00:0017h32, la rotation de l'horloge, on est à 4 minutes de la clôture, auparavant on entre dans la data room.
00:13Tout converge ici dans la data room, le hub mondial des meilleures données de marché, les datas.
00:18David et Thibault, êtes-vous prêts ?
00:20Oui.
00:20Une minute chacun pour nous livrer une data forte, dans un instant Thibault ce sera vous.
00:24Très surprenant de votre data, j'invite chacun à rester avec nous, on parlera démographie incroyable, enfin inattendu en tout cas.
00:30Auparavant David, votre chiffre assez dingue aussi, 2,3%.
00:332,3% c'est la nouvelle prévision de croissance de l'économie américaine, annoncée par la Fed.
00:41Donc c'est sa prévision officielle, c'est intéressant parce que si on remonte au mois de juin, on était à seulement 1,6%.
00:46Et donc c'est intéressant de voir une banque centrale continuer de baisser les taux, alors qu'elle est en train de revoir assez fortement à la hausse la croissance.
00:54On a là un mouvement à court terme qui est assez idéal, ce qui veut dire que l'inflation est sous contrôle, on pense que les taux sont encore trop élevés.
01:04Et on n'a pas peur en fait de voir la croissance repartir à la hausse et réaccélérer.
01:09Donc d'un point de vue boursier et financier, les marchés devraient les prendre plutôt positivement.
01:14Oui, le taux de croissance annuel de PIB, donc de croissance de l'économie américaine attendue l'an prochain par la Fed, 2,3%.
01:19Pas mal, bien, du bon côté de la force effectivement.
01:23A vous Thibault de nous livrer votre chiffre.
01:25Alors je disais, c'est assez spectaculaire, inattendu pour le coup, moins 23,5%.
01:29De quoi s'agit-il ?
01:30Absolument, statistiques qui décoiffent, enfin uniquement ceux qui étaient coiffés, c'est la baisse sur 30 ans de la fécondité en Algérie.
01:35J'avais envie de tendre le coup à cette idée reçue qu'on regarde les problèmes de démographie en France, mais à très nombrilistes, comme si on était les seuls à avoir un problème,
01:42en considérant qu'on va se faire grand remplacer parce que d'autres populations ont une démographie beaucoup plus forte.
01:46Il faut constater que sur 30 ans en France, on est quasi à l'équilibre.
01:49On a beaucoup monté puis rebaissé.
01:51Aux Etats-Unis, on est à moins 10.
01:52Donc en Europe, globalement, en moyenne, on est plutôt à moins 10.
01:54Donc c'est deux fois plus de baisse en Algérie, trois fois plus au Maroc.
01:58Si on va dans d'autres pays, comme l'Angola, c'est quatre fois plus.
02:00Donc en fait, cette convergence démographique à la baisse, elle est très forte et elle est plus forte ailleurs.
02:05Et donc la réalité, c'est qu'on est en fait, sur tous les pays, une convergence vers les 1, 6, 1, 7 enfants par femme,
02:10que dans les grandes villes algériennes, on est déjà sous les deux enfants par femme.
02:13Et donc cette thématique de la baisse démographique, de la dénatalité, elle est mondiale.
02:17Et essayer de l'isoler ou de la regarder par un petit bout de la lorniette franco-français, c'est une grave erreur qu'il ne faut pas faire.
02:22Regardons global, c'est là qu'on voit des choses intéressantes et qu'on voit aussi qu'il n'y a pas vraiment de bonnes solutions à ce sujet.
02:28Mais c'est quoi la clé ? Enfin, comment on explique ? Vous avez battu le chrono d'ailleurs, vous aussi, comme David.
02:32Comment on explique cette chute de la fécondité ? Vous le disiez en Algérie, elle recule, elle chute la fécondité deux fois plus vite qu'en Europe ou aux Etats-Unis, là, sur 30 ans.
02:39Enfin, c'est assez dingue. Au Maroc, trois fois plus vite. Dans plein de pays, même en Asie, en Chine, bien sûr, mais même dans plein pays d'Afrique.
02:45En Amérique du Sud aussi, en Colombie, qui est un pays que je fréquente régulièrement,
02:48ils parlent régulièrement dans leurs journaux de comment relancer la natalité.
02:51En Colombie, comment on explique que ce facteur soit aussi mondialisé ? La chute de la fécondité et de la natalité ?
02:56Alors, c'est un sujet très complexe auquel je parlerai lentement dans un livre à sortir en début d'année.
03:02La réalité est que ça baisse partout parce que, un, la mortalité a baissé partout.
03:07C'est-à-dire qu'on a aujourd'hui, malgré tout, plus de capacité à garder ses enfants en vie.
03:12Et donc, du coup, on a moins besoin d'en faire.
03:14Et puis, qu'il y a beaucoup de facteurs sociaux qui, en fait, quelque part, ont poussé les gens à faire de moins en moins d'enfants.
03:20Également, qu'on les fait de plus en plus tard.
03:22Et donc, quand on a envie de se mettre à en faire plein, si on s'y met à 22 ans, c'est plus facile qu'à 35.
03:26Beaucoup d'éléments. Il faudrait 10 émissions pour en parler.
03:28Mais ce qui est sûr, c'est que prendre un prix très fronté en disant que c'est les prix de l'immobilier ou autre,
03:32alors que des pays qui ont des problématiques qui sont à l'opposé, voient exactement le même mouvement,
03:36c'est sans doute pas très bon.
03:37Et donc, tout raisonnement démographique qui n'est pas mondial est probablement faux.
03:40Gardez ça en tête.
03:41Oui, et plus la mortalité baisse, plus la natalité aussi baisse.
03:45Moins on fait d'enfants.
03:45Absolument.
03:46C'est-à-dire que moins on a peur de la mort, moins on fait d'enfants.
03:49Oui, après, c'est des trucs très anciens.
03:50Il y a deux siècles, vous avez besoin de quelqu'un pour vous aider dans le travail agricole.
03:54Il vous fallait des enfants.
03:55Et si vous en perdiez la moitié, il fallait en faire plus.
03:57Donc, à la base, c'était un raisonnement assez simpliste qui, finalement, s'est propagé de manière, en fait, assez logique.
04:02Thibaut Prébé, ce livre à sortir, donc, apparaître sans doute d'ici au printemps.
04:06Merci beaucoup, Thibaut.
04:07Merci à David Gau pour Bédurand Capital Partners de nous avoir tous les deux accompagnés.
04:11David, votre expertise sur les marchés asiatiques, notamment, toujours passionnante.
04:14Et après cette introduction en bourse, très spectaculaire, d'un directeur de l'IA en Chine.
04:18Vous nous en parliez tout à l'heure au début du club.
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