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  • il y a 16 minutes
Jeremy Angelier, réalisateur primé et fondateur de studio IA, réunit 300 créateurs de 50 pays pour réinventer la publicité. Son ambition : créer des films publicitaires cinématographiques de haute qualité, rendus accessibles aux marques grâce à l'intelligence artificielle. Sélectionné parmi les 20 start-up les plus prometteuses au monde, il prouve que l'IA peut être un outil au service de la créativité, sans sacrifier l'exigence artistique.

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Transcription
00:00On commence cette édition avec les interviews de l'IA, le rendez-vous de Smartech avec ceux qui font l'actualité et la décrypte dans le domaine de l'intelligence artificielle.
00:11Aujourd'hui autour de la table, Sophie Duranteau, bonjour.
00:14Bonjour.
00:14Vous êtes manager conseil chez Niji qui est un cabinet de transformation numérique et on va parler ensemble des tendances 2026 et notamment autour de l'intelligence artificielle bien évidemment.
00:24Avec vous, Jérémy Angelier. Bonjour Jérémy.
00:28Bonjour.
00:28Vous êtes fondateur de Shake. On va démarrer évidemment avec Sophie, honneur aux femmes, place aux dames, on n'en a pas toujours et ça c'est parfois une grande tristesse pour moi.
00:39Sophie, donc votre agence conseille les entreprises sur les grandes transformations numériques.
00:46J'imagine que c'est dans ce cadre que vous vous rendez chaque année sur le CES de Las Vegas.
00:50On a déjà fait un décryptage des gadgets, des technos, des machins, mais quelles sont vous les grandes tendances avec lesquelles vous êtes revenus et que vous avez envie de partager,
01:00notamment pour que vos clients, les entreprises, prennent le bon chemin de l'intelligence artificielle.
01:06Alors, qu'est-ce qui vous a frappé ?
01:07Premièrement, c'était les robots.
01:10C'était vraiment, on parle de l'intelligence artificielle, mais là c'était le physical AI, l'IA physique, qui vient intégrer vraiment à ces robots,
01:16qui sont maintenant en mesure de faire des tâches à peu près humaines, presque humaines, et qui en l'espèce d'une journée maintenant sont en mesure de pouvoir apprendre ces tâches et les reproduire.
01:24Donc ça, c'est la première grosse partie.
01:26La deuxième, je trouve aussi...
01:27Et le décalage entre les images qu'on voit sur les réseaux sociaux, est-ce que vous avez vu véritablement au CES à Las Vegas, dites-nous ?
01:36Alors, on a vu un seul en complète autonomie, pour le coup, c'était le robot d'Unitry, qui, pour le coup, on est dans la catégorie un peu du divertissement, on est à Las Vegas,
01:45ils avaient mis en place un ring de boxe, on pouvait faire un match de boxe avec le robot, c'était... Non, le côté bluffant, c'est qu'il était complètement en autonomie,
01:52on sait qu'on est aux Etats-Unis avec la régulation, c'est-à-dire qu'il y a un moindre problème, il y a les procès,
01:56et en fait, ils avaient tellement confiance en leur robot qu'on pouvait interagir directement avec.
02:00Et on a vu plein d'autres...
02:01Et il n'y avait pas de télécommande derrière ?
02:03Alors, Unitry était le seul, justement, c'est exactement ce que j'allais dire, Unitry était le seul sans télécommande,
02:08et par contre, tous les autres, effectivement, soit il y avait un ordre prédéfini à l'avance,
02:13soit il y avait effectivement quelqu'un qui était derrière avec la télécommande discrètement en train de faire la manipulation.
02:17Donc on se prend un coup de poing du robot ?
02:19Unitry, oui.
02:20Ah oui, ok.
02:21Unitry, c'est un match de boxe en même temps, Jérémy.
02:23Mais il est capable de faire...
02:24Vous dites qu'ils font attention à la sécurité, et en même temps, ils laissent les robots nous rentrer dedans.
02:30C'est sur un ring, c'est une compétition.
02:31Ah, c'est officiel.
02:32Ah ben bien sûr, là, ils ont tous les droits, mais en même temps, ils suivent les règles, j'imagine.
02:36Et le robot esquive aussi, alors ?
02:37Le robot esquive, le robot peut se déplacer, les coups de poing, les coups de jambe, et au bout d'un moment, abandonne.
02:41Parce que moi, j'avais assisté à des compétitions, mais il y avait des télécommandes.
02:45Là, il n'y en a pas.
02:46Il n'y en avait vraiment pas.
02:46C'est vraiment un robot à forme humanoïde, et qui est complètement en train de faire un match de boxe avec une personne.
02:51Mais c'était le seul notoire, en tout cas, qui était autonome.
02:54Les autres avaient un geste, un ordre précommandé, en fait.
02:58Alors, qu'est-ce que ça dit, ça, de l'intelligence artificielle, de la progression, de la manière dont ça va s'insérer dans la société ?
03:05Est-ce que vous pensez que ça veut dire qu'on va vraiment vivre l'arrivée des humanoïdes ?
03:10Pour en avoir discuté, juste avant, moi, j'ai eu l'impression d'avoir vécu...
03:13Ne faites pas les débats avant de venir en fait.
03:14Non, mais justement...
03:15Il ne fallait pas le dire, il ne fallait pas le dire.
03:16C'est au CES, j'ai vécu, moi, je viens du monde du conseil, on appelle ça le change.
03:19C'est de préparer les gens au changement.
03:21J'ai eu l'impression de vivre ça à échelle humaine, ou du monde, où on nous dit,
03:25attention, les robots arrivent dans votre quotidien, les robots arrivent dans votre maison.
03:28On leur donne un regard rassurant, on leur fait faire des petits cœurs avec les photos.
03:32Ils ont même des petits cœurs dans les yeux pour être rassurants, pour nous dire qu'ils vont venir être avec nous dans notre quotidien,
03:36et pas venir nous remplacer.
03:38Donc nous, on dit, on met un peu un message d'alerte, parce qu'il faut rassurer, il faut faire accepter aux gens cette arrivée des IA et des robots.
03:45Mais c'est vraiment un ressenti très très fort, où je me suis dit, on y est maintenant, et ils arrivent dans quelques années dans les maisons.
03:51Ils testent d'abord dans les usines.
03:52Ils testent d'abord dans les usines, pour avoir pu assister à la conférence des Boston Dynamics, donc avec Hyundai.
03:58Ils ont présenté, au-delà du spot, qui était le robot un peu plus classique dans les usines, là, le robot Atlas.
04:03Si vous avez pu voir des images, il est bluffant à voir.
04:05Et effectivement, le bus qui tourne à 360, ils ont aussi annoncé une roadmap sur la durée, où ils vont d'abord aussi faire leur école de robots,
04:14où les robots vont être en mesure d'apprendre ces fameuses tâches assez rapidement.
04:17Et in fine, si Atlas est validé au sein des entreprises, et surtout dans l'industrie, Atlas pourra arriver dans les maisons.
04:26Ça vous fait rêver ?
04:28Si c'est un robot avec qui on fait de la boxe à domicile, je ne vois pas l'intérêt, effectivement.
04:31Mais si c'est des robots utiles, pourquoi pas ? Ça ne me choque pas.
04:34On a déjà vu doucement les petits aspirateurs.
04:37Au début, tout le monde était un peu outré, mais ça ne marche pas.
04:39Finalement, c'était assez efficace.
04:41Donc, si ça fonctionne bien, ça va marcher.
04:43Alors après, cette IA prend d'autres formes, peut-être plus classiques, qu'on a déjà vues, à l'intérieur des wearables,
04:50donc tous ces objets technologiques qu'on porte sur soi.
04:52Je me souviens que la saison précédente, le grand truc, c'était de se dire, on va remplacer le smartphone par des petits pins qui embarquent des IA,
05:01parce que finalement, c'est fastidieux d'aller chercher sur son smartphone son chatbot.
05:05On en est où ? Il y a un peu la hype et un peu retombée.
05:08Alors, il y a eu aussi des lunettes.
05:10Plot est toujours là.
05:10Comment ?
05:11Plot est toujours là.
05:11Toujours là, maintenant grand public.
05:13Maintenant grand public, Amazon facilement a retrouvé sur les grands marchands.
05:17Là, on a tous les types de wearables augmentés à l'IA.
05:19On a les lunettes qui, ça fait des années qu'ils essaient de pénétrer le marché et de convaincre l'utilité des lunettes.
05:25Là, on a effectivement deux types.
05:27Le type où on va recopier un écran et le type réalité mixte.
05:31Moi, j'étais plutôt convaincue sur la partie réalité mixte où deux cas d'usage intéressants.
05:35Le premier, c'est le traducteur en temps réel, c'est-à-dire qu'on vous parle, et imaginons, on parle des langues étrangères.
05:39On peut se comprendre avec un léger temps de délai.
05:41C'est vraiment rapide et assez bluffant pour l'avoir testé.
05:44Et le deuxième, c'est, pour faire des présentations à l'oral, c'est les prompteurs.
05:48C'est-à-dire que sur mes lunettes, je pourrais vous parler.
05:50En fait, vous ne saurez pas, j'ai un petit prompteur en dessous que vous ne voyez pas,
05:53qui me permet de tenir ma conférence sans apprendre mon texte par cœur.
05:56Oui, mais ça enlève tellement de naturel.
05:57Par exemple, moi, je pourrais avoir un prompteur ici, mais je n'en ai pas,
06:00parce que je trouve que, voilà, c'est important qu'on puisse rester dans la spontanéité.
06:04Donc, attention.
06:05Ce n'est pas le même regard.
06:06Ce n'est pas le même, mais ça rassure.
06:08Autre tendance, une dernière tendance peut-être ?
06:10La santé, qui prend un autre nom, qui maintenant, enfin, je trouvais que c'était plutôt sur la longévité.
06:14C'est-à-dire qu'avant, on parlait de la Silver Tech.
06:16Maintenant, le nom a changé, c'est la longévité.
06:18Et ça s'adresse à tous les âges.
06:19Qu'est-ce que ça change alors ?
06:21Ça, ça change qu'on nous fait, encore une fois, adopter.
06:23Toujours ce change, on nous fait adopter les objets qu'on va porter au quotidien pour vieillir plus longtemps,
06:28pour être en meilleure santé et de manière pas du tout anxiogène,
06:31se checker l'état de santé quotidiennement tout le temps, sur tous les pans,
06:34sur vraiment, est-ce que mon rythme cardiaque est bon ?
06:37Mais même aussi, quelle est ma fertilité ?
06:39On a vu beaucoup de choses sur la fertilité.
06:41Et sur comment améliorer la mobilité, la motricité, quand on devient un peu plus âgé,
06:44pour garder l'autonomie à la maison.
06:46Donc, c'est vraiment sur tous les pans de la santé qui ont été pris.
06:49Tous les âges ?
06:50Tous les âges, vraiment tous les âges.
06:51Et c'est pour ça qu'on appelait ça plutôt la longévité,
06:53parce que maintenant, on nous les fait intégrer de plus en plus jeunes dans notre quotidien
06:57et qui nous permettent de vieillir un peu plus longtemps et de garder le plus d'autonomie.
07:01Vous êtes du genre à porter des objets connectés qui surveillent votre santé ?
07:06Oui, j'avais gagné une fois dans un concours, je me souviens,
07:09c'est Montres Connectées qui donne tout.
07:10Moi, j'ai pas vu l'intérêt de savoir combien de pages que j'ai fait dans la journée,
07:14ça m'intéresse pas trop, de savoir que je bats 73 ou 86.
07:18Après, je pense que ça touche soit des personnes un peu plus anxiogènes dans la vie,
07:23soit des personnes qui ont des problèmes de santé.
07:24Et là, effectivement, il y a un vrai ou des sportifs.
07:26Ou des grands sportifs.
07:27Je pense qu'eux ont un véritable intérêt, oui.
07:29Ok.
07:30Allez, Jérémy Angelier, c'est à vous.
07:32Vous êtes producteur de films publicitaires, réalisateur, animateur télé aussi,
07:37fondateur de Shake.
07:38C'est pour ça qu'on est ensemble aujourd'hui.
07:40C'est un studio de création de films publicitaires,
07:42mais aussi une communauté de cinéastes qui utilisent l'intelligence artificielle.
07:48Qu'est-ce que vous avez pensé de la publicité du loup d'Intermarché ?
07:52Eh bien, déjà, c'est une très bonne publicité en tant que film.
07:55Il y a ou pas dans la question, effectivement, c'est une pub très réussie.
07:58Elle a fait le tour du monde, elle est magnifique.
08:00Mais pourquoi la marché ?
08:02Eh oui, et ce qu'il y a plu, c'était que, ah ben tiens, on revenait à de la création sans IA.
08:06Ça, c'est drôle, en fait.
08:07Ça a été...
08:08C'est parce que l'actualité faisait qu'il y avait un mouvement un peu anti-IA.
08:11On se posait la question, est-ce que c'est bien, c'est mauvais ?
08:14Et cette pub est sortie à ce moment-là,
08:16suite à, justement, il y avait une publicité Coca-Cola,
08:18une publicité pour Noël aussi, qui n'avait pas marché, qui avait été retirée.
08:21Enfin, il y avait McDonald's qui l'avait fait.
08:23Donc, celle-ci, c'était un peu le fer de lance,
08:24de regarder ce que l'humain sait faire,
08:27c'est Kali, est-ce qu'on a vraiment besoin de cet outil-là ?
08:29En même temps, moi, ça m'a fait rire,
08:30parce que c'était quand même créé avec des outils numériques,
08:34alors qu'on a connu les périodes...
08:35Enfin, on a connu...
08:36Exactement.
08:36On a vu des dessins animés, dessinés à la main,
08:39qui étaient encore plus attendrissants.
08:40Ça a été fait à la main, au début, les dessins,
08:42qui ont été ensuite animés,
08:43mais l'animation en tant que telle,
08:45que ce soit l'IA ou pas,
08:46si le film est bon à la fin, et en l'occurrence...
08:48C'est ça pour aller dans votre sens.
08:49Ça veut dire que l'IA, c'est un nouvel outil.
08:51On est d'accord, c'est ça ?
08:52C'est juste un outil, en fait, qui est là pour optimiser.
08:54Mais alors, il y a quand même un problème pour l'instant,
08:56c'est qu'on s'en empare par très bien, visiblement,
08:58puisque ça n'arrive pas à convaincre.
08:59Non, alors, c'est en cours, c'est normal.
09:02Les transitions technologiques mettent toujours un peu de temps.
09:05Moi, j'ai toujours un peu le même débat depuis un an.
09:08Je ne suis pas là pour justifier l'IA,
09:09si c'est une bonne utilité ou pas.
09:10Ce qui compte, c'est les gens derrière, en fait.
09:12C'est quel est le créatif qui va servir de l'IA ?
09:15Et dans quel but ?
09:16L'IA, pour l'IA, n'a aucun intérêt.
09:17L'IA n'a un intérêt qu'à partir du moment où on a une histoire
09:20qu'on veut sublimer et que l'IA a un véritable impact dans cette histoire.
09:25Qu'est-ce que ça change en termes de formation,
09:28de prise en main pour les cinéastes ?
09:30Quand est arrivée la révolution informatique, on va dire,
09:33il fallait savoir servir de logiciel, d'un ordinateur.
09:36Là, l'IA, qu'est-ce que ça change ?
09:38On se trouve à quoi ?
09:39Ça retouche un petit peu, justement, l'univers de l'animation.
09:43On a beaucoup de...
09:44Nous, on le voit sur la communauté,
09:45on a des monteurs, on a des graphistes, on a des motion designers.
09:48Donc, c'est des métiers qui n'étaient pas forcément
09:50la personne décisionnaire, le réalisateur qui chapeautait
09:53et qui, pourtant, techniquement, sont très, très bons.
09:55Donc, tous ces gens-là, eux, ont déjà le background technologique,
09:58technique nécessaire.
10:00Maintenant, à ça, il faut ajouter la créativité
10:02et savoir raconter des histoires.
10:04C'est en mêlant ces deux univers-là
10:05qu'on est vraiment quelqu'un qui est apte à utiliser l'outil.
10:08Donc, les écoles, je pense, de cinéma
10:09sont en train de se poser la question.
10:11Oui, mais qu'est-ce que ça change ?
10:12Qu'est-ce qu'il faut qu'elles mettent dans leur cursus ?
10:13Le mélange des deux.
10:15Il faut qu'ils apprennent l'histoire du cinéma.
10:18Apprendre à prompter, par exemple ?
10:20Mais l'apprendre à prompter, en fait,
10:21c'est un tout petit détail technique dans toutes les histoires.
10:25Quand on fait une école de cinéma,
10:26si on prend cet exemple-là,
10:27on va apprendre l'histoire de l'art,
10:29on va apprendre l'histoire du cinéma,
10:30on va apprendre des cas d'usage,
10:31on va réaliser des films, on va se tromper,
10:33on va apprendre, on va se relever
10:34jusqu'à ce qu'au bout d'un moment,
10:36on ait un petit peu compris la technique.
10:38Moi, quand j'ai fait une école de cinéma,
10:39je me souviens de mon professeur
10:40qui m'avait dit le dernier jour,
10:41« Voilà, tout ce que je vous ai appris maintenant,
10:43oubliez-le et faites tout l'inverse. »
10:45Ça veut dire quoi ?
10:46Ça veut dire qu'en fait,
10:47c'est que la technique qu'on vous apprend
10:48pour être un bon cinéaste,
10:50ce n'est pas la technique qui va faire de vous un bon cinéaste.
10:51Que change l'IA ?
10:52L'IA, c'est exactement la même chose.
10:55Il va falloir juste manipuler un peu l'outil technologique,
10:58sachant que ça évolue tellement vite
10:59qu'on apprend ce mois-ci,
11:01il sera déjà obsolète le mois prochain.
11:02Il faut comprendre la mécanique globale,
11:04savoir comment ça fonctionne.
11:06C'est qu'à vous entendre, finalement,
11:07ce n'est pas très compliqué.
11:08Non, mais on se dit...
11:11Tout dépend des cas d'usage.
11:12Si on est déjà cinéaste,
11:14le passage à l'IA, il n'est pas compliqué ?
11:17Moi, je pense que la technique en tant que telle n'est pas compliquée.
11:19D'ailleurs, c'est ouvert au grand public.
11:21Le grand public peut aujourd'hui faire des images.
11:24On le voit, il y a des très belles vidéos qui sortent,
11:25il y a des très belles photos.
11:26Donc tous les cinéastes peuvent être préparés aujourd'hui de l'IA ?
11:29Oui, je pense que oui.
11:32En fonction de leur talent.
11:33En fonction de leur talent, évidemment.
11:34Mais je pense que c'est plus de l'acceptation, d'accepter ça comme un outil
11:38qui va upgrader la créativité, l'histoire qu'on va raconter.
11:42Et si on est ouvert à ça, oui, effectivement, je ne connais pas un réalisateur qui se raconte.
11:46La question, c'est est-ce que ça augmente la créativité
11:49ou est-ce que ça permet juste d'aller plus vite,
11:52de dupliquer des scènes plus rapidement ?
11:55Les deux, clairement.
11:57On va pouvoir faire des choses qui étaient inenvisageables avant.
12:00Donc on va pouvoir réaliser des scènes qui auraient nécessité des équipes techniques,
12:04des tournages hollywoodiens.
12:06Ça, c'est impossible.
12:06On a vu la grande tendance des films de science-fiction.
12:10Donc aujourd'hui, on peut réussir à raconter ce genre de films.
12:12Donc ça, évidemment, ça va permettre tout ça.
12:14Mais ça va aussi, pour le marché publicitaire, simplifier la donne,
12:18permettre à des films qui ont moins de budget de voir le jour.
12:21Ça va permettre à des entreprises de petite ou moyenne taille
12:24qui n'avaient pas les budgets pour aller viser un peu la catégorie d'au-dessus,
12:28de justement changer de dimension et d'aller faire des films cinématographiques
12:31et d'aller raconter des histoires encore plus poussées.
12:33Donc ça démocratise, en fait, l'accès aux films publicitaires ?
12:37C'est ça que vous dites ?
12:38Exactement.
12:38On a eu le téléphone portable.
12:40Ça baisse le budget de combien ?
12:41À peu près, on est à 50% ?
12:43C'est très dur à dire parce que ça va dépendre de la qualité intrinsèque du film.
12:46Au final, si on fait de l'IA juste basique, simple,
12:49on va pouvoir diviser par 5 facilement le coût.
12:51Maintenant, ça, ça ne va pas être de la qualité.
12:54Si on rajoute à ça le vrai savoir-faire de l'écriture,
12:57les bruitages, la musique, l'habillage visuel,
13:02il y a 15 000 métiers qui vont s'ajouter à tout ça
13:05et là, on va revenir dans des standards budgétaires
13:07qui vont peut-être diviser par deux maximum le budget.
13:11Vous connaissez un peu cet univers de la création par IA ?
13:14Vous en avez parlé avant, mais sur le plateau pour en parler aussi.
13:17Oui, on a déjà tout fait le débat tout à l'heure, on était d'accord.
13:20Moi, j'aime bien, ça crée des rencontres.
13:22Parce que même nous, au sein de notre entreprise,
13:23on a une toute une partie, un pan de direction artistique
13:25qui est justement sur les sites internet.
13:27On est plus sur l'environnement professionnel.
13:30Et justement, il y a toujours besoin un peu de cette créativité.
13:32Et justement, nous, ils ont créé des agents ou même des outils
13:35qui permettent d'accélérer certaines choses.
13:37Et on ne vient pas enlever la créativité humaine.
13:38On vient juste accélérer, en fait, certains penchants
13:41de toute cette création artistique qui va avoir besoin.
13:44Sur les maquettes, sur différents visuels qu'on va pouvoir avoir,
13:47qu'on va pouvoir fournir un peu plus vite.
13:49Donc, ça permet de dégager du temps pour d'autres choses.
13:51Oui, parce que c'est vraiment ce sujet de la créativité.
13:54Est-ce que cette IA apporte de la créativité ou pas ?
13:57Et est-ce que les cinéastes sont à l'aise avec cette idée ?
14:00C'est en train de bouger, les lignes.
14:02Si on regarde les statistiques, il y a un an, on était sur du 80-20.
14:06Les cinéastes étaient tous contre, attention, c'est dangereux.
14:09Où est la créativité ?
14:11Puis, on a vu que l'outil technologique s'est amélioré.
14:13C'est de plus en plus réaliste, c'est de plus en plus qualitatif.
14:16On a commencé à se dire, tiens, c'est pas mal.
14:17Et puis, doucement, par curiosité, certains ont basculé en testant.
14:20J'en fais partie de ces gens-là.
14:22Moi, ça a été une révolution.
14:23J'ai fait un bon 20 ans en arrière dans ma créativité,
14:26justement, que j'avais un peu délaissé.
14:28J'étais rentré dans un business de production
14:30où je faisais des films que je vendais, ça marchait bien.
14:33C'était devenu un rituel.
14:34Là, j'ai découvert un outil qui, d'un coup,
14:36m'a permis de faire des choses qui étaient inenvisageables.
14:39J'ai passé des nuits blanches à créer des films.
14:42J'ai fait des tours du monde, de festivals.
14:44J'ai rencontré énormément de monde.
14:45Ça m'a ouvert le champ des possibles.
14:47Et ça, je l'ai découvert avec la communauté partout dans le monde.
14:50Il y avait des petites personnes comme moi dans tous les pays
14:52qui, tout d'un coup, se disaient, tiens, ça, c'est possible, ça, c'est possible.
14:54Ils se sont rejoints.
14:56On créait des collaborations.
14:58Et il y a tout un nouveau monde parallèle qui s'est créé
15:01et qui, doucement, se rattachent au monde traditionnel
15:03pour que, dans quelques mois, on oublie le mot IA
15:06et on fera juste des films, en fait.
15:08Ah oui, c'est ça.
15:09C'est que ça va complètement transparer.
15:11Mais on aurait pu faire le loup d'intermarché avec une IA
15:13avec autant d'émotions et une telle qualité ?
15:17Oui, oui, oui, complètement.
15:19Je ne dénigre pas du tout cette publicité.
15:21Elle est très, très, très, très bien faite.
15:22Donc, c'est pas le but.
15:23Tout le monde anti-ado, sinon.
15:24Non, non, non, mais je le dis très clairement.
15:27Et d'ailleurs, c'est dans les circuits des gens qui font l'IA,
15:29tout le monde s'est posé cette fameuse question-là.
15:31Est-ce qu'on aurait pu faire ce film-là ?
15:32Évidemment qu'on aurait pu le faire.
15:33On aurait pu le faire pour, clairement,
15:35beaucoup moins d'argent aussi et beaucoup plus rapidement.
15:38Il a coûté de mémoire, je crois que ça a été 7 mois de travail,
15:423 millions de budget.
15:44Si on pense IA, le but, ce n'est pas d'économiser forcément du temps ou de l'argent,
15:47mais à qualité égale, on divise largement tout ça.
15:50Et en partie, on aurait pu gagner du temps ou de l'argent ?
15:54Alors, si l'enjeu, c'est de gagner de l'argent,
15:56effectivement, là, il y a un intérêt.
15:58Ah non, mais en gardant la même qualité.
15:59Ah, en gardant la même qualité, surtout.
16:01Le dessin initial, je pense qu'il faut garder le créateur
16:04qui a créé le dessin initial.
16:05La partie animation en tant que telle,
16:07que ce soit de l'IA ou pas, ça ne changera rien.
16:09Parce qu'après...
16:10Moi, j'ai vu des comparatifs,
16:11des deux recréés par l'IA comme ça en démonstration.
16:15J'ai défié quiconque de voir la différence dans l'animation.
16:17Ah bon, parce qu'après coup, j'ai vu qu'ils ont monté
16:20une opération où on pouvait se prendre en photo
16:21avec le loup.
16:23Ils ont retiré, je crois, parce que...
16:26Et du coup, c'était une IA.
16:28Donc évidemment, qui faisait le loup.
16:30Il n'était vraiment pas mignon de la fête.
16:31Qui était l'humain derrière cette IA-là ?
16:34On en revient au même sujet.
16:35C'est le créatif derrière qui va agencer ça.
16:38Ça prend un certain talent aussi.
16:39Mais en tout cas, l'animation intrinsèque,
16:42il y a ou pas, aujourd'hui, avec la technologie,
16:44on fait un travail de même qualité.
16:46Le sujet aussi, c'est celui de l'IA.
16:49Ça sert à être rentable, ça sert à casser les coûts,
16:52ça sert à remplacer des postes ou pas.
16:55Et aujourd'hui, comme on a une maîtrise,
16:56on apprend et c'est vrai que vous l'avez dit,
16:58ça change tout le temps, ça va très vite.
17:00Est-ce que c'est si rentable que ça
17:02d'intégrer l'IA dans ces process aujourd'hui ?
17:05Pour l'instant, à chaque fois que je vois des études passer,
17:07ce n'est pas le cas.
17:08Tout dépend comment c'est intégré en entreprise.
17:10On n'a pas fourni la preuve du retour sur investissement.
17:13Moi, je trouve que tout dépend de comment c'est intégré dans l'entreprise,
17:16comment on le présente aux personnes.
17:18Moi, j'arrive sur la sphère professionnelle
17:20et comment on vient l'intégrer vraiment en fonction,
17:23toujours des use cases qu'on va avoir
17:25et quel métier on va s'appliquer.
17:26Par exemple, je suis au conseil,
17:27mais j'ai des collègues qui sont développeurs
17:28et il y a des IA qui aident à faire du développement de code.
17:31Et il y a toujours cette limite d'apprendre aux personnes
17:33comment utiliser ces IA, comment discuter,
17:36parce qu'on peut avoir de l'IA agentique,
17:37donc qui va parfois pouvoir avoir l'apparence,
17:40en tout cas d'un collègue,
17:41qui va nous aider à faire certaines tâches.
17:42Moi, je pense par exemple à des tickets,
17:44des choses comme ça,
17:45des tickets de problèmes informatiques ou autres.
17:46Avec l'IA, ça va beaucoup plus vite à faire
17:48et moi, ça me permet de dégager du temps pour autre chose.
17:51C'est juste que je pense qu'il faudrait mesurer
17:52peut-être pas forcément le gain ou autre,
17:54mais le gain de productivité, en tout cas,
17:56qui était moins financier.
17:58Mais moi, ça me dégage beaucoup plus de temps
17:59pour des tâches à plus forte valeur.
18:01Pareil pour tout ce qui va être des comptes-rendus de réunion.
18:03Je suis bien contente d'avoir un agent dans mes réunions
18:05qui fait la prise de notes
18:06parce que c'est une tâche qu'on est beaucoup à faire après
18:09et qui, moi, ne va pas m'apporter grand-chose
18:11à revoir mes notes que j'ai faites un peu rapidement
18:13tout en essayant de suivre le débat.
18:15Maintenant, je peux être complètement concentrée
18:16dans ma réunion.
18:18Et après, je sais qu'il y a l'agent
18:19qui va me faire toute la récite après.
18:21Oui, qu'il faudra vérifier quand même.
18:22Ça n'empêche pas le contrôle.
18:24Ça n'empêche vraiment pas le contrôle.
18:26Parce qu'il passe parfois à côté du truc
18:27le plus important pour nous.
18:29Ou même, il écrit parfois mal des choses
18:30ou des noms et des entreprises
18:31et des choses comme ça.
18:32Mais l'utilisation n'empêche pas le contrôle.
18:34Mais moi, ça me fait gagner énormément de temps.
18:36Oui.
18:37Des fois, il va même dans des réunions.
18:39On le voit apparaître.
18:40Alors que la personne n'est pas encore là
18:41et ne vient pas.
18:42Et on se retrouve tout seul avec l'agent.
18:43On fait la réunion quand même ?
18:45Donc, vous, vous nous dites
18:48« Moi, j'apporte la preuve aujourd'hui
18:49qu'on peut baisser les coûts. »
18:52Mais alors, nous, on n'est pas dans une...
18:53Sur l'accès à la publicité.
18:55Moi, je ne suis pas le fervent défenseur de l'IA
18:57à dire « C'est moins cher, c'est plus rapide, etc. »
19:00Moi, mon point de vue, c'est l'IA permet d'aller plus loin.
19:04L'IA de qualité, avec les bonnes personnes,
19:07bien formées, avec un vrai sens derrière tout ça,
19:10permettent de créer des projets incroyables.
19:12Nous, ce qu'on fait, en fait, c'est tout simplement
19:14on a une offre où on propose aux entreprises
19:16de petite moyenne time
19:18qui n'avaient pas les budgets nécessaires
19:19pour faire des pubs cinématographiques,
19:21des pubs télé.
19:22Aujourd'hui, effectivement, avec un moindre coût,
19:24on va pouvoir créer.
19:25Donc, le but, ce n'est pas de leur dire
19:26« On va diviser vos coûts par dix. »
19:27On garde les mêmes coûts, mais avec cet argent-là,
19:30vous allez faire dix fois mieux qu'avant.
19:31C'est dans l'autre sens, en fait.
19:33Ok, intéressant.
19:34On n'a pas d'image, c'est dommage.
19:36J'aimerais bien qu'on ait un exemple de création.
19:38Je vous invite à aller sur bachec.ai.
19:41On a 700 films disponibles,
19:44des fictions, des clips, des pubs.
19:48Et comme c'est que vraiment la qualité,
19:50parce que le but, c'est de mettre des films de qualité,
19:52vous pouvez naviguer.
19:53C'est un peu le Netflix de l'IA.
19:54Vous allez voir des beaux films.
19:56Voilà, il n'y a de quoi faire.
19:57Et au CES, il n'y avait rien sur la création,
20:02sur le divertissement ?
20:04Nous, on est plutôt sur la partie du consumer
20:05électronique show, pour rappel.
20:07Donc, en fait, ces choses-là,
20:07on va peut-être, à mon avis,
20:08les retrouver plus dans d'autres salons,
20:10qui seront, par exemple, le Gay Text à Dubaï,
20:11qui est plus B2B.
20:12Oui, où on a aussi le World AI Film Festival,
20:16à Cannes, je crois.
20:17C'est celui-ci.
20:18On en parlait tout à l'heure avant de venir.
20:20Toutes ces parties plutôt divertissantes,
20:24nous prenaient, en tout cas au CES,
20:25prenaient la forme de comment on va vivre l'expérience,
20:27c'est-à-dire avoir le casque connecté,
20:29ou même la chaise qui vient bouger en même temps,
20:32tout ce qui est les simulateurs.
20:33Nous, c'était plutôt tourné là-dessus
20:34que sur la créativité à proprement parler.
20:36Parce qu'on est vraiment sur le consommateur là-dessus.
20:40Et pourtant, ce serait intéressant
20:41que ces salons, je trouve, évoluent,
20:43se posent plus de questions de manière un peu plus large
20:45sur ce que ça induit pour la société.
20:47Merci beaucoup à tous les deux d'avoir été dans ces interviews de l'IA
20:51cette semaine dans Smartech.
20:53Sophie Duranto, je rappelle que vous êtes manager conseil chez Niji
20:56et Jérémy Angelier, fondateur de Shake.
20:59À suivre, on va parler de nos données.
21:01Nous sommes nos données.
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