- il y a 11 heures
Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l'Intelligence artificielle et du Numérique, était l'invitée de François Sorel dans Tech & Co, la quotidienne, ce jeudi 12 février. Elle est revenue sur la contribution et l'évolution de l'intelligence artificielle dans la stratégie française, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez la en podcast.
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00:01Tech & Co, la quotidienne, l'invité.
00:05Toujours ici à Cannes, à l'occasion de ce grand rendez-vous dédié à l'intelligence artificielle,
00:09j'ai le plaisir d'accueillir Anne Nuenan sur le plateau de Tech & Co.
00:13Bonsoir Madame la Ministre.
00:14Bonsoir.
00:15Merci d'être avec nous, Ministre déléguée chargée de l'intelligence artificielle et du numérique.
00:19Vous avez fait le déplacement ici à Cannes.
00:23Vous avez même inauguré ce salon qui débute aujourd'hui, on le disait tout à l'heure.
00:28Alors, votre présence ici est légitime, forcément.
00:30C'est important pour vous de venir ici à Cannes ?
00:33Alors, elle est légitime parce qu'on y parle d'intelligence artificielle.
00:36Bien sûr.
00:37Que c'est un très très gros événement.
00:38D'ailleurs, vous voyez, il y a énormément de monde, ça fourmille tout autour de nous.
00:42Mais c'est également parce que l'intelligence artificielle doit se diffuser partout dans tous les territoires
00:49et que forcément les acteurs locaux, départements, régions, mairies, les préfets en local
00:56ont un rôle aussi majeur de diffuser l'intelligence artificielle, de finalement expliquer aux populations, aux acteurs
01:04ce qu'est l'intelligence artificielle et dédramatiser ce qu'elle peut représenter, qui est parfois un peu angoissant pour
01:10les gens.
01:10Oui, bien sûr.
01:11Et puis, il y a le tourbillon des réseaux sociaux, des médias aussi.
01:14Parfois, c'est compliqué d'expliquer ce que c'est l'IA, non ?
01:17Alors, l'IA, c'est une formidable opportunité.
01:20Ça va nous permettre de faire gagner du temps dans les entreprises, chez les artisans, dans les tribunaux, dans les
01:27administrations.
01:28C'est également un outil de créativité, l'intelligence artificielle.
01:32Mais c'est vrai que comme toute chose, comme toute technologie, il peut y avoir des effets de bord, des
01:37travers qu'il faut accompagner.
01:38Donc, l'idée pour nous, la France, ce n'est pas de réglementer à tout va, de restreindre le déploiement
01:45de l'IA,
01:46mais c'est de trouver un juste milieu entre innovation et protection.
01:50Est-ce que, à votre avis, c'est une révolution majeure dans le monde de l'innovation ?
01:54Une innovation qu'on n'a pas connue depuis ?
01:56Alors, certains disent que c'est l'équivalent à l'arrivée de l'Internet ou du smartphone.
02:01Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ?
02:02Oui, c'est une rupture technologique.
02:05La seule différence par rapport à Internet ou, par exemple, au téléphone mobile,
02:09c'est que la diffusion de l'IA et notamment l'appropriation par la population,
02:13on est à plus de 40% de l'appropriation par la population, de l'IA générative.
02:19Je ne citerai aucune marque, parce que si ce n'est la nôtre, Mistral, avec le chat, qui est française,
02:25mais c'est que ça se diffuse beaucoup plus rapidement que ça l'a été pour Internet ou pour la
02:30téléphonie mobile, le téléphone mobile.
02:32C'est en deux ans, depuis l'arrivée de l'IA générative, il y a eu une explosion du développement
02:38des usages dans tous les foyers français.
02:4048% exactement des Français qui utilisent l'intelligence artificielle.
02:45C'est énorme.
02:46C'est 15 points en plus par rapport à l'année dernière.
02:51Et les questions qu'on se pose, c'est que vous évoquez Mistral et le chat,
02:54mais malheureusement, ce ne sont pas ces outils-là que les Français utilisent,
02:59en tout cas pas dans leur majorité, c'est des outils américains.
03:02Ça va être ChatGPT, ça va être Jimenaille de chez Google.
03:05Est-ce que la bataille de l'IA, elle est toujours d'actualité ?
03:10Ou est-ce que finalement, il va falloir qu'on essaie de rebondir et de trouver une autre voie
03:16pour ne pas être en frontale avec ces Américains qui sont d'une puissance phénoménale ?
03:21Alors en fait, la bataille, elle n'est pas terminée, loin de là.
03:24Le sommet pour l'IA qu'il y a eu à Paris en février 2025 a été un moment clé.
03:29C'est une prise de conscience, et ça s'est passé en France, c'était un événement mondial.
03:33C'est une prise de conscience que finalement, nous ne voulons pas choisir
03:36entre l'IA américaine ou l'IA chinoise, mais que nous-mêmes, continents européens,
03:42nous la France, avec nos start-up, nos compétences, notre vision aussi de l'IA,
03:46une IA éthique, une IA humaine, une IA durable,
03:51et bien on a une carte à jouer, et c'est la troisième voie que nous choisissons.
03:55On a peut-être regardé ou été surpris par l'arrivée massive de l'IA générative américaine, notamment.
04:02Nous sommes en train de rectifier le tir pour faire en sorte que cette troisième voie,
04:07c'est ici en France, c'est en Europe, pour donner notamment aux citoyens le choix,
04:12avec une IA qui nous ressemble, une IA qui défend nos valeurs, notamment démocratiques,
04:19et qui évite les biais de genre que nous ne souhaitons pas dans notre IA.
04:23Et ça, Mistral, c'est notre champion, on peut en être fier, et il faut le supporter, c'est ce
04:27que nous faisons.
04:28Est-ce que ce n'est pas trop de poids finalement sur les épaules d'une boîte qui est étonnante
04:33?
04:34Mais est-ce qu'on ne demande pas trop à Mistral finalement ?
04:37C'est vrai qu'aujourd'hui, tout le monde évoque Mistral, que ça va être le prochain OpenAI, etc.
04:42Mais est-ce que finalement, ces ambitions-là ne sont pas trop grandes pour Mistral ?
04:47Il nous faut absolument des champions européens.
04:49Et les champions européens, ils ne seront pas que français.
04:52Il se trouve que sur l'IA générative, on a Mistral, et c'est super, et on le supporte.
04:56Et nos pays voisins, l'Allemagne, d'autres pays encore, sont intéressés par Mistral.
05:05Mais ça ne peut pas être le seul champion, vous avez raison.
05:08Nous avons d'autres start-up en France que nous soutenons.
05:10Je pense à des sociétés comme H-Compagny, comme Gradium, qu'il faut supporter et qu'on le fait.
05:16Mais c'est vrai que Mistral sort un peu du lot parce qu'il a un petit temps d'avance,
05:19qu'il a fait des levées de fonds exceptionnelles.
05:22Mais nous, la France, et le président de la République l'a dit encore très récemment,
05:26nous sommes prêts aussi à supporter d'autres champions européens
05:30qui seraient suédois, qui seraient allemands, ou qui seraient italiens.
05:34Vous voyez, il faut des champions européens.
05:36On ne peut pas jouer la taille sur une seule des 27 nations.
05:42Mais est-ce que, quand on voit les investissements aujourd'hui,
05:46quand on évoque OpenAI, on en parle tous les soirs dans Tech&Co,
05:49ou que ce soit Google, ce n'est pas des milliards, ce n'est pas des dizaines de milliards,
05:53c'est des centaines de milliards qu'ils investissent dans la puissance de calcul,
05:57dans la recherche, etc.
05:59Les meilleurs talents s'arrachent à prix d'or.
06:01Comment combattre tout cela, alors qu'on sait pertinemment qu'on n'aura jamais ces investissements ?
06:08Alors, on a d'autres avantages.
06:10Mais par contre, sur les investissements, sur la levée de fonds, sur les capitaux,
06:15le président avait annoncé 109 milliards lors du sommet en 2025.
06:20109 milliards, nous avons déjà commencé.
06:23Il y a des sociétés qui sont venues investir massivement dans nos entreprises.
06:27Parce que ce qui est important, c'est qu'elles investissent dans nos entreprises françaises.
06:31Mais donc, il va falloir aussi réinventer, en France, en Europe, des modèles de capitaux.
06:39Les Américains ont les fonds d'investissement.
06:43Il faut que nous, on réfléchisse au niveau européen, soit par de l'épargne,
06:48comme on a parlé le président récemment, soit par des levées de fonds, soit par la capitalisation.
06:53Il faut qu'on réfléchisse à nos modèles de financement de nos futurs chans européens.
06:58C'est essentiel. C'est une question de survie, en fait.
07:00Ça, ça a été annoncé il y a un an, vous le disiez.
07:02Au sommet de l'IA, ça passe vite, c'était il y a un an, déjà.
07:05Voilà. Est-ce que ça avance, cette réflexion, pour retrouver de l'oxygène et de l'argent frais ?
07:10Parce que, voilà, l'État ne peut pas tout investir, surtout en ce moment où les finances sont compliquées.
07:15Il faut trouver des leviers de croissance. Ça avance, tout ça ?
07:18Oui, parce que le sommet a été aussi le point de départ de la création,
07:24ou en tout cas de l'intensification, la structuration d'une nouvelle filière,
07:29celle des centres de données, les data centers en France.
07:31109 milliards, on voit les investisseurs français, européens, extra-européens
07:38avoir envie d'investir dans nos data centers, dans nos start-up.
07:45Donc déjà, l'appel, finalement, du sommet 2025, il a été entendu dans le monde entier.
07:51Mais il est clair qu'il faudra trouver d'autres moyens de financer les entreprises.
08:00Et on y réfléchit, notamment, à l'aube d'une nouvelle révolution, qui est celle du quantique,
08:05où là, les montants seront d'une mesure encore beaucoup plus grande.
08:11Après...
08:12Alors qu'on a un vrai talent dans le quantique.
08:15On a des champions déjà, on en a au moins 5.
08:18Oui, bien sûr.
08:18Il faut faire très attention à ce que ces pépites soient attirées par d'autres territoires dans le monde,
08:25parce qu'on n'a pas cette capacité à leur permettre d'avoir des levées de fonds suffisantes.
08:30Et ensuite, depuis le sommet, les start-up dans l'IA ont levé 2 milliards et demi,
08:37plus de 2 milliards et demi de capitaux.
08:40Donc, vous voyez, en un an, il y a eu une bascule.
08:42Il y a vraiment eu une avant-sommet et un après-sommet.
08:45D'accord.
08:46Et puis, par ailleurs, moi, je crois beaucoup...
08:48Alors, ce n'est pas mesurable en monnaie sonnante et trébuchante.
08:53Mais l'IA que nous voulons, la troisième voie que nous voulons pour l'IA à l'européenne,
08:57elle a des valeurs qui sont respectueuses de l'environnement, de l'humain, de l'éthique.
09:04Et que ça a une valeur.
09:06Et que c'est un avantage compétitif, notamment qui intéresse beaucoup l'Inde,
09:12qui intéresse aussi d'autres parties du monde et qui pourrait intéresser notamment le continent africain.
09:16Et donc, l'IA à la française, l'IA à l'européenne,
09:20elle est très compétitive aussi parce qu'elle est différente
09:24et pas seulement basée sur des modèles financiers.
09:27Derrière, il y a des valeurs.
09:28Et je pense que dans beaucoup de pays du monde, les valeurs, ça a du sens
09:31et ça les intéresse de travailler avec notre IA.
09:34Ça l'a d'autant plus dans ces temps chamboulés où toutes nos valeurs sont, on va dire, remises en
09:39question.
09:40Les relations qu'on avait avec les Etats-Unis changent, voilà, pour ne pas aller plus loin.
09:46Est-ce que finalement, le fait qu'on dépende de toutes ces technologies est un problème finalement ?
09:51Parce que c'est vrai que les Français utilisent beaucoup Apple, ils utilisent Google,
09:56ils utilisent d'autres services, Amazon, etc.
10:02Quelle est votre vision en tant que ministre du numérique et de l'IA sur ces sujets ?
10:06Depuis le début de ma nomination par le Premier ministre Sébastien Cornu,
10:10j'ai dans toutes mes interventions une idée qui me guide
10:15et qui fait que je peux dérouler mon plan d'action.
10:19C'est la souveraineté numérique, c'est ce qui guide mon action tous les jours.
10:23Le fait d'être dépendant technologiquement, notamment des Américains, des Etats-Unis, est dangereux.
10:30Je dirais que tant que les relations ou tant que la situation géopolitique mondiale,
10:35elle est détendue et apaisée, et la preuve, on ne s'en est vraiment pas inquiétés.
10:43Les choses ont changé.
10:45Il y a de la pression, il peut y avoir des menaces, de l'instabilité.
10:52Ça crée de la peur, ça crée une inquiétude pour nous, principalement la France,
11:00parce qu'on a cette culture-là de vouloir être absolument, être autonome stratégiquement
11:04et d'être dépendant du moins d'acteurs possibles.
11:09Mais même au niveau de la France, en Europe aussi, cette indépendance, cette souveraineté numérique
11:15commence à faire son chemin.
11:16La relation franco-allemande le porte fortement depuis le sommet de Berlin.
11:21Et il faut qu'on continue.
11:23Mais ça va lentement, on est d'accord ?
11:24L'idée, ce n'est pas d'être isolé, de vivre en autarcie, qu'on soit clair.
11:28L'idée, c'est qu'il faut réduire nos dépendances technologiques,
11:31parce que dans une situation de tension géopolitique...
11:36Nos dépendances technologiques.
11:37Nos dépendances technologiques.
11:38Parce que vous avez dit vos dépenses.
11:40Non, nos dépendances technologiques, il faut réduire nos dépenses technologiques.
11:44Pourquoi ?
11:44Parce que d'abord, on a l'offre ici, sur notre continent et en France.
11:48On a des start-up, on a des offres concurrentielles, des Chinois ou des Américains.
11:54Donc il faut qu'on les pousse.
11:55Ça passe par la commande publique, ça passe par la commande privée,
11:59ça passe par une politique gouvernementale claire,
12:02et puis des préférences européennes, dans certains cas.
12:05Je pense au cloud, je pense à la cybersécurité,
12:07et à venir assez rapidement, le quantique également.
12:11Oui, bien sûr.
12:12Alors, juste pour que vous réagissiez sur l'actualité,
12:17on va dire, brûlante, liée à la tech,
12:19il y a l'interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans.
12:23En tout cas, certains réseaux, etc., dans certaines circonstances.
12:30Et puis, il y a aussi ce qu'a annoncé le président Emmanuel Macron,
12:34c'est de réfléchir sur l'interdiction des jeux vidéo
12:38aux violents, aux moins de 18 ans.
12:40Ça a provoqué un tollé, à la fois par les joueurs,
12:43mais aussi du côté des développeurs de jeux vidéo
12:46qui ne comprennent pas cette sortie du président Emmanuel Macron.
12:49Qu'est-ce que vous pouvez ajouter sur ce sujet,
12:52qui est un sujet quand même assez sensible ?
12:54Alors, sur la majorité numérique,
12:56c'est ce que nous avons fait voter à l'Assemblée nationale,
12:58et la prochaine étape, c'est le Sénat.
13:00En fait, c'est l'obligation qui est donnée aux réseaux sociaux
13:03de contrôler l'âge.
13:04Si on a moins de 15 ans, on n'a pas accès au réseau social.
13:07Si on a plus de 15 ans, on a le droit.
13:09Tout cela en protégeant les données.
13:11Donc, l'information qui circule disant qu'il va y avoir
13:15de l'accès à des données personnelles et fausses,
13:21c'est binaire, c'est oui, il a 15 ans, non, il a 15 ans,
13:24par l'intermédiaire d'un tiers de confiance.
13:26Sur la question des jeux vidéo...
13:27Excusez-moi, je vous coupe,
13:28parce que comment interdire les réseaux sociaux
13:31à moins de 15 ans ?
13:32Alors, de manière très simple.
13:34D'abord, le texte, nous, la France,
13:35nous l'avons construit avec l'Europe,
13:37avec la Commission européenne.
13:39Et le rôle de la France,
13:41depuis une évolution de la directive,
13:45nous permet à chaque pays, les 27 pays,
13:47de décider d'un âge, d'une majorité numérique.
13:51Donc ça, c'est ce que nous donne la Commission
13:54comme droit, comme possibilité.
13:56Maintenant, les outils de vérification d'âge,
13:58c'est-à-dire les critères que devront utiliser
14:00les réseaux sociaux.
14:01Le contrôle, que c'est bien appliqué,
14:03et que, si ce n'est pas le cas, la sanction,
14:07ça, c'est la Commission européenne.
14:08Mais aujourd'hui, il existe des dispositifs,
14:11des outils, qu'ils soient privés,
14:13grâce à des start-up,
14:14ou publics, grâce à France Connect,
14:16France Identité numérique,
14:18des moyens de vérifier l'âge,
14:20de manière fiable, transparente,
14:23sans qu'il y ait de fuite de données,
14:25puisque c'est juste un tiers de confiance.
14:27La plateforme doit passer par ces tiers de confiance,
14:30et qui dit, vous pouvez y aller,
14:32il a plus de 15 ans,
14:33ou non, cette personne a moins de 15 ans.
14:34Mais ça ne va pas être une usine à gaz
14:35à mettre en place, ça ?
14:36Non, puisqu'en fait, les plateformes,
14:39c'est elles qui vont devoir le mettre en place.
14:41D'accord.
14:41C'est à leur charge.
14:44Techniquement, financièrement,
14:45on leur donne un petit peu de temps
14:48pour le faire.
14:49Donc, à partir du 1er septembre 2026,
14:51on l'espère, si c'est voté au Sénat,
14:54et j'espère que les sénateurs,
14:56et je compte sur les sénateurs
14:57pour continuer sur cette dynamique,
14:59évidemment, j'y ai confiance,
15:01eh bien, 1er septembre 2026,
15:05applicable immédiatement
15:05pour les nouveaux clients.
15:07D'accord.
15:07Et 4 mois de délai
15:08pour ceux qui sont déjà sur les plateformes.
15:10Il faudra prouver son âge.
15:12Et pour le jeu vidéo, donc ?
15:14Alors, pour le jeu vidéo...
15:15Sujet qui a fait réagir, en tout cas.
15:17Oui, alors, d'abord,
15:19ce que je souhaite dire,
15:20c'est que la filière des jeux vidéo en France,
15:22elle est absolument exceptionnelle
15:24et reconnue dans le monde entier.
15:25C'est générateur de milliers d'emplois
15:28et on a un savoir-faire qui est extraordinaire.
15:31On a des gains dans les festivals partout.
15:34Même si c'est un peu compliqué,
15:35par exemple, pour Ubisoft actuellement ?
15:37Oui, parce qu'il y a une compétition,
15:39ça demande beaucoup d'investissements financiers,
15:42donc il faut aussi que les jeux derrière se vendent.
15:47et Ubisoft, c'est un groupe mondial énorme.
15:51Donc, il doit faire des choix actuellement,
15:53et je comprends.
15:54Le président de la République a eu l'occasion
15:56de s'expliquer sur ce qu'il a voulu dire.
15:58Il n'a pas voulu dire, le président,
16:00que tous les jeux vidéo étaient concernés,
16:03mais il a raison.
16:04Le politique, nous, les parlementaires,
16:07le gouvernement, on doit s'interroger
16:09et se poser des questions
16:12sur les filières numériques,
16:14quelles qu'elles soient, dont les jeux vidéo,
16:16en lien avec les mineurs.
16:19Ce que je veux dire, c'est qu'à partir du moment
16:22où un jeu vidéo a un réseau social,
16:25c'est-à-dire une communauté ouverte,
16:28elle aura les mêmes règles sur la partie réseau social,
16:31pas sur la partie jeux vidéo.
16:33Ce qu'a voulu dire le président,
16:34et il s'en est expliqué depuis,
16:36ses équipes à l'Élysée l'ont précisé,
16:39c'est que la discussion est ouverte,
16:41il va falloir étudier un petit peu
16:42comment fonctionnent les jeux vidéo.
16:43Il ne s'agit pas du tout d'interdire aux mineurs,
16:46pas du tout.
16:47C'est que par contre,
16:47ceux qui ont, dans le cadre de la loi
16:49sur la majorité numérique,
16:50et de la protection des mineurs
16:51de manière plus générale,
16:53de regarder les fonctionnalités des jeux vidéo
16:55pour protéger les mineurs.
16:57Voilà, c'était ça,
16:59ce qu'a souhaité indiquer le président.
17:02On sent que le débat n'est pas encore totalement mûr.
17:05Et c'est sain, en fait,
17:07qu'un président, un gouvernement,
17:10des parlementaires,
17:11se pose des questions
17:12et regarde quand on a une ambition
17:15de protéger nos mineurs
17:16face à l'impact des réseaux sociaux
17:19et de l'IA notamment,
17:20qu'on se permette finalement
17:22d'envisager de regarder
17:24toutes les situations.
17:25Ça ne veut pas dire interdire,
17:27ça ne veut pas dire empêcher.
17:28Merci beaucoup,
17:29madame la ministre,
17:29d'être venu sur le plateau de Tech&Co
17:31ici à Cannes,
17:33ministre délégué chargé
17:34de l'intelligence artificielle
17:35et du numérique.
17:35Merci beaucoup.
17:36Merci beaucoup.
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