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  • il y a 3 minutes
Ce vendredi 13 février, Caroline Vicini, ambassadrice de Suède en France, était l'invitée d'Annalisa Cappellini dans Le monde qui bouge - L'Interview, de l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier. Elle s'est penchée sur la question de la compétitivité européenne, notamment la préférence européenne prônée par Emmanuel Macron et que la Suède conteste. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Hier les chefs d'état européens étaient réunis à Aldon Bison en Belgique pour travailler sur la compétitivité européenne, une
00:04sorte de séminaire de travail.
00:06Il y avait Mario Draghi et Enrico Letta pour cadrer les débats. On va en parler avec notre invitée Caroline
00:10Vicini.
00:11Bonjour, vous êtes l'ambassadrice de Suède en France, merci d'être avec nous.
00:16Avant ce séminaire dont Antonio Costa nous dit que c'est un game changer, Emmanuel Macron s'était fendu d
00:22'une lettre, d'une interview dans la presse européenne
00:25dans laquelle il demandait ce qu'on mettait en place la préférence européenne, il proposait un emprunt européen.
00:30Un certain nombre de pays ont répondu eux-mêmes dans une lettre, l'Estonie, la Finlande, la Lituanie, la Lettonie,
00:35les Pays-Bas et la Suède
00:36pour montrer votre désaccord en expliquant qu'il fallait travailler sur la compétitivité avant les questions de protectionnisme.
00:45Le séminaire est terminé, est-ce que vous avez l'impression qu'il y a une sorte d'accord qui
00:50a été trouvé ?
00:52Ça, il faut voir, je pense que ça va se faire voir dans le conseil du mois de mars où
00:59on va prendre des grandes décisions, on espère.
01:04Cette réunion hier, c'est un forum de discussion et donc au mois de mars, on va voir ce qui
01:12vient.
01:14Sur la préférence européenne, c'est très clair, du côté des pays du Nord, on est plutôt pour du cas
01:20par cas.
01:21Il semble que ça soit un peu ce qui se décide, mais pas de préférence européenne globale. Pourquoi ?
01:25Non, parce que ça va nuire la compétitivité des sociétés européennes.
01:34Pour être compétitive dans le monde, parce qu'on ne peut pas seulement faire le commerce entre nous.
01:40En effet, on doit faire plus de commerce entre nous, mais on doit aussi faire le commerce avec le monde
01:47entier.
01:48Et si on vit dans un monde qui est protégé, la compétitivité va baisser de nos entreprises.
01:59Et donc, en plus, c'est une complication parce qu'il y a des entreprises qui, dans leur chaîne de
02:05valeur, peuvent avoir des prix qui viennent d'ailleurs.
02:09Et comment est-ce qu'on va calculer tout ça ? Ça va faire une autre complication au moment qu
02:16'on essaye de dérégler, de faire moins déréglementation pour rendre la vie plus facile.
02:24C'est ça la priorité, en fait. La déréglementation, comme l'a dit Friedrich Merz, plutôt que le protectionnisme.
02:29Oui, tout à fait pour nous, c'est ça. Et c'est un travail qui est un peu noyeux.
02:34Donc, disons, ça ne crée pas de grandes rubriques, ce n'est pas quelque chose qu'on peut délivrer comme
02:39un message, un grand message politique.
02:42C'est un travail de détail, c'est un travail très long qui doit être accéléré.
02:47Annalisa ?
02:48Votre Premier ministre Ulf Christerson a donné une interview au Financial Times dans laquelle il dit que vous ne voulez
02:54pas protéger les entreprises européennes
02:56qui, fondamentalement, ne sont pas compétitives.
02:58Donc, ça veut dire que celles qui ne sont pas armées pour faire face à la concurrence chinoise, entre autres,
03:03vont périr naturellement et qu'il faut être prêt à ça.
03:07Il faut être prêt à ça.
03:09Il faut, au lieu d'ajouter des règles, des complications, il faut dérégler, il faut mettre beaucoup plus d'argent
03:19dans le développement,
03:21dans la recherche.
03:24Il y a un objectif dans l'Union européenne de mettre, chaque pays doit mettre 3% de PIB dans
03:31la recherche.
03:31Il y a seulement très peu de pays qui font ça.
03:34Il faut mettre l'argent là-dedans pour rendre, et puis, il faut avoir plus de capital.
03:40Il faut travailler sur le marché du capital en Europe parce que c'est un grand problème.
03:44Les sociétés européennes doivent aller aux États-Unis pour se capitaliser, pour pouvoir faire leur expansion.
03:50Donc, selon nous, le commerce intérieur, il faut faire plus de commerce, la compétitivité est très importante,
04:00la recherche, le développement et moins de règles.
04:03Ce qui veut dire que quand Ursula von der Leyen dit qu'on va faire une union des marchés des
04:07capitaux avec les pays volontaires,
04:09vous en faites partie ?
04:10Oui, tout à fait. On a déjà un marché du capital qui entre le mieux en Europe, qui est souvent
04:17un exemple.
04:18Et chacun de nos citoyens, moi-même, tout le monde, investit dans la bourse à travers des fonds.
04:26Il y a des systèmes de taxation de ça qui sont très peu compliqués,
04:30et qui rendent que le capital travaille au lieu d'être dans les comptes d'Airpagne où il dort.
04:38Donc, il y a beaucoup de capital à libérer en Europe.
04:41Comment vous voyez la position européenne, la position française vue de Suède ?
04:46Est-ce que le problème, c'est qu'on est français et qu'avec nos déficits publics,
04:50en fait, on ne peut rien dire et surtout pas proposer de la nouvelle dette ?
04:53Vous avez l'impression que notre diagnostic est mauvais ou c'est parce qu'on est un problème de gestion
04:58interne que ça ne va pas ?
04:59Non, non, non. On a tous le même but. Je pense qu'on doit être très, très clair.
05:04On veut tous que notre industrie devienne compétitive dans le monde,
05:09qu'on a des bons produits, que le consommateur a un choix,
05:13que nos producteurs ont un choix aussi d'où ils viennent fournir leur production.
05:22Et on veut une Europe forte qui peut rendre compétition aux États-Unis
05:27et en Chine.
05:31Et il faut pour ça trouver des autres partenaires aussi dans le monde,
05:35s'ouvrir pour le commerce.
05:37Et là, on a des points de départ.
05:41Sur le Mercosur, ça a fait mal, c'est ça ?
05:43Le Mercosur, on est complètement pour le Mercosur.
05:46Oui, vous, oui, mais nous, pas du tout.
05:48Pas du tout, du tout.
05:48Et bon, il y a une situation compliquée en France au point de vue politique
05:53et tout le monde le connaît.
05:54Et on a un plein respect pour ça.
05:57Ça peut arriver à chacun.
06:00Donc, c'est un peu plus difficile peut-être pour la France en ce moment
06:04de se faire valer.
06:06Mais c'est une grande économie.
06:08Et pour nous, c'est extrêmement important que l'économie française est forte
06:13parce que vous, c'est un grand pays dans l'Europe.
06:15Et vous avez l'impression qu'on est politiquement affaibli quand même.
06:19Mais chacun peut voir ce qui se passe.
06:22Avec le budget, il y a tellement de complications.
06:26Et ce n'est pas quelque chose qu'on peut dire que c'est faux.
06:33Ça arrive dans le pays.
06:35On voit en Europe, dans beaucoup de pays, il y a une situation difficile.
06:41Nous, on va aux élections au mois de septembre.
06:43On va voir ce qui se passe.
06:46Mais ce n'est pas nous à critiquer la politique française.
06:49Pas du tout.
06:49Annalisa, il y a aussi une question de timing.
06:51Votre Premier ministre, lui, dit que parfois l'Europe est aussi lente
06:54que les Américains le pensent.
06:56C'est vrai que nous, à chaque fois, on doit se mettre d'accord.
06:59On est 27.
07:00Les États-Unis, eux, ils ont une force de frappe beaucoup plus rapide
07:03quand ils décident quelque chose.
07:05Comment on fait pour arriver à décider rapidement
07:07et en même temps à tout s'entendre ?
07:09Oui, je pense que c'est pour nos leaders de donner la commission
07:14qui fait la grande partie du travail, des directions très fortes.
07:20Et je pense que pour la dérégulation, ça, c'est quelque chose
07:23que tout le monde peut être d'accord, qu'on a besoin de moins de règles.
07:27Business Europe, qui représente les grandes entreprises en Europe,
07:32a dit que les entreprises en moyenne mettent autant d'argent
07:38en suivant la réglementation qu'en recherche et développement.
07:43Donc, ça ne va pas.
07:44Ce n'est pas comme ça qu'on va développer une économie compétitive.
07:50Vous parlez d'innovation de recherche et développement.
07:52Vous avez convaincu Mistralia et c'est notre pépite française
07:56d'investir 1,2 milliard d'euros en Suède.
08:00C'est quoi vos arguments pour les convaincre ?
08:02En plus, c'est une très grande nouvelle.
08:05On est très heureuse de cette nouvelle.
08:08C'est leur premier investissement en dehors de la France.
08:12Et ils le font dans un centre numérique,
08:18d'intelligence artificielle, qui est complètement durable.
08:26C'est construit en bois.
08:28Et le chauffage qui reste, après tous ces processus,
08:33va chauffer toute une ville à côté.
08:36Ah oui.
08:37Donc, c'est un centre.
08:39C'est pour rien que ça s'appelle EcoData Center.
08:41C'est parce que c'est quelque chose d'assez unique.
08:44Et comme vous le savez, la numérique, c'est un problème qu'on a pour le futur.
08:48C'est justement que ces centres consomment beaucoup d'énergie.
08:51Et ici, on a des solutions.
08:53Des solutions innovées en Suède, en Europe.
08:57On travaille ensemble.
08:58On crée quelque chose que les autres n'ont pas.
09:02Merci beaucoup d'être venue sur le plateau de la matinale de l'économie.
09:05Caroline Vicini, ambassadrice de Suède en France.
09:08Merci beaucoup d'avoir regardé cette vidéo.
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