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  • il y a 14 minutes
Ce lundi 9 février, François Sorel a reçu Frédéric Simottel, journaliste BFM Business, Fanny Bouton, directrice du quantique chez OVHCloud, et Enguérand Renault, directeur de la rédaction de Satellifacts. Ils se sont penchés sur le nouveau méga-contrat à plusieurs milliards de dollars entre STMicroelectronics et AWS, ainsi que le renoncement de l'État français à Microsoft pour un cloud souverain concernant les données de santé, dans l'émission Tech & Co, la quotidienne, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez-la en podcast.

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00:01Tech & Co, la quotidienne, le débrief de la tech.
00:06Le débrief de la Q-Tech avec ce soir Fanny Bouton qui est là.
00:09Salut Fanny !
00:10Bonsoir François.
00:11Directrice du Quantique chez OVH Cloud.
00:14Comment va le Quantique chez OVH ?
00:16Ça avance bien.
00:17On est à 15 émulateurs Quantique, un ordinateur Quantique en ligne, bientôt 3.
00:22Tout va bien.
00:23Ça avance, voilà une technologie prometteuse.
00:25On mise sur l'avenir avec le Quantique.
00:27Et avec des Français en plus, plein de beaux partenaires européens.
00:30Et voilà, et tu en es donc la patronne chez OVH.
00:33À tes côtés, nous avons Anguéran Renaud.
00:35Salut Anguéran !
00:36Salut François !
00:37Directeur de la rédaction de SatelliFact.
00:39Tout va bien aussi ?
00:41Tout va bien, je ne suis pas dans le Quantique mais ça va.
00:43Anguéran qui est toujours à l'affût des derniers scoops liés aux médias et à la tech.
00:49C'est ça ?
00:49Oui.
00:50Voilà.
00:50Et puis Frédéric Simotel qui est là, bonsoir Fred.
00:52Bonsoir François, bonsoir à tous.
00:54Journaliste à BFM Business.
00:55Et donc je voulais qu'on commence quand même, c'était Kenko, par cette bonne nouvelle.
01:00C'est vrai que ces dernières semaines, lorsqu'on évoquait l'actualité de ST Micro, c'était plutôt négatif.
01:07La suppression d'emploi, la réduction du chiffre d'affaires.
01:11Les résultats financiers qui étaient en berne.
01:14Eh bien ça va mieux, ça va mieux pour ST Micro qui a annoncé aujourd'hui avoir signé un méga contrat avec AWS pour équiper en fait ces data centers avec ces puces.
01:25C'est un contrat de plusieurs milliards de dollars.
01:28Il faut savoir que, en fait, ST Micro était dans une situation compliquée du fait de la chute des ventes de voitures.
01:35Et étant donné qu'ils fabriquaient énormément de puces pour les véhicules et que la demande n'était pas là, on peut comprendre que c'était un peu morne-pleine.
01:43Ils ont aussi des contrats avec des constructeurs de smartphones, notamment Apple.
01:46Il faut savoir que quelques, on va dire, petites parties du Face ID sont faites par ST Micro qui est une bosse franco-italienne.
01:56Exactement.
01:56Donc on a ce fleuron des puces.
01:59C'est vrai qu'on évoque tous les soirs l'actualité des puces.
02:03On a ce fleuron qui a vécu des mauvais moments, mais qui là, visiblement, reprend un peu du poil de la bête.
02:10Puisqu'on est toujours évidemment dans cette bataille acharnée en Guéran concernant la puissance de calcul pour ces serveurs IA.
02:18et ST Micro a sans doute une carte à jouer.
02:21Oui, alors il faut remettre les choses à leur place.
02:25Ce ne sont pas...
02:26Ils ne font pas des GPU.
02:27Ils ne font pas tout ce qui est véritablement plus, j'allais dire, très très haut de gamme.
02:32Tout ça, voilà.
02:33Donc, ce n'est pas Nvidia.
02:34Ils sont dans une autre catégorie.
02:36Là, on voit leurs waifers qui sont des microcontrôleurs, des mémoires, des transistors.
02:42Il y a même de l'analogie.
02:45C'est un peu plus basique.
02:46Oui, on n'en joue pas la course au nanomètre.
02:49Exactement, ils sont au-dessus des 7.
02:53Enfin, ils ne sont pas encore.
02:55Mais ce que je dis, c'est des composants, c'est des semi-conducteurs qui sont indispensables à la vie.
03:01Tu l'as dit, il y en avait beaucoup dans les voitures.
03:03Il y en a beaucoup dans les voitures.
03:04Il y en a dans les smartphones.
03:06Il y en a dans les machines.
03:07Et en fait, là, c'est plus pour non pas faire tourner les data centers d'AWS,
03:14mais optimiser, contrôler et faire en sorte qu'effectivement, si on fait mieux,
03:21si on gère mieux le data center, on économise énormément d'énergie.
03:26Et pour un acteur gigantesque comme AWS, c'est extrêmement important.
03:31Il y a un deuxième volet dans cet accord que tu n'as pas donné.
03:35C'est un volet capitaliste.
03:36Oui, c'est-à-dire qu'AWS va avoir la possibilité d'acquérir 25 millions de titres au prix de 28 euros.
03:45Alors, tu disais, ST Microelectronics, ce n'est pas au meilleur de sa forme.
03:50Ça a valu 50 euros dans les belles années, les années post-Covid 2023.
03:56Voilà, ça vaut deux fois moins.
03:58C'est une bonne opportunité pour AWS.
04:00C'est, à mon avis, une très, très belle carte à jouer pour ST, puisque si ça marche chez AWS, ça marcherait.
04:07Alors là, ils sont à 27, parce qu'il y a eu, évidemment...
04:10Ça pourrait marcher chez les autres hyperscalers.
04:13C'est une bonne nouvelle, comme tu dis.
04:15C'est une bonne nouvelle.
04:15C'est une très bonne nouvelle.
04:17Fanny ?
04:18Alors, c'est une bonne nouvelle, en effet, que ce type d'acteur s'intéresse à nos chaînes de production.
04:23Et, en effet, on sait faire des belles choses.
04:25Ils sont vraiment...
04:26Là où ils sont intéressants à ST, c'est qu'ils savent faire du sur-mesure, des puces très spécifiques.
04:30En effet, pas de la microgravure à 0,7 nanomètre.
04:34Mais, par contre, ils savent vraiment faire des puces spécialisées.
04:37Ils travaillent, d'ailleurs, dans le quantique.
04:39J'y étais il y a 15 jours dans ces fameux labos.
04:41J'ai été la salle blanche parce qu'ils vont graver les puces, les transistors de Kobli, les Français.
04:48Donc, tous les chipsets vont sortir de là-bas aussi.
04:51Et ça, c'est hyper intéressant.
04:53Ils sont dans une course à qu'est-ce qu'on va faire par la suite ?
04:56Ils s'agrandissent aussi.
04:57Ils sont en train de construire et d'agrandir énormément.
04:59Il y avait eu beaucoup d'investissements du gouvernement.
05:02Après, moi, je vais mettre un petit bémol parce que voir un fleuron français avec un capital américain comme ça qui rentre dedans,
05:10ça me fait toujours aussi un petit peu peur.
05:12Ça me chagrine.
05:14Mais, par contre, voilà, c'est très, très bien.
05:16Ça montre qu'on a encore un grand savoir-faire chez nous.
05:18Fred, ça soulagera aussi sans doute le patron de STMicro, Jean-Marc Chéry,
05:24qui a vécu, on va dire, des mois un peu compliqués.
05:26Des mois un peu compliqués parce qu'évidemment, ils étaient beaucoup sur le secteur automobile.
05:31Et aujourd'hui, on voit bien que c'est un secteur qui souffre.
05:33On le voit encore avec Stellantis aujourd'hui.
05:36Et puis, cette bataille de gouvernance entre la France et l'Italie,
05:38parce que rappelons que, voilà, c'est une, comment dirais-je, une...
05:43Ça, c'est vieux comme STMicro-Electronix.
05:45Une direction bicéphale.
05:47On se dit ça depuis les années 2000.
05:51Il y a toujours une difficulté.
05:53Mais ça ne marche pas super bien, finalement.
05:55On s'en rend compte.
05:56Oui, mais c'est une espèce d'accord et de...
06:01Et Jean-Marc Chéry avait bien géré ça.
06:04Parce que tu es les patrons de la recherche.
06:06Après, tu as l'Italie qui est revenue.
06:07Mais ça dure depuis 20 ans.
06:09C'est comme ça.
06:10Tu as les usines à Catan.
06:11Tu as les usines à Kroll.
06:12Ils ne savent pas où...
06:13Quand on investit en France, on va investir aussi en Italie.
06:16C'est assez compliqué.
06:17Je pense que ce qui peut être pas mal pour EssayMicro,
06:19c'est évidemment au-delà d'un contrat.
06:21Alors, à long terme, on s'agrange sur 7 ans pour l'instant,
06:24puisqu'il y a cet échange si capitalistique.
06:27On verra.
06:28AWS ne rentre pas au capital.
06:29Pour l'instant, on verra ce qu'ils feront à l'avenir.
06:34C'est une sécurisation quand même de chiffres à faire pour rester micro.
06:38Après, moi, je m'interroge aussi.
06:40Oui, on parle de souveraineté aujourd'hui.
06:42Bon, ben voilà.
06:43C'est un Amazon qui vient rentrer dans tout ça.
06:48Comment Amazon va travailler ?
06:50Est-ce qu'ils vont internaliser progressivement certaines chaînes ?
06:54Est-ce que peu à peu...
06:55Parce que ça, c'est les risques.
06:56Alors, j'imagine, Jean-Marc Chéry, puis celui qui lui succèdera,
06:59sera assez intelligent pour ne pas se retrouver en lock-in fourniture.
07:04Mais il y a quand même ce risque.
07:06Parce que derrière, il faut savoir qu'ils vont aussi utiliser des instances AWS
07:09pour les aider à développer dans leur R&D et tout ça.
07:12Donc, ça fait aussi...
07:13Là, c'est super pour eux.
07:14Ça va avoir de la puissance de calcul, du stockage, etc.
07:16Utiliser AWS pour parfaire le développement.
07:21Tout...
07:21Il y a encore trois ans, je me dis, c'est super.
07:24Alors, allons-y.
07:25Là, aujourd'hui, à l'heure où on parle un peu plus de souveraineté,
07:29je suis un petit peu plus...
07:31Pas sceptique, mais circonspect un peu sur ce genre de...
07:34De deal ?
07:35Oui, je serais allé chercher...
07:36Tu rejoins un peu ce que dit Jean-Marc Chéry.
07:38Je serais allé chercher un AWS, mais je serais allé chercher un autre acteur européen.
07:42Pour avoir, tu vois...
07:43Même si l'autre n'a que 20%, AWS, 80%.
07:46Mais je serais allé chercher un autre acteur pour au moins ne pas tout mettre dans...
07:50Oui, mais...
07:51Mais est-ce qu'ils ont le choix, déjà ?
07:52Pardon, pardon.
07:52Est-ce qu'ils ont le choix ?
07:54Et deux, il faut quand même se souvenir...
07:57C'était quand...
07:57Quand ils ont annoncé un investissement de 5 milliards à Kroll,
08:03voilà, pour une nouvelle usine qui est sortie de terre, je crois,
08:08C'est en cours de construction, j'ai vu les bâtiments.
08:10C'est un accord avec Global Fondry, le fondeur américain.
08:14Donc, ça va, ils ont déjà fait des accords.
08:18Vous avez mentionné qu'effectivement...
08:20Oui, mais c'est d'accord.
08:20Là, c'est des accords industriels.
08:21Là, on rentre avec Amazon.
08:22Là, c'était accord industriel.
08:23C'est un autre domaine.
08:25Pour moi, il y a quand même un rapport de force un peu déséquilibré.
08:29Quand on fait une alliance, voilà.
08:31Et là, c'est un peu ça.
08:32Il y a un très, très gros et un moyen.
08:34Après, je m'en réjouis, parce qu'évidemment, il faut aller chercher...
08:37On n'arrête pas de dire, il nous faut des...
08:38Et on le voit, Mistral, dans l'IA, s'il n'avait pas des investisseurs américains,
08:42ils n'en seraient pas là où ils en sont.
08:44Donc, attention, attention aux risques politiques aussi,
08:47parce qu'il y a peut-être des politiques, à un moment, ils vont se réveiller,
08:49ils vont dire, qu'est-ce quoi ?
08:50Qu'est-ce que c'est quand on voit ce qui s'est passé pour l'entreprise
08:52qui fait des petits ventilateurs pour les avions où tout le monde s'est mis...
08:56Et heureusement, le patron est arrivé en disant, attendez,
08:58je ne suis pas eu un truc stratégique, moi.
09:01Et 30% de mon chiffre d'affaires est en France.
09:03Moi, ce n'est pas à cause de moi que les rafales ne vont pas décoller.
09:05Mais voilà, moi, je trouve bête qu'il n'ait pas réussi à mettre dans l'alliance
09:09un Français, un Européen, un Italien, peut-être, s'il veut.
09:13C'est un petit peu ça, mon regret.
09:14Est-ce que vous savez quels sont les deux gros clients de STMicro ?
09:18Apple, le premier.
09:19Apple et Tesla.
09:20Et Tesla, oui.
09:21Je crois même qu'ils ont du SpaceX derrière, etc.
09:23Ils ont vraiment... Samsung aussi, ils ont quand même beaucoup de bons clients.
09:26Ils fabriquent des composants pour Starlink, notamment, pour les satellites qui sont envoyés
09:30et qui sont, je crois, même dans les récepteurs, vous savez, les antennes qu'on doit avoir
09:36pour réceptionner le faisceau Starlink.
09:39Eh bien, il y a des puces STMicro à l'intérieur.
09:41Donc, ils sont aussi dans des choses très intéressantes.
09:43Ce qui est très important quand on va les voir à Grenoble, c'est qu'effectivement,
09:48ils travaillent beaucoup avec le CEA Letty.
09:51Exactement.
09:51Et donc, eux, c'est une usine, c'est une bonne grosse usine.
09:56Et juste à côté...
09:57Ils ont de la R&D.
09:59La R&D, c'est CEA Letty et ils travaillent sur les...
10:01Vraiment, c'est du très très haut de gamme.
10:04Ils travaillent sur les puces de 10, 20, 30 ans, dont les puces qui vont servir pour le quantique.
10:11Donc, il y a à Grenoble, il y a un écosystème.
10:14Il y a un savoir-faire.
10:16Tu as Soitec aussi, qui va faire tous les cônes qui permettent de graver les fameux wafeurs
10:20avec des couches très spécifiques et ça demande vraiment un savoir-faire très pointu.
10:25Et on a la chance d'avoir ça en France.
10:27Mais on n'a pas les investisseurs autour.
10:29C'est pour ça que c'est le principe de valet.
10:30Non, et quand on voit ces chaînes-là à l'image, il faut voir que c'est des installations
10:34qui ont déjà 15 ans en fait d'existence.
10:37Et quand on va les visiter, on a l'impression que c'est le futur.
10:40Et il ne faut pas oublier qu'on a encore ça.
10:44Rien que sur Kroll, c'est 6 000 employés tous les jours qui viennent travailler.
10:47C'est gros, c'est beaucoup plus gros qu'on l'imagine.
10:49Juste une chose, tu évoquais Soitec.
10:51J'aurais le patron de Soitec, Pierre Barnabé, qui sera en Tech & Co.
10:56Ce sera mardi, le 3 mars.
10:59On sera au Mobea World Congress de Barcelone.
11:02Il sera sur notre plateau.
11:03Ils font des trucs exceptionnels.
11:05Je vois ça, pour moi, c'est un compromis pragmatique.
11:11Oui, bien sûr.
11:12Et puis dans un moment compliqué pour rester micro.
11:16Cette bouffée d'oxygène va faire du bien.
11:18Ce que tu disais, effectivement, ils ont pour eux une nécessité absolue
11:22d'avoir un nouveau débouché.
11:24À part l'automobile qui est beaucoup trop cyclique.
11:27Donc un débouché comme ça, ça leur ouvre des perspectives.
11:30Ce qui est intéressant, c'est que dans leur portefeuille de clients,
11:34la data et le cloud ne représentent même pas 10%.
11:36Et là, avec cette explosion de besoins,
11:40alors évidemment, ils ne font pas de la puissance de calcul brut.
11:43Mais tout autour, il faut un écosystème.
11:45Et dans cet écosystème, ils ont leur travail.
11:47Et voilà, il faut que ça marche.
11:48Donc ils bénéficient aussi de cette surenchère de puissance qu'il faut pour lire.
11:53Et puis il n'y a pas que les GPU, on l'a vu, les GPU.
11:56C'est plein de nouveaux types de processeurs et de puces
11:58qui sont très spécifiques, dont il va y avoir besoin
12:00et dont on pense avoir des pénuries.
12:02Et ils savent faire ce type de choses.
12:04C'est ça, c'est les composants pour les serveurs dans les data center.
12:07C'est les composants pour gérer l'infrastructure.
12:09C'est les circuits aussi pour la gestion de l'énergie.
12:12Et là-dessus, c'est sûr qu'ils vont investir dans la R&D.
12:15Donc ils pourront tirer parti pour la suite,
12:17pour peut-être adresser de nouveaux marchés.
12:19Donc on ne répétera jamais assez.
12:20C'est Cocorico pour rester micro.
12:23Comme ils sont italiens, c'est plutôt Cocorico.
12:26Cocorico, il faut aussi faire plaisir à nos amis italiens
12:29qui nous regardent et qui nous écoutent.
12:30Moi, t'es italien.
12:31Eh oui, c'est ça.
12:32C'est 49-51 ou c'est 55 ?
12:35C'est compliqué.
12:36C'est compliqué.
12:37C'est très compliqué.
12:38Toi qui sait tout, c'est 49-51 ?
12:40Non, non, non.
12:41Il y a une parité entre la partie française
12:44avec le gouvernement et la partie italienne
12:47avec le gouvernement,
12:47parce qu'il y a des investisseurs.
12:50On m'a toujours dit que créer une société
12:51avec 50% de part pour l'un et 50% de part pour l'autre,
12:54ça ne marchait pas, ce n'était pas une bonne idée.
12:56C'est comme ça depuis 20 ans, 25 ans.
13:01Non, mais la partie, c'est plus...
13:05Je crois que c'est 30-40% chacun.
13:10Ils ont 27,5% chacun, nous dit Léa, dans mon oreillette.
13:1430-40% chacun, puis après, il y a les partenaires.
13:17Après, il y a les partenaires et ses côtés en bourse.
13:19Donc, il y a du flottant.
13:20Voilà donc pour STMicro.
13:25Et on enchaîne avec, eh bien, encore une information made in France.
13:30Le gouvernement qui donne un coup d'accélérateur
13:32à la plateforme de données de santé,
13:34plateforme de partage de data santé pour la recherche.
13:37Et donc, ce gouvernement qui lance la procédure aujourd'hui
13:40pour trouver un nouvel opérateur sécurisé.
13:43Créé en 2019, elle était jusqu'ici hébergée chez Microsoft,
13:46ce qui posait un problème de souveraineté.
13:48On s'en souvient, on en a déjà parlé ici.
13:50Hélène Cornet nous raconte tout ça.
13:52Et on revient juste après, bien sûr.
13:53Jusqu'ici, la plateforme n'a jamais vraiment décollé.
13:57Et pour cause, héberger toutes les données de santé des Français
14:00dans un centre détenu par Microsoft
14:03ne cadrait pas avec les exigences de la CNIL.
14:06D'ailleurs, l'autorité n'a jamais donné son accord
14:08pour un transfert global des informations de remboursement
14:11de l'assurance maladie.
14:13Trop de risques d'intrusion
14:14et la crainte d'être soumis aux lois américaines.
14:17Six ans après, le gouvernement engage une migration
14:20vers une solution plus sécurisée.
14:22le cahier des charges, un opérateur européen
14:24conforme techniquement, assez solide pour tenir la charge,
14:28et qui possède la certification française Segnum Cloud.
14:32OVH et Thalès, par exemple, seraient théoriquement
14:35en position de postuler.
14:37L'attribution se fera vers la fin du mois de mars.
14:40L'objectif est de permettre à la recherche médicale
14:42de piocher dans des données exhaustives
14:44et sur de longues périodes pour alimenter
14:46des projets de développement innovants,
14:48des enjeux de souveraineté sanitaire, mais aussi numérique.
14:52Assiste-t-on à un réveil de la souveraineté numérique en France ?
14:57Écoutez, il y a pas mal de signes en ce moment.
15:00Hélène Cornet vient de nous expliquer ce qui se passe là,
15:04avec ce Health Data Hub, c'est comme ça qu'on l'appelle,
15:08qui est hébergé, qui regroupe, alors pas toutes les données santé
15:12des Français, mais une grosse partie,
15:14et qui était hébergée chez Microsoft.
15:16Et effectivement, depuis un moment,
15:18cette information fait débat, parce qu'on se dit,
15:19mais pourquoi est-on obligé de stocker ces données
15:22chez un provider américain ?
15:24Est-ce qu'on n'a pas la possibilité de pouvoir stocker ça
15:27en France, ou tout du moins en Europe ?
15:31Ça tombe bien, puisque tu représentes OVH.
15:33Alors, vous en êtes où ? Bientôt, vous allez rafler ce contrat ou pas, Fanny ?
15:37Écoute, en tout cas, on va encore une fois se positionner,
15:39ce ne sera que la troisième fois.
15:41Alors, la première fois, c'est vrai qu'il fallait,
15:43c'était encore en cours de construction,
15:45mais depuis le deuxième appel intercalaire,
15:48on était HDS et on était tout à fait qualifiés pour le faire.
15:51Et là, maintenant, on est SNC, Secnum Cloud,
15:54donc on pourra et on va de toute façon se positionner,
15:58en effet, sur ce nouvel appel, dès qu'il sera demandé.
16:02Il y a beaucoup de fournisseurs potentiels, aujourd'hui ?
16:06Oui, alors si on regarde la liste de...
16:09Parce que Secnum Cloud, c'est un label qui est délivré par l'ANSI.
16:13C'est un label de très haute qualité de sécurité.
16:16Secnum Cloud 3.0, c'est vraiment un label de très haute qualité.
16:20C'est vraiment très haut niveau, c'est plus haut encore que HDS.
16:22C'est encore plus haut.
16:23Et alors, le premier qui l'a été, donc ce n'était pas OVH,
16:25il devait être le deuxième, c'était OutScale,
16:27qui est le cloud d'AssoSystem.
16:30Après, il y a OVH, Scaleway de Iliad,
16:32et puis Sense, Thales et...
16:36Qui vont l'être ou qui le sont déjà ?
16:39Qui le sont.
16:39Mais il y en a beaucoup d'autres qui vont l'être.
16:41Si on regarde sur le site, il y a Bleu.
16:43Alors Bleu, je vous rappelle, c'est la co-entreprise de Capgemini,
16:48Orange et Microsoft.
16:49Ah, c'est Microsoft.
16:51C'est Microsoft.
16:51Google, c'est Sense.
16:54Ah oui, Google, c'est Sense.
16:55Et NumSpot, c'est Bouygues, DocaPost, et puis d'autres...
17:00La Caisse des dépôts.
17:02Et la Caisse des dépôts.
17:03Et OutScale.
17:05Autant en 2019, Fanny, tu as raison,
17:08il y avait peu d'offres françaises capables.
17:12Aujourd'hui, il y en a.
17:13Donc, c'est-à-dire qu'en 2019, il était légitime d'aller taper la porte de Microsoft ?
17:17Il y a deux choses qui ont changé.
17:20Un, il y a une offre française, d'accord, et qui est qualifiée.
17:24Voilà, qui est qualifiée.
17:26Et deux, il faut quand même voir la différence, c'est qu'il y a un problème géopolitique.
17:30Là, quand on voit que les Américains...
17:32Si on fait l'analogie avec la défense, la plupart des pays européens ont acheté des avions de chasse américains.
17:38On vient d'apprendre que si les Américains peuvent bloquer les avions de chasse et tous les systèmes d'armement.
17:45C'est-à-dire que si on a une guerre, les Américains font ce qu'ils veulent.
17:48Là, on voit quand même avec...
17:51C'est embêtant.
17:51C'est un peu embêtant.
17:53Avec l'arrivée quand même de l'administration Trump, là, on a vu la département de sécurité intérieure
17:59qui demande à Microsoft de lui fournir des données personnelles de citoyens qui sont anti-Trump.
18:09Donc, il y a une dérive.
18:11Il faut quand même...
18:12On ne va quand même pas confier nos données de santé.
18:16Et la difficulté, ce que disait Fanny, elle va expliquer tout ça,
18:19c'est qu'une fois qu'on l'a donnée, c'est très compliqué de leur reprendre
18:22et très compliqué de...
18:23Là, on ne va pas avoir le choix.
18:25Alors, oui et non, c'est...
18:27On va voir qu'il y a des zones intercalaires.
18:30Ce n'est pas d'un coup qu'on peut passer de Microsoft à un autre cloud
18:33et entre autres parce qu'il y a des conditions pour pouvoir ressortir ces données,
18:37la façon dont elles sont cryptées, installées sur les serveurs et tout.
18:40Donc, ce ne sera pas non plus une mince affaire.
18:41Ça coûte de l'argent de remigrer en effet, je pense, de pouvoir repasser sur un autre cloud.
18:47Non, ce qu'il y a d'intéressant aussi, c'est que même au-delà du fait de demander
18:51les données de santé et d'avoir accès à ces données,
18:55les Américains n'ont pas, par exemple, de données de santé comme nous on a.
19:00Nous, tout le monde a été numérisé, tout est bien installé, etc.
19:04C'est des données qui ont de la valeur même anonymisée
19:06parce que quand vous voulez faire fonctionner des assurances,
19:09quand vous voulez faire des nouveaux médicaments,
19:11quand vous voulez faire tout un tas de choses,
19:12il y a un business à faire sur ces données de santé,
19:14au-delà même du service de renseignement, de savoir qui va être malade et autres.
19:18Et donc, ça, les Américains, ils n'ont pas,
19:20ils n'ont jamais été ordonnés comme l'Europe et la France sur leurs données.
19:24Donc, c'est un vrai intérêt pour eux d'aller mettre la main dessus
19:27et de pouvoir continuer à les avoir.
19:30Et donc, oui, c'est plein de sujets.
19:33C'est que souvent, on parle de comment les protéger et d'avoir accès à ces données.
19:37Mais en fait, c'est aussi une valeur marchande qui serait bien qu'on garde.
19:40On garde, exactement.
19:41En fait, ce qui est important aussi,
19:43ce n'est pas seulement de stocker les données de santé, etc.,
19:46de les sécuriser, tout ça.
19:48Tout le monde peut savoir le faire.
19:50Mais c'est que derrière, ces données,
19:52elles peuvent être utilisées pour tout un tas de recherches,
19:54pour le traitement médicaux.
19:57Et c'est ça où Microsoft a eu cet accès-là.
20:01Et là, on peut un peu mieux verrouiller tout ça.
20:04Après, moi, ce qui m'a, encore une fois,
20:06ce qui m'inquiète dans tout ça, c'est l'argent.
20:08C'est très bien qu'on demande à un OVH Cloud,
20:10à un Cloud Temple, à un Sense et tout ça, d'y aller.
20:12Mais est-ce qu'ils ont leur argent pour maintenir tout ça ?
20:14Est-ce qu'ils vont avoir l'argent pour ensuite mettre les outils IA
20:16qui vont aller taper dans ces bases ?
20:19Oui, mais Microsoft, ils l'ont, cet argent-là.
20:21Les autres, je n'en suis pas sûre.
20:23C'est toujours le problème de la peau ou de l'œuf.
20:25Si on ne leur donne pas de contrat, ils n'auront pas d'argent.
20:28Si on leur donne des contrats, ils n'auront de l'argent.
20:28Il y a un moment, la commande publique, elle est importante aussi.
20:31Soutenir son écosystème.
20:32Il y a un moment, il faut que la commande publique soit fléchée
20:34pour effectivement faire grandir.
20:36Mais la commande publique, elle n'a pas d'argent.
20:38Ben, si.
20:40Mais ils peinent bien Microsoft.
20:42Ils peinent bien Microsoft.
20:42Ils peinent bien Microsoft, non ?
20:44Microsoft, ils travaillent pas gratuitement.
20:46Oui, mais Microsoft a des technologies qui sont déjà assez éprouvées
20:50dans ce domaine-là.
20:51Mais là, sur le HDH, les infras, elles sont là maintenant.
20:56Non, non.
20:58Moi, je n'ai pas parlé avec des médecins,
20:59je parlais avec des chercheurs là-dessus.
21:01Les chercheurs, ils aimaient bien le côté Microsoft
21:03pour aller taper comme ils voulaient dans les recherches.
21:06Et eux me disent qu'ils ne sont pas sûrs d'avoir les mêmes accès.
21:08Mais ce n'était pas très utilisé par les chercheurs.
21:11Et c'était un des soucis.
21:14Il n'y avait pas, il y a moins de 300 projets.
21:17Or, effectivement, ce que dit Fanny, on ne se rend pas compte,
21:21si on a des bonnes données de santé structurées, d'accord ?
21:24On gagne un temps fou furieux dans les corps de patients
21:28pour mise au point d'un médicament.
21:31Et quand on gagne du temps pour la mise au point d'un médicament,
21:34c'est des milliards et des milliards de dollars.
21:37Non, c'est un, un, c'est garder la souveraineté sur nos données,
21:41mais en plus garder le...
21:42On n'aura pas l'argent pour le faire, c'est ce que je dis.
21:44On n'aura pas.
21:46Mais c'est un peu...
21:48Non, mais c'est le souci.
21:49Regarde, on investit dans l'IA, mais c'est de l'argent américain.
21:52Mais ça coûte quoi ?
21:53Ça coûte des milliards de passer de Microsoft,
21:56par exemple, au VH Cloud ou Scaleway ?
21:58Il ne faut quand même pas.
21:59Il faut quand même embaucher des gens.
22:01Il faut quand même avoir les technologies pour ça.
22:03Enfin, tu vois, c'est...
22:05Oui, mais on ne peut pas.
22:06Enfin, voilà, moi, je...
22:07On ne peut pas se résoudre à passer à un côté.
22:11Non, mais on doit répondre.
22:12Encore une fois, après, on verra.
22:14Peut-être qu'ils seront trois ou quatre à répondre en même temps
22:15et puis on verra comment tout ça est réparti.
22:18Mais derrière, c'est ça.
22:20Moi, ce qui m'inquiète toujours,
22:21et on a connu ça pour plein de choses,
22:22on nous a parlé de l'open data.
22:24C'était super.
22:24On allait avoir toutes les données de transport en France et tout ça.
22:27Et on pourrait faire des services.
22:29Tout ça, on a stocké ça.
22:30Ça dépendait du Premier ministre.
22:32Non, ça dépendait de...
22:34Même directement de Nicolas Sarkozy,
22:35avec notre ami qui venait souvent...
22:37Avant, dans le nom m'échappe,
22:39il venait souvent en débrief ici,
22:40enfin, je retrouvais son nom,
22:43qui travaillait.
22:45Et tout ça, c'est resté...
22:46C'est vrai nodé.
22:48C'est vrai nodé.
22:49C'est resté perdu dans des bases de données.
22:52Non, mais là, après, les bases de données,
22:54les péta-octets et le fait de les sécuriser,
22:57on sait le faire.
22:58Et je pense que, si tu veux,
22:59on sait garder des péta-octets,
23:01des données de l'ESA,
23:02les données de santé,
23:03ça pèse moins lourd que des images
23:04qui viennent des satellites.
23:06Après, c'est comment tu les gardes
23:07et c'est comment tu les mets
23:08dans les bons bâtiments qui sont SNC.
23:10Est-ce que tu as l'argent pour derrière ?
23:12Oui, mais après, c'est des services
23:13et ça, ça s'installe en fonction
23:14de qui va les demander.
23:15Mais là, c'est de l'accès...
23:17C'est connu
23:18et ce n'est pas non plus si problématique.
23:21Vous n'êtes pas d'accord, hein ?
23:22Non, non, il y a un gros débat.
23:23Moi, je trouve ça bien que la France l'a,
23:26mais derrière, c'est...
23:27Mais on est absolument d'accord,
23:29mais ça fait 10 ans, 20 ans
23:32qu'on dit qu'on n'arrive pas
23:34à développer des services
23:35avec le français.
23:35Mais moi, je préférerais
23:36qu'on investisse dans des plateformes
23:37de recherche et qu'on mette l'argent là
23:39et qu'ils aillent taper dans des bases.
23:41On peut faire les deux.
23:43Oui, mais tes données de santé,
23:44ce n'est pas n'importe quoi.
23:45Tes données de santé,
23:46ce n'est pas n'importe quoi.
23:47Et la commande publique,
23:48c'est le système américain,
23:50la commande publique a fait émerger
23:52des start-up,
23:54des petites start-up
23:55qui sont devenues Google, Microsoft.
23:58C'est la commande publique.
23:59Ça fait 10 ans
24:00que tous les rapports disent ça.
24:02Il faut que la commande publique
24:03mette du fuel dedans.
24:08Une fois qu'avec cette commande publique,
24:10ils auront d'autres marchés
24:11et donc, ils trouveront de l'argent.
24:14Mais franchement,
24:15la commande publique,
24:16c'est indispensable.
24:17Oh, ouais, ouais.
24:18Bon, écoutez, on verra bien.
24:21Moi, je suis plutôt
24:22de l'avis de Fanny et d'Anguéran.
24:24Je pense que même
24:25s'il y a des difficultés,
24:26même si on va avoir
24:27un problème d'argent,
24:28il faut qu'on y aille aujourd'hui.
24:29Il faut absolument que...
24:31Les solutions sont...
24:32Elles sont là, les solutions.
24:33Elles sont là.
24:34Oui, oui, oui, voilà.
24:35Et tu vas faire...
24:36Et il n'y en a pas qu'une.
24:38Il n'y en a pas qu'une de solution.
24:39Il y a du choix maintenant.
24:40Moi, j'aurais donné de l'argent
24:41au laboratoire de recherche,
24:43à tous ces gens-là
24:44pour développer leur plateforme,
24:45pour attaquer les données.
24:46Là, j'aurais lâché de l'argent.
24:47Il faut, il faut, il faut en donner
24:48au laboratoire de recherche.
24:50Mais derrière, vous ne serez pas battus
24:50sur le fait de stocker les données
24:51sur un cloud, machin,
24:53où on verrouille un peu.
24:54C'est bon, quoi.
24:55Faites gaffe, parce que Fred Simotel,
24:56c'est le prochain numéro du numérique.
24:57Et nos données de la DGSX,
25:00on ne sait pas l'en tirer.
25:02Parlons-en.
25:03On arrête là.
25:04Petite pause.
25:05Et après, on part dans la Lune
25:06avec Elon Musk.
25:08Certains vont dire,
25:09oh là là,
25:09ça serait pas mal
25:10qu'il aille sur la Lune.
25:12Ça, c'est les mauvaises langues.
25:13On va évoquer tout ça
25:14dans une minute
25:15avec Fanny,
25:16avec Anguéran
25:17et avec Frédéric.
25:18Merci d'être là tout de suite.
25:22Tech & Co.
25:23La quotidienne sur BFM Business.
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