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  • il y a 11 heures
Sophie Blondel, directrice générale et cofondatrice de FoxBio, était l'invitée de Laure Closier dans French Tech, ce jeudi 12 février. Elle s'est penchée sur un traitement contre les maladies inflammatoires chroniques, et une levée de fonds de 44 millions d'euros pour développer ses activités, dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00On est avec Sophie Blondel, bonjour, vous êtes la directrice générale et cofondatrice de Fox Bio.
00:05Vous avez un parcours super intéressant, vous êtes docteur en pharmacie et en biologie moléculaire.
00:09Vous avez travaillé pendant deux ans et demi à Nice pour une biotech américaine sur des thérapies cellulaires
00:14capables d'apprendre au système immunitaire à se guérir lui-même.
00:17Vous allez nous expliquer ça dans un instant, mais ça n'intéressait plus les Américains.
00:20Ils ont laissé tomber, vous avez repris les brevets, vous, pour développer votre boîte qui s'appelle Fox Bio.
00:26Et vous êtes en train de lever 44 millions d'euros. C'est très bien engagé aujourd'hui. Est-ce
00:30que j'ai tout bien résumé ?
00:31Absolument, vous avez tout compris. Donc Fox Bio, on a créé la société l'année dernière sur la base d
00:37'une reprise d'actifs d'une société
00:38qui arrêtait les développements pour des raisons économiques, mais pas du tout pour des raisons d'efficacité.
00:43Les médicaments fonctionnaient très, très bien. Et nous, sur cette base-là, on s'est dit qu'on reprend ces
00:47actifs
00:47pour développer des médicaments qui traitent l'inflammation et plus spécifiquement les maladies inflammatoires chroniques.
00:54Mais si eux, ils n'ont pas réussi à lever des fonds, vous vous êtes dit « moi, je vais
00:56y arriver ».
00:57En fait, ils avaient une stratégie complètement différente de la nôtre.
01:00C'était une très grosse société pharmaceutique qui développait plus d'une quinzaine de médicaments en parallèle
01:05avec des technologies différentes qui nécessitaient des installations différentes.
01:10Nous, on se refocalise sur une seule et unique molécule qu'on va développer nous-mêmes, en effet.
01:17Alors cette technologie ?
01:17Alors c'est ça, la cible, c'est la maladie de Crohn principalement.
01:20C'est ça, donc les maladies inflammatoires. Et si je résume, mais vous allez mieux l'expliquer que moi,
01:25jusqu'ici, on utilise des traitements qui vont essayer de calmer l'inflammation,
01:28donc éteindre l'incendie un petit peu.
01:30Et vous, vous avez un traitement qui va apprendre au corps, en fait, à se réparer, à se guérir.
01:35C'est ça le principe ?
01:35Absolument. En fait, on a une approche qui est beaucoup plus naturelle.
01:38C'est-à-dire que le patient va venir, on va lui faire une prise de sang un petit peu
01:42plus longue que d'habitude.
01:43On va prélever ses globules blancs.
01:44Les globules blancs, c'est les policiers de l'organisme qui nous défendent contre les bactéries, contre les virus.
01:50Et dans ces globules blancs, on va prendre une sous-population de cellules qu'on appelle des lymphocytes t-régulateurs.
01:55Et ces cellules, on va les modifier génétiquement, les augmenter, leur donner une sorte de super-pouvoir.
02:01C'est une antenne GPS qu'on leur met à la surface et on les réinjecte dans l'organisme.
02:05Et naturellement, ces cellules vont aller migrer vers le site inflammatoire
02:09et aller discuter avec toutes les cellules de l'immunité pour stopper l'inflammation.
02:15Ah oui, donc en plus, c'est hyper localisé parce que les anti-inflammatoires, sinon, ça agit sur tout le
02:18corps, en fait.
02:18L'avantage, c'est que là, c'est très très précis.
02:21C'est un médicament qui est personnalisé, qui est ciblé et qui nécessite une seule et unique injection.
02:26C'est là le différentiel par rapport à tout ce qu'on voit sur le marché.
02:29Habituellement, les malades qui souffrent de la maladie de Crohn ou de la polyarthrite rhumatoïde,
02:33du lupus, la spondylarthrite ankylosante, ce genre de maladies,
02:38c'est un traitement quotidien ou alors une injection toutes les 6 à 8 semaines.
02:41Nous, on arrive avec un traitement où c'est une seule et unique injection.
02:44Et parce qu'après, votre corps va refaire les bons globules blancs qui vont continuer de cibler ?
02:49C'est-à-dire qu'après, ils travaillent tout seuls ?
02:50C'est un peu ça.
02:51En réalité, on a fait un premier essai clinique qui a montré un peu le mécanisme d'action.
02:54En tout cas, on a des premiers éléments qui nous permettent de comprendre
02:57comment se comportent les cellules une fois qu'on les injecte.
03:00En fait, une fois qu'elles arrivent au site inflammatoire,
03:02elles vont recruter d'autres cellules de l'organisme,
03:05donc d'autres lymphocytes T régulateurs,
03:07qui vont venir soutenir les cellules médicaments qu'on injecte.
03:10C'est vraiment un recrutement.
03:12En fait, elles sécrètent des chimioquines, des molécules chimiques
03:15qui vont les appeler, elles vont arriver,
03:17et du coup, elles vont diminuer l'inflammation.
03:19Voilà, la promesse, elle est géniale,
03:20surtout que la maladie de Crohn, c'est quand même très, très handicapant.
03:23Et donc, je pense que ceux qui nous écoutent et qui en souffrent,
03:25forcément, ça doit les intéresser.
03:27La mise sur le marché potentiel, c'est quand on en est où ?
03:30Est-ce qu'on a commencé les essais cliniques
03:31ou on est vraiment dans la deep, deep tech ?
03:33Alors, on a commencé un premier essai clinique
03:35avec la société avec laquelle,
03:37là où j'ai récupéré les brevets, en réalité.
03:40Et le premier essai clinique a été réalisé sur plusieurs patients
03:43dans le rejet de greffe rénale.
03:44Et on a montré 80% d'efficacité
03:47et absolument aucun effet indésirable lié au traitement,
03:50puisqu'on part des cellules du patient et on les réinjecte.
03:52Donc, il n'y a pas de risque de rejet associé.
03:54Et l'approche est extrêmement naturelle.
03:57Mais là, c'est autre chose d'avoir le rejet de greffe par rapport à...
04:00Non, c'est le même mécanisme, en fait ?
04:02En fait, le mécanisme,
04:03c'est un mécanisme inflammatoire qui est commun, en fait,
04:06à toutes les maladies inflammatoires que je vous ai citées précédemment.
04:10Donc, en fait, le médicament, il peut être administré, en effet,
04:11dans le rejet de greffe,
04:12mais dans toutes les autres maladies inflammatoires chroniques.
04:15C'est là le gros potentiel que nous, on a vu
04:16quand Sangamo a arrêté le développement de ces médicaments.
04:19On s'est dit qu'il y a un potentiel.
04:21On va se lancer dans la maladie de Crohn
04:22parce qu'il y a un vrai besoin médical non couvert.
04:24Il y a plus de 30% de patients qui ne sont pas adressés.
04:27Et donc, on part avec ce bagage,
04:31ces éléments cliniques qu'on a déjà générés
04:33pour repartir sur un nouvel essai clinique
04:35sur des patients à l'atteinte de maladie de Crohn.
04:37Mais on voit dans l'histoire de votre société
04:39à quel point, quand même,
04:40si vous manquez de fonds, ça s'arrête.
04:43Même si, potentiellement, vous y croyez.
04:45Même si les essais sont concluants.
04:48Là, je le disais, 44 millions d'euros.
04:50Vous avez déjà sécurisé combien ?
04:51Il vous manque combien ?
04:52Vous avez besoin de quoi ?
04:53C'est le bon endroit, là, pour parler de ça.
04:55Alors, en réalité, on monte deux levées de fonds
04:59un peu parallèles.
05:00La première, la série A que vous mentionnez
05:02de 44 millions d'euros.
05:03Donc là, on s'adresse à des venture capital.
05:06On va avoir des grosses banques d'investissement
05:08qui financent le risque, essentiellement aux Etats-Unis.
05:11On a beaucoup, beaucoup d'interactions
05:12avec les banques américaines, un petit peu en Europe.
05:15La BPI aussi, un peu ?
05:16Et la BPI également.
05:17En fait, la BPI soutient énormément
05:20les sociétés de biotechnologie comme les nôtres
05:23et essaye de promouvoir l'innovation
05:25sur le territoire français.
05:26Et nous, on avait vraiment vocation
05:28à se relocaliser en France
05:30pour réactiver l'écosystème,
05:32même la filière industrielle de biotechnologie
05:35qu'il y a sur le territoire.
05:36Et à côté de ça, on lève aussi une petite levée
05:39en BSA, en bon de souscription d'action,
05:41pour que n'importe quel particulier
05:43ou entreprise puisse venir financer notre société
05:46en attendant la fin de la série A
05:47qui prend énormément de temps.
05:49Vous parliez de la filière biotech sur le territoire.
05:51La localisation est intéressante aussi.
05:52Vous êtes à Grasse.
05:54Alors, on a découvert avec...
05:55Grasse Biotech.
05:56Grasse Biotech, c'est ça.
05:57Il y a un pôle d'excellence,
05:58un peu le Boston français,
06:00où Boston, c'est la ville américaine
06:02où toutes les entreprises de santé vont.
06:04Il y a vraiment un pôle d'excellence.
06:05C'est un peu l'équivalent, du coup, en France ?
06:07Exactement.
06:08On a, alors, en plus petite mesure,
06:09parce que le territoire est quand même moins densifié
06:12au niveau des activités de biotech,
06:14mais c'est quelque chose qui est en train
06:15de vraiment de prendre de l'envergure.
06:16Jusqu'à maintenant, on identifiait Grasse
06:18avec le parfum, la cosmétique fine, etc.
06:21Aujourd'hui, ils ont vraiment envie
06:22de dynamiser le territoire
06:23avec des sociétés pharmaceutiques,
06:25des sociétés de biotechnologie
06:26qui développent d'autres technos
06:28qui sont complémentaires.
06:29Et l'idée, c'est vraiment,
06:31là, nous, avec Fox Bio,
06:33de s'implanter sur le territoire
06:34pour développer le laboratoire
06:36et puis ensuite s'étendre
06:38avec probablement une usine de bioproduction, etc.
06:40Et on a un accueil extrêmement chaleureux
06:42de la région PACA
06:43et de la communauté d'agglomération de Grasse.
06:46Merci beaucoup, Sophie Blondel,
06:47d'être venue ce matin dans la matinale
06:49de l'économie directrice générale
06:50et cofondatrice de Fox.
06:51Alors, moi, je dis Fox Bio,
06:52mais vous dites Fox Bio.
06:54C'est comme ça qu'on dit.
06:54Oui, après, on travaille beaucoup à l'international, oui.
06:56C'est pour ça.
06:57Alors que moi, très peu.
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