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  • 7 weeks ago

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00:00On va vous parler maintenant du budget de la France qui est l'autre dossier sur le bureau de l'exécutif français.
00:06Toujours pas de budget à l'horizon.
00:08Il va de nouveau être examiné en commission des finances.
00:11Demain, on est la nouvelle année, on reprend les mêmes, on recommence.
00:13On repart de zéro, comme on disait hier, Flore Simon.
00:15Le gouvernement qui est quand même sous pression pour faire adopter, et vite, un texte.
00:19Est-ce qu'il y aura cette fois une voie de passage ?
00:21Ça, la question, on n'a pas la réponse encore.
00:23On n'a pas la réponse, ça paraît extrêmement compliqué.
00:25Il n'y a pas eu de compromis en décembre.
00:27On se demande comment, trois semaines après, le budget pourrait passer à l'Assemblée nationale.
00:30Alors, le Premier ministre, il reste persuadé, comme sur le budget de la Sécurité sociale, qu'un compromis est possible.
00:36Il avait renoncé au 49-3.
00:38Il ne compte pas y avoir recours, enfin y recourir de nouveau.
00:42Sauf que la tâche, à la différence du budget de la Sécu, la tâche sur le budget de l'État est autrement plus ardue.
00:48Les parlementaires de gauche, ce qu'ils disent, c'est qu'ils auraient du mal à s'abstenir.
00:51Mais alors, évidemment, ils ne voteraient certainement pas pour, puisque ça voudrait dire qu'ils passent dans la coalition gouvernementale.
00:57Donc, c'est impensable, surtout avec les échéances électorales qui arrivent.
01:02Et puis, pour l'abstention, ça voudrait dire que Sébastien Lecornu fait des concessions de poids à la gauche,
01:07comme il l'avait fait sur le budget de la Sécurité sociale, avec la plus marquante,
01:10qui était évidemment la suspension de la réforme des retraites.
01:13Donc, pour l'instant, on n'y est pas.
01:15Donc, pour l'instant, la voie de passage s'avère être extrêmement étroite,
01:20d'autant plus, Elisabeth, qu'on reste sur les mêmes problématiques.
01:23C'est-à-dire que la gauche veut augmenter les impôts, et la droite y est formellement opposée.
01:28Voilà, Bratfer qui se poursuit entre les deux camps, alors que le Premier ministre, lui, a renoncé aux 49 rois.
01:34Mais la pression monte pour qu'il ait finalement recours à cet article de la Constitution,
01:39qui permet quand même de faire adopter un texte sans vote.
01:42La petite musique, elle revient tranquillement, là.
01:44Voilà, la petite musique des voix s'élèvent dans l'opposition.
01:46Alors, à droite, par exemple, Bruno Retailleau, président des Républicains,
01:50qui dit qu'il faut que le Premier ministre ait recours aux 49-3,
01:53tout comme Gérard Larcher, le président du Sénat.
01:55À gauche, on a entendu François Hollande, ancien président de la République, qui dit la même chose.
02:01Et alors, pour la gauche, finalement, ce n'est pas une ligne rouge, ce 49-3.
02:04Ils disent qu'en gros, si le Premier ministre répond à leurs demandes, pourquoi pas ?
02:10D'ailleurs, on va écouter le porte-parole des députés PS à l'Assemblée. Écoutez.
02:14Si le 49-3 permet de cranter un certain nombre d'avancées sociales et écologiques
02:19refusées par LR, et ça permet de tordre le coup à LR pour pouvoir avoir un budget qui soit plus juste,
02:26on pourra se déterminer en fonction de la copie.
02:28Si on utilise un 49-3 pour nous faire adopter de force le budget tel qu'il est sorti du Sénat,
02:33ce sera évidemment censure et chute du gouvernement.
02:35Voilà, un 49-3, ça expose le Premier ministre à une censure.
02:38Donc il faudrait qu'il trouve un accord de non-censure avec la gauche, évidemment, avant de l'utiliser.
02:44En revanche, pour la gauche, il va quand même falloir expliquer deux choses, Elisabeth.
02:47Le Premier ministre, il a renoncé au 49-3 à la demande du PS.
02:51Donc il va falloir que le PS explique à ses électeurs
02:54pourquoi il ne censure pas derrière si le Premier ministre avait recours au 49-3.
02:58D'autre part, il va aussi falloir qu'il dise, ben voilà, on ne l'a pas censuré
03:02parce qu'on a eu des concessions de poids extrêmement importantes
03:06qui vont faire avancer le pays dans le sens dans lequel on veut qu'il avance.
03:10Donc c'est vrai que pour la gauche qui demande, en tout cas du côté de François Hollande,
03:15à ce que le 49-3 s'est utilisé, c'est un peu, ils sont un peu sur un fil là, la gauche,
03:20parce qu'il va falloir expliquer à l'électorat ensuite
03:22pourquoi ils ne censurent pas derrière.
03:25Pour l'instant, je vous le disais, ce n'est pas du tout à l'ordre du jour.
03:27Sébastien Lecornu mise tout sur le compromis.
03:30Mais à la fin des fins, aura-t-il le choix ?
03:33Les négociations ont d'ailleurs commencé hier
03:35puisque les chefs de file des groupes parlementaires étaient conviés à Bercy,
03:40en dehors de la France insoumise et du Rassemblement national,
03:42sauf que les écolos et le Parti communiste ont décliné l'invitation.
03:46Oui, ce n'est pas une bonne nouvelle pour le gouvernement
03:48parce que le vote des écologistes est extrêmement scruté,
03:52ou en tout cas leur abstention.
03:53Parce que s'il y a un vote contre, si on fait un peu les comptes,
03:55pour l'instant, on ne peut pas tellement dire
03:57qui va voter contre, qui va voter pour, qui va s'abstenir.
03:59Mais c'est vrai que si les écologistes votent contre,
04:02il y a très très peu de chances que le texte passe.
04:04Alors, Roland Lescure, le ministre de l'Économie,
04:09il y croit encore.
04:09On voit qu'il est très optimiste sur la réunion qu'il y a eu hier,
04:12mais sans les communistes et sans les écologistes.
04:15Mais malgré tout, il y croit. Écoutez-le.
04:17Vous le savez, une loi spéciale, ce n'est pas un budget.
04:20C'est une loi qui nous a permis de gagner du temps
04:23pour pouvoir aujourd'hui reprendre le travail
04:25et le poursuivre dans les jours qui viennent.
04:28Pourquoi cette réunion aujourd'hui ?
04:30D'abord, tout simplement, parce qu'on y croit.
04:33On croit que c'est encore possible de doter un budget à la France
04:36et le plus vite possible.
04:37Et on n'est pas les seuls, puisque vous le savez,
04:39un certain nombre de groupes parlementaires
04:40ont accepté de participer à cette réunion aujourd'hui.
04:43Voilà, un optimisme qui n'est pas partagé par les écologistes,
04:47puisque se disent sans illusion sur l'issue des débats
04:50et refusent de faire du théâtre.
04:52C'est pour ça qu'ils ne se sont pas rendus à la réunion d'hier.
04:55Donc on voit mal comment les discussions pourraient avoir lieu
04:57et comment aussi peser avec les écologistes,
05:00trouver des voies de passage,
05:02puisque pour l'instant, ils semblent assez déterminés
05:04à ne pas voter ce budget.
05:06Alors, pas de budget, mais pas de shutdown à l'américaine pour autant,
05:09parce qu'on est doté d'une loi spéciale,
05:12l'État continue de fonctionner malgré tout.
05:14Oui, l'État fonctionne à minima.
05:16Une loi spéciale, ce n'est absolument pas un budget,
05:18c'est un sparadrap.
05:19Donc il va quand même falloir que la France finisse par se doter d'un budget.
05:23Sans budget, Elisabeth, par exemple,
05:25le budget de la défense qui devait être augmenté
05:26de près de 7 milliards d'euros ne peut pas l'être.
05:29Il n'y a pas de revalorisation du barème de l'impôt sur le revenu,
05:33ce qui veut dire que 200 000 foyers pourraient entrer dans l'impôt.
05:37Pas de revalorisation aussi non plus des aides,
05:40donc une perte du pouvoir d'achat.
05:42Et puis, sans budget, les agriculteurs, on en parlait hier,
05:46ne percevront pas certaines aides.
05:49Donc vous imaginez bien qu'à l'heure où la colère agricole monte,
05:53ce n'est vraiment pas une bonne nouvelle.
05:55Et puis avec cette loi spéciale, on reparle du budget,
05:59cette espèce de feuilleton sans fin.
06:01On a l'impression que les débats s'éternisent.
06:02D'ailleurs, ce n'est pas une impression, ils s'éternisent.
06:04Et ils donnent surtout un sentiment d'une classe politique bloquée,
06:08incapable d'avancer.
06:10Et tout ça à 16 mois de la présidentielle.
06:13Et ce n'est pas forcément très positif pour la politique ici en France.
06:17Merci beaucoup, Florent.
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