- il y a 2 jours
Ce vendredi 6 février, Thierry Gautier, directeur général de GSD Gestion, s'est penché sur la baisse historique de Stellantis depuis mai 2020, et le record historique de Vinci après ses résultats, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.
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00:00BFM Bourse, vos placements, nos conseils sur BFM Business.
00:06Antoine, le présent est partout et certaines séances voient le présent s'accélérer sur les marchés.
00:11Oui, à l'image de ce qui se passe autour de Stellantis, finalement, vous avez tout dit,
00:15on est rattrapé par les révolutions qui sont menées pas comme il faut.
00:20Et donc il y a des contre-révolutions qui se préparent et ça oblige les grands groupes à faire des provisions sur leurs activités
00:27face à des retournements stratégiques incessants.
00:30C'est le cas pour Stellantis, moins 25,7%, 6,07 euros.
00:34On est donc sur la pire baisse intraday de Stellantis.
00:38Renault dans le sillage perd 3,6% à 30,79 euros.
00:42C'est pas le jour de la techno non plus, même si l'Euronext Tech Leaders fait jeu égal,
00:46strictement avec le CAC 40, on a quand même encore Dassault Systèmes qui perd 3,3%, 22,01 euros.
00:52Capgeminis commence à faire lourd, moins 2,92 euros encore à 114,60 euros.
00:57Le bilan hebdomadaire sera encore une fois très négatif.
01:00Et puis à la hausse, on revient encore une fois sur nos valeurs sûres, sur nos aristocrates du dividende.
01:06Là pour l'instant, c'est des titres liés à l'infrastructure qui marchent le mieux.
01:09Vinci, plus 10,2%, 134,55 euros.
01:13Très belle performance publiée ce matin.
01:15Effage, plus 5,4% à 133,90 euros.
01:18On a ArcelorMittal, qui signe une semaine assez extraordinaire aussi, qui gagne 4,3% à 51,12 euros.
01:24C'était la plus forte hausse du jour hier.
01:25C'est vrai, et ça continue.
01:26Belle publication ArcelorMittal et un bon train pour l'acier et les besoins dopés et nourris, notamment par le secteur de la défense.
01:33Thierry Gauthier est avec nous pour GSD Gestion.
01:34Bonjour Thierry.
01:36Bonjour Nio.
01:36On parlera aussi de Vinci dans un instant, parce que quand même, on a un titre sur un record historique aujourd'hui, et c'est Vinci.
01:41Mais d'abord, cette baisse, elle, historique, celle de Stellantis.
01:45Pour ceux qui nous suivent à la radio, on est aussi à la télé.
01:47Alors, moins 26%, je ne suis pas sûr de l'avoir déjà vu comme ça en graphique.
01:51On va regarder, pour Stellantis, on va regarder ce que ça donne, à quoi ça ressemble.
01:55C'est le Vercors, une belle falaise du Vercors, pour le coup.
01:58Moins 26, Stellantis, terrible, terrible sanction des marchés aujourd'hui annoncée par, sanctionnée, enfin l'annonce de Stellantis.
02:06Cette charge exceptionnelle, 22 milliards d'euros de charge, personne ne l'avait vu venir.
02:11Stellantis est au plus bas en bourse depuis mai 2020.
02:14Ça nous ramène à la crise Covid en l'occurrence.
02:16Comment regardez-vous ce titre après cette annonce absolument fracassante sur la charge exceptionnelle de 22 milliards, Thierry ?
02:22Ah oui, c'est sûr que c'est un bain de sang.
02:24Alors, les analystes, ils s'attendaient à une espèce de grand reset sur le dossier, avec pas mal de provisions à venir.
02:34Mais je crois que le consensus, il était autour de 3-4 milliards de charges additionnelles à passer.
02:39Les plus pessimistes avaient peut-être 7-8 en tête, mais 22 milliards, personne ne s'attendait à ce montant-là.
02:45Comme vous dites, c'est la capi de la société aujourd'hui.
02:50Donc, voilà, ça pose des problématiques.
02:53Ça va poser des problématiques de financement aussi, et peut-être de cash à un moment donné.
02:57Donc, ils ont déjà prévu de lever 5 milliards d'obligations complémentaires pour se financer,
03:06parce qu'il va y avoir 6,5 milliards à sortir en cash au cours des prochaines années.
03:12Tout ça commence à être prévu.
03:13C'est un drame un peu industriel.
03:17C'est l'électrification, les investissements qui ont été faits aux États-Unis sur l'électrification avec la concurrence asiatique.
03:25Tout ça, ça a rendu quasiment obsolète tout ce qui a été investi ces 3-4 dernières années.
03:30Et donc, voilà, c'est la douche froide pour le titre.
03:33Et oui, c'était un des poids lourds du CAC 40.
03:36Donc, bon vieux temps, effectivement, bon vieux temps, c'en est éteint.
03:42Alors, on va lire le communiqué ensemble de Stellantis pour justifier Antoine, sa charge exceptionnelle de 22 milliards d'euros.
03:48En grande partie liée, cette charge dit Stellantis au coût d'avoir, surestimé le rythme de la transition énergétique,
03:53ce qui a éloigné le groupe des besoins, des moyens financiers et des désirs réels de nombreux acheteurs.
03:59Elle reflète, cette charge, également l'impact de problèmes opérationnels antérieurs, précise Stellantis aujourd'hui.
04:03La prophétie Tavares qui se réalise cinq ans après avoir été édictée, il avait tout à fait raison.
04:10La révolution électrique n'était pas technique, elle n'était pas environnementale, elle était politique.
04:16Ça a été une décision politique qui a été prise par les autorités européennes d'un grand basculement de l'industrie automobile vers l'électrique.
04:23Carlos Tavares avait dit, OK, il n'y a aucun problème, nous on est flexibles, on sait faire.
04:28On vous prévient, ça va être un bain de sang social et il va y avoir des conséquences financières très lourdes à long terme.
04:33Il l'avait dit, il est parti d'ailleurs avec cette prophétie sous le bras, elle se réalise sous nos yeux.
04:39C'est-à-dire que la révolution électrique, elle est bien jolie, mais elle a été menée tambour battant,
04:44alors qu'elle ne concernait certainement pas tout le monde, pas au même degré et pas avec le même degré de technicité.
04:51Résultat, on se retrouve avec des centaines et des centaines de véhicules électriques parqués dans un coin avec personne pour les conduire.
04:58Et tout ça, c'est des projets, c'est des provisions qui doivent être prises sur un certain nombre de projets qui ont été pris un petit peu n'importe comment ces dernières années.
05:06Mais encore une fois, sur pression politique, ça a coûté beaucoup à pas mal de groupes et notamment dans le premium.
05:12Stellantis, en plus, doit affronter ça sur un groupe qui a de très nombreuses marques et de très nombreux outils industriels différents.
05:18C'est ça, parce que c'est une autre question que cette charge gigantesque pose.
05:22Est-ce que Stellantis pourra continuer à porter 14 marques ?
05:25Il y a quoi ? Il y a Peugeot, Fiat, Chrysler, Jeep, etc.
05:2814 marques alors qu'il doit réduire massivement ses coûts et ses investissements.
05:31Oui, ça peut être une question.
05:33Volkswagen le fait sans trop de problèmes depuis des années, des années.
05:38Stellantis, ça a toujours été un véritable stress de lier deux outils industriels, côté européen et côté américain,
05:46où on a bien vu que les synergies transatlantiques étaient très très compliquées à mener,
05:51aussi bien techniquement que d'un point de vue réglementaire.
05:55Donc voilà, ils payent aussi le prix d'avoir une jambe aux Etats-Unis et une jambe en Europe,
06:01ce qui est un problème supplémentaire à gérer.
06:03Oui, le choix d'aller vers le 100% électrique était un choix politique.
06:06On voit qu'industriellement, ça n'a pas marché.
06:08Et donc, Carlos Tavares, déjà à l'époque, expliquait que le prix et la facture arriveraient à long terme.
06:14Après ça, les effets de bord.
06:15Les effets de bord.
06:16Le long terme, il est arrivé, c'est aujourd'hui le long terme.
06:1822 milliards.
06:19Et Thierry, ce n'est peut-être pas la dernière charge.
06:21C'est-à-dire qu'un certain nombre d'investisseurs se disent,
06:23là, ils annoncent une charge exceptionnelle de 22 milliards en raison du recul sur l'électrique.
06:27Ce n'est peut-être une partie de la facture, en l'occurrence.
06:30On risque d'avoir potentiellement d'autres annonces en cours d'année de Stellantis.
06:35C'est toujours possible.
06:36Mais là, ils ne sont pas allés avec le dos de la tuyère, comme on pourrait dire.
06:40Donc, on peut espérer quand même qu'ils ont peut-être même surprovisionné un petit peu.
06:46On sait que c'est des choses qui se passent aussi, notamment quand il y a des changements de présidence.
06:50C'est arrivé l'an dernier.
06:52Donc, voilà.
06:52Si on voulait voir des positifs, peut-être qu'ils sont allés au-delà de ce qu'il y avait approvisionné
06:57et que les bonnes nouvelles sont devant.
06:59Mais oui, c'est compliqué.
07:03La partie industrielle, les pouvoirs publics, je suis complètement d'accord avec vous
07:07sur le fait que les politiques ont invité et incité des constructeurs
07:13à passer au tout électrique trop rapidement.
07:16Et aujourd'hui, les effets de bord, comme vous les appelez, ce n'est plus du bord.
07:22Ça déborde complètement.
07:24Oui, c'est du bord qui déborde.
07:25C'est effectivement le cas.
07:26Ce titre Stellantis perd 26% en ce moment et les actionnaires n'auront pas de dividende.
07:31Par ailleurs, en plus, Stellantis, c'était une bachelée en termes de dividende.
07:33Au point d'ailleurs, Thierry, que Stellantis était au cœur des produits structurés.
07:36C'est l'une des valeurs les plus détenues dans les produits structurés.
07:39Donc, on imagine qu'un certain nombre de produits structurés aujourd'hui
07:41se retrouvent d'un coup et sans l'avoir vu venir un peu en difficulté.
07:44Ah ben oui, c'est certain que là, pour le coup, sur les produits structurés,
07:49vous avez tout un tas de formules différentes.
07:52Mais globalement, les formules sont telles que si le cours de la valeur
07:57baisse de plus de 40 ou 50 ou 60%,
08:00alors vous n'avez plus de garantie en capital ou de garantie de coupon
08:03et vous vous retrouvez avec le titre.
08:07Donc, les porteurs de produits structurés, il va y en avoir beaucoup
08:11qui vont se retrouver avec l'équivalent de titres Stellantis en portefeuille.
08:16– Le CAC 40 progresse malgré Stellantis,
08:18qui est un résumé en soi du poids Stellantis désormais dans le CAC 40.
08:21Ça ne pèse plus rien dans le CAC, ça vaut encore quand même.
08:2425% de baisse Stellantis, le CAC gagne quand même 0,3%.
08:27Avec un champion aujourd'hui, c'est la plus forte hausse du CAC.
08:30Vinci est même sur un record historique.
08:32Après cette magnifique publication, le titre gagne 10% en ce moment.
08:36Des résultats en légère progression pour Vinci l'an dernier,
08:39malgré une surtaxe fiscale exceptionnelle en France.
08:41– Oui, c'était Vinci, un des groupes pointés sur ce sujet-là,
08:46puisqu'ils sont quand même très franco-français,
08:50sur pas mal d'opérations, notamment tout ce qui est autoroutier,
08:54et les concessions, et puis aussi Cobra, la division électrique, etc.
09:01Donc beaucoup de sujets en France,
09:02beaucoup de sujets d'imposition qui devaient peser.
09:05Et puis voilà, c'est le très bon élève,
09:06puisqu'ils ont publié des résultats sur le T4 qui sont en hausse de 5%
09:10et qui sont 2 ou 3% supérieurs à ce que les analystes attendaient.
09:14Et puis dans toutes les divisions, ça va bien,
09:17chez Cobra et donc le transport de l'électricité,
09:20chez Vinci Énergie, chez Vinci Airport, les autoroutes,
09:23les autoroutes, tout ça est au beau-fi.
09:25Donc malgré cette hausse de 10%, c'est un titre qui ne se paye encore
09:29que 12 ou 13 fois les profits.
09:32Donc il y a peut-être encore un petit peu d'upside.
09:35En tout cas, on se laisse porter sur la valeur.
09:37On aime beaucoup.
09:38– Vinci, progrès de 10% et FH dans son sillage plus 5.
09:41Cette question, 16h14 d'un auditeur sur le Philix BFMbos,
09:45il s'appelle Jean, il nous emmène Jean dans l'univers des mid-cap.
09:48On essaie de répondre à vos questions d'ailleurs,
09:49un maximum de questions tout au long de l'émission aujourd'hui,
09:51même malgré cette actualité encore débordante,
09:53depuis le début de l'année, on n'a pas eu une séance calme.
09:56Alors on essaie quand même de prendre le temps aujourd'hui
09:58de répondre à vos questions.
09:58De Richebourg intéresse cet auditeur.
10:00De Richebourg qui s'envole, pourquoi ?
10:02Et jusqu'où ce titre pourrait-il aller ?
10:04Nous demande Jean, Thierry.
10:06– Alors de Richebourg, il y avait eu l'Assemblée Générale hier
10:08qui s'est plutôt bien passée,
10:10mais voilà, conforme aux attentes,
10:12on n'attendait rien de très spécial.
10:15Mais de Richebourg, c'est un pur player
10:17dans le domaine du recyclage des métaux ferreux et non ferreux.
10:20Et on voit bien que tous ces sujets
10:23de métaux, de terres rares, etc.,
10:26il y a un grand engouement autour de ça
10:28et qui fait que toutes les matières premières
10:31progressent énormément.
10:32Donc quand on sait que des Richebourg
10:34a une grosse capacité,
10:37un gros levier de gain
10:39lorsque ces prix montent,
10:41on se dit que 2026 pourrait être
10:43une très très belle année pour eux
10:44et que les attentes des analyses
10:47devraient être battues.
10:50Donc voilà, c'est l'idée.
10:52En plus, il ressort de l'Assemblée Générale d'hier
10:55que les volumes hors prix sont aussi en hausse.
10:59Donc voilà, un effet volume,
11:01un effet prix qui devrait être très favorable.
11:03Tout ça, ça devrait amener des Richebourg
11:05à publier de très beaux résultats.
11:08Et on est sur une valeur
11:09qui ne se paye que 9 ou 10 fois les profits.
11:10Donc il y a encore une petite décote
11:13par rapport à son historique,
11:15d'autant plus dans un contexte
11:17de hausse des prix des matières premières.
11:21Cette autre question,
11:22il s'appelle Philippe Libre,
11:24c'est son pseudo sur X.
11:26Je trouve que Fijac Aéro,
11:27jadis si dynamique en bourse,
11:29est plutôt décevant de ces temps-ci.
11:30Espérons que c'est provisoire.
11:31Qu'en pensez-vous ?
11:32Fijac Aéro, Thierry,
11:33on est dans l'univers aéronautique évidemment,
11:35dans les champs de maïs,
11:36transformé en usine mondiale à avion.
11:38Fijac Aéro, c'est un titre
11:41qui valait autour de 13 euros,
11:43je crois, il y a 5-6 mois.
11:45Donc voilà, il est passé en dessous
11:46de 10 euros aujourd'hui.
11:48C'est vrai que c'est un petit peu décevant,
11:49surtout qu'ils avaient publié avant-hier
11:52des chiffres très très solides,
11:54puisque le chiffre d'affaires,
11:55sur le dernier trimestre,
11:57ils ont un exercice décalé.
11:59Ils ont publié le T3 2025-2026.
12:03Il est ressorti au-delà
12:05des attentes des analystes.
12:06La croissance s'accélère,
12:08les livraisons de moteurs, etc.
12:11Tout est au beau fixe.
12:13Alors voilà, il y a eu,
12:13si on veut peut-être trouver
12:15la raison de la baisse récente,
12:17il y a eu un incendie à Aulna,
12:19près de Clermont-Ferrand,
12:20dans une de leurs usines,
12:21qui va sûrement retarder
12:23des mises en production,
12:25des livraisons, etc.
12:27et décaler un petit peu
12:29tout ce qui est logistique.
12:31Donc voilà, il faut peut-être
12:33trouver la raison de cette baisse
12:35dans cet incendie-là.
12:37Mais en tout cas,
12:38c'est une valeur qu'on aime bien.
12:39En dessous de 10 euros,
12:39on est plutôt à l'achat.
12:42Parce que voilà,
12:42c'est une société bien gérée,
12:44avec une emprise familiale
12:46de la famille Maillard.
12:47On sait que les sociétés familiales,
12:50en plus,
12:50se performent toujours un peu mieux
12:51qu'en bourse,
12:53que leur compasse.
12:55plutôt à l'achat en dessous de 10 euros.
12:57Fija Cairo,
12:58cette réponse à Philippe Libre,
13:00qui nous aura écrit.
13:01On répondra à d'autres questions.
13:02N'hésitez pas à nous alerter,
13:03nous solliciter sur BFM Bourse,
13:05le Philix, LinkedIn,
13:06le mien aussi,
13:06mon LinkedIn.
13:07J'essaie d'être le plus réactif possible.
13:08Merci beaucoup.
13:08Thierry,
13:09nous avons accompagné pour GSD.
13:10Et puis,
13:10c'est ça.
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