00:00Je salue nos invités, Joseph Massé-Scaron est là. Bonsoir, Rachel Kahn, nous sommes avec Alexandre Devecchio.
00:05Le commissaire Frédéric Lauve nous a rejoint. Bonsoir à vous, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale,
00:12Eric Lebel.
00:13Alors on va commencer par ce qui s'est passé au salon de l'agriculture. On va évidemment évoquer la
00:16mort de Quentin, l'enquête qui est en cours,
00:18cette manifestation aussi de samedi. Commissaire, mais juste ce qui s'est passé au salon d'agriculture, avec cette bagarre
00:24générale,
00:25avec 15 personnes en garde à vue, avec des stands ravagés, des couteaux qu'on sort. On a l'impression
00:32que notre pays perd la tête,
00:34qu'où que l'on soit on peut se faire agresser, on peut avoir des incidents. On va tout de
00:38suite rejoindre, parce qu'on est en pleine vacances scolaires,
00:40je rappelle qu'il y a des enfants qui tous les jours viennent dans les allées du salon d'agriculture,
00:44Tancrede Guillotel et Axel Rebeau sont au salon.
00:48D'abord, bonsoir à tous les deux. Qu'est-ce qui s'est passé hier ? Est-ce que l
00:51'ambiance est meilleure aujourd'hui ?
00:56Oui, l'ambiance est définitivement meilleure. Elle est revenue au calme ici, et vous l'avez dit tout à l
01:00'heure dans votre édito,
01:01c'est un crachat qui a été à l'origine de cette altercation entre des exposants ici au salon de
01:07l'agriculture,
01:08Porte de Versailles, et une vingtaine d'individus alcoolisés qui, selon une source policière,
01:14seraient issus de la communauté des gens du voyage. L'un d'entre eux aurait visé le stand de vente
01:19de nougat,
01:19provoquant la colère des employés. L'un d'eux aurait protesté, selon le parquet, avant d'être frappé.
01:27Des couteaux ont été brandis de part et d'autre, au moins l'un d'eux étant un couteau de
01:32découpe de nougat,
01:32un couteau non affûté donc. Mais le responsable de ce stand a au moins été atteint d'un coup de
01:39plancheur la tête.
01:39La préfecture de police parle de Rix, mais l'un des témoins de la scène que nous avons pu interroger
01:46ici
01:47parle de lui d'une véritable agression. Au final, les forces de l'ordre ont interpellé 15 personnes
01:53et selon la préfecture de police, un policier et un gendarme ont été légèrement blessés.
01:58Aujourd'hui, l'atmosphère était calme et même festive maintenant, alors qu'on approche bientôt de la fermeture du salon
02:06pour aujourd'hui, ils ont un peu moins d'une heure maintenant, mais des patrouilles de police sont tout de
02:10même présentes ici
02:11et la sécurité du salon également.
02:14Merci beaucoup, Tancredi Hôtel. C'est vrai que les bras nous entombent, Méric Revelle.
02:18Au salon de l'agriculture, il y a des bagarres.
02:21Pour ceux qui ont déjà été au salon...
02:23Brigitte Fontaine, on ne reviendrait pas.
02:25Quand vous rentrez au salon de l'agriculture, vous avez l'impression que vous rentrez dans un havre de paix.
02:30Moi, ça m'a toujours fait cette sensation. Il y a des animaux, il y a une ambiance, il y
02:34a des odeurs de fromage,
02:36de paille, des...
02:37Et là, vous vous apercevez que ce havre de paix, il peut être tout d'un coup en proie à
02:42des violences.
02:43Moi, je n'avais jamais vu ça au salon de l'agriculture.
02:46Alors, ce qui est vrai, c'est que chaque soir, quelques intervenants, quelques exposants,
02:52fête assez fortement, mais là, visiblement, ce sont des éléments venus de l'extérieur.
02:57Donc, c'est souvent assez festif, mais là, si ce sont bien des gens...
03:01des gens du voyage, moi, je n'avais jamais vu une telle violence au salon de l'agriculture.
03:07Commissaire, vous aviez déjà vu ça au salon de l'agriculture ?
03:0915 personnes en garde à vue, un policier blessé, un gendarme en civil blessé ?
03:13Non. On a chaque année environ au salon de l'agriculture, je crois, 6 à 800 000 personnes qui viennent.
03:19Vous imaginez ? C'est très dense.
03:21C'est un événement familial.
03:22C'est la fête de la ruralité.
03:25Ça illustre la banalisation, pour un oui, pour un non, de cette violence.
03:30Parce que vous avez des personnes qui peuvent être ivres, mais pas violentes,
03:32ou contenues par leurs voisins.
03:35Donc, c'est infiniment triste.
03:38C'est arrivé que, sur des cortèges politiques, on l'a vu avec le président Macron,
03:44il y a deux ans, qu'il soit bousculé.
03:46Ah, dans le salon.
03:47Mais là, ce n'était pas pareil.
03:47Là, c'est une rixe, mais encore une fois, ça démontre que la violence prospère un petit peu de partout.
03:53Je voulais quand même rendre hommage aux policiers qui sont intervenus dans un espace confiné,
03:58dans lequel vous avez des familles, et qui ont réussi à interpeller 15 personnes pour les mettre en garde à
04:04vue.
04:04Maintenant, il va falloir, avec la vidéo protection, la vidéosurveillance,
04:09bien déterminer l'imputabilité des faits.
04:11Mais ils sont intervenus courageusement, et ont fait preuve d'un grand professionnalisme.
04:15Parce qu'honnêtement, ça aurait pu très mal se passer, Joseph Pascarbon.
04:19Des coutons ont été sortis, alors visibilement des outils aussi pour découper le nougat.
04:24Ça aurait pu se terminer autrement qu'avec jusqu'à 15 interpellations.
04:28C'est ce que vous avez dit, plus d'endroits où on peut s'estimer être en paix, ou calme,
04:33ou en harmonie tout simplement.
04:35Bon, Pérel, ce qui me fragelle.
04:37C'est effectivement, on se souvient tous, ou même enfants, d'aller avec ses grands-parents ou ses parents au
04:42salon de l'agriculture, etc.
04:44Voilà ce qu'on transmet à nos enfants.
04:46Et juste, c'est quand même cette plus grande ferme du monde, le salon de l'agriculture,
04:51la preuve que les moutons ne sont pas forcément bien gardés.
04:54Exactement.
04:54Ah oui, et puis ça, ça me rappelle ce qu'a dit Emmanuel Macron, il avait dit ça à Mme
04:57Mélanie.
04:58Alexandre Devecchio.
04:58Non mais, moi je mets un peu le couteau de Nougat de côté, parce que peut-être que la personne
05:03s'est défendue avec ce qu'elle avait sous la main.
05:05Mais d'autres sont arrivés visiblement avec des couteaux, ont échappé au contrôle.
05:09Et quand on va dans ce genre d'endroit avec des couteaux, ça montre quand même une baladisation de la
05:13violence.
05:14Et effectivement, je ne fais que répéter ce qui a été dit, mais il n'y a plus un seul
05:17endroit sur le territoire où on peut se dire,
05:19on est en sécurité, c'est paisible, on vient avec nos enfants, il ne nous arrivera rien.
05:24Donc ça, c'est quand même dramatique pour notre pays, c'est un symbole.
05:27Un témoin de ce qui s'est passé, qui raconte exactement le déroulé des faits.
05:32L'un des gens du voyage, juste derrière, pris d'alcool pour confiance en lui, a attrapé un couteau pour
05:39couper le Nougat,
05:40qui heureusement, messieurs-dames, ne sont pas affûtés, heureusement.
05:44Et là, on voyait dans la jambe, d'abord amenacés, bras levés comme ça.
05:48Et heureusement, ça n'a pas coupé, donc il a regardé tout de suite.
05:51Il a eu peur, c'est normal.
05:53Et ensuite, tous les gens, du voyage, ils ont attrapé les planches, les machins,
05:57et puis ça a commencé à voler dans tous les sens.
05:58On s'est même dit, est-ce qu'on ne va pas recevoir ?
06:00Donc ça arrivait, ça a éclaté sur les têtes, les planches cassaient net.
06:04Heureusement, sinon on partait sur un trauma crânien.
06:06– Oui, un trauma crânien, et là, c'était évidemment une autre affaire, commissaire Loz.
06:10Votre livre, c'est « Insécurité, stop à la descente aux enfermères ».
06:12On a l'impression que, comme je le disais, tout est vraiment, c'est une espèce de fuite en avant.
06:19On règle tout, n'importe quel incident, on le règle à coup de poing, de couteau, de pied, dans la
06:27tête.
06:27On ne peut plus parler ? On n'arrive plus à se parler dans ce pays ?
06:29– Écoutez, non, on n'arrive plus à se parler, et puis malheureusement, vous avez des pyromanes aussi,
06:35on l'a vu, sur la mort de Quentin, qui polarisent le débat public,
06:41et qui font qu'on ne peut plus parler, qui procurent une légitimation intellectuelle à cette violence,
06:47et c'est extrêmement dangereux, parce qu'il faut se souvenir que dans les années 30,
06:51les groupes fascistes ou les groupes communistes semaient la violence,
06:55avaient adopté la violence comme étant quelque chose de légitime,
06:58donc d'illégitimer l'État, et puis petit à petit, semer la terreur,
07:03et une forme de terrorisme intellectuel, et puis petit à petit,
07:09l'ennemi est évidemment caricaturé, et la violence est quelque chose de banal.
07:16Il faut qu'on se reprenne, parce que c'est extrêmement dangereux,
07:19même si je note que la manifestation en hommage à Quentin,
07:25il y a eu très peu de monde et il n'y a eu aucun incident.
07:27– Et on va y revenir dans un instant, un tout petit mot, commissaire Lowe,
07:30à Perpignan, on a appris qu'une enquête a été ouverte après l'agression de 3 policiers par 30 individus.
07:35– Oui.
07:35– 3 policiers, 30 individus, alors qu'ils tentaient d'interpeller,
07:38évidemment un homme en possession de stupéfiants, il n'y a pas encore eu d'arrestation dans le dossier,
07:42mais quand même 3 contre 30, aujourd'hui c'est le ratio pour les policiers,
07:48c'est ça qu'ils affrontent tous les jours sur le terrain ?
07:52– Et ce qui est grave, ce n'est pas que ça soit produit, c'est la banalisation.
07:57On a de la chance là aussi d'avoir des policiers courageux qui ont tenu le terrain,
08:01il s'agit d'un individu qui avait des pochons de cocaïne qui roulaient vite,
08:04on est en plein centre-ville de Perpignan,
08:08là où sont très présentes différentes communautés dont les gens du voyage,
08:11lorsque les policiers courageusement ont voulu contrôler, maîtriser ce conducteur avec ces stupéfiants,
08:19il a rameuté du monde, ils sont venus et par derrière ils sont pris des coups de fer,
08:24des coups de barre de fer, de bâton, on a 3 policiers blessés dont une policière,
08:29l'enquête est en cours, mais là aussi effectivement c'est encore une nouvelle illustration du fait que ça dérape,
08:37ça a dérapé.
08:38Allez, petite pause, on se retrouve dans un instant, on va évoquer l'enquête qui se poursuit après la mort
08:42de Quentin,
08:42cette manifestation de samedi, et puis la réunion demain à l'Elysée autour d'Emmanuel Macron
08:47pour évoquer les groupes d'action violents, 3 seront dissous a priori demain, à tout de suite dans Punchline.
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