- 10 hours ago
Category
🗞
NewsTranscript
00:00Bonjour, soyez les bienvenus dans la semaine de l'écho.
00:05Après des mois de bras de fer politique, 3.49.3 et un vote finalement évité,
00:10la France dispose d'un budget 2026 adopté sans vote à l'Assemblée nationale.
00:14Que retenir de ces débats et de ce budget ?
00:17Qu'en disent les grands et les petits patrons ?
00:19Dans quelle mesure l'activité des entreprises a-t-elle souffert ?
00:22De l'instabilité politique et du brouillard budgétaire ?
00:25Entre fiscalité, accès au crédit, emploi des jeunes et des seniors,
00:28coûts d'énergie, de quoi les chefs d'entreprise s'inquiètent-ils vraiment ?
00:33Eh bien on en parle tout de suite avec mes invités.
00:35Charles Znati, bonjour.
00:36Bonjour.
00:37Vous êtes président du Medef Paris, principale organisation patronale française.
00:42Caroline Néron, bonjour.
00:43Bonjour.
00:43Vous êtes directrice générale du mouvement Impact France,
00:46réseau de 30 000 entreprises dites à impact social et environnemental.
00:51Cyprien Battu, bonjour.
00:53Bonjour.
00:53Vous êtes économiste à l'Institut Avant-Garde.
00:56Et Gilles Effron, bonjour à vous.
00:57Bonjour.
00:58Président d'Experts Connect, un cabinet de conseil qui met à disposition des entreprises,
01:02des seniors et des retraités pour des missions en entreprise dans l'industrie et les métiers de technique.
01:08Et vous êtes membre de l'organisation patronale Croissance Plus.
01:12La France a donc depuis lundi un budget 2026.
01:16Quelles en sont les grandes lignes ?
01:17Qu'est-ce que ça change pour les Français et pour les entreprises ?
01:20Le point sur les principales mesures avec nos confrères de France 2.
01:23Après des mois de tractation et de nombreuses mesures parfois abandonnées,
01:29que reste-t-il dans ce budget 2026 ?
01:33Les Français vont être touchés au porte-monnaie avec la taxe sur les petits colis.
01:39Ce sera 2 euros pour chaque colis venant de pays en dehors de l'Union européenne et dont la valeur est inférieure à 150 euros.
01:46L'idée est de cibler notamment les produits vendus sur les plateformes chinoises.
01:51Vu l'écart entre les articles sur Chine et les articles en France, 2 euros en plus, qu'est-ce que c'est finalement ?
01:58Je suis pas d'accord parce que bon, on paye déjà assez de taxes comme ça, donc encore une taxe supplémentaire, c'est bon.
02:05Toujours côté fiscalité, le barème de l'impôt sur le revenu va bien être revalorisé en fonction de l'inflation.
02:12Cela évite à 200 000 foyers de devenir imposable.
02:17Pour lutter contre la précarité étudiante, un coup de pouce avec les repas dans les restaurants universitaires à 1 euro.
02:24Jusqu'ici réservés aux étudiants boursiers, ils vont être généralisés pour tous dès le mois de mai.
02:31Certains Français modestes vont aussi pouvoir bénéficier de l'augmentation de la prime d'activité, plus 50 euros par mois en moyenne.
02:39Noémie Fournier est alternante et aimerait bien toucher cette aide revalorisée.
02:44Ça enlèverait un stress permanent et ça me permettrait de plus profiter et moins faire attention à chaque centime que je peux dépenser.
02:53Si le budget est plutôt clément pour les salariés, il l'est beaucoup moins aux yeux de leur patron.
02:59Pas de baisse des charges des entreprises, moins de crédit d'impôt.
03:03Benoît Pagé comptait pourtant dessus pour développer une nouvelle version de cette machine de recyclage de bouteilles plastiques.
03:08On a même renoncé à recruter la deuxième personne parce qu'effectivement le budget a été modifié entre temps
03:14et que tout ce système d'aide lié au crédit d'impôt recherche a été diminué et nous, ça nous a impacté directement.
03:22Définitivement adopté, le budget 2026 devrait entrer en vigueur dans les prochaines semaines.
03:28Alors on a entendu reconduction de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises,
03:32pas de suppression mais une poursuite de la baisse des impôts de production, taxe sur les holdings.
03:36Charles Natty, avec ce cocktail fiscal, j'imagine que vous êtes furieux ?
03:41Furieux, c'est pas le mot. En fait, c'est cette instabilité permanente qui est très perturbante pour l'économie
03:49et pour les entreprises et les mouvements.
03:52Alors, Abemus Budget, donc ça c'est la bonne nouvelle.
03:56Les parlementaires ont pris leur responsabilité très bien, c'était nécessaire.
04:01Néanmoins, le fait par exemple que la CVAE qui devait être supprimée ne le soit pas, c'est un facteur.
04:08Alors la CVAE, c'est la taxe sur la valeur ajoutée.
04:11C'est un impôt de production ?
04:12C'est un impôt, si vous voulez, si vous créez une société, au premier centime que vous allez facturer,
04:17vous allez commencer à payer de la taxe.
04:19On ne va pas se préoccuper de savoir si l'entreprise est rentable.
04:22Par rentable, vous payez au premier euro.
04:26Donc, cet impôt qui a été qualifié, je crois, par la Cour des comptes de stupidité,
04:34qui devait être supprimé, ne l'est pas.
04:36Donc ça, c'est un exemple parmi les instabilités fiscales.
04:42Et pour les entreprises, parce que les entreprises ont besoin de visibilité,
04:46elles ont besoin de voir loin pour investir, pour recruter, pour décider de leur stratégie,
04:50ce climat d'instabilité, c'est problématique.
04:54Et d'ailleurs, il y a des sondages récents qui mesurent un peu le moral des chefs d'entreprise.
05:00On me disait ce matin qu'un entrepreneur sur deux à Paris,
05:05puisqu'on s'intéressait à la question de Paris, envisageait d'arrêter son activité.
05:11Donc, on a comme ça des signaux qui disent le moral n'est pas bon et c'est la conséquence.
05:15Ce sont des petits patrons ?
05:17Oui, c'est plutôt... Alors, les TPE sont particulièrement impactés par cette situation.
05:24Ça, c'est certain.
05:24Alors, pour autant, le gouvernement jure que la stabilité fiscale est au rendez-vous.
05:2999% des entreprises ne verront aucun changement.
05:32En 2026, martèle la ministre des Comptes publics.
05:36Charles Natsi, j'imagine que vous n'êtes pas de cet avis ?
05:39En fait, on peut se battre sur les chiffres, des pourcentages, etc.
05:4499.
05:45Oui, 99, admettons.
05:47Le problème, c'est que les 1% vont forcément...
05:51Celles qui...
05:51À supposer que le chiffre soit vrai, je ne suis pas rentré dedans et je ne mets pas en doute la parole de la ministre,
05:55mais les 1% qui sont impactés vont forcément avoir des effets en cascade sur les autres.
06:01Il ne faut pas imaginer qu'une entreprise, c'est une île perdue au milieu de l'océan.
06:05Une entreprise, c'est sans cesse des relations avec des fournisseurs, des clients, etc.
06:10Donc, ce qui se passe dans l'une impacte forcément les autres.
06:13Donc, on n'attend pas d'un ministre qui vient de voter un budget au prix d'énormément d'efforts
06:18qui dise, ben non, on est des partisans de l'instabilité.
06:21C'est de l'affichage, selon vous ?
06:22C'est un discours qui est tout à fait normal venant d'eux.
06:27Mais moi, ce que je vous dis, c'est que, fort de la relation que j'entretiens avec mes adhérents,
06:32au milieu de l'affichage, il y a un certain nombre, plusieurs dizaines de milliers d'adhérents,
06:37le vécu, leur perception, alors on peut s'interroger sur leur perception,
06:42mais leur perception, c'est qu'il y a une instabilité
06:44et que cette instabilité, elle est préjudiciable à leur capacité d'anticiper l'avenir.
06:50Il faut dire que depuis 2017, je parle sous contrôle de notre économiste,
06:54les entreprises ont largement bénéficié d'allègements.
06:57On a vu une baisse de l'impôt sur les sociétés, une baisse des impôts de production,
07:01l'instauration d'une flat tax, le maintien du crédit impôt recherche.
07:05Charles Natty, vu le contexte des finances publiques dans le rouge,
07:08n'est-ce pas normal que les entreprises soient mises à contribution ?
07:12Ce n'est pas juste le retour des choses ?
07:13Vu le contexte des finances publiques, je veux juste vous dire,
07:15ce qui serait normal, c'est que l'État reconsidère ses dépenses
07:19et reconsidère son train de vie,
07:22notamment en regard de ce que pratiquent nos voisins proches en Europe.
07:28Donc à elle de faire des efforts et ne pas taxer les entreprises ?
07:30On pourrait faire un euro pour un euro, par exemple.
07:33On pourrait augmenter les impôts pour un euro
07:35en réduisant la dépense publique d'un euro.
07:37Ça fait partie des pistes qui, à certains moments, sont évoquées.
07:41Donc vous voyez qu'aujourd'hui, les entreprises sont devenues
07:45la variable d'ajustement budgétaire.
07:50Et ça veut dire quoi ?
07:51Ça veut dire qu'au fond, c'est dans la poche des entreprises
07:54qu'il est le plus facile pour le gouvernement et pour les parlementaires
07:58d'aller chercher l'argent qu'on n'est pas nécessairement capable
08:01d'économiser sur le budget de l'État.
08:03Pour revenir sur ce qu'on a appelé cette politique de l'offre,
08:07Cyprien Battu, toutes ces baisses d'impôts depuis 2017,
08:10elles ont contribué à creuser le déficit.
08:12Est-ce qu'elles ont réellement produit des effets
08:14en termes de croissance, en termes d'emploi ?
08:17Est-ce qu'il y a des études là-dessus ?
08:19Ce qu'on sait, c'est qu'effectivement, depuis 2017,
08:21il y a eu une baisse du taux d'imposition nette des entreprises
08:25avec effectivement la baisse de la CVAE,
08:27la baisse du taux d'imposition sur les sociétés
08:31et d'autres mesures qui correspondent à environ 0,8 point du PIB,
08:37ce qui fait à peu près 24 milliards d'euros.
08:42Et effectivement, ces baisses-là, elles sont réelles
08:45et en fait, elles vont participer de fait à l'aggravation du déficit
08:50depuis 2017.
08:52Ce n'est pas l'entièreté de la baisse du déficit
08:56et là, c'est cohérent avec ce que disait Charles Zanatti juste avant.
09:00Il y a des dépenses publiques qui sont très lourdes.
09:02Il y a une problématique de dépenses,
09:03il y a une problématique aussi de baisse d'impôts sur les ménages
09:05qui ont aussi contribué à la baisse du déficit.
09:09Oui, on pense à des taxes qui ont été supprimées
09:10comme la taxe d'habitation qui n'ont pas nécessairement été compensées.
09:14Effectivement.
09:15Mais tout de même, cette baisse de 24 milliards d'euros,
09:18elle ne semble pas être traduite par des effets évidents
09:21ni sur la croissance ni sur l'emploi
09:23où on est au final à peu près dans la moyenne européenne.
09:28On a une croissance qui va être prévue autour de 1% pour 2026.
09:34Et donc effectivement, là, on parle de l'effort total
09:38pour revenir à un équilibre entre recettes et dépenses publiques
09:41et donc vers un niveau qui permettrait que la dette arrête d'augmenter.
09:45il est autour de 100 milliards d'euros en tout.
09:49On a déjà fait un effort entre 2025 et 2024.
09:54C'est à peu près 15 milliards d'euros.
09:56On a fait pour le nouveau budget.
09:58Peut-être avant d'aller dans le détail des efforts qui nous restent à faire,
10:02Charles Nathie nous parlait d'une instabilité qui pesait dans l'économie,
10:06dans l'activité des entreprises.
10:07Est-ce que ça a aussi pu réduire ?
10:09Finalement, vous nous dites que l'allègement d'impôts pour les entreprises
10:14n'a pas créé beaucoup d'impact en termes d'activité, en termes d'emploi.
10:17Est-ce que cette instabilité n'a pas aussi eu un mauvais coup pour l'activité ?
10:23Forcément, oui.
10:25Entre 2017 et...
10:27On ne va pas refaire l'histoire de tout ce qui s'est passé entre 2017 et...
10:30Depuis la dissolution, on va dire, depuis 2024.
10:32Mais en tout cas, on a une période qui est en fait très intéressante
10:35du point de vue même d'histoire économique, parce qu'on a un ensemble de crises et de chocs
10:40qui sont assez importants.
10:41Et aujourd'hui, effectivement, on a un problème d'instabilité des mesures.
10:44Et en fait, ce qu'on peut au moins souhaiter, et je pense qu'on sera tous d'accord ici,
10:50c'est qu'on est à un cap clair pour la suite.
10:53Mais dans ce cap clair, il semble difficilement envisageable que, par exemple,
10:58les entreprises ne prennent pas à leur charge une partie de cet effort de réduction du déficit.
11:04Par contre, ce qui est vrai, c'est que quand on regarde le budget de 2026,
11:09donc dans l'effort total de 15 milliards d'euros dont je parlais tout à l'heure,
11:13les entreprises ont pris environ un tiers de tout ça,
11:15avec effectivement l'augmentation de la CGE,
11:20enfin la contribution exceptionnelle pour les grandes entreprises,
11:22qui devait être à 4 milliards et en fait qui est à 7,3,
11:25et la non-baisse de la CVE.
11:28Mais le problème, c'est qu'en fait, on n'a pas réussi à avancer aussi vite
11:31qu'on l'aurait voulu sur d'autres pistes, notamment à l'origine,
11:35on aurait dû atterrir vers un déficit à 5 points du PIB.
11:38Mais malgré tout, on a 4,7 points du PIB et finalement on a atterri à 5.
11:42C'est un peu le problème.
11:42Et ce un tiers des entreprises, c'est quoi ? C'est inédit ?
11:45Ce n'est pas inédit, parce qu'en fait, quand on regarde justement l'effort total
11:51de réduction du déficit qu'on doit faire pour justement revenir à une sorte d'équilibre,
12:01il y a un quart qui peut être expliqué justement par les baisses d'impôts
12:04sur les entreprises depuis 2017.
12:06Donc vous voyez, 24%, un tiers, au final on est plus ou moins...
12:10C'est un petit peu plus quand même.
12:11C'est un petit peu plus, parce qu'on n'a pas réussi justement à avancer dans les autres voies
12:16et on aurait dû le faire.
12:17Et dans ce cas-là, si on avait réussi à le faire, là, on aurait été justement
12:21dans une position beaucoup plus équilibrée.
12:23Caroline Héran, il est équilibré ce budget pour les entreprises ?
12:26Ce qui est sûr, c'est qu'il est vide de vision
12:31et qu'il y a un vrai enjeu, de toute façon, pour les entreprises
12:37de pouvoir avoir déjà un budget, parce qu'il fallait avancer,
12:40et effectivement de contribuer à leur juste part.
12:45Alors après, quelle est la juste part ?
12:46C'est toujours le sujet.
12:50Et le fait est qu'elles peuvent participer de deux manières.
12:53Évidemment, avec des contributions exceptionnelles suivant ce qui est possible,
12:57mais aussi en permettant de baisser les défenses.
13:01Parce qu'aujourd'hui, il y a plein de dépenses que l'État fait,
13:05que l'État ne fait pas si aussi les entreprises jouent plus le jeu.
13:10Et aujourd'hui, elles ne sont pas obligatoirement incitées à le faire.
13:12Je prends par exemple l'emploi des personnes handicapées.
13:15Aujourd'hui, ça coûte beaucoup à la collectivité
13:17que le taux de chômage des personnes handicapées sera trois fois,
13:19quatre fois supérieur à celui de la moyenne nationale.
13:22Et aujourd'hui, la capacité qu'on a à inciter, soutenir les entreprises
13:26à pouvoir embaucher justement des publics qui sont plus fragiles,
13:31c'est un vrai enjeu.
13:31Donc en fait, on a la possibilité de tirer sur deux volets
13:35pour rééquilibrer les efforts justement.
13:38Or là, finalement, je pense que ce qui est compliqué pour les entreprises,
13:42c'est qu'on ne sait pas trop où ça va taper.
13:44Et que le cap n'étant pas clair et pas projeté sur des mois, des années,
13:51ça donne une situation de fragilité, même si finalement, in fine,
13:55effectivement, on a 99% des PME.
13:58Quand on discute avec même la CPME, il n'y a pas d'alerte particulière.
14:04Mais il y a tous ces mois où on ne sait pas exactement où ça va peser.
14:08Et des secteurs entiers aussi, on a des petits ajustements
14:11qui finalement bouleversent complètement la situation dans laquelle on est.
14:14Je parle de la rénovation énergétique, je parle de la transition des énergies renouvelables.
14:19Enfin, plein de secteurs qui se voient être un peu rabotés,
14:24de manière un peu arbitraire, et du coup naviguer à vue.
14:27Et donc, c'est cette instabilité qui finalement est un peu dans l'épaisseur du trait,
14:31mais qui fragilise.
14:32Alors que les entreprises, on les côtoie au quotidien,
14:38ont bien conscience qu'il faut qu'elles participent à l'effort,
14:40qu'elles veulent qu'il y ait de l'apaisement dans la société.
14:42Donc, si tout tire sur les ménages, ça va exploser et personne n'a intérêt.
14:47Qu'il faut des services publics dans les territoires,
14:49parce qu'il faut bien des routes et des crèches pour les salariés.
14:51Donc, en fait, les entreprises, elles sont prêtes à contribuer.
14:55C'est juste qu'il n'y a tellement pas de vision sur qui, dans quelle mesure,
14:59et comment on peut aussi les accompagner à baisser les dépenses,
15:03que l'État les baisse et qu'elles puissent participer à ce que ça baisse,
15:08parce qu'il y aurait moins de précarité sociale,
15:10plus d'accompagnement à la transition,
15:12ce qu'elles peuvent tout à fait absorber aujourd'hui,
15:15qu'on a dans cette situation de fragilité et du coup d'attentisme
15:20qui nous pénalisent collectivement.
15:22Gilles et France, votre activité a-t-elle souffert de ces mois d'incertitude politique et budgétaire ?
15:29Alors absolument, nous, Expert Connect, on est une petite société,
15:32comme vous l'avez dit, qui fait essentiellement travailler des retraités, pour le coup,
15:36donc des gens très expérimentés, très compétents, dont les entreprises ont besoin.
15:39Et donc, vous l'avez compris, nos clients sont d'autres entreprises,
15:42plutôt des grandes entreprises.
15:44Et donc, toute cette instabilité dont on parle,
15:46si nos clients ne se portent pas bien,
15:47et bien, par ricochet, évidemment,
15:49les entreprises telles que Expert Connect et toutes les autres
15:51qui sont fournisseurs de prestations
15:53ou d'équipements pour des entreprises de plus grande taille
15:56souffrent au moins autant.
15:58Mais j'aimerais préciser quand même qu'il y a évidemment
16:00l'aspect budgétaire, qui est essentiel dont on parle
16:02pour la santé des entreprises,
16:03mais il y a d'autres paramètres, évidemment,
16:04il y a la compétitivité internationale,
16:05on n'est pas les seuls, pas la France tout seul,
16:07et puis il y a aussi le problème des compétences.
16:09Voilà, c'est un vrai sujet.
16:10Le problème des compétences, la démographie,
16:12et donc la réfection des compétences.
16:13On y reviendra dans un instant.
16:14Le débat budgétaire, on a vu qu'il s'est focalisé longtemps
16:17sur les ultra-riches, avec une taxe Zuckman
16:20qui a finalement été abandonnée,
16:21et sur les grandes entreprises.
16:23Véronique Néron, est-ce que ces débats ont reflété
16:26vos préoccupations en tant que dirigeante
16:28ou en tant que représentante patronale ?
16:33En partie.
16:34C'est-à-dire qu'effectivement,
16:36quelle est la juste contribution ?
16:37Effectivement, c'est une question
16:40que se posent les entreprises.
16:43Qui, finalement, doit payer et peut payer ?
16:48Est-ce que c'est une question de taille ?
16:49Ou est-ce que c'est une question d'activité, d'engagement ?
16:53C'est un vrai sujet de préoccupation pour les entreprises.
16:59Et finalement, ce que je vous disais tout à l'heure,
17:01c'est-à-dire que la manière de faire payer les entreprises,
17:04quand même, ressemble à une manière
17:06beaucoup plus du XXe siècle aujourd'hui
17:08que du XXIe siècle.
17:10C'est-à-dire, en fait, on prend les plus grosses,
17:13on se dit, OK, il y a une marge,
17:15et finalement, on va taper là où il y a de la marge.
17:19Alors qu'on pourrait se dire,
17:21lesquelles contribuent aux enjeux stratégiques du pays,
17:24lesquelles permettent au pays...
17:26En fait, il n'y a pas de stratégie
17:29qui fait qu'on penserait à une manière de contribuer
17:32qui soit un peu nouvelle.
17:33Nous, effectivement, c'est une vraie réflexion
17:37que se posent les entreprises.
17:38Comment on arrive à contribuer, justement,
17:40tout en restant compétitif
17:42et en répondant à nos enjeux stratégiques ?
17:44Alors, on a vu que le MEDEF était sous le feu
17:45de critiques venues d'une partie des entreprises,
17:49des petites entreprises,
17:50qui l'accusent de ne défendre que les grands groupes.
17:53Charles Nati, que répondez-vous à ces critiques ?
17:55Je crois que c'est très largement...
17:58Enfin, on en a exagéré à la fois l'importance
18:01et la portée.
18:03D'abord, le MEDEF, c'est 240 000 entreprises
18:05et là-dessus, il y en a 40 très grandes.
18:09Donc, vous voyez, vous faites par différence.
18:12La plupart des entreprises
18:14qui sont aujourd'hui adhérentes du MEDEF,
18:16ce sont des PME, voire des TPE.
18:18C'est la loi des grands nombres, tout simplement.
18:21Donc, il n'y a pas tant de grands groupes que ça,
18:23il n'y a pas tant de TI que ça en France.
18:24Alors, ce sont des critiques qui viennent
18:25d'autres organisations patronales,
18:27je pense notamment à l'UDEP,
18:28qui représentent plus les artisans,
18:30les commerces de proximité,
18:31les professions libérales.
18:32Et puis, on a vu aussi un nouveau collectif naître
18:35qui s'appelle Tros et Tros,
18:37qui est porté par des dirigeants de PME, ETI.
18:40Faut-il y voir un nouveau concurrent
18:41ou une recomposition du paysage patronal en France ?
18:45Non, je crois que je n'irai pas jusque-là.
18:47Rendez-vous dans 3-4 ans.
18:49On en reparle de cette recomposition.
18:53Non, pour être sérieux, il faut...
18:56Moi, je suis très attaché à l'unité patronale.
18:58Et je pense que chacun, avec sa différence,
19:01et chacun, avec les messages qu'il porte,
19:03on n'est pas nécessairement...
19:04D'ailleurs, Dieu merci,
19:05on n'est pas nécessairement d'accord sur tout.
19:06Et c'est bien normal.
19:08Mais, voilà, dans l'ensemble,
19:10le paysage économique français,
19:14il est composé de petites entreprises,
19:17de TPE, de PME, de TI, de grands groupes.
19:20Le MEDEF, c'est celui qui est au groupe le plus.
19:24Il y a d'autres organisations.
19:26Impact France, qui est sur le plateau.
19:27Croissance Plus, à vos côtés ?
19:29Croissance Plus.
19:30D'ailleurs, souvent, les entreprises sont adhérentes
19:32dans plusieurs organisations.
19:33Donc, ça ne pose pas de problème majeur.
19:37Même question, j'ai des fonds.
19:38Pour les dirigeants que vous côtoyez
19:39au sein de Croissance Plus,
19:40se sont-ils entendus dans ce débat budgétaire ?
19:43Se sont-ils sentis entendus ?
19:44En tout cas, ils se manifestent, ils s'expriment.
19:47Dernièrement, on a eu l'occasion
19:48de rencontrer un des cabinets du ministère
19:52pour faire valoir nos positions.
19:56Je ne veux pas trop m'avancer sur le sujet
19:57puisque les choses sont en cours.
19:59Mais enfin, en tout cas,
20:00Croissance Plus, je pense, relativement bien est entendu.
20:02Alors, ce budget, il est qualifié de socialiste
20:05par une partie de la droite,
20:06d'austérité par la gauche radicale
20:08et de compromis par la majorité présidentielle.
20:11L'objectif affiché, vous l'avez dit,
20:13c'est de ramener le déficit à 5% de la richesse nationale.
20:17Cyprien, battu avec une dette qui grimpe,
20:19on le voit, à 118%,
20:21même au-delà de 118% de la richesse nationale,
20:24est-ce que cette trajectoire, elle vous inquiète ?
20:27Et est-ce qu'un retour rapide aux critères européens
20:29est envisageable ?
20:32Est-ce que cette trajectoire est inquiétante
20:34du point de vue purement économique ?
20:37Pas forcément, c'est-à-dire au sens de
20:40qu'on ne va pas avoir une crise de la dette demain en France.
20:44Ça, c'est une chose qu'il faut toujours avoir en tête.
20:46Il n'y a pas de risque qu'il y ait la Troïka
20:48qui s'installe demain à Paris.
20:50Par contre, c'est vrai que c'est en quelque sorte des efforts
20:55qu'à chaque fois, si on les reporte,
20:59là, il y a des vrais efforts quand même qui sont faits.
21:01Ce n'est pas un budget qui ne réduit pas le déficit.
21:05C'est un budget qui réduit moins le déficit que prévu
21:07et qui va rendre les efforts à faire dans les années qui viennent
21:11un peu plus forts.
21:13Et c'est ça qu'il faut avoir en tête.
21:15Même la mesure, par exemple, sur la surtaxe sur les grandes entreprises,
21:17au final, c'est un one-shot.
21:18Ça veut dire que théoriquement...
21:21Qui aurait conduit.
21:22Ça veut dire que théoriquement...
21:23Donc c'est un two-shot.
21:24...enduit d'année en année.
21:25Pour 2027, il faut faire réduire le déficit
21:29par rapport au budget qu'on a aujourd'hui,
21:31en plus de compenser la non-reconduction,
21:35qui devrait, normalement, pas être reconduite,
21:38de la CEGE.
21:40Donc, ça m'inquiète au sens où je me demande où on va.
21:44C'est-à-dire qu'on n'a pas vraiment de plan.
21:45Ça a déjà été dit.
21:49Et pour suivre les critères européens,
21:52on est censé revenir en dessous de 3% du déficit en 2029.
21:56Ce qui va être extrêmement difficile.
21:58En tout cas, dans la situation dans laquelle on est,
22:03et surtout avec l'élection présidentielle qu'on va avoir en 2027.
22:06Aujourd'hui, il semble très...
22:07Le budget de 2026 montre que c'est très difficile d'avancer sur ces questions-là,
22:14même si ça a aussi des bénéfices.
22:15C'est-à-dire que ça repolitise la question du budgétaire,
22:19ce qui n'était moins le cas avant.
22:20Ça veut dire quoi ?
22:21Ça veut dire que les parlementaires, aujourd'hui,
22:22s'en saisissent davantage que par le passé ?
22:24La question était plus débattue,
22:26enfin, était plus portée par Bercy, par le ministère des Finances.
22:30C'est-à-dire que si vous regardez les années précédentes,
22:33on avait très peu d'écarts, ou un écart minime,
22:36entre le projet de loi de finances initiale
22:38et ce qui a été voté à toute fin du processus budgétaire.
22:43Et aujourd'hui, il y a des écarts qui sont extrêmement importants.
22:46C'est-à-dire ce qui explique pourquoi on est moins ambitieux,
22:48finalement, dans le dernier projet de loi.
22:50Par contre, ce qui veut dire aussi que...
22:52Ce qui veut dire, c'est qu'effectivement,
22:54on apprend peut-être à faire ces budgets-là
22:56en faisant des accords, en faisant des compromis,
23:00en donnant aussi la liberté aux parlementaires
23:05de faire passer certaines nouvelles mesures.
23:09Un petit problème adopté, au final, sans vote,
23:12par le 49-3.
23:14Il y a peut-être une bonne nouvelle,
23:15c'est que les taux d'emprunt à 10 ans sont redescendus
23:18suite à l'adoption de ce budget.
23:20Vous y voyez une bonne nouvelle ou un répit fragile ?
23:24C'est en fait ce qu'on voit à chaque processus budgétaire.
23:28On a une augmentation du...
23:30On est au niveau de l'Italie, à peu près, maintenant.
23:33On était un petit peu moins bien que l'Italie
23:36pendant la période de négociation.
23:38Maintenant, on est retombé en dessous.
23:40Mais en fait, dans le processus budgétaire
23:44depuis 2024, on observe toujours ça.
23:46C'est-à-dire qu'on a une augmentation
23:47pile au moment du premier projet ou l'abugé
23:51parce que personne ne pense qu'on va y arriver.
23:53Donc effectivement, il y a des craintes des investisseurs.
23:56Vous êtes en train de nous dire que c'est un ouf de soulagement ?
23:58Un ouf de soulagement.
24:00C'est-à-dire qu'on est quand même sur un taux
24:01beaucoup plus élevé que ce qu'il était avant.
24:03Mais c'est la reconnaissance des investisseurs
24:06qu'il y a quand même des...
24:08Il y a des voies de passage qui existent
24:10et qu'on arrive à les emprunter finalement en France.
24:13L'autre prix à payer pour éviter la censure du gouvernement
24:15et faire adopter ce budget,
24:17c'est la mise entre parenthèses de la réforme des retraites
24:19qui est censée relever l'âge de départ
24:21de 62 à 64 ans
24:24et rallonger la durée de cotisation.
24:27Charles Nati, ça vous inquiète ?
24:29C'est le même principe que pour le budget.
24:32C'est-à-dire qu'on décale dans le temps
24:34les problèmes qui se posent aujourd'hui
24:37parce que la question démographique
24:39qui est au cœur du sujet des retraites,
24:42elle ne va aller nulle part.
24:43Elle ne va pas changer.
24:45C'est une bombe à retardement
24:47pour les finances publiques et pour les entreprises ?
24:49C'est un sujet auquel il faudra s'atteler
24:51qu'on le veuille ou non à un moment ou à un autre.
24:54On ne peut pas indéfiniment reporter
24:57la patate chaude sur les générations futures.
25:00Donc oui, il faut trouver des solutions
25:04pour maintenir le système des retraites par répartition
25:09dans un équilibre qui fait face aux enjeux démographiques,
25:14clairement au vieillissement et à l'accroissement de la population.
25:18On a cette population qui est la population des baby boomers
25:21qui arrivent aujourd'hui à la retraite.
25:23Ils sont par définition plus nombreux
25:25que la génération qui est venue derrière.
25:27Donc pour que ceux qui travaillent financent
25:29ceux qui ont arrêté de travailler,
25:32il va falloir trouver des solutions.
25:33L'allongement de la durée de travail est une solution.
25:37L'emploi des jeunes en est une autre aussi
25:38parce que plus il y aura de gens qui y travaillent,
25:40mieux on pourra financer la retraite par répartition.
25:44Alors Gilles Effron, votre cabinet, on l'a compris,
25:46place des seniors en entreprise,
25:48elle est vent debout contre une mesure clé du budget social.
25:51C'est la réforme du cumul emploi-retraite.
25:53À partir de 2027, le cumul sera limité
25:56avant 67 ans avec un seuil annuel pour les missions courtes.
26:00L'exécutif veut ainsi pousser les Français
26:02à partir plus tard ou à passer par la retraite progressive,
26:05qui est un autre dispositif,
26:07plutôt que d'utiliser un cumul jugé coûteux
26:09et mal ciblé dont profiteraient surtout les cadres
26:12et professions qualifiées à pension confortable.
26:16Est-ce que vous confirmez que ce dispositif
26:17bénéficie d'abord aux cadres ?
26:20Et selon vous, pourquoi ?
26:22Alors, je vais peut-être reprendre un petit peu l'ensemble du sujet,
26:25si vous le permettez.
26:27Pour resituer un peu le problème,
26:28aujourd'hui, des gens qui travaillent à la retraite,
26:30il y en a à peu près un million.
26:31Donc c'est une masse gigantesque
26:33qui représente un poids économique.
26:35Et derrière, des entrées, évidemment,
26:36des recettes sociales et fiscales pour le gouvernement...
26:39Et parmi ces un million, ce sont surtout des cadres ?
26:41Quelle est la proportion ?
26:42Non, vous retrouvez...
26:44Et d'ailleurs, la Cour des comptes a fait un découpage assez précis.
26:47Vous retrouvez des gens qui sont en carrière longue,
26:48qui partent très tôt, pour le coup,
26:50deux ans avant l'âge légal.
26:52Et donc ce sont des gens qui,
26:53s'ils retravaillent, un bon nombre d'entre eux,
26:55retravaillent après à la retraite,
26:57alors on dira effet d'aubaine, etc.
27:00C'est ce que dit le gouvernement.
27:01C'est-à-dire qu'une partie de ces seniors
27:02auraient travaillé de toute façon,
27:04même sans dispositif du gouvernement.
27:06Je crois que cette hypothèse sur laquelle repose toute la construction
27:09de cette réforme est largement erronée.
27:12Aujourd'hui, quelqu'un qui a ses trimestres
27:14et qui a les conditions pour partir au taux plein part.
27:18Il part, il liquide sa retraite.
27:19Et après, il envisage, s'il est sollicité,
27:21s'il y a des opportunités,
27:22de reprendre une activité en cumulant emploi retraite.
27:25Donc avec cette réforme,
27:26tout cet emploi à la retraite va disparaître
27:29et certainement pas au profit, un peu à la marge,
27:32si vous voulez, d'une prolongation de carrière
27:34ou d'une retraite progressive.
27:35La retraite progressive, je vous rappelle que c'est moins de 1%
27:38depuis 20 ou 30 ans.
27:39Donc on n'arrive pas vraiment à évoluer.
27:41Et pourquoi ?
27:42Ça ne marche pas ?
27:42C'est un dispositif qui n'intéresse pas ?
27:44C'est un dispositif qui est, pour les entreprises,
27:46assez complexe à mettre en œuvre.
27:47C'est-à-dire que vous avez quelqu'un qui occupe un poste
27:49à temps partiel.
27:50Ce n'est pas forcément ce que recherchent les entreprises.
27:52Donc déjà, de ce côté-là,
27:53je pense qu'il n'y a pas forcément un grand intérêt.
27:55Et puis pour les salariés,
27:58ça les intéresse moins.
28:00Ils préfèrent avoir soit une activité
28:01ou partir à la retraite.
28:02Et puis après, Loculant par Retraite offre la possibilité
28:05d'avoir une activité vraiment choisie,
28:06exactement ce qui est désiré,
28:08à la hauteur de ce qu'on souhaite.
28:09Et donc c'est une flexibilité qui marche.
28:11Je vous disais, un million de personnes qui travaillent,
28:12on ne peut pas simplement mettre à la trappe
28:14un million de personnes qui travaillent.
28:15Ça paraît trop simple.
28:16en espérant que ça prolongera la carrière.
28:19Donc c'est très naïf.
28:21Et alors la conséquence de tout ça, évidemment,
28:23qui est très grave,
28:24c'est que tous ces gens à la retraite
28:25détiennent énormément de savoirs et de compétences
28:27absolument indispensables
28:28pour un grand nombre d'industriels.
28:29Et aujourd'hui, c'est savoir si du jour au lendemain,
28:32on les supprime,
28:33il va y avoir des conséquences, je pense, terribles,
28:35qui ne vont pas du tout arranger les entreprises,
28:37notamment tous les grands groupes en particulier,
28:39qui ont des grands projets d'infrastructures.
28:42Et là, je fais par exemple mention du nucléaire
28:45ou de l'aéronautique, spatiale, défense, etc.,
28:47qui sont des fleurons industriels
28:48qui contribuent à la balance commerciale française
28:51avec un fort effort.
28:53Alors je précise que les retraités
28:54qui sont déjà en cumul emploi retraite
28:55avant 2027 restent dans le secteur actuel.
28:57Alors cela pour continuer.
28:59Mais juste, l'exécutif estime que le cumul actuel
29:01gonfle la masse des pensions
29:03sans réduire nécessairement le chômage des seniors.
29:06Qu'est-ce que vous répondez à cet argument ?
29:09Qu'il gonfle le poids des pensions ?
29:12Le poids des pensions,
29:13sans pour autant lutter contre le chômage des seniors ?
29:16Alors c'est deux choses différentes.
29:17Le sous-emploi.
29:18C'est deux choses différentes,
29:19c'est deux problèmes différents.
29:20Alors si on reprend le premier point,
29:21gonfle le poids des pensions,
29:23bon ben c'est un, quelque part,
29:24c'est un droit acquis.
29:26Vous avez codé toute votre carrière,
29:27donc quelque part,
29:28c'est un droit dont vous bénéficiez.
29:29Et puis, comme je vous disais tout à l'heure,
29:31il faut mettre au regard de ce poids des pensions
29:33les recettes sociales et fiscales
29:35de ces gens qui travaillent.
29:37Et il y a une proportion de fois 4.
29:39On parle de, donc si vous voulez,
29:41le rêve, c'est d'avoir, de réduire le poids des pensions,
29:45mais sauf que vous perdez de l'autre côté
29:47l'ensemble des recettes fiscales et sociales de l'activité,
29:51qui est beaucoup plus important.
29:52Donc si vous voulez, le calcul, il est vite fait.
29:54Il est mauvais.
29:54Alors des seniors, on va parler des jeunes.
29:57Face au chômage,
29:58des jeunes qui avoisinent les 20%,
30:00comment relancer l'emploi ?
30:01Le MEDEF propose une solution choc,
30:03un nouveau CDI plus souple
30:05et qui pourrait être rompue sans motif
30:07pendant les trois premières années.
30:09Le reportage de nos confrères de France 2.
30:12Un CDI pour les jeunes,
30:13facilement résiliable pendant plusieurs années.
30:16Une idée du MEDEF qui déclenche un tollé.
30:20En Ile-de-France,
30:21cette marbrerie emploie 45 salariés,
30:23dont Rémi Pilias, 27 ans,
30:25tout juste recruté,
30:27et franchement opposé à cette mesure.
30:29C'est un contrat,
30:30si l'on regarde l'ensemble,
30:32on est moins bien rémunéré,
30:34on a plus de précarité,
30:37difficile de trouver grand chose à y gagner.
30:40Basile Poussin, responsable d'atelier,
30:43se montre plus mitigé.
30:44Pour nous, entreprise,
30:46c'est toujours intéressant.
30:47Pour les jeunes en eux-mêmes,
30:49je ne suis pas sûr.
30:50Concrètement,
30:51la période d'essai durerait trois ans,
30:53pendant lesquelles le contrat
30:54pourrait être rompu à tout moment,
30:56sans motif,
30:57et avec un salaire parfois inférieur au SMIC.
30:59Un dispositif explosif aux yeux de la CGT.
31:03Le scandale,
31:04c'est que le patronat
31:05n'est rien d'autre à proposer aux jeunes
31:07que la précarité à vie.
31:09On a une génération
31:10qui n'a jamais été aussi qualifiée,
31:12qui n'a jamais fait autant d'études
31:13que propose le patronat,
31:15la précarité et des sous-salaires.
31:17C'est quand même honteux.
31:18Face à la polémique,
31:19le MEDEF dit vouloir lutter
31:21contre le chômage des jeunes,
31:23trois fois plus élevé en France
31:24que chez nos voisins allemands.
31:25Oui, c'est un sujet sensible.
31:27On s'en empare,
31:28on en discute,
31:29on trouve des solutions.
31:30où on continue de dire
31:31non, il ne faut pas y toucher,
31:33on ne fait rien du tout.
31:34Et ces 1,4 million de jeunes
31:36vont un peu rester dans la situation
31:38qui est la leur.
31:39Dans cette entreprise
31:40de réparation d'électroménagers,
31:42la solution pour les jeunes
31:43passe au contraire
31:44par le salaire,
31:45selon ce patron.
31:45On ne veut aucun salarié
31:48de l'entreprise
31:48qui gagne moins de 1 780 euros net.
31:51Bon, ça, c'est un truc
31:52qu'on a défini.
31:53Et on pense même
31:54que le SMIC,
31:55ce n'est pas assez
31:55et que ça ne permet pas
31:56à chacun de vivre dignement.
31:58Les jeunes,
31:58il faut les valoriser.
31:59C'est comme ça
32:00qu'on va les remettre au travail.
32:01Ce n'est pas en leur disant
32:01qu'ils ne méritent pas
32:02un CDI comme tous les autres.
32:04Ce soir,
32:05le gouvernement assure
32:06que le CDI jeune
32:06n'est pas à l'ordre du jour.
32:08Il renvoie le sujet
32:09à la prochaine présidentielle.
32:11Le sujet est renvoyé
32:11à la prochaine présidentielle.
32:12On voit que cette idée,
32:13elle rappelle fortement
32:14le contrat premier embauche
32:15de 2006
32:16qui avait été adopté
32:17puis retiré
32:18sous la pression de la rue.
32:20Charles Naty,
32:20pensiez-vous vraiment
32:21qu'une telle mesure
32:23pouvait passer en 2026,
32:2520 ans plus tard ?
32:26Je voudrais vous parler
32:28de Jessica.
32:29Jessica,
32:30elle est née en 2006
32:31et elle a 20 ans aujourd'hui.
32:34Jessica,
32:35elle a passé son bac,
32:36elle a passé un bac art plastique
32:37et puis ensuite,
32:38elle s'est inscrite à la fac.
32:39Elle n'a pas terminé la fac.
32:41Et aujourd'hui,
32:41à 20 ans,
32:42elle n'est ni en emploi,
32:44ni en études,
32:45ni en formation.
32:46Et donc,
32:46elle a le choix
32:47quand elle se présente
32:48quelque part pour travailler.
32:49Elle a le choix
32:50entre l'intérim,
32:53elle a le choix
32:54dans le meilleur des cas
32:55avec un CDD.
32:57Et souvent,
32:58on lui dit
32:58« Oh, bah écoute,
32:59si tu veux qu'on t'embauche,
33:00il faudrait que tu sois
33:01auto-entrepreneur. »
33:03Donc,
33:04le MEDEF
33:05a mis sur la table
33:06du dialogue social autonome
33:08une piste de réflexion.
33:11Ce n'est pas un projet,
33:12ce n'est pas quelque chose
33:14qui est défini.
33:14C'est quoi ?
33:14C'est la provocation ?
33:15C'est un travail
33:17qui doit être collectif
33:20entre les organisations patronales
33:22et les organisations salariales
33:24pour essayer de définir
33:26qu'est-ce qui pourrait être
33:27un cadre nouveau
33:28qu'on offrirait à ces jeunes,
33:301,4 million d'entre eux,
33:31qui n'ont ni travail,
33:33ni emploi,
33:34ni formation,
33:35ni études.
33:36Et je dois dire
33:37que ce reportage,
33:40c'est important
33:40de le débunker
33:41parce qu'il y a
33:42beaucoup de choses
33:42qui sont dites
33:43dans ce reportage
33:44qui sont fausses.
33:45On vous a entendu dedans,
33:46d'ailleurs.
33:46Tout le monde a eu la parole.
33:47Je voudrais entendre
33:48Caroline Néron dessus.
33:50Sur un tel contrat,
33:51selon vous,
33:51est-il de nature
33:52à régler les problèmes
33:52de jeunes comme de Jessica
33:53qui ne sont donc
33:54ni en emploi,
33:55ni en formation,
33:55ni en études ?
33:57Pour nous,
33:57pas du tout.
33:58Je veux dire,
33:59l'ensemble des entreprises
34:00qui sont aujourd'hui
34:01à Impact France,
34:03ils ont surtout envie
34:04de...
34:05Besoin de recruter,
34:06déjà.
34:06Besoin de recruter
34:07des jeunes
34:09sur les métiers
34:10d'aujourd'hui
34:11et les métiers de demain.
34:12Or,
34:12on a un vrai problème
34:13d'adéquation,
34:14de formation,
34:15d'apprentissage,
34:16un vrai problème
34:16de compétence
34:17dont vous parliez
34:19sur les métiers
34:22dont on a besoin
34:22et dont on va avoir besoin.
34:24Des métiers du soin,
34:25des métiers
34:25de l'action de proximité,
34:27les métiers
34:28de la transition écologique,
34:29évidemment,
34:30des métiers
34:31qui intègrent
34:33des évolutions numériques
34:34majeures.
34:35Donc,
34:35aujourd'hui,
34:36ce dont les entreprises
34:37ont besoin,
34:38c'est de jeunes
34:39qui s'intègrent
34:40dans leurs entreprises
34:41en étant compétents,
34:42qui aussi sont engagés
34:44dans le travail.
34:45On sait qu'en France,
34:46le taux d'engagement
34:46dans le travail
34:47est le 26e
34:48sur 27 pays européens.
34:50On a 6%
34:51d'engagement dans le travail
34:51quand en Angleterre,
34:53c'est 33%.
34:54Donc,
34:55en fait,
34:55on veut des salariés
34:56engagés,
34:57on veut des jeunes
34:58qui puissent
34:59commencer leur carrière
35:00et apporter leurs compétences,
35:02leur énergie.
35:03On sait aussi
35:03qu'aujourd'hui,
35:04on met 80 ans
35:05pour doubler
35:06son niveau de vie
35:08en étant salarié
35:09en France
35:09quand c'était 15 ans
35:10dans les années 70.
35:12Et ce qu'on propose
35:13aux jeunes,
35:14c'est de les embaucher
35:15en dessous du niveau
35:16du SMIC.
35:16Nous,
35:17on pense que ça ne va pas
35:18apporter ni de la compétitivité
35:19ni de la productivité
35:20dont on a absolument besoin
35:22aux entreprises françaises.
35:24Si les francs,
35:24allez réagir.
35:25Oui,
35:25alors je prends ma casquette
35:26d'entrepreneur
35:27et moi,
35:27je trouve que c'est
35:28une piste intéressante
35:29parce que
35:29si vous voulez recruter
35:31un jeune
35:32qui,
35:33effectivement,
35:33n'a pas appris grand-chose,
35:34l'engagement,
35:35et c'est la contrepartie,
35:36le fait de le payer
35:36en dessous du SMIC,
35:38c'est l'engagement
35:38de l'entreprise
35:38à le former.
35:40Et je pense que
35:40c'est un pied à l'étrier
35:42pour démarrer,
35:43c'est ce qui est évoqué.
35:44Et donc,
35:44je mets ma casquette
35:45d'entrepreneur.
35:46Nous avons,
35:47alors je fais une comparaison
35:47qui vaut ce qu'elle vaut,
35:48mais nous avons des alternants
35:49et donc un alternant
35:50qui marche bien
35:51et qui connaît bien
35:52l'entreprise,
35:53l'employeur,
35:53il n'est pas fou,
35:54il a investi,
35:55il a envie de le garder.
35:56Et ça marche très bien
35:56l'alternance,
35:57donc on n'a pas besoin
35:57d'autre chose.
35:58C'est vrai pour ceux
36:00qui ont la chance
36:00de décrocher
36:02une formation
36:03en alternance.
36:05Qui trouvent l'entreprise
36:05qui veuille bien
36:06et la formation
36:08qui corresponde.
36:09Qui proposent
36:09des formations
36:10en alternance.
36:11Il y a des entreprises
36:11qui les embauchent
36:12et bravo aux entreprises
36:14qui sont chez Impact France
36:15d'embaucher beaucoup
36:16d'alternants.
36:16Mais ça ne suffit pas.
36:18Il y a 1,4 millions de jeunes
36:21qui sont nés en études,
36:22qui sont sortis
36:23du système scolaire,
36:24qui sont sortis
36:25du système universitaire.
36:26Et pour cela,
36:27comment on fait ?
36:27On leur invente
36:28un contrat d'alternance ?
36:30Non, aujourd'hui,
36:30ce qu'on leur propose
36:31dans le meilleur des cas,
36:32c'est de devenir
36:33auto-entrepreneurs.
36:34Et croyez-moi,
36:34ça ne les fait pas rêver.
36:36Cyprien Battu,
36:37on parle d'apprentissage,
36:38d'alternance.
36:40Beaucoup de choses
36:40ont été tentées
36:41pour l'emploi des jeunes.
36:42Quel bilan en tirer ?
36:43Le bilan,
36:45qu'on en tire,
36:45c'est d'abord
36:46que quand on regarde
36:47l'évolution de l'emploi
36:47des jeunes ces dernières années,
36:49il a plutôt baissé.
36:50Ça, c'est justement
36:51le résultat du développement
36:52de l'apprentissage
36:53et de l'alternance
36:54ces dernières années.
36:55Par contre,
36:56ça a eu des coûts
36:57très importants
36:58au niveau budgétaire.
36:59C'est une politique
37:00qui est justement
37:00en train d'être réformée.
37:02Parce qu'il y avait
37:02des effets de bain assez importants
37:04du côté de l'apprentissage,
37:05justement,
37:05qui concernaient notamment
37:07des jeunes
37:09qui ne sont pas du tout
37:10dans les situations problématiques
37:11qu'on évoque aujourd'hui.
37:12C'est-à-dire qu'il y avait
37:14beaucoup de jeunes
37:15qui étaient au niveau
37:15de master
37:16qui bénéficiaient
37:19de l'alternance
37:20et du coup
37:20d'aides assez importantes
37:22en direction de l'employeur.
37:23Et ça, c'est quelque chose
37:24qui a été réformé
37:25et qu'il y avait
37:25un problème de ce côté-là.
37:26Mais par contre,
37:27il y a quand même
37:27eu une réduction.
37:29On avait en 2019
37:29un taux de chômage
37:31des jeunes à 25%.
37:32Et là, vous voyez,
37:33on parlait d'un taux
37:34de chômage des jeunes
37:35à plutôt proche
37:36de 19-20%.
37:37Donc, ce côté-là,
37:41on a déjà une amélioration.
37:42Le taux des jeunes
37:45ni en emploi
37:47ni en études,
37:47c'est difficile à dire,
37:49a également un petit peu
37:50baissé ces dernières années.
37:51On peut voir là
37:52le résultat
37:54de plusieurs politiques,
37:55mais c'est moins clair.
37:57Mais ça coûte cher
37:57et il y a des effets d'aubaine.
37:59C'est ce qu'on retient bien.
38:00Toujours, malheureusement,
38:01souvent.
38:03C'est inéluctable.
38:03On ne peut pas y échapper.
38:05Il y a des alternatives quand même.
38:06Il y a des alternatives.
38:07Aujourd'hui,
38:08c'est l'État
38:08qui a pris sur lui
38:09de payer
38:10et d'investir
38:11sur ce sujet
38:12qui ont vraiment bénéficié
38:15aux entreprises.
38:17Aujourd'hui,
38:17quand on paye
38:18un jeune au SMIC,
38:19on n'a presque
38:20aucune charge patronale.
38:23Aujourd'hui,
38:23la solution pourrait être
38:24aussi de conditionner
38:25le fait de ne pas payer
38:27de charge pour le SMIC
38:28à développer une formation.
38:31Et ça,
38:31ça serait bénéfique,
38:35très bénéfique
38:35pour le budget
38:36de l'État.
38:37Ça resterait très bénéfique
38:38pour les entreprises
38:39parce qu'elles investiraient
38:40sur l'avenir.
38:41Et aujourd'hui,
38:42on a quand même des jeunes
38:43par milliers
38:44qui travaillent
38:45dans des fast-food
38:45payés,
38:47radés,
38:47pâquerettes,
38:47sans aucune charge
38:49et donc avec des systèmes
38:51qui coûtent à l'État
38:52alors qu'on sait
38:53qu'il n'y a aucun risque
38:54de délocalisation,
38:54par exemple,
38:55de ces emplois.
38:57Donc là,
38:58on peut réfléchir
38:58à des choses
38:59qui sont intéressantes,
39:00qui sont bénéfiques
39:00à l'ensemble de la société
39:01et qui seront bénéfiques
39:02aux entreprises
39:03et aux jeunes.
39:03Allez, je vous laisse
39:04le mot de la fin.
39:05Oui, je pense que
39:06c'est un sujet
39:07qui est suffisamment important
39:08pour qu'on ne le traite pas
39:09sous le feu des médias,
39:13sous le feu des politiques,
39:14mais qu'on le traite
39:15dans le cadre
39:16du dialogue social autonome.
39:18Vous voyez,
39:18on a signé,
39:19il n'y a pas très longtemps,
39:20il y a quelques jours,
39:21un CDI senior
39:23avec nos homologues
39:25organisations syndicales.
39:26C'est un truc bien
39:27que je ne vous réinviterais pas
39:28pour en parler.
39:28Non, mais ce que je veux dire,
39:30c'est qu'on peut parler
39:31d'une proposition du MEDEF
39:32quand il y a eu véritablement
39:35un dialogue sincère, honnête,
39:37partagé entre les différentes organisations,
39:40entre toutes les parties prenantes
39:41et qu'on est en passe
39:42d'aboutir à quelque chose
39:43qui tient la route.
39:44Autrement,
39:45ça reste une idée
39:45qui est simplement,
39:47qui est agitée comme ça,
39:49qui est polémique
39:50et qui est inutilement polémique
39:51parce que ça nous détourne
39:52du vrai sujet.
39:53Le vrai sujet,
39:54c'est on fait quoi
39:55avec ces 1,4 million de jeunes ?
39:57Comment on peut les aider ?
39:58Écoutez,
39:58on en reparlera,
39:59avec ou sans vous,
40:00sur ce plateau.
40:01En tout cas,
40:02merci beaucoup
40:02d'avoir participé
40:03à cette émission.
40:04Merci à vous
40:05de nous avoir suivis.
40:06L'information continue
40:07sur France 24.
40:07de Sous-titrage Société Radio-Canada
Comments