Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 5 jours
Ce mercredi 11 février, David Gaud, partner et CIO chez B. Durand Capital Partners, et Thibault Prebay, auteur et économiste indépendant, se sont penchés sur la création de 130 000 emplois en janvier aux États-Unis, le plaidoyer de Londres pour un revenu universel lié à l’IA, la déception des marchés face aux résultats du quatrième trimestre de Mattel, la clôture d’une année 2025 atone chez Dassault Systèmes, et l’obligation centenaire lancée par Alphabet pour financer l’IA, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00BFM Bourse, le club de la bourse.
00:03Nos experts du club ce soir, Thibaut Prébé, donc toujours en fil rouge, économiste indépendant et auteur.
00:08Re, Thibaut.
00:09Re.
00:10Re.
00:10Et David Gau qui nous rejoint, bonsoir David.
00:12Bonsoir.
00:12Directeur des investissements, partenaire de B Durand Capital Partners.
00:15On va évoquer ensemble ces grandes tendances de marché, le CAC quasi-stable, le rapport sur l'emploi américain dans
00:20un instant.
00:21Mais d'abord donc Antoine, on apprend aujourd'hui donc qu'à Sergi, un employé, un intérimaire a été placé
00:27en garde à vue pour atteinte aux intérêts de la nation.
00:29Ce monteur câbleur, surpris par les vigiles du site avec des lunettes filmantes, soupçonnées donc d'espionnage dans une usine
00:34d'assemblage du Rafale.
00:36Oui, effectivement, ça fait drôle et ça pose question sur ces dispositifs, ces wearables comme on dit, qu'on porte
00:42sur soi, qui sont connectés.
00:44Les lunettes filmantes qu'a utilisées apparemment cette affaire.
00:46Oui, qui prennent des photos et des vidéos.
00:48Et c'est vrai que moi je me rappelle les premières smartwatches qui étaient arrivées sur le marché, qu'on
00:53portait un appareil photo.
00:54Et c'était absolument fascinant parce qu'on pouvait faire tac tac, on prenait des photos à la volée tout
00:58le temps.
00:59Enfin moi, je sais que j'en ai eu une, c'était un truc, c'était vraiment génial.
01:04Et puis, c'est compliqué.
01:05C'est pour ça que les Chinois ont beaucoup avancé en technologie.
01:07Voilà.
01:08Ils ont envoyé plein de photos.
01:09C'est ça, exactement.
01:11Mais non, mais il faut reconnaître que ça pose un vrai problème de données.
01:13Maintenant, elles ne se font plus.
01:15Alors si, peut-être en Chine, ils s'en vendent encore.
01:18Parce qu'il y a peut-être encore des trucs à prendre en photo.
01:20Mais non, globalement, ces histoires de confidentialité des données, surtout quand on travaille dans des domaines critiques, comme la défense,
01:28ça peut poser question.
01:29Voilà.
01:29Et on parle là donc du rafale, espionnage ou pas.
01:32On aura l'occasion d'y revenir tout à l'heure, Edwif Chevrillon, dans moins d'une heure.
01:35David.
01:35Les marchés financiers, plus globalement, ils sont sur une petite phase de respiration cet après-midi.
01:39Le chiffre du jour, c'est même le chiffre qui anime ce début de mois de février, c'est l
01:43'emploi américain.
01:45Exceptionnellement, le rapport sur l'emploi a été publié un mercredi.
01:47Et c'est une bonne surprise.
01:49Finalement, plus de créations de postes que ce qu'on imaginait.
01:51Il y en a eu deux fois plus même que ce qu'on attendait.
01:53130 000 créations au mois de janvier.
01:55Le chômage repart un peu à la baisse.
01:56C'est aussi une surprise à 4,3%.
01:58Quelles leçons vous tirez ?
01:59Quels enseignements de ce chiffre qui nous surprend ?
02:01Alors, ce chiffre, il est bon pour les travailleurs.
02:04C'est une bonne nouvelle pour ceux qui cherchent de l'emploi aux Etats-Unis.
02:07Il y a eu aussi une révision des chiffres des 12 derniers mois,
02:11avec une baisse moindre qu'attendue.
02:13Donc, ce n'est pas seulement une dynamique sur un mois.
02:16C'est vraiment une dynamique sur plusieurs trimestres.
02:20Maintenant, ça va poser la grande question aux Etats-Unis.
02:23C'est est-ce qu'ils sont capables de faire baisser l'inflation
02:25avec une telle dynamique ?
02:27Avec le coût des matières premières ?
02:29Avec la faiblesse du dollar ?
02:31Avec cet appétit qu'ont encore les sociétés pour recruter ?
02:34Et donc, ce qui sous-entend des hausses de salaire
02:37et donc une inflation salariale.
02:40Si on ajoute tous ces éléments les uns après les autres,
02:42on se dit, mais est-ce que la Fed va vraiment pouvoir baisser ses taux ?
02:44Et est-ce qu'on ne va pas avoir une situation aux Etats-Unis
02:46où on va avoir des taux plus élevés qu'attendus,
02:50une inflation plus élevée qu'attendue,
02:52certes de la croissance,
02:53mais ça, on l'a déjà pricé,
02:55puisqu'on attend plus de 2% de croissance cette année.
02:58Et donc, de ce point de vue-là,
02:59on trouve que l'Europe est, en fait, pour 2026,
03:01beaucoup plus intéressante.
03:03Parce qu'au moins, en Europe,
03:04l'inflation, elle baisse,
03:06l'euro est fort,
03:07la BCE, potentiellement,
03:09pourrait encore baisser ses taux.
03:11On n'a pas ces chiffres de création d'emplois.
03:14Alors, c'est...
03:16Même si l'emploi en Europe,
03:18il est au plus bas historique aussi en Europe.
03:20Il n'est pas si mal, le chômage.
03:21Le taux de chômage est au plus bas historique.
03:22L'emploi au plus bas historique, ça va pareil.
03:24Oui.
03:24Oui, mais voilà, j'avais raison.
03:26Il y a des segments sur lesquels il y a quand même des soucis,
03:28notamment sur les catégories les plus jeunes.
03:30Donc, la situation n'est pas aussi unilatérale.
03:34Et donc, de ce point de vue-là,
03:35et notamment sur tout ce qui est investissement obligataire,
03:38où est-ce que les taux sont le plus à même de baisser
03:41dans les 12 mois à venir ?
03:43À la fois les taux courts et les taux longs,
03:45c'est probablement plus en Europe qu'aux Etats-Unis.
03:47D'accord.
03:47Et c'est vrai que Wall Street, donc, au départ,
03:49avait bien accueilli ce chiffre de l'emploi aux Etats-Unis,
03:51meilleur qu'attendu.
03:52On le rappelle, deux fois plus de création de postes.
03:53Mais tout s'est retourné parce qu'effectivement,
03:55le marché est en train de décaler
03:57ses attentes de baisse de taux de la Fed.
03:58Avant le chiffre de l'emploi, le marché anticipait
04:00une première baisse de taux cette année pour le mois de juin.
04:03Et là, le marché est en train de la décaler.
04:04On regarde tout ça.
04:05Il est en train de décaler la première baisse de taux
04:06plus tôt au mois suivant, au mois de juillet.
04:08Exactement.
04:09Voilà.
04:09Et c'est vrai que la dynamique salariale reste forte.
04:12La hausse des salaires, alors comme attendu,
04:14ce n'est pas une surprise,
04:14mais la hausse des salaires a atteint 3,7%
04:16aux Etats-Unis en dernier.
04:17Est-ce que votre salaire, vous qui nous suivez,
04:18qui l'ont gardé, en moyenne,
04:19augmente à chaque fois d'un 3,7% ?
04:21Mais attention, avec 3 d'inflation.
04:22C'est ça.
04:23Ce n'est pas pareil.
04:24Et on le voit sur les ventes au détail.
04:26Les salaires en montent plus en France
04:27par rapport à l'inflation qu'aux Etats-Unis.
04:30L'écart entre hausse des salaires et inflation,
04:32il est plus fort aujourd'hui en France qu'aux Etats-Unis.
04:34Ce n'est pas la même chose.
04:35Ah mais hausse des salaires et hausse du pouvoir d'achat
04:37sont deux choses distinctes, on est d'accord.
04:38On le voit, les ventes au détail,
04:39donc la consommation aux Etats-Unis ralentit.
04:41On a des chiffres qui ne sont pas aussi bons que prévus.
04:44Donc vous avez de l'emploi,
04:45mais vous avez des salaires en fait
04:47qui n'arrivent pas à suivre le rythme de l'inflation.
04:50Donc ça peut être un étranglement
04:52et un effet négatif sur la politique.
04:56Donc l'emploi tient,
04:58donc malgré tout ce qu'on peut raconter
04:59sur l'impact de l'IA,
05:00les tout premiers impacts,
05:01sur les premières embauches d'ailleurs,
05:03c'était au mois de décembre pour le coup,
05:05un chiffre, un nombre de premières embauches
05:08de jeunes diplômés au plus bas historique aux Etats-Unis.
05:10Et c'est vrai que c'est l'IA qui a été incriminée.
05:12Est-ce que là-dessus, la Fed elle-même
05:14dit que l'IA commence à impacter
05:15le marché de l'emploi ?
05:16Est-ce que là-dessus, effectivement,
05:17vous dites que le marché est déjà en train là-bas
05:19de se transformer,
05:20pas encore complètement ici,
05:21mais là-bas, c'est en train de se faire du fait de l'IA ?
05:24Alors oui, non,
05:25mais ce que vous mentionnez est toujours en cours,
05:27c'est-à-dire que les employés juniors
05:31ont énormément de mal à démarrer.
05:33Après, une fois que vous avez démarré,
05:34une fois que vous avez quelques années de séniorité,
05:37là, il y a des opportunités.
05:38Encore faut-il démarrer.
05:39Mais voilà, il faut avoir cette chance
05:41de pouvoir démarrer,
05:43de pouvoir se voir offrir une stabilité.
05:47Et là-dessus, le gouvernement britannique
05:48avance des idées aujourd'hui.
05:50Si l'IA venait à couper les emplois
05:52dans plein de secteurs,
05:54eh bien il faudra,
05:55dit l'un des ministres du gouvernement britannique,
05:57créer un revenu universel.
05:58Mais un revenu universel
05:59pour les employés fauchés par l'IA,
06:01mais un revenu universel financé par les GAFAM,
06:03parce que c'est de leur faute, finalement.
06:04Bon, voilà.
06:06Cette proposition,
06:07alors je ne sais pas si elle vira le jour véritablement,
06:09mais c'est un ministre britannique qui en parle.
06:11Est-ce que vous lui trouvez une forme de rationalité,
06:12de logique,
06:13et pourquoi pas la mettre dans le débat aussi,
06:14si en France on va approcher
06:15de certaines échéances électorales ?
06:17Thibaut ?
06:18Non, je trouve ça absolument aucun sens.
06:20Déjà, moi je voudrais rappeler une chose
06:21qui vous permettait de revenir un tout petit peu en arrière
06:23par rapport à ce que vous disiez.
06:24Un, les statistiques de janvier
06:25sont tout le tour un peu bidon.
06:27Deux, je vous rappelle qu'en fin d'année,
06:28il y a beaucoup de recrutements
06:29pour les fêtes de fin d'année
06:30et beaucoup de licenciements en janvier
06:31qui sont corrigés par ce qu'on appelle
06:33les variations saisonnières.
06:35Et on a toujours des chiffres un peu chaotiques
06:37et quand c'est mauvais en fin d'année,
06:38c'est souvent bon en début d'année
06:39parce qu'il y a eu moins d'embauches,
06:40donc il y a eu moins de licenciements.
06:41Le deuxième point,
06:42c'est que je vous rappelle quand même
06:43que le grand déterminant de l'économie américaine,
06:45ce n'est pas l'IA.
06:45Des licenciements pour l'IA,
06:46il y en a aussi en Europe.
06:48La grosse différence,
06:49c'est les droits de douane
06:49où on a décidé de rendre
06:51beaucoup de biens beaucoup plus chers,
06:53qu'il y a beaucoup de sociétés
06:53qui avaient besoin d'importer
06:54et qui sont plus compétitives
06:55et que ça a détruit de l'emploi.
06:56Donc je veux dire,
06:57le gros mover sur le chômage américain,
06:59ce n'est pas l'IA,
06:59c'est les droits de douane.
07:01Et enfin, effectivement,
07:02si vous revenez en Europe
07:03et que vous posez des questions sur l'IA,
07:05il va y avoir des licenciements.
07:06Maintenant, si vous avez expliqué à quelqu'un
07:08qu'un boulanger qui s'est fait virer,
07:10il n'a rien,
07:11et qu'un gars qui avait six mois chez Google
07:12et qui s'est fait virer,
07:13il a un salaire universel,
07:15vous voyez bien que ça ne sert à rien.
07:16Par contre, on est dans la même logique
07:18qu'on évoquait sur la démographie,
07:19c'est-à-dire que dire
07:19on va vous donner de l'argent
07:20et c'est les GAFAM qui vont payer,
07:21c'est très populaire.
07:22Puis dès que vous arrivez
07:23dans des réalisations,
07:24ça ne tient jamais la route.
07:26Mais si vous voulez faire un truc
07:27qui fait plaisir aux gens,
07:28on dit que c'est la faute à quelqu'un d'autre,
07:30loin, qui paiera ?
07:31Ça marche toujours très très bien.
07:33Dans la pratique,
07:34si déjà on arrivait à éviter
07:35qu'ils filent tout leur pognon à l'Irlande
07:36ou de le filer chez nous,
07:37ce serait déjà bien.
07:38Donc arriver à espérer
07:39qu'ils financent des salaires universels,
07:41je pense qu'on est dans le fantasme
07:48juste pour ceux dont l'emploi
07:49serait fauché par l'intelligence artificielle.
07:50Financer ce revenu universel
07:51par les GAFAM.
07:53Donc il faut faire six mois,
07:54se faire virer ensuite
07:54et hop, royal au bas.
07:56On ne voit pas de façon pratique
07:57comment ça pourrait se mettre en place.
07:59C'est vrai qu'il y aurait des jalousies
08:00absolument énormes.
08:01Et puis surtout,
08:02on a une échéance électorale en mars.
08:04Donc voilà, on a l'habitude de...
08:05Non, non, mais d'accord,
08:06en France, mais en général,
08:07à plus long terme,
08:07ce n'est pas une question électorale
08:08que je vous pose.
08:09C'est une question plus longue, David.
08:10Est-ce qu'effectivement,
08:11la question du revenu universel
08:12reviendra ?
08:13Il faut espérer que non.
08:15Ça ne fait pas de sens, en fait.
08:16Il faut croire encore
08:17dans la force de la valeur travail,
08:19de sa rémunération
08:20et de la capacité
08:21de nos sociétés capitalistes
08:23à rémunérer de façon correcte.
08:26Qu'il y ait des ajustements,
08:27des déséquilibres profonds,
08:28c'est certain,
08:29mais il ne faut pas remettre en cause
08:31par un assistana permanent
08:34qui, de toute façon,
08:35n'est pas viable sur le plan.
08:36Jamie Dimon,
08:37le patron de JP Morgan à Davos,
08:39disait
08:39qu'il faut que les gouvernements
08:40et les travailleurs
08:41prévoient de nouveaux outils
08:42d'aide aux travailleurs
08:43sous peine de troubles civils.
08:45Parce que oui,
08:46que l'IA vienne
08:47dans les prochaines années
08:48à supprimer,
08:49entraîner un certain nombre
08:50de suppressions de postes.
08:50D'accord, dans le passé,
08:51on l'a déjà vu,
08:52mais ça s'est fait
08:52sur plusieurs décennies.
08:53Là, le risque avec l'IA,
08:54c'est que ça se fasse
08:54en peut-être 3-4 ans seulement.
08:56Et là, ce sera très compliqué
08:57de retrouver un équilibre rapidement.
08:59C'est pour ça que trouver
09:00de nouveaux systèmes
09:01sera peut-être nécessaire.
09:02Oui, sauf que ça a touché
09:03des catégories
09:04qui, jusqu'à maintenant,
09:04n'avaient pas été touchées.
09:05Donc, ce n'est pas
09:06les mêmes catégories
09:07et notamment, ça peut...
09:10Ils sont mieux éduqués,
09:10ils n'iront pas se révolter ?
09:11Alors, initialement,
09:12ils sont moins organisés,
09:14ils ne sont pas
09:14dans les syndicats.
09:15Et puis, surtout,
09:16ça peut entraîner
09:17un rebasculement
09:17vers des métiers
09:18plus manuels
09:19où il y a des besoins,
09:20vers des activités
09:21où, finalement,
09:23l'IA aura moins
09:23son mot à dire.
09:25Et donc, finalement,
09:26il peut y avoir
09:26des flux.
09:28Après, c'est au niveau
09:29éducation
09:29et au niveau
09:30qu'il faut réorienter
09:32les apprentissages
09:33et ça pourrait être
09:35une opportunité.
09:36Bon, on a balayé le sujet
09:37ou vous vouliez ajouter
09:38un mot ?
09:38Je voulais y réagir.
09:39Rappelez juste quand même
09:40que notre vrai défi
09:41dans les dix prochaines années,
09:42c'est un taux d'activité
09:43qui baisse
09:43parce qu'il y aura
09:44de plus en plus de seigneurs
09:45et de plus en plus
09:46de besoins de choses
09:46pas délocalisables
09:47pour les seigneurs
09:48sauf si on envoie
09:49nos parents en Chine.
09:50Et dans ce cadre-là,
09:51on a plutôt un risque
09:51de pénurie de main-d'œuvre
09:52que de trop de main-d'œuvre.
09:53Donc, qu'il puisse y avoir
09:54un petit buffer,
09:54c'est-à-dire une période
09:55de 2-3 ans
09:56où il y a peut-être
09:56un peu trop de départs
09:57et pas assez de gens
09:59reformés sur ces métiers,
10:00c'est possible.
10:01Mais je pense que la tendance
10:02de long terme
10:02est plus des sociétés
10:03qui vont vers le plein emploi
10:04que des sociétés
10:05qui détruisent des emplois
10:06et je pense que l'IAN
10:07n'y changera pas rien.
10:08Oui, c'est les droits de douane
10:10pour vous,
10:11c'est les droits de douane
10:11le gros sujet
10:12même pour l'emploi américain.
10:13Pourquoi les droits de douane
10:14d'après vous
10:14impactent profondément
10:15ce marché de l'emploi là-bas ?
10:16Parce qu'on comprend
10:17le sujet de l'immigration,
10:18bien sûr,
10:18ça crée des déséquilibres
10:19mais les droits de douane ?
10:20C'est-à-dire qu'il y a plein de gens
10:21qui ont un business de retailer,
10:23c'est-à-dire qu'ils importent des choses
10:23et qu'ils les revendent après
10:24et ils sont plus compétitifs
10:26et ils ferment.
10:27L'industrie américaine
10:28est en grande difficulté
10:29parce qu'en plus,
10:30elle se retrouve avec un dollar
10:31qui s'est cassé la gueule
10:32donc tout ce qu'elle importe
10:32est de plus en plus cher
10:34auquel on doit rajouter
10:34des droits de douane.
10:36Évidemment,
10:37les études sont sorties
10:37disant qu'en fait
10:38c'est le consommateur américain
10:39qui payait.
10:39Donc si vous voulez,
10:40il y a tout un tas de métiers
10:42dans lesquels les marches
10:42se sont effondrées.
10:44Dans le jouet,
10:44dans plein de trucs.
10:45Et donc c'est quand même un défi
10:46en plus d'une réorganisation.
10:48Et donc je pense que,
10:49vous savez,
10:49si ça n'a jamais marché
10:50et que tous les gens
10:50qu'on en fait finissent par arrêter
10:52et qu'on voit d'ailleurs
10:52la popularité de l'administration Trump
10:54qui n'est quand même pas au beau fixe,
10:56il y a une tendance lourde.
10:57Donc considérer que ça,
10:58ça ne va pas créer de problème,
10:59c'est absurde.
11:01Et parallèlement,
11:01le consommateur,
11:02lui aussi,
11:02il perd le moral.
11:03Certes sur l'emploi,
11:04ça va plutôt mieux
11:04qu'attendu au mois de janvier.
11:05Mais alors les consommateurs,
11:06on a des chiffres plutôt
11:07de la fin de l'année dernière.
11:08Pas terrible.
11:09En l'occurrence,
11:09Mattel annonce des ventes
11:10de fin d'année décevantes.
11:11Un quatrième trimestre
11:12sous les attentes.
11:13Des perspectives prudentes.
11:14Ce titre,
11:15Mattel,
11:16les jouets Mattel,
11:16ce titre perd 27% aujourd'hui.
11:19C'est incroyable
11:20de voir Mattel reculer de 27%.
11:21On a Marriottes aussi.
11:22Vous savez,
11:22les hôtels qui nous expliquent
11:24que les hôtels milieu de gamme,
11:25non, non,
11:25ça perd vraiment l'activité
11:27tandis que le luxe
11:33le business des entreprises,
11:35la disparition des classes moyennes.
11:36Est-ce qu'on assiste
11:38au retour à l'économie
11:39du 19e siècle en ce moment
11:40avec moins de classes moyennes
11:41voire plus de classes moyennes ?
11:42Thibault.
11:43Ce n'est pas ce que disent
11:43les statistiques.
11:44Les statistiques disent au contraire
11:45qu'en termes de percentile,
11:47il y a plutôt une classe moyenne
11:48de plus en plus importante.
11:49En revanche,
11:49ce que vous voyez,
11:50c'est la perte d'attractivité
11:51colossale des Etats-Unis.
11:53C'est une classe moyenne
11:54de plus en plus pauvre quand même.
11:55Je crois que Voyageurs du Monde
11:57disaient que le nombre
11:57de bookings vers les Etats-Unis
11:59s'est effondré.
11:59Donc quand vous êtes très riche
12:00et que vous faites du super luxe,
12:02vous aurez toujours des gens
12:03qui veulent aller aux Etats-Unis.
12:04Mais aujourd'hui,
12:04on vous dit qu'il faut y aller,
12:05il faut penser à la vérité
12:06via vos réseaux sociaux
12:07si vous n'avez pas critiqué
12:07Trump une fois.
12:08Ou alors vous avez booké
12:09pour X milliers d'euros
12:10et vous faites virer
12:10en arrivant dans le pays.
12:11Ça ne fait rêver personne.
12:13Vous voyez toutes ces images
12:14sur la police de l'immigration,
12:15etc.
12:16Ça ne donne pas tellement envie.
12:16Donc il y a aujourd'hui quand même
12:17entre des difficultés industrielles
12:19et une désertion de touristes
12:21qui est importante aujourd'hui.
12:22C'est vrai que pour l'industrie
12:23du jouet que je vous citais
12:24pour les droits de douane
12:25ou l'industrie du tourisme
12:26uniquement à cause de Trump
12:27pour le coup,
12:28il y a des secteurs
12:29qui sont quand même
12:30un peu tapés
12:30et pour des raisons
12:31qui n'ont rien à voir
12:32avec les sujets de classe moyenne.
12:33C'est-à-dire que si vous avez
12:34regardé le tourisme en France,
12:35en Espagne,
12:36les prévisions sont exceptionnelles.
12:38Donc vous ne pouvez pas dire
12:39qu'il n'y a plus de classe moyenne
12:40qui veut voyager aux Etats-Unis
12:40mais il y a plein de classe moyenne
12:41qui veut y tirer dans l'autre pays.
12:42C'est vraiment un sujet aujourd'hui
12:43qui est très américain
12:44les difficultés de tourisme.
12:45C'est très Donald Trump.
12:53Donald Trump a tué Barbie,
12:54c'est ça qu'on peut dire,
12:55c'est ce qui est en train
12:56de se traduire sous nos yeux
12:57avec des prix effectivement
12:58du haut tarif douanier,
12:59des produits Mattel qui explosent,
13:00les consommateurs n'en achètent plus.
13:01C'est juste Donald Trump ?
13:02Non, ce n'est pas seulement ça.
13:03Je pense aussi au niveau
13:04des marchés financiers aujourd'hui,
13:06on raisonne de plus en plus
13:07en termes d'abord d'ETF.
13:09Donc on utilise des outils
13:10qui sont de plus en plus
13:12à large spectre
13:13et finalement indéterminés.
13:14Et surtout,
13:15on raisonne en termes de thématiques.
13:17Et il y a vraiment cette idée
13:18de il ne faut pas que je sois
13:19dans les thématiques
13:20qui s'écroulent.
13:22Et donc lorsqu'il y a
13:22une décision soudaine
13:24ou une information assez importante,
13:26ça crée en fait des mouvements
13:27qui sont amplifiés.
13:28C'est-à-dire qu'il y a 20 ans,
13:30Mattel probablement
13:30n'aurait pas baissé
13:31d'un tel niveau.
13:35Aujourd'hui, en fait,
13:36on va aller vendre massivement
13:39certaines thématiques
13:40pour aller se repositionner.
13:41Et ça devient finalement
13:43une allocation
13:44à des niveaux sectoriels,
13:46à des niveaux...
13:47Et il y aura les thématiques gagnantes.
13:49Et puis on va pouvoir les jouer
13:50parce qu'il y a
13:513 000 à 5 000 ETF
13:53qui existent maintenant
13:53dans le monde.
13:54Et ça, derrière,
13:55ça a des répercussions
13:56bien sûr sur les valeurs
13:57parce que si vous avez...
13:58Alors sur Mattel,
13:59c'est peut-être moins vrai,
14:00je ne sais pas,
14:00il faudrait regarder en fait
14:02quels sont les ETF
14:02qui s'appuient
14:03sur des thématiques spécifiques,
14:06sur les jeux,
14:08les loisirs.
14:09Et ça peut vraiment avoir
14:10des impacts extrêmement forts.
14:11Mattel,
14:11moins 27% aujourd'hui,
14:13vous dites
14:13que c'est le même phénomène
14:14pour d'autres raisons,
14:15mais c'est la même mécanique
14:16de marché
14:17que Dassault Systèmes
14:18qui aujourd'hui perd 21%.
14:20Finalement,
14:20c'est le tarif.
14:21On le voit,
14:22c'est au moins 20% de baisse,
14:24c'est la reconnaissance.
14:25Et c'est vrai,
14:26en fait,
14:26les investisseurs
14:27deviennent de plus en plus radicaux,
14:28c'est-à-dire,
14:28c'est tout ou rien.
14:30Et ce n'est pas
14:31je coupe ma position de moitié,
14:33je prends des précautions.
14:34C'est véritablement
14:35je fuis ces segments
14:36comme la peste.
14:38Et c'est maintenant,
14:38tout de suite.
14:39Je veux le faire maintenant.
14:40Je ne donne même pas de temps.
14:41C'est un truc
14:42qu'on a oublié de dire
14:43en début d'émission
14:43qu'on avait prévu de dire,
14:44c'est qu'on est lentement
14:45en train de s'habituer
14:46qu'il y ait des moins 25%
14:48sur le CAC 40.
14:51Ce n'était pas si courant
14:52il y a quelques années.
14:53Là,
14:53on s'y habitue.
14:54Et à Wall Street aussi.
14:56Et à Wall Street également.
14:57Même tarif,
14:57c'est ce que vous disiez.
14:58Thibault,
14:58aujourd'hui,
14:59d'AssoSystem perd 21%.
15:01Pour d'autres raisons,
15:01évidemment,
15:02que Mattel,
15:02on n'est pas sur le même...
15:03Il y a un sujet sur l'IA,
15:04ils sont peut-être très en retard
15:05d'AssoSystem.
15:06On va beaucoup en parler encore
15:07dans la suite de BFM Bourse.
15:08Mais ce mécanisme de marché,
15:10ce pur mécanisme de marché
15:11que vient de décrire David,
15:12c'est ce qui explique effectivement
15:13que les investisseurs,
15:16là,
15:16sur une séance,
15:17on va dire,
15:18fixe,
15:19de façon peut-être définitive,
15:20le destin boursier
15:22à venir des entreprises
15:22comme ça,
15:23à travers des moins 20,
15:24moins 25%.
15:24La semaine dernière,
15:25c'était l'Antis aussi,
15:26c'était vendredi.
15:27Alors,
15:27c'est assez compliqué.
15:28Je pense que les bourses
15:29n'ont pas forcément
15:30la même profondeur,
15:30etc.
15:31Mais on est dans des mécanismes proches.
15:32Je ne rentrerai pas trop
15:33dans l'État sur d'AssoSystem
15:34parce que j'avais prévu
15:35d'en parler dans ma Data Room.
15:40que d'AssoSystem
15:41était historiquement,
15:41contrairement à Mattel,
15:43une valeur extrêmement chère.
15:44Et quand vous avez
15:44une valeur extrêmement chère,
15:46à la moindre déception,
15:47vous prenez une claque.
15:47Ça,
15:48c'est le premier point.
15:48Et les claques sont plus grosses.
15:49Et effectivement,
15:50on pourra en reparler plus tard,
15:51ça donne aussi un signal
15:52sur le marché américain
15:52qui est justement très cher.
15:53Ce qui est moins le cas
15:54dans d'autres secteurs
15:56type Mattel ou autre.
15:57Le deuxième point,
15:58c'est qu'à l'exemple,
15:58la Bourse de Paris,
15:59on a eu l'exemple
16:00de nombreuses sociétés
16:01qui ont pris des moins 10,
16:01moins 15,
16:02moins 20,
16:03et qui derrière,
16:03en ont pris 10 autres.
16:04Et donc,
16:05en fait,
16:05la notion de
16:06quand ça fait moins 20,
16:07il faut acheter
16:07parce que ça va rebondir,
16:08que vous avez travaillé
16:09sur Ingenico,
16:10que vous avez travaillé
16:11sur Ubisoft,
16:12que vous avez travaillé
16:12sur téléperformance,
16:13en fait,
16:14on a eu l'impression
16:15qu'avant,
16:16on disait il y a moins 10,
16:17c'est excessif,
16:18il faut acheter.
16:18Maintenant,
16:19il y a telle différenciation
16:20dans les performances
16:20des entreprises
16:22que souvent,
16:22au premier signal,
16:23il vaut mieux se barrer
16:24et ne jamais revenir.
16:25Et donc ça,
16:26ça amplifie.
16:26C'est-à-dire que la réalité,
16:27c'est que les gens
16:28qui à moins 8 ont vendu
16:29pour amener à moins 20,
16:30sur les 4-5 dernières années,
16:32ils ont plutôt eu raison.
16:33Je ne sais pas,
16:34vous prenez solution 30,
16:34c'est la valeur star de la coque,
16:35ça fait diviser par 15,
16:36et en fait,
16:37il ne fallait pas avoir peur
16:38de vendre à moins 20.
16:39Donc il y a aussi
16:41des comportements de société
16:42qui sont tellement
16:44hyperaboliques à la hausse
16:45comme à la baisse,
16:45qu'en réalité,
16:46vous avez maintenant
16:47une incitation
16:47à ne pas dire
16:48c'est moins 10,
16:49c'est moins 20,
16:50c'est trop ou pas assez,
16:50mais juste dire
16:51quand le joujou est cassé,
16:53on part.
16:53C'est un truc qu'on observe
16:54depuis maintenant
16:55plusieurs années d'ailleurs,
16:56c'est que les tendances
16:58des valeurs,
16:58les tendances de variation
16:59des valeurs
17:00sur plusieurs années
17:00parfois se jouent
17:01sur à peine 2-3 séances.
17:03C'est-à-dire que tout bascule
17:03sur 2-3 séances
17:04et ça inscrit la tendance,
17:05ça la fige et l'imprime
17:06pour plusieurs années.
17:07Vous vous rendez compte
17:08d'Assosystem,
17:08ça s'est payé 90 fois
17:09les résultats.
17:10Là, aujourd'hui,
17:10on est à 16.
17:12Oui.
17:12Enfin, je veux dire,
17:13c'est quand même
17:13des changements de regard
17:14du marché sur une valeur
17:16qui sont monstrueux,
17:17donc ça montre bien
17:18que le déclassement,
17:19une fois qu'il est opéré,
17:20c'est plus une valeur
17:21de croissance chère.
17:22Voilà.
17:22C'était supposé
17:23être une valeur de croissance,
17:24leur croissance,
17:24elle est à peine 3%.
17:26David ?
17:26Alors, je pense qu'il faut
17:27aussi avoir en tête
17:28qu'on est sur des points
17:30hauts de marché
17:31et qu'est-ce qui fournit
17:32de la liquidité aujourd'hui
17:33sur les actions,
17:34sur les obligations ?
17:35Il y a une très grosse
17:37activité des hedge funds
17:38et ces hedge funds,
17:40quand ils y vont,
17:40ils n'y vont pas
17:41pour faire du moins 5.
17:43S'ils shortent une valeur
17:44et s'ils tous sentent
17:47qu'il y a un effet de flux
17:48et en fait, plus on avance,
17:50plus il y a,
17:51alors je ne dirais pas
17:52qu'il y a une entente,
17:53mais il y a une espèce
17:54de chasse qui s'organise.
17:56Bien sûr,
17:57la liquidité de ces valeurs
17:58en quotidien
17:59n'est pas si profonde
18:00que ça.
18:01Il faut aller emprunter
18:02des titres
18:02et il faut aller
18:03d'un paie-le-marché
18:04et qui va ramasser,
18:05qui va ramasser
18:06et rattraper un couteau
18:07qui est en train de tomber
18:08déjà de 10 à 15 ans ?
18:09Tout ça,
18:10personne ne le fait.
18:10Ce qui se passe sur les valeurs,
18:11c'est le meilleur plaidoyer
18:12pour les ETF ?
18:13Non, pour les investisseurs
18:14qui ont peur
18:14de dépendre de tel ou tel titre.
18:15Quand ils voient
18:16ce qui se passe
18:16sur une séance à peine,
18:17certains sont en vacances
18:19et vont se réveiller.
18:20Oui, sauf quand c'est Nvidia
18:21qui va perdre 25%.
18:22Voilà.
18:23Parce qu'alors-là,
18:23vous allez avoir
18:24un véritable massacre.
18:27On poursuit David,
18:28Thibault, Antoine,
18:29nos échanges dans un instant.
18:30On est à à peine
18:3013 minutes de la clôture.
18:32On accélère
18:32dans la dernière ligne droite
18:34de cette séance.
18:35Le CAC est parfaitement stable,
18:36malgré donc d'assaut système,
18:37qui désormais baisse
18:38très peu dans le CAC,
18:39moins 20% d'assaut système.
18:40Promis, on y revient en détail
18:41après la clôture tout à l'heure.
18:43Publicis aussi recule.
18:44Capgemini
18:44et toutes ces valeurs
18:46perdantes de l'IA
18:46du point de vue des marchés.
18:47C'est elle qui aujourd'hui
18:48signe les trois plus fortes baisses
18:49du CAC.
18:49Il y a vraiment un arbitrage,
18:51une frontière IA dans le marché.
18:52Et à l'inverse,
18:53à la hausse,
18:53ces valeurs qui ne dépendent
18:54absolument pas de l'IA,
18:55qui remplacera ArcelorMittal
18:57pour faire de l'acier ?
18:57Personne et surtout pas l'IA.
18:59Alors peut-être d'autres groupes,
19:00mais pas dans l'IA.
19:01ArcelorMittal gagne 5%.
19:02Orange gagne 4%.
19:04JTD Electric et Legrand
19:05eux sont des gagnants de l'IA
19:06et ce sont deux
19:07des plus fortes hausses aussi
19:07aujourd'hui,
19:08plus 4%.
19:08Donc vous voyez que c'est vraiment
19:09l'IA qui fait la frontière
19:10du jour en bourse.
19:11On en parle messieurs.
19:13Et d'ailleurs,
19:13c'est frappant de voir que
19:15Mattel perd 27%
19:18quand Alphabet
19:19annonce une levée de dette
19:20à horizon 100 ans.
19:21Moins 27% Mattel,
19:23les jouets,
19:24et Alphabet qui attirent
19:25une demande 10 fois supérieure
19:27à l'offre
19:27sur une émission
19:28à 100 ans.
19:29Comme si Alphabet
19:30s'achetait l'éternité
19:31quand Mattel
19:32est en train de perdre la sienne.
19:33C'est cette bascule aussi
19:34qu'on est en train d'observer
19:35manifestement.
19:37Moi, ce n'est pas très rassurant
19:38parce que ça veut dire
19:39que les gens vont chercher
19:42le rendement le plus élevé.
19:43Donc ils vont aller chercher
19:44sur les maturités
19:45les plus élevées.
19:47Mais ça veut dire aussi
19:48que quelque part,
19:49ils se disent
19:49de toute façon,
19:50je ne vais pas la conserver
19:50100 ans
19:51jusqu'à remboursement
19:53du capital.
19:55Donc ça va devenir
19:56des véhicules de trading
20:00où on va probablement
20:02avoir beaucoup plus
20:02de volatilité
20:03que sur des obligations
20:04à 5 ans ou 10 ans
20:05où les gens conserveraient.
20:07En fait,
20:07vous vous engagez,
20:08vous êtes créditeur,
20:10vous pensez que la boîte
20:10sera solvable au moins
20:11sur les 10 années à venir,
20:13vous allez toucher votre coupon
20:14et vous arrêtez
20:15de vous poser des questions
20:15sur le va-et-vient
20:16de la valeur.
20:17Quand vous rentrez
20:17sur ces valeurs
20:18à 30, 40, 100 ans
20:20et ce qu'on appelle
20:21les perpétuels
20:22qui sont des quasi-actions,
20:24donc c'est des obligations hybrides
20:26et ça c'est des segments
20:28où en fait vous allez faire
20:29du trading.
20:30Vous n'allez pas en fait
20:31être en achat
20:32et je détiens jusqu'à la fin.
20:35Donc ce genre d'émission,
20:36il y a à peine 1,4 milliard de dollars
20:38qui ont été émis à 100 ans.
20:39Ce n'est pas énorme.
20:39Ce n'est pas énorme.
20:40Mais bon,
20:40ça suffit à en faire parler,
20:41la preuve ?
20:42Ça peut,
20:43il faut y aller
20:44en ayant l'idée
20:45de faire du trading
20:47à 2, 3 ans, 5 ans
20:50et se préparer probablement
20:51à sortir bien avant l'échéance.
20:53Ils ont trouvé des acheteurs
20:54pour une dette à 100 ans.
20:55Alphabet, quand même,
20:56un groupe qui,
20:57il y a 25 ans,
20:58n'existait pas
20:58et qui là,
20:59parie sur une existence
21:00d'au moins 100 ans
21:01et les créanciers surtout
21:02ont parié sur le fait
21:03qu'Alphabet sera encore là
21:03dans 100 ans.
21:04Est-ce que vous pensez
21:05qu'ils ont forcément eu raison ?
21:07Alphabet dans 100 ans
21:08sera encore un acteur dominant ?
21:09Thibaut,
21:09c'est le pari qu'ils ont pris ?
21:10Alors, je voulais répondre,
21:11c'est très technique,
21:12c'est de l'obligataire.
21:13Donc je dirais,
21:13un, on s'en tape
21:14et deux,
21:14vous faites un faux débat
21:15si je peux me permettre.
21:16Un faux débat
21:17parce que quand on parle
21:18de Saint-Gobain
21:18qui est encore là,
21:20tous les États sont encore là
21:21et 90% des États
21:22ont déjà fait défaut
21:23sur leur dette.
21:24Donc savoir si une société
21:25est encore là
21:25et qu'elle était là
21:26il y a un siècle,
21:27deux siècles ou trois siècles,
21:27on s'en fout.
21:28La question c'est
21:28est-ce qu'elle a toujours
21:29payé ses créanciers ?
21:30Et Saint-Gobain en 2009
21:31n'était pas très très loin,
21:32vous vous souvenez
21:32à l'époque du bazar
21:33que ça a mis sur Vindel,
21:34de planter ses créanciers.
21:35Ça ne veut pas dire
21:36qu'elle n'aurait plus été là,
21:37ça veut dire qu'elle aurait
21:37demandé une décote de 50%
21:46qu'elles ont planté les créanciers.
21:47Donc attention,
21:47quand on parle d'obligataires,
21:48on ne parie pas sur le fait
21:49qu'une société sera encore là,
21:50on parie qu'elle sera là
21:51sans avoir planté les créanciers.
21:52American Airlines
21:53a déjà planté les créanciers
21:54trois fois,
21:55ça n'empêche pas
21:55d'être toujours présent
21:56et de mettre des avions
21:57en garantie
21:57quand elle va emprunter.
21:58Donc ça c'est un premier point
21:59très technique.
21:59Le deuxième point,
22:00rappelez-vous,
22:01il y a des énormes indices ETF
22:02sur des obligations.
22:04Donc quand vous dites
22:04qu'il y a une boîte
22:05qui va émettre un milliard,
22:06même si elle n'est pas top,
22:07si les gens se disent
22:08« ça va être dans les indices,
22:08il faut que j'en aie »,
22:09tout le monde va acheter
22:10pour en avoir comme les indices.
22:12D'où cette demande sur Alphabet
22:1310 fois supérieure à l'offre.
22:14Oui, bien sûr.
22:15Même à 100 ans.
22:16Et puis si on vous dit
22:16« c'est 5 fois supérieur à l'offre,
22:18mais il faut que vous en ayez »,
22:19vous êtes obligés de demander plus
22:20parce que vous savez
22:21que vous en aurez moins.
22:21Donc à tout un mécanisme
22:22propre à l'obligataire,
22:24moi quand j'étais restable
22:24de gestion obligataire,
22:25parfois vous demandiez
22:252 fois, 3 fois, 4 fois
22:26ce que vous vouliez en réalité,
22:28même si vous pouviez les placer
22:29en sachant que vous seriez réduit
22:38c'est que vous avez
22:38de l'actif passif
22:39dans la gestion obligataire.
22:40C'est le deuxième ennemi là.
22:41Voilà, vous avez des mutuelles,
22:43des gaz de retraite,
22:44des gens qui ont besoin d'investir
22:45et parfois,
22:45ils ont besoin de régler
22:46leur sensibilité.
22:47Et si vous voulez
22:48augmenter votre sensibilité,
22:49s'il y a une obligace,
22:50en tant c'est pratique,
22:50vous en achetez un tout petit peu,
22:52ça monte beaucoup votre sensibilité.
22:52C'est pour ça que cette émission
22:54obligataire a été réalisée
22:55en livre Sterling,
22:55c'est qu'il y a beaucoup
22:56de fonds de pension britanniques
22:57qui sont concernés.
22:58Pour ce qu'on appelle
22:59« edge », c'est-à-dire
23:07il y a juste un élément,
23:09c'est qu'à partir
23:10d'une certaine maturité,
23:11des durées,
23:13en fait,
23:13on ne voit même plus la différence.
23:14C'est-à-dire qu'entre du 40 ans
23:15et du 100 ans,
23:16si on vous propose
23:1750 points de base de plus
23:18pour le 100 ans,
23:19vous allez aller prendre le 100 ans
23:20parce que personne ne sait
23:22ce qu'il y aura.
23:23Là, Thibaut va dire
23:24que je lance encore
23:25un faux débat,
23:25donc j'ai besoin de vous là,
23:26David.
23:26Non, pas mon style.
23:28Vous êtes hors jeu, vous, Thibaut.
23:29On va la poser,
23:30cette question.
23:31Certains créanciers
23:32choisissent de prêter
23:34de l'argent
23:34à 100 ans à Alphabet.
23:36Et vous,
23:37à quelle entreprise
23:38oseriez-vous prêter
23:39votre argent
23:39pendant 100 ans
23:40en espérant retrouver
23:41votre capital
23:41donc dans 100 ans ?
23:42Alphabet, effectivement,
23:43ou plutôt un bon vieil Air Liquide,
23:45un bon vieux Saint-Gobain
23:46ou un bon vieux Airbus ?
23:48À qui vous prêteriez
23:49comme ça à 100 ans ?
23:50Alphabet ou pas ?
23:51Alors moi,
23:52ça serait plutôt Airbus,
23:53je pense,
23:54parce que je resterais
23:56quand même dans l'idée
23:56que les États
23:57vont quand même garder
23:58une certaine main
23:59sur les événements
24:00et sur les trajectoires
24:02malgré leur endettement.
24:03Et donc,
24:04il faut des sociétés
24:05qui sont quand même
24:06proches de ces États
24:07qui sont capables
24:08de gérer en fait
24:10des cycles longs
24:11et des situations
24:12politiques tendues.
24:14Les GAFAM
24:14ont moins d'expérience,
24:15ils font leur premier pas
24:17actuellement,
24:18on le voit
24:18avec l'administration Trump.
24:20Par contre,
24:21des sociétés comme Airbus
24:21sont déjà quand même
24:22beaucoup plus établies
24:23dans ce domaine-là.
24:24Donc,
24:24j'aurais tendance
24:25à leur donner...
24:26Vous dites,
24:26dans 100 ans,
24:27il y aura encore Airbus,
24:28à moins qu'on ait inventé
24:29la téléportation d'ici là.
24:30Mais peut-être que Airbus
24:32l'aura inventé
24:32ou aura été
24:33une des sociétés
24:34pionnières dans ce domaine-là.
24:35Tout à fait.
24:35Thibaut,
24:36vous vouliez rebondir là-dessus ?
24:36Oui,
24:37juste dire deux choses.
24:38Un,
24:38je vous rappelle
24:38qu'une action,
24:38c'était théoriquement
24:39une obligation à durer infini.
24:41Donc,
24:41quand on achète une action,
24:42on pourrait dire
24:42que vous l'achetez
24:43pour l'infinité du temps.
24:43Ça ne vous empêche pas
24:44de la vendre,
24:44c'est pareil sur une obligation.
24:45Deuxième point,
24:46Saint-Gobain,
24:46comme Tesla,
24:47ce sont des sociétés cycliques.
24:49Une société cyclique
24:49qui n'a pas de période
24:50de défaut pendant un siècle,
24:51c'est extrêmement rare.
24:53Et,
24:53par contre,
24:53les sociétés
24:54qui ont un soutien étatique
24:55pour des raisons stratégiques
24:56est souvent quelque chose
24:58qui tient beaucoup mieux
24:59dans ces périodes-là.
25:00Donc,
25:00en fait,
25:00vous devriez prendre
25:00une société
25:01qui n'est pas cyclique.
25:03Et si vous avez
25:04des sociétés cycliques,
25:05Airbus sera logiquement
25:06le choix le plus sûr
25:07si on prend des critères obligataires.
25:08Je ne suis pas d'accord.
25:09Saint-Gobain,
25:09ça a été créé en 1665
25:11par Colbert sous Louis XIV.
25:12Vous avez une idée
25:13de combien de fois
25:13ils ont pu planter
25:14des créations de puits ?
25:14Mais elle a survécu
25:15à des révolutions,
25:16à deux guerres mondiales,
25:17plusieurs changements de régime.
25:18Elle est toujours là, Saint-Gobain.
25:19Mais est-ce que vous savez
25:20si les gens qui lui ont prêté
25:20de l'argent ont toujours
25:21récupéré leur pognon ?
25:22C'est ça, une obligation ?
25:23Je veux dire,
25:23il y a plein d'États
25:24qui sont toujours là,
25:25que vous avez plantés.
25:26Je vous disais
25:26l'exemple d'America Airlines.
25:27American Airlines est toujours là,
25:28c'est super,
25:29mais le nombre de créanciers
25:30qui ont prêté de l'argent,
25:31qui n'ont rien récupéré,
25:31il est énorme.
25:32Donc, vous voyez,
25:33le problème,
25:33c'est qu'être là,
25:35oui,
25:44de ne jamais avoir
25:46un problème d'activité
25:47à Covid,
25:47à quelque chose
25:48qui la met par terre.
25:49Et ça,
25:49plus l'activité est cyclique,
25:50moins c'est probable.
25:52Bon.
25:53Phil réagit, tiens,
25:54sur le Félix BFM Bourse,
25:55il écoute nos débats.
25:56Il nous dit, Phil,
25:57même l'Argentine
25:58a plus de chances
25:59d'être là dans 100 ans
26:00que Google.
26:01Bon, je ne sais pas.
26:02Enfin, oui, l'Argentine,
26:03sans doute.
26:04Et encore,
26:04avec Donald Trump à côté,
26:05comme voisin,
26:06je ne sais pas
26:06si l'Argentine
26:06ne sera pas devenue américaine.
26:07Je ne sais pas
26:08qui c'est, Phil.
26:09Attention.
26:10L'esprit patriote
26:12et patriotique
26:13peut faire que,
26:14voilà,
26:16ça perdure.
26:17Enfin, l'État
26:17est celui qui spoile
26:18le plus les gens en général
26:19parce qu'en plus,
26:19la monnaie permet
26:20de rembourser
26:21en monnaie de singe
26:21quand on veut
26:22sans même vexer les gens.
26:23Dans les marchés,
26:24il y a plein de secteurs
26:25qui se demandent
26:25s'ils seront encore là,
26:26non pas dans 100 ans,
26:27mais dans 2 ans.
26:27Il y a les logiciels
26:28qui seront en grand
26:29remplacés par l'IA ou pas.
26:30Ça a été la chute vertigineuse
26:32de la semaine dernière.
26:33On a vu hier
26:33les assureurs
26:34un peu dégradés par le marché
26:35parce que des outils d'IA
26:36permettent désormais
26:37de les mettre plus en concurrence
26:38donc moins de marge à venir
26:39chez les assureurs.
26:40C'est une question
26:40qu'a posé le marché
26:41et puis dans les services financiers aussi.
26:43Pareil,
26:43une nouvelle IA
26:44qui a été présentée
26:45par une start-up
26:45et qui continue
26:47de faire baisser ce secteur
26:48aujourd'hui à Wall Street.
26:48Les banques américaines
26:49sont encore en baisse.
26:50Dans les services financiers
26:51toujours,
26:52on a Raymond James
26:52qui perd encore 1%
26:53après avoir perdu 12% hier.
26:55Stifel
26:55qui perd encore 2% aujourd'hui.
26:57Ameriprise Financial
26:58qui perd 4%.
26:59Charles Schwab
26:59qui perd 4%.
27:00Ça continue.
27:01L'IA continue
27:01de faire des dégâts
27:02à l'instant où on se parle,
27:03David.
27:04Le fait est que l'IA
27:05remet en question
27:07les modèles
27:08de tous ces secteurs.
27:09C'est-à-dire qu'on ne voudra
27:11plus payer pour des moyens,
27:12on voudra payer
27:13pour des résultats.
27:14Parce qu'en fait,
27:15ce que nous propose l'IA,
27:16c'est qu'elle nous promet
27:17des résultats.
27:18Elle ne nous dit pas
27:18s'ils vont être vrais
27:19et bons,
27:20mais vous savez
27:21que vous allez avoir
27:21des résultats avec l'IA.
27:22Et donc,
27:23comment vous pouvez à côté
27:24être une société
27:25qui va dire
27:26nous on ne vous promet
27:26aucun résultat
27:27mais par contre,
27:28il va falloir nous financer
27:29dans les moyens
27:30et dans les valeurs blancs.
27:30C'est là qu'il faut
27:31que ces sociétés
27:32repensent leur business model
27:33et leur façon
27:34de tarifier en fait
27:35leurs clients
27:36en promettant
27:37des résultats
27:38et si possible
27:39des résultats
27:40qui intégreront l'IA
27:40et qui seront
27:42meilleurs que l'IA pur.
27:43En matière d'investissement,
27:44donc vous dites
27:45vive l'Europe,
27:45on renforce l'Europe
27:46chez Bédurand Capital
27:49avec...
27:49Sur l'obligataire européen
27:50absolument
27:50et on augmente
27:51les durations.
27:52Sur les actions
27:52parce que beaucoup d'auditeurs
27:53nous interroge aussi
27:54sur les actions.
27:54Oui, parce que les valorisations
27:55sont attractives
27:56et puis on a
27:56les secteurs traditionnels
27:57qui sont très représentés
27:58justement.
28:00le financier,
28:01l'industriel,
28:02les matières premières,
28:03les matériaux.
28:05Là, on a le choix.
28:06C'est ça,
28:06tout ce qui ne dépend pas
28:07de l'IA
28:07ou s'ils en dépendent
28:08en profiteront.
28:09Les secteurs de l'énergie,
28:10l'électricité,
28:11les matériaux...
28:11Ça paraît beaucoup plus stable
28:12et beaucoup plus pérenne
28:13dans les mois à venir.
28:14Et on en a ici en Europe,
28:15on est en retard sur l'IA
28:16mais finalement,
28:17tant mieux Thibaut.
28:18Finalement, tant mieux.
28:19Oui, on fait avec on va dire.
28:21Tant mieux, je ne sais pas.
28:22Mais on a des opportunités
28:23mais je vous rappelle aussi
28:23quand même que la réalité
28:24c'est que
28:25quand un marché est trop haut,
28:26toute raison est bonne
28:27à le faire baisser.
28:28Donc on peut mettre sur l'IA
28:28plein de baisses.
28:29La réalité, c'est que
28:29le marché américain
28:30a connu des tonnes
28:31d'années stratosphériques,
28:32que beaucoup de trucs
28:32sont beaucoup trop chers,
28:33que ça baisse pour l'IA
28:34ou pour autre chose
28:35ou pour Trump,
28:36c'est juste entre guillemets
28:37une excuse.
28:38Le marché européen
28:39n'a pas cette caractéristique
28:40d'être à des valorisations
28:41délirantes.
28:42Donc il est moins sensible
28:44à des effets exogènes
28:45en termes de valorisation.
28:46Et le MSCI émergent
28:47est sur un plus haut historique.
28:48Grâce à la baisse du dollar,
28:49le MSCI émergent,
28:50les émergences
28:51a continué de cartonner.
Commentaires

Recommandations