
04:29Et pendant ce temps, la France continue quand même de s'appauvrir.
04:33Ah bah oui.
04:34Ça, vous l'avez dit, vous le répétez en fait.
04:36Oui, c'est vrai, quand on regarde les statistiques, c'est tout à fait vrai.
04:39Merci, et puis évidemment, sur le vote, on en parlait, notamment dans des petites communes,
04:45c'est vrai, Félix Mathieu le disait, il reviendra à 10h de la fin du panachage.
04:49Et c'est passé un peu crème, bien sûr, quoi.
04:52Alors que, localement, dans des petites communes, il pouvait y avoir une liste en fait complète,
04:56une un peu moins complète, et ça permettait à certains de se lancer.
04:59La fin du panachage, Patrick, et aussi la question de la parité.
05:02Alors c'est bien que...
05:02Non mais, la fin des panachages, c'est lié.
05:04C'est-à-dire qu'évidemment, il ne pouvait plus y avoir de panachage,
05:07parce que sinon, on ne se retrouvait plus avec la parité.
05:10Donc vous vous retrouvez avec une liste.
05:12Résultat, on a...
05:13Bah oui, et localement, on ne pouvait plus faire de politique, de campagne,
05:17ça ne servait plus à rien.
05:18Voilà, c'est ça en fait, le terrain, la réalité,
05:21qui n'est pas dite d'ailleurs souvent dans beaucoup d'autres médias.
05:24Nous, on va sur le terrain...
05:25Un très grand nombre d'électeurs se plaignent de cette nouvelle règle,
05:28qui est insupportable.
05:30Jean-François Akili, on vous entend, votre idée politique.
05:34Bonjour, tout à l'heure, à 8h.
05:35Julien Audoul, le député rassemblement de Lyon et porte-parole du RN,
05:39qui va évidemment porter un regard sur tous ces accords,
05:43finalement, à gauche, avec LFI dans un grand nombre de villes,
05:46et de son côté, le RN, zéro accord.
05:49On va se demander pourquoi ça ne marche pas sur l'autre rive.
05:52Ça, c'est vrai.
05:53Zéro accord.
05:53Tout à l'heure, donc, à 8h15.
05:55Juste avant, je vous conseille de rester aussi à l'écoute.
05:58Elisabeth Lévy sera avec nous, avec une décision de justice assez incroyable,
06:01qui vient d'être rendue, et qui complique la lutte contre les narcotrafiquants.
06:06Ça les bloque même sur la récupération des biens.
06:09C'est une décision du Conseil constitutionnel.
06:11On verra tout ça à 8h15.
06:13Dans un instant, le Radio Réveil de Régis Maillot.
06:17Restez bien.
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