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  • il y a 11 heures
L'AFNUM formule 8 propositions pour diviser par deux les délais d'implantation des infrastructures numériques en France. Stella Morabito, directrice générale, détaille les mesures pour passer de 5-7 ans à 3 ans : simplifier, accompagner, accélérer.

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Transcription
00:04L'interview aujourd'hui est avec Stella Morabito. Bonjour Stella.
00:08Vous êtes la directrice générale de l'AFNUM, qui regroupe les industriels de la filière des infrastructures numériques.
00:13Vous formulez 8 propositions pour accélérer sur le développement de centres de données en France.
00:19Alors ma première question, c'est que vous n'êtes pas satisfait aujourd'hui de la marche ?
00:25Parce qu'on a quand même vu Anne Le Hénanf, la ministre du numérique et de l'IA, tenir une
00:30conférence des rencontres sur les centres de données.
00:33C'était il n'y a pas si longtemps, c'était fin janvier. Elle a réuni justement la filière à
00:36Bercy.
00:37Elle a annoncé qu'on avait 63 sites identifiés comme adaptés à l'implantation de centres de données.
00:43Elle a parlé de 26 sites qui étaient déjà sécurisés par un porteur de projet.
00:47Sur les 13 porteurs de projet qui ont formulé des annonces depuis le sommet l'année dernière,
00:52eh bien il y aurait 75%, même plus de 75% déjà sécurisés.
00:57On a le président de la République qui avait annoncé justement les dernières quand même un montant d'investissement important
01:01sur le développement des infrastructures.
01:03Donc vous, près d'un an plus tard, vous dites, bah non, ça ne va pas encore assez vite ?
01:08Oui, c'est ça. En fait, nous avons été présents à ces rencontres avec la ministre.
01:13Donc effectivement, c'est des bonnes nouvelles.
01:16On est absolument sur la bonne voie, donc je ne dirais pas qu'on est en retard, pas du tout.
01:20D'accord.
01:21Mais c'est sûr que si on veut effectivement positionner la France et un peu la volonté comme acteur central
01:28du numérique,
01:29pas seulement en Europe, mais même au niveau mondial, eh bien oui, il ne faut pas s'endormir sur ses
01:34lauriers.
01:35Et aujourd'hui, ce que l'on constate, c'est qu'il y a encore quand même des freins.
01:39D'ailleurs, on en a parlé lors de ces rencontres qui ont été très bien organisées.
01:44Je dois dire, je fais un petit encart parce qu'on est très contents du fait que déjà, le travail
01:49du gouvernement se fasse en mode task force.
01:52Donc vous avez la direction générale des entreprises qui travaille avec la RTE, les énergéticiens, on va dire plus largement,
02:00et puis avec Business France, donc les financeurs.
02:03Et on a pu, pendant ces rencontres, échanger justement et trouver effectivement qu'on avait des points de blocage qu
02:10'on constatait de manière commune.
02:12Qui n'avaient pas encore été identifiés ?
02:15Si, ils avaient été identifiés.
02:17Et justement, l'idée de nos huit propositions, c'est de dire, maintenant, comment on passe à la phase d
02:22'après ?
02:23C'est-à-dire, comment on dépasse ?
02:24Quel est le principal point bloquant, selon vous ?
02:26Eh bien, le principal point bloquant pour l'instant, en dehors de la coordination administrative qui sera nécessaire,
02:33et on fait aussi des propositions là-dessus, reste le raccordement électrique.
02:37Et on en a beaucoup discuté, effectivement, avec les représentants de RTE qui étaient aussi présents à ces rencontres.
02:46Parce que c'est long, c'est ça ?
02:47C'est long.
02:49Alors, d'abord, vu de leur point de vue, on a subi une phase de désindustrialisation importante en France comme
02:55ailleurs.
02:56Mais forcément, reconstruire des lignes électriques de haute puissance des 400 000 volts,
03:02eh bien, la RTE nous disait, ça peut prendre jusqu'à 10 ans, et pas qu'en France.
03:06C'est la même situation aux États-Unis, voire en Allemagne.
03:11Donc, il y a un problème industriel de fond.
03:14Et une fois que ces lignes sont tirées, il y a un problème de...
03:19Parce qu'il y a quand même de la disponibilité, aujourd'hui.
03:21Absolument. Mais, en fait, la problématique, c'est arriver à comprendre l'articulation des besoins des data centers.
03:29Parce que, notamment, les opérateurs de data centers, ceux qui les construisent,
03:35en fait, envisagent la capacité totale dont ils auront besoin une fois que le projet est en ordre de marche
03:42global.
03:43Sauf que la montée en charge se fait progressivement.
03:46En fait, vous n'avez pas besoin, au début, typiquement, pour donner un exemple,
03:51un data center qui démarre a besoin de 5 mégawatts.
03:54Mais, son besoin final sera de 30.
03:58Donc, c'est toute la difficulté, de part et d'autre, puisque...
04:01Est-ce qu'on attend d'avoir les 30, c'est ça ?
04:04En fait, aujourd'hui, vous êtes obligés...
04:06Enfin, les énergéticiens sont obligés de vous mettre à disposition la capacité totale,
04:11à ce qu'ils ne peuvent pas faire lorsque c'est des capacités importantes, comme 30 mégawatts d'un coup.
04:16Ils voudraient pouvoir monter en puissance progressivement.
04:19Ça tombe bien, nous aussi.
04:21Puisque, nous aussi, nous n'avons pas besoin d'avoir toute la capacité.
04:26Mais, aujourd'hui, on est pénalisé, on paye des pénalités,
04:28si on s'engage pour la capacité totale et qu'on ne l'utilise pas immédiatement.
04:33Intéressant.
04:33Voilà.
04:34Donc, je pense que c'était une bonne chose, dans ces rencontres,
04:39de se rendre compte que le phasage entre les deux parties,
04:43donc raccordement, et donc les énergéticiens d'un côté et les opérateurs de l'autre,
04:49finalement, c'est une thématique commune.
04:51Il faut juste trouver les bonnes solutions pour avancer ensemble.
04:55Bon, ça, c'est une bonne nouvelle.
04:57Il y a des problèmes de priorité ?
04:59Quels sont les projets prioritaires par rapport aux autres ?
05:02La compétition, j'imagine, avec les méga centres de données des big tech,
05:09est-ce qu'elle passe forcément ses priorités devant celles de plus petits data centers français, par exemple ?
05:14C'est un sujet que vous abordez, ça ?
05:16On l'a encore une fois abordé lors de ces rencontres,
05:22parce qu'aujourd'hui, le système, c'est le premier qui demande une capacité électrique
05:28et le premier servi.
05:29Et il faudrait qu'on sorte de cette logique-là,
05:32puisqu'elle n'est pas concluante.
05:35Pourquoi ?
05:35Parce qu'il peut y avoir, malheureusement,
05:38et c'est ce qu'on voit dans nos huit propositions,
05:41des longueurs administratives,
05:43parce que vous avez tout simplement,
05:45il faut trouver les terrains,
05:47il faut ensuite avoir les bonnes autorisations
05:51au niveau de l'urbanisme,
05:53il faut respecter aussi des contraintes environnementales,
05:57il faut se raccorder, etc.
05:59Donc, ce qui fait qu'un projet,
06:02aujourd'hui, en France,
06:03prend 5 à 7 ans avant de sortir de terre.
06:07Et 5 à 7 ans,
06:08c'est plus rapide que ce qu'on a connu
06:09avant le grand plan de l'État l'année dernière ?
06:13Pour l'instant,
06:14on n'a pas encore vraiment accéléré.
06:17Et on est dans une compétition
06:19qui est quand même internationale,
06:21voire européenne, déjà,
06:23parce que des pays comme l'Espagne, par exemple,
06:25arrivent à sortir des data centers en deux ans.
06:28Et donc, tout l'objectif de ces huit propositions,
06:33c'était de dire comment on arrive
06:35au moins à diviser par deux
06:36les temps qu'on a aujourd'hui,
06:39et qui sont donc des temps administratifs
06:43qui dépendent parfois de la coordination.
06:46C'est pour ça que, par exemple,
06:49pour accompagner,
06:50on envisage la création de la figure
06:53d'un préfet accélérateur
06:54qui permettrait, en fait,
06:56d'être le seul point de contact
06:58pour les porteurs de projets,
07:00de sorte à ce que lui puisse superviser
07:03toutes les autorisations.
07:05Mais le préfet non accélérateur,
07:06le préfet, lui,
07:06il ne peut pas jouer l'accélération ?
07:08Certainement.
07:09Non, mais bon, donc, voilà,
07:10on a voulu marquer un peu
07:12les esprits dans ce sens,
07:15de vraiment avoir un seul point de contact
07:18pour les porteurs de projets,
07:19pour les rassurer sur le fait
07:21que leur projet est bien suivi,
07:23que ce soit en termes de raccordement,
07:25que ce soit en termes environnementaux,
07:26que ce soit en termes d'autorisation
07:28et de PLU, plutôt qu'autre chose,
07:32voilà, pour essayer d'accélérer.
07:34Et après, bien évidemment,
07:35il y a une accélération qui est faisable
07:38en termes d'instructions des dossiers,
07:41par exemple.
07:42Aujourd'hui, eh bien, s'il y a des recours,
07:45on peut les porter pendant deux mois
07:47suite à l'annonce du projet.
07:50On voudrait réduire ce temps,
07:51comme en Allemagne, à un mois,
07:53puisque finalement, le projet,
07:55une fois qu'il est déposé,
07:57il est quand même bien connu dans ses contours.
07:59Donc, en fait, on doit pouvoir intervenir rapidement
08:03si on a des points de désaccord.
08:07L'instruction, ensuite,
08:09eh bien, il y a différents niveaux de juridiction,
08:11il y en a trois aujourd'hui.
08:13Eh bien, on propose d'en supprimer un
08:15pour faire en sorte que ça puisse aller plus vite.
08:18Et puis aussi,
08:20si on pouvait réduire à dix mois
08:22le délai, en fait, de prise en compte
08:25et le délai de jugement ou d'autorisation,
08:29eh bien, ça permettrait d'avoir,
08:32avec un degré de juridictionnel en moins,
08:34environ deux ans,
08:36un peu moins de deux ans,
08:37avant de pouvoir débloquer un projet.
08:40Donc...
08:41Simplification.
08:42Absolument.
08:43En résumé.
08:43Stella Morabito, merci beaucoup.
08:45Je rappelle que c'est la directrice générale de l'AFNU.
08:47Merci pour ces propositions
08:48que vous êtes venues présenter ici,
08:52dans Smartech.
08:52Merci à vous, Daphine.
08:53C'est l'heure de notre rendez-vous Game Business,
08:55tout de suite.
08:56Merci.
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