00:00Hier les chefs d'état européens étaient réunis à Aldon Bison en Belgique pour travailler sur la compétitivité européenne, une
00:04sorte de séminaire de travail.
00:06Il y avait Mario Draghi et Enrico Letta pour cadrer les débats. On va en parler avec notre invitée Caroline
00:10Vicini.
00:11Bonjour, vous êtes l'ambassadrice de Suède en France, merci d'être avec nous.
00:16Avant ce séminaire dont Antonio Costa nous dit que c'est un game changer, Emmanuel Macron s'était fendu d
00:22'une lettre, d'une interview dans la presse européenne
00:25dans laquelle il demandait ce qu'on mettait en place la préférence européenne, il proposait un emprunt européen.
00:30Un certain nombre de pays ont répondu eux-mêmes dans une lettre, l'Estonie, la Finlande, la Lituanie, la Lettonie,
00:35les Pays-Bas et la Suède
00:36pour montrer votre désaccord en expliquant qu'il fallait travailler sur la compétitivité avant les questions de protectionnisme.
00:45Le séminaire est terminé, est-ce que vous avez l'impression qu'il y a une sorte d'accord qui
00:50a été trouvé ?
00:52Ça, il faut voir, je pense que ça va se faire voir dans le conseil du mois de mars où
00:59on va prendre des grandes décisions, on espère.
01:04Cette réunion hier, c'est un forum de discussion et donc au mois de mars, on va voir ce qui
01:12vient.
01:14Sur la préférence européenne, c'est très clair, du côté des pays du Nord, on est plutôt pour du cas
01:20par cas.
01:21Il semble que ça soit un peu ce qui se décide, mais pas de préférence européenne globale. Pourquoi ?
01:25Non, parce que ça va nuire la compétitivité des sociétés européennes.
01:34Pour être compétitive dans le monde, parce qu'on ne peut pas seulement faire le commerce entre nous.
01:40En effet, on doit faire plus de commerce entre nous, mais on doit aussi faire le commerce avec le monde
01:47entier.
01:48Et si on vit dans un monde qui est protégé, la compétitivité va baisser de nos entreprises.
01:59Et donc, en plus, c'est une complication parce qu'il y a des entreprises qui, dans leur chaîne de
02:05valeur, peuvent avoir des prix qui viennent d'ailleurs.
02:09Et comment est-ce qu'on va calculer tout ça ? Ça va faire une autre complication au moment qu
02:16'on essaye de dérégler, de faire moins déréglementation pour rendre la vie plus facile.
02:24C'est ça la priorité, en fait. La déréglementation, comme l'a dit Friedrich Merz, plutôt que le protectionnisme.
02:29Oui, tout à fait pour nous, c'est ça. Et c'est un travail qui est un peu noyeux.
02:34Donc, disons, ça ne crée pas de grandes rubriques, ce n'est pas quelque chose qu'on peut délivrer comme
02:39un message, un grand message politique.
02:42C'est un travail de détail, c'est un travail très long qui doit être accéléré.
02:47Annalisa ?
02:48Votre Premier ministre Ulf Christerson a donné une interview au Financial Times dans laquelle il dit que vous ne voulez
02:54pas protéger les entreprises européennes
02:56qui, fondamentalement, ne sont pas compétitives.
02:58Donc, ça veut dire que celles qui ne sont pas armées pour faire face à la concurrence chinoise, entre autres,
03:03vont périr naturellement et qu'il faut être prêt à ça.
03:07Il faut être prêt à ça.
03:09Il faut, au lieu d'ajouter des règles, des complications, il faut dérégler, il faut mettre beaucoup plus d'argent
03:19dans le développement,
03:21dans la recherche.
03:24Il y a un objectif dans l'Union européenne de mettre, chaque pays doit mettre 3% de PIB dans
03:31la recherche.
03:31Il y a seulement très peu de pays qui font ça.
03:34Il faut mettre l'argent là-dedans pour rendre, et puis, il faut avoir plus de capital.
03:40Il faut travailler sur le marché du capital en Europe parce que c'est un grand problème.
03:44Les sociétés européennes doivent aller aux États-Unis pour se capitaliser, pour pouvoir faire leur expansion.
03:50Donc, selon nous, le commerce intérieur, il faut faire plus de commerce, la compétitivité est très importante,
04:00la recherche, le développement et moins de règles.
04:03Ce qui veut dire que quand Ursula von der Leyen dit qu'on va faire une union des marchés des
04:07capitaux avec les pays volontaires,
04:09vous en faites partie ?
04:10Oui, tout à fait. On a déjà un marché du capital qui entre le mieux en Europe, qui est souvent
04:17un exemple.
04:18Et chacun de nos citoyens, moi-même, tout le monde, investit dans la bourse à travers des fonds.
04:26Il y a des systèmes de taxation de ça qui sont très peu compliqués,
04:30et qui rendent que le capital travaille au lieu d'être dans les comptes d'Airpagne où il dort.
04:38Donc, il y a beaucoup de capital à libérer en Europe.
04:41Comment vous voyez la position européenne, la position française vue de Suède ?
04:46Est-ce que le problème, c'est qu'on est français et qu'avec nos déficits publics,
04:50en fait, on ne peut rien dire et surtout pas proposer de la nouvelle dette ?
04:53Vous avez l'impression que notre diagnostic est mauvais ou c'est parce qu'on est un problème de gestion
04:58interne que ça ne va pas ?
04:59Non, non, non. On a tous le même but. Je pense qu'on doit être très, très clair.
05:04On veut tous que notre industrie devienne compétitive dans le monde,
05:09qu'on a des bons produits, que le consommateur a un choix,
05:13que nos producteurs ont un choix aussi d'où ils viennent fournir leur production.
05:22Et on veut une Europe forte qui peut rendre compétition aux États-Unis
05:27et en Chine.
05:31Et il faut pour ça trouver des autres partenaires aussi dans le monde,
05:35s'ouvrir pour le commerce.
05:37Et là, on a des points de départ.
05:41Sur le Mercosur, ça a fait mal, c'est ça ?
05:43Le Mercosur, on est complètement pour le Mercosur.
05:46Oui, vous, oui, mais nous, pas du tout.
05:48Pas du tout, du tout.
05:48Et bon, il y a une situation compliquée en France au point de vue politique
05:53et tout le monde le connaît.
05:54Et on a un plein respect pour ça.
05:57Ça peut arriver à chacun.
06:00Donc, c'est un peu plus difficile peut-être pour la France en ce moment
06:04de se faire valer.
06:06Mais c'est une grande économie.
06:08Et pour nous, c'est extrêmement important que l'économie française est forte
06:13parce que vous, c'est un grand pays dans l'Europe.
06:15Et vous avez l'impression qu'on est politiquement affaibli quand même.
06:19Mais chacun peut voir ce qui se passe.
06:22Avec le budget, il y a tellement de complications.
06:26Et ce n'est pas quelque chose qu'on peut dire que c'est faux.
06:33Ça arrive dans le pays.
06:35On voit en Europe, dans beaucoup de pays, il y a une situation difficile.
06:41Nous, on va aux élections au mois de septembre.
06:43On va voir ce qui se passe.
06:46Mais ce n'est pas nous à critiquer la politique française.
06:49Pas du tout.
06:49Annalisa, il y a aussi une question de timing.
06:51Votre Premier ministre, lui, dit que parfois l'Europe est aussi lente
06:54que les Américains le pensent.
06:56C'est vrai que nous, à chaque fois, on doit se mettre d'accord.
06:59On est 27.
07:00Les États-Unis, eux, ils ont une force de frappe beaucoup plus rapide
07:03quand ils décident quelque chose.
07:05Comment on fait pour arriver à décider rapidement
07:07et en même temps à tout s'entendre ?
07:09Oui, je pense que c'est pour nos leaders de donner la commission
07:14qui fait la grande partie du travail, des directions très fortes.
07:20Et je pense que pour la dérégulation, ça, c'est quelque chose
07:23que tout le monde peut être d'accord, qu'on a besoin de moins de règles.
07:27Business Europe, qui représente les grandes entreprises en Europe,
07:32a dit que les entreprises en moyenne mettent autant d'argent
07:38en suivant la réglementation qu'en recherche et développement.
07:43Donc, ça ne va pas.
07:44Ce n'est pas comme ça qu'on va développer une économie compétitive.
07:50Vous parlez d'innovation de recherche et développement.
07:52Vous avez convaincu Mistralia et c'est notre pépite française
07:56d'investir 1,2 milliard d'euros en Suède.
08:00C'est quoi vos arguments pour les convaincre ?
08:02En plus, c'est une très grande nouvelle.
08:05On est très heureuse de cette nouvelle.
08:08C'est leur premier investissement en dehors de la France.
08:12Et ils le font dans un centre numérique,
08:18d'intelligence artificielle, qui est complètement durable.
08:26C'est construit en bois.
08:28Et le chauffage qui reste, après tous ces processus,
08:33va chauffer toute une ville à côté.
08:36Ah oui.
08:37Donc, c'est un centre.
08:39C'est pour rien que ça s'appelle EcoData Center.
08:41C'est parce que c'est quelque chose d'assez unique.
08:44Et comme vous le savez, la numérique, c'est un problème qu'on a pour le futur.
08:48C'est justement que ces centres consomment beaucoup d'énergie.
08:51Et ici, on a des solutions.
08:53Des solutions innovées en Suède, en Europe.
08:57On travaille ensemble.
08:58On crée quelque chose que les autres n'ont pas.
09:02Merci beaucoup d'être venue sur le plateau de la matinale de l'économie.
09:05Caroline Vicini, ambassadrice de Suède en France.
09:08Merci beaucoup d'avoir regardé cette vidéo.
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