- il y a 1 semaine
Ce mardi 3 février, la validation du budget 2026 après les nombreux débats politiques, et le refus par le gouvernement de la proposition du Medef visant à mettre en place des "CDI jeunes", ont été abordés par Jean-Daniel Lévy, directeur délégué de l'institut Harris Interactive, Gilbert Cette, professeur d'économie à Neoma Business School et auteur de "Travailleur (mais) pauvre", et Ronan Le Moal, fondateur d'Épopée Gestion, dans l'émission Les Experts, présentée par Raphaël Legendre sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00Et pour parler de tous ces sujets, j'ai le plaisir d'accueillir sur le plateau Renan Lemoal.
00:05Bonjour Renan.
00:05Bonjour.
00:06Fondateur d'Epopée Gestion, Fonds d'Investissement Régional.
00:10Face à vous, Gilbert Sette.
00:12Bonjour Gilbert.
00:13Bonjour.
00:13Professeur d'économie à Neoma Business School et auteur, co-auteur avec Guy Groux et Richard Robert
00:21de Sauver la démocratie sociale.
00:25On va en parler tout à l'heure.
00:27C'est publié chez Kerman Lévy et ça vient tout juste de sortie.
00:32Et à vos côtés, Jean-Daniel Lévy.
00:34Bonjour Jean-Daniel.
00:35Bonjour Raphaël.
00:36Directeur délégué de l'Institut Harris Interactive.
00:39Vous Jean-Daniel, vous avez contribué à cet ouvrage.
00:42Un nouvel ouvrage à paraître samedi, un dimanche en France aux éditions de l'Aube
00:47où vous analysez nos pratiques à nous, Français, le dimanche.
00:52On peut en dire un mot peut-être.
00:54Vous avez sondé les Français pour voir ce qu'ils faisaient.
00:56On a sondé les Français et on l'a regardé avec plusieurs types d'analyses, que ce soit
01:00des sociologues, des communicants, des experts de ce que peut être la vie sociale.
01:05Et globalement, la société française qui parfois est présentée comme étant terriblement
01:09atomisée, n'est pas tant que ça.
01:11Et on se retrouve le dimanche déjà à pouvoir se reposer, à pouvoir avoir ses vraies activités,
01:16à pouvoir se réapproprier son temps et à pouvoir s'engueuler parce qu'en fait
01:21la France aime bien pouvoir discuter le dimanche.
01:23Le dimanche midi, en famille, entre amis.
01:26Et revenir le dimanche d'après pour avoir le même type de conversation et ce qui fait
01:30un débat de société et ce qui permet à la France de pouvoir globalement avancer.
01:35Et on parle peut-être politique le dimanche midi autour de la table.
01:39On parle énormément de politique.
01:40On a entre 14 et 16 émissions déjà à la télévision ou à la radio le week-end avec
01:46un invité politique.
01:48Et c'est une période en fait au cours de laquelle les Français aiment bien pouvoir débattre,
01:52pas forcément du personnel politique en tant que tel, mais déjà de ce qui les anime,
01:56de ce à quoi ils sont attentifs, de ce à quoi ils aspirent.
01:59Et globalement, on a parfois des débats sur comment pouvoir parvenir à l'idéal.
02:03Mais l'idéal de la société française est assez partagé par nos compatriotes.
02:06Bon, est-ce qu'on débat de comment obtenir un budget ?
02:09Puisque c'est fait, ça y est, we have a budget, on a enfin un budget.
02:13Après des semaines d'attente et d'un épisode qui a franchement traîné en longueur,
02:18on a eu du mal à suivre, mais c'est fait, les motions de censure sont passées.
02:22Sébastien Lecornu a réussi à sauver sa tête.
02:26Certains, beaucoup, disent qu'aujourd'hui, il devrait pouvoir rester jusqu'à la fin du quinquennat.
02:33Et dans Le Parisien, aujourd'hui, la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin,
02:37a opposé ce qu'elle appelle ceux qui se confrontent à la réalité,
02:42ce qui va du Parti socialiste jusqu'au LR, ceux qui ont voté, adopté ce budget,
02:49à ceux qui la nient, à savoir les deux extrêmes, la France insoumise, le Rassemblement national,
02:55les deux extrêmes qui ont porté l'émotion de censure.
02:59C'est un peu le retour du camp de la raison contre les extrêmes, non ?
03:03C'est un premier débat qui est un peu politique.
03:05Je me tourne vers vous, Jean-Daniel Lévy, pour commencer.
03:09Est-ce que c'est ce qui est perçu dans l'opinion publique ?
03:12Déjà, en fait, il faut revenir au point de départ, qui est la dissolution,
03:16qui est un aspect qui a été toujours un peu incompris de la part de nos compatriotes,
03:20avec une interrogation sur pourquoi y a-t-il eu cette dissolution,
03:23et quels sont globalement les effets politiques que l'on peut en ressortir,
03:27avec, du fait notamment du mode de scrutin, une assemblée nationale
03:31qui s'est retrouvée quelque peu ingouvernable.
03:33Est-ce qu'il y a une forme de soupir, de soulagement de la part des Français
03:38en se disant « on a un budget » ?
03:39La réponse est plutôt oui, même si, au final, quand on demande aux Français,
03:44mais au final, il ressemble à quoi ce budget ?
03:47Qu'y a-t-il précisément dedans ?
03:48Vous anticipez ma prochaine question, c'est exactement.
03:51On a une grande difficulté de l'avoir des Français à pouvoir savoir
03:54ce que sont les lignes de force, si ce n'est peut-être le fait
03:57que la réforme des retraites a été quelque peu suspendue.
04:00Et c'est plutôt bien accueilli, ça, ou pas ?
04:02Ça, c'est extrêmement bien accueilli, en fait, de la part des Français,
04:04mais avec une forme de paradoxe supplémentaire.
04:07C'est que c'était un sujet, je ne dis pas qu'il était derrière les Français,
04:09mais en tout cas qu'il n'était pas à l'agenda complet de la part des Français
04:12lorsqu'on les interrogeait dans leur préoccupation d'un point de vue global.
04:15Et il disait que, bonhomme à l'an, cette réforme-là a été passée
04:18et que ce n'était pas au cœur de leurs préoccupations.
04:21Ça a été une vraie posture politique de la part de formation politique de gauche
04:25qui ont réussi à l'imposer plus au débat politique national
04:29qu'au débat de société d'un point de vue global.
04:31Oui, alors qu'on sait que c'est une décision qui est parfaitement orthogonale
04:34avec la logique économique, Gilles Berset.
04:36C'est peut-être la pire décision qu'on ait prise dans ce budget.
04:40Absolument. Pour revenir quand même sur le budget,
04:42il est intéressant de rappeler l'accueil que les marchés ont fait en réservé
04:49au passage du budget.
04:52Il y avait deux possibilités.
04:55Soit le vote de ce budget, qui est évidemment assez inquiétant
05:00pour l'avenir du pays en termes de dynamique des finances publiques,
05:05en termes de choix qui est fait, un budget qui ne touche pas aux retraites,
05:08mais qui touche aux rémunérations, par exemple, des agents de la fonction publique,
05:12qui sont bloqués.
05:13Donc il y a un choix plutôt pour les retraités, pour les vieux,
05:17que pour les jeunes actifs qui travaillent dans la fonction publique.
05:21Enfin, on pourrait donner...
05:22On a parlé d'un budget de gérontocratie.
05:24Les termes ont été extrêmement forts.
05:26On pourrait donner beaucoup d'exemples de ce type-là.
05:27En tout cas, ce n'est pas un budget qui engage de façon très, très positive
05:31la France dans un avenir radieux.
05:35Mais l'alternative, c'était une absence de budget et une instabilité gouvernementale.
05:41Et manifestement, les marchés ont préféré le budget à l'instabilité gouvernementale,
05:47puisque le passage du budget, les premiers passages du budget, la semaine dernière,
05:52ont été salués par une baisse de la prime de risque de la France d'environ 10 points de bas.
05:57Donc mieux valait un mauvais budget que pas de budget du tout.
06:02Voilà, mieux valait un mauvais budget que pas de budget du tout, c'est clair.
06:06Mais il faudra se ressaisir en France.
06:09Et le jour où on va être attrapé par la patrouille, ce sera assez, assez douloureux.
06:14Pour les retraites, évidemment.
06:16Évidemment, je veux dire, faisons un constat simple.
06:19Regardons ce qui se passe autour de nous.
06:21Regardons un petit peu au-dessus de la palissade du village France.
06:24Comment ça se passe autour de nous ?
06:26Les retraites à 67 ans, l'âge légal d'un départ en retraite à 67 ans,
06:32est quelque chose de complètement transpartisan.
06:35Ça s'observe dans l'Italie de Giorgia Meloni,
06:38ça s'observe dans l'Espagne de Pedro Sanchez,
06:40ça s'observe aux Pays-Bas, en Allemagne, dans les pays nordiques et scandinaves.
06:44L'auto-emploi des seniors est très supérieur au nôtre dans tous ces pays-là.
06:50Donc, il y a une situation d'outlier de vraiment un particularisme français sur ce plan-là.
06:59On voit que l'opinion publique, c'est ce que dit Jean-Daniel Lémy, est quand même extrêmement favorable.
07:02Il faut être clair, si les seniors travaillent moins, et si d'autres populations aussi travaillent moins,
07:08ce qui est le cas des jeunes et des peu qualifiés,
07:11ça veut dire qu'on a un plus bas produit intérieur brut par habitant.
07:14Oui, il revient un peu de travail des jeunes.
07:16On a plus de difficultés à financer l'école, la santé, la défense, et beaucoup de choses de ce type-là.
07:22Donc, il faut être clair sur les conséquences de la chose.
07:25Le choix pour le loisir a des conséquences en termes de niveau de vie moyen auxquels on peut prétendre
07:30et d'ambition de modèle social auxquels on peut prétendre.
07:33On s'appauvrit, on s'appauvrit, c'est ce que vous nous dites ce matin, Gilles Berset.
07:37La vision du financier, Renan Lemoyal, qu'est-ce que vous retenez de ce budget ?
07:42Deux choses, je dirais, d'ailleurs, ouf, on a enfin terminé avec cette grande mascarade.
07:45Ça, c'est un peu le citoyen qui s'exprime.
07:47Après, sur la partie financière, ce que je trouve vraiment dommageable,
07:51c'est quand on fait un parallèle qui vaut ce qui vaut avec une entreprise,
07:53quand on fait un budget, on définit les objectifs, on donne des moyens associés à ces objectifs
07:57pour répondre à une vision et à l'endroit où on veut aller.
08:00Là, le sentiment qu'on peut avoir, et c'est clair, c'est qu'on ne sait pas du tout où on va,
08:04c'est qu'on ne cherche pas forcément, quand je dis augmenter les recettes,
08:07c'est en tout cas les recettes, la création de richesses par les entreprises,
08:09mais qu'on cherche plutôt à partager le gâteau entre plus de monde.
08:12Même taille de gâteau, partagé entre plus de monde.
08:15Et ça, à un moment donné, ça ne dure pas très longtemps.
08:17En tout cas, si on fait un raisonnement à l'infini,
08:19on va faire des toutes petites parts de gâteau pour terminer.
08:21Donc, ce n'est pas une perspective très réjouissante.
08:24Donc, moi, ce qui, encore une fois,
08:25et on peut comprendre la situation politique actuelle qui est compliquée, qui est instable,
08:28et ce qui, encore une fois, me désole,
08:30c'est qu'il n'y a pas de projet qui vient sous-tendre ce budget,
08:33il n'y a pas de vision claire de là où on veut aller.
08:35On fait, effectivement...
08:36Voilà, c'était le redressement des comptes publics, et puis durée politiquement.
08:39Oui, mais le redressement des comptes publics, et encore, et encore,
08:41parce que le redressement des comptes publics se fait par une espèce d'équation un peu mathématique
08:44dans lequel il n'y a pas d'élasticité sur quoi que ce soit.
08:46Il faudra voir dans la durée, si, effectivement,
08:48la réforme des retraites, telle qu'on la supprime, n'a pas un impact,
08:50elle va en avoir un.
08:51Il faudra voir dans la durée, si taxer plus d'entreprises ne fait pas renoncer,
08:55malgré tout, à l'investissement, et donc à la capacité à créer de la richesse,
08:57et donc à financer l'économie, parce que nous n'oublions jamais...
08:59Il y a du poison à long terme dans ce budget.
09:02Il y a un absent de ces débats dont on ne parle pas assez,
09:03en tout cas un absent sur le côté contribution économique,
09:06c'est que les entreprises, on le voit bien, on peut les taxer aujourd'hui,
09:08ça, il n'y a pas de doute possible,
09:09mais on oublie malgré tout que l'État ne crée rien.
09:12L'État ne fait que distribuer l'argent créé par ceux qui créent de la richesse,
09:17les entrepreneurs, les entreprises.
09:18Et si ça, ça n'existe pas, à un moment donné ou à un autre, la source se tarie.
09:21Alors, effectivement, d'aucuns pourraient me dire,
09:23ça fait longtemps que ça dure, on y arrive,
09:25mais regardons autour de nous,
09:26la France n'évolue pas dans un monde où elle est seule.
09:29Elle est entourée d'un monde dans lequel beaucoup d'acteurs bougent,
09:32et j'ai envie de dire, ces derniers mois,
09:33beaucoup d'acteurs bougent encore plus qu'avant.
09:35Les États-Unis, le bloc, on va dire, la Russie, l'Inde,
09:39tous ces blocs, la Chine,
09:40tous ces blocs, effectivement, qui prennent des mesures.
09:42Donc, on n'est pas tout seul sur notre île.
09:44Donc, il faut faire attention à ça.
09:45Le problème du socialisme, disait Margaret Thatcher,
09:48c'est qu'à un moment, on arrive à court de l'argent des autres.
09:51Exactement.
09:52C'est peut-être, si il risque de se passer sur le budget.
09:55Est-ce que Sébastien Lecornu,
09:58qui était l'acteur principal, quand même, de ce budget,
10:00le Premier ministre, s'est socialisé ?
10:03A-t-il socialisé son image en accordant absolument toutes les mesures,
10:08quasiment, qui avaient été demandées par le Parti socialiste ?
10:11Est-ce que ça aura des conséquences politiques pour la campagne à venir ?
10:14Ça aura forcément des conséquences politiques sur la campagne à venir,
10:16d'autant plus que, normalement, on devrait avoir un nouveau budget
10:19d'ici la prochaine élection présidentielle.
10:22Et que le ministre de l'Économie a déjà indiqué, en fait,
10:25que certaines mesures qui étaient présentées comme étant exceptionnelles
10:28dans le cadre de ce budget ne seraient peut-être pas si exceptionnelles que ça
10:31et pourraient être amenées à être reconduites,
10:32notamment, en fait, à l'égard des entreprises.
10:35Quoi qu'il en soit, il y a deux faits, d'un point de vue politique,
10:38qui sont, je trouve, extrêmement intéressants.
10:41Le premier aspect, c'est que l'image de Sébastien Lecornu
10:43ne bouge quasiment pas, c'est-à-dire qu'il reste sensiblement,
10:46avec et dispose d'un niveau de confiance en ce monde entier de la part des Français.
10:49Et que, quand vous regardez dans le détail,
10:51on ne peut pas dire que les sympathisants du Parti Socialiste
10:53soient aujourd'hui nettement en soutien à l'égard du Premier ministre.
10:57Et le deuxième point, qui est un point encore plus marquant,
11:00c'est que, quand vous regardez aujourd'hui l'image du Parti Socialiste
11:02ou l'image de ses différentes personnalités,
11:04il n'y en a aucun, en tout cas à la date actuelle,
11:07qui bénéficie de la situation politique que nous connaissons.
11:11Olivier Faure, qui était à la manœuvre sur ces questions budgétaires,
11:14ne profite pas des acquis du PS ?
11:17Ni en termes de confiance d'un point de vue global,
11:19tel qu'on peut être amené à interroger nos compatriotes,
11:21ni même en termes de potentiel électoral,
11:23si tant est qu'ils puissent être candidats à la prochaine élection présidentielle.
11:26On a même sorti pour l'Opinion la semaine dernière une enquête
11:30où on teste 70 personnalités qui pourraient être candidates à l'élection présidentielle,
11:34dont Michel-Édouard Leclerc, dont on parlera peut-être tout à l'heure.
11:36Mais en tout cas, ce qui est certain,
11:37c'est que quand vous regardez parmi les 10 personnalités
11:40qui sont en tête de notre classement,
11:42vous n'avez aucune personnalité qui est à gauche sur l'échiquier politique.
11:45Donc, il n'arrive même pas à pouvoir avoir une forme de reconnaissance
11:48de la part de Français qui soit proche de la gauche, voire ailleurs,
11:51en disant, au moins, entre deux mauvaises solutions
11:54qui sont perçues, c'est-à-dire pas de budget,
11:57ou un budget qui est un budget qui est perfectible,
12:00il n'y a pas forcément la reconnaissance de la part de nos compatriotes
12:03en disant, les socialistes ont eu une attitude
12:05qui est une attitude contributive possible.
12:07Ça pourra changer, il peut y avoir des effets
12:09qui peuvent être des effets sur le moyen ou sur le long terme,
12:10mais en tout cas, à l'heure actuelle,
12:12il n'y a pas cette forme de regard positif
12:15de la part de la gauche ou des sympathisants socialistes
12:18à l'égard du Premier ministre
12:19ou à l'égard des différentes personnalités de gauche.
12:21C'est intéressant.
12:21Donc, le grand gagnant, finalement, de la séquence,
12:24c'est le bloc central.
12:26Oui, ou le Rassemblement National.
12:28Parce qu'en fait, quelle que soit la question qui est posée à l'heure actuelle,
12:30on a l'impression que le Rassemblement National
12:31continue de progresser d'un point de vue d'opinion.
12:33N'hésitez pas à réagir sur mon compte Twitter,
12:35arrobase le genre, si vous avez des questions, des commentaires,
12:38comme Davidia, fidèle auditeur qu'on salue,
12:41qui dit « On ne peut pas dire que l'État ne produirait rien,
12:43les services publics rendent l'économie plus productive. »
12:47Est-ce que c'est juste, Gilbert Sette ?
12:49Oui, j'étais un peu heurté par l'expression
12:53que l'État ne produirait rien,
12:56l'éducation nationale produit.
12:58Ah, je n'ai pas dit ça.
12:58Non, mais l'éducation nationale, c'est l'État.
13:01Et il y a quand même un million de personnes, à peu près,
13:04dans l'éducation nationale.
13:05Et comment c'est financé ?
13:06Donc, l'éducation nationale produit.
13:10Voilà, produit de la passation, de la transmission,
13:12de connaissances, de l'élévation du capital humain,
13:17indispensable.
13:19Imaginez où on en serait s'il n'y avait pas d'éducation nationale
13:22dans un pays...
13:23Avec des résultats qui se dégradent, mais absolument essentiels, tout de même.
13:26De la police, l'armée, etc.
13:27Bon, ils produisent du non-marchand.
13:30Mais ils produisent.
13:31Mais c'est du non-marchand, effectivement.
13:33Mais le non-marchand, c'est aussi de la production.
13:35Donc, il n'y a pas de marché de l'éducation nationale publique.
13:40Il n'y a pas de marché des services de police.
13:42Il n'y a pas de marché de services de protection de défense.
13:48Mais ça produit.
13:50J'insiste là-dessus parce que très souvent, on entend dans les débats,
13:53« Ah, c'est complètement improductible. »
13:57Moi, quand je regarde l'évolution des effectifs de la fonction publique d'État
14:01sur longue période,
14:03je ne vois pas de quoi s'inquiéter.
14:06Il y a plutôt même une diminution.
14:09Les effectifs des administrations publiques
14:11ont largement augmenté dans d'autres domaines.
14:15Les collectivités locales, notamment.
14:16Et puis surtout, les collectivités locales.
14:19Surtout les collectivités locales.
14:20Et ça, ça a contribué singulièrement
14:23à plomber les comptes publics, effectivement.
14:26L'évolution des effectifs dans les collectivités locales.
14:28La réponse de Ronan Lemoyle.
14:29Moi, je ne dis pas ça.
14:30Je ne dis pas qu'il n'y a pas des services.
14:32Il y a des régaliens.
14:33Le régalien, notamment, le militaire.
14:34Je ne dis pas ça.
14:35L'école, que ce soit un sujet important et fondamental, bien entendu.
14:39Je distingue deux choses.
14:40Je distingue, bien sûr, l'importance de ces sujets fondamentaux
14:43et la manière dont ils sont financés.
14:46Jusqu'à preuve du contraire.
14:47Moi, je demande qu'à être convaincu par l'inverse.
14:49La manière dont un budget est construit,
14:50c'est par des recettes qui sont basées sur la richesse économique
14:53créée par les agents économiques.
14:55Donc, je ne dis pas qu'il n'y a pas des services rendus par l'État
14:57qui sont des services productifs.
14:59Bien sûr que oui.
14:59Je dis simplement que le débat actuel a laissé penser
15:02ou laisse trop penser que c'est l'État qui créerait
15:05une forme de richesse globale qui redistribuerait.
15:08Et donc, dans ce débat,
15:10on pense que les entreprises sont taxables à l'infini.
15:12Or, je dis, attention,
15:13les entreprises sont celles qui créent la valeur
15:15permettant notamment, pas que,
15:17notamment l'État, d'apporter un certain nombre de services fondamentaux
15:20et au-delà des services, d'ailleurs,
15:21de nous protéger si on parle des fonctions régaliennes.
15:23Ça, je ne le nie pas, c'est important.
15:24Mais je trouve qu'aujourd'hui,
15:26le système intermédiaire dans lequel on vit,
15:27qui est un système très intermédiaire,
15:29dans lequel l'État est partout et sur tout,
15:31fait oublier l'importance des entreprises
15:33qui créent la richesse permettant tout ce fonctionnement.
15:36Et d'ailleurs, c'est une évidence.
15:38On voit d'ailleurs,
15:39je ne vais pas faire du corporatisme,
15:40on voit quelques mouvements qui se mettent en place
15:42côté patronat pour évoquer ces sujets-là.
15:43Pas tellement pour dire, effectivement,
15:45que l'État ne rend pas les services.
15:46Je pense que personne ne n'ira jamais ça.
15:48Et moi, que je suis un pur produit de l'école publique,
15:49j'ai envie de dire, bien sûr, que c'est important.
15:51Mais en même temps, les gens disent,
15:53attention, quand un État fait un budget,
15:55quand il taxe ses entreprises,
15:56il ne faut pas qu'il oublie que l'entreprise crée la richesse
15:58qui les redistribue.
15:59Et d'ailleurs, pour aller plus loin sur un sujet,
16:01je pense qu'une des grandes aberrations
16:02des dernières années en termes de politique,
16:05d'au moins les trois derniers présidents,
16:07au moins les trois derniers,
16:08c'est d'avoir créé un schisme dans la population.
16:12Entre, d'un côté, les citoyens,
16:14de l'autre, les entreprises.
16:15Les méchantes entreprises, il faut les taxer,
16:17les citoyens, il faut les défendre.
16:18Chacun, à sa manière, dans des registres différents, d'ailleurs,
16:20l'a fait.
16:21Et je crois que c'est un des drames de notre pays.
16:22Et tant qu'on n'aura pas traité ce sujet-là,
16:24on ne pourra pas traiter d'un sujet de fond
16:25qui est une concorde nationale autour d'un projet.
16:28Ce qui est drôle, Renaud Le Moal,
16:29c'est qu'on a un appel de plus en plus grand
16:31de l'opinion publique
16:32pour des chefs d'entreprise
16:35dans le débat politique.
16:36Jean-Daniel Lévy, on a eu un sondage
16:39dans la tribune dimanche.
16:40Il y a eu dans l'opinion aussi des sondages
16:42un appel vraiment des Français
16:44à 70-80%
16:46pour demander à ce que les chefs d'entreprise,
16:49le monde de l'entreprise,
16:50qui fonctionne plutôt bien,
16:53imprime le débat public.
16:55Ce sont des proportions un peu moindres
16:56que ce que vous avez indiqué,
16:57mais l'idée globale est là, effectivement,
16:58à ce qu'il puisse y avoir
16:59de la part des chefs d'entreprise.
17:0277% je crois dans la tribune dimanche.
17:04Et des personnes aidées de la société civile,
17:06en fait, qui puissent avoir un impact
17:08sur les débats publics.
17:10Est-ce que c'est si nouveau que ça ?
17:11Pas toujours, en fait.
17:12On l'a déjà vu, et pour partie,
17:14alors après l'élection d'Emmanuel Macron,
17:16on était le symbole,
17:17c'est-à-dire une personne
17:18qui donnait le sentiment
17:19de ne pas être complètement...
17:21Du serail politique.
17:21Du serail politique,
17:23ou qui était dans un carcan
17:24de formation politique
17:25de gauche ou de droite,
17:27et qui donnait le sentiment
17:28qu'il donnait un espace plus important
17:30à ce que pouvait être
17:31la société civile.
17:32Et tout ceci prenant pour partie
17:34sa source dès 2007
17:35avec la candidature de François Bayrou,
17:37qui également proposait,
17:39si ce n'est exactement la même méthode,
17:40en tout cas l'idée de dépasser
17:41les clivages de droite
17:42qui apparaissait comme étant
17:43quelque peu en calminant
17:44le débat public.
17:46Donc c'est une dimension
17:47qui arrive quand même
17:48relativement de fond.
17:49Pour autant,
17:50quand on regarde
17:51et quand on creuse un petit peu,
17:52je vous ai référencé à une enquête
17:53qu'on avait réalisée pour l'opinion
17:54avec Comstrat,
17:55globalement,
17:56quand vous testez la personnalité,
17:57qui est la personnalité
17:58la plus identifiée,
17:59à savoir Michel-Édouard Leclerc,
18:00il n'arrive pas en tête.
18:02Mais effectivement,
18:02vous avez raison,
18:03il apparaît comme étant
18:04celui qui va être le plus
18:06en prise avec la première
18:09ou une des premières préoccupations
18:10de nos compatriotes,
18:10à savoir la question
18:11du pouvoir d'achat.
18:12Est-ce qu'il arrive à bénéficier
18:13à l'heure actuelle
18:14d'un potentiel électoral élevé ?
18:16La réponse est non.
18:17On est à plus d'un an
18:17d'une prochaine élection présidentielle.
18:19Donc on a du temps
18:20qui peut s'effectuer.
18:21Quoi qu'il en soit,
18:22ce qui est absolument certain,
18:23c'est qu'on demande
18:23aux responsables politiques
18:25de pouvoir être en prise
18:25avec les préoccupations
18:27de nos compatriotes.
18:28On a le sentiment
18:28que parfois les responsables politiques
18:31parlent,
18:31si vous me permettez l'expression,
18:32une langue morte
18:33et qu'on a des dirigeants
18:34d'entreprises
18:35qui au moins
18:36sont en contact
18:37des préoccupations.
18:38Les préoccupations,
18:39ça peut être les préoccupations
18:39des marchés,
18:40ça peut être la préoccupation
18:40des citoyens,
18:41ça peut être les préoccupations
18:42des consommateurs,
18:43ça peut être la préoccupation
18:43également des salariés.
18:44Et que dans ce contexte-là,
18:46on se dit que peut-être
18:47qu'ils n'ont pas entièrement
18:48la solution,
18:49mais qu'ils ont déjà
18:50un constat
18:51qui peut être un constat
18:51qui peut être partagé
18:52sur les difficultés
18:53que rencontrent
18:54les Françaises et Français
18:55dans le cadre
18:58essentiellement les écouter.
19:00Alternance réagit sur Twitter
19:01en disant que la durée
19:02des études a explosé
19:03sans que ce soit justifié.
19:05Alors là,
19:05il peut y avoir débat,
19:06mais que ça retarde
19:07l'entrée sur le marché du travail.
19:09Ils demandent
19:09si on ne peut pas accélérer
19:10l'entrée sur ce marché
19:12du travail
19:13avec plus de moyens
19:14pour la mobilité géographique
19:16des jeunes
19:17plutôt qu'augmenter
19:18l'âge de la retraite.
19:19C'est-à-dire que
19:20plutôt que travailler plus tard,
19:21est-ce qu'on ne peut pas
19:21commencer plus tôt ?
19:24En tout cas,
19:24chez les jeunes,
19:25il y a un véritable débat
19:26qui s'est ouvert
19:27avec le CDI Jeunes.
19:28C'est une proposition
19:29du MEDEF
19:30posée la semaine dernière
19:31face aux partenaires sociaux
19:34qui a fait réagir
19:35immédiatement la CGT.
19:36Une déclaration de guerre
19:37pour la CGT.
19:39Alors le MEDEF propose
19:40pour les NITS,
19:41peut-être Gilbert Sett,
19:42on va rappeler
19:43qui sont ce 1,3,1,4 millions
19:45de NITS,
19:46mais un CDI assoupli
19:48avec des droits rechargeables
19:50jusqu'à trois ans
19:51avant d'avoir vraiment
19:52son CDI.
19:53Un SMIC inférieur
19:54au niveau actuel,
19:56en contrepartie
19:57d'une formation
19:58pour ces jeunes
19:59qui n'ont pas d'emploi,
20:01pas de formation.
20:03Vous venez de commettre
20:04cet ouvrage,
20:06Sauver la démocratie sociale.
20:07On voit que le débat
20:09au sein de la démocratie sociale
20:11est bien vivant là.
20:12Oui, il y a un vrai problème
20:17d'insertion des jeunes
20:17sur le marché du travail
20:18dans un pays comme la France.
20:20Les trois segments
20:21sur lesquels le taux d'emploi
20:22en France est singulièrement bas
20:24comparé aux pays nordiques,
20:27scandinaves, Allemagne,
20:28Pays-Bas, etc.,
20:30c'est les seniors,
20:31les peu qualifiés
20:33et les jeunes.
20:34Donc les trois urgences
20:35pour le marché du travail.
20:36Voilà, il y a un problème
20:38d'insertion des jeunes
20:39et d'ailleurs on voit
20:40que le taux d'emploi
20:41des jeunes
20:42avec le ralentissement
20:43économique actuel
20:46et un peu moins
20:48de hoarding
20:48de la part des entreprises,
20:49un peu moins
20:50de maintien
20:51de personnes dans l'emploi,
20:53de crainte
20:53de ne pas retrouver
20:54des compétences
20:55ensuite sur le marché.
20:56On voit que le taux d'emploi
20:57des jeunes
20:58est l'un des taux d'emploi
20:59qui a le plus descendu
21:01une trimestre dernière
21:02alors que le taux d'emploi
21:03des seniors
21:03se maintient
21:05bon an, mal an
21:06à des niveaux
21:07supérieurs à 139%,
21:09à des niveaux
21:09qui ont été
21:11boostés, je dirais,
21:13par la réforme
21:14des retraites.
21:15Les précédentes réformes
21:16des retraites, oui.
21:17Et l'actuelle.
21:17Avant la tour.
21:18Et l'actuelle.
21:18Et l'actuelle
21:19réforme des retraites.
21:21Alors maintenant,
21:23question est,
21:24est-ce que la proposition
21:26du MEDEF
21:27est pertinente,
21:30est intéressante, etc.
21:31Moi je dirais
21:32qu'il y a quand même
21:33une histoire récente
21:34en France
21:35qui amène à se dire
21:37que le CEP
21:40en 2012...
21:42Le contrat,
21:43le CPE,
21:44le contrat
21:44première embauche.
21:45Le CIP,
21:46CIP.
21:47Qui était sous Valadur
21:49il y a 30 ans
21:50et le CPE
21:51il y a 20 ans
21:51par Dominique de Villepa.
21:53Voilà,
21:53avait mis
21:55à feu et à sang
21:56la France.
21:58Avaient amené...
21:59Bon,
22:00est-ce qu'il faut
22:01retenter le coût ?
22:03Quoi qu'on en pense
22:04sur le fond ?
22:06Il me semble que
22:06c'est une prise de risque
22:08qui est forte,
22:10qu'il faut peser.
22:12Peut-être que l'opinion publique
22:13a évolué depuis 20 ans.
22:14Je dirais que dans ce domaine-là,
22:17il faut d'abord
22:18regarder de près
22:20ce que nous disent
22:21les travaux académiques existants
22:23sur ce qui peut favoriser
22:24l'insertion des jeunes.
22:27Il est clair que
22:28l'articulation
22:29entre études
22:30et présence
22:32dans une entreprise
22:33est quelque chose
22:34qui est très favorable
22:34pour l'insertion des jeunes.
22:36C'est très peu répandu
22:37dans un pays comme la France.
22:39C'est très répandu
22:40dans des pays comme l'Allemagne,
22:42les Pays-Bas et autres.
22:42Beaucoup de gens disent
22:43« Ah oui, mais si des personnes
22:45travaillent un peu,
22:47ils vont moins réussir leur... »
22:48Non, c'est faux.
22:49Ils réussissent autrement.
22:50C'est-à-dire le travail
22:51pendant les études ?
22:52Le travail pendant les études.
22:53Un peu de travail
22:54pendant les études,
22:56comment dirais-je...
22:57On a plutôt l'idée
22:58que ça empêche
22:59d'étudier en France, effectivement.
23:00Oui, mais un peu de travail
23:01pendant les études
23:02a des conséquences
23:03plutôt favorables
23:04en termes de réussite
23:06des études
23:07et de réussite
23:08en termes d'insertion.
23:09Beaucoup de travail
23:10pendant les études
23:11a le résultat inverse.
23:13Donc, vous voyez,
23:14on est en face de
23:15Philippe Aguillon
23:16dans une courbe en U inversée
23:18en quelque sorte.
23:20Mais un peu d'insertion
23:21sur le marché du travail
23:22en sens des études
23:23a plutôt des résultats positifs
23:25et en termes d'insertion
23:27ensuite à la fin des études
23:28et en termes de réussite
23:29des études.
23:30Donc, il faut réfléchir
23:31à la façon
23:32dont ça peut se faire
23:33de façon favorable.
23:35La réforme de l'apprentissage
23:36en France
23:37et de l'alternance
23:37a eu des conséquences
23:39très très favorables,
23:40malheureusement,
23:42très chères aussi,
23:42très très onéreuses.
23:44Donc, il faut savoir
23:45comment peut-être
23:46la calibrer un peu mieux.
23:48Il y a des propositions
23:49qui ont été faites.
23:49Est-ce qu'il faut aider
23:50l'apprentissage
23:51d'étudiants
23:52qui sont à HEC
23:53sachant qu'ils n'ont
23:53aucun problème
23:54d'insertion
23:55sur le marché du travail
23:56ou est-ce qu'il faut
23:58cibler davantage
23:59les publics
24:01qui donnent droit
24:01à des primes
24:02pour les entreprises
24:03quand ces entreprises
24:05recrutent des apprentis ?
24:06C'est des choses
24:07qu'il faut travailler
24:07sur le fond.
24:08Maintenant,
24:09la proposition
24:09très précise,
24:12très particulière
24:13d'un retour
24:14au CPE
24:15dans un pays
24:17comme la France
24:18compte tenu
24:19de ce qu'on a connu,
24:21réfléchissons-y
24:23deux, trois fois.
24:24Je vois Jean-Daniel Lévy
24:25sourire effectivement.
24:28Le CPE
24:28il serait à nouveau
24:29explosif
24:3020 ans après.
24:31Peut-être que l'opinion publique
24:32a évolué
24:33sur ce sujet.
24:34Encore une fois,
24:34on parle de ce
24:36CDI jeune
24:37uniquement pour les NITS
24:38qui sont des jeunes
24:39sans emploi,
24:40sans formation,
24:42sans diplôme,
24:431,3 million.
24:45Je ne dis pas
24:46qu'à la rationalité
24:46d'autant que nous savons
24:47tous ici autour de cette table
24:49qu'on ne reste pas
24:50jeunes éternellement.
24:52Donc,
24:52ce statut
24:54spécifique aux jeunes
24:56sera un statut
24:57transitoire
24:57pour chaque personne.
24:59Néanmoins,
25:00il y a des choses
25:01qui ont été explosives
25:02dans le passé.
25:03Oui.
25:04Elle sera encore explosive
25:05aujourd'hui,
25:06Jean-Daniel Lévy ?
25:06Tout à fait explosive
25:07à l'heure actuelle,
25:07d'autant plus que
25:08les Français
25:10ont tendance à considérer
25:11que si jamais
25:12les jeunes n'ont pas
25:13la possibilité
25:13de pouvoir entrer
25:14sur le marché du travail,
25:16c'est plutôt
25:17une faute collective,
25:18exactement.
25:19Et puis,
25:19la volonté des entreprises
25:20de ne pas forcément
25:21les insérer,
25:22une interrogation
25:23sur notre mode éducatif
25:24d'un point de vue global
25:25plus qu'une remise en cause
25:26des jeunes en tant que tel.
25:27Ça, c'est peut-être
25:27le premier aspect.
25:28Le deuxième aspect,
25:28je pense qu'il faut avoir
25:29à l'esprit,
25:29c'est qu'on a une tension
25:31sur la question du pouvoir
25:32d'achat qui touche
25:32notamment les jeunes générations
25:34et les jeunes qui sont
25:35les plus sans emploi,
25:37les plus en difficulté.
25:38Et donc,
25:39l'idée de leur dire
25:39vous allez devoir travailler
25:40avec notamment des enjeux
25:42qui peuvent être des enjeux
25:42en matière de logement
25:43et ou en matière
25:44de dépenses contraintes
25:45ou de ce qui est considéré
25:46comme étant contraint,
25:47constitue un point relatif
25:50à l'insertion à l'emploi.
25:51Et puis, le troisième aspect,
25:52parce que vous parlez
25:53beaucoup de démocratie sociale,
25:55je pense que ça vaut le coup
25:55de revenir en fait
25:56sur la réforme du CPE.
25:58Au début,
25:59lorsque la réforme a été annoncée
26:00par Dominique de Villepin,
26:01elle a été acceptée
26:03par les Français.
26:04Et au début,
26:04il n'y avait pas forcément
26:05de mouvement de refus.
26:06Ce qui s'est passé,
26:08c'est qu'il y a eu
26:08une absence de concertation sociale
26:10qui a été plus ou moins orchestrée
26:11volontairement de la part
26:12de Dominique de Villepin à l'époque.
26:13Ah oui.
26:13Un, parce qu'en fait,
26:14les organisations syndicales...
26:15Déjà, la démocratie sociale...
26:17Absolument.
26:18Les organisations syndicales,
26:20les organisations sociales,
26:21les organisations de jeunesse
26:22n'ont pas été reçues
26:23à proprement parler
26:24par le Premier ministre à l'époque,
26:26voire même par des acteurs
26:27gouvernementaux.
26:28Ce qui a créé un trouble.
26:29Et puis, le deuxième aspect,
26:30c'est que lorsque la loi est passée
26:31au sein de l'Assemblée nationale,
26:33elle est passée
26:34avec une motion d'urgence,
26:35c'est-à-dire limiter
26:36le temps de débat
26:37et le temps de lecture.
26:39En 15 jours...
26:39Tous les ingrédients...
26:40En 15 jours de temps...
26:41La TNT sociale.
26:42Les Français ont complètement
26:43bougé,
26:46voire changé
26:46fondamentalement d'avis
26:48autour d'un principe
26:49qui était un principe
26:50« Oui, il y a une mesure
26:51qui est une mesure
26:51qui permet de s'adresser
26:52à la première préoccupation
26:54des Français,
26:55c'est-à-dire non seulement
26:55l'emploi,
26:56mais également l'emploi des jeunes.
26:57Ah, en fait, il y a un loup
26:58et globalement,
26:59ils veulent exploiter,
27:00si vous me permettez l'expression,
27:02les jeunes
27:02et faire en sorte
27:03qu'ils puissent y avoir
27:03une utilisation
27:05de la main-d'œuvre
27:05de la jeunesse
27:06pour pouvoir réduire
27:07les coûts,
27:08augmenter les marges.
27:09Enfin, je vous laisse
27:10tous les présupposés
27:11et toutes les préoccupations
27:12qui peuvent être perçues
27:12à cette époque-là
27:13de la part de nos compatriotes.
27:14Donc, la question
27:14de la méthode
27:15est parfois presque
27:16plus importante
27:17que la question du fond
27:18dans l'appropriation
27:19des réformes
27:20et des différentes orientations
27:21qui peuvent être prises
27:21de la part des gouvernants.
27:22On va y revenir
27:23après une très courte page
27:25de publicité
27:26sur la méthode.
27:27Les recettes de Gilles Berset
27:27pour rénover
27:29la démocratie sociale.
27:31Ne quittez pas,
27:31on revient tout de suite.
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